30 juillet 2007

Made in Future

Le Ultimate X-Men #40 de ce mois voit l'introduction de deux personnages bien connus dans l'univers classique : Cable & Bishop.

Pas le temps de souffler pour les X-Men puisque après Magician, c'est maintenant Cable qu'ils doivent affronter. Le type est particulièrement doué pour le combat, bardé de gadgets fort utiles et surtout, il veut occire Charles Xavier. Pour l'instant, ces deux épisodes ne nous apprennent pas grand chose, même l'arrivée - tardive - de Bishop ne nous en dit guère plus sur les motivations des deux mutants venus du futur.

Voilà l'occasion en tout cas pour Robert Kirkman (et Ben Oliver au dessin) d'introduire la version Ultimate de nouveaux personnages. Reste tout de même que le début de cet arc laisse un peu le lecteur sur sa faim. Rien d'extraordinaire disons. Et depuis que l'on sait de quoi est capable Kirkman avec son "The Walking Dead", on est en droit d'attendre un peu mieux de sa part.

Pour ce qui est de l'édito de Christian Grasse, c'est bien simple, c'est de pire en pire. Il nous explique que l'épisode #75 (présent donc ici en VF), aux Etats-Unis, s'est signalé par une cover de Michael Turner (que vous pouvez admirer en cliquant ici), une longueur exceptionnelle et un bonus dont il ne nous dit rien car il fait, ensuite, un point sur la situation mais ne reviendra jamais sur le sujet. Pour la "longueur exceptionnelle", l'épisode #75, publié ici, est tout à fait "normal", soit un classique 22 planches. Pour le bonus, nous n'en savons donc rien, par contre, Panini nous en offre un, à la fin du mensuel : 2 planches issues du deuxième annual des UXM. Rien à voir donc avec le bonus précité qui correspondait, lui, au Ultimate X-Men #75. Rien à voir non plus avec une longueur "exceptionnelle" (deux planches en plus, mazette, on ne recule devant rien chez les paniniens !).

Bon, voilà donc un numéro sympa mais sans plus, dommage, Kirkman avait bien mieux commencé sur les Ultimate X-Men avec un arc plus intimiste qui permettait, au lieu des sempiternels (et souvent ennuyeux) combats de savourer quelques scènes approfondissant le caractère des personnages (après tout, même les héros ne passent pas tout leur temps libre à se battre). Plutôt que les complots, les voyageurs du futur ou les menaces extraterrestres, il est appréciable parfois de suivre les interactions qui peuvent avoir lieu entre les X-Men, ce qui permettrait, par la même occasion, de poser un peu plus des persos fort nombreux qui restent, bien souvent, inintéressants pour le profane par manque d'identification.

28 juillet 2007

Offensives diplomatiques

Le X-Men Extra #63 regroupe 4 épisodes de la série Black Panther et nous permet de constater que le Wakanda semble ne pas vouloir rester neutre dans le conflit qui déchire la communauté des surhumains aux Etats-Unis.

Après leur mariage, Black Panther et Tornade partent en tournée diplomatique et rencontrent les principales puissances opposées à Tony Stark. Le petit périple commence par la Latvérie de Fatalis, puis nos deux jeunes mariés s'envolent pour la lune afin d'y rencontrer Blackagar Boltagon, le roi des Inhumains. Ils continuent en se rendant en Atlantis où Namor propose carrément à T'challa de prendre la tête d'une coalition internationale opposée à la loi de recensement US.
Enfin, le couple royal fait un déplacement plutôt agité à Washington ou un incident diplomatique a lieu lorsque Ororo refuse de se faire recenser (sa nationalité américaine l'obligeant à respecter cette loi malgré son immunité).

