30 juin 2007

Le Maître des Arts Mystiques

Le docteur Stephen Vincent Strange fait partie de ces personnages récurrents qui, sans être l'une des têtes d'affiche les plus populaires du moment, ont acquis au fil du temps le statut particulier de pilier, certes discret mais inébranlable, du vaste univers Marvel.

Tout comme les héros ont tendance à se tourner vers Reed Richards lorsqu'ils sont confrontés à un problème nécessitant de sérieuses connaissances scientifiques, c'est au Sorcier Suprême de la Terre qu'ils font appel lorsque la menace est de nature paranormale.
Strange tire ses pouvoirs de trois sources : ses propres capacités psychiques, l'invocation d'entités et la manipulation de l'énergie magique ambiante de l'univers. Il possède également divers objets magiques comme sa cape de lévitation ou encore l'Oeil d'Agamotto, une amulette lui permettant, entre autres, de sonder les esprits ou d'ouvrir des portes dimensionnelles. Adepte de la méditation, il peut aussi se projeter sur le plan astral, un mode de déplacement quand même plus sympa que le métro.

On le voit bien, Strange est puissant et manipule des forces occultes et immenses. Cela en fait un homme discret, humble, conscient de la charge qui pèse sur lui, tout le contraire de ce qu'il était lorsqu'il exerçait encore la profession de neurochirurgien. Son influence est plus importante qu'il n'y paraît. Il fut l'un des membres des Illuminati, puis, pendant Civil War, des Secret Avengers, deux groupes qui ont comme point commun la discrétion si ce n'est la clandestinité. Stephen a également fait partie des plus folkloriques Defenders aux côtés de Namor, du Silver Surfer ou encore de Hulk. Cette dernière équipe, sans réels règlements ou charte, lui permettant de conserver une grande liberté personnelle.
Le docteur Strange vit dans un manoir qu'il partage avec son fidèle serviteur Wong (c'est un peu son "Kato" à lui, sauf que là, il n'essaie pas sans cesse de le surprendre en l'attaquant ^^), dans le quartier de Greenwich Village (identifié ici par le point 7 sur la carte).

Si récemment J.M. Straczynski a revisité ses origines dans Beginings and Endings (un arc paru en France en 100% Marvel), c'est souvent dans des séries annexes que son influence est la plus grande. C'est notamment lui qui va identifier la menace que représente Wanda Maximoff lors des évènements qui ont abouti à la séparation des Vengeurs et qui donneront lieu à House of M (cf ce Deluxe pour ce qui concerne ces faits).
Sans doute aussi mystérieux que les forces qu'il manipule, Stephen Strange s'impose comme une sorte de vieux sage voué entièrement à sa mission, véritable rempart contre les entités malfaisantes qui menacent le monde.

29 juin 2007

Premier Deluxe pour les Ultimate X-Men

Après Spider-Man, c'est au tour des Ultimate X-Men de débarquer en Marvel Deluxe avec les premiers épisodes de la série.

Tout le monde a au moins une fois entendu parler des fameux mutants et du conflit larvé entre la race humaine et l'homo superior. Voilà l'occasion de revenir aux origines du mythe, dépoussiéré à la sauce Ultimate. Bien sûr, tout ne change pas complètement et c'est bien Magneto que devront affronter les élèves de l'institut Xavier. Le casting est alléchant : Jean Grey, Colossus, Tornade, Iceberg, Wolverine... les têtes sont suffisamment connues pour que le lecteur ne se sente pas dépaysé.

Le scénario est signé Mark Millar, l'un des principaux artisans, avec Bendis, de l'univers Ultimate. Pour les dessins, ce sont Adam et Andy Kubert, Tom Raney et Tom Derenick qui s'en chargent. Le tout est plutôt réussi et accessible à tous (heureusement étant donné que c'était le but de départ). Bref, ces épisodes étant déjà sortis en kiosque, pas de surprise de ce côté là, intéressons nous plutôt aux bonus.

Les traditionnelles covers sont présentes. On a droit également à une petite causerie de Bill Jemas dans la postface. Plus intéressant déjà, le synopsis de Millar concernant les 6 premiers épisodes (6 pages en tout). Il est accompagné de petits croquis d'étude sur le look des personnages (il n'avait pas encore été décidé à ce moment là qu'ils ressembleraient à ceux des films). Les bonus se terminent (déjà ?) par un script de trois pages de Bendis, ce dernier ayant un peu travaillé sur le premier épisode quand le projet n'en était qu'à ses balbutiements.
Panini nous présente les bonus ainsi sur la couverture : "les couvertures originales, des études graphiques, les différents projets imaginés par Bendis et Millar et bien d'autres surprises". Alors les covers, ok, les études graphiques, admettons, les deux projets préliminaires des scénaristes, c'est bon, mais les autres surprises, je cherche encore. Y aurait-il des bonus cachés comme dans les DVD ? Ou alors Panini considère la postface de Jemas si surprenante qu'elle en mérite d'être évoquée au pluriel. ;o)

Comme toujours, les bonus sont trop peu nombreux à mon goût. De même, pour 25 €, on pourrait avoir droit à une couverture avec dessin, la jaquette tenant quasiment lieu ici de cache-misère. Par contre, pour ceux qui ne disposent pas de ces épisodes en version kiosque, ce volume constitue une excellente introduction au monde des mutants.

28 juin 2007

V pour Vendetta ou la sinistre folie

Alan Moore est un bon auteur. Il est même parfois génial, son Watchmen notamment restera dans l'histoire comme un monument d'intelligence et de finesse et une redéfinition bouleversante du rôle des super-héros. Seulement, voilà, Moore, tout écrivain qu'il soit, est aussi un homme, avec ses obsessions, ses tares et ses excès. Quand le totalitarisme de gauche se révèle au grand jour, cela donne V pour Vendetta, ou la justification du terrorisme.
(je mets en garde ceux qui n'aiment pas quand je dérive sur de l'analyse pure, c'est le cas ici, pour le comic en lui-même : l'histoire est passable et les dessins hideux)

Il ne fait pas bon, en France, être de droite, surtout lorsque l'on se mêle d'écriture ou que l'on taquine l'art, même de loin. C'est une réalité. Je ne suis heureusement pas le seul à la décrire, pas plus tard que cet après-midi, Denis Tillinac dénonçait ce fait - avec humour - dans l'excellente émission de Frédéric Taddeï sur Europe 1. Car dans le monde de l'édition, plus qu'ailleurs, le scribouilleux se doit d'être de gauche, comme si ce conformisme absurde et dénué de sens était devenu l'aune à laquelle l'on mesurait la valeur d'un homme.
Certains vont sans doute (encore) me reprocher cette entrée en matière trop politique, seulement voilà, il est impossible de juger V pour Vendetta, et encore moins de parler de Moore, sans aborder les théories politiques qui parsèment l'œuvre et troublent - jusqu'à la mauvaise foi - l'écrivain.

Alan Moore fait partie de ces gens qui ont une crise d'urticaire dès qu'on leur parle de lois, d'ordre ou même, insulte suprême, de police. C'est le prototype même du gauchiste borné vivant dans son rêve idéalisé et niant toute forme de réalité sociale ou culturelle à partir du moment où celle-ci ne rentre pas en conformité avec son absolu. Alors certes, il est de bon aloi de dénoncer les méfaits d'un pouvoir trop fort, mais il serait aussi absurde d'en déduire que, puisque poussé à l'extrême le pouvoir est nocif, tout pouvoir le devient nécessairement. Vous savez, c'est un peu comme ce crétin (dont j'ai oublié le nom) qui s'est mis en devoir de faire un film pour prouver que si l'on ne se nourrissait que de produits du MacDo pendant plusieurs mois, c'était néfaste pour la santé. Franchement, j'aurais pu le dire également sans éprouver le besoin d'en faire un film pour appuyer ma théorie. D'ailleurs, je vous assure que si demain il vous prend l'envie de vous nourrir exclusivement de crêpes au sucre ou de choucroute, ça se passera relativement mal également (et je dis ça sans film à l'appui hein, voyez un peu mon audace ! ;o)).

C'est d'ailleurs ce genre de dogme stupide qui a poussé, en France, l'anti-racisme à son extrême jusqu'à en devenir un fanatisme criminel permettant, au nom de je ne sais quelle "culture", la violence ou encore l'avilissement des femmes. L'on voit donc que les notions de Bien ou de Mal sont à manier avec prudence tant ce qui semble être juste au départ peut se terminer par un abominable diktat mental si l'on oublie de saupoudrer l'idéal avec le bon sens des idées.
Vous allez me dire "houla, on est loin du comic là non ?", et je vous répondrai "que nenni, on est en plein dedans !"
Moore pense détenir non pas une vérité mais LA vérité, celle qui ne permet aucune remise en question, celle qui permet tous les crimes en son nom. Torture, terrorisme, assassinats, tous les moyens sont bons pour Moore tant qu'ils servent à nuire au fascisme. Ah, le mot est lâché ! Parlons-en tiens du fascisme. Outre le fait qu'il aurait été plus courageux, intelligent et visionnaire de le dénoncer en 1939 qu'en 1989 (n'est pas Chaplin qui veut), il est plus que dangereux (et idiot sur le plan intellectuel) de le limiter à sa seule représentation stéréotypée d'un état totalitaire régnant sur une population terrorisée. Car le fascisme en quelques 60 ans a bien changé. Là où hier le danger venait de la rue et de groupes paramilitaires ultra-violents (qui existent pourtant encore chez les militants d'extrême-gauche qui n'hésitent pas à mettre à sac des restaurants ou à détruire la propriété de pauvres agriculteurs), c'est aujourd'hui dans la pensée unique qu'il faut le chercher.

