31 janvier 2007

Carnage à l'italienne

Alors que le nouveau Punisher, 6ème de la collection Max, vient de sortir en librairie, c'est du numéro 5 qu'il est question aujourd'hui (étant donné que l'autre, je ne l'ai pas encore lu, héhé). Le titre anglais de cet arc (Up is Down and Black is White) était plutôt sympa, mais celui de la VF (une simple traduction littérale, Le haut est en bas et le noir est blanc) n'est pas des plus jolis. C'est un détail, m'enfin, tant qu'à adapter, autant le faire bien, d'autant que, bizarrement, parfois certains titres VO sont triturés et traduits de façon exotique sans réelle raison, là pour le coup, on aurait pu trouver autre chose (La fièvre du samedi soir par exemple (c'est une blague hein)). Passons.
Le label Max, pour lecteurs avertis, a ici toute sa raison d'être. On commence fort avec un mafieux, Nicky Cavella, qui déterre les restes de la famille de Castle, se filme en train de leur pisser dessus, puis envoie la vidéo aux media. Quand on connaît le caractère de notre bon Frank, faut en avoir dans le froc pour le provoquer ainsi. Ou être complètement barge. Et dans le genre barge, le nouveau "capo" a de quoi figurer dans le top ten des plus grands tarés du moment. Il a buté ses parents lorsqu'il n'était qu'un enfant, a entretenu une relation avec sa propre tante, à l'époque chef de la "famille", et déborde d'imagination lorsqu'il s'agit de mettre au pas les gangs de Chinatown, allant même jusqu'à cuisiner, au sens propre, le petit Wong. Pas de doute, voilà un adversaire digne du Punisher.
Le scénario de Garth Ennis est toujours aussi bon, les dessins sont de Leandro Fernandez et les 6 épisodes de cette histoire se dévorent rapidement dans un style tendu, musclé, sanglant. L'ambiance est encore plus noire depuis que la série est passée de Marvel Knights (chez nous en 100% Marvel) à Max (même collection en VF). On regrette un peu le personnage de Soap et la touche d'humour qu'il apportait mais l'essentiel est là et devrait combler les amateurs de polars bien corsés et agrémentés de scènes de sexe parfois...surprenantes. ;o)
Un petit mot tout de même sur le tome 6, Le tigre, déjà disponible. Il s'agit en fait de 4 one-shots, qui ne se suivent pas chronologiquement d'ailleurs, et non d'un arc complet. Par la suite, le Punisher War Journal, dont la publication a démarré en novembre 2006 aux Etats-Unis, devrait constituer l'essentiel des aventures de Castle. Les premiers épisodes se déroulent pendant Civil War et permettent au Punisher de plus s'intégrer à l'univers Marvel traditionnel en délaissant un peu les mafieux habituels et en se frottant aux super-vilains.

28 janvier 2007

Art of Marvel

Le Marvel Illustration Book deuxième du nom est enfin sorti en librairie après un retard conséquent. Le prix est élevé (25€) mais les dessins grand format sont souvent magnifiques. On retrouve des illustrations tirées de House of M, un peu de Civil War, Secret War ou encore Annihilation, le tout signé par Bagley, Bachalo, McNiven, Dodson, Land, Turner, Horn, Maleev, Mayhew, bref, du beau monde. On a même droit à la "french touch" avec Coipel et Buchet. Les dessins sont divisés en 5 catégories : Spider-Man, Cosmic Powers, Marvel Zombies, Marvel Heroes et X-Men. Petite réserve tout de même, il y a vraiment beaucoup de Gabriele Dell'Otto, ce qui ne serait pas grave d'ailleurs, vu que le type est plutôt doué, si l'on n'avait pas déjà un artbook entier lui étant consacré. Du coup, on aurait préféré voir certains artistes, peut-être moins connus mais tout aussi talentueux, comme Clayton Crain, un peu plus mis en avant.
Comme souvent, la jaquette permet de dissimuler une couverture hideuse, uniformément orange. Un effort à ce niveau aurait été sympathique. Mis à part ça, l'ouvrage est une réussite et un réel plaisir visuel.

La chute des anges

On part du bon pied avec le X-Men Extra #60 car... il n'y a pas de courrier de lecteurs (ouf !). ;o)


Par contre, l'on y trouve la seconde partie des fichiers O.N.E. sur les fameux mutants ayant réchappé au jour M. Il y en a 66 et cela va de Match à X-23. Sur les 198, Marvel en dévoile donc 132, le reste constituant une marge permettant de faire intervenir des mutants inconnus du grand public dans les futures séries.
Pour l'histoire, suite et fin de Generation M avec en vedette la très attachante journaliste Sally Floyd. Celle-ci enquête sur les crimes dont sont victimes les ex-mutants. Il n'y a pas d'ailleurs que la menace des confréries anti-mutantes, certains, choqués par la perte de leurs pouvoirs, de ce qui faisait partie intégrante d'eux-mêmes, en viennent à se supprimer. Sally, qui a elle-même connu la perte d'un être cher, en rend compte dans ses articles avec une douceur émouvante. L'un de ses papiers, intitulé "Si vos voeux étaient des anges, nous aurions des ailes", commence ainsi : "Pendant ses vingt et un an de vie terrestre, Sarah Purser n'a cessé de violer les lois de la gravité. Jusqu'au jour où la gravité en a pris ombrage et l'a trahie". Dans le monde de Sally, les héros sont fatigués, les pouvoirs un vague souvenir et les morts violentes. On aura l'occasion de la revoir d'ailleurs puisqu'elle tient un rôle important dans Civil War Frontline, une maxi-série rendant compte de l'affrontement entre pro et anti-recensement du point de vue des journalistes.

Les trois épisodes qui nous intéressent aujourd'hui sont scénarisés par Paul Jenkins et dessinés par Ramon Bachs. Les covers, elles, sont de Stuart Immonen. L'ensemble est à ne pas rater sous peine de passer à côté d'un récit intelligent et poignant. Le mieux est encore de terminer par un autre article signé Ms. Floyd.
Les doux... hériteront-ils des asiles ?
Le jour se lève sur le quartier de détention de l'hôpital Ravencroft.
Ses occupants ne le verront pas. Ils ne savent plus ce qu'est la lumière solaire. Ils sont la lie de la terre, les parias. Criminels parfois. Psychopathes incurables, la plupart. Très humains, tous. Le monde et les leaders de notre communauté se sont empressés de les jeter aux oubliettes et de perdre la clé. Naguère, ces hommes au cerveau détruit avaient droit à un repas substantiel, et leur chance de guérir pour repartir du bon pied.
"Repartir du bon pied." Ce concept est devenu aussi obsolète que le dodo ou la bonne musique. Notre civilisation du "tout, tout de suite" l'a tué. Repas instantanés, récompenses ou châtiments immédiats... nous avons cessé de croire en ce qui ne se voit pas, mis à part l'oxygène et le top 40.
Ce bâtiment de pierre rébarbatif m'a rappelé "La Maison Usher", d'Edgar Poe. Je m'attends presque à voir surgir des corbeaux, mais il n'y a que des crottes de pigeons sur les corniches. Un gardien assistant me conduit à un poste d'observation d'où j'ai la vision fugace d'un environnement curieusement stérile où s'agitent les êtres les plus dangereux du pays.
Je n'ai rien vu, qu'un vide immense.

Un vide immense, c'est ce qu'a laissé le jour M, privant une génération entière de pouvoirs qu'elle pensait acquis à jamais, coupant les ailes des anges qui ont cessé de voler et meurent en souriant dans le souvenir d'un ciel qui ne veut plus d'eux.