Reginald Hudlin signe le scénario de ces épisodes. Les dessins sont partagés entre Scot Eaton et Manuel Garcia. Ce dernier ne semble pas être un maniaque de la finition, certains personnages, lorsqu'ils sont "vus de loin", étant particulièrement ratés, c'est à dire particulièrement laids et avec des proportions approximatives.
Pour ce qui est de l'adaptation française, signalons une nouvelle traduction hasardeuse concernant les brumes tératogènes (cf une explication plus complète ici) ainsi qu'une inversion de texte lors d'un dialogue. Dans le dernier épisode, ce que dit Black Panther est attribué au fonctionnaire qui souhaite faire signer un document à Ororo et inversement.

Voilà une histoire agréable, surfant bien sur les évènements récents, mais souffrant de petites faiblesses graphiques. Les personnages intervenants sont habilement introduits, évitant ainsi l'impression de catalogue un peu confus qu'avait laissé un FF : The End.
La suite est prévue, toujours en X-Men Extra, pour la rentrée.

25 juillet 2007

Ultimates : Independence Day

La deuxième saison des Ultimates se termine dans le Ultimates #29 sorti ce matin. Ce dernier épisode, relativement long (35 planches), voit donc la fin du long run de Mark Millar et Bryan Hitch.

Tout d'abord, sachez qu'en plus des 35 planches mentionnées plus haut, l'on retrouve une octuple - et magnifique - planche au milieu du comic. Christian Grasse appelle ça un "poster" et nous conseille même de l'accrocher dans nos chambres (pourquoi diable pense-t-il toujours s'adresser à des gamins ?). Alors, évidemment, je vous le déconseille. D'une part parce qu'il s'agit d'une scène, grand format, parfaitement intégrée à l'histoire, d'autre part parce qu'au dos des première et dernière pages de cette scène se trouvent des planches "normales" de l'épisode. Autrement dit, à moins de se foutre éperdument d'avoir un livre mutilé, je ne vois pas bien comment même les plus jeunes pourront décorer leurs murs avec ça.

L'histoire est bien menée, le graphisme de Hitch est somptueux et, bien sûr, l'épopée continuera avec cette fois Loeb et Madureira aux commandes même si, dans un premier temps, ce ne sera pas la troisième saison que nous pourrons lire dans Ultimates mais le crossover Ultimate Power qui verra les membres de l'Escadron Suprême débarquer dans l'univers de nos héros. Une rencontre que l'on nous promet explosive et qui est écrite par Bendis, Straczynski & Loeb et dessinée par Greg Land.

Notons qu'en bonus nous avons droit à toutes les covers (en mini format) des deux saisons écoulées ainsi que deux pleines pages reprenant les covers des Official Handbooks consacrés à l'univers Ultimate.

ps : Je signale également qu'un numéro hors série de Comic Box est sorti aujourd'hui et qu'il contient un what if de 36 planches consacré aux X-Men et contant ce qui se serait passé si l'équipe de Vulcan (le frère de Cyclope) avait survécu après le petit séjour sur l'île de Krakoa, le tout par David Hine et David Yardin. Bon gros dossier sur Heroes également.

23 juillet 2007

Sea, sex and Hulk

Bon, autant être franc, je n'ai rien préparé. ;o)
J'ai essentiellement, ces jours-ci, écrit, corrigé, lu et relu des textes mais...pas pour ce blog. Du coup, je me rabats sur les chiffres de ventes, histoire d'avoir quand même un truc à vous dire (en même temps, j'ai l'impression qu'il n'y a de toute façon pas grand monde ici pendant les vacances). Ah, j'ai oublié de le signaler, le binz dont je me servais auparavant pour les statistiques ne fonctionne plus. Non seulement je n'ai plus de chiffres de fréquentation depuis début juin mais en plus, le script que j'utilisais me fichait un foin pas possible dans l'affichage des pages, j'ai même dû supprimer le petit compteur qui affichait le nombre de connectés en temps réel. Bah, tant pis.

Ouais donc, les ventes de comics pour le mois de juin (aux US hein).
C'est bien simple, le top 5 est 100% Marvel.

