16 septembre 2014

Porcelaine

Demain sort chez Delcourt le premier tome de Porcelaine, une série au charme certain que l'on découvre tout de suite.

Gamine est une enfant des rues, sans famille, vivant dans une pauvreté extrême. Un soir, sous la menace, elle est contrainte de pénétrer dans une propriété pour y dérober de l'argenterie.
Malheureusement, elle est rapidement repérée par deux molosses... en porcelaine !
Leur propriétaire, un vieux monsieur solitaire et bienveillant, va prendre la jeune fille sous sa protection. Il lui dévoile bientôt les secrets de son métier. L'homme est un alchimiste doublé d'un génial inventeur. Il s'est notamment entouré d'automates de porcelaine, qui le servent et le distraient. 
Gamine n'aura plus jamais faim, elle aura même de nouveaux amis, un parc privé... contre tout cela, une seule promesse lui sera demandée : ne jamais pénétrer dans l'atelier où son bienfaiteur garde ses précieux vernis. 

La quatrième de couverture annonce tout de suite la couleur en comparant ce récit à du Dickens ou du Carroll. Et nous sommes bel et bien dans un conte où l'étrange et l'inquiétant le disputent au merveilleux.
A l'origine du projet, deux hommes, issus de Improper Books, un studio indépendant dont c'est la première réalisation grand format. Le scénario est écrit par Benjamin Read, les dessins sont de Chris Wildgoose.
Graphiquement, on flirte avec le sublime : magnifiques décors, automates réalistes et inquiétants, et deux protagonistes principaux clairement charismatiques. L'on peut citer également la très belle colorisation d'André May, aidé par Alexa Rosa pour les aplats.

Au niveau de l'histoire, l'on quitte rapidement la dure réalité sociale à la Dickens pour plonger dans du fantastique gothique, parfois un peu prévisible mais toujours fascinant. La jeune fille est une merveille d'écriture, car bien qu'aussi archétypale qu'un Solo en un sens, elle possède néanmoins des caractéristiques et particularités suffisantes pour la rendre non seulement crédible mais touchante.
Read fait preuve de la même habileté avec le porcelainier, tour à tour charmeur, effrayant ou pathétique. Le lecteur a la nette impression d'être face à des êtres vivants, dans toute leur complexité, et non devant un peu d'encre et de papier. Magique !

Runes et vernis magiques, esprits maléfiques, arbres de porcelaine, absolument tout baigne dans une atmosphère aussi irréelle que prenante, et non dénuée d'une certaine poésie d'ailleurs. 
Si toutes les productions de ce studio se révèlent aussi bonnes, il ne devrait pas rester méconnu trop longtemps. 
L'ouvrage, d'environ 80 pages, est complété par un carnet de croquis, assez complet et bénéficiant d'explications délivrées par Wildgoose.

Un beau conte, fort bien écrit et magnifiquement mis en images.
Une suite est d'ores et déjà prévue, ce qui est une excellente nouvelle. 

+ des personnages très bien écrits
+ un style graphique magnifique
+ une ambiance qui joue sur des codes connus et les emploie à bon escient
+ des scènes à l'impact émotionnel certain
+ bonus intéressants





Solo : les survivants du chaos

Monde post-apocalyptique, sales bestioles et combats sanglants sont au menu du premier tome de Solo, disponible depuis quelques jours chez Delcourt.

Solo est trop grand pour continuer à être un poids pour sa famille. Il doit maintenant partir, seul, pour affronter le monde et trouver de nouvelles terres où il pourra chasser.
Sur sa route, des proies mais aussi des monstres. Et des humains, dont les fameux pirates qui organisent des combats à mort dans des arènes où s'affrontent les meilleurs combattants.
Bien contre son gré, Solo va devenir l'un d'eux.

Ce premier volume, qui compte un peu plus d'une centaine de pages, est écrit et dessiné par Oscar Martin, un artiste espagnol connu notamment pour avoir œuvré sur Tom et Jerry.
Il reste ici dans l'animalier, avec de nombreux personnages anthropomorphiques, mais abandonne l'humour pour une ambiance bien plus sombre. L'univers dépeint est violent, peuplé de créatures viles, stupides ou corrompues. Et si le trait est joli et les trognes souvent sympathiques, cela n'empêche nullement les décapitations et joyeusetés du même genre.

Si l'on peut faire un reproche à ce récit, pourtant plutôt bien mené, c'est sans doute l'aspect très monolithique de son personnage principal. Solo, taciturne et efficace, se révèle l'archétype du héros solitaire et ombrageux, sortant vainqueur de tous les combats grâce à son habileté dans le maniement des armes mais aussi à une tête bien faite. Trop bien faite peut-être. Presque ennuyeux à force d'être sans défauts, il faut attendre les toutes dernières pages pour voir notre sympathique rat s'humaniser un peu.

L'univers en lui-même est assez riche. Outre les rats, l'on retrouve d'autres animaux ayant mutés, parmi lesquels les chiens, les porcs, les singes ou encore les nocturnes. Les humains sont, eux, divisés en plusieurs castes, parmi lesquelles les ferrailleurs, les pirates, les bannis ou les politiques.
Certains éléments sont parfois naïfs, voire caricaturaux, mais il se dégage une vraie cohésion de l'ensemble ainsi qu'un potentiel qui n'est pour l'instant qu'effleuré. Difficile de ne pas penser à d'autres histoires de rongeurs, comme Le Dernier des Templiers ou les Légendes de la Garde, qui proposaient toutefois des aspects sociaux ou politiques plus aboutis.

Un premier essai sympathique et visuellement réussi auquel il manque un brin de maîtrise et d'originalité pour complètement convaincre. A suivre tout de même de près.

+ de belles planches et des personnages expressifs
+ un bestiaire varié
- des combats peu excitants
- un héros très froid, qui a du mal à susciter l'empathie    





14 septembre 2014

Sélections UMAC : trois classiques de la SF

Mondes étranges, dystopies et langues en perdition sont au menu de cette sélection de romans SF.

Dune
Oui, vous allez me dire que vous n'avez pas besoin de lire le roman parce que vous avez vu le film. Grosse erreur ! Car en comparaison du roman de Frank Herbert, l'adaptation ciné fait figure de cousin attardé. Il existe bien une mini-série télévisée plus récente et mieux fichue, mais là encore, rien de comparable à la richesse du roman.
Voyons déjà en gros l'histoire.

Nous sommes en 10191. L'empereur Shaddam IV dirige tout l'univers connu (ce qui est plutôt pas mal, avouez-le). L'expansion humaine tient pour beaucoup à la production de l'Épice. Cette denrée rare permet de booster les capacités psioniques des mentats et, surtout, de réaliser des voyages intersidéraux. En effet, les ordinateurs étant interdits (ils avaient une fâcheuse tendance à planter et asservir la populace), le rôle stratégique de l'Épice n'en est que plus crucial.
D'autant que cette dernière n'est disponible que sur la planète Arrakis, une planète des sables peuplée de vers géants et d'indigènes aux yeux bleux ; les fremens.
Pour tout arranger, l'empereur confie la planète Arrakis aux Atréides, ennemis héréditaires des précédents détenteurs du fief...

Ce n'est là qu'une petite partie de l'intrigue et surtout de l'univers créé par Herbert. Ordre religieux, légions de soldats d'élite, armes exotiques, coutumes étranges et prophéties parsèment l'histoire. Celle-ci se révèle d'ailleurs être une sorte de conte féodal futuriste, de nombreux éléments échappant à la SF traditionnelle (pas d'ordinateurs, armes blanches, dogmes religieux très présents...).
Le cycle de Dune comprend en tout six romans (le premier peut se lire seul et constitue déjà une bonne histoire) écrits par Frank Herbert, plus deux écrits par son fils, Brian Herbert, et Kevin J. Anderson (un "mercenaire" ayant officié dans les univers de X-Files ou Star Wars).

