20 avril 2014

Capitaine Albator, le pirate de l'espace : l'intégrale


Afin d'aborder le sujet du jour, une intégrale des aventures d'Albator parues en format papier (donc le manga original) et traduites en français, il est nécessaire de revenir brièvement sur le personnage lui-même, au cas où me liraient quelques ressortissants du Paléolithique ressuscités pour la cause. 

Les aventures du corsaire spatial qui nous a fascinés dans notre jeunesse sont d'abord parues, comme de bien entendu, en manga : le grand Leiji Matsumoto en a publié 5 chapitres entre 1977 et 1979, édités par Akita Publishing. Très vite, le personnage du Captain Herlock (ou Harlock, suivant les traductions), ont connu un succès tel que le marché de la vidéo lui tendit les bras, au point que l'auteur dut mener de front l'évolution de la première série télévisée et celle de la série originelle. Un travail en parallèle qui finit par privilégier l'anime, dont les premiers épisodes débarquèrent très tôt sur les chaînes internationales et firent les beaux jours des émissions jeunesse dans notre PAF jusque lors endormi l'après-midi. La première série, renommée plus tard Albator 78, voyait, en 2977, le fier capitaine corsaire et son équipage affronter les terrifiantes Sylvidres, extraterrestres d'origine végétale à la semblance de femmes sublimes, à bord de son fidèle Atlantis, le vaisseau créé par un ingénieur surdoué, capable de se diriger seul et doté d'une puissance de feu phénoménale.

Tout était "cool" dans Albator : le design des astronefs et des tenues, la manière dont les Sylvidres mouraient (elles s'enflammaient en poussant un cri vous glaçant les os) et surtout le personnage même d'Albator, héros mystérieux, taciturne, foncièrement bon mais rongé par de vieilles rancunes. Sabre-laser au côté, cicatrice et bandeau sur l’œil, la tête de mort sur la poitrine et cette cape rouge et noire : inflexible, irrésistible, invincible. 
Plus tard, Albator engendrera une seconde série (Albator 84), sorte de préquelle légèrement divergente, à l'animation plus fluide et aux dessins plus soignés, qui raconte la genèse de ce corsaire à l'époque où il était encore un officier des armées humaines embrassant la cause de rebelles avec l'aide de son meilleur ami. On y croisait également Emeraldia (ou Esmeralda, suivant les traductions) qui les initiera au "piratage" (je simplifie, bien entendu). Matsumoto n'aimant rien tant que faire s'interagir les personnages au sein de l'univers qu'il a créé, il a également inséré Albator dans Galaxy Express 999.