1. World War Hulk #1 - 178 408 exemplaires
2. New Avengers #31 - 160 911
3. X-Men #200 - 136 672
4. Fallen Son : Spider-Man - 133 956
5. Dark Tower : Gunslinger Born #5 - 132 090

Joli carton non ? En même temps, toutes les recettes idéales sont là : un bon gros crossover, les Vengeurs, un numéro anniversaire, Spidey et Stephen King. En face, tu peux toujours t'aligner...
DC arrive quand même 6ème avec la JLA et 129 265 ventes. Amazing Spider-Man défend chèrement sa place en 8ème position avec 108 284 acharnés !
Iron Man et Ultimate Spider-Man marchent bien également (plus de 70 000 exemplaires écoulés chacun) mais sont déjà 20ème et 23ème. 40 000 pour Ms. Marvel, 37 000 pour X-Factor, tout cela se maintient plus ou moins.
29 000 pour le premier Avengers Classic dont je vous avais touché un mot, début mai, ici (depuis, l'on sait que le second mensuel généraliste VF - ou Icons bis - sera appelé Marvel Heroes...tiens, ça me dit quelque chose, ça carbure hein chez Panini ?).
Tout le palmarès est disponible en détails sur icv2.com, le site des gens qui sont gentils, intelligents et beaux. ;o)

Hmm, sinon, au cas où ça se verrait trop que je fais des compliments idiots quand je n'ai rien à dire, je rappelle que l'excellente série Heroes a débuté sur TF1 et que ça n'empêche pas de suivre Koih Kiya?, se déroulant cette année sur l'archipel de Jailadal. Je rappelle le principe : une personne peut gagner son poid en tickets de bus demi-tarif si elle parvient à ne manger que des vers pendants 8 semaines. En parallèle, vous pouvez également suivre Chelou Story, une émission de l'extrême dans laquelle des gens peuvent gagner 10 millions d'euros en citant la constellation (inconnue jusqu'àlors) du "Petit Ourson" ou en se déhanchant d'une manière vulgaire sur une barre de strip-tease dans des postures aussi excitantes et évoluées que les dernières manoeuvres de l'armée albanaise.
Truc de ouf* non ?

* Truc de ouf TM - © tous droits réservés - "Truc de ouf" est une expression déposée réservée aux call-girls, chippendales, hommes de compagnie, escort-girls, strip-teaseuses et ass-shakers. Son utilisation, en dehors des stricts abrutis ayant un QI inférieur à celui d'une soupe à la tomate, même tiède, est strictement réglementée sauf sur les plates-formes pétrolières où, là, franchement, c'est la zone et on a le droit de dire ce que l'on veut, même des trucs de pignoufs de plage ayant arrêté leur scolarité avant d'avoir eu leurs premières dents de lait.

19 juillet 2007

Penance

Attention : gros spoiler à l'intérieur !

Robert Baldwin a connu un destin étonnant.
Lorsqu'il débute sa carrière, au sein des New Warriors, il n'est guère qu'un héros secondaire, peu connu et doté d'un pouvoir relativement mineur. En effet, alors qu'il officie sous le nom de Speedball, il peut créer un champ d'énergie lui permettant d'absorber l'énergie cinétique (et non "kinétique", comme je le vois souvent sur certains sites et qui ne veut rien dire en français) dirigée contre lui. Son look de jeune encapé, entouré de bulles et oeuvrant dans un costume bleu et jaune très flashy n'en fait guère quelqu'un d'impressionnant.
En fait, il est voué à disparaître tellement il est plat et sans intérêt, d'autant que son équipe n'est pas non plus la plus passionnante.
Lorsque Civil War survient, cela change tout pour Robbie. Les évènements de Stamford le placent au coeur d'une des plus grandes tragédies civiles que les Etats-Unis aient connus. Alors qu'on le croyait mort, le voilà retrouvé vivant mais sans pouvoir, puis incarcéré.
C'est à ce moment que le héros, le vrai, de la trempe de ceux qui créent les légendes, se révèle alors.