A tenter, surtout si vous êtes déjà fans d'œuvres telle que A Song of Ice and Fire, qui partage avec Dune des points communs nombreux portant sur le nombre et la qualité des personnages ou encore l'importance des intrigues politiques.


Mission Terre
Un truc qui est marrant avec Ron Hubbard, fondateur de la scientologie, c'est que ceux qui en parlent sur le net se trouvent parfois obligés d'assurer leurs futurs lecteurs qu'ils ne risquent rien (ou au contraire mettent un "auteur dangereux" à côté de leur chronique, à la manière d'une pancarte "chien méchant"). Un peu comme si l'on pouvait "chopper" une conviction au détour d'une phrase. Evidemment, ça ne se passe pas comme ça. Et si c'était le cas, Hubbard serait vraiment fort. Et il aurait été maître du monde de son vivant.

On peut penser ce que l'on veut, en bien ou en mal, de la scientologie sur le plan philosophique (j'ai lu la Dianétique par curiosité, et je ne suis rentré dans aucune secte pour autant). Sur les éventuelles pratiques sectaires, c'est autre chose, mais il est évident que cela ne s'attrape pas comme un virus. Il faut le vouloir. C'est un peu comme l'hypnose, si vous ne participez pas, ça ne marche pas. Donc, non, Hubbard n'était pas un dangereux sorcier, par contre, c'était plutôt un bon auteur.

Mission Terre, une décalogie, rien que ça, raconte l'histoire de deux personnages très différents. D'une part Jettero Heller, un champion de la Flotte, héros caricatural au possible et plein de bons sentiments, et Soltan Gris, un agent de l'Appareil (les services secrets), colérique, malchanceux, lâche et peu regardant sur la morale. Ces deux opposés sont amenés à se rencontrer lorsque le premier reçoit pour mission de se rendre sur Terre afin de faire en sorte que ces cons d'humains ne fassent pas tout péter avant l'invasion voltarienne. Soltan, lui, va se voir assigner l'exacte mission contraire, à savoir faire échouer l'autre m'as-tu-vu par tous les moyens.

Ce long récit pourrait passer pour une simple parodie s'il n'y avait pas, régulièrement, d'acides constats sur notre propre société. Bien entendu l'on retrouve des obsessions de l'auteur (son manque de considération flagrant pour les psychiatres et psychanalystes) mais aussi un sens aigu de l'observation, qui met souvent à nu des travers voltariens très... humains. 
Et en plus, c'est drôle. Soltan Gris, sorte de loser hargneux, empêtré dans des stratégies qui le dépassent, restera comme la vraie star de l'aventure. 

Un peu long (dix tomes quand même) mais vraiment agréable à lire.
Et ça donne à certains l'impression de s'encanailler...  


1984
Là, on ne parle même plus de classique mais de chef-d'œuvre. Le roman de George Orwell n'a non seulement pas pris une ride, mais la plupart des phénomènes y étant décrits se sont réalisés... 

Big Brother is watching you... vous devriez avoir déjà entendu cela, même si en réalité, c'est certainement la partie la moins intéressante (et prophétique) du roman. Mais commençons par le début. 
Winston Smith vit à Londres, en Océania. Le régime totalitaire qui y sévit, l'Angsoc, ne laisse que peu de libertés à ses citoyens. Winston, qui travaille au Ministère de la Vérité, va peu à peu découvrir l'amour mais aussi repousser les limites du système. Jusqu'à ce que le piège se referme sur lui...

Outre le fait qu'il s'agisse là d'une belle et forte histoire, 1984 va se révéler au fil du temps étonnamment moderne, voire annonciateur de dérives actuelles. Encore une fois, ce qui est important dans ce roman ne tient pas aux caméras, cela, au moins, ne s'est jamais réalisé (personne ne vous filme chez vous). Deux autres éléments, d'une importance extrême, rencontrent par contre un écho douloureux aujourd'hui. 
Ce qui fait peur (ou devrait faire peur) dans ce roman, ce sont deux notions qui, de par leur existence même, sont des atteintes à la liberté :
- l'impermanence des faits avérés
- la destruction de la langue, et donc des moyens de contester cette impermanence

Cela demande sans doute quelques explications. Tout d'abord sur la non permanence de l'Histoire. 
L'Histoire n'est pas toujours parfaite, c'est admis, mais elle repose tout de même sur un socle permettant de tracer ses grandes lignes. Si je vous dis que, en 1944, les alliés étaient les gentils et les allemands les méchants, c'est idiot, ça n'a aucun sens d'un point de vue historique, l'on peut donc parfois, une fois les passions apaisées, farfouiller dans le passé pour découvrir que tout n'était pas si net. Par contre, si je vous dis que les Américains et les Anglais étaient en guerre contre les Allemands, cela, ça ne change pas. C'est un fait avéré qui n'est pas soumis à interprétation. Il y a donc une permanence, logique, des grandes lignes de l'Histoire. Dans 1984, cette permanence n'existe pas car l'Histoire est réécrite perpétuellement. Non à la faveur de nouvelles découvertes, mais pour des besoins politiques. L'ennemi d'aujourd'hui doit être celui d'hier. L'on se dit que, un truc pareil, ça n'arrivera jamais chez nous. On n'est pas dans un roman de science-fiction... et pourtant.

Et pourtant, c'est en cours et cela fonctionne plutôt bien. Ainsi, pour des raisons politiques, Napoléon n'est plus étudié au collège et Louis XIV se contente de quelques lignes dans les livres scolaires. Pour quelles raisons ? Parce que ces personnages auraient, subitement, connu une dévaluation au niveau de leur intérêt historique ? Non, parce qu'ils ne conviennent pas aux dogmes politiques du moment. Des dogmes fantaisistes, puisque l'on reproche notamment à Napoléon d'être... un dangereux fasciste. Ce qui est bien entendu impossible, ne serait-ce que pour de basses questions chronologiques mais aussi de plus vitales contraintes de société. Il faut dire qu'il y a bien longtemps que l'on a rayé les dates (bornes chronologiques essentielles) des programmes. Sans elles, tout devient possible. C'est l'impermanence des faits, ce qui permet à Napoléon de n'être rien d'autre qu'un laquais d'Hitler, et aux programmes scolaires d'être aussi pertinents qu'une partie de bowling en apesanteur (cf. cet article de Dimitri Casali).

Le pire reste cependant à venir. La destruction de la langue est évidemment ce qui restera de plus exact dans ce monde, décrit en 1949, par Orwell.
Et pourtant, la langue française reste un bourbier infâme, inutilement complexe. Il convient donc de faire une différence immédiate entre une simplification qui viserait à appauvrir les moyens d'expression et l'impéritie qui, sur des décennies, a conduit à des tonnes de non-sens.
On a souvent l'habitude d'entendre "la langue française est la plus belle du monde". Vous avez remarqué que seuls des français disent cela ? Et en général pas les plus habitués à manier la langue justement. C'est un peu comme notre "système social que le monde entier nous envie". Il n'est pas déposé, mais un truc qui fait que l'on ne peut pas payer les retraites, que l'on rembourse de moins en moins les médocs et qui ne crée pas d'emplois, ben, bizarrement, personne n'en veut. 

Mais restons sur la langue. Prenons par exemple le participe passé. C'est sympa a priori un petit participe. C'est bien utile même. Mais quand on regarde la règle d'accord, c'est du Pierre Richard ! 
Déjà, ça dépend de l'auxiliaire. Bon, ça va jusque-là. Pas de quoi se décrocher la mâchoire. Cela dépend aussi de la place du COD. Ah. On va faire avec. Mais ce n'est pas tout ! Il faut aussi tenir compte des exceptions. Certains verbes pronominaux s'accordent avec le COD, même s'ils sont conjugués avec l'auxiliaire être. Et parfois, comme avec le participe passé de "faire" suivi d'un infinitif, on ne touche à rien !
Bref, ne cherchez pas de logique là-dedans, c'est une merde pas possible. Si l'on simplifiait ça, ce ne serait pas une atteinte à la langue, au contraire, ça permettrait même de la rendre plus attractive et logique.