Si le récent film d'animation (sorti chez nous en décembre 2013) s'inspirait davantage d'Albator 84, la trame du manga est celle de la première série. Et, pour les amateurs de celle-ci, c'est assez étrange à lire car, comme l'équipe de Kana l'explique fort bien dans la présentation, les lecteurs passent leur temps à se remémorer les animes. Or on constate que, si l'ensemble était fidèle au manga, certains ajustement avaient été effectués déjà à l'origine, comme le statut des Terriens par exemple, ou l'attitude générale des corsaires, présentés ici comme d'incorrigibles pochtrons, passant leur temps à boire, dormir ou jouer - mais complètement efficaces au moment des combats.
Le manga au contraire prend son temps pour démarrer et nous présente une Terre peuplée d'humains veules, ignorants et incapables de la moindre initiative : des proies faciles pour les terrifiantes Sylvidres et leur armada infinie surgie d'une galaxie au-delà de l'espace connu. Celles-ci sont tout aussi fascinantes que dans la série et dissimulent le secret des origines de la vie sur Terre comme la véritable raison de leur désir de conquête. Face à elles, se dresse seul l'équipage de l'Arcadia (un travail minutieux et pertinent de traduction a été entrepris pour demeurer le plus possible fidèle au texte original tout en essayant de ne pas trop altérer les souvenirs des fans de la série télévisée en français pour laquelle de nombreux noms avaient été modifiés). Tout cela pour vous dire qu'il est difficile de faire abstraction de ses souvenirs, surtout lorsqu'ils ont été marquants.
L'oeuvre originale s'avère ainsi déstabilisante, avec ses fonds très travaillés (une constante chez Matsumoto : on sent une véritable passion pour les visuels d'ingénierie (cadrans, manettes et tous les accessoires d'un vaisseau futuriste)) et ses personnages moins détaillés, en dehors d'Albator avec ses poses iconiques. Les petites cases multiplient les gros plans sur des visages mal définis, souvent grossiers et les scènes de combat manquent de dynamisme et de lisibilité. Néanmoins, l'histoire est intéressante et, si elle manque de rythme, ses révélations font avancer régulièrement l'intrigue jusqu'à la confrontation finale entre la reine Sylvidra et le capitaine (confrontation qu'on ne lira jamais car l'intégrale s'arrête au chapitre 5, les autres n'ayant jamais été écrits), en levant petit à petit le voile sur de nombreux mystères (le concepteur du vaisseau, l'origine des Sylvidres, leur avancée technologique). On s'amusera à retrouver des concepts à la fois très savants mêlés à des considérations plus proches des pseudo-sciences et agrémenté de ce technobabble cher aux trekkies : on navigue souvent entre Star Trek, X-Files et... les Mystérieuses Cités d'or. C'est rédigé tout en accélération, avec un premier chapitre un peu poussif et les suivants qui sont de plus en plus denses, malgré quelques rappels parfois théâtraux et pompeux qui trahissent l'âge du texte. Albator s'avère plus complexe que prévu et on ne peut qu'être frustré par les nombreuses ellipses et énigmes qui obscurcissent les intentions des personnages. 1084 pages qui se lisent somme toute assez rapidement mais qui s'achèvent avant la fin de l'histoire, laissant notre imagination vagabonder pour tenter de percer le secret de ce membre d'équipage fantôme, ou notre cerveau aller à la pêche aux souvenirs.

Cette intégrale est donc disponible chez Kana, dans la collection Sensei, en un volume épais et bien documenté, à parcourir, évidemment, dans le sens japonais de lecture.

+ le héros le plus cool de l'Univers
+ c'est "collector"
+ une traduction fidèle et respectueuse des anciens fans
+ des suppléments explicatifs très clairs
+ un bel objet dans une bibliothèque
+ c'est l'intégrale
- c'est l'intégrale, et c'est inachevé !
- personnages souvent bâclés
- des lourdeurs et des répétitions

19 avril 2014

Ultimates : Super-Humains

Le quatrième tome de la collection Hachette est consacré aux Ultimates et s'intitule Super-Humains. Tout de suite, le point sur ce premier arc de la série.

Rappelons qu'au début des années 2000, Marvel a l'idée de lancer sa gamme Ultimate, développant des séries débarrassées de la continuité classique et se déroulant dans un univers parallèle (le 1610). Le concept ne tient en réalité que sur le moyen terme (car, à force, il génère lui-même sa propre continuité), mais il a le mérite de voir débarquer des séries de grande qualité, comme Ultimate Spider-Man (par Bendis) ou justement les Ultimates, sorte de version modernisée des célèbres Avengers.
Ce nouveau volume de la collection Hachette (cf. cette chronique) reprend les six premiers épisodes de la première saison, écrits par Mark Millar (Superior, Wanted, Superman, Nemesis, Wolverine, Kick-Ass, Trouble) et dessinés par Bryan Hitch.

Si vous n'avez pas cédé à l'appel de ce comic lors de sa parution en kiosque ou en deluxe, voilà une excellente occasion de vous y mettre car, il faut l'avouer, c'est en tout point une réussite. 
L'on retrouve un Tony Stark charismatique et dragueur, menant grand train, un Thor dont on ne sait s'il est réellement un dieu ou le gourou d'une secte altermondialiste, un Captain America à la fois émouvant et servant de jeu de contraste par rapport à l'évolution de la société américaine et de ses valeurs, un Bruce Banner pathétique et, enfin, un Giant-Man et une Guêpe qui ont des relations plus que tendues.
Le tout est magnifié par les planches de Hitch.