27 janvier 2007

Morons strike back (les cons ça ose tout ;o))

L'Amérique est tombée, vaincue par une coalition internationale (dont la France fait partie) et la traîtrise de Hank Pym et de la Veuve Noire. Les principaux héros sont capturés, le président Bush lui-même tombe aux mains de l'ennemi, bref, la situation est critique. Heureusement, Captain America, la Guêpe ou encore Hawkeye ont réussi à s'échapper et mènent la contre-attaque, tout ceci avec l'aide de Hulk (dont tout le monde pensait qu'il avait été exécuté). Voilà donc la première partie du menu de cet Ultimates #26 de Millar et Hitch. Le second épisode est consacré à la mini-série Ultimate Extinction (qui se déroule avant les évènements décrits plus haut).
Le courrier des lecteurs de ce numéro deviendra certainement collector tant les propos qui y sont tenus constituent un monument consacré à la bêtise sous toutes ses formes. Une espèce de communiste sur le retour reproche à Millar de...ne pas aller assez loin dans la critique du "système" ! Faut le faire, vu que justement, Millar est parfois agaçant à faire ainsi passer ses idées politiques, très discutables, sur les Etats-Unis avant l'intérêt narratif de ses histoires. Le "formidable" analyste dont la lettre a été sélectionnée va même jusqu'à parler d'impérialisme. Employer un tel terme pour qualifier la politique d'un pays qui n'a jamais eu de colonies (contrairement à la France) est assez amusant. Enfin, non, à la réflexion, c'est plutôt triste d'être ainsi persuadé de tout comprendre d'un monde complexe que certains se bornent à caricaturer en reprenant maladroitement des idées pré-mâchées, pour gamins rebelles, entendues aux Guignols ou chez Ruquier. Je m'attendais franchement à mettre cet article dans les seules rubriques "ultimate" et "kiosque", je me surprends à le rajouter dans "snikt" tellement cette débilité ambiante m'agace. Christian Grasse, lui, trouve le sujet intéressant mais je me doute qu'il "s'intéresserait" même si on lui avait envoyé la recette du flan aux pruneaux. Que la politique puisse prendre une certaine place dans les comics modernes, pourquoi pas, que certains en profitent pour déverser encore un peu plus d'idées reçues et sans fondements sous couvert d'aller dans le sens du vent, c'est tout bonnement de la propagande pure et du fascisme de gauche, ce genre de mots qui, quand vous les lisez, vous donnent la nausée tant ils vont à l'encontre de tous les principes moraux de base. Voilà encore un élément de plus qui fait pencher la balance envers la VO sans passer par les filtres franchouilleux...

Commandes directes aux USA (n'hésitez pas à discuter des conditions d'envoi et des frais de port) : MidtownComics / ComicsMyWay

25 janvier 2007

Powers

Nouvelle petite incartade hors des publications Marvel avec la série Powers. L'auteur en étant Brian Michael Bendis, l'on reste tout de même en terrain connu (pour ceux qui ne suivent pas dans le fond, il a signé House of M, Alias, et s'occupe actuellement de New Avengers et Ultimate Spider-Man). Les dessins sont de Michael Avon Oeming. Alors là, attention, ça risque d'en rebuter certains. Le style est très cartoony, bien loin de ce qui se fait en général sur la plupart des productions récentes. Perso, à petites doses, ça ne me dérange pas et il faut avouer que cela convient assez au ton de la série.

Voyons de quoi ça parle maintenant. Eh bien en fait, il s'agit d'enquêtes policières concernant des crimes liés au monde des super-héros. Niveau ambiance, certains détails font parfois penser à Ultra des frères Luna (les pubs parodiées par exemple) ou même à Invincible de Kirkman (pour l'humour et l'aspect des persos). Mais en fait, Powers va bien plus loin et fourmille de références et de scènes magnifiquement dialoguées.
Dans un épisode, c'est Warren Ellis (scénariste du récent Iron Man Extremis ou, pendant un temps, de Ultimate Fantastic Four) en personne qui se retrouve au centre de l'histoire, accompagnant les flics afin de se documenter et de trouver l'inspiration. Le point de vue narratif est toujours celui des policiers, jamais celui des masques et des capes. Ne vous laissez pas abuser par l'aspect enfantin du graphisme, le texte est souvent franchement pour adultes. Un petit exemple ? Dans un épisode, Olympia, un super-héros ultra populaire, est retrouvé raide mort dans une sordide chambre d'hôtel. Une fille, avec qui il a eu une "aventure", est interrogée par les deux inspecteurs. C'est une groupie qui est excitée par les "pouvoirs". Elle raconte assez librement qu'elle voyait Olympia pour "baiser" mais que, en dehors de ça, pour ce qu'elle en savait, "c'était un enculé". Mieux encore, elle raconte une anecdote concernant une amie à elle :
- On ne sait jamais ce qui peut arriver dans des aventures de ce genre. Une des filles que je connais, Kate, elle courait après Ringray. Et quand elle a fini par lui mettre la main dessus, elle... c'est drôle... elle lui a fait une... elle l'a sucé.
- Hum.
- Et elle est allé jusqu'au bout et... euh... elle... elle n'en a pas perdu une goutte.
- D'accord...
- Et après ça... elle a été capable de voler pendant quelques heures. Pas très haut ni très vite mais... six heures...

Il fallait y penser. La fellation donnant des pouvoirs pendant un temps limité, voilà une sacrée façon d'appréhender les supermen qui peuplent les comics. ;o)
Evidemment, il ne s'agit pas ici de super-héros confrontés à de terribles menaces, ni même d'une parodie à proprement parler, mais plutôt d'une sorte de constat ironique rassemblant tout ce que l'on ne peut pas dire dans les séries mainstream. C'est inventif, jubilatoire et résolument outrancier, Bendis se délectant à jouer avec les codes habituels du genre. A essayer d'urgence !
(pour l'instant, trois tomes sont parus en VF chez Semic)

Free !

Quoi de mieux qu'un comic pas cher ? Un comic gratuit ! J'en vois déjà certains se dirent "ouais, faut pas rêver", et pourtant, le Free Comic Book Day est en passe de devenir une institution aux Etats-Unis. Voici déjà la sixième année que les éditeurs tentent de toucher de nouveaux lecteurs en offrant un ou plusieurs comics. Et attention, il ne s'agit pas de vagues invendus ou de vieux machins datant des années 60 mais au contraire de publications récentes spécifiquement créées pour l'occasion. Ainsi, chez Marvel, après la rencontre Runaways/X-Men de l'année dernière, c'est un épisode de Amazing Spider-Man qui sera offert. C'est Dan Slott (que l'on a pu voir, entre autres, scénariser la mini-série Spider-Man/La Torche) qui s'est collé au scénario et Phil Jimenez (dont on peut suivre le travail actuellement sur Infinite Crisis chez DC) a, lui, réalisé les dessins. L'histoire s'inscrit dans la continuité et pour l'instant, on sait qu'elle tournera autour de l'anniversaire d'un proche de Spidey, anniversaire qui sera gâché par l'arrivée d'un nouveau vilain appelé à jouer un rôle important dans le futur de l'ami Peter. Une seconde publication, de la série Marvel Adventures (visant un lectorat plus jeune), est également au programme et accueillera Iron Man, Hulk et Franklin Richards.
L'évènement est prévu pour le moi de Mai et accompagnera une autre sortie, plus grand public, celle du Spider-Man 3 de Sam Raimi.

24 janvier 2007

La prison du Phénix

Suite et fin du premier arc de Kirkman dans le Ultimate X-Men #36 paru hier. Début également d'une histoire centrée sur Jean Grey et le Phénix. En fait, la fameuse entité au pouvoir destructeur serait emprisonnée depuis des lustres au coeur même de la terre dont elle constitue le noyau en fusion. Et comme par hasard, la bestiole a besoin de prendre possession du corps d'un mortel pour pouvoir se faire la malle (ah ben oui, comme animal de compagnie, une créature cosmique, c'est un tout petit peu plus compliqué à gérer qu'un lapin nain).
Autre élément clé de ses deux épisodes, l'arrivée d'un nouveau personnage, Eliott Boggs, aimablement conduit chez Xavier par le si serviable Nick Fury. Le mutant peut apparemment modifier la réalité qui l'entoure mais il ne maîtrise guère ses pouvoirs pour le moment, ce qui l'a conduit à trucider par mégarde ses géniteurs. Aucune reconnaissance ces sales mioches ! ;o)
Les dessins sont de Tom Raney et Ben Oliver. En parlant de dessin justement, sachez que l'artiste qui remplacera Bagley sur Ultimate Spider-Man sera finalement Stuart Immonen (qui officie sur Nextwave dans un style très particulier). Je suis curieux de voir ce que ça va donner, je ne vous cache pas que j'aimais beaucoup Bagley mais bon, après 110 épisodes, on peut comprendre qu'il ait envie de changement.