Par contre, un tas de choses font que l'on coupe dans les mots à la machette depuis pas mal de temps maintenant. Bien sûr, rien de "décidé" au niveau de l'état, pas de complot là-dessous, juste un pourrissement, quelque chose qui se flétrit et qui n'inquiète pratiquement personne.
S'il était simplement question d'un manque de vocabulaire constaté à l'occasion d'émission TV un peu nazes, cela passerait encore. Mais non, cette inclinaison vers la novlangue se constate dans de nombreuses pentes, que ce soit les romans, les journaux, les sous-titres de séries ou de films...
Quelque chose de vital se perd dans l'indifférence générale. C'est vrai pour les expressions prétendument "jeunes" comme pour les facilités journalistiques. 

Par exemple, un "truc de fou" (ou de "ouf") veut tout dire. 
J'ai failli me faire renverser par une bagnole : truc de fou.
J'ai gagné au loto : truc de fou.
Je n'ai rien compris au dernier roman de Houellebecq : truc de fou.
La même stricte expression peut désigner des tonnes d'états différents.
Mais même les détenteurs d'un pseudo-savoir ou les habitués des sphères médiatiques usent de poncifs permettant de signifier de moins en moins et de pérorer de plus en plus. Même les politiques usent et abusent de ce que les "communicants" désignent sous le terme d'éléments de langage. 
Lorsque les élites censées être en charge de nos destins se font remplir la bouche comme un vulgaire four à pain, sans bien comprendre ce qu'elles cuisent, faut-il y voir un progrès démocratique ou un appauvrissement des mots ? 

Dans un autre registre, qui décide, et pourquoi, que les romans destinés à la jeunesse seront aussi pauvres que possible ? Avec un seul temps et des coupes sombres (cf. cette chronique) ? 
A-t-on, avec de telles pratiques, relancé le roman jeunesse en France ? Non, évidemment.
Et lorsqu'il y a des best sellers pour ados (Gone par exemple), ils sont issus d'un auteur ayant un véritable talent et une vision spécifique, non de vagues tambouilles décidées dans l'obscurité des bureaux. 

1984 est un bon roman. C'est une histoire d'amour tragique, un récit d'anticipation habile basé sur une thématique intelligente et fascinante. C'est aussi une grille de lecture concernant les tares les plus ineptes et dangereuses de notre société. C'est peut-être pour cela que je n'ai jamais digéré ce roman. J'en vois trop les effets, partout, pour pouvoir totalement oublier Winston et l'Océania...
Et pendant que certains attireront votre attention vers des caméras inoffensives, n'oubliez pas que des gommes sont déjà à l'œuvre, discrètes, douces mais criminelles.

La vérité, si elle n'est plus soutenue par le papier, ne tient qu'un temps. Celui de la mémoire individuelle.
Avant que le savoir ne devienne en soi un acte de résistance, il est urgent de lire. Oh, on ne lira pas toujours de bonnes choses, non. Parfois, l'on tombe sur de mauvais auteurs. Et ces mauvais auteurs, tout comme ces lecteurs exigeants qui ronchonnent, sont sains. Cela veut dire que tout n'est pas une soupe tiède, qui convient à toutes les bouches. Que l'on peut se faire chier entre les lignes, que l'on peut aussi prendre un pied infini et, au bout du compte, que l'on peut entretenir la machine et s'instruire en se divertissant. 

Hubbard ne peut être limité à un gourou effrayant, dont on n'oserait s'approcher. Dune ne peut se résumer à Sting dans un pathétique film des années 80. Et 1984 n'est pas une fable sur le danger des caméras de surveillance. 
C'est bien plus. Et pour découvrir ce plus, il faut plonger dans ces romans. Le but n'est pas d'en retirer ce que d'autres en disent, mais d'avoir une approche personnelle, issue d'une expérience unique. 
Et agréable.

Stendhal a écrit qu'un roman était un miroir qui pouvait faire se refléter l'azur des cieux autant que les bourbiers de la route. Il a écrit également que l'homme portant le miroir serait accusé des pires maux, alors que l'inspecteur des routes, responsables de l'état de ces dernières, passerait au travers.
Effectivement, l'on en veut à bien des romanciers, pour une idée, une fiction, un personnage.
Rarement aux faits qu'ils désignent...
Les temps changent, les facilités restent.



  

08 septembre 2014

Smith : la dérive ?

Un nouveau Jeff Smith, ce n'est pas tous les jours et ça mérite donc d'être regardé de près. On passe RASL au crible pas plus tard que maintenant !

Tout comme pour son excellente série Bone, Jeff Smith signe ici scénario et dessin. Autres points communs, il s'agit également d'une œuvre auto-produite et cette version est mise en couleurs par le même Steve Hamaker.
Malheureusement, les similitudes s'arrêtent là. 
Mais voyons un peu l'histoire. Robert Johnson, alias "Rasl", un ancien scientifique, a découvert le moyen de voyager dans des mondes parallèles. Plutôt pratique, même s'il se sert de cette fantastique découverte pour dérober des objets de valeur.
Il va cependant bientôt être poursuivi par un étrange tueur à tête de lézard, ce dernier étant à la recherche de documents importants que Rasl détient.

Premier constat, on est très loin de l'univers de Bone. Ce n'est bien entendu pas un défaut en soi, par contre ce changement de registre est fort mal présenté. On nous parle notamment, sur la quatrième de couverture, d'univers plus "adulte". Bone - un chef-d'œuvre vivement conseillé ! - n'avait pourtant rien d'enfantin lorsque l'on creusait un peu, simplement, l'on passe d'une série heroic fantasy très cartoony à de la SF contemporaine, un peu plus réaliste dans l'aspect. 
Réaliste mais pas forcément passionnante, malgré de bonnes idées. Smith s'inspire notamment de citations de Nikola Tesla ou de la très hypothétique et fumeuse "expérience de Philadelphie" [1] mais ces quatre premiers chapitres ne parviennent pas à susciter l'intérêt.

En effet, le récit commence très, très lentement. On ne sait rien du personnage, on ne comprend pas toujours bien de quoi il est question, les scènes sans dialogues, à la langueur irritante, s'enchaînent au fil des planches... 
Il faut attendre le dernier quart de cet album pour commencer à avoir non forcément des éléments de réponse (il ne s'agit pas de dévoiler toute l'histoire d'un coup) mais quelque chose à quoi se raccrocher.
C'est peut-être là que l'on voit aussi les limites de l'auto-édition [2]. Difficile en effet de croire qu'un (bon) éditeur n'aurait pas fait quelques suggestions quant à la structure même de ces premiers chapitres.
Il est en effet très improbable d'avoir envie de continuer à suivre des aventures d'un personnage dont on ne sait rien, poursuivi par un second larron encore plus obscur, le tout baignant dans une sorte de fiction scientifique très simpliste qui ne tire absolument pas parti des concepts fascinants qu'elle aborde.

Reste la patte graphique de Smith, agréable mais qui convenait mieux à l'univers plus "rond" et enchanté de Bone. La représentation des bonds, d'univers en univers, est notamment particulièrement quelconque. Heureusement, Delcourt a choisi la version colorisée (à l'origine, Rasl est en noir & blanc pour de pures raisons techniques, tout comme Bone [3]), ce qui permet d'éviter visuellement la grisaille et l'impression de dépouillement qui sont déjà bien présentes dans la narration.
Au final, eh bien... ce n'est pas terrible. Et je suis presque peiné d'avoir à le dire, non seulement parce que je m'étais jeté sur cette BD avec enthousiasme, mais aussi parce que Bone figure en bonne place dans mon top 5 personnel des meilleurs comics [4]
Il faut cependant être honnête, Rasl (pour l'instant en tout cas, mais en général quand les quatre premiers épisodes sont ratés, ça ne va pas forcément en s'améliorant) n'a pas de quoi retenir l'attention.

