25 novembre 2007

The Call of Duty

"Quand mon devoir m'appelle, Seigneur, quand l'incendie fait rage, donne-moi la force de préserver la vie. Aide-moi à évacuer l'enfant avant qu'il soit trop tard, et à arracher le vieillard à l'horreur d'un tel destin. Rends-moi sensible au moindre appel. Aide-moi à combattre efficacement le sinistre.
Je veux remplir mes obligations, donner le meilleur de moi-même, veiller sur mes voisins et leurs biens. Et si le destin décide qu'il m'en coûtera la vie, étends ta main protectrice sur ma famille, mes amis, ma compagne."
Anonyme.

Petit retour dans le passé (proche) avec la série The Call of Duty, publiée en France en Marvel Monster Edition. Un hommage vibrant, décidé par Bill Jemas et Joe Quesada, aux héros du 11 septembre.

Le scénario est signé Chuck Austen, le dessin David Finch et le tout se penche, au travers de deux arcs entrecroisés, sur le destin d'un groupe de pompiers et de secouristes. Bien entendu, nous sommes dans un comic Marvel, aussi le fantastique prend place, d'une manière presque discrète, dans les drames qui se jouent.
Une menace plane sur New York. Quelque chose de terrible, une guerre atroce qui pourrait tuer plus de monde encore que les attentats du World Trade Center. Et au milieu d'un incendie ou près d'un accident de la route, toujours la même petite fille qui apparaît, tel un sinistre spectre annonciateur du désastre...

L'histoire en elle-même n'a ici pas grande importance étant donné qu'il s'agit avant tout de rendre hommage aux héros, les vrais, ceux qui se battent sans pouvoirs. Et le pari est assez réussi. L'ambiance de fraternité, de camaraderie potache et de sens du devoir régnant au sein des pompiers est notamment particulièrement bien retranscrite. Certaines scènes sont assez dures, mais comment serait-il possible d'adoucir, à l'image, l'agonie d'un homme en feu ? Cela serait-il seulement souhaitable ? Car pour comprendre les liens qui unissent ces hommes, il faut entrevoir, l'espace d'un instant, ce qu'ils affrontent. Et c'est dans les larmes que, souvent, se forgent les liens les plus indestructibles.
On ne ressort pas meilleur de cette lecture mais peut-être plus enclin à croire que l'humanité a encore en son sein de bonnes personnes. On ose de nouveau espérer que pour un salaud allumant un incendie, se lèvent alors deux, cinq, dix braves types prêts à vous aider, au péril de leurs propres vies. Et surtout, parce que l'on sait quel prix devront payer ces hommes, l'on reste pantois d'admiration devant leur courage, leur abnégation et... leur sens du devoir.

On peut encore trouver ce Monster en occasion (aux alentours de 18 euros en très bon état).

"La caserne est pour nous un second foyer et nos collègues sont comme des frères."
Lieutenant Richard Smith, brigade de Brooklyn