23 janvier 2007

Escapade à Manhattan

Les héros Marvel ont ceci de particulier qu'ils évoluent dans le monde réel. Nombre d'entre eux officient à New York et même spécifiquement à Manhattan. Il est peut-être intéressant, du coup, de voir où se situent les lieux imaginaires et réels qui constituent le cadre de la plupart des comics dont je parle ici. En attendant d'y mettre les pieds, pourquoi ne pas déjà y jeter un oeil ? Allez, visite guidée !
(la carte est issue de l'encyclopédie Marvel n°2, consacrée à Spider-Man)

CARTE (<--click span="">

A : Site du World Trade Center
B : City Hall (Mairie)
C : Empire State Building
D : Times Square
E : Gare Grand Central
F : O.N.U.
G : Metropolitan Museum of Art

1 : Premier appartement de Mary Jane Watson
2 : Bedford Towers
3 : Appartement de Matt Murdock (Daredevil)
4 : Ancien appartement de Peter Parker (Spider-Man)
5 : QG secret du S.H.I.E.L.D.
6 : Atelier du Bricoleur
7 : Sanctuaire du Dr Strange
8 : Ancien loft de Harry Osborn
9 : Appartement de Ben Reilly (Scarlet Spider)
10 : Yancy Street
11 : Appartement de Peter Parker
12 : Appartement de Parker et Randy Robertson
13 : Appartement d'étudiant de Parker et Harry Osborn
14 : Coffee Bean
15 : Empire State University
16 : Daily Grind
17 : Appartement de Nick Fury
18 : Daily Bugle
19 : Fisk Towers
20 : Bureaux de Marvel Comics
21 : Appartement de Curt Connors
22 : QG officiel du S.H.I.E.L.D.
23 : Bureaux des Heroes for Hire (Héros à louer)
24 : Appartement de Madame Web
25 : Baxter Building (FF)
26 : Luxueux appartement de Parker et MJ
27 : Ambassade de Latvérie
28 : Cabinet d'avocats Nelson et Murdock
29 : Hôtel du Club des Damnés
30 : Penthouse de Norman Osborn (Bouffon Vert)
31 : Hôtel des Vengeurs
32 : Penthouse de J. Jonah Jameson
33 : Ambassade de Symkarie
34 : Ambassade du Wakanda
35 : Daily Globe
36 : Appartement de Luke Cage
37 : Base sous-marine du Master Planner

Manhattan est une île représentant une infime partie de l'état de New York. Néanmoins, de part sa densité de population, ses symboles et son intense activité, elle en constitue le centre névralgique. L'on peut même se laisser aller à dire qu'elle constitue une vitrine pour New York voire même pour les Etats-Unis (ou en tout cas, un certain aspect de ce pays, si vaste et riche de tant de diversités qu'il serait ridicule de le réduire à cet endroit malgré sa renommée). Manhattan, comme on peut le voir sur la carte, est délimitée par le New Jersey à l'ouest, Brooklyn au sud, le Queens à l'est et le Bronx au nord. La densité de population dépasse le chiffre à peine croyable de 25 000 habitants/km². L'île représente néanmoins plus une photographie mondiale que purement américaine tant sa population est bigarrée (de nombreux new-yorkais ne parlent pas anglais chez eux). Malgré des origines diverses ou des religions différentes, les new-yorkais sont néanmoins soudés par un fort sentiment patriotique (souvent vu négativement chez nous suite aux vieux fantasmes de la deuxième guerre mondiale) qui permet de cimenter la nation américaine elle-même autour de valeurs communes quasi universelles (amour de la liberté, refus de la discrimination, acceptation de la notion de devoir, recherche de la justice dans tous les domaines, même économiques (à risques élevés, rémunérations appropriées, etc.)).
Ces américains que nous, français donneurs de leçons, conspuons souvent sont, il faut le savoir, en grande partie nos descendants. Les premiers habitants de l'île (enfin, non, pardon, les premiers habitants non amérindiens) étaient des belges. Mieux encore, des wallons (des belges francophones donc) qui venaient à l'époque des Pays-Bas espagnols...c'est dire si les racines de l'île ont un goût et une couleur européens ! Cela s'amplifiera évidemment par la suite avec des vagues d'immigration irlandaises, italiennes, polonaises...

Difficile d'évoquer Manhattan sans parler du 11 septembre 2001...
Ce jour là, au matin, une attaque terroriste massive fera des milliers de morts (de dizaines de nationalités différentes) lors de la destruction des tours du World Trade Center. L'acte, par sa lâcheté, son horreur et ses conséquences, est sans précédent dans l'histoire des civilisations occidentales. Bien des gens se rappellent ce qu'ils faisaient lors de l'assassinat de JFK ou lors du premier alunissage. Ma génération, celle des trentenaires, aura été marquée par cet acte épouvantable. Les comics aussi seront évidemment touchés. Je me propose de vous livrer ici la presque intégralité du texte de J.M. Straczynski, traduit par Sophie Viévard (je ne touche pas à la tournure de la traduction, malgré certaines maladresses que je mets sur le compte de l'émotion, mais je corrige néanmoins les fautes d'orthographe), paru lors de l'épisode sans titre d'Amazing Spider-Man en décembre 2001. C'est un beau texte. C'est aussi un état d'esprit. C'est...NY.
Note : les dessins de John Romita sont particulièrement poignants et le texte qui suit ne saurait dépeindre réellement l’ambiance de cet épisode historique. De même, les dialogues et situations ne sont pas, ci-après, décrits. Je me borne à rendre compte du seul monologue de l’auteur qui, évidemment, parle à travers Spider-Man.

Nous interrompons le cours de nos programmes pour un bulletin spécial.

Longitude : 74 degrés, 0 minutes, 13 secondes ouest.
Latitude : 40 degrés, 42 minutes, 51 secondes nord.

Ecoutez les sirènes…

Spider-Man
(se tenant la tête et voyant les tours s’effondrer) : … seigneur…
Certaines choses sont indicibles.
Incompréhensibles.
Impardonnables.
Comment leur dire qu’on ne savait pas ? Qu’on ne pouvait pas savoir. Qu’on ne pouvait pas imaginer. Parce que seuls des fous pouvaient imaginer ça, mettre ces plans à exécution.
Le monde est à la merci des fous car nous sommes incapables de concevoir des choses pareilles. On ne pouvait pas prévoir. On ne pouvait pas être là avant que ça arrive. On ne pouvait pas l’empêcher. Mais on est là maintenant.
La poussière nous masque à votre vue, mais on est là.
Les cris vous empêchent de nous entendre, mais on est là.
Même ceux que nous combattions sont là parce que certaines choses dépassent rivalités et frontières. Parce que l’histoire humaine ne s’écrit pas avec des tours mais avec des larmes. Avec du sang et de la chair. Avec la voix en nous qui dit que ce n’est pas juste.
Parce que, même chez ceux que la vie a blessés, il reste une part d’humain. De sentiment. Parce que eux aussi pleurent le massacre des innocents.
On est là.
Mais en dépit de nos costumes et de nos pouvoirs, nous ne sommes rien par rapport aux vrais héros. Ceux qui affrontent le feu sans peur et sans armure. Ceux qui entrent dans les ténèbres sans savoir s’ils en ressortiront parce qu’ils savent que d’autres attendent dans le noir. Qu’on les sauve. Qu’on leur parle. Que justice soit faite.
Des hommes ordinaires. Des femmes ordinaires. Qui deviennent extraordinaires par compassion. Par courage. Par esprit de sacrifice.
Des hommes ordinaires. Des femmes ordinaires. Qui refusent de se rendre.
Des hommes ordinaires. Des femmes ordinaires. Qui refusent de souscrire aux affirmations des fous de Dieu de toute eau qui prétendent que nous sommes responsables. Nous les rejetons car nous savons que rien de ce que nous avons pu faire ne justifie cette tragédie.
Ces corps qui tombent dans le vide.
Ce fanatisme qui vient nier quatorze siècles de vraie ferveur, qui oublie ce qu’ont prouvé d’autres croisades…
…que ceux qui souffrent sont ceux qui le méritaient le moins.
C’est indicible. Indescriptible. Le massacre des innocents…et l’innocence qu’on massacre. La fureur qui se nourrit d’elle-même jusqu’à occulter le soleil. Et ces questions au milieu de l’horreur. C’est la question qu’ils se posent. Pourquoi ? Pourquoi Seigneur ?
J’ai beaucoup voyagé. Dans beaucoup d’autres mondes. J’ai discuté avec des Dieux et pleuré avec des anges. Mais malheureusement, je n’ai pas la réponse.
Lui seul pourrait le savoir (Captain America apparaît de dos). Parce qu’il a déjà vécu ça (Spidey parle de l’attaque sur Pearl Harbor que Cap a évidemment vécu).
J’aurais voulu ne jamais connaître ça.
Et pour lui, c’est la deuxième fois. Je n’ose imaginer…
…ce qu’il peut ressentir.
Que dire à nos enfants ?
Que le mal, c’est un visage étranger ? Non. Le mal peut se cacher derrière n’importe quel visage.
Doit-on définir le mal en fonction de frontières ? Lui associer des noms, des histoires ? Non, c’est assez cauchemardesque comme ça. Disons-leur plutôt que nous sommes désolés. Désolés de ne pouvoir leur donner le monde que nous voudrions leur léguer. Que si nous avons envie de hurler, nous sommes aussi prêts à écouter. Que les hommes de bien doivent alléger les souffrances de tous les peuples, pour que leur souffrance ne devienne pas notre tragédie.
Disons-leur aussi que nous les aimons et que nous les protégerons. Que nous sommes prêts à donner notre vie pour eux tellement nous les aimons. Dans un monde de gameboys et de consoles, cela peut sembler peu de chose, mais cela seul sèchera les larmes, pansera les plaies et fera de ce monde un endroit sûr.
Nous ne pouvions pas prévoir ça ni l’empêcher. Personne n’aurait pu.
Mais nous sommes là. A vos côtés.
Aujourd’hui. Demain. Et pour toujours.
Nous sommes à vos côtés quand votre bras frappe au nom de la justice et que vous espérez qu’en sortira la sagesse.
Nous sommes à vos côtés dans la prise de conscience qui s’opère. Dans la voix qui dit que dans toute guerre il y a des innocents. La voix qui dit que vous êtes un peuple bon et plein de clémence. La voix qui dit ne faites pas comme eux, ou la guerre est perdue avant d’avoir commencé. Ne laissez pas le sang emporter cette sagesse.
Quoi que vous fassiez, où que vous alliez, où que vous soyez, nous sommes à vos côtés. Parce que l’avenir appartient aux hommes et femmes ordinaires, parce que ça ne doit plus jamais arriver et qu’il faut se battre pour que l’avenir soit plus pur. Parce qu’il faut envoyer un message à ceux qui confondent compassion et faiblesse. Un message qui doit traverser six mille ans de lutte et de sang. Et ce message est le suivant :
Au-delà de notre passé, des origines de nos noms, nous sommes un peuple respectable qui ne courbe pas l’échine ni ne renonce. Le feu qui brûle en nous ne peut être éteint par les bombes ou par les morts. On ne nous forcera pas au silence et nous émergerons des larmes.
Nous avons traversé d’autres épreuves. Nous supporterons ce fardeau et les suivants parce que c’est le rôle des hommes et femmes ordinaires.
Quoi qu’il arrive.
Loin de nous affaiblir…
…cette épreuve nous rend plus forts.
Ces dernières années notre peuple était divisé, noyauté par l’individualisme et l’égoïsme. Mais aujourd’hui…
…nous faisons corps.
Des drapeaux fleurissent partout sur un sol fertilisé par nos larmes et notre détermination.
Le malheur nous a unis.
Nous sommes unis pour réagir.
Unis pour guérir.
Unis pour reconstruire.
Vous avez voulu faire passer un message et ce message nous a ouvert les yeux. Nous avons compris. Et nous saurons nous montrer à la hauteur.
Car de nouveaux héros sont nés. Pas des héros comme nous. Les vrais héros du siècle qui commence.
Ces héros, ce sont les gens ordinaires.
Vous.
Vous qui êtes plus nobles et plus forts que vous ne l’imaginez.
Vous.
Vous les héros de ce moment particulier de l’Histoire.
Nous sommes éblouis par votre volonté sans faille. Face à cette lumière, les ténèbres ne peuvent vaincre. Que les deux tours qu’ils ont abattues servent de fondation à notre volonté de construire un monde où de telles choses n’arriveront plus. Un monde où nous n’aurons plus à demander pardon à nos enfants mais dont les rues ne seront pas jonchées des dépouilles de leurs droits inaliénables.
Ils ont abattus deux grandes tours. Que leur souvenir vive en vous. Devenez les poutrelles et le verre, la pierre et l’acier, qu’en vous voyant, le monde les voie.
Et restez debout.
Restez debout.
Restez debout.


