07 août 2007

Sur le terrain

Le Civil War Extra #2 nous conte la suite des investigations de Sally Floyd et Ben Urich. En prime, quelques histoires courtes mettant en scène des personnages secondaires sans oublier les habituelles bourdes paniniennes.

On commence par l'édito de Christian Grasse qui persiste à appeler Ben Urich "Phil". En fait, il se plante magistralement de personnage, Phil étant le neveu de Ben (il n'a rien à voir dans l'histoire d'ailleurs). La confusion était pourtant difficile à faire étant donné qu'on lui donne du "Ben" à tout bout de champ dans cet arc (et que c'est tout de même un personnage très connu). Enfin bon, ça doit être l'âge. Comment ? Ou bien le j'm'en-foutisme ? Oui, un peu des deux sans doute.

L'histoire en elle-même est excellente, j'en avais déjà longuement parlé lors de la sortie du CW Extra #1. Ben et Sally continuent à fouiner sur le terrain et parviennent même à dénicher une information cruciale (que vous ne connaîtrez que dans le CWE #3). On retrouve Jenkins au scénario et Bachs au crayon. Allez, un petit bémol tout de même : le fameux thème, suremployé, du "la guerre c'est qu'une question de gros sous". Ou, autrement dit, on fait la guerre pour vendre des armes. Drôle de façon de mettre la carriole avant l'âne car, évidemment, c'est bien parce que l'on s'est rendu compte que l'on avait régulièrement envie de péter la tronche à nos voisins que l'on fabrique et vend des armes, et non l'inverse.
Ou alors, cela reviendrait à dire que ce sont les restaurateurs qui ont inventé la faim. L'on voit bien l'absurdité de ce raisonnement lorsqu'il est appliqué au domaine culinaire, il n'en devient pas moins idiot lorsque l'on en revient au domaine martial. Oui, l'une des conséquences de la guerre est la vente d'armes, tout comme la pluie fait vendre des parapluies. Nul complot derrière cela, juste de la logique.

Pour ce qui est des histoires courtes qui complètent la revue, elles permettent de faire un point (rapide) sur l'Homme-Fourmi (un type qui se sert de ses pouvoirs plutôt pour s'amuser ou aller reluquer les filles sous la douche (comme on le ferait en vrai quoi)), US Agent, Captain Marvel et Sentry. Anecdotique et avec un graphisme inégal mais, bah, sympathique quand même.
La traduction est par contre toujours aussi médiocre, jusque dans la concordance des temps. Ainsi l'épouvantable "je doute qu'il sache ce qui l'attendait là-bas" aurait pu être agréablement remplacé par "je doute qu'il sût ce qui l'attendait là-bas". Ou "qu'il ait su" à la rigueur, mais il fallait un subjonctif passé en tout cas. Il y a d'ailleurs pire une planche plus loin : "c'était la crainte de ne plus revoir sa moitié qui devait le tiraillait". On se croirait sur un skyblog ! Remplacer un infinitif par le verbe conjugué à l'imparfait, c'est tellement énorme que j'imagine que c'est plus de l'inattention qu'autre chose, m'enfin, quand même. On doit ces prouesses stylistiques à Khaled Tadil qui a certainement des compétences quelconques pour avoir obtenu ce job mais certainement pas en français. Car enfin, tout de même, il s'agit d'un comic et non d'un énorme pavé de 800 pages ! La plupart des romans traduits que je lis contiennent moins de fautes qu'une seule planche laissée aux bons soins des sbires de Panini.
Et c'est agaçant.
Les fautes, c'est du bruit. Et quand le vacarme est trop fort, l'on finit par ne plus prêter attention à l'essentiel, autrement dit le travail des auteurs et artistes qui ont bossé dur (la plupart du temps) sur des oeuvres que des incompétents massacrent allègrement. Tiens, un snikt pour la peine !

Allez, je râle, je râle, mais l'essentiel est ailleurs. Si vous avez aimé la première partie de Embedded, jetez-vous sur la suite, même Panini n'est pas assez doué pour gâcher complètement cette histoire. ;o)

ps : je ne l'ai plus signalé depuis un moment mais la checklist Civil War, régulièrement mise à jour, est toujours disponible pour ceux qui seraient un peu perdus (je n'ai pas eu le temps de rédiger tous les résumés récents par contre mais les infos "techniques" sont là).