Où donc est cette fabuleuse capacité de Smith à faire exister en quelques cases même les plus extravagants personnages ? Que reste-t-il de son humour, de sa subtilité ? De son habileté narrative, de sa manière extraordinaire de faire naître l'émotion d'un petit rien ? 
Changer d'univers est une bonne chose pour un auteur, mais cela ne suppose pas de faire passer à la trappe toutes ses qualités. C'est à se demander si une version française se justifiait, car à part le prestige lié à l'œuvre précédente, on ne voit pas trop sur quoi se base l'éditeur pour prendre le risque de cautionner un récit digne d'un fanzine.  

Un auteur pourtant talentueux et une idée excitante pour un résultat médiocre et trop amateur.

+ un concept qui pourrait être fascinant...
- mais est pour l'instant ennuyeux au possible ! 
- une certaine "aridité", tant au niveau du texte que des dessins
- un personnage principal manquant de charisme et d'épaisseur
- une narration poussive




[1] Une expérience censée avoir été menée par la Navy pendant la seconde guerre mondiale et qui devait permettre de rendre les navires indétectables par les radars ennemis, voire même invisibles. Cela donnera lieu à divers films dont celui de Stewart Raffill, en 1984 : The Philadelphia Experiment. 
[2] Limites détaillées à la fin de cette chronique.
[3] L'article consacré à la série contient, à la fin, des comparaisons qui permettent de constater à quel point les planches gagnent en charme (et même en éléments de décor) dans la version Hamaker. 
[4] Un bel artbook, publié chez Presses Aventure, complète agréablement l'univers de la série.



  

06 septembre 2014

UMAC : bientôt 10 ans !

Dans quelques mois s'ouvrira la dixième saison de ce blog. Ce sera sans doute l'occasion d'un petit jeu/concours, mais aussi de sujets un peu spéciaux, permettant de revenir sur ce qui restera une longue et belle aventure.

Vous pouvez "admirer", ci-contre, l'évolution des logos du blog. De "Univers Marvel" à "UMAC" en fait.
Oui, ça fait mal aux yeux. Un peu comme ses vieilles photos où l'on se voit affublé de sous-pulls et de machins bariolés épouvantables (cruel avantage d'être né dans les années 70). 
Les deux premiers sont particulièrement gratinés. Avec notamment un très joli "brun caca" constituant, pour le deuxième, l'une des plus belles fautes de goût dont je puisse m'enorgueillir. A partir du troisième, j'ai été aidé. Ou plutôt, je ne m'en suis plus occupé du tout, ce qui a permis un certain gain en qualité visuelle.
Vous pouvez vous moquer, c'est fait pour. ;o)
Je vais aussi vous montrer pourquoi je ne suis jamais devenu dessinateur, puisque tous les dessins qui suivent sont de moi. Il y a de tout, le truc à la Carali mais en moins bien, le crayonné grimaçant immonde, la peinture de jeunesse dont on a honte... comme quoi, c'est un vrai boulot. Quand on fait les fonds de tiroirs, on trouve de quoi alimenter les bêtisiers !

Lorsque j'ai commencé à écrire ici, j'avoue que je ne savais pas trop où j'allais. C'était la mode des blogs où les gens racontaient leur vie, j'avais donc surtout envie de parler de tout sauf de la mienne. 
Concernant les comics, il n'y avait pas cette profusion actuelle de blogs et de sites. J'ai donc eu envie de parler de la BD américaine dans des chroniques se voulant différentes et faisant, si possible parfois, le lien entre pop culture et culture "institutionnelle". Ce que j'aurais aimé lire plus jeune en somme. C'était sans doute prétentieux de ma part (lorsque l'on commence un boulot, mieux vaut ne pas être humble, l'ambition est un moteur et bien des gens se chargeront déjà suffisamment de vous ralentir) mais je crois, en regardant en arrière, que je n'ai pas à rougir de l'évolution de ce bon vieil UMAC.

J'ai commencé à prendre des notes concernant l'histoire de ce blog il y a quelques années déjà. C'était presque une blague à l'époque, je m'étais dit que ça me servirait à faire un article pour fêter la dixième saison. Et voilà que la dixième saison se profile à l'horizon...
De ces notes, je n'ai pas tout retenu. J'ai notamment laissé de côté bien des gens qui ne méritaient pas d'être cités. D'autant que leur aspect nocif est finalement très relatif. C'est l'un des rares avantages d'accumuler les coups durs dans la vraie vie, l'on relativise très vite les abrutis du net que l'on a pu croiser. Et j'en ai croisé un certain nombre. Des incapables enragés par le fait que l'on pouvait pointer du doigt leur impéritie, de faux amis qui n'hésitèrent pas à planter des lances, de préférence dans le dos, au plus mauvais moment, des trolls dont le courage se mesure à l'aune de leur anonymat, des menteurs, des profiteurs, des jaloux... rien que du très banal en somme. 

J'ai heureusement fait également de belles et lumineuses rencontres. Des gens que je tiens en haute estime et qui m'ont souvent apporté des opportunités inattendues, malgré mon caractère impulsif, entier et hargneux (j'ai aussi des qualités je pense, mais il parait qu'il n'est pas de bon ton de les dévoiler en public). 
Ce dont je suis le plus heureux est sans doute la conséquence de mon acharnement à ronchonner contre les publications blindées de fautes ou certains travaux trop amateurs. Bien souvent, j'ai vu des gens ricaner sur des fora, pensant que je me battais contre des moulins à vent ou que je défendais des utopies. Ces utopies ont conduit un jour un certain François Hercouët à me demander si je ne voulais pas mettre en pratique les principes que je défendais. Cela m'a permis de devenir correcteur pour Urban Comics. Et mon avis n'a pas changé depuis : si l'on est suffisamment rigoureux, on peut faire un travail correct. 

Des gens comme David Bianic ou Guillaume Matthias m'ont également fait confiance pour tenir un rôle de rédacteur au sein du magazine Geek ou du webzine de WEBellipses. Ce fut parfois chaotique mais toujours enrichissant. J'ai également rencontré de nombreux dessinateurs, scénaristes, éditeurs, traducteurs, lettreurs, coloristes... parfois, juste pour une interview pour le blog, qui n'allait pas beaucoup plus loin. Et d'autres fois, en tissant de drôle de liens qui me menaient à d'autres personnes et influençaient (en bien) mes projets personnels. 
Le bilan est donc positif. J'ai consacré beaucoup de mon temps à ce blog (les premières années, j'avais tout de même un rythme d'une chronique tous les deux jours, voire plus) mais les retombées auront été à la hauteur, non de mes espérances (je n'en avais aucune) mais de ma passion.

Le blog a également évolué, et pas seulement au niveau des logos. D'un site consacré exclusivement au marvelverse, on a lorgné progressivement vers une ouverture englobant tous les comics, puis toutes les formes de BD, et enfin la pop culture dans son acceptation la plus vaste.
Pour aborder ce nouveau chapitre, des rédacteurs sont venus m'aider et apporter leur plume et leurs connaissances au service du blog. Vance, Geoffrey, Cindy ou encore Jeff m'ont aidé à aborder des domaines tels que le manga, le cinéma, les romans ou les jeux vidéo.
Tout cela est venu en fait d'un besoin personnel.