Baldwin refuse tout d'abord de troquer sa remise en liberté contre ses principes et s'obstine à ne pas signer le Superhuman Registration Act. Abandonné par ses propres parents, considérés comme l'homme le plus haï d'Amérique, Robbie affronte avec courage des conditions de détentions épouvantables. Là où il va rejoindre - bien involontairement - l'histoire, c'est quand Reed Richards va lui proposer de s'exprimer publiquement devant le congrès et qu'il sera abattu durant son transfert. L'assassinat reprend, point par point, les circonstances du meurtre, bien réel, de Lee Harvey Oswald et prend, tout à coup, une résonance aussi malsaine que fabuleusement inventive.
On s'imagine alors que l'on en reste là. Un héros de seconde zone sacrifié avec beauté. Pourquoi pas, c'est sans doute ce que l'on pouvait rêver de mieux pour le personnage de Speedball. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises...

Alors que Baldwin est sur le point de mourir, voilà qu'on nous le ramène sur le devant de la scène.
On pourrait facilement penser que cette résurrection de plus, nullement fondée par l'importance du personnage, est une preuve de faiblesse mais...heureusement, non !
Car Speedball n'est plus et laisse la place au bien nommé Penance, la nouvelle identité d'un Baldwin aux limites de la folie et incorporé dans les nouveaux Thunderbolts (avec, entres autres, Venom, Bullseye, le Bouffon Vert ou encore la jolie Songbird). Son nouveau look est déjà original mais ses capacités récentes encore plus. Figurez-vous qu'il tire son nouveau pouvoir de la douleur physique qu'il éprouve. Plus il souffre, plus il devient puissant. D'où son costume hérissé de pointes et très tendance "sado-maso".
D'un personnage insipide et insignifiant, voilà que Baldwin devient subitement un héros torturé et très politiquement incorrect, dans le plus pur style d'un Spawn, les démons en moins. Les démons infernaux en tout cas, car les démons intérieurs sont bien présents chez Baldwin, ce dernier souffrant autant de la mort de ses anciens compagnons que de sa responsabilité dans le massacre des innocents de Stamford.
Ou comment faire d'un Speedball que personne ne connaissait un Penance prometteur que l'on pourra suivre dans le mensuel Spider-Man, la nouvelle série des Thunderbolts prenant bientôt la place de Marvel Team-Up.

ps : ajout du Dr Strange dans les figurines Marvel

Un monde en Paix : Infos

Il ne s'agit pas ici de la suite de l'histoire mais de quelques renseignements sur les nombreux personnages. Tep m'ayant fait remarqué qu'il n'était pas toujours facile de s'y retrouver, j'ai pensé qu'un petit topo pourrait être utile.





PERSONNAGES

Amber Bendis : C’est la blonde de service. Une fille gentille et belle comme l’on rêve tous d’en rencontrer. Elle peut voler mais maîtrise mal son pouvoir. Elle a actuellement 20 ans. Etant orpheline, elle a très mal vécu le fait d’être baladée de famille en famille lorsqu’elle était jeune. La section de Supras est pour elle un cocon presque rassurant où, pour la première fois, elle pense pouvoir tisser des liens avec des gens qui comptent pour elle.
Statut : actuellement en vie.

Ebenezer Straczynski : Ce jeune homme a devancé l’appel obligatoire pour tenter d’être leader de section. Il a 19 ans et peut se rendre intangible, sans pour autant permettre à ceux qu’ils touchent de phaser à leur tour. Il n’aime guère le cadre rigide de l’armée mais espère pouvoir y oublier sa période scolaire désastreuse sur le plan relationnel.
Statut : actuellement en vie.

Michael Loeb : C’est le Superman ou l’Hyperion du groupe (bien qu’il ne vole pas). Sa force est immense. Malgré tout, il reste fragile sur le plan psychologique. C’est sans doute, malgré ses 21 ans, le plus « gamin » de la bande dans le sens où il recherche une reconnaissance si intense qu’elle peut se comparer à l’amour qu’il pense ne pas avoir reçu plus jeune. A part Blitz, c'est le plus "innocent" du groupe, il fait souvent preuve d'une bonté touchante et naïve.
Statut : actuellement en vie.

