26 octobre 2006

Un goût de Paradis

Le tome 4 de Paradise X sortait ce mois-ci dans la collection 100% Marvel. Voilà l'occasion de faire un petit point sur cette longue saga.
Earth X, Universe X et Paradise X forment une trilogie que nous devons à Alex Ross et Jim Krueger pour le scénario et les dialogues. Pour les dessins, l'on peut citer principalement Dougie Braithwaite (et Alex Ross, de nouveau, pour les covers évidemment).

Alors, quoi t'est-ce que cela raconte-t-il ma bonne dame ?
En gros (parce que vous allez voir, même "en gros", c'est déjà pas simple), dans un univers paralèlle (il ne s'agit donc pas de l'univers 616 classique), l'humanité entière a muté suite à la décision prise par Black Bolt de propager les brumes tératogènes (qui étaient jusque là réservées aux seuls Inhumains). En fait, on se rend vite compte que les mutations ne sont pas dues au hasard mais servent un projet cosmique de grande ampleur. Les Célestes, de sympathiques extraterrestres aux allures de buildings décorés façon seventies, ont en effet implanté un embryon au coeur de la planète. Les héros et mutants sont en quelque sorte les anticorps de cet organisme géant dont les Célestes ont besoin pour se reproduire (ça va, ça suit toujours dans le fond ?).
Galactus, le dévoreur de planètes, a un rôle important à jouer là-dedans puisqu'en fait, en détruisant les embryons célestes disséminés dans l'univers, il permet de conserver un certain équilibre cosmique. C'est donc grâce à lui que la Terre X est débarrassée de l'embryon qu'elle contenait. Malheureusement, la mort de l'embryon a d'énormes conséquences écologiques (à cause notamment du changement de répartition du vibranium) dont l'inversion des pôles. De plus, alors que Reed Richards tente d'inverser l'effet des brumes tératogènes à l'aide de torches géantes censées les consumer, une grande partie de la population, souhaitant conserver ses nouveaux pouvoirs, s'y oppose. S'en suit un terrible conflit où l'on voit en fait que Mephisto manipule un peu tout le monde pour pouvoir créer des réalités alternatives afin d'échapper au Jugement Dernier (j'avais prévenu que c'était hard à suivre hein). Au final, Mar-Vell, aidé par une armée de héros, parvient à la fois à réunir certains objets magiques sur Terre (l'anti-métal, le cube cosmique et autres joyeusetés) et parallèlement, réussit à vaincre la Mort dans son royaume (il tue la mort donc). Dans la foulée, et se sentant en forme, il crée également un Paradis qui permettra d'accueillir les âmes des défunts. Des anges (d'anciens héros ayant évolués) assureront sa protection (Cap, Fatalis, Black Bolt...).
La mort ayant passé l'arme à gauche, plus personne ne meurt, ce qui condamne en fait l'humanité à des souffrances sans fin, d'où l'idée que Mar-Vell n'a peut-être pas tant la science infuse que ça malgré sa conscience cosmique.
Voilà, on en arrive donc ici au point de départ de Paradise X.

Bon, d'accord, mais dans tout ça, c'est-y bien c't'histoire ??
Ben... c'est spécial. Déjà, une épopée cosmique, ça ne plait pas forcément à tout le monde. Ici, non seulement c'est très (très) long mais en plus, d'un point de vue narratif, ce n'est pas toujours très clair. Soyons francs, parfois même, on n'y comprend rien ! M'enfin, heureusement, un dialogue (parfois intéressant, parfois ahurissant de répétitions ou de logique tirée par les cheveux) entre Uatu, le Gardien, et X-51 permet d'expliquer un peu les choses au lecteur. On retrouve d'ailleurs divers appendices permettant, là encore, de faire un point sur la situation ou de présenter les personnages (incroyablement nombreux) de l'aventure.
Mis à part ça, c'est tout de même une histoire intéressante. Elle a notamment le mérite d'offrir une explication globale à l'univers (au multivers même) Marvel. Pour s'y retrouver un peu, il est préférable d'être familier avec les personnages habituels de l'univers classique (Spider-Man, les FF, le Punisher, Daredevil mais également leurs ennemis, Fatalis, Belasco, Thanos, etc.), bref, si vous voulez vous plonger dans les comics en commençant par cette saga, ce n'est pas une très bonne idée.
Point important : un peu d'humour vient alléger l'atmosphère dans Paradise X, avec notamment les fameux Hérauts ou la rencontre Venom (May Parker, pas la tantine hein, la fillette) / Spider-Girl, deux filles de Peter issues de deux réalités différentes. Dommage qu'il n'y ait pas eu ce genre de clin d'oeil sympa dans Earth ou Universe.

Conclusion : si vous êtes prêts à passer sur les petits défauts narratifs, que vous n'avez rien contre le genre cosmique et que vous savez à peu près de qui l'on parle, cette trilogie vous comblera de joie. Dans le cas contraire, lisez du Millar, c'est plus court, ou, tiens, du Bendis, c'est meilleur. ;o)