05 août 2007

Dernière rencontre avant massacre...

Menu alléchant pour le Marvel Icons #28 sorti hier : un épisode un peu spécial des New Avengers, une rencontre au sommet entre Iron Man et Captain America et, enfin, quelques réflexions sur les guerres au travers de l'histoire.

On commence par New Avengers. En fait, les nouveaux vengeurs sont totalement absents de cet épisode qui met en avant Clint Barton et Wanda Maximoff. Toujours Bendis au scénario mais c'est Alex Maleev (que l'on a pu voir longtemps sur Daredevil) qui s'occupe du dessin. Un détail bizarre, si Wanda, sous le crayon de Maleev, est plutôt réussie dans les planches, la cover réalisée par le même artiste est tout bonnement...hideuse. Je crois n'avoir jamais vu une Scarlet Witch aussi épouvantable ! Beurk. (pour vous en convaincre, cliquez donc ici)

On poursuit avec un épisode de Captain America dans lequel notre brave Rogers se castagne un peu avec ses vieux ennemis de l'Hydra, non sans un petit coup de main de Sharon Carter, cette dernière ayant maintenant clairement choisi son camp.

Ah, le morceau de choix maintenant : Rubicon, un épisode associant à la fois Captain America & Iron Man. Ceux-ci ont décidé de se rencontrer afin de tenter, une dernière fois, d'éviter le pire en négociant. Ils se donnent rendez-vous dans l'ancien manoir, partiellement dévasté, des Vengeurs, un lieu qui évoque bien des souvenirs pour les deux hommes. Nous touchons là, l'espace d'un instant, le coeur même de Civil War. Voilà deux hommes, deux amis, deux frères, s'estimant mutuellement, et qui vont se battre pour leurs idées et leurs principes. Pas vraiment de la haine, juste une inéluctable empoignade qui tourne au cauchemar entre deux personnes qui s'estiment mais qui ne reculeront pas, pas seulement par fierté, mais par conviction. Poignant ? Oui, certainement. Nous voilà un peu devant l'un de ces films de guerre à l'ancienne, où les généraux reconnaissent la valeur de leur adversaire et combattent pour l'honneur. Car lorsque le Rubicon est franchi, que reste-t-il à part cela ?
Tony et Steve vont en venir aux mains. Sans artifice. Sans armure. Sans bouclier. Et au final, ils repartiront, la mort dans l'âme et les mêmes convictions chevillées au corps. La guerre une connerie ? Oui, sans doute. Est-elle évitable ? Non, certainement pas.
Peut-être l'un des plus beaux épisodes de cette saga fratricide. Christos N. Gage écrit là un scénario excellent, mature, intelligent, faisant référence au passé mais mettant également à plat les dissensions du présent. Le graphisme de Jeremy Haun est un peu tendre mais qu'importe lorsque l'on est ainsi emporté ! Oui, c'est beau, c'est bon et c'est, bordel, ce que l'on aime dans les comics modernes !

Après cette claque, les deux petits extraits de Frontline n'en sont que plus profonds. Un premier parallèle avec 14-18 puis une référence direct avec le conflit vietnamien mettent en perspective les sentiments, les errements, les douleurs de toute nation devant faire face au pire : la guerre, la survie par le meurtre légal. De ces époques dures mais parfois nécessaires restent parfois, en plus de la douleur légitime, un doux parfum de poésie cruelle mais réelle. Ceux qui n'ont pas l'habitude de souffrir pourraient y voir quelque chose de malsain, ceux qui sont habitués au pire savent que le bonheur s'arrache à coup de secondes, même au milieu des bombes.

Ma conclusion ? Indispensable. Rarement 4,60 € auront été mieux dépensés. C'est beau pour l'oeil, chaud pour le coeur, excitant pour l'esprit et, plus que tout, comme l'honnête steak nourrit son homme, voilà une histoire qui nourrit son âme. Des neurones et de la testostérone, on n'a jamais rien inventé de mieux, surtout par les temps qui courent. ;o)