Note perso : les derniers « restez debout » accompagnent des dessins dans lesquels l’on peut voir une foule immense constituée de blancs, noirs, asiatiques et d’une arabe portant le voile au premier plan. Tous sont américains et new-yorkais. Tous ont souffert des attentats. Tous sont du même côté. Le côté des victimes. Le côté de ceux qui respectent des principes mais qui sont obligés, parfois, de tuer des monstres pour garder en vie les innocents. Le 11 septembre et la politique américaine qui a suivi n’a jamais partagé le monde entre occidentaux et arabes mais plus sûrement entre braves gens et salopards. Cette séparation, comme l’affirme à juste titre J.M. Straczynski, ne peut se faire massivement sur une distinction de race, religion ou nationalité mais bien sur le comportement des individus. Rien ne peut faire de vous un salaud. Mais rien ne fait de vous une bonne personne tant que vous n’agissez pas « bien ». Les gens sont déterminés par leurs actes. Pensez-y avant d’agir.
Soyez un héros ! (ou au moins, ne soyez pas un super-vilain)
;o)



J'ajoute ce site car il a ceci de particulièrement poignant qu'il permet de voir les visages de beaucoup de victimes, pas des images atroces de corps mutilés, non, mais de vrais visages, humains, souriants, pleins de cette vie si chère que certains s'arrogent le droit d'ôter au nom d'une stupidité sans borne. Oubliez les noms, il ne sont pas si importants, mais regardez les visages, voyez ceux que nous n'avons pas su protéger des monstres, ceux qui sont morts si héroïquement mais si bêtement également, juste parce que, pour certains ignares criminels, ils représentaient un symbole. Les noms, nous les oublierons, mais j'espère sincèrement que ces visages nous hanteront à jamais, qu'ils nous permettent de voir à quoi peuvent conduire la négligence, l'angélisme et la naïveté. Puissent les morts reposer en paix et les vivants faire montre de plus de force, de clairvoyance et d'intelligence dans leur juste lutte contre le Mal. Car, sans verser dans l'idéologie absurde, c'est bien de Mal qu'il s'agit. Lorsque l'on tue en masse, lorsque l'on voue sa vie à nuire à autrui, lorsque l'on se réjouit de la mort de milliers d'innocents, alors oui, il s'agit de Mal, un Mal absolu, oecuménique, apolitique et totalement condamnable par n'importe quel être doué de raison.

21 janvier 2007

Les filles de Pennystown

Je l'avais un peu évoquée lors de leur travail sur Spider-Woman : Origin mais il est temps de consacrer un article entier à l'excellente série des Luna Brothers, Girls.

Ethan est un jeune homme plutôt mal à l'aise avec les filles, filles qui ne courent d'ailleurs pas les rues dans la petite bourgade campagnarde de Pennystown où il tient une épicerie. Du coup, le vendredi soir, il le passe au bar à picoler un peu avec son pote Merv, en se lamentant sur la complexité des femmes et leur déroutante psychologie. Ethan profite joyeusement de sa misérable soirée pour se prendre une veste de la part d'une fille qu'il pensait "facile", suivie d'un direct dans la tronche (et dire qu'on appelle ça le "sexe faible") et pour finir en beauté, il se fait même virer par le shérif. Y'a des soirs comme ça, on ferait mieux de rester chez soi. Seulement voilà, sur le chemin du retour, il tombe sur une fille, seule, perdue au milieu de nulle part et entièrement nue.

Pour avoir pas mal arpenté les routes secondaires en milieu rural dans ma jeunesse, je peux vous dire que c'est tout de même rare comme rencontre. Ethan en profite donc pour l'inviter chez lui et même, tant qu'on y est, la culbuter vu qu'elle ne demande que ça. C'est le début des ennuis car lorsqu'Ethan se lève le lendemain matin, la fille en question a eu le mauvais goût de pondre plein d'énormes oeufs dans sa salle de bain. Pas besoin de consulter Nadine de Rothschild pour savoir que ça ne se fait pas de pondre comme ça quand on n'est pas chez soi.
Très rapidement, ces filles nues à l'étrange mode de reproduction vont mettre le village entier en danger. En effet, si elles se montrent plus qu'amicales envers les hommes, elles n'hésitent pas à se précipiter sur toutes les femmes qu'elles croisent pour les trucider. Il suffirait de quitter le village pour se mettre en sécurité me direz-vous, seulement, cette brave ville de Pennystown est maintenant entourée d'un étrange mur invisible apparemment impénétrable.

Le postulat de départ pouvait donner lieu à une simple histoire d'épouvante mais le traitement des personnages lui donne un attrait particulier. Les habitants de ce trou perdu sont tous plus lâches, bêtes, irritants et cancaniers les uns que les autres mais se retrouvent, par la force des choses, obligés de coopérer, sans pour autant mettre leurs querelles et vieilles rancunes de côté. Ils ont peur mais n'oublient pas de s'engueuler pour un rien. Du coup, non seulement il y a du suspense mais en plus, c'est souvent drôle (la famille Pickett, un peu les dégénérés du coin, vaut à elle seule le détour, notamment pour la stupidité du fils et les réactions du père).
Si la colorisation est vraiment réussie, dans un style pastel convenant parfaitement à l'ambiance, les dessins, eux, sont le point faible de Jonathan Luna. En fait, les visages surtout souffrent d'un cruel manque de détails et de finition, tous se ressemblent, à tel point qu'il est parfois difficile de faire la différence entre personnages vieux et jeunes ou, pire, entre un homme et une femme. Même les cheveux et autres moustaches ont l'air "posés" sur le dessin, dans un effet postiche non voulu passablement ridicule. Bon, c'est le seul petit défaut de cette série dont deux tomes (regroupant 6 épisodes chacun) sont déjà parus en France chez Delcourt (avec covers + une carte détaillant les lieux de la petite bourgade en question). La série comptant 24 épisodes en tout, il reste donc deux volumes VF à paraître. Pour l'instant, c'est tout bonnement excellent et cela pourrait même s'adapter en film (rien d'officiel, juste une sorte de pressentiment).