A une époque, je lisais absolument tout ce qui sortait en kiosque au niveau comics, plus l'essentiel de la librairie, plus un peu de VO et quelques trucs hors mainstream. Je ne me forçais pas, j'aimais ça, mais après quelques années d'un rythme de dingue, je suis arrivé à saturation. Je n'avais plus envie de lire les mêmes sempiternelles histoires, d'autant que le marvelverse plongeait dans un surplace narratif peu enthousiasmant. 
J'ai donc imaginé que, comme naguère l'on était passé des seuls comics Marvel à tous les comics, je pouvais faire en sorte que le blog évolue vers quelque chose de plus large. Qui puisse mieux correspondre à mes envies mais aussi aux vastes domaines que maîtrisent les rédacteurs qui m'accompagnent aujourd'hui.
Ainsi sont nés notamment les Step Back in Time, dans lesquels nous avons pu évoquer jeux vidéo, séries TV et films, ou les plus récentes "sélections UMAC", m'ayant permis de parler de Koontz, des romancier anglais ou de quelques polars cultes en DVD. Mais de cette nouvelle orientation sont aussi nés ces sujets sur Ulysse 31Saint Seiya ou le plagiat

UMAC a évolué pendant toutes ces années. Ce qui est normal et même sain. Certaines choses ne changeront cependant jamais. Ceux qui interviennent en ce lieu ont, je le pense, une plume habile, une connaissance certaine du sujet abordé, une véritable déontologie (qui parfois est absente des organes de presse) et, sinon un goût pour "la" vérité, du moins une absence de frilosité qui empêche d'en rester à de simples évidences ou des quatrièmes de couverture.
Sommes-nous parfaits ? Carrément pas.
Est-ce que l'on prend au sérieux ce que l'on fait ? Oh, putain oui !

Je ne sais pas si la dixième saison qui se profile sera la dernière, j'espère, comme toujours, qu'elle sera la meilleure, mais je sais que les ingrédients que l'on mettra dans nos chroniques seront toujours les mêmes : des couilles, des neurones et beaucoup de boulot. Et zéro pub.
Comme promesse, ce n'est pas si mal, non ?

Merci aux fidèles lecteurs, aux nouveaux et aux curieux. 

Guns & Apple Pie !




Y le dernier homme : la fin en novembre chez Urban Comics

Retour sur une excellente série, Y the last man, dont le dernier Deluxe sera disponible d'ici deux mois.

Vertigo est véritablement un vivier à comics cultes (cf. cette encyclopédie, consacrée au label). Y the last man fait partie de ces BD qui marquent et se révèlent rapidement addictives. 
Au scénario, Brian K. Vaughan (Runaways, Buffy, Saga). Les dessins sont de Pia Guerra
Les premiers épisodes avaient été publiés par Semic, puis Panini. Cette fois, Urban Comics nous offre une intégrale en Deluxe.
Mais voyons un peu l'histoire pour ceux qui ne connaîtraient pas.

Yorick est un jeune homme charmant, un peu glandeur et passionné de tours de magie. Le genre de type qui n'est pas franchement destiné à devenir célèbre. Pourtant, du jour au lendemain, il devient l'homme le plus convoité au monde. Pour la bonne et simple raison qu'il est - si l'on fait exception de son singe Esperluette - le seul mammifère mâle encore en vie sur la planète.
Ce monde post-apocalyptique dans lequel il va évoluer est donc entièrement constitué de femmes, ce qui a certes quelques avantages mais aussi malheureusement de gros inconvénients, surtout lorsque l'on devient la cible de groupes extrémistes.

La thématique est plutôt originale, riche, et, malgré parfois quelques épisodes un peu "en dessous", Vaughan parvient à conserver un véritable intérêt tout au long de la saga. Yorick ne manque pas d'humour, il fait des rencontres plutôt hautes en couleur et l'on a en gros de bons dialogues, de l'action qui n'empiète pas sur la psychologie des personnages, quelques histoires d'amour et une explication du phénomène qui, si elle est un peu tirée par les cheveux, n'en reste pas moins présente (tous les auteurs ne s'en embarrassent pas forcément).
Les dessins, s'ils ne sont pas désagréables, souffrent un peu du même défaut que ceux de la série Fables : une simplicité qui, en ce qui concerne par exemple les décors, confine au simplisme. Les visages manquent également de diversité, difficile notamment de s'y retrouver dans le paquet de jeunes femmes blondes qui jouent un rôle dans le récit. 

Quelques défauts donc, qu'il est légitime d'évoquer, mais surtout un véritable bon moment de lecture, encore amplifié par une fin qui n'est pas avare de surprises et de chocs émotionnels. 
Le scénariste s'offre en effet ici une conclusion forte, parfois dérangeante, amère mais terriblement réussie. Contrairement à ce que pouvait laisser présager le ton parfois léger de la série (avec notamment le duo contrasté, à la buddy movie, qui se balance des vannes, ou le graphisme, pas franchement "sombre"), ce final est une cascade de crochets au menton et de directs au bide, qui vous laissent sans voix, le souffle court et la gorge serrée.

Cette nouvelle édition, agrémentée de bonus, constitue une occasion idéale pour découvrir la série si ce n'est pas encore fait.

+ un Vaughan toujours aussi à l'aise sur les longs récits
+ une thématique originale et abordant de nombreux sujets de société
+ une conclusion couillue et émouvante
- un style graphique souvent fade





04 septembre 2014

Avant-Première : Shazam

A l'occasion du relaunch de l'univers DC Comics, Shazam a également droit à sa "renaissance".

Billy Batson est un jeune adolescent qui n'a connu jusqu'ici que familles d'accueil et foyers sociaux. Lorsqu'il est enfin adopté par les Vasquez, un gentil couple devant lequel il joue le rôle de l'enfant "modèle", il ne se fait aucune illusion.
Il a d'ailleurs bien du mal à accepter les règles de sa nouvelle famille, tout comme à se lier avec les autres enfants, pourtant sympathiques, qui la composent. 
Néanmoins, les circonstances vont faire que Billy va peu à peu se rapprocher de Freddy, un autre fils adoptif des Vasquez.
Surtout, alors qu'il aboutit dans le métro après une course-poursuite mouvementée, voilà qu'il est transporté dans un étrange lieu où il acquiert des pouvoirs magiques...

Si parfois le grand ménage imposé au DCU n'aura pas été très inspiré (cf. les débuts de la Justice League), il faut admettre que les personnages secondaires (comme Aquaman ou Catwoman) s'en sortent beaucoup mieux. C'est également le cas pour ce Shazam (anciennement Captain Marvel), écrit par Geoff Johns et dessiné par Gary Frank, le tandem déjà à l'origine du très bon Batman : Terre-Un.
Johns est d'ailleurs un spécialiste de la réactualisation des personnages, puisqu'il s'était notamment occupé de revisiter les origines de Green Lantern ou même de Superman. C'est donc dans un exercice familier qu'on le retrouve.

Le point fort de la série tient essentiellement à la manière, touchante et subtile, dont est dépeint le jeune Batson. L'on découvre un adolescent complexe, intelligent, quelque peu renfermé, qui est sensible, droit, mais peu se révéler aussi borderline.
Le moment qui suit l'acquisition des pouvoirs est à la fois drôle et relativement réaliste. Billy, devenu adulte et presque invincible, découvre par exemple qu'il peut... acheter de la bière ! De quoi les ravir, lui et son pote Freddy.
Différentes menaces ne tardent cependant pas à se manifester, de Black Adam, dont on nous explique les sombres origines, aux incarnations des sept péchés capitaux. 

L'on navigue donc entre petites explications sur la magie, découverte des pouvoirs, scènes humoristiques et grosse baston.
Au niveau de l'impact visuel, l'on a ici du très bon Gary Frank. C'est joli, une réelle impression de puissance se dégage de certains protagonistes, et l'on a droit à quelques décors qui ne manquent pas de charme. 

Les épisodes, qui avaient été publiés à l'origine en back-up (petite série feuilletonnante, de complément) de Justice League, seront réunis dans un album librairie à paraître en novembre chez Urban Comics. Comme de nombreux titres issus du New 52, c'est très accessible. Vous me direz que c'est le but, mais il arrive pourtant que certains reboots éliminent une bonne partie de l'intérêt d'un personnage sans pour autant se débarrasser de la complexité de son univers (au niveau de la concurrence, l'opération Marvel Now n'est à ce titre pas franchement une réussite, cf. entre autres All-New X-Men). Ici, non seulement l'arc est complet, mais tous les éléments nécessaires à sa compréhension sont contenus dans le récit.

Un titre agréable, qui apporte un vent de fraîcheur sur le personnage.
Sortie : 14 novembre 2014

+ de belles planches
+ une écriture habile et efficace
+ une histoire qui ne repose pas uniquement sur l'action seule
+ parfaitement accessible





Pourquoi ne pas commencer Saint Seiya ?


