06 février 2007

Silence, on tue !

Le Punisher n'est pas le seul à inspirer la terreur dans le coeur de ses ennemis. Au sein de l'univers Marvel, la mort à parfois un nom grec : Elektra Natchios.

Si je parle du Punisher dans cette petite intro, c'est que finalement Elektra lui ressemble sur bien des points : c'est une tueuse, elle n'a aucun super-pouvoir, sa morale est à géométrie variable (ou du moins suit une logique qui n'appartient qu'à elle) et elle est plutôt du genre laconique. Son parcours est des plus chaotiques. Sa mère meurt (et pas d'une grippe) avant même de la mettre au monde. On ne pouvait faire mieux comme prédestination à la violence, Elektra naît dans le symbolique sang rouge vif de sa mère agonisante, abattue par un tueur. Son père, ambassadeur aux Etats-Unis, suit le même chemin quelques temps après. Là encore, elle est présente pour voir "pôpa" passer l'arme à gauche (et pas en avalant un burger de travers, on l'aura compris).
Du coup, après avoir étudié les arts martiaux avec un senseï du nom de Stick, elle rejoint La Main, une organisation japonaise versée dans le Nin Jitsu (ensemble de techniques visant à péter la gueule discrètement à autrui). Ainsi prend donc forme, dans les grandes lignes, le personnage d'Elektra, tueuse à gage douée et sans pitié.

La miss bénéficie déjà de 6 tomes VF (35 épisodes VO) dans la collection 100% Marvel. Mais... j'avoue avoir un avis mitigé sur l'ensemble. C'est lisible bien sûr, mais il manque un je-ne-sais-quoi pour que la mayonnaise prenne. On sent un manque de vision à long terme pour le personnage, d'ailleurs, la succession de scénaristes qui prennent en main la destiné de la belle (Bendis, pour un bref instant, puis Greg Rucka et Robert Rodi) n'arrange sans doute rien (bizarrement, les dessinateurs aussi défilent : Austen, Bennett, Pagulayan, Meglia, Horn, Conrad, Cummings, Proctor). La jolie ninja est pourtant loin d'être inintéressante. Son histoire d'amour impossible avec Matt Murdock (alias Daredevil), son passé difficile, son statut de tueuse, tout cela pourrait constituer le terreau d'aventures bien plus touchantes que ce que nous avons pu lire récemment. Elektra tue de sang froid mais ses péripéties nous laissent froids également la plupart du temps. Elle s'infiltre, tue, repart et on en vient à se demander l'intérêt de suivre un massacre de plus. Il est sans doute dommage que Bendis n'ait pas gardé la série (enfin, il ne peut pas tout faire non plus) pour lui insuffler cette dose d'émotion et d'humanité fragile que l'on retrouve dans Daredevil par exemple.
Je ne veux pas non plus laisser penser que la série est épouvantable, les arcs se lisent même relativement bien, seulement il manque cette flamme, ce petit pincement au coeur qui vient parfois lorsque l'auteur est touché par la grâce et parvient à nous faire oublier les pages pour ne plus laisser à nos yeux que la limpide clarté d'une histoire qui surprend, d'un personnage qui émeut.

Le saviez-vous ?
Les Saï qu'utilisent Elektra n'en sont pas vraiment. En effet, ces armes traditionnelles (qui ressemblent un peu à de petits tridents) ne sont, en réalité, nullement constituées d'une lame en leur milieu mais d'une sorte de tige métallique arrondie. L'ensemble avait pour but (pour les plus habiles hein, je ne vous le cache pas) de briser le katana de l'adversaire. Les Saï, comme les Tonfa, s'utilisent par paire et sont originaires de l'imagination féconde des habitants d'Okinawa.