19 août 2007

Un type qui s'en va...



Comment peut-on rendre hommage à un inconnu ?
Pour une personne proche, déjà, ce n’est pas toujours facile de trouver les mots. L’on en revient toujours aux mêmes stéréotypes éculés qui, à force, paraissent presque froids. Et puis, à un moment, l’on en vient à penser que ne rien dire serait peut-être pire encore.
Mike Wieringo est mort.
Je ne connaissais pas ce type et pourtant, nous nous étions rencontrés. Dans ce lieu étrange et magique où lecteurs et auteurs se côtoient. Ce lieu où les artistes peuvent influer un peu sur nos âmes.
Paul Auster a dit : « un livre, c’est le seul lieu au monde où deux étrangers peuvent se rencontrer de façon intime. »
Je crois que c’est dangereusement et magnifiquement vrai.
Je ne peux pas vraiment pleurer car Mike était un étranger pour moi. Je ne le connaissais pas et ne me souciais pas plus de lui que lui se souciait de moi. Et pourtant, nous nous étions rencontrés. Et il est vrai que lorsqu’un regard lèche des traits nés de mains étrangères, un lien se crée. C’est l’intimité dont parle Auster. Quelque chose qui perdure au-delà de tout lorsque, dans un moment parfait, les deux parties qui font vivre les histoires s’unissent dans une symbiose malhabile mais réelle.
Ceux qui connaissaient l’homme vont sans doute pleurer, ceux qui ne connaissaient que l’artiste peuvent au moins se réjouir à l’idée qu’à travers son œuvre, jamais il ne disparaîtra totalement. Dans les deux cas, larmes et sourires paraissent bien futiles mais il
s sont l’expression d’une même chose : l’importance d’un être dont le départ ne laisse pas grand monde indifférent.
Il avait 44 ans et un coup de crayon connu dans le monde entier. Le partage est bien injuste maintenant, car la douleur ira à sa famille et à nous, fans et lecteurs, reviendra la simple nostalgie...

Hommage à Mike Wieringo sur le site Marvel