28 septembre 2007

Désastre à l'italienne

Après les français et leur Wolverine : Saudade, ce sont de nouveau les italiens qui reviennent dans la collection Marvel Transatlantique. Chronique d'un désastre annoncé.

Comme vous ne le savez peut-être pas, la collection Transatlantique permet à des équipes européennes de s'approprier pour un temps les héros de la Maison des Idées. Nous avons donc ici une aventure que se partagent Daredevil et Cap avec, au scénario, le fameux Tito Faraci (qui s'était si bien illustré sur Le Secret du Verre).
Là, on lui a filé un autre dessinateur puisque Cavazzano est remplacé par Claudio Villa qui, ma foi, ne s'en sort pas trop mal. Malheureusement, dans le duo, ce qui continue à ne pas aller... c'est Faraci.

Je suis un peu dur car, visiblement, il a pigé qu'il ne s'agissait pas de réaliser une histoire pour les 5-7 ans (quelqu'un a dû lui expliquer entre temps). Du coup, ça se veut plus adulte que "Le Secret". Voilà, j'ai fait le tour des points positifs. Passons à ce qui ne va pas maintenant.
D'une part, on a la nette impression qu'il ne connaît absolument pas (ou très vaguement) les personnages qu'il met en scène. On pourrait aussi bien prendre Moon Knight et Iron Man à la place, rien ne changerait. L'histoire en elle-même ne casse rien et s'avère étonnamment ennuyeuse. Ce n'est plus une question de place cette fois, puisque, ici, Faraci disposait de 46 planches (plus du double que pour son précédent ratage).
Enfin, les dialogues sont d'une platitude telle que même un épisode d'Hélène et les Garçons paraît, à côté, le sommet de l'inspiration éclairée. Un exemple ?
- Approche Daredevil. A moins que tu aies peur ?
- Pas du tout.
Wow. Magnifique réplique qui transpire le travail, l'imagination et le talent.

Tout le reste est du même acabit, c'est lent, poussif, plat, bref, si mauvais que l'on se demande bien quel intérêt Faraci a pu trouver dans ce projet. On se demande d'ailleurs également pourquoi on continue à lui proposer du travail tant il est visible qu'il n'est absolument pas à l'aise dans ce domaine. Rien n'est en place, il n'y a pas d'ambiance, pas d'âme, pas de parti pris, tout est mou, tiède et insipide. Aussi vibrant qu'une notice Ikea. Peut-être même moins.

Voilà donc un format classique, cartonné et sans intérêt, pour 12,80 €.
La cerise sur le gâteau : quand on lit les crédits, on se rend compte que Faraci a bien scénarisé le tout mais d'après une idée (je la cherche encore) de Marco Marcello Lupoi. C'est presque un gag, il n'y a rien dans cette histoire mais Faraci n'est même pas l'auteur réel du "vide". Hallucinant qu'un tel... truc soit jugé publiable, personnellement, je n'en voudrais même pas dans le cadre d'un fanzine.

Cette tentative de comic (avec, encore une fois, un travail très correct du dessinateur et du coloriste) s'intitule Deuxième Mort, très sincèrement, pour ce pauvre Faraci, c'est une de trop, on avait déjà compris sur Le Secret du Verre que son statut de scénariste sentait un peu le cadavre pas frais, infliger à cet homme un troisième opus serait presque une atteinte à sa dignité.

ps : à noter que sur la quatrième de couverture, Panini avoue considérer Faraci comme un "maître" de la BD italienne, ce qui donne une bonne idée de leur clairvoyance. ;o)