Angelina David : 20 ans, brune, mignonne et pas farouche. Angelina possède un 6ème sens capricieux (elle ressent des choses mais peine à situer vraiment les évènements dans le temps, à plus ou moins long terme) et des sens classiques surdéveloppés dont elle ne voit que très rarement l’utilité.
Exemple :
- Explique, ça te fait quoi tes sens boostés alors ? demanda Michael.
- Ben, quand tu me parles dès le matin, avant de t’être lavé les dents, j’ai envie de crever.
- Heu…tu rigoles ?
- Non.
- Ah, désolé alors.
- Laisse tomber, c’est à mes gênes que j’en veux.

Il est intéressant de noter que son pouvoir n’en a pas encore fini d’évoluer et qu’elle possède un 7ème et un 8ème sens encore en sommeil, ce qui aura une importance cruciale par la suite.
Statut : actuellement en vie.

Timothy Millar : Télépathe puissant, major de sa promotion et chef de section à seulement 19 ans. Grand sentiment de supériorité envers tout et tout le monde. Réactions imprévisibles lorsqu’il est mis en échec. Moralité…relative, au bas mot. Mieux vaut ne pas s'en faire un ennemi. Il pense être amoureux de Amber mais aimerait surtout la "remporter" comme un trophée.
Statut : actuellement en vie.

Ronald Kirkman : Métamorphe. Ne peut reproduire les pouvoirs. A toujours profité, au moins un peu, de ses capacités pour son compte personnel. Aimerait se sortir entier, et gradé si possible, de son passage à l’armée.
Statut : actuellement en vie.

Terrance Claremont : Il pratique la télékinésie depuis si longtemps que malgré son jeune âge (19 ans), il est sans doute l’un de ceux qui maîtrisent le mieux son pouvoir au sein de la 654ème section d’infanterie suprahumaine. Il déteste la violence et peut-être plus encore les pouvoirs, surtout le sien. La normalité est son plus grand rêve.
Statut : actuellement en vie.

Sergent Bagley : Un brave type, sans autre pouvoir que celui de faciliter la vie, lorsqu’il le peut, des jeunes recrues dont il s'occupe.
Statut : actuellement en vie.

Lieutenant Moore : Typique du fonctionnaire absolument pas à sa place, Moore considère les Supras dont il a la charge comme une liste technique de pouvoirs sans âme. Plus que réellement mauvais, il s’avère surtout inconscient.
Statut : actuellement en vie.

Blitz : Télépathe surpuissant et autiste de haut niveau, Blitz n’est nullement retardé intellectuellement. Il a par contre les pires difficultés à tisser des relations sociales avec autrui. Il ne comprend pas la plupart des sentiments courants qui régissent la vie des « normaux ». Il a néanmoins appris à imiter certains sentiments en regardant des films. Il peut donc parfois faire semblant de les éprouver si la situation qu’il vit lui semble familière. Bon comme le bon pain, il est chargé de surveiller et de maîtriser Tim Millar dont il est la quasi antithèse.
Statut : actuellement en vie.

Starlighter, Hurricane et Balltrap : les Premiers, ou Supras de la première vague, utilisés dans les années 60 pour contrer la menace soviétique. Ils permirent de liquider Castro et de renverser le gouvernement russe mais échouèrent dans la protection de l’Europe de l’ouest qui fut dévastée par les frappes nucléaires soviétiques. L'Amérique, de leader du monde libre, s'en retrouva leader du monde tout court, ce qui fit dire à certains que l'échec était peut-être voulu.
Statut : décédés ou portés disparus

Stanley Lieber : Premier télépathe américain, membre de la "première vague" et éminent professeur en Techniques Intrusives & Protection Mentale. Auteur d'un livre de référence sur la classification des secteurs mentaux, seul explorateur connu, à ce jour, du mythique Secteur 6.
Statut : officiellement retraité, conseillé spécial auprès de la Maison Blanche pour les questions suprahumaines.