Sorte de thriller campagnard mâtiné d'humour grinçant, Girls est une pure réussite scénaristique. L'ambiance visuelle serait parfaite également sans le petit défaut des visages, un défaut qui n'est pas suffisant pour se dispenser d'un excellent moment de lecture.

ps : le jeu de mot sur la prononciation de Pennystown est voulu, "pénis" se disant aussi "penis" en anglais. ;o)

Courrier des lecteurs : VO vs VF

Ah, qu'il est loin le temps où le courrier et sa transmission acquéraient leurs lettres de noblesse à travers le Pony Express où plus tard, et plus près de chez nous, l'Aéropostale. Non seulement à l'époque certaines personnes savaient écrire mais en plus d'autres risquaient leur vie pour acheminer leurs missives, précieuses ou non.
Là, vous vous dites, "mais qu'est-ce qu'il nous chante avec ses histoires de lettres ?" eh bien, j'y viens, doucement mais inexorablement. Je vous parle aujourd'hui du fameux et si irritant "courrier des lecteurs" que l'on trouve dans presque toutes les parutions kiosque de chez Marvel et Panini. Pourtant, le traitement et l'intérêt ne sont pas les mêmes entre les deux éditeurs. Voyons donc les différences.
La VF tout d'abord. En général, les courriers commencent tous par une flopée de compliments si exagérés que l'on se demande parfois si l'équipe paninesque ne les écrit pas elle-même. En plus, bon, ce ne sont pas eux qui forment les équipes créatives, qui inventent les histoires, créent les dessins, coordonnent les séries, etc. Leur principale tâche étant un travail de traduction (non exempt d'immenses bourdes), il n'y a pas de quoi tomber de sa chaise d'admiration tout de même. Les courriers se divisent ensuite en deux catégories principales : les gens qui donnent leur avis sur tel ou tel sujet et ceux qui posent des questions. Pour la première catégorie, si elle se justifiait à l'époque où le Net n'existait pas, on a du mal aujourd'hui à en comprendre le réel intérêt. Pour la seconde, c'est presque pareil, bien des questions posées pourraient trouver une réponse quasi immédiate après une recherche adéquate sur Google. Reste par contre des questions plus précises, concernant la politique éditoriale de Panini, qui pourraient être intéressantes, mais qui restent toujours systématiquement sans réponse. Et lorsqu'il y a réponse, elle est si évasive qu'elle frise le foutage de gueule : "on verra", "ah bonne idée, pourquoi pas ? ", "oui mais qu'en pensent les autres ?"...
Autrement dit, à part le fait pour Panini de remplir une page à bon compte et sans fournir le moindre travail, cette rubrique n'a rigoureusement pas le moindre intérêt.

Pour la VO, c'est légèrement différent. Bien sûr, les gens donnent toujours leurs avis mais là, il y a des réponses réelles et argumentées de la part de Marvel. Mieux encore, si l'on prend l'exemple de la série Ms. Marvel dont j'ai parlé très récemment, c'est le scénariste, Brian Reed en personne, qui répond chaque mois aux lecteurs. De plus, les discussions tournent toujours autour de l'épisode précédent (ce qui paraît normal) alors que les courriers de lecteurs français dans les parutions Panini, eux, concernent toujours des épisodes datant de plusieurs mois, on se demande bien pourquoi. Réussir à avoir du retard dans un domaine qui ne demande aucun travail, c'est tout de même un bel exploit. Revenons à la VO : Reed justifie ses choix, commente les idées des fans, fait parfois face aux critiques qui ne sont pas du tout éludées, de plus, il plaisante, rédige proprement ses réponses, bref, on sent qu'il y passe du temps. Surtout, l'intérêt d'échanger quelques mots directement avec les créatifs est indéniable, on sait d'ailleurs quel poids peuvent avoir les fans aux US sur l'évolution des histoires et personnages (même si personnellement, je regrette cette pression sur les scénaristes).

Qu'en est-il donc de ce principe du "courrier des lecteurs" ?
Il y a du pour, certes, mais essentiellement pour les publications en VO. Pour les mensuels français, il s'agit surtout d'une page inutile dont la fonction première est le remplissage sans effort. Car, en supprimant cette rubrique, on pourrait imaginer ajouter un plus aux publications, avec par exemple une interview d'un auteur, une fiche de personnage ou même, pourquoi pas, un simple croquis ou encore un petit sujet sur une adaptation ciné, un jeu ou des figurines, bref, les idées ne manquent pas mais elles supposeraient un tout petit peu plus de travail que les 30 secondes que consacre actuellement Panini à cette page dont l'intérêt frise le néant.

ps : j'en profite pour signaler que j'ai changé la catégorie "pas glop" en "snikt", explications détaillées dans la FAQ. ;o)

20 janvier 2007

Des nouvelles de Carol Danvers

Carol Danvers est une héroïne ayant fait partie des Vengeurs. Aujourd'hui connue sous son nom d'origine, Ms. Marvel, elle s'est également fait appeler Binaire (Binary) et Warbird par le passé. Son potentiel est énorme, jugez plutôt : ex-agent de la CIA, pilote, elle a travaillé pour la NASA mais surtout possède une force surhumaine, la capacité de voler et elle peut également lancer des rafales d'énergie. Si l'on ajoute à ça une plastique plutôt avantageuse, on peut raisonnablement penser qu'elle était jusqu'ici largement sous-employée, une erreur en passe d'être vite réparée.

Tout d'abord, elle apparaît en VF en ce moment dans la série New Avengers en Marvel Icons (on l'avait également vu auparavant dans les Alias de Bendis, aux côtés de Jessica Jones dont elle est l'amie). Captain America lui propose même de les rejoindre mais pour l'instant, elle se contente de leur filer un coup de main de temps à autre.
Mais surtout, la jolie Carol possède maintenant sa propre on-going évidemment intitulée... Ms. Marvel ! Le scénario est de Brian Reed et les dessins de Roberto de la Torre (remplacé un temps par Mike Wieringo dans les épisodes 9 & 10).
Rassurez-vous, si vous ne connaissez pas bien le personnage, le numéro 1 de la série la présente dans les grandes lignes. Carol se rend compte en fait que sa vie ne la satisfait pas tout à fait, que malgré divers exploits passés elle est inconnue du grand public et qu'elle a pourtant tout ce qu'il faut pour devenir la meilleure dans la branche hyper-select des super-héros costumés. Pour la peine, elle fait appel à une publicitaire et va utiliser les media. Elle aura d'ailleurs vite l'occasion de faire parler d'elle puisqu'elle doit rapidement faire face, seule, à une invasion de Broods venus s'échouer à Spaulding en Géorgie.

Panini n'a pas fait savoir pour l'instant si cette série, dont le 12ème numéro sort ce mois-ci, serait adaptée en France. Il serait dommage de s'en passer car elle est particulièrement bien équilibrée entre action, humour, aventures épiques et vie privée. De plus, le personnage est foncièrement attachant et bien ancré dans l'univers Marvel dont elle est, sinon un pilier, du moins un membre déjà ancien.

Edit : ajout de l'Homme Sable dans la partie figurines.

19 janvier 2007

Back in Black

Dernièrement, nous avons pu suivre l'évolution de Spider-Man lors du crossover The Other (paru en France dans les numéros 79 à 82 du mensuel consacré au Tisseur), mais que se serait-il passé si Peter Parker avait rejeté la partie arachnéenne de sa personnalité ? C'est ce que nous dévoile Peter David, accompagné de Khoi Pham au dessin, dans un whaf if explorant cette possibilité. L'épisode met également en scène Mac Gargan, alias le Scorpion, aujourd'hui détenteur d'un célèbre symbiote (depuis la mort de l'ancien hôte de Venom, le fils de Don Fortunato, cf les premiers épisodes de Marvel Knights réédités en Deluxe). Evidemment, un seul épisode, c'est assez court mais l'histoire est habilement traitée et l'évolution "venomesque" particulièrement effrayante. Peu de chance pour que cette histoire sorte en France dans l'immédiat, il faudra donc vous tourner vers la VO.
Toujours en ce qui concerne The Other, signalons qu'il existe également un sketchbook d'une trentaine de planches regroupant des dessins de Mike Wieringo, Mike Deodato et Pat Lee. Le tout dans un style "parchemin" très esthétique. Là encore, il faut se tourner vers les Etats-Unis pour se le procurer (au prix de 2,99$).