Car là aussi, les gauchistes aiment à hurler au loup, encore récemment, pour dénoncer une supposée mainmise du pouvoir sur les media, mais lorsque le journal Marianne (de gauche) publie une enquête qui révèle que 95% des journalistes se réclament de gauche à l'heure actuelle en France, on ne les voit plus beaucoup bouger. Si c'était l'inverse, nul doute que l'on s'agiterait plus chez les "champions" de la liberté.
Autrement dit, les gauchistes ne combattent pas le fascisme, le vrai, au contraire, ils l'utilisent à leurs fins, non à coups de raids de SA mais à coups de dépêches et d'émissions de télévision.
La sinistre folie (ou littéralement "folie de gauche", on l'aura compris), c'est ce qui pousse ces gens, si enivrés de leurs certitudes, à admettre pour eux ce qu'ils nient pour les autres. Ce que ne comprend pas Moore, c'est que le fascisme qu'il dénonce n'existe plus et qu'il est l'un des représentants de celui qui sévit à l'heure actuelle. Car que retient-on de son clown triste faisant sauter des bombes ? Que le pouvoir est forcément nuisible, que l'on doit avoir peur de la police (allez raconter ça aux victimes des gangs de banlieue...) et que le terrorisme se justifie !
Quelle profondeur pour quelqu'un qui est souvent considéré comme un génie ! En fait, s'il soutenait la moitié des conneries qu'il avance tout en se proclamant de droite, je pense qu'on l'aurait déjà lynché, au moins médiatiquement. Puisqu'il est de gauche dans un monde où une certaine pensée politique s'est imposée dans le milieu artistique, il en devient culte, même quand il est navrant. Et c'est évidemment le cas ici. A travers cette histoire ultra manichéenne, le voilà qui divague et délire au point de nous présenter toute organisation sociale comme forcément néfaste. Seulement, là où le raisonnement de Moore trouve ses limites, c'est justement dans l'outrance de ses attaques. A trop vouloir chier (le terme est grossier mais adéquat) sur le système, Moore (et la gauche mondialo-franchouilleuse avec lui) finit par remettre en cause des lois qui sont les fondations de nos civilisations, voire même des principes qui se veulent justement au centre même de la protection du plus faible et de la recherche de la liberté.

Que dire de plus ? Autant Watchmen m'avait laissé un souvenir impérissable tant l'écriture en était brillante, autant V pour Vendetta me donne envie de vomir, comme si j'avais avalé une huître pas fraîche ou de la cervelle de singe. Cela se veut "bon" mais n'est que facile. Cela se veut "dénonciateur" mais n'est qu'un ultime radotage de plus sur un monde qui n'est plus. A quoi bon déterrer Hitler (je sais que l'on n'a pas retrouvé son corps, c'est une image ;o)) pour lui coller une balle ? Il ne bougera plus.
Je conseille à ceux qui veulent combattre le fascisme de s'interroger sur ce qu'il est véritablement. L'on peut bien sûr le limiter à quelques cadavres dans des uniformes vert-de-gris que l'on piétine de temps à autres pour se donner bonne conscience. L'on peut aussi le voir, dans sa forme actuelle, rongeant tout, grignotant petit à petit les libertés essentielles, imposant ses dogmes bunkerisés avec l'insouciance nauséabonde de celui qui avance masqué.
La mainmise sur les media ? Oui, elle existe, et elle est de gauche de l'aveu même des journalistes en personne !
Le totalitarisme culturel ? Oui, il existe, dans l'éducation nationale, dans le monde étriqué de l'édition parisianiste, et là encore, cette main qui se profile est bien gauchère.
Moore est du genre à se balader dans une rue, à voir une caméra de surveillance et à en déduire que le danger est la police, sans se soucier si, derrière lui, quelqu'un ne laisse pas un peu de son sang sur le trottoir, vaincu par les angles morts de ces caméras dont les criminels profitent, soutenus qu'ils sont par des auteurs allant vite en besogne.
Bon, ceci dit, lisez-le quand même ce comic hein. Mon opinion n'est pas plus juste que celle de Moore. J'ai moi aussi mes excès, mes plaies à couvrir et mes combats à décrire comme un vieux radoteur. Seulement, si vous lisez V pour Vendetta et que vous venez me dire que c'est un chef-d'œuvre, moi, je n'aurai pas envie pour autant de vous coller une bombe sous votre bagnole, et si quelqu'un le fait, à l'inverse de Moore, je n'approuverai pas cet acte. Pas parce que je vous aime, mais parce que j'ai une plus haute opinion de moi-même.
Eh oui, en plus d'être de droite, je suis prétentieux. Mais quand la prétention vous pousse à ne pas balancer un cocktail molotov à la tronche du premier venu, on se dit que le manque de modestie a parfois du bon.

First Family

Sortie aujourd'hui de la mini-série Fantastic Four : First Family au format Graphic Novel. Une histoire qui revient sur le déroulement des jours qui ont suivi l'accident à l'origine des pouvoirs des quatre compères.

Depuis le temps, on le sait, les FF ont acquis leurs pouvoirs lors d'une petite escapade dans l'espace pendant laquelle ils ont été bombardés de rayons cosmiques. Dans notre réalité, on finirait, au mieux, en merguez impropre à la consommation, mais dans l'univers 616, on évite la grillade et ont devient élastique ou invisible.
Par contre, que s'est-il passé après leur retour sur terre ? Les rapports avec l'armée et le gouvernement, les réactions de chacun, le déménagement au Baxter Building, voilà quelques-uns des thèmes développés ici, avec en prime un méchant de service particulièrement évolué qui se permet même d'envahir l'esprit pourtant complexe de notre bon Reed.

Le scénario de Joe Casey ne brille pas par son originalité. J'ai parfois l'impression de lire plus souvent des origines remaniées ou vues sous un angle différent que de nouvelles réelles aventures. Certaines réactions sont très prévisibles, celle de Ben notamment dont on a déjà surexploité le mal de vivre dans un nombre considérable d'histoires. Le détachement scientifique de Richards apparaît ici et entre un peu en résonance avec Civil War, mais c'est bien tout ce que l'on retiendra.

Niveau dessin, c'est Chris Weston qui s'y colle. J'avoue que malgré sa participation à de nombreuses séries (hors Marvel), telles que The Authority ou The Filth, son nom ne me disait pas grand chose. Le style est très "européen" (je ne sais pas si ça veut dire grand chose, en fait, j'ai simplement eu l'impression parfois de retrouver des graphismes plus proches de ce qui se fait habituellement dans nos contrées que sur la scène US, on va me dire que c'est normal vu que Weston est anglais, m'enfin, je n'ai pas la même impression quand des français dessinent pour Marvel par exemple). Notre ami britannique ne s'en sort pas trop mal pour les décors, mais pour les visages, là, c'est autre chose. Sue Storm n'est franchement pas terrible (on est loin de la version McNiven dans le Graphic Novel "Quatre"), Johnny Storm semble parfois avoir 15 ans, puis, quelques planches plus tard, il se prend 30 ans dans la tronche et devient presque méconnaissable, bref, ce n'est pas folichon.
Et évidemment, si ce genre de petits défauts peuvent encore être atténués dans les publications standard, le grand format du GN ne laisse par contre rien passer.

La mode qui consiste à faire de "vrais/faux" graphic novels à partir de séries régulières ou de mini-séries ne convient pas toujours à tous les arcs. Si le procédé fonctionnait parfaitement pour Extremis (qui provenait de l'on-going Iron Man), le matériel disponible ici est bien moins luxueux. L'histoire ne restera pas dans les mémoires, les dessins, à part quelques décors, sont vraiment faiblards (je verrais mieux Weston sur du Buck Danny tiens) et la colorisation, pour ne rien arranger, n'est guère subtile.
Du coup, ces 6 épisodes qui auraient pu être intéressants à bas prix dans un Icons hors série par exemple, deviennent ici, pour 18,50 €, largement dispensables.

ps : le Marvel Deluxe consacré aux Ultimate X-Men est également sorti aujourd'hui, et là, c'est carrément autre chose niveau qualité. Plus de détails dans les prochains jours. ;o)

27 juin 2007

2ème annual de USM

Le Ultimate Spider-Man #51, tout fraîchement débarqué dans nos kiosques, accueille le deuxième annual de la série, l'occasion de retrouver Mark Brooks aux crayons.