L'histoire de base 

Il y a de nouveaux dessins animés qui débarquent toutes les semaines sur nos chaînes françaises. Lorsque l'on a le temps de se pencher un peu plus sur le sujet et d'éviter les perles que sont Dora et autres Oui-Oui, on peut tomber par hasard sur quelque chose de différent et que l'on peut considérer comme étant unique.
Certains de ces dessins animés sont connus pour avoir bercé toute une génération : Goldorak, Ulysse 31 ou Albator dans les années 70-80, Dragon Ball, Olive et Tom dans les années 90, Batman TAS et Spider-Man TAS dans les années 2000... C'est tout une jeunesse qui a été éduquée en suivant les aventures (qui s'avèrent finalement être le plus souvent des mésaventures) de leurs héros préférés. Comme la plupart des enfants, j'ai également eu mon dessin animé préféré : Saint Seiya ou les fameux "Chevaliers du Zodiaque" en France. C'est pour vous présenter cet univers qui me passionne et qui s'est pas mal complexifié au fil des années que j'ai poussé très gentiment Neault vers la sortie. Après tout, ceux qui connaissent le dessin animé ne savent peut-être pas toutes les possibilités qui s'offrent à eux de nos jours et, à l'inverse, ceux qui ne connaissent pas le dessin animé vont peut-être trouver ce qu'ils feront de leurs longues nuits d'hiver.

Nous allons commencer par le commencement, si vous le voulez bien. Saint Seiya (traduisible par "Chevalier Seiya") est un manga créé par Masami Kurumada en 1986. L'histoire, composée de 28 volumes (également disponibles en Deluxe) narre les aventures de jeunes garçons envoyés dans différents camps d’entraînement afin de devenir des Chevaliers. Nous suivrons plus particulièrement cinq d'entre eux : Seiya (Chevalier de Bronze de Pégase) qui est le personnage principal, Shiryû (Chevalier de Bronze du Dragon), Hyôga (Chevalier de Bronze du Cygne), Shun (Chevalier de Bronze d'Andromède) et Ikki (Chevalier de Bronze du Phénix). Chaque Chevalier possède une armure qui le protège et possède des pouvoirs capables "d'entrouvrir le sol et de déchirer le ciel". Ils ont tous une armure basée sur une constellation (autrement dit, il ne peut pas y avoir plus de 88 Chevaliers) et sont répartis en trois catégories : les Chevaliers de Bronze (comme nos héros, les plus faibles de l'ordre de la chevalerie), les Chevaliers d'Argent (qui sont plutôt secondaires) et les Chevaliers d'Or (les 12 chevaliers les plus puissants et qui ont pour constellation l'un des signes astrologique). Leur mission commune est de protéger Athéna, la déesse de la guerre, qui se réincarne tous les 200 ans pour affronter les forces du mal. Pas de chance, le Sanctuaire, supposé être la résidence d'Athéna, tombe entre de mauvaises mains alors qu’Athéna n'est encore qu'un bébé. La manipulation est telle que seule une poignée de Chevaliers défend la véritable Athéna tandis que tous les autres sont dans l'erreur. Comme souvent, les personnages du manga vont devoir s'expliquer avec leurs poings plutôt qu'avec des mots. Ce n'est qu'une fois qu'Athéna sera revenue au Sanctuaire que les Chevaliers pourront affronter leurs véritables ennemis. On distingue ainsi trois arcs : Sanctuaire, Poséidon et Hadès. D'ailleurs, chose intéressante, contrairement à quasiment tous les mangas dit « shônen », Saint Seiya ne présente pas des adversaires de plus en plus forts à ces héros. Il est clairement dit à plusieurs reprises que les Chevaliers d'Or sont les plus forts alors qu'ils sont en plein milieu du manga (les Guerriers Divins étant « presque aussi forts que les Chevaliers d'Or », Les Marinas ne « valant rien à côté des Chevalier d'Or » et quant aux Spectres d'Hadès... disons que l'on comprend qu'ils soient 108). De même, les véritables méchants dans l'univers de Saint Seiya, se comptent sur les doigts de la main, tellement les manipulations sont nombreuses. Évidemment, les dessins sont un peu vieillots et les combats plus répétitifs que ceux d'un Luffy ou d'un Ichigo, mais le manga n'en reste pas moins une valeur sûre.


Seiya : Par le météore de Pégase !
Aldébaran : Serais-tu stupide ? Que veux-tu qu'une attaque si lente fasse à un Chevalier d'Or capable de se déplacer à la vitesse de la lumière ?! Pour moi, cette attaque à la lenteur d'une tortue !
Seiya, Chevalier de Bronze de Pégase, face à Aldébaran, Chevalier d'Or du Taureau.


Mais le plus souvent, bien qu'il ne plaisait pas à tout le monde (coucou, Ségolène !), c'est surtout le dessin animé qui a fait connaître Saint Seiya. Il se compose de 145 épisodes de 24 minutes et est connue pour sa qualité mais aussi pour les défauts qui lui donneront, avec le recul, un certain charme. Comme beaucoup de dessins animés de l'époque, l'animé a été extrêmement censuré en France. Ce sont quelquefois des minutes entières d'épisodes qui sautaient. De même, il y a parfois des approximations ou des phrases bancales dans la version française (chose que l'on a déjà pu voir dans de nombreux mangas de l'époque). Parfois, c'est drôle, comme le fameux « il m'a donné une décharge électronique » mais d'autres fois, c'est affligeant comme Milo qui est appelé Miro ou Saga, qui lui est carrément appelé Seiya. Pourtant, ces faits ne sont pas les plus connus. Ce qui a véritablement fait la réputation du dessin animé est le doublage. Ceux-ci sont assurés par une équipe de 5 ou 6 réguliers tout au plus qui se passent le relais tour à tour. C'est ainsi que l'on se retrouve avec un doubleur qui en est venu à doubler pas moins de 8 Chevaliers d'Or sur 12 ! Certaines fois (pour ne pas dire fréquemment), les voix changent même d'un épisode à l'autre. Le comble reste le personnage de Shun qui a eu une voix de femme au début du manga avant que le relais soit passé à un homme. C'est également arrivé à Mû, Chevalier d'Or du Bélier, et Aphrodite, Chevalier d'Or des Poissons, qui eux aussi se sont retrouvés à tort avec une voix de femme. On pourrait penser que le tout est excusable dans le sens où les personnages sont androgynes mais dans l'univers de Saint Seiya, une règle stipule que les femmes chevaliers portent forcément un masque... comment pouvait-on se tromper sachant cela ?

Vu comme cela, on pourrait penser que le doublage est détestable pourtant, il est connu pour être l'un des meilleurs jamais vu. La qualité est telle que les défauts ci-dessus ont même donné un certain charme au dessin animé. Pourquoi ? Tout simplement parce que les doubleurs ont fait un travail remarquable. Tout ce qui entourait leur travail a l'air d'être bâclé, c'est un fait. Mais pour ce qui est de leur véritable travail de doubleur, il n'y a rien à dire. Nous avons beau reconnaître la voix, on pourrait jurer que ce n'est pas la même personne qui parle. Le plus connu des doubleurs reste bien évidemment Eric Legrand (doubleur de Seiya, Shaka, Alberich pour Saint Seiya mais aussi d'Alexis Denisof dans Buffy/Angel et Végéta dans Dragon Ball), une personne pour qui j'ai un immense respect. Je ne peux m'empêcher de penser ; « Ah, Eric Legrand ! », lorsque j'entends sa voix dans une série, un film ou une publicité. Si je devais voir une personnalité avant de mourir, ce serait lui, sans hésiter. Les autres ne sont pas non plus dénués de talent, loin de là, avec le regretté Marc François (doubleur de Shiryu ET de Hyôga mais aussi Rouky ou Mickey côté Walt Disney), le tout aussi regretté Henry Djanik (Le Grand Pope, Ikki, les Chevaliers d'Or ou encore Mister T) et sa voix reconnaissable entre 1000, Serge Bourrier (Shun), que je ne connaissais pas avant cela et dont la voix est surprenante et pas forcément facile à reconnaître suivant le personnage qu'il double, et bien d'autres comme Virginie Ledieu ou Laurence Crouzet.