Plus qu'une histoire complète, il s'agit ici d'une introduction dans l'univers des Ultimates. L'on y fait connaissance avec Nick Fury et le SHIELD, mais les auteurs s'offrent également quelques guests de luxe, en la personne de Bush himself par exemple, ou de Shannon Elizabeth (moins connue mais plus sexy).
Surtout, deux combats épiques, bien que très différents, sont brillamment mis en scène : le premier, apocalyptique, oppose Hulk au reste de l'équipe, dans un New York sous la pluie et les explosions, le second entre Janet et Hank Pym, dans une scène de ménage qui dégénère et aborde le thème de la violence conjugale d'une manière originale (jamais un simple insecticide n'avait eu autant de portée dramatique).

Bref, c'est une bonne histoire, moderne, accessible et offrant du grand spectacle agrémenté de quelques vannes. Très hollywoodien finalement.
Question bonus, l'ouvrage contient un topo sur les auteurs ainsi qu'une galerie comparant les looks des personnages classiques (de l'univers 616) et leur évolution Ultimate (plutôt une bonne idée). Les covers sont par contre réduites au minimum (six sur une seule planche, un peu cheap). En tout, six pages de compléments.

Une excellente série, efficace et dynamique.

+ percutant
+ esthétique
+ accessible
+ des Vengeurs modernisés
- bonus un peu justes, notamment pour les covers réduites




  

14 avril 2014

Clone #1 : Première génération


Au premier trimestre 2014, les éditions Delcourt présentaient un ouvrage qui a su attirer mon attention sur l'étal de mon libraire et dealer de comics favori (bravo donc aux décideurs pour le choix de la couverture, choix par ailleurs expliqué dans les suppléments en fin de volume) : Clone. Encore une fois - mes lecteurs vont finir par croire que je suis si prévisible - c'est avant tout le style graphique de la première de couverture qui m'a aimanté car j'ai reconnu immédiatement l'inimitable patte du très méticuleux Juan José Ryp.

L'artiste espagnol, connu pour son trait fin et dynamique et pour sa propension à meubler ses décors d'une myriade de détails rappelant le travail d'un Geoff Darrow, fait effectivement partie de mes dessinateurs favoris, et je n'hésite que rarement lorsque j'aperçois une de ses œuvres.
A y lire de plus près, le propos était engageant, mais pas que : le thème du "clone" génétique dans un contexte d'anticipation, quoique porteur, n'est pas forcément une garantie de succès narratif (le récent film avec Bruce Willis en est une preuve évidente). Il fallait de la rigueur, de l'imagination et une maîtrise aiguë du suspense pour parvenir à créer un récit captivant à l'aune des sujets abordés. Le fait qu'il ait été publié par Kirkman pouvait toutefois augurer du meilleur.

