28 janvier 2007

La chute des anges

On part du bon pied avec le X-Men Extra #60 car... il n'y a pas de courrier de lecteurs (ouf !). ;o)


Par contre, l'on y trouve la seconde partie des fichiers O.N.E. sur les fameux mutants ayant réchappé au jour M. Il y en a 66 et cela va de Match à X-23. Sur les 198, Marvel en dévoile donc 132, le reste constituant une marge permettant de faire intervenir des mutants inconnus du grand public dans les futures séries.
Pour l'histoire, suite et fin de Generation M avec en vedette la très attachante journaliste Sally Floyd. Celle-ci enquête sur les crimes dont sont victimes les ex-mutants. Il n'y a pas d'ailleurs que la menace des confréries anti-mutantes, certains, choqués par la perte de leurs pouvoirs, de ce qui faisait partie intégrante d'eux-mêmes, en viennent à se supprimer. Sally, qui a elle-même connu la perte d'un être cher, en rend compte dans ses articles avec une douceur émouvante. L'un de ses papiers, intitulé "Si vos voeux étaient des anges, nous aurions des ailes", commence ainsi : "Pendant ses vingt et un an de vie terrestre, Sarah Purser n'a cessé de violer les lois de la gravité. Jusqu'au jour où la gravité en a pris ombrage et l'a trahie". Dans le monde de Sally, les héros sont fatigués, les pouvoirs un vague souvenir et les morts violentes. On aura l'occasion de la revoir d'ailleurs puisqu'elle tient un rôle important dans Civil War Frontline, une maxi-série rendant compte de l'affrontement entre pro et anti-recensement du point de vue des journalistes.

Les trois épisodes qui nous intéressent aujourd'hui sont scénarisés par Paul Jenkins et dessinés par Ramon Bachs. Les covers, elles, sont de Stuart Immonen. L'ensemble est à ne pas rater sous peine de passer à côté d'un récit intelligent et poignant. Le mieux est encore de terminer par un autre article signé Ms. Floyd.
Les doux... hériteront-ils des asiles ?
Le jour se lève sur le quartier de détention de l'hôpital Ravencroft.
Ses occupants ne le verront pas. Ils ne savent plus ce qu'est la lumière solaire. Ils sont la lie de la terre, les parias. Criminels parfois. Psychopathes incurables, la plupart. Très humains, tous. Le monde et les leaders de notre communauté se sont empressés de les jeter aux oubliettes et de perdre la clé. Naguère, ces hommes au cerveau détruit avaient droit à un repas substantiel, et leur chance de guérir pour repartir du bon pied.
"Repartir du bon pied." Ce concept est devenu aussi obsolète que le dodo ou la bonne musique. Notre civilisation du "tout, tout de suite" l'a tué. Repas instantanés, récompenses ou châtiments immédiats... nous avons cessé de croire en ce qui ne se voit pas, mis à part l'oxygène et le top 40.
Ce bâtiment de pierre rébarbatif m'a rappelé "La Maison Usher", d'Edgar Poe. Je m'attends presque à voir surgir des corbeaux, mais il n'y a que des crottes de pigeons sur les corniches. Un gardien assistant me conduit à un poste d'observation d'où j'ai la vision fugace d'un environnement curieusement stérile où s'agitent les êtres les plus dangereux du pays.
Je n'ai rien vu, qu'un vide immense.

Un vide immense, c'est ce qu'a laissé le jour M, privant une génération entière de pouvoirs qu'elle pensait acquis à jamais, coupant les ailes des anges qui ont cessé de voler et meurent en souriant dans le souvenir d'un ciel qui ne veut plus d'eux.