04 mars 2007

Nick Fury, l'homme de l'ombre

Soldat d'élite, ancien agent de la CIA, ex-directeur du S.H.I.E.L.D. et spécialiste des coups fourrés, Nicholas Joseph Fury est de ces personnages cultes qui font partie intégrante de la mythologie marvellienne.
Si Nick Fury est respecté (souvent) et craint (toujours) par la plupart de ceux qui croisent sa route c'est que le gusse a bourlingué, c'est le moins que l'on puisse dire. Entre sa participation aux grands conflits mondiaux (s'il a l'air de ne pas vieillir c'est à cause d'une potion qu'il a ingurgitée et qui, effectivement, ralentit son vieillissement. Pratique pour garder la pêche et résoudre certains problèmes scénaristiques), sa lutte contre le terrorisme et son habitude de côtoyer et gérer des surhumains bardés de pouvoirs, le type impressionne. Calme, sûr de lui, il a l'apparente froideur de ces gens qui survivent à tout.

Ses méthodes ? Celles qui sont efficaces. La fin justifie souvent, chez lui, la plupart des moyens. Le président ne souhaite pas prendre en compte son avis ? Peu importe, il recrute une équipe et mène une guerre secrète jusqu'en Latvérie. Il doit récupérer un virus en Russie ? Pas de problème, il y envoie le Punisher. La loi, il la respectera lorsqu'il aura le temps, lorsque les problèmes seront réglés, lorsqu'il fera beau. Un jour peut-être.
Malgré tout, il ne fait peur qu'aux véritables salopards, pas vraiment au lecteur qui lui garde une certaine sympathie malgré son statut de barbouze aux solutions expéditives. Et en effet, il est difficile de le prendre en grippe le bougre, tant il incarne ce type de héros "larger than life" qui peut s'affranchir des petits règlements intérieurs puisqu'il se bat pour le Bien, un Bien à l'ancienne qui ne s'embarrasse pas de détails ou de teintes de gris. Pour incarner le grand Nick, on imagine facilement un Clint Eastwood vers la cinquantaine, cabossé mais cognant dur.
Si récemment il a perdu son titre de directeur du puissant S.H.I.E.L.D., Fury continue d'être influent même dans la clandestinité. C'est ainsi lui qui, invisible mais efficace, va fournir un abris à son vieil ami Steve Rogers et aux rebelles dans Civil War. Car, bien sûr, en espion prévoyant, il a toujours un coup d'avance, un repaire sous la main et quelques ficelles à tirer. Et entre l'organisation d'un putsch et la destruction d'un nid de terroristes, il a encore de l'énergie à revendre. Une preuve ? Le lit king size dans lequel reposent, à côté de lui, pas moins de trois demoiselles, apparemment endormies et satisfaites (cf "Mère Russie", le tome 4 du Punisher dans la collection Max). Eh oui, quand on est un homme, un vrai, les gonzesses, on se les tape par brochettes de trois ! ;o)

Evidemment, ce genre de clichés, volontairement excessifs et assumés comme tels, renforce encore plus le côté "énorme" du personnage. Si Fury n'a pas le fan club d'un Spidey ou d'un Wolverine, il faut reconnaître qu'il est l'un des rouages importants du marvelverse. Présent dans les coulisses d'un pouvoir qu'il ne respecte pas vraiment, il agit dans l'ombre pour, à sa façon, arranger les choses. Il a son propre code de l'honneur, sa propre vision de ce qui est juste ou non et un certain sens de l'amitié et de la droiture. Il est entier. Rassurant par son côté tranché. Inventif, présent lorsqu'il le faut, c'est lui que l'on appelle lorsque l'on est dans une situation désespérée et que les moyens habituels de se sortir du pétrin ne fonctionnent plus. Le genre de mec que l'on est prompt à condamner dans l'absolu mais que l'on aimerait connaître dans la réalité, sans trop oser se l'avouer. Et si vous le croisez dans le hall d'un aéroport, que vous lui faites remarquer qu'il n'a pas le droit de fumer ici et qu'il vous répond d'un sobre '"va chier", excusez-le, lorsque l'on est occupé à sauver le monde, l'on n'a pas toujours le temps d'en suivre les règles.