Et j'ai bien du mal à exprimer mon enthousiasme devant ce qui est, en outre, le premier volume affiché d'une série déjà prête à être portée sur nos écrans. Rien de galvaudé, cependant, c'est juste que l'ouvrage ne m'est pas apparu très convaincant, quand bien même il affiche quelques atouts non négligeables.
C'est que d'abord, ça démarre mou. Et là, je me rends compte que je m'exprime mal. En fait,
il se passe beaucoup de choses dans le premier chapitre (l'album en compte 5) : c'est violent, sanglant et très agité. Mais les révélations attendront que la tension retombe. Vous voyez où je veux en venir ? C'est ça : nous sommes typiquement dans un tempo de série télévisée, avec une entame accrocheuse mais avare d'informations et une présentation fragmentaire et progressive des personnages principaux (sachant que les premiers à l'écran ne sont pas forcément ceux qu'on suivra jusqu'au bout). Il faut dire que c'est David Schulner qui est au manettes du scénario. Ce nom ne vous dit sans doute pas grand chose à moins que vous ne soyez adeptes de Desperate Housewives, dont il a été scénariste et producteur. Ah ça vous en bouche un gros coin, là ! Oui, je sais. Rassurez-vous, le bonhomme a également officié sur the Event, il est donc capable de raconter autre chose que les tribulations de bourgeoises en manque. Le fait est qu'il mène sa barque avec autorité, sans pour autant s'être débarrassé de certaines scories liées au monde télévisuel. Ainsi, après un premier chapitre haletant (disais-je) mais frustrant, on va suivre notre héros, le jeune et avenant docteur Luke Taylor, allant de révélation en révélation : alors qu'un clone gravement blessé se retrouve chez lui, un autre kidnappe sa femme sur le point d'accoucher, et un troisième lui propose de l'aider, non seulement à retrouver son épouse, mais également à survivre car l'un d'entre eux a décidé de tous les éliminer. Le pauvre Luke se découvre une chiée ribambelle de clones dont il ignorait jusque lors l'existence. Et pendant ce temps, le vice-président se ronge les sangs dans l'attente d'un vote décisif au Parlement sur l'adoption ou non d'un projet de loi sur l'utilisation des cellules souches embryonnaires (dont l'usage lui permettrait peut-être de sauver sa fille atteinte d'un mal incurable).

Chasse à l'homme, complot gouvernemental, expériences interdites, mystère des origines : c'est solide, carré, mené avec un certain sens du rythme. Ryp s'y connaît en découpage dynamique et propose des planches toujours aussi détaillées et mouvementées, auxquelles j'aurais tendance à remarquer l'un de ses rares défauts : les visages, surtout dessinés de face (il a du mal avec les lèvres). Du coup, on distingue mal les personnages (vous me direz, c'est normal si on a des clones qui se battent entre eux). Le découpage des séquences de corps à corps est parfois aussi confus. 

Au niveau de l'écriture, ce n'est pas folichon. Les caractères sont obscurs et les motivations des personnages (en dehors du pauvre Luke - tiens, ça fait deux fois que je dis "pauvre Luke" ! - dont la vie bascule à chaque page) baignent dans le flou. Enfin, les dialogues, traduits par Hélène Remaud-Dauniol, ne brillent guère par leur originalité, lorgnant davantage du côté de Walker Texas Ranger. Certaines ficelles sont trop grosses mais s'avèrent utiles pour initier une intrigue secondaire, et chaque chapitre parvient à s'achever sur un habile cliffhanger avec en point d'orgue la fin de l'album (qu'on voyait venir à des kilomètres malgré tout).

Rien de nouveau donc, mais un travail sérieux, plutôt agréable à lire, qui pourrait donner lieu à une excellente adaptation télévisée et dont la suite promet beaucoup en termes de violence et de sous-intrigues tortueuses (quelques aperçus des chapitres suivants glanés çà et là laissent penser que Ryp a pu se lâcher comme dans ses productions avec Warren Ellis). A suivre, alors.

10 avril 2014

Côté Comics, saison 02 - épisode 15



Nouvel épisode de Côté Comics !
Au sommaire : la nouvelle rubrique de Julien, dans laquelle il évoque longuement le thème de l'homosexualité dans les comics, un reportage sur l'avant-première de Captain America : The Winter Soldier, et enfin un point complet, avec Jeff, sur les sorties cinéma de 2014, avec conseils de lecture inside, histoire de bien aborder ces adaptations.

Vous pouvez toujours envoyer vos questions à cette adresse : questions@cotecomics.fr


Côté Comics : s02e15






L'émotion passe aussi par les pupilles

Didizuka
«Le regard est la grande arme de la coquetterie vertueuse. On peut tout dire avec un regard, et cependant on peut toujours nier un regard», Stendhal, De l'amour.
« Les yeux sont les fenêtres de l’âme. », Georges Rodenbach, Bruges-la-Morte.