18 janvier 2007

HyperScan

L'Hyperscan Video Game System est un jeu sorti aux Etats-Unis et combinant cartes à collectionner et jeu vidéo. Le principe : vous utilisez l'une de vos cartes de personnage en la scannant sur la console, après le combat, si votre personnage l'emporte, les caractéristiques de ce dernier augmentent, il vous faut alors rescanner votre carte afin de sauvegarder les changements. Pour l'instant, il existe un pack X-Men (avec 20 personnages) mais des extensions Marvel Heroes et Spider-Man sont prévues. Le prix est variable, Toy R Us vend la console + le pack X-Men à 69$ alors que Amazon propose la même chose pour 14,99$ !

Le principe est original, par contre niveau jouabilité, graphisme et aspect des cartes, il reste à voir ce que ça donne. Une présentation plus complète est disponible sur le Site Officiel.

17 janvier 2007

Sale temps pour les mutants

"Il y a quelque chose de pourri au sein de l'institut Xavier." Sage, venue enquêter avec Bishop sur un crime perpétré dans la fameuse école, ne s'y est pas trompée. Drogue, émeutes, adultères télépathiques, assassinat, l'institut n'est plus un havre de paix pour les mutants. Les X-Men ont troqué leurs costumes colorés contre des cuirs modernes, sombres, poussiéreux. Dehors, la haine anti-mutante grandit. Peu à peu, le rêve de cohabitation pacifique de Charles Xavier s'effrite, s'érode pour finalement s'écrouler, vaincu par le souvenir d'un Magneto disparu et les 16 millions de victimes de Génosha. Même les pouvoirs ne sont plus aussi attractifs que par le passé, d'ailleurs, pour certaines mutations, peut-on encore parler de pouvoirs ? Etres désincarnés, monstrueux, sans visage et à l'âme torturée, les nouveaux mutants n'ont souvent rien d'enviable. Leur seul point commun ? La souffrance peut-être. Même Emma Frost, cruelle, insensible, manipulatrice, se révèle subitement fragile et amoureuse d'un Scott Summers, moins leader que jamais, qui se retrouve à prendre une cuite au club des Damnés, tentant d'oublier ses doutes pendant que des laiderons télépathes dansent et aguichent le client à coup de manipulations mentales. Les professeurs vacillent, les élèves se rebellent tandis que les humains, eux, se préparent pour la guerre génétique qui se profile à l'horizon.

Pour ce troisième tome, intitulé Planète X, des X-Men en Deluxe, le run de Grant Morrison se poursuit avec, au dessin, Phil Jimenez et Chris Bachalo. Le mélange entre les vieux ennemis traditionnels et les démons intérieurs est plutôt réussi et l'aspect visuel n'est pas en reste, ce grand format convenant parfaitement au graphisme des deux artistes. Incontournable si vous avez raté ces arcs lors de leur parution kiosque. Niveau bonus, minimum syndical : covers et quelques pauvres croquis. Pour le prix, on pouvait s'attendre à un peu mieux.

15 janvier 2007

Mary Jane version kids

La collection Marvel Kids paraissant en librairie vise spécialement le jeune public et reprend les titres publiés aux Etats-Unis sous le label Marvel Age. Si le premier tome consacré à Spider-Man s'inspirait des histoires des années 60 en réactualisant le dessin, le troisième volume accueille, lui, une production récente mettant Mary Jane Watson en vedette.

Bien entendu, Marvel vise ici un public jeune et essentiellement féminin, il n'en fallait pas plus pour que certains parlent de tentative de "shojo" à la sauce US. Je vois mal en quoi cela pourrait être comparable, les japonais n'ayant pas, à mon sens, inventé la littérature pour jeunes filles tout de même. Et puis, c'est en couleur et ça se lit à l'endroit, ouf, on reste donc dans le comic traditionnel. ;o)
Je plaisante sur le sens de lecture mais je trouve sincèrement que publier des Manga "à l'envers" est une idiotie finie résultant d'une fausse bonne idée snobinarde respectant, soi-disant, l'oeuvre originale. Pour respecter pleinement l'oeuvre, il serait plus judicieux de la lire dans la langue d'origine, mais comme peu de gens vont apprendre le japonais (ce qui se comprend tout de même), on leur laisse faire "comme si" en les obligeant à lire de droite à gauche. Cela réduit très nettement le confort de lecture et du coup, cela ne respecte vraiment plus l'oeuvre, une bonne traduction étant forcément une adaptation et non pas une sorte de respect exagéré et frileux. Ce que demande un auteur, c'est d'être compris par le lecteur, c'est le toucher au travers de ses histoires et de ses personnages, certainement pas le torturer en l'obligeant à lire dans un sens qui n'est pas naturel pour lui. Enfin bon, j'arrête là mes digressions, revenons-en à MJ.

Donc, le volume 3 de Spider-Man en Marvel Kids est en fait le volume 1 VF de Mary Jane. Déjà, c'est pratique comme numérotation hein, on sent l'inimitable "Panini Touch". Le scénario est de Sean McKeever (dont je ne connais, pour ma part, que le seul travail sur l'adaptation du film Elektra en Marvel Mega HS) et le dessin de Takeshi Miyazawa. Ah ben merde, c'est vrai alors que c'est un shojo ?? Non, je plaisante, on lui a collé quand même un encreur et une coloriste (re-ouf !). Mais plutôt que de nous demander si Marvel veut surfer sur la mode Manga, ne serait-ce que par le patronyme de ses dessinateurs, voyons si ce Mary Jane Homecoming tient la route. L'histoire tout d'abord. Pas de sombre complot ou de vilains à super-pouvoirs ici mais plutôt des problèmes d'adolescents. Flirts, études, petits boulots, brouilles et réconciliations, c'est léger mais pas pour autant gnangnan, le tout tournant autour de MJ, Liz Allen, Flash Thompson et Harry Osborn. Les apparitions de Spidey (ou même de Peter Parker) sont très peu nombreuses mais assez drôles. Le dessin maintenant. Eh bien là encore, c'est plutôt réussi. Le style convient bien à l'histoire et au public visé, les couleurs sont sympa, le tout donne une ambiance agréable.

Le prix est de 6,80€ (pour environ 132 planches + les covers), voilà un bon moyen d'initier votre petite fille au monde Marvellien sans la traumatiser d'entrée avec un Carnage ou un Fatalis, et, très franchement, si l'envie vous prenait de l'acheter pour vous, sachez que cela fera une agréable récréation entre deux histoires plus sombres et "adultes".

13 janvier 2007

Odyssée cosmique

Le volume 2 de Captain Marvel en Monster Edition signe la fin de cette série de Peter David (scénariste de Madrox, X-Factor et The Dark Tower, l'adaptation du roman de S. King).

Le ton est plus sérieux que dans le tome 1, Genis-Vell a retrouvé la raison et doit sauver Marlo, l'ex petite amie de Rick Jones. Pour cela, Captain Marvel devra aller dans le futur repousser une coalition alien (ayant quasiment anéanti la race humaine) et combattre son propre fils ! Le final renoue pourtant un peu avec le style déjanté qui collait au perso précédemment mais on y sent tout de même une ambiance douce-amère reflétant sans doute l'état d'esprit de l'auteur. Peter David, à travers Eulogy, un personnage ayant une conscience non pas "cosmique" mais "comics", explique l'échec de la série aux US et son manque de popularité. C'est très étrange car on ressent presque la douleur du scénariste lorsqu'il avoue, par l'intermédiaire du personnage, que Captain Marvel n'a jamais vraiment intéressé personne.
Heureusement, avec le succès de X-Factor, on ne s'inquiète pas trop pour l'avenir de ce brave Peter.

Deuxième partie de ce Monster : le prologue de Annihilation (à paraître dans le futur mensuel Marvel Universe) avec la mini-série Drax the Destroyer. Là encore, il faut aimer le style "persos cosmiques" pour apprécier mais bizarrement, ce qui choque le plus n'est ni le scénario ni les dessins mais...le lettrage ! Lorsqu'ils parlent, les personnages aliens "bénéficient" d'une police de caractères spécifique qui les différencie des humains. Problème, celle-ci est si hideuse que l'on a parfois du mal à lire tant certaines lettres sont mal faites. Pour certains, ce ne sera qu'un détail sans importance, mais personnellement, j'avoue avoir trouvé plus que pénible ce manque de confort de lecture.
Le tout valant entre 23,75€ et 25€ suivant l'endroit où on l'achète, à vous de voir si ce cocktail alienesque (jusque dans le lettrage) vous inspire suffisamment pour vous délester de cette coquette somme.

