27 septembre 2007

The Number of the Beast

Rassurez-vous, je ne vais pas vous faire tous les titres des albums de Maiden, seulement, cette fois, je ne pouvais pas passer à côté étant donné que je viens de faire l'acquisition de mon 666ème comic. Un nombre qui tombe fort à-propos puisqu'il est question de L'Antre de l'Horreur, inspiré de l'oeuvre d'Edgar Allan Poe. Epouvante donc au menu de cet article puis, pour faire digérer tout cela, quelques produits dérivés récents.

Marvel ne fait pas que dans la baston super-héroïque musclée, preuve en est la récente adaptation de La Tour Sombre de Stephen King. La Maison des Idées s'offre également une incartade dans la littérature sombre du XIXème avec cette première pour le moins originale.
Il s'agit ici d'une sélection de poèmes et nouvelles mis en images par Richard Corben et scénarisés par Rich Margopoulos. La quatrième de couverture nous promet des vampires, zombies et autres tueurs en série histoire d'aguicher le chaland. Description un peu commerciale donc lorsque l'on connaît un peu Poe et son univers pas forcément aisément abordable.
Première bonne idée, le texte original figure à chaque fois après l'adaptation dessinée qui en est issue, histoire de pouvoir se délecter de la plume du grand Edgar. Le tout est traduit par Mallarmé ou encore Baudelaire, bref, on aura rarement eu traducteurs plus prestigieux chez Panini. ;o)

Graphiquement, le style Corben convient assez à l'ambiance même si l'on peut regretter le noir & blanc, pas forcément indispensable, surtout de nos jours où la colorisation a fait de nets progrès et ne diminue plus les dessins d'un artiste.
Les poèmes et nouvelles sont au nombre de dix. Le Masque de la Mort Rouge n'y figure pas pour ceux qui se poseraient la question. L'on peut par contre signaler la présence de Eulalie, avec une adaptation particulièrement glauque, ou encore de Le Ver Conquérant, une des rares histoires dialoguées. Car, si l'on peut faire un reproche à ce GN, c'est sans doute, le plus souvent, de poser des images sur le texte original et non pas d'adapter réellement au sens strict. Et lorsque le scénariste ose aller un peu plus loin que l'auteur originel, ses escapades ne sont pas toujours habiles. Le Coeur Révélateur en est un parfait exemple. Poe y conte l'histoire d'un meurtrier qui, croyant entendre les battements de coeur de sa victime, avoue son crime à des policiers qui n'avaient rien contre lui. Dans l'adaptation de Margopoulos, le narrateur est toujours le meurtrier mais il meurt à la fin, ce qui devrait de facto rendre impossible le récit à la première personne du singulier. Erreur si énorme qu'on la penserait réservée aux débutants, la preuve en est que non.

Si vous cherchez des histoires construites et un réel suspens, ce livre risque de vous décevoir. Plus qu'un graphic novel, L'Antre de l'Horreur est une incursion étrange et poétique dans la noirceur de Poe. Les monstres traditionnels de la littérature d'épouvante laissent ici la place à une folie malsaine et omniprésente. Poe dérange plus son lecteur qu'il ne l'effraie vraiment, il demande également un effort nécessaire pour se laisser envoûter par son style âpre au lyrisme pourtant moderne, en cela, Corben a su préserver l'essentiel avec un trait étrange, désagréable presque, duquel surgissent parfois des visages grimaçants issus de toutes les perversités humaines.

A découvrir pour la beauté du verbe et la noirceur de l'âme même si l'on peut se demander à qui est destiné cet essai inhabituel, les fans de Poe n'ayant pas besoin de Corben et les jeunes lecteurs pouvant être plus rebutés qu'attirés par son graphisme volontairement peu séduisant.


Calendrier et Figurines

Bon, avec mes histoires de nombre satanique et de poésie lugubre d'un autre temps, j'ai plombé l'ambiance (mais si, ne dites pas non, je m'en rends compte), du coup, hop, je termine sur un ton un peu plus léger avec quelques babioles destinées à racler nos fonds de porte-monnaie, dès fois que les comics à eux seuls n'y suffiraient pas. Tout d'abord, sachez que Panini a un peu d'avance puisque le calendrier Spider-Man 2008 vient de sortir. Grand format pour de fort jolies illustrations (29,5 x 29,5 cm) de Deodato, Ramos, Dodson ou encore Romita Jr (exemples : #1 - #2 - #3). Chaque mois présente une petite fiche consacrée à un vilain du Tisseur, sympa non ? Moins sympa déjà, le prix : 12,95 €. Ah ben, ça fait cher du calendrier, je vous avouerai que du coup, je vais hésiter à y gribouiller les rendez-vous chez le dentiste du petit dernier.

Autre petite nouveauté (en tout cas, je ne connaissais pas l'existence de ces trucs avant de tomber dessus dans un Carrefour, à mon grand étonnement), une gamme de figurines Marvel en SD (vous savez, quand la tête est disproportionnée par rapport au corps) et à un prix raisonnable (15 € pièce pour une taille de 16 cm de haut et une envergure, niveau support, de 9,5 par 9,5 cm). Pour l'instant, j'ai pu voir Iron Man (photo 1 - photo 2) et le Silver Surfer mais apparemment viendraient également, dans la même série, Venom, Cap ou encore Carnage. Petit détail kitsch, la tête est montée sur ressort et bouge donc, un peu comme les fameux chiens à l'arrière des bagnoles.
A quand un Captain America avec de la moquette sur le bouclier ? ;o)