Les pupilles, tout comme la forme de sourcils, de la bouche sont vecteurs d’émotions. Cela peut être très pratique pour apporter un peu de subtilité et accentuer les émois non verbaux de vos personnages.

La pupille possède trois états : au repos, dilaté (Mydriase) ou contracté (Myosis). Elle passe son temps à s’ouvrir et se fermer à cause des variations de la luminosité. Cela influence le système nerveux autonome du muscle de l'iris. Dans un endroit sombre, la pupille se dilate, dans un endroit éclairé, elle se contracte. 
Repos

Mydriase

Myosis
Cependant, les émotions peuvent influencer tout ça ! L’humeur, qu’elle soit négative ou positive, permet de connaître l’état d’esprit d’une personne.
Pour simplifier, la dilatation envoie un message positif (la pupille peut atteindre une taille 4 fois supérieure à sa taille normale) et la contraction un message négatif. Mais la signification dépend de la situation (et du changement de la lumière). Les yeux clairs peuvent paraître plus attractifs, car il est plus aisé d’en voir la dilatation.

Source : Wicki
Swamp Thing
La pupille se dilate :
*lors d’une réflexion intense, mais pas extrême.
*dans un moment de joie, amour, jouissance, jubilation.
*quand on porte un intérêt : amour, désir (sexuel ou non…), l’écoute d’une chose plaisante, une bonne lecture, bref quelque chose qui fait plaisir.
*pour séduire : les pupilles dilatées attirent les partenaires amoureux. Les bébés et jeunes enfants ont des pupilles plus larges que celles des adultes car elles se dilatent constamment afin d’obtenir l’attention de ces derniers en devenant plus attirants.
*quand on souffre.
*avec certaines drogues (amphétamines, cocaïne, LSD , mescaline…).

On peut donc remarquer que les joies et les souffrances font dilater les pupilles, comme si cela enclenchait les mêmes réactions dans le cerveau. On dit souvent que l'amour fait souffrir, que l'on aime souffrir, que l'on souffre dans l'amour...

Swamp Thing
 La pupille se contracte :
*lors de dégout-rejet.
*avec certaines drogues (opiacés...).
*quand on fait un effort mental extrême.
*lorsque l’on est en colère.
*quand on est effrayé.
*quand on hait.

Et en mouvement :

Suren Manvelyan
Dans la majorité des œuvres de fictions, respecter la réalité rend le travail artistique fastidieux, difficile, ou porteur de confusion pour le public. Ainsi, les auteurs par le biais de codes communément admis jouent, modifient certains détails pour une meilleure compréhension du message délivré.

Quelques entorses acceptées :

++ L’absence de pupilles et d’iris

Tornade/Storm, X-Men
Les yeux sont le plus souvent blancs, comme cataractés. Les prophètes, les non-voyants avec un don de prémonitions, les protagonistes dont la cécité est reliée à un pouvoir sont représentés avec l'intégralité de leurs globes oculaires laiteux. Les personnages en transe, ceux qui se concentrent intensément peuvent aussi posséder un regard opaque. C’est un aveuglement psychique, lié au surnaturel.
Dans certains films ou séries télévisées, les yeux peuvent être bleus ou rouges, mais ils sont toujours sans iris ni pupilles.
Les Zombies et autres morts-vivants ont de même des yeux vides indiquant que leur âme a quitté leur
Highschool of the Dead
corps (les yeux sont le reflet de l’âme…).
Supprimer l’iris et la pupille permet de mettre en valeur la cécité ; les êtres humains suivent instinctivement les mouvement des yeux, ainsi que les modifications des expressions du visage...
En occultant une des informations les plus importantes, le personnage cataracté se voit attribuer un caractère mystérieux, indéchiffrable, terrifiant. 

Lorsqu’un personnage est fortement choqué, mentalement ou physiquement, ou étonné, ces yeux peuvent être brièvement remplacés par des globes opaques laiteux.