12 janvier 2007

Les secrets du Courtier

Les Exilés sont tout proches de découvrir la vérité sur le Courtier dans l'Astonishing X-Men #20, sorti aujourd'hui. Rappelons que ce petit groupe hétéroclite est chargé par ce fameux Courtier, plutôt mystérieux et manipulateur, de réparer diverses réalités en accomplissant certaines missions. L'équipe a changé au fil du temps et est maintenant composée de Mimic, Blink, Morph, Namorita, Dents de Sabre et Holocauste. L'endroit où ils se retrouvent ce mois-ci est assez étonnant, tout comme l'occupant des lieux (assez connu) que l'on ne s'attendait pas à trouver là. Bref, bien que j'ai eu du mal à accrocher au départ à cette série de Tony Bedard, je dois reconnaître que je m'y suis fait et qu'elle devient de plus en plus intéressante (le départ de Bec, perso que je n'aimais guère, a dû jouer aussi).
Au menu de ce même mensuel, la suite de Genèse Mortelle avec le retour attendu et prévisible du professeur Xavier et quelques infos supplémentaires sur le 3ème frère Summers. On piétine un peu en fin de compte.
Dans New Excalibur, Captain Britain affronte Albion dans un combat qui fait d'énormes dégâts sur Londres. De leur côté, Sage et Wisdom se castagnent aussi avec un loup de guerre, autant dire qu'il ne se passe pas une foule de choses là non plus dans ce scénario de Claremont.
Le meilleur pour la fin, ce qui constitue vraiment pour moi l'attrait du mensuel, X-Factor de Peter David. L'histoire est centrée cette fois sur Cyrène que l'on avait laissée en fâcheuse posture le mois dernier. En fait, elle a reçu une flèche empoisonnée paralysant ses cordes vocales, ce qui la prive évidemment de ses pouvoirs basés sur la voix. La voilà du coup frappée puis abandonnée dans une ruelle jusqu'à ce qu'elle soit ramassée et enlevée par...un ex-mutant, apparemment plutôt cinglé, ayant perdu ses pouvoirs depuis le jour M. Pas de chance décidemment pour la belle. Notons que pour une fois, Madrox n'apparaît pas du tout dans l'épisode. Quant au prochain, il devrait être centré sur les origines de Layla Miller, jeune mutante ayant joué un rôle central dans House of M.

10 janvier 2007

Lourd passif & Quesada's songs

On continue à fouiller dans le passé de Logan dans le Wolverine #156 qui accueille deux épisodes scénarisés par Daniel Way et dessinés par Steve Dillon. Certains en viennent à se demander s'ils pourront encore qualifier Wolvie de "héros" et pensent que son image de "bon samaritain" en prend un coup. Mouais. Pourtant Wolverine n'a jamais été un saint et on le sait adepte de méthodes agréablement radicales qui, certes, n'atteignent pas celles d'un Frank Castle mais n'oublions pas que Logan, lui, est souvent modéré par son entourage. Rien de foncièrement étonnant donc à trouver dans son passé des traces de violence voire même de franches saloperies. C'est ce qui fait d'ailleurs le charme du personnage. Loin d'une innocence gentillette et convenue, sa personnalité oscille sans cesse au bord du gouffre. Voilà qui est tout de même plus sympa à lire qu'une pâle nunucherie sans âme.
Si l'histoire me convient, je suis par contre moins emballé par l'ambiance visuelle. Couleurs un peu trop chatoyantes (je ne parle pas de l'image qui illustre cet article) et traits finalement souvent répétitifs. Les visages de Dillon manquent cruellement de personnalité. J'ai parfois l'impression de voir Soap partout (ceux qui ont suivi la série Punisher avec les dessins du même Dillon comprendront). Bon, ce petit point de réserve ne justifie pas pour autant que l'on se passe de cette saga qui risque d'avoir encore un bon lot de révélations en réserve !

Pour finir, je passe du coca-light (houla, je me mets aux jeux de mots, ça m'inquiète, ne serais-je point touché par cette étrange maladie appelée "syndrome de Ber" ?) en vous touchant deux mots de Quesada. Figurez-vous qu'en plus d'être rédac' chef, scénariste et dessinateur, ce vieux Joe joue les rockers de temps en temps avec son groupe Idlechatter et que la tradition veut qu'il sorte chaque année une petite compo de Noël. Celle de 2006 est disponible ici ainsi que celles des 4 années précédentes, parmi lesquelles des titres aussi évocateurs que Alternate Cover ou Wednesday Christmas at my Comic Shoppe. Je ne résiste pas au plaisir de vous poster un extrait d'un forum US où, justement, l'on commentait les fameuses chansons de Noël de mister Quesada.
- I want to write a Xmas song too. Anyone know a word that rhymes with bukkake ?
- Sure. Howard Mackie ! These things just write themselves...
C'est spécial mais bon, ça m'a fait rire. Le dialogue serait presque digne d'un film de Kevin Smith. Pis réussir à faire figurer "bukkake" dans un blog sur Marvel, c'est un petit exploit dont je ne suis pas peu fier. ;o)

08 janvier 2007

Ce que Lorna a vu

Vous vous souvenez peut-être de l'arc Golgotha (qui date d'un an quand même, le dernier épisode ayant été publié dans le X-Men #108) à la fin duquel Lorna semble plus que troublée par "quelque chose" qu'elle a vu dans l'espace, eh bien l'on va enfin savoir ce que c'était dans What Lorna saw qui constitue l'essentiel de la première fournée mutante de l'année dans le X-Men #120. Rappelons que cette pauvre Polaris est privée de ses pouvoirs depuis le jour M. Elle quitte donc l'institut Xavier, accompagnée par Havok, et est persuadée que cette fameuse entité pourrait lui rendre sa condition de mutante. On assiste également dans cette histoire au retour d'Apocalypse et l'on a enfin des nouvelles de Sunfire. Pour ceux qui n'auraient pas suivi, sachez que ce dernier a eu les deux jambes coupées lors de la petite escapade de Malicia au Japon (cf X-Men Extra 55 & 56), ce qui nuit beaucoup à sa prestance naturelle tout de même.
Le dernier épisode est comme toujours consacré à la série New X-Men. Par contre, dans le genre "j'invente sans cesse de nouvelles façons de me planter", Panini nous en fait encore une bonne. A la place du résumé censé nous rappeler les grandes lignes de l'histoire en cours, on nous a collé le résumé du mois prochain. Autrement dit, tout l'épisode de ce mois est dévoilé avant qu'on ne le lise, notamment la fin censée nous surprendre. Eh oui, en 2007 Panini a inventé l'auto-spoiler. Ou peut-être que c'est fait pour ceux qui n'auraient pas envie de perdre du temps en lisant ce qu'ils achètent. ;o)

07 janvier 2007

Tombé du ciel

Après Amazing Spider-Man, c'est maintenant au tour de Fantastic Four, sous la plume de Straczynski, de rentrer dans les prologues Civil War. L'on peut donc suivre la première partie de The Hammer Falls dans le Marvel Icons #21. Outre une allusion à la réunion des Illuminati (que l'on découvrira de manière plus complète dans un Marvel Icons hors-série), cet épisode nous conte l'affrontement entre les FF et une petite armée de Doombots tentant de s'emparer d'un mystérieux objet en Oklahoma. Si je vous dis que cet objet est tombé du ciel il y a six mois et qu'il est censé appartenir à un dieu nordique bien connu ayant passé l'arme à gauche lors d'un certain Ragnarok, il y a gros à parier que vous aurez trouvé de quoi je parle. Bon, pour être franc, cet arc (en deux parties) n'est pas forcément indispensable comme prologue (beaucoup moins que celui d'Amazing Spider-Man par exemple).
Les New Avengers, eux, font face à la menace inconnue qui a décimé l'Alpha Flight et qui semblait venue tout droit de l'espace (décidemment, il en tombe des saloperies ces temps-ci ). Carol Danvers (alias Ms. Marvel) se joint d'ailleurs à eux mais son intervention fait finalement plus de mal que de bien. Toujours Bendis au scénario et un excellent Deodato au crayon.
En ce qui concerne Captain America, par Brubaker et Perkins, ça se fritte toujours avec Crossbones, Sin et l'AIM, avec l'ombre de Bucky qui plane sur tout ça. Ce dernier prépare d'ailleurs apparemment une petite vengeance à l'égard de Lukin. Ce même Lukin étant également recherché par Crossbones et Sin, notre joyeux couple de tueurs frappadingues, il devrait passer un sale moment.
Et pour terminer, retour des Young Avengers (The Pulse s'étant achevée le mois dernier) par Allan Heinberg et Jim Cheung. La petite bande doit faire face au départ de leur leader mais aussi à l'arrivée du Super-Skrull venu enlever Hulkling. L'épisode se lit agréablement même si personnellement, dans le genre jeunes héros, je préfère Runaways.
Autre raison de se réjouir : plus de logo idiot défigurant la cover (de McNiven) et vantant les logos pour portable, ouf !

06 janvier 2007

Les incontournables de 2007

Hier, avec le mensuel Spider-Man, sortait le catalogue 2007 de Panini. Voici l'occasion de faire le point sur les sorties importantes prévues pour cette année. Tout d'abord, une surprise, Nextwave de Warren Ellis et Struart Immonen sera bien adaptée en VF en 100% Marvel. Tout le monde n'accrochera pas forcément au graphisme (que j'aime assez personnellement) mais il serait dommage de passer à côté de cette série déjantée et plutôt second degré. Le pitch : des héros (plutôt de second plan) sont recrutés par le H.A.T.E. (Highest Anti Terrorism Effort) pour lutter contre le terrorisme mais découvrent que leur organisation les manipule. Le slogan de la série, healing America by beating people up (soigner l'Amérique en bastonnant les gens), en dit déjà beaucoup sur l'ambiance qui tend très nettement à la dérision. A ne pas rater donc !
Toujours en 100% Marvel, nous aurons droit à la suite de Marvel Zombies (dont on a pu lire les prémices dans Ultimate Fantastic Four) de Robert Kirkman (ça ne devrait pas être triste du coup) et Sean Phillips. La collection Max, elle, accueillera la nouvelle série consacrée à Moon Knight avec Huston au scénario et l'excellent David Finch au crayon. Visuellement, je peux vous certifier que c'est vraiment réussi.
En Deluxe, les retardataires vont pouvoir se mettre à niveau puisque les 12 premiers épisodes d'Ultimate Spider-Man et Ultimate X-Men seront réédités en librairie. Les Fugitifs (Runaways), la très bonne série de Brian K. Vaughan, devrait également faire son retour dans ce format (les premiers épisodes VF ayant été publiés en Marvel Mini Monster). Toujours en ce qui concerne les Fugitifs, la mini-série Runaways/Young Avengers, qui se déroule pendant Civil War, sortira bien en VF (en kiosque cette fois).
La collection Marvel Monster Edition, quant à elle, accueillera le fameux Planet Hulk (notre gros ami verdâtre ayant été expédié dans l'espace par ses "amis" héros).
Et le plus volumineux pour la fin, le deuxième volume de la récente collection Marvel Omnibus nous replongera dans la mythique et controversée Saga du Clone de notre bon vieux Spider-Man des familles.
Si l'on ajoute à ça Ghost Rider ou Ultimate Power dont j'ai déjà parlé ainsi que l'immense évènement Civil War qui touchera toutes les séries, de Amazing Spider-Man à New Avengers en passant par Wolverine ou X-Factor, voilà un programme plutôt alléchant. ;o)

05 janvier 2007

Lézards, catch et politiciens

Le Spider-Man #84 est enfin sorti en kiosque aujourd'hui. Allons tout de suite à l'essentiel, tout d'abord la suite du voyage à Washington de Parker et Stark dans Amazing Spider-Man. Dans l'avion qui les emmène à la capitale, notre Tisseur va découvrir l'existence du fameux projet de loi qui va tant faire parler de lui les prochains mois et il obtient également la version 2 de son nouveau costume. Après quelques modifications à base de nanofibres de métal liquide, celui-ci peut maintenant apparaître et disparaître à volonté, passer en mode furtif ou encore prendre l'aspect d'une de ses anciennes tenues. Cerise sur la toile d'araignée, Peter dispose aussi de jolis appendices mécaniques obéissant à ses pensées. Devant le sénat, Stark a bien du mal à justifier sa position, pour l'instant plutôt anti-recensement. L'argument principal des politiciens étant que si un policier ou un juge agit publiquement malgré le fait qu'il a également une famille, les surhumains devraient faire de même. L'idée se défend d'ailleurs. Niveau traduction, on nage parfois dans l'original, exemple, "ceramic body armor" (un gilet pare-balles à base de plaques de céramique qui existe vraiment ceci dit en passant) devient "gilet d'arme". Expression poétique, il est vrai, mais qui ne veut pas dire grand chose. Enfin, bon...je ne vais pas charger la mule plus avant.

Le Sensational Spider-Man de ce mois n'est, lui, pas si sensationnel que ça. Toujours cette rage qui semble toucher les humains dotés de pouvoirs de nature totémique et, essentiellement, un affrontement avec le Lézard et son rejeton. Bof, bof...
Le Friendly Neighborhood est plus agréable par contre. Déjà, Jameson se rend compte que son fils n'est pas Spidey (rappelez-vous, Parker avait réussi à lui faire gober ça pour l'obliger à retirer la récompense qu'il offrait pour qui dévoilerait l'identité de Spider-Man (cf les premiers épisodes de Marvel Knights, réédités récemment en Deluxe)) et surtout, il accepte d'organiser un combat à la demande de El Muerto, sorte de catcheur qui se promet d'humilier Spidey en public. Jameson retrouve donc ses bonnes vieilles habitudes. Il n'est pas le seul d'ailleurs puisque Flash Thompson, qui est maintenant coach dans le même établissement que Parker, éprouve de nouveau une certaine animosité à son égard.
Pour le dernier et quatrième épisode, il s'agit du final de l'arc "League of losers" en Marvel Team-Up.
Et, pour rester dans les sorties du jour, je signale la mise à jour des figurines Marvel avec l'arrivée d'Ultron.

04 janvier 2007

On ne change pas une équipe qui perd...

Chez Panini, on ne perd pas les mauvaises habitudes. Les mensuels Spider-Man et X-Men étaient annoncés pour le 02 janvier, Marvel Icons et Wolverine pour le 03, nous sommes le 04 et, évidemment, il n'y a toujours rien en kiosque. Où comment enchaîner les années en ayant l'efficacité et le professionnalisme d'un gnou asthmatique. D'un autre côté, en ayant un quasi monopole, on peut se permettre d'être nul, les gens n'iront pas voir ailleurs (un peu comme le service public et cette magnifique invention qu'est le fonctionnaire franchouilleux). Enfin, heureusement, il reste la VO, ce qui évite en plus de devoir subir les fautes, coquilles et autres non-sens dont sont maintenant coutumiers des traducteurs qui sont, vu leur niveau, recrutés sans doute dès la 6ème. Et je ne parle pas des joyeux lurons de l'équipe éditoriale dont la connaissance des artistes Marvel est si poussée qu'ils sont persuadés qu' Andrea DiVito est une femme. J'attends avec impatience le jour où ils nous annonceront que Stan Lee était le demi-frère de Bruce.
Vu mon humeur, je vous donne en mille la légende que j'imagine pour ce magnifique dessin de Greg Horn.
"Tu sais où je vais te le mettre mon Saï ?"

02 janvier 2007

Dans l'espace, personne ne vous entend cogner

2007 verra l'apparition en kiosque d'un nouveau titre, Marvel Universe, qui accueillera le crossover Annihilation, une saga cosmique dans laquelle l'on pourra retrouver Nova, le Silver Surfer ou encore le Super-Skrull. Le tout sera constitué d'un prologue, de 4 mini-séries centrées sur un personnage en particulier puis, pour finir, de la série Annihilation proprement dite. On retrouvera, à l'écriture, des scénaristes tels que Keith Giffen (il avait déjà travaillé sur les Defenders) ou Dan Abnett (Punisher, X-Men). Niveau dessins, outre les covers de Dell'Otto, ce sont des artistes comme Scott Kolins (Vengeurs, Wolverine/Hulk) ou Jorge Lucas (Inhumains, Mystique) qui s'occuperont des planches intérieures.
L'idée de départ, expliquée par Andy Schmidt sur le site Marvel US, est de dépoussiérer quelques personnages cosmiques sous-employés depuis plusieurs années et de les remettre au goût du jour à travers une histoire particulièrement intense.
Attention cependant, le prologue de cette saga, Drax the Destroyer, sera publié ce mois-ci en librairie dans le tome 2 de Captain Marvel en Monster Edition.
En attendant de partir joyeusement se fritter dans l'espace, je profite de ce premier article de janvier pour vous souhaiter une excellente année 2007 ! ;o)