… Je me suis égaré, reprenons le fil, si vous le voulez bien. L'animé s'est arrêté après Poséidon suite à la chute libre de l'intérêt des japonais dès le début d'Asgard (partie qui a eu un réel succès en France). Du coup, il faudra attendre pas moins de 14 ans pour voir le fameux chapitre Hadès qui conclut le manga en animé. Une attente bien longue mais qui à l'avantage d'offrir aux fans de nouveaux dessins et une superbe animation. Comme beaucoup d'autres mangas adaptés en animés, Saint Seiya possède son lot de différences suivant la version que nous suivons. Il serait donc judicieux de conseiller une version ou l'autre mais le fait est que les différences sont souvent minimes. Le point fort du manga, en plus d'être la véritable version, est qu'il n'est pas censuré (dernièrement, des DVD Saint Seiya en version non-censuré sont réapparus mais des scènes restent changées). Celui de l'animé est qu'il offre la saga « Asgard » qui n’apparaît pas dans le manga papier mais qui reste très bonne. En DVD, vous pouvez apprécier les combats mais vous pouvez apprécier également des personnages ajoutés plus détestables les uns que les autres, avec en tête les Chevaliers de métal... bref, c'est tout un débat. A vous de choisir ce qui vous convient le mieux. Dans tous les cas, sachez que les génériques (ou « opening ») valent le détour (je parle des japonais, bien sûr... pas de ceux de Bernard Minet).


Shiryu : La perte de la vie de tes hommes a dû te faire perdre la raison !
Chevalier du Dragon Noir : Tu te trompes, je ne suis pas aussi sensible que toi, je ne verse pas une larme pour ceux qui se sont laissés tuer.

Un peu plus tard...

Shiryu : Pourquoi m'as-tu sauvé la vie ? Réponds-moi !
Chevalier du Dragon Noir : Eh bien j'ai eu soudainement envie de croire en ce que tu appelles l'amitié...
Shiryu face au Chevalier du Dragon Noir, sur le point de mourir.


Suite au succès du manga et du dessin animé, de nombreuses autres œuvres sont apparues.
En effet, le manga, sans avoir eu des ventes aussi faramineuses que Dragon Ball, a tout de même eu son heure de gloire avant de tomber dans l'oubli. Cependant, tout comme Ikki  revient encore et encore, le manga a pu renaître de ses cendres. C'est ainsi que, plusieurs années plus tard, l'univers, qui passionnait toujours un grand nombre d'irréductibles, et surtout qui a de sérieuses bases, a fait naître une flopée de spin-offs. Des spin-offs que je vais vous présenter.


Le spin-off Saint Seiya : Episode G

Ce manga, qui n'existe qu'en version papier et qui se compose de 21 tomes (dont un qui met l'accent sur Aiolos), a l'immense avantage de ne se consacrer qu'aux Chevaliers d'Or (Episode G pour "Gold"). L'histoire se passe six ou sept ans avant l'histoire de base, autrement dit juste après la soi-disant trahison d'Aiolos, le Chevalier d'Or du Sagittaire. On verra plus particulièrement son jeune frère Aiolia, Chevalier d'Or du Lion, tenter de mener à bien ses différentes missions tout en remettant à leur place ceux qui osent l'appeler le "frère du traître". Beaucoup d'action et de manipulations entourent un approfondissement très intéressant des Chevaliers d'Or mais l'on suit également leur vie de tous les jours au Sanctuaire. Il y a énormément de choses à apprendre. De plus, malgré ces petites nouveautés, l'auteur reste respectueux des différents caractères des Chevaliers d'Or et de l'univers en général, en puisant de nouveaux ennemis directement tiré de la mythologie grecque : les Titans.

A noter que bien que Kurumada soit noté sur la couverture, il n'est qu'un consultant, tout au plus. Tout le travail en revient donc à Megumu Okada. En fin de compte, cette série n'a qu'un point négatif : le dessin. Il y a quelques pages en couleurs et le style est beaucoup plus actuel mais cela n'enlève rien au fait que si l'accumulation de détails nous donne de magnifiques armures, elle nous donne également des scènes d'actions plutôt floues. Il faut également un petit temps d'adaptation pour le changement de visages de certains personnages mais aussi pour ce qui est de leur corpulence, les Chevaliers d'Or étant dessinés de manière assez androgyne.
En somme, un bon petit manga qui n'est pas forcément LA priorité absolue mais que je conseille tout de même aux fans.
A noter qu'Okada a lancé dernièrement une nouvelle série Saint Seiya : épisode G Assassin qui serait la suite de sa série de base. Aucune date concernant une éventuelle arrivée en France.


Aiolia : Tu aurais mieux fait de fuir tout seul, idiot !
Shura : Pfff... Me faire traiter d'idiot par toi, c'est la fin de tout... Quoiqu'il en soit, à cause de l'ordre du Grand Pope, personne ne viendra nous aider. Alors la fin est proche... mais mourir à côté d'un compagnon, ce n'est pas si mal...
Aldébaran : Un ordre qui interdit de venir au secours de ses frères d'armes ? C'est la première fois que j'entends parler de ça ! Je viens de rentrer alors j'ai dû le manquer... autant que j'en profite ! Vous permettez que je me joigne à votre combat ?
Aiolia, Chevalier d'Or du Lion et Shura, Chevalier d'Or du Capricorne, en mauvaise posture face aux Titans mais rejoints in extremis par Aldébaran, Chevalier d'Or du Taureau.


Le spin-off Saint Seiya : The Lost Canvas

Ce manga est sans doute le meilleur spin-off. Écrit et dessiné par Shiori Teshirogi, cette histoire raconte ce qu'il s'est passé lors de la guerre sainte précédente, soit 200 ans avant l'arrivée de Seiya et de ses amis. Ici, seuls deux personnages sont connus du lecteur : Dohko, le Chevalier d'Or de la Balance et futur maître de Shiryu, et Shion, Chevalier d'Or du Bélier et futur Grand Pope assassiné par Saga dans le manga de base. Tout comme dans la saga Hadès, vous allez ici découvrir le terrible combat qui oppose les Spectres aux Chevaliers d'Or d'Athéna. Le scénario est maîtrisé, les dessins sont très bons, les personnages sont travaillés et les liens avec la série d'origine sont nombreux. De quoi ravir tous les fans de la première heure ! Si un jour, vous souhaitez quitter le manga d'origine pour en attaquer un autre, c'est par celui-ci qu'il faut commencer !
Ce manga a été adapté en dessin animé mais ce dernier a été annulé après 26 épisodes. Je vous déconseille donc de suivre cette aventure à travers le DA.
A noter qu'après avoir terminé son histoire en 25 tomes, Shiori Teshirogi a crée un spin-off (c'est tout à fait ça, un spin-off du spin-off) intitulé Saint Seiya : The Lost Canvas Chronicles et dont chaque volume se concentre sur un Chevalier d'Or. On pourrait penser que c'est la série de trop, mais non, une nouvelle fois, le récit est surprenant et les clins d'oeil à la série d'origine très nombreux. Il y a neuf volumes actuellement et la série est toujours en cours.


Thanatos : Tu es encore vivant ? Et en plus tu as sciemment pénétré dans une enceinte divine ?

Manigoldo : Oops, vous m'en voyez désolé. Mais entre nous, z'êtes vraiment des Dieux ? J'avais entendu dire que des Dieux jumeaux étaient dans l'entourage d'Hadès. C'est fou, on arrive à peine à vous différencier. Alors, c'est lequel qui gère la « mort » ? C'est juste le type que j'ai le plus envie de défoncer là !
Hypnos : …
Thanatos : C'est moi...
Manigoldo tente de frapper Thanatos qui le bloque sans aucun problème.
Hypnos : Je n'apprécie pas outre mesure la vue du sang et le désordre des combats. Je vous laisse vous amuser entre vous.
Manigoldo, Chevalier d'Or du Cancer face à Thanatos, Dieu de la Mort et Hypnos, Dieu du Sommeil.


