10 octobre 2007

Un barracuda, quelques requins et une chienne

Frank Castle revient dans la collection Max avec le huitième numéro consacré aux aventures du Punisher. Pour lecteurs avertis.

Les dirigeants de Dynaco Incorporated n'en sont pas à leurs premières magouilles mais cette fois, il s'agit tout simplement de plonger la Floride dans le noir afin de faire grimper la valeur boursière de leur société, spécialisée dans l'énergie. Tout irait pour le mieux pour les requins de la finance si le Punisher, lors d'une descente dans un repaire de dealers, ne trouvait pas l'un d'entre eux ligoté, victime d'un viol collectif et ne demandant qu'à parler... il n'en faut pas plus à Castle pour s'embarquer pour Miami où déjà l'attend Barracuda, un tueur au service de Dynaco.

Toujours Garth Ennis (auteur notamment de Preacher) au scénario et arrivée de Goran Parlov au dessin.
Ennis a laissé tomber depuis un moment déjà le côté déjanté et humoristique qu'il insufflait parfois aux ennemis du Punisher. Ici, avec ce Barracuda, on fait dans le lourd. Petit exemple ? Première phrase que sort le monsieur alors qu'il se réveille à côté d'une camée : "T'es morte ? Si t'es pas morte, t'as intérêt à sucer mon biniou fissa. Après, t'iras me cuire des oeufs."
Bah, je trouve qu'il devrait être plus direct, à force de prendre des gants comme ça, c'est la gonzesse qui va porter le pantalon dans pas longtemps. ;o)

Le ton est donné en tout cas. On a ici un cocktail sexe & violence digne des polars les plus musclés. Les personnages sont un peu caricaturaux mais il faut avouer que le tout fonctionne bien. Outre Barracuda et son romantisme effréné, on a aussi l'épouse du grand patron, plutôt chaudasse et aimant autant le pognon que le cul. Voilà qui est prometteur puisque, aux dires de son propre époux, "elle a sucé la moitié de Manhattan". Ah oui, quand même...
Bref, ce qui suit est du même acabit, ça coupe, ça tronçonne, ça gicle (le sang hein surtout) et entre deux carnages, ça fait des galipettes. Ce n'est pas encore du niveau de Preacher (où Ennis va bien plus loin encore dans la perversité) mais là, on s'en approche tout de même pas mal.

Des flingues et du cul pour une histoire réussie mais qui laisse une étrange impression de déjà-vu, sans doute due à certaines productions du cinéma US qui, amalgamées, pourraient assez ressembler à ça.

ps : ajout dans le bêtisier de la scène #36, tirée de ce comic. Si vous souhaitez le lire, il vaut peut-être mieux ne pas regarder cette scène, elle fonctionne bien mieux (à merveille même) quand on est plongé dans l'histoire. ;o)