13 août 2007

Le Big Boss du Marvelverse

En général, je réserve les fiches* de personnage à des noms peu ou pas connus du grand public. En effet, je ne vois pas bien l'intérêt de vous expliquer qui est Spider-Man ou Wolverine tant ces personnages sont maintenant presque passés dans l'inconscient collectif. Je vais faire toutefois une exception pour une figure énorme mais parfois méconnue : Iron Man.

Tony Stark est un héros. Il a vaincu bien des menaces, dont l'alcool. Il est également le patron d'une entreprise florissante et, en prime, c'est un génie. Autant dire que n'importe quel traîne-savate venu a au moins deux ou trois raisons de le haïr, ce qui ne risque pas de s'arranger avec la saga Civil War si l'on s'en tient à ce que ce bougre de Millar lui a collé sur le dos.

Pourquoi le big boss ?
Parce que ce type est à part.
Premièrement, alors qu'il n'a aucun pouvoir (c'est un peu faux de nos jours mais les "pouvoirs" acquis sont très récents) il fait tout de même partie des Masques, mieux encore, cela ne l'a pas empêché d'être un membre fondateur des Vengeurs.
Deuxièmement, en plus d'avoir un certain sens des affaires, Tony est également plutôt surdoué dans le domaine scientifique (l'un des rares, avec Hank Pym, qui puisse discuter quasiment d'égal à égal avec un Reed Richards (pour les autres, à moins d'avoir bac + 15, c'est même pas la peine de rêver)).
Troisièmement, Stark n'est pas "que" un super-héros, c'est un ancien secrétaire à la défense (et futur directeur du SHIELD), ce qui revient à être l'équivalent de Dieu ou, plus raisonnablement, d'un John Edgar Hoover moderne.
S'il vous en faut plus, sachez qu'il a fait partie du groupe ultra-select des Illuminati, un cercle très restreint où il côtoyait deux rois (Namor et Blackagar Boltagon), un génie (Reed Richards), le plus grand sorcier de la terre (Strange) et l'un des plus puissants télépathes au monde (Charles Xavier). Sur un CV, ça en fiche un peu plus dans la vue que le club d'échec du coin ou qu'un vague poste de chef de rayon en produits frais.

La technologie
S'il est vrai qu'elle compte pour beaucoup chez Stark, il faut également la remettre dans un contexte ultra-scientifique. Reed Richards, Peter Parker, Hank Pym ou encore Bruce Banner sont, à plus ou moins haut niveau, des scientifiques plus que doués (rappelons que le moins réputé, Parker, a inventé un liquide simulant la toile organique alors qu'il était adolescent... et, parmi ce groupe, il fait figure de gentil gamin sans importance). Iron Man n'est donc pas réellement à part dans ce domaine, rares étant les héros de l'univers Marvel ayant suivi une filière littéraire (hein ? comment ça "un peu comme les traducteurs chez Panini" ? ah non, je l'ai pensé, ok, mais c'est vous qui l'avez dit !). ;o)
Il est clair que la constante amélioration de ses armures joue cependant un rôle important. Là où la plupart de ses adversaires sont limités par un don ou un pouvoir, lui évolue sans cesse.

Les relations
N'est pas Stark qui veut. Parker, même s'il révèle son identité au monde entier, n'a pas réellement d'appuis en haut lieu. Il reste l'un de ces héros des bas-fonds, sans lien réel avec le système. Stark, lui, nage parmi les requins de la finance et peut jouer sur des leviers politiques. Son attitude dans Civil War est d'ailleurs plus qu'édifiante. Plutôt que de se mettre en porte-à-faux et de ne plus pouvoir modifier la loi, il préfère la contrôler de l'intérieur. Son revirement est d'ailleurs aussi rapide que magnifiquement pensé.
Ajoutons que l'on ne dirige pas les armées de la plus puissante démocratie au monde sans en garder quelques contacts utiles.

L'argent
Etre à la tête d'une des plus grandes entreprises des Etats-Unis, ça aide aussi. Stark peut se permettre de former des groupes de héros, de les financer et, même dans les pires moments, lorsqu'il ne leur offre pas de salaire, de leur donner au moins un toit plus que sécurisé. Un exemple des capacités liées à ses moyens ? Le nouveau costume de Spidey, lui apportant presque plus d'avantages que sa récente "mutation" dans The Other ou encore la construction, en collaboration avec Richards, de la prison Alpha (ou projet 42) en zone négative.

Iron President ?
Au final, là où un Nick Fury reste un homme influent mais voué à agir dans l'ombre, Stark a le profil pour être... le prochain président des USA (dans le Marvelverse s'entend hein). Il a les connaissances, les appuis, l'expérience militaire et super-héroïque, la popularité en tant que Vengeur et supporter du SRA... bref, qui pourrait le faire chuter ?
Vous pouvez prendre n'importe qui, personne n'a autant de pouvoir que Stark. Hulk peut le vaincre physiquement, Richards est sans doute plus intelligent, Cap a une meilleur image, mais si l'on mélange toutes les données et que l'on fait une moyenne, un seul être sort en tête. Stark, Stark et encore Stark. Mais alors qu'un Captain America représente l'âme de l'Amérique et ses idéaux nobles mais abstraits, Stark incarne, lui, une version plus moderne et pragmatique d'un pays certes non exempt de défauts mais bien loin du cynisme froid qu'on lui prête parfois exagérément.

Etant donné que sa série actuelle est excellente (cf Extremis en Graphic Novel puis Execute Program en Marvel Icons Hors Série pour les 12 premiers épisodes, la suite étant publiée actuellement dans le mensuel Marvel Icons), les raisons de suivre de près l'ami Tony sont plus que nombreuses !

* Plus que de "fiches" au sens strict, il s'agit surtout d'articles censés poser un peu l'essence du personnage, pour les renseignements plus techniques ou pointus, il existe les encyclopédies que je me refuse à simplement paraphraser.