Dans la pénombre, la nuit, les yeux peuvent aussi être totalement dépourvus d’iris et de pupilles. Ils sont terrifiants, car le regard transperce l’obscurité (les monstres, comme les vampires, sont parfois représentés ainsi). Cela marche aussi avec un seul œil !

++L'absence de pupilles
Skip Beat

Très courant dans les mangas, ce code graphique indique que le personnage est choqué, désappointé, le plus souvent au moment d'une révélation...

++ Les yeux ternes

Normalement, les yeux des personnes heureuses brillent et reflètent leur
X, Clamp
environnement grâce à une humidification permanente qui empêche un dessèchement oculaire.
Lorsque les gens sont tristes, choqués ou fatigués, ils ont tendance à baisser légèrement la tête, ce qui entraîne l’assombrissement de la partie supérieure des globes qui d'habitude réfléchit la lumière.
Dans certaines œuvres de fiction, quand un personnage est malheureux, très fatigué, déprimé, ou sur le point de craquer, ses yeux perdent tout l'éclat naturel et semblent être sans vie.
Selon le style de l’artiste, cela peut être une absence de reflets, ou de reflets+pupilles ou absences de reflets+pupilles+couleur plus terne.

++ L’œil fou

Si un personnage est dérangé, l’un de ses yeux verra son iris et/ou sa pupille devenir beaucoup plus petite que l’autre. Son regard sera terrifiant pour son interlocuteur.

++L’iris rétractable

La pupille est parfois trop petite à dessiner, à filmer…, il est plus facile de dilater et de contracter l’iris avec. Lorsque les iris sont très contractés, l’artiste indique que son personnage est dans une grande colère ou qu’il est choqué (le plus souvent mentalement), terrifié, souffrant. Le personnage parfois silencieux hurle ainsi par ses yeux.
Au contraire, si un artiste veut attendrir son public, il a intérêt à dilater fortement les pupilles et les iris de son personnage, quitte à lui donner un regard de chien battu.
Shrek
 Bien sûr, il n'est pas interdit de combiner tout ce qui est décrit ci-dessus pour obtenir des effets percutants !

Joker, Batman


Quelques exemples : 
Didizuka

09 avril 2014

Marvel WOW


La Force Phénix est revenue sur Terre et la guerre entre X-Men et Avengers a éclaté.

Pour relancer l'apparition de mutants sur Terre (la race a presque entièrement disparu depuis "House of M" et la crise de folie de Wanda Maximoff, aka La Sorcière Rouge, aka la fille de Magneto), Cyclope a utilisé le Phénix.

Le gène X est de nouveau actif, mais dans son incapacité à contrôler le Phénix, Scott Summers a tué Charles Xavier, son mentor.

Xavier est mort.
Son rêve vit toujours.
Aujourd'hui, humains et mutants se battent pour le réaliser.
Bienvenue chez les Uncanny Avengers.

Lancée dans le magazine du même nom en Juin dernier, Uncanny Avengers débarque dans un album comportant les 5 premiers numéros de la série.

Sur le papier, de prime abord, le concept de la série peut paraître un peu con : des super-héros humains (à la base ou presque) et des X-Men se battant ensemble. Mais les Avengers comptant déjà des mutants dans leurs rangs, pourquoi faire comme si c'était une première ?
Eh bien parce que voila une équipe montée tant pour répondre aux menaces que pour faire office de relations publiques. Communiquer sur ce qu'ils sont, ce qu'ils font.




Alors que l'idée germe dans l'esprit de Captain America qui souhaite recruter Havok, le frère de Scott Summers, un clone de Crâne Rouge s'empare du cerveau de Charles Xavier et impose sa vision du monde, forcément raciste, c'est un Nazi après tout, pour déclencher l'anéantissement de la race mutante à nouveau vivace.

Rick Remender, le scénariste, que je n'apprécie pas des masses en temps ordinaire, utilise lieux communs et narration à l'ancienne pour fournir une série fun, inventive et assez jouissive à lire. Les menaces sont connues et sont pourtant portées par des idées fraîches, et si le dessin de John Cassaday est un peu figé, il n'en reste pas moins que son découpage est fort dynamique. L'album se conclut sur l'esquisse d'une nouvelle menace et l'arrivée aux pinceaux d'Olivier Coipel qui allie narration intéressante ET dessins dynamiques.