Le spin-off Saint Seiya : Next Dimension

J'ignore pourquoi le manga de Masami Kurumada s'est arrêté ainsi mais une chose est sûre : son histoire n'était pas achevée. Lorsque l'on sait que le dessin animé s'est cassé la figure au Japon dès Asgard, il n'est pas exclu de penser que le manga papier a suivi le même chemin durant Hadès. Le résultat est simple : l'histoire autour de la sœur de Seiya semble bâclée, le combat contre Hadès n'est pas plus long qu'un autre, on ignore ce qu'il advient de Seiya et enfin, jamais les Chevaliers de Bronze n'auront eu à affronter Zeus.
Autant les fans étaient heureux de voir tant de spin-offs continuer à faire vivre cet univers, autant ils ne pouvaient s'empêcher de garder une certaine amertume. L'année 2006 marque un tournant puisqu'il est annoncé que Masami Kurumada allait créer un nouveau manga Saint Seiya. Si, au départ, les indices sur le manga sont peu nombreux, les premiers chapitres ne laissent aucune place au doute. Il s'agit bien là de la suite officielle des aventures de nos Chevaliers de Bronze. Ceux que les fans auront longtemps appelé « l'hypothétique chapitre céleste » est enfin lancé !
Bien qu'il n'y ait que très peu de volumes à ce jour, le détailler serait vraiment long. Je vais donc me contenter de vous dire ce qui change. Tout d'abord, Seiya est blessé et n'est donc pas en train de monter des marches avec ses amis. Ensuite, les dessins de l'auteur sont certes les mêmes mais nous offrent tout de même une belle surprise puisque le manga est en couleurs. Enfin, l'histoire se passe à la fois dans le présent mais également lors de l'ancienne guerre sainte. Je suppose que ceux qui ont lu tout ce que j'ai écrit de beau au-dessus ont percuté... Eh oui, il y a tout de même un côté négatif à cette belle histoire. En effet, si les fans sont ravis de revoir les Chevaliers de Bronze en action, le fait que Masami Kurumada ait fait intervenir ses Chevaliers dans le passé contredit absolument tout ce qui a été fait dans le manga Saint Seiya : The Lost Canvas. Kurumada n'a rien pris en compte, même pas les noms des Chevaliers d'Or. En somme, l'arrivée de ce manga a relégué à un second plan l'autre spin-off qui pourtant était de qualité.
Pour le reste, le manga s'annonce terriblement bon et plein de surprises. Si vous ne connaissez pas Saint Seiya, il faut commencer par la série principale. Si vous l'avez déjà lue et que vous l'avez appréciée, vous vous devez de lire cette suite tant attendue.
Pas d'animé de prévu pour le moment.


Athéna : Vous tous... vous vous êtes déjà tant battus pour moi. Pour me sauver. Cette fois-ci, c'est mon tour de vous venir en aide.
Shun : Mademoiselle...
Athéna : Allons-y, maintenant. En route pour le temple d'Artémis.


Le spin-off animé Saint Seiya Oméga 


Cette série raconte ce qui est supposé se passer quelques années après Hadès. Autant le dire tout de suite, c'est mauvais. Certains y trouvent leur compte mais la plupart du temps, que l'on soit puriste ou débutant dans l'univers, les différences avec l'univers d'origine sont beaucoup trop nombreuses pour plaire. Les seules bonnes idées sont les apparitions des cinq personnages principaux (et notamment ce qu'est devenu Seiya), Riyuho (le fils de Shiryu) et une partie des nouveaux Chevaliers d'Or avec en tête Kiki. A côté de cela, les personnages semblent encore plus jeunes (ce qui décrédibilise un univers qui avait déjà du mal à ce niveau-là), leurs armures sont à présent contenues dans des médaillons (comme la plupart des mangas dit "magical girl") et non de grosses caisses, les Chevaliers peuvent utiliser les éléments (version Naruto), les femmes Chevaliers n'ont plus de masque, les ennemis Mars et Pallas sont foireux, Haruto est une tête à claques...

Bref, selon moi, cette série montre les abus qui ont pu être fait dans l'univers de Saint Seiya pour vendre plus de figurines. Si cette aventure vous inspire malgré tout, la série se compose de deux saisons pour un total de 97 épisodes. A noter tout de même qu'Eric Legrand, le doubleur principal de Seiya, a accepté de doubler le personnage en français dans cette suite (quel courage !).

Euh... Il n'y a aucune phrase que j'ai eu envie de retenir de ce dessin animé... Désolé...


Les films 

Ils sont au nombre de 5 et sont de qualité variable :

- Eris : La Légende de la pomme d'or
Le premier, celui qui pose les bases de tous les films qui suivront. Le film est surtout connu pour l'un des méchants présent qui a été tellement apprécié qu'il a été grandement repris dans la saga Asgard du dessin animé. Le film reste appréciable et peut être vu après la saga Sanctuaire.

- La guerre des Dieux
Un bon film qui a pour intérêt d'introduire la saga Asgard. Il est donc conseillé de le voir avant de commencer Asgard.

- Les guerriers d'Angel
Ce film est le plus long (plus d'une heure) et est le plus apprécié des fans. En plus d'avoir une histoire plutôt bien maîtrisée, le film a l'immense avantage de mettre en avant d'anciens personnages disparus du manga. A côté de cela, il est important de signaler que c'est celui qui a également été le plus bâclé au niveau de la traduction. Certains noms d'attaque passent à la trappe, on mentionne la « grande bataille du douzième palais » à la place de la bataille des douze maisons, Camus devient Camille... bref, il y a tout de même pas mal de phrases bancales et d'approximations.

- Lucifer : Le Dieu des Enfers
Bien que ce film soit plutôt distrayant, il est loin d'être le meilleur. La cause principale est l'intervention de Lucifer, personnage de la Bible alors que Saint Seiya se basait jusque-là sur la mythologie grecque. Il doit être vu après la saga Poséidon et après les trois premiers films.

- Tenkai-hen Joso : Overture
Ce film était supposé introduire ce qu'il se passe après Hadès. Le film avait donc perdu énormément d'intérêt suite à l'arrêt de la série d'origine. Après l'arrivée de Next Dimension, il a été un peu remis sur le devant de la scène mais sans être considéré comme étant culte non plus. De son côté, Kurumada l'a renié à l'époque car il n'était pas satisfait du résultat final (ce qui fait que l'animé n'en sera que d'autant plus controversé). Le film développe pas mal d'idées mais reste très différent de ce qui s'était fait jusque-là. A vous de vous faire votre propre idée. Personnellement, c'est celui que j'ai le moins regardé avec celui sur Lucifer. L'avantage, pour les plus jeunes d'entre vous, est qu'il est bien mieux dessiné que les films précédents (forcément).

Il existe un autre film mais en images de synthèses cette fois : La légende du Sanctuaire, qui reprend un morceau d'arc du manga.


Voilà, je pense avoir fait le tour de tout ce qui touche de près ou de loin à l'univers de Saint Seiya. Sa complexité apparente pourrait en perturber plus d'un mais je vous assure que si vous gardez en tête le fait que le manga date des années 90 (et donc, qu'il a un peu vieilli), vous avez peu de chances d'être déçu. C'est une histoire touchante, originale, bourrée de rebondissements, avec un vocabulaire plus riche que la moyenne (j'ai même entendu de l'imparfait du subjonctif Oo) et qui, à défaut de vous apprendre l'anglais comme d'autres séries dites « éducatives », vous apprendra certaines valeurs comme le dépassement de soi, la compassion, l'amitié, l'amour de son prochain,...


Par le météore de Pégase !