06 mars 2007

Le Tisseur dans le Mangaverse

Je n'avais jusqu'ici fait qu'évoquer de temps en temps le Mangaverse Marvel, voici l'occasion d'en parler un peu plus longuement en revenant sur le déjà ancien Spider-Man hors série #13 intitulé "La légende du clan de l'Araignée".

Evidemment, l'on se doute bien que le terme mangaverse désigne l'un des univers parallèles de la Maison des Idées, revisité à la sauce nippone (ni mauvaise, arf, je vais devoir reverser des droits sur cette vanne je crois tant elle est éculée). Le petit Peter Parker est donc ici un adepte des arts martiaux et son senseï n'est autre que l'oncle Ben qui va, dans cet univers aussi, se faire lâchement assassiner (y'en a qui ont la poisse hein, même dans un autre plan d'existence, faut qu'il passe l'arme à gauche celui-là). On retrouve en fait tous les personnages bien connus qui peuplent nos comics mais dans des emplois très différents. Le Dr Octavius est ainsi devenu le prof de biologie de Peter. Daredevil, lui, s'appelle maintenant Devil Hunter et utilise une sorte de kusarigama, un système de kama reliés par une chaîne (Quoi ? Vous ne vous êtes jamais battus à coups de faucilles ? Après quelques verres de sake, ça peut être fun mais faut faire attention aux doigts qui traînent). En parlant de charcutage à l'aide d'outils agricoles, Félicia Hardy (alias Black Cat) se voit, elle, implanter des membres cybernétiques après s'être laissée négligemment découper en deux par les fameux kama. Quant à Venom, il est en fait... le fils de May !

Est-ce que cette nouvelle version de la jeunesse du Tisseur était indispensable ? Probablement pas. Faut-il pour autant passer complètement à côté ? Pas forcément. Le scénario de Kaare Andrews apporte une certaine dose de fraîcheur dans sa façon de mélanger les rôles et origines des personnages. La touche japonaise n'est pas désagréable non plus même si l'on n'échappe pas aux traditionnels clichés (ou références suivant que l'on voit cela positivement ou non). Graphiquement, c'est fort réussi. Le style de Skottie Young est très cartoony, parfois bizarrement anguleux, mais cela change agréablement des dessins en général très réalistes dont on a maintenant l'habitude. On a recherché, à l'évidence, l'exotisme jusque dans l'aspect visuel.
Nous avons donc là un honnête produit, surfant sur la mode manga, et qui est suffisamment bien fichu pour intéresser les fans hésitants qui ne seraient, a priori, pas conquis d'emblée par ce Tisseur au parfum asiatique. D'un autre côté, les puristes se passeront sans doute fort bien de ce qui ne reste qu'une énième déclinaison "locale" des héros classiques ou préfèreront se tourner vers la très réussie (et maintenant bien fournie) gamme Ultimate.