Le tout est accompagné d'une intro courte mais plantant bien les enjeux (et divers dialogues permettent de situer ce que l'intro ne dit pas) et de bonus : quelques croquis préparatoires des dessinateurs ainsi qu'une galerie de couvertures et de couvertures variantes.
Hélas, trois fois hélas, toutes ne sont pas logées à la même enseigne et certaines doivent cohabiter à deux sur la même page. Et une illustration de la Sorcière Rouge par Milo Manara ou Adi Granov réduite pour cohabiter avec un autre dessin sur une même planche, c'est un crime contre l'humanité !




08 avril 2014

Wetta is back !

Wetta fait son grand retour en librairie et au format numérique dès cet été !

Wetta fait partie de ces petites maisons d'édition fondées par des passionnés et capables de sortir des produits originaux et soignés (rappelons-nous le coffret Kiss par exemple). 
Au milieu des années 2000, l'éditeur s'était démarqué de plusieurs manières. Tout d'abord en proposant de grosses licences issues du cinéma (Se7en, Destination Finale, Aliens, Predator, Terminator), en sortant également les comics de leur traditionnel marché de niche grâce à des partenariats avec des magazines comme Mad Movies, Hard Rock Magazine ou encore L'écran fantastique, enfin, le coup de maître de Fred Wetta aura probablement consisté à trouver une faille dans le contrat exclusif qui liait à l'époque DC Comics à Panini, lui permettant ainsi de proposer des titres comme Batman vs Predator, Green Lantern vs Aliens ou Superman & Batman vs Aliens & Predator.
Fred Wetta nous avait d'ailleurs parlé du parcours du combattant que constitue un travail éditorial sérieux dans cet intéressant entretien.

Après trois ans de pause, l'éditeur lorrain relance la machine en s'orientant vers le fantastique et les titres indépendants. "Je veux apporter de la fraîcheur en publiant ce que d'autres ne pourraient envisager parce que c'est trop risqué. Moi, je n'ai aucune limite", nous annonce-t-il. Vu son expérience, on peut lui faire confiance sur ce point. ;o)

Les premières sorties seront annoncées sur Wetta.net fin mai.
A suivre de très près.


ps : autre chronique consacrée à un titre Wetta ; Zombie Highway




07 avril 2014

300 : naissance d'une trilogie ?


Après le succès de « 300 » (adapté du comic éponyme), sa préquelle-séquelle « 300 : La naissance d'un Empire » amène l'action à autre endroit : la mer. Cette fois pas de spartiates, mais un affrontement entre le général grec Thémistocle et l'immense armée venue de Perse de Xerxès, un mortel converti en dieu et dirigée par Artémise qui est un poil rancunière et désireuse de se venger des grecs.
Le seul espoir de victoire contre cette armée supérieure en nombre, serait d'unir toute la Grèce et c'est Thémistocle qui dirigera l'attaque qui changera le cours de la guerre.


« 300 : La naissance d'un Empire » se déroule en trois temps : avant, pendant et après de ce qu'on a pu voir dans le film avec Gerard Butler dans le rôle du Roi Léonidas. Zack Snyder (Réalisateur de 300 et producteur/scénariste dans ce film) et Frank Miller profitent du lien entre les spartiates et les grecs pour raconter ce qui s'est passé avec le deuxième groupe sous les ordres du général Thémistocle qui mène un combat naval contre la puissante Artémise (Eva Green) pendant que les spartiates combattent aux Thermopyles et surtout on assiste à la naissance du dieu-roi Xerxès. Ce qui bizarrement le rend plus humain et plus crédible comme « méchant » de l'histoire.