LEXIQUE

Supras : Humains génétiquement surdoués dotés de pouvoirs. Abréviation de Suprahumains. L'apparition de ces êtres exceptionnels a profondément bouleversé les rapports sociaux, politiques et économiques dans le monde.

OML (puis, plus tard OMLRG) : Groupe terroriste (ou mouvement de résistance, suivant les opinions) hétéroclite fondé à l'origine par une poignée d'officiers du KGB et puisant ses ressources dans les débris de l'armée russe. Les initiales signifient Organisation Mondiale pour la Liberté (puis Organistation Mondiale pour la Liberté et le Respect Génétique). A partir des années 70, la Chine peut également aligner des Supras et devient, en raison de son soutien financier à l'OML, la cible des Etats-Unis. Après la victoire militaire US, les Supras chinois rejoignent l'OML qui devient l'OMLRG. L'organisation possède des groupes autonomes en Afrique et en Amérique du sud, des continents sur lesquels elle est responsable de nombreux massacres de civils. Divisée en petites cellules indépendantes, très mobiles et utilisant un ou deux Supras, les groupes de l'OMLRG sont la principale cible des Supras occidentaux, entraînés par l'US Army.

GPM : Gouvernement Provisoire Mondial. Après les frappes soviétiques sur l'Europe, l'occident est traumatisé par l'horreur et l'étendue des massacres. Les Etats-Unis, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Brésil se retirent de l'ONU, considéré aussi impuissant que l'ex-SDN, et fondent alors un gouvernement mondial dont les buts sont de porter secours aux survivants des frappes en Europe et d'annihiler toute menace restante. Les moyens suprahumains sont mis en commun. Après trente années de "provisoire", le GPM prend le nom de Gouvernement Populaire Mondial.

Croisés de la Sainte Eglise : Groupuscule extrémiste religieux considérant que seul Dieu peut se voir doté de "pouvoirs". Ils cherchent essentiellement à exterminer les Supras. Toutes les grandes religions ont condamné ce mouvement d'illuminés violents et sectaires.




Les petits trucs en plus...

1. Les noms
Comme l’a remarqué Ber dans un commentaire, tous les noms des personnages font référence à des auteurs ou dessinateurs connus dans le monde des comics. J’utilise souvent des noms qui ont un sens dans mes histoires, c’est la première fois que ce sens est aussi évident à comprendre mais c’est également la première fois que je souhaite également rendre une sorte d’hommage au travail de ces gens, à la fois si proches et si lointains.
2. La notion de temps
Les chapitres ne sont pas linéaires, autrement dit, ce qui est conté ne l’est pas forcément toujours du passé vers le futur. Si quelque chose n’est pas compréhensible, c’est peut-être que j’ai merdé à un endroit mais la plupart du temps ce sera parce que vous n’avez pas encore lu les chapitres suivants. Autrement dit, c’est fait exprès. Et quand c’est pas le cas, je m’arrangerai pour que ça le devienne. ;o)
3. La politique
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, elle n’a, dans cette histoire, un rôle que très secondaire. Il ne s’agit pas d’une aventure globale avec un monde entier qui évolue mais bien d’une histoire de quelques jeunes, immergés dans un contexte particulier. L’aspect uchronique n’est là que pour donner des points de repères et éventuellement ajouter du crédit à certains personnages.
4. Le sexe
Cela peut paraître omniprésent mais il n’est en fait que simplement « non caché ». Dans la vie réelle, il prendrait une place importante dans ce qui arrive à ces personnages. Il est donc intéressant d’intégrer cette dimension pour les rendre plus proches de nous (et pour justifier parfois certaines actions).
5. Les chapitres
Ils sont volontairement brefs (même si je sais que pour certains c’est déjà bien long à lire) et se terminent, autant que faire se peut, par un cliffhanger, autrement dit un truc qui vous donne envie de lire la suite. Pour l’instant, il s’agit aussi de présenter les personnages, de manière à ce qu’ils évoquent quelque chose pour le lecteur. Le cliffhanger traditionnel (de situation) est donc parfois remplacé par une révélation sur le fond d’un personnage.