On le sait, l'équipe éditoriale de Marvel a décidé, en rétablissant les fameux annuals, d'en faire des histoires de qualité ayant un véritable intérêt. Autrement dit, pas question de faire du remplissage, il doit se passer des choses dans ces épisodes. C'était déjà le cas pour le premier où l'on voyait naître une idylle entre le Tisseur et Kitty Pryde. Ici, plus question de sentiments, l'heure est à la baston. Spidey retrouve de nouveau le Caïd sur sa route et le criminel reste plein de ressources, entre ses porte-flingues, ses avocats ou ses contacts dans la police.
Niveau guests, on fait le plein : Daredevil, le Punisher mais aussi Moon Knight sont présents.
Quant à l'évènement principal de cet annual, il s'agit de la mort d'un personnage. Evidemment, dans ma grande bonté, je ne vous dirai pas lequel. ;o)

Bagley a donc laissé sa place à Mark Brooks qui conserve un style très proche de son confrère. Brian Michael Bendis reste, lui, au scénario.
Sans que cet annual soit dénué d'intérêt, il n'est pas aussi réussi que le premier qui était plus intimiste. L'humour également est peu présent, bref, Bendis nous a déjà habitué à mieux (mais peut-on lui reprocher de ne pas être tout le temps génial ?). La scène finale est tout de même assez réussie et inattendue, avec un Caïd peut-être pas si intouchable qu'il n'y parait.
Panini nous a rajouté quelques bricoles pour remplir les pages qui restaient : 3 covers, 3 planches de croquis et une scène supprimée de USM #61. Bon, c'est toujours ça m'enfin, pour un annual (donc un évènement qui se voudrait exceptionnel), on aurait pu faire mieux (et plus épais).

Bagley reprendra sa place pour le prochain numéro qui donnera le coup d'envoi de la saga du clone.

[Edit : 28/06/07] Je me rends compte que tout le monde n'a peut-être pas compris de quoi il s'agissait. Un annual, comme précisé dans le lexique, est une publication en marge de la série principale. C'est un épisode spécial, plus long que d'habitude, qui est donc un petit évènement (1 ou 2 fois par an). En France, Panini a décidé d'intégrer les annuals dans la numérotation normale des séries qui sont concernées. Pour cette fois, au lieu des 2 épisodes classiques de 22 planches, il n'y a donc que l'annual de 38 planches. Du coup, alors qu'aux Etats-Unis un annual est une publication plus fournie que d'habitude, en VF c'est exactement l'inverse ! C'est ce que nous appellerons la "Panini touch"...

26 juin 2007

Gros plan sur les Runaways

Alors qu'ils viennent de réapparaître, associés aux Young Avengers, sur la scène VF avec leur tie-in Civil War (et que l'on attend toujours la suite de leur série, prévue chez nous pour octobre), il n'est peut-être pas inutile de revenir sur le groupe de départ de ces jeunes ados attachants que sont les Runaways.

Nico Minoru
Lorsque l'on a des parents sorciers, criminels de surcroît, il n'est pas étonnant de broyer du noir, voire même de finir par faire une fugue. C'est ce qui est arrivé à Nico, alias Sister Grimm, la magicienne au look gothique du groupe. Elle tire ses pouvoirs d'un sceptre qui apparaît quand elle saigne. Ah, déjà, ce n'est pas ce qu'il y a de plus pratique. Mais il y a pire, elle ne peut utiliser chaque sort qu'une seule fois. Si au début, le choix est vaste et permet de ne pas trop s'en faire, Nico se rend vite compte que dans le feu de l'action, il est parfois difficile de trouver de nouvelles formules.

Alex Wilder
Alex a le profil type du "geek" accro aux jeux en ligne et fan de Super-Héros. Introverti, ayant peu d'amis, il parvient néanmoins rapidement à s'imposer comme le leader du groupe, un exploit d'autant plus étonnant qu'il est le seul à ne pas avoir de pouvoirs. C'est lui également qui va découvrir en premier les secrets du Cercle (l'organisation de leurs parents, aussi appelée The Pride en VO). Intelligent, manipulateur, Wilder se révélera être particulièrement machiavélique. Notons pour l'anecdote que c'est le seul à ne pas utiliser de pseudo.

Karolina Dean
La jolie blonde de service est en fait une alien (ah c'est sûr, un peu plus sexy que E.T.) qui peut manipuler l'énergie qu'elle tire de la lumière du soleil. Elle peut donc créer des champs de force, voler ou encore balancer quelques rafales d'énergie lorsqu'on la cherche un peu trop. Elle utilise le nom de code assez improbable de Lucy in the Sky. Ayant du mal à assumer son homosexualité, elle se sent parfois seule au sein du groupe et est secrètement amoureuse de Nico.

Chase Stein
L'adolescent rebelle par excellence, impertinent et dragueur, doit en fait faire face à la violence de son père qui n'hésite pas à porter la main sur lui. Son surnom, Talkback, en dit long sur la personnalité du jeune homme. Il n'a pas de pouvoirs à proprement parler mais utilise un équipement spécial, dérobé à ses parents, comprenant des gants de combat permettant de manipuler le feu et des lunettes multispectres. C'est également le pilote attitré de l'équipe.

Gertrude Yorkes
Ses parents sont des voyageurs temporels qui ont fini par s'établir au XXème siècle. Ils lui destinaient un dinosaure de compagnie pour sa majorité (voilà un cadeau original) avec qui elle entretient un lien télépathique. Le pseudo de Gert, Arsenic, est bien évidemment lié au nom du petit dino : Old Lace (Vieille Dentelle). Gert est plutôt mure pour son âge, très cultivée mais mal à l'aise dans les relations sociales. Elle va vite se rendre compte qu'elle éprouve des sentiments pour Chase.

Molly Hayes
C'est la benjamine du groupe. Adorable, sensible et encore très jeune de caractère, la petite fille est en fait une mutante très puissante dotée d'une force exceptionnelle. Petit bémol, l'utilisation de ses pouvoirs entraîne chez elle une grande fatigue, ce qui l'oblige souvent à dormir après un combat. Bruiser, bien que considérée parfois comme un bébé par les autres, est sans doute le membre le plus invulnérable des Runaways.

Si vous avez lu le tie-in dont je parlais en introduction, vous vous êtes bien sûr aperçu que le groupe a subi quelques changements depuis les 3 Marvel Mini Monster qui contaient leurs premières aventures. La suite de la série n'ayant pas encore été publiée en France, je n'ai volontairement pas parlé de ce que l'on n'est pas censé savoir. Je complèterai donc cet article lors de la publication du Marvel Deluxe dédié aux Fugitifs.

25 juin 2007

Les ventes aux US

Intéressons-nous un peu aux ventes de comics outre-atlantique avec quelques chiffres sur les séries ayant cartonné au mois de mai (tous les détails sur icv2.com).

En numéro 1, et ce n'est pas une surprise, on trouve Captain america : Fallen Son, écoulé à plus de 170 000 exemplaires. Juste derrière, c'est encore un titre Marvel, bien que fort différent, puisqu'il s'agit du quatrième épisode de Dark Tower : Gunsliger Born. La série adaptée de l'oeuvre de Stephen King (dont je vous avais parlé ici) a attiré 131 000 fans. A la troisième place du top 10, un titre DC : la JLA. Marvel pourtant revient en force tout de suite après puisque les 4ème et 5ème places sont détenues par Captain America #26 et New Avengers #30, deux publications atteignant les 126 000 ventes.
Ce sont les Astonishing X-Men qui se classent en 6ème position en dépassant les 120 000 revues écoulées. Vient ensuite Amazing Spider-Man (119 000) et Mighty Avengers (115 000).
Il faut donc attendre la 9ème place pour retrouver un autre titre DC, All Star Batman & Robin. La 10ème place est décrochée par un prologue World War Hulk vendu à 111 000 exemplaires.

Avec 8 places sur 10 décrochées par Marvel, l'éditeur américain confirme son statut de leader du marché. Il faut dire que les grands évènements, fortement médiatisés, s'enchaînent depuis un moment (House of M, Civil War, la révélation de l'identité de Spider-Man...) et que la qualité de la production justifie pleinement ces ventes records (les mois précédents, certains titres ont largement dépassé les plus hautes ventes de ce mois, notamment les Civil War #6 & #7 qui se sont vendus, en janvier et février, à 259 264 et 265 935 unités).
Le premier éditeur, hors les deux géants que sont Marvel et DC, à se classer en haut de tableau est Dark Horse avec Buffy the Vampire Slayer, ses 100 000 ventes permettant à cette série de se hisser en 12ème position, un résultat plus qu'honorable.

En vrac, l'on peut citer aussi le Ultimate Spider-Man #109 qui dépasse les 72 000 ventes, tout comme le Fantastic Four #546. Le dixième opus de Moon Knight s'écoule, lui, à plus de 56 000 exemplaires, un chiffre très honnête pour un personnage secondaire. Les Runaways atteignent les 46 000 ventes, obtenant ainsi la 58ème place. La pourtant excellente série X-Factor n'a convaincu que 37 000 lecteurs, ce qui la place en 66ème position. Le 18ème Spider-Man loves Mary Jane, réservé à un public plus jeune, atteint les 6 400 curieux, tout juste suffisant pour se retrouver classé en 214ème position !
Notons enfin que pour ce qui est du classement Trade Paperback, qui concerne les recueils plus luxueux regroupant plusieurs épisodes d'une même série, c'est Y, the last man qui décroche la première position (12 964 exemplaires), suivi de très près (12 427) par le volume 6 de la magnifique série de Kirkman, The Walking Dead (une histoire captivante chroniquée dans cet article). Une bonne opération donc pour son éditeur, Image Comics. Les recueils Civil War font ensuite, dans les places suivantes, un véritable carton.

Voilà donc pour ce petit point sur les ventes, histoire d'avoir un ordre d'idée quant au volume de ce qui s'écoule chaque mois aux Etats-Unis. Je ne reviendrai évidemment pas sur ces chiffres tous les mois mais, en cas de grosses surprises, je vous tiendrai au courant. ;o)

24 juin 2007

Aux origines du Bouffon

Après Venom, le Lézard et Kraven, c'est au Bouffon Vert qu'est consacré le quatrième opus des Incontournables Spider-Man. Retour nostalgique sur les origines d'un des plus coriaces ennemis du Tisseur.

Le petit fascicule est consacré à l'épisode d'Amazing Spider-Man dans lequel le Bouffon fait sa première apparition en 1964 sous la plume et le crayon de Stan Lee et Steve Ditko. Voilà qui nous permet de retrouver les Exécuteurs et même un Hulk toujours partant pour se castagner un peu avec tout ce qui bouge.
Le livre, lui, regroupe divers épisodes d'Amazing (les #39, #40 et #50) et le Spectacular Spider-Man Magazine #2. Le tout datant de 1966 à 1968. Stan Lee est cette fois secondé par John Romita Sr.
L'on revient sur certaines confrontations entre Spidey et le Bouffon Vert, l'occasion de revoir notamment comment Osborn a découvert l'identité secrète de son pire ennemi. On assistera également à l'une des nombreuses fois où Peter renonce à son costume et à son rôle de redresseur de torts, un leitmotiv qui finira par devenir, au fil des années, une source de plaisanteries pour notre Monte-en-l'air lui-même.

Contrairement au recueil précédent, nous n'avons pas ici une grande saga historique mais une sélection d'épisodes indépendants. Niveau qualité, il n'y a pas de mystère, dessins et narration sont totalement dépassés et désuets, ce numéro est donc plutôt à réserver aux collectionneurs tant il est peu probable qu'il puisse emballer de nouveaux lecteurs.
Niveau prix, on reste à 8,95 €, ce qui est tout à fait honnête pour ce type de produit.

23 juin 2007

Ronan

Le troisième numéro de Marvel Universe accueille la suite de la saga Annihilation avec notamment la mini-série Ronan. Une saga cosmique plutôt complexe...

On commence par deux épisodes dédiés au Silver Surfer. Scénario de Giffen, dessins de Arlem. Une entrée en matière guère passionnante où l'on voit essentiellement le Surfer renouer avec son maître, Galactus.
On s'attaque ensuite au plat principal, avec Ronan l'Accusateur en vedette. C'est cette fois Simon Furman qui s'occupe du scénario et Jorge Lucas du dessin. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'histoire est plutôt dense voire confuse. Les personnages sont très nombreux, souvent peu connus, on passe de l'un à l'autre sans vraiment éprouver quoi que ce soit devant ce qui leur arrive (et sans forcément toujours bien comprendre d'ailleurs).

Pour corser le tout, les dialogues sont tout sauf limpides. Un petit exemple en dira plus qu'une longue explication : "Tu as devant toi les restes de la Starforce Kree. Après que l'empire eut été décimé par la nega-bombe, nous avons été intégrés aux Shi'ars Corps. Mais ensuite, quand la Nu-Elite a rétabli l'autonomie de l'empire...on a été catalogués comme transfuges."
Autrement dit, c'est du lourd. Ni très évident à comprendre pour les non initiés ni, de toute façon, très agréable à lire.

Je l'avais déjà précisé mais j'avoue que je ne suis guère fan des sagas cosmiques, peut-être cela joue-t-il sur la perception que j'ai de celle-ci, m'enfin, je ne la trouve pas spécialement réussie. L'on assiste à des faits dont on se fiche complètement, les combats s'enchaînent sans que l'on ne rentre vraiment dedans, les personnages enquillent des dialogues poussifs et mortellement ennuyeux, bref, pas grand chose à sauver, sachant que le graphisme est sympa sans pour autant que l'on ne tombe par terre d'admiration.
Probablement, en tout cas, le plus mauvais volume des trois parus jusqu'ici.
Sachez tout de même qu'il contient la suite des fiches du Nova Corps avec notamment celles consacrées au Surfer, à Vorace, à l'empire Kree et à Ronan (à consulter avant de commencer à lire les épisodes, ça peut aider).

ps : ajout de Jennifer Walters, alias She-Hulk, dans les Figurines Marvel.

22 juin 2007

Tout rentre dans l'ordre (?)

Bon, apparemment, le problème purement technique avec Orange est résolu. Pour un simple nom de fichier incorrect, ils auraient tout de même pu me prévenir pour que je le change avant de me virer tout comme des sauvages. Tout est rétabli, c'est le principal.
J'aimerais du coup en profiter pour remercier tous ceux qui ont laissé de chaleureux messages, que ce soit pour ce problème ou à propos des vols dont plusieurs internautes et moi-même avions été victimes. Cela fait toujours plaisir de se sentir soutenu. Bien sûr, il n'y avait pas mort d'homme, ce n'est qu'un blog, m'enfin, on s'y attache à force à ces bestioles là. ;o)
Bravo également à Tep pour sa traque impitoyable qui nous a bien aidés. ;o)
Je tiens à remercier également tout particulièrement Thomas Clément de BandeDessinee.info qui m'a spontanément et immédiatement proposé une solution d'hébergement de remplacement.
Avec tous ces remerciements, j'ai l'impression d'avoir gagné un prix tiens.
Allez, on repart du bon pied, normalement, le prochain post sera de nouveau consacré aux comics ! (ouf)

J'en profite pour signaler la sortie de She-Hulk en figurines Marvel, je la rajouterai à la liste probablement demain.

21 juin 2007

Important problème lié à Orange

Décidemment, quand ça veut pas...après les problèmes causés par l'indélicat dont je parlais dans le post précédent, voilà que c'est Orange qui me met des bâtons dans les roues. Figurez-vous qu'ils ont suspendu les pages html que j'utilisais pour héberger mes images. Apparemment, je n'aurais pas le droit d'utiliser des fichiers hébergés chez eux pour m'en servir ailleurs que sur leurs propres serveurs.
Sympa.
Et pratique aussi.

Les conséquences sont évidemment énormes car si les images principales, qui illustrent chaque article, sont hébergées directement par blogspot, ce n'est pas le cas de toutes. La rubrique "figurine marvel", la "checklist civil war" et bien d'autres articles et dossiers sont ainsi défigurés et ne ressemblent plus à rien. Merci Orange.
Je pourrais éventuellement modifier le tout en hébergeant mes photos ailleurs, mais la perspective de remodifier tous les liens ne m'enchante guère. De plus, il y a même quelques images que je n'ai pas conservées (je les uploadais par FTP et les effaçais ensuite en local pour certaines), ce qui complique encore la tâche.

Je ne voudrais pas prendre de décision hâtivement (d'autant que la plupart des articles ont encore un aspect correct) mais cette suite d'ennuis me gonfle profondément. A croire que plus on essaie de faire quelque chose correctement, plus on rencontre d'obstacles. Comme dirait mon ami Alain J. de Bordeaux, qui a récemment dû abandonner un job à cause de 670 pignoufs, "on se demande pourquoi on s'emmerde pour des connards pareils !". ;o)

Bon, je plaisante mais je suis profondément amer.
Je crois que je ferais mieux, au moins pour un temps, de m'occuper d'autre chose plutôt que d'essayer de construire ici ce que d'autres peuvent détruire si facilement.
Bien sûr, même si je décidais de stopper mes activités sur le Net, je publierais tout de même l'interview qui était prévue, par respect pour le dessinateur qui avait si gentiment accepté de répondre à mes questions.
Pour le reste, demain sera un autre jour. Et ce qui est valable pour Tara devrait l'être pour ce blog...

20 juin 2007

Un voleur pas très malin...

Il y a des gens dans la vie qui pensent qu'il est plus facile de voler le travail des autres que de travailler soi-même. Même sur le Net, certains blogueurs en arrivent à piller, sans aucune autorisation, les écrits des vrais passionnés pour remplir leur petite caverne d'Ali Baba.
batswspidx, "auteur" d'un blog hébergé par le site Allociné est de ceux-ci.
Je ne suis pas le seul concerné, SpiBER-Man notamment est également régulièrement la cible de ce petit escroc sans talent ni imagination. Sa façon de procéder ? Le copier/coller intégral. Titres identiques, textes évidemment, images, présentation, bref, ce n'est pas Arsène Lupin, plutôt une sorte de pied nickelé de seconde zone.

En antidatant les textes qu'il vole, il pense pouvoir affirmer (c'est ce qu'il a fait à plusieurs reprises en répondant à Ber et même en tentant de poster un commentaire ici) qu'il en est l'auteur. Comment expliquer alors les changements de styles successifs qui interviennent sur son blog ? Et comment expliquer aussi que plusieurs internautes se plaignent de ses pratiques s'il n'était pas dans son tort ?

Petit exemple :
(il faut faire défiler un peu la page pour tomber dessus)
Une reprise intégrale du dossier Combats d'anthologie présent dans la rubrique Zoom.

Notez que les images qu'il utilise sont hébergées...chez moi (click droit + propriétés pour le vérifier) !! Evidemment puisque je fais un petit montage pour illustrer chaque combat. Même chose pour les figurines Marvel (même url que précédemment, il faut juste aller voir un peu plus bas sur la page), batswspidx utilisant mes scans de la couverture des magazines ainsi que les photos personnelles de mes propres figurines tout en prétendant que tout lui appartient puisqu'il peut à loisir changer la date de publication des articles.
Consternant. Allociné a été prévenu, par Ber et moi-même, des agissements de ce sinistre individu qui ne respecte ni la Netiquette, ni les droits sur la propriété intellectuelle.
Espérons que des sanctions tomberont, de toute façon, nous n'en resterons pas là, c'est une question de principe.

Si vous êtes victime vous aussi de ce petit voleur, n'hésitez pas à le signaler à la modération d'Allociné grâce au lien "contenu illicite" présent en bas des pages de son blog.
De la même façon, vous qui me lisez depuis longtemps et qui savez que je suis l'auteur des articles dont je parle, articles qui me prennent un temps considérable, j'aimerais que vous m'apportiez votre témoignage en laissant un commentaire ici même, à la suite de ce post.
Je vous en remercie par avance.

19 juin 2007

Quand les morts marchent

Dans la plupart des cas, lorsqu'une personne décède et qu'elle est bien élevée, elle cesse instantanément de vous emmerder. Lorsque ce n'est pas le cas, cela donne Walking Dead de Robert Kirkman, une bonne occasion de terminer cette petite série d'articles "zombièsques" sur une note plus sérieuse.

Rick est un flic ayant été blessé par balle lors d'une arrestation. Une fois sorti du coma, il constate que le monde a changé. Les morts ne meurent plus et toute la population semble avoir fui vers les grands centres urbains. Pour Rick, il s'agit maintenant de retrouver sa famille. Peut-être à Atlanta. Puis, comme pour le reste des survivants, il faudra, chaque jour, trouver une raison de ne pas sombrer dans la folie. Et puis surtout, penser à l'essentiel : trouver un toit pour dormir, de la nourriture, des armes...

L'on découvre ici, dans ces deux volumes VF déjà parus chez Delcourt, un Robert Kirkman que l'on ne connaissait pas. On est bien loin d'Invincible ou du comico-trash Marvel Zombies. Walking Dead, bien que cédant aux règles - voire aux clichés - du genre, se veut bien plus qu'une série d'épouvante. Comme le dit Kirkman lui-même, "si en cours de lecture, quelque chose vous a effrayé, tant mieux... mais il ne s'agit pas d'un comic d'horreur". Et il a raison. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien qu'il considère cette oeuvre comme le travail le plus abouti, jusqu'ici, de sa carrière.
Walking Dead n'abuse pas des morts-vivants. Ils interviennent de temps à autres, bien sûr, mais les scènes où ils sont absents, au moins physiquement, sont bien plus nombreuses. Par contre, évidemment, ils restent l'obsession centrale de tous les personnages. Car le véritable sujet est celui-ci : que devient-on lorsque le vernis social se craquelle, lorsque la mince feuille de papier séparant la civilisation de nos pulsions primaires est déchirée par des circonstances extraordinaires ? Certains agissent, sinon en héros, du moins en braves gens, d'autres, poussés par le désespoir, en viennent aux pires extrémités. Mais une chose est certaine. Tous ont changé.

Un mot sur les dessins de Tony Moore et Charlie Adlard. Ceux-ci sont en noir & blanc. Aïe. Heureusement, pas du vrai N&B (à la From Hell) mais des niveaux de gris, ce qui rend tout de même le graphisme plus agréable et lisible. Si comme moi vous n'êtes pas un fan du manque de couleurs, ne vous inquiétez pas, plus l'on rentre dans l'histoire, moins l'on y prête attention. A la limite, l'on peut se dire qu'ici, pour une fois, le choix est justifié par une volonté de ne pas en rajouter dans les effets gore. Tout ici est misé sur l'ambiance, les dialogues, la psychologie des personnages, le suspens, et c'est pleinement réussi.

Plus qu'un comic horrifique alternant massacres et dépeçages en règle, Walking Dead s'affirme comme une épopée humaine surprenante où les relations entre les personnages deviennent aussi excitantes que les scènes d'action pure et dure. Une oeuvre magistrale, poignante, mature et se permettant le luxe de ne jamais en faire trop.
Souhaitons que le succès soit au rendez-vous pour que Delcourt continue cette publication, ce serait amplement mérité (les 2 tomes VF regroupent 12 épisodes, la VO en est, quant à elle, au #38).

[Edit : 17/03/08] les tomes 3 et 4 sont maintenant disponibles en VF.

14 juin 2007

Marvel version Gore !

Décidément, pour parodier, à un jour près, une certaine Valérie, "le jeudi, c'est zombie !". Après les UFF de ce matin, c'est du dernier 100% Marvel qu'il est question maintenant, Marvel Zombies : La Famine.
Sur l'une des nombreuses terres parallèles du Marvelverse, les héros ont été victimes d'un mystérieux virus les transformant en zombies ! Alors qu'ils ont déjà dévoré la plus grande partie de la population, les morts-vivants traquent les rares survivants qui tentent encore d'échapper à leur faim insatiable...

Le point de départ de cette histoire a vu le jour dans Le Passage, un arc d'Ultimate Fantastic Four, dans lequel le Reed Richards version Ultimate rencontrait son double "zombifié". L'idée a par la suite donné naissance à la série Marvel Zombies dont 5 épisodes sont regroupés ici. Le scénario est signé Robert Kirkman, déjà spécialiste des trucs pas frais qui bouffent tout ce qui bouge puisqu'il est l'auteur de Walking Dead (paru en VF chez Delcourt). Les dessins sont de Sean Phillips.

Autant le dire, Kirkman a eu carte blanche et ça se voit. C'est gore, très gore même, et cela vire parfois au comique trash. Spider-Man se lamente d'avoir bouffé MJ et sa vieille tante May (c'est marrant ça, autant MJ, je serais partant d'y goûter, autant la tantine m'inspire peu), les zombies se battent entre eux pour savoir qui aura le meilleur morceau d'un Magneto qui est dépecé en quelques secondes, bref, ça gicle dans tous les sens.
Parfois cependant, certaines scènes sont plus sérieuses et dérangeantes, comme lorsque Black Panther, maintenu sous sédatif par Hank Pym, est dévoré lentement par ce dernier, celui-ci lui coupant un membre de temps en temps, quand la faim devient insupportable. On a rarement vu les héros Marvel sous un tel angle. Ici, plus de menace à combattre ou de justification morale à trouver, le seul but est de manger, salement si possible.

On connaissait déjà l'humour de Kirkman et le plaisir qu'il a à jouer avec des tas de personnages (notamment dans Marvel Team-Up), on a ici la même chose, le côté horrifique en plus. Signalons également les covers, d'Arthur Suydam, qui reprennent toutes, en version zombie, une couverture "historique" plus ou moins connue. Avec les variants, c'est donc 11 planches qui sont ici présentes en bonus. Le tout pour 11,00 €, ce qui est plutôt raisonnable.
Original et en plus, hors continuité, autrement dit accessible à tous. Et parfait pour commencer un régime. ;o)

ps : ajout de quelques petits échanges zombophiles (?!) dans le bêtisier (scène #22).

Des Zombies pour Fatalis

C'est dans le Ultimate Fantastic Four #18 que Mark Millar termine son run sur la série, d'une assez belle manière d'ailleurs, secondé qu'il est par les magnifiques dessins de Greg Land.

Les FF ont fort à faire, rappelez-vous, ils doivent non seulement se débarrasser d'une créature n'ayant rien trouvé de mieux à faire que d'élire domicile dans ce pauvre Johnny Storm mais il leur faut également affronter leurs doubles zombifiés. Et comme si cela ne suffisait pas, les voilà obligés de demander de l'aide à Fatalis en personne !

Voilà un arc fort dense, c'est le moins que l'on puisse dire. Les intrigues se chevauchent et sont limitées à leurs grandes lignes, on y gagne en dynamisme ce que l'on perd en profondeur ou en scènes plus intimistes. Une chose est certaine, on ne s'ennuie pas. Les fameux zombies nous offrent quelques morceaux (c'est le cas de le dire) de choix avec notamment un dessin pleine planche d'un Reed en gros plan, le visage plein d'asticots, les amateurs vont se régaler !
D'ailleurs, pour rester sur les zombies, un 100% Marvel étant consacré à la dimension dont ils sont issus doit sortir aujourd'hui en librairie, une occasion supplémentaire de retrouver Spidey, Cap, Iron Man et tous les autres à la sauce Romero, autrement dit, c'est sanglant, décalé et parfois franchement drôle (mais je vous en dirai plus d'ici peu).

Pour ce qui est de Fatalis, on le retrouve ici en monarque de Latvérie, capable des pires machinations, mais avec un sens de l'honneur poussé à l'extrême, ce qui lui vaudra d'ailleurs une petite rencontre avec une armée de morts-vivants. Pour l'anecdote, Miss Storm, la jolie môman de Jane et Johnny, réapparaît également, toujours aussi peu regardante sur la morale et bardée des secrets atlantes qu'elle convoitait tant (cf Tomb of Namor).
Bref, deux épisodes sympathiques et nerveux, au graphisme somptueux. Certaines intrigues auraient méritées d'être un peu plus développées, mais l'ensemble reste tout de même plutôt bon. A noter également l'ambiance visuelle très réussie en Latvérie, dommage que ce soit limité à une vue rapide du château et quelques plans de l'intérieur. En tout cas, si ça se libère, j'en ferais bien ma maison de campagne. ;o)

13 juin 2007

Young Avengers & Runaways

Ce tie-in Civil War nous permet de retrouver deux équipes de jeunes héros : les Young Avengers, qui ont tiré leur révérence il y a peu dans Marvel Icons, et les Runaways (ou Fugitifs), que l'on n'avait plus vus depuis un bon moment. Quelles conséquences la guerre a-t-elle sur ces adolescents ?

A Los Angeles, les choses vont mal pour les Runaways. Nico Minoru, Karolina Dean, Molly et les autres sont pris pour cibles par les forces de l'ordre qui n'hésitent pas à employer des armes létales contre eux. Choqués par ces faits et lassés d'être cantonnés à un rôle de surveillance au sein de la résistance, les Jeunes Vengeurs décident de se rendre sur la côte ouest pour venir en aide à leurs homologues californiens. Tout ne va pas être facile cependant pour Patriot, Kate Bishop, Stature et le reste du groupe car la rencontre entre les deux formations va commencer par un affrontement...

Voilà 4 épisodes fort agréables signés Zeb Wells pour le scénario et Stefano Caselli pour les dessins. Si l'on connaît bien les Young Avengers, les Runaways posent problème étant donné qu'un grand nombre d'épisodes situés avant ces évènements n'ont pas encore été publiés en France. Du coup, certains changements dans l'équipe paraissent un peu bizarres et l'on est un peu désorienté si l'on en est resté aux trois tomes VF parus en Marvel Mini Monster. Pas très agréable de ne pas pouvoir suivre cette série, pourtant excellente, dans l'ordre chronologique. La suite des Runaways devrait être publiée en octobre directement en Marvel Deluxe, une première pour cette collection qui accueillera du coup des épisodes totalement inédits.
Une fois mis de côté ce petit désagrément, on finit tout de même par bien rentrer dans cette histoire soutenue par un graphisme et une colorisation (de Rudoni) de très bonne qualité.

En conclusion, un arc qui n'est pas foncièrement indispensable pour suivre Civil War mais qui permet de retrouver avec plaisir un grand nombre de personnages prometteurs et rafraîchissants.

ps : vous trouverez, dans la checklist Civil War, un lien permettant de lire en ligne le premier épisode de cet arc en VO

12 juin 2007

Du masochisme dans les comics

Je rassure tout le monde, il ne s’agit pas ici de pratiques sexuelles peu avouables mais plutôt d’une tendance des comics modernes et « sérieux » à vouloir dénoncer un peu tout et n’importe quoi et notamment les Etats-Unis et leur gouvernement, voire même le mode de vie occidental dans son ensemble (ou en tout cas, celui qui est caricaturé de par le monde), comme si, subitement, les écrivains s’étaient rendus compte qu’ils vivaient au milieu d’une société épouvantable qu'il était urgent d'abattre, au moins virtuellement.
Faut-il aimer se faire mal pour écrire une bonne histoire ?


Nos regrettés nazis
Oups, là encore, n’allez pas trop vite en besogne en lisant le titre (rhoo, je fais dans la provocation aujourd’hui ou quoi ??) car quand je dis « regrettés », il s’agit surtout du rôle que les méchants jouaient à une certaine époque dans les publications US des années 40.
Captain America d’un côté, les méchants allemands de l’autre, on ne faisait pas dans la dentelle et, d’ailleurs, l’histoire et la découverte d’abominables horreurs auront donné raison aux auteurs de l’époque. C’est un effet bien connu, plus le méchant est méchant, plus le gentil parait gentil. Malheureusement pour les scénaristes les moins imaginatifs – et heureusement pour les lecteurs – le manichéisme s’est vite retrouvé démodé et puis, surtout, qui pourrions-nous bien désigner, nous occidentaux, comme ennemis absolus, de nos jours, sans passer pour d'ignobles réactionnaires ?

Tu sais où je te la mets ma poutre ?
Non, ne croyez pas que ce titre…heu, bon, ok, j’arrête de justifier tous les titres, ça devient lourd, et puis de toute façon, quoi que je dise, je suppose que tu as déjà une bonne idée de l’endroit tout désigné pour entreposer ce noble morceau de bois, ô ami lecteur.
Il est vrai qu’à une époque, les occidentaux (auteurs y compris) avaient tendance à remarquer un nombre incalculable de pailles chez leurs voisins sans se soucier vraiment des poutres bien de chez nous qui, visiblement, pouvaient facilement s’escamoter aussi bien dans la réalité que dans les œuvres de fiction. Un certain cynisme salvateur est depuis passé par là. Car, c’est indéniable, il faut parfois que l’art remette en cause le système dont il est issu pour retrouver une certaine énergie ou tout simplement pour conserver une certaine aura.
Tout cela ne date d’ailleurs pas d’hier. Même Stan Lee himself, à sa manière, savait transgresser et mettre les pieds dans le plat lorsqu’il évoquait certains sujets de société (la drogue, le racisme…). D’autres ont suivi et ont apporté à la fois leurs bouffées d’oxygène mais aussi leurs excès. D’Alan Moore à Mark Millar, certains auteurs ont fait de la « poutre » (l’immense masse des supposés défauts de nos sociétés) leur fond de commerce, voire le centre d’une propagande anti-américaine peu nuancée et souvent relativement choquante.

A trop vouloir dénoncer…
Car, enfin, lorsque l’on condamne un fait, un gouvernement, un pays, une politique, c’est bien souvent (ou en tout cas, cela se devrait d’être ainsi) pour soutenir, sinon son exact contraire, du moins une proposition alternative et fondée. A une époque, il était, sinon « courageux » (hors temps de guerre, j’estime qu’écrire ne relève pas non plus d’un héroïsme hallucinant, en tout cas pas là où scribouillent Millar, Moore et d'autres), du moins sulfureux de dénoncer le capitalisme, la CIA, les magouilles politiques, plus récemment Bush, voire la guerre en général (et pourquoi pas le mauvais temps ?).
De nos jours, en enfonçant des portes largement ouvertes, certains auteurs tentent de gagner aisément leurs galons de rebelles underground hostiles au système. Est-ce sain pour autant ? Car enfin, si je chie sur Bush aujourd’hui, je sais que 95% des gens vont m’applaudir. Où est la dénonciation supposément transgressive de l’artiste lorsque le public éprouve déjà une haine viscérale (issue d’une méconnaissance coupable) envers la supposée « dénonciation » ?
Et en élargissant, si les pays occidentaux sont si nocifs et abominables, qui donc les scénaristes vont-ils leur opposer ? Les derniers bastions communistes (il fait tellement bon vivre en Chine ou à Cuba…) ? L’islam radical (une belle avancée pour le droit des femmes et la liberté d’expression) ? Car au final, ces gouvernements soi-disant si méprisants que l’on dénonce à travers tant d’œuvres, ce sont les seuls à se préoccuper des rares valeurs sur lesquelles plus ou moins tout le monde tombe d’accord. En Amérique du Nord ou en Europe, on ne méprise pas les femmes, on ne fait pas travailler des gamins, on ne bute pas un type parce qu’il est noir ou catholique, on ne muselle pas la presse et on tente de protéger les plus faibles. Et c’est pourtant cela, ce tronc commun, qui est attaqué à longueur de poncifs dans des histoires qui se voudraient des pamphlets mémorables mais qui ne sont qu’un bête et facile réflexe qui consiste à taper là où le clou sera le plus facile à enfoncer.

Mais, heu, où donc on en arrive avec toutes ces digressions ?
A ceci. Ne vous y trompez pas. Il était courageux de dénoncer les nazis en Allemagne dans les années 30, et pour un auteur, c’était plus qu’une manière subversive d’alimenter son art, c’était une façon de risquer sa vie. Aujourd’hui, il n’y a nulle gloire à retirer d’une énième attaque sur les Etats-Unis. C’est un sport mondial qui vous prévaut la sympathie de la plupart des gens.
De plus, j’ajouterais que dénoncer un système, un mode de vie, une civilisation, une politique, ce n’est pas seulement en pointer du doigt les défauts (car quelle invention humaine peut se vanter d’être parfaite ?), c’est démontrer en quoi, viscéralement, ce que l’on dénonce est inepte et inique dans sa conception même. Jamais nul architecte honnête n’aura affirmé, dans l'histoire des constructions humaines, que les bases d’un immeuble étaient dangereuses simplement parce qu’une fenêtre fermait mal au 58ème étage.

Prenez garde, amis lecteurs, aux auteurs trop pressés d’attirer votre attention sur des grincements de fenêtres alors qu’eux-mêmes profitent, comme nous tous, des solides fondations qu’ils voudraient, au moins en rêve, démolir pour se prouver qu’ils ont du talent.
A trop vouloir se bouffer soi-même, on finit un jour par y arriver, or les livres n’ont pas besoin d’un cannibalisme de salon mais plutôt de la légitime vision de ces auteurs bardés de neurones et de couilles qui, de tout temps, ont démenti l’idée reçue et ne l’ont, en aucun cas, jamais accompagnée.
Entre l'absence de complaisance et le masochisme malsain, il existe une marge que certains franchissent aujourd'hui sans vraiment savoir ce qu'ils dénoncent, enivrés qu'ils sont par le seul fait de dénoncer à bas prix et sans aucun risque. Cela n'en fait pas forcément de mauvais auteurs mais cela n'en fait pas non plus des héros. Tout au plus d'habiles opportunistes.

La dernière chasse de Kraven

Le tome 3 de Spider-Man : Les Incontournables revient sur une saga culte du Tisseur parue en 1987. Bon, faut pas rêver, cette dernière chasse a vieilli mais le scénario de J.M. DeMatteis et les dessins de Mike Zeck font quand même encore bonne figure malgré les vingt années prises dans les dents.
L'histoire ? Un Kraven halluciné, au bord de la folie, réussit enfin à vaincre le Tisseur puis à prendre sa place. Le tout avec un troisième larron qui joue les faire-valoir : Vermin, une créature mi-rat mi-homme (et re-mi-rat derrière, cf Kaamelott) qui vit dans les égouts et est cannibale. Le ton est donné tout de suite, cet arc se veut assez sombre, à l'image du costume noir que portait Peter à cette époque. D'ailleurs, si l'on est habitué aux morts violentes dans les comics, il est quand même assez rare d'assister au suicide d'un personnage, ce qui rajoute encore au côté poignant et pathétique du final.

Nous avions déjà eu droit à une réédition de cette histoire en Marvel Best Of, mais évidemment, ici, le prix est beaucoup plus abordable (8,95 € au lieu des 21 € pour la version librairie). Au passage, on y perd le papier glacé, m'enfin, l'économie étant substantielle, on ne va pas chipoter.
Le fascicule qui accompagne le livre contient un épisode de Marvel Team-Up datant de 1978. Chris Claremont et John Byrne y mettent en scène Kraven mais aussi Tigra. Signalons aussi, à la fin, la présence de quelques planches, ultra-vieillottes, sur les pouvoirs de Spidey (certaines accompagnaient déjà les premières Intégrales du Monte-en-l'air).

ps : ajout de deux comics à lire en VO (et en toute légalité) dans la checklist CW, n'hésitez pas à y jeter un oeil, même si vous ne comprenez pas l'anglais, cela vous donnera au moins une idée des graphismes. Je rajouterai également bientôt le premier épisode du tie-in Runaways/Young Avengers qui devrait, selon Panini (et nous connaissons tous la légendaire précision des dates paniniennes), sortir demain en Marvel Icons Hors Série.

10 juin 2007

Bruits de bottes

La guerre s'est installée partout et durablement, à tel point que les 4 séries regroupées dans le Marvel Icons #26 sont toutes dédiées aux évènements de Civil War. Entre cas de conscience et bruits de bottes, l'heure est grave.

Nous ouvrons les hostilités avec New Avengers. La série est centrée autour de Sentry. Ce dernier se demande qu'elle position adopter dans le conflit qui a divisé les Vengeurs. Un choix cornélien qui n'est pas sans poser de problèmes à un Reynolds hanté par le souvenir de Void et encore très fragile psychologiquement. Pour faire le point, il se rend sur la lune (ah ben quand on a les moyens, pourquoi on se gênerait ?) où les Inhumains l'attaquent. Ceux-ci sont en effet en conflit avec la terre depuis que Quicksilver a trahis leur confiance en leur dérobant les brumes tératogènes (cf Son of M).
Un épisode en demi-teinte, pas forcément crucial mais qui a le mérite de remettre Sentry sur le devant de la scène. Les dessins de Ferry ne sont pas exempts de défauts, les proportions sont notamment parfois étranges (cf les bras du Daredevil de la première planche).

Pour les Fantastic Four, rien ne va plus. Le groupe a en effet explosé suite aux dissensions internes qui le minaient. Susan Richards et son frère ont rejoint les rebelles, quant à Ben, il quitte le pays et s'embarque pour Paris. A ce sujet, il précise que le fait de porter un béret lui plairait assez, c'est vrai que l'on en porte tous hein. D'ailleurs, moi, j'ai toujours un mal fou à quitter le mien. Oh, mais qu'est-ce qui me gratte sous le bras ? Ah, suis-je bête, c'est ma baguette ! ;o)
L'on trouve à deux reprises dans cet épisode des extraits de la chanson "Wernher Von Braun". Il s'agit bien sûr du physicien nazi exfiltré par les américains après la guerre. Il contribua à la mise au point du premier missile US et surtout fut l'un des principaux responsables du programme spatial américain. Cette chanson parodique qui lui est consacrée est signée Tom Lehrer, ancien prof de Math devenu l'auteur de nombreux textes satyriques souvent assez drôles et très acerbes. Ce n'est que secondaire dans l'histoire m'enfin, vu que Lehrer n'était cité nulle part, cela méritait bien une petite précision.
Une excellente histoire en tout cas, très tendue, parfaitement scénarisée par Straczynski et dessinée par McKone.

Dans Captain America, Sharon Carter tente de convaincre Rogers de cesser sa lutte contre le Superhuman Registration Act et le gouvernement. Cap n'est pas facile à convaincre et Sharon se retrouve déchirée entre sa loyauté envers le SHIELD et son amour pour Steve. Quant à Crâne Rouge, il tire encore quelques ficelles dans l'ombre tout en se réjouissant du combat fratricide qui décime les héros.
Un épisode assez sombre et intimiste de Brubaker et Perkins.

L'on-going Iron Man retrouve sa place dans le mensuel Marvel Icons après une longue absence (les 12 premiers épisodes ont tout de même été édités, en Graphic Novel pour l'arc Extremis et en Marvel Icons Hors Série pour Execute Program). L'on retrouve ici un Tony Stark moins sûr de lui et hanté par ses choix. Les politiques, de droite comme de gauche, qui tentent de le récupérer pour servir leurs ambitions lui pèsent énormément. Malgré tout, Stark sait qu'il doit continuer la mission qu'il s'est fixée, non seulement pour protéger les civils des dérapages de surhumains non formés et incontrôlables mais aussi pour veiller à ce que les partisans du recensement n'aillent pas trop loin. Etant à la fois proche du gouvernement et de la communauté super-héroïque, il s'estime ainsi idéalement placé pour mener les réformes nécessaires sans trop de fracas. Un espoir qui n'a pas franchement été couronné de succès pour le moment...
C'est à Daniel & Charles Knauf que l'on doit cette histoire, le dessin, lui, est de Patrick Zircher. Un épisode intéressant rendant justice à un Tony Stark qui est loin d'être le monstre froid que certains décrivent parfois.

Et pour terminer, 3 courtes planches issues de Frontline et évoquant la déportation de plus de 100 000 japonais en 1942 alors que les Etats-Unis craignaient une invasion nippone de leur côte ouest. Signalons que les camps dont il est question ici n'ont rien à voir avec l'horreur des camps nazis. Les japonais étaient fort bien traités (l'espérance de vie y était supérieure que dans le reste du pays) et étaient nourris, logés, soignés, vêtus et éduqués. Ceci est d'ailleurs très honnêtement précisé dans le petit texte d'introduction.
Bref, un Marvel Icons passionnant et entièrement plongé dans les affres de la guerre. Toutes les séries sont vraiment agréables à lire et tiennent la route graphiquement, dans des styles suffisamment différents pour éviter toute lassitude. A ne pas rater donc.

Don't say that he's hypocritical
Say rather that he's apolitical
"Once the rockets are up, who cares where they come down ?
That's not my department", says Wernher Von Braun.
You too may be a big hero
Once you've learned to count backwards to zero
"In German oder English, I know how to count down
Und I'm learning chinese", says Wernher Von Braun.
Extrait de Wernher Von Braun de Tom Lehrer

09 juin 2007

Combat sous les mers

Le Wolverine #161, tout frais de ce matin, voit notre ami griffu en découdre avec quelques atlantes dont Namor en personne. Le mutant s'en sort-il aussi bien sous l'eau lorsqu'il s'agit de trancher dans le vif ?

Les atlantes s'étant emparé de Nitro (qu'ils pourchassaient pour lui faire payer la mort de Namorita lors des évènements de Stamford), Wolvie se voit obligé de demander l'aide de Tony Stark pour se rendre en Nouvelle Pangée, la province atlante où le criminel est détenu.
Logan dans l'armure d'Iron Man version aquatique, ça vaut le coup d'oeil. ;o)
Après quelques délibérations musclées, le sort de Nitro va finalement vite devenir secondaire car il s'avère que ce dernier finit par cracher le nom de celui qui lui a fourni du MGH. Une nouvelle cible en vue donc pour Wolverine...
Toujours Guggenheim et Ramos aux commandes pour ce tie-in mené tambour battant et parsemé de combats, explosions et autres membres tranchés. La petite excursion en Atlantis se révèle assez sympathique également.

Suite de l'arc Savior dans Wolverine : Origins. L'on y découvre notamment un nouveau pan du passé de Logan qui nous éclaire sur ses relations avec Natalia Romanova, alias la Veuve Noire. Là encore, entre le SHIELD lancé à ses trousses et Omega Red, Wolvie a de quoi se faire les griffes.
Way et Dillon ne s'en sortent pas mal même si les dessins sont un peu quelconques et parfois trop peu typés en ce qui concerne les visages.

Un petit mot sur les mises à jour. Tout d'abord, ajout de Loki dans les figurines Marvel. Le dieu du mensonge, demi-frère de Thor, a fière allure, la cape cette fois possède un réel effet de mouvement, contrairement à celle de Fatalis qui était trop rigide d'aspect (la prochaine figurine sera She-Hulk). Actualisation également de la checklist Civil War (bien que je sois un peu en retard pour les derniers résumés) avec l'ajout des sorties récentes concernant cet énorme crossover. Je vous conseille de ne pas rater Le Marvel Icons de ce mois, toutes les séries de cette revue (New Avengers, Fantastic Four, Captain America et Iron Man) étant maintenant directement liées à Civil War. J'aurai l'occasion d'ailleurs, dans les jours qui viennent, de vous en parler plus longuement.

07 juin 2007

Sally & Ben

Le Civil War Extra #1, enfin arrivé dans nos kiosques, s'ouvre sur un enterrement, celui d'un reporter qui accompagnait les New Warriors lors du drame de Stamford. Sont présents Ben Urich, reporter au Daily Bugle, mais aussi la jeune Sally Floyd avec qui nous avions fait connaissance dans Generation M.

Le monde change. Le Superhuman Registration Act modifie les rapports entre les gens. Dehors, dans les rues, pendant que les premiers combats commencent et que - selon un certain point de vue - les premières libertés sont bafouées, une poignée de journalistes tente de faire son boulot. Informer. Rechercher la vérité. Ou au moins quelques témoignages. Si Urich, en vieux briscard, semble évoluer au milieu de tout ce désordre avec l'habitude de ceux qui sont revenus de tout, Sally, elle, est écorchée vive, traumatisée qu'elle est par la mort de sa fille.

Que dire sinon que passer à côté des 6 parties, rassemblées ici, de Embedded serait la pire des erreurs ! Ce n'est pas simplement un tie-in ou une nouvelle façon de décliner les mêmes évènements, c'est une magnifique relecture, touchante et profonde, de ce qui a marqué ces derniers mois, mettant en scène de simples humains confrontés aux pouvoirs, à la loi, aux concepts même de justice et d'engagement.
Conférence de presse de Tony Stark, interview de Reed Richards, plongée dans les bas-fonds avec un groupe de résistants, rencontre improvisée avec Spider-Man, menaces, pressions, tout y passe et, on le voit bien, il n'est peut-être pas plus évident, dans le Marvelverse, d'être journaliste plutôt que héros costumé. Du côté d'Urich, trench-coat usé, rides profondes lui creusant le visage, réagissant au quart de tour, ça sent bon le bourlingueur habitué à traîner ses guêtres là où il faut. Chez Sally, plus de fragilité, la douleur de l'alcoolisme, mais aussi une vigueur, un sens des valeurs et une volonté exceptionnels. Comment ne pas tomber directement sous le charme de ce petit bout de personnage cassé, malmené et pourtant toujours debout ?

Le scénario de Paul Jenkins est non seulement d'une rare intelligence mais il se révèle aussi très vite passionnant. Les dessins de Ramon Bachs accompagnent parfaitement le récit, dans un style à la fois réaliste et dynamique. Bref, pas moyen de trouver un défaut à cet arc qui s'impose, dès à présent, comme un élément central de Civil War. Cela rappelle un peu Marvels mais... allez, j'ose le dire, en mieux ! Tout aussi touchant en tout cas.
Il est des récits qui déterminent les passions, d'autres qui les confortent, celui-ci fait partie des rares qui les transcendent et parviennent à atteindre... autre chose, cette petite partie de je-ne-sais-quoi en dehors des comics, des BD et même de la littérature en général, ce moment précieux, cette rencontre entre un conteur et un lecteur. De l'art ? Ouais... peut-être bien. Du bonheur ? Oh, putain oui !

06 juin 2007

Spawn : une "presque" intégrale

Al Simmons était un agent des forces spéciales, un tueur professionnel dont ses supérieurs se sont débarrassés lorsqu'il est devenu trop gênant. Parvenu aux Enfers, Simmons passe alors un marché avec Malebolgia, maître suprême du Huitième Cercle Infernal. Seulement, ce pacte, loin de lui rendre son ancienne vie, fait de lui un Hellspawn, une créature chargée de diriger les hordes infernales lors du prochain Armageddon.

Delcourt réédite actuellement l'intégrale du héros de Todd McFarlane dans des éditions remasterisées. Petit problème, en fait d'intégrale, certains épisodes, pour d'obscures raisons de droits, manquent à l'appel, ce qui devrait faire grincer les dents des collectionneurs. Outre McFarlane lui-même, on trouve des noms aussi prestigieux que Alan Moore et Frank Miller qui signent deux épisodes du premier tome. Un gage de qualité ? Oui et non.

Ces premières aventures de Spawn ont quelque peu vieilli. Même si pour un héros encapé, le point de départ est original, l'histoire souffre d'une narration poussive et répétitive. En effet, l'on n'en finit plus de voir le héros se lamenter sur sa condition, son ex-femme, les malheurs du monde et à peu près tout ce qui lui passe par la tête. Parfois, McFarlane utilise bien de vieilles astuces pour faire passer le tout (des extraits de journaux télévisés par exemple) mais cela n'empêche pas les continuels et indigestes pavés de texte d'être présents un peu partout. Au final, le rythme s'en ressent et l'on a du mal à rentrer pleinement dans l'histoire.
Heureusement, il y a aussi de bons moments, avec notamment des personnages particulièrement horribles et détestables, comme Kincaid par exemple, le tueur d'enfants. Mais même là, l'idée n'est pas exploitée à fond. Après une longue intro nous décrivant la perversité du personnage, Spawn finit par lui régler son compte très (trop) rapidement et surtout... hors de la vue du lecteur ! Un comble alors que l'on se tape toutes ses lamentations avec les clodos du coin.
La partie purement "infernale", avec ses créatures étranges et ses différentes sphères, est plus réussie et aurait méritée d'être plus développée mais là encore, on reste un peu sur sa faim. il y a pourtant ici l'ébauche d'une assez fascinante mythologie, avec ses lieux et ses monstres, entre l'Aire de Réception, les Scalpeurs d'Ames, la Monade Primale ou encore les Piégeurs de la sixième sphère, aimant avoir des âmes de compagnie parce que "c'est la mode".

Ces épisodes datant du début des années 90, il fallait s'attendre forcément à ce côté un peu vieillot (et même parfois prétentieux, mais ça n'engage que moi) dans la narration. Le graphisme, lui, ne s'en sort pas si mal. Si McFarlane est seul aux crayons pendant tout le premier volume, il est rejoint dans le deuxième par Greg Capullo et Marc Silvestri. Reste le prix, 25 €, qui n'incitera pas les simples curieux à délier leurs bourses. Quant aux fans de Spawn, s'ils possèdent déjà ces premiers arcs, ils feraient peut-être mieux d'économiser pour un futur graphic novel lui étant consacré et qui s'annonce magnifique sur le plan visuel (j'aurai l'occasion de vous en dire plus dans quelques temps lors d'un entretien avec le dessinateur).

ps : à noter que Sam Burke et Twitch Williams, héros du spin-off Sam & Twitch, apparaissent pour la première fois dans ces pages.