Mais la grande méchante de l'histoire est Artémise, jouée par Eva Green. Elle aussi a le droit a un rapide backround pour la rendre plus humaine et plus crédible. Mais soyons honnête, je n'ai pas accroché au jeu de la jolie Eva. J'ai eu l'impression qu'elle avait deux expressions faciales : pas contente et constipée. Et pour camoufler son jeu médiocre, Snyder a été malin en lui donnant une scène torride de sexe. Et franchement, en 3d, on peut dire que la demoiselle a une paire de pastèques assez sympathiques. Mais si l'aspect esthétique est plus que plaisant, l'intérêt de cette scène est aussi importante et intéressante que la scène de sexe dans 300 avec la reine spartiate (Lena Headey ).




Il est important de mentionner que le film peut provoquer un véritable geekasme si vous le voyez en IMAX 3D. Les scènes d'action prennent une ampleur épique avec un gros zeste de violence et une esthétique impressionnante due aux dernières avancées technologiques employées pour faire exploser les images jusqu'à nos petits yeux.
En conclusion, « 300 : La naissance d'un Empire » est un des rares films qui réinvente la mode hollywoodienne qui réalise à tout bout de champs des séquelles et des préquelles et qui est un véritable complément à l'histoire de Frank Miller comme si ce n'était qu'une seule saga. Elle ouvre ainsi la porte à de nouvelles aventures contre le terrible empire Perse... 
Un film moins épique que son prédécesseur, mais largement plus agréable à l'oeil. Vivement la suite !

  
-Soldats, quelle est votre profession ?
-HAAOOOU HAAOOU HAAOOU !
                                                    
 Léonidas et ses 300.

04 avril 2014

Nouvelle page Facebook

Univers Marvel & autres Comics se dote maintenant d'une page facebook dédiée, plus pratique que l'ancienne qui s'apparentait à un compte personnel.

Pour y accéder, il suffit de cliquer ici : UMAC

N'hésitez pas à "liker" la page afin d'être informé des nouvelles publications.

L'ancienne sera néanmoins encore utilisée en parallèle pendant quelque temps.




01 avril 2014

Kaamelott : enfin la suite !

On trépignait depuis maintenant quelques années, la suite tant attendue de l’excellente série Kaamelott sera enfin disponible à la rentrée, dans un format original.

Plusieurs supports avaient été envisagés après la fin de la série TV : une trilogie au cinéma, un recueil de nouvelles traitant de la partie Kaamelott : Résistance, un téléfilm sur M6… sans parler des BD qui content des aventures parallèles se déroulant pendant la première saison.
Las des difficultés de production qu’il rencontre, Alexandre Astier a réussi à contourner le problème en optant pour un système de diffusion inédit à ce jour en France. La conclusion de l’épopée d’Arthur sera en effet à découvrir sous forme de vignettes autocollantes à collectionner que l’on trouvera dans les boîtes de Vache qui rit.

La nouvelle à de quoi décontenancer, aussi Alexandre Astier s’en est-il expliqué dans une interview, ce matin sur Europe 1 : « En tant qu’artiste, je suis ouvert a priori à tout, au départ cette idée était uniquement une plaisanterie, mais après quelque temps de réflexion, j’ai vu cela comme un challenge. De plus, la marque Vache qui rit est pour moi associée à l’enfance, à la magie quelque part, il y a une logique dans cette démarche, une filiation presque. Et puis l’aspect aléatoire me plaisait. On ouvre un paquet et l’on ne sait pas sur quelle partie de l’histoire on va tomber. Le lecteur participe à la construction physique de l’intrigue, il est au cœur de la quête du Graal. »
Ceux qui attendaient de retrouver les héros de Kaamelott sur grand écran seront sans doute déçus, mais nul doute que cette nouvelle ravira les collectionneurs et les amateurs de fromage à tartiner !

D’un point de vue pratique, un album grand format (de 250 pages) pourra être commandé sur le site officiel d’ici quelques mois. C’est en tout près de 2000 vignettes différentes qu’il faudra rassembler, sachant que chaque boîte de Vache qui rit en comprendra cinq...

A vos tartines !