Structure interne de l'Esprit à l'usage des télépathes

Secteur 1 (La Porte)
Lieu de connexion avec l'esprit d'un individu. Siège de la mémoire vive. Peu ou pas lisible.
Secteur 2 (L'Ecran)
Mémoire à long terme. Film, parfois incomplet, de la vie d'un sujet. Lecture facile et basique.
Secteur 3 (La Source)
Siège des centres vitaux. Structure labyrinthique et fragile confinant au "merveilleux".
Secteur 4 (Le Coeur)
Centre des émotions.
Secteur 5 (Le Bureau)
Centre de stockage des pensées logiques et ordonnées. S'y trouve des milliards de données, même "oubliées" par le Secteur 2. Lieu de prédilection des télépathes confirmés.
Secteur 6 (La Matrice, anciennement appelé Graal)
Siège d'une structure mentale superposée abritant ce qui peut s'apparenter au Ça, au Moi et au Surmoi.
Secteur 7 (actuel Graal)
Existence hypothétique. La plupart des religions ayant intégré le concept de l'exploration télépathique en font un lieu divin et paradisiaque.

NB : Les secteurs ne sont pas "empilés" les uns sur les autres mais rayonnent à partir de la Porte. Seul le Secteur 6 dispose d'une structure à "étages" dont la "hauteur" des niveaux semble définir leur complexité (et leur dangerosité).

18 juillet 2007

Le retour du Bouffon Vert

Le 6ème volume de Spider-Man : Les Incontournables est sorti en kiosque aujourd'hui, on y retrouve notre Tisseur aux prises avec son vieil ennemi le Bouffon.

Le fascicule contient un épisode de 1971 écrit par Stan Lee et dessiné par Gil Kane. Bizarrement, il n'y est pas question du Bouffon mais d'une émeute dans une prison. On y voit également Peter filer le parfait amour avec la jolie Gwen Stacy.

Le livre contient, lui, 6 épisodes d'Amazing Spider-Man (du #96 au #98 puis du #121 au #123). Toujours Lee au scénario ainsi que Gerry Conway. John Romita Sr et Gil Kane se partagent les dessins.
Cette fois, le Bouffon Vert rentre en scène et fait des dégâts puisqu'il enlève la jolie Gwen avant de la balancer du haut du pont George Washington. Oui, vous l'aurez compris, nous avons ici la scène mythique qui a traumatisé toute une génération de fans. Outre ce moment important dans la vie de Spidey, on notera également l'apparition de Luke Cage (à l'époque où il portait encore des chemises d'un jaune fluo du plus bel effet).

Bon, pas de surprise, tout cela est très vieillot tant sur le plan du graphisme que de la narration (ça date quand même du début des années 70). Pour ceux qui l'auraient ratée en Intégrale (ou même à la grande époque), voilà tout de même l'occasion d'assister à la mort de la pauvre Gwen. Un moment important donc et un comic qui doit être pris comme une pièce de collection, désuète et nostalgique, plus que comme un récit indémodable.

Un monde en Paix (partie 4)

Chapitre 8

Ronald s’en était toujours sorti. Il s’en sortit lorsqu’il s’aplatit alors que ce camion fou fonçait vers lui et qu’il n’avait plus le temps de bouger, son skateboard continuant, seul, à dévaler la côte qui menait vers la maison familiale. Il s’en sortit lorsque, ce soir là, alors qu’il était tard, il prit une taille démesurée, mettant ainsi en fuite les deux types qui en voulaient à son argent de poche. Il s’en sortit aussi lorsqu’il coula lentement, comme du chewing-gum, de la fenêtre de sa chambre, pour échapper à l’incendie qui était en train de tuer ses parents. Et puis, outre le fait de s’en sortir dans des situations merdiques, parfois, il s’octroyait un petit plaisir. Comme cette soirée où il avait dragué sans succès une lesbienne dans un bar chic puis était revenu en fille pour se taper cette nana qu’il voulait tellement. C’était mal ? Il n’en savait rien.
D’un point de vue moral, peut-être. Quand il se transformait, il mentait d’une certaine façon. D’un point de vue technique, il faisait ce que toutes les espèces faisaient sur terre depuis des lustres : il s’adaptait.
Et puis, se transformer en flic pour voler les économies d’une petite vieille, là d’accord, ça serait mal. Mais, s’arranger un peu pour draguer…pourquoi pas ?
Le « un peu » était important.
Ron pouvait prendre toutes les formes mais il apprit rapidement que deux contraintes essentielles le limitaient. D’une part, les formes complexes demandaient une grande concentration, ce qui l’empêchait de pouvoir agir normalement s’il imitait quelqu’un dont il ne connaissait pas parfaitement la forme. D’autre part, plus ce qu’il imitait était différent de lui, moins il pouvait faire durer l’imitation.
Ron avait toujours eu un grand nez. Il pouvait le raccourcir artificiellement et cela pendant des heures. Par contre s’il modifiait son corps entier…le temps dont il disposait était beaucoup plus bref. C’est avec Jessica, la lesbienne du bar, qu’il s’en rendit compte.
Une demi heure pour la draguer et faire connaissance. Un bon quart d’heure pour arriver chez elle. Une dizaine de minute pour boire un verre. Et c’est quand ils en vinrent aux choses sérieuses que tout se compliqua.
Alors que Jess lui roulait une pelle qu’il ne serait pas près d’oublier, il avait senti comme un chatouillis sur ses épaules. Ron avait ouvert un œil et avait pu constater que ses longues et fausses mèches blondes rétrécissaient subitement. Ce n’était d’ailleurs pas le pire, ses mains s’élargissaient et ressemblaient de plus en plus à celles d’un bûcheron plutôt qu’aux fines et douces mimines de la Carol qu’il avait prétendu être. Il tenta de maintenir mentalement le subterfuge mais fut rapidement obligé de céder.
Cette fois là aussi il s’en sortit. En prenant ses jambes à son cou pendant que Jessica hurlait, horrifiée à l’idée de voir son coup d’un soir se transformer en camionneur minable.
A partir de ce jour là, Ronny sut que le temps était un facteur important. Cela eut deux conséquences dans sa vie de jeune adulte : il s’acheta une montre et n’accorda, par la suite, qu’une place très secondaire aux préliminaires.



Chapitre 9

Michael lâcha les haltères. Cinquante kilos sur chaque bras, plusieurs centaines de mouvements et il n’avait toujours pas de crampe. Ni même un début de fatigue. Le sergent lui donna quartier libre, satisfait apparemment de son entraînement.
- Ok Iron Mike, fit Bagley le sourire aux lèvres, je crois que ces poids n’auront pas raison de toi. C’est bon pour aujourd’hui. Tu peux aller te détendre.
- Merci sergent.
Michael reposa la fonte et regarda ses mains. D’énormes paluches incassables à la peau dure et pleine de callosités. Quand ils s’étaient tous retrouvés dans la merde en Sibérie, il avait joué un rôle important. C’est lui qui avait frappé le sol, encore et encore, pour creuser un abri. Mais il n’avait eu aucune reconnaissance. Personne ne lui avait même demandé si ça allait. Quant aux filles...Amber avait remercié Terry et Angelina semblait n’en avoir que pour le télépathe.
Michael se dirigea vers les douches, heureux d’être ici, enfin dans son élément, mais déçu d’être si peu aimé. Il se déshabilla rapidement, rentra dans une cabine et se laissa apaiser par l’eau. Lorsqu’il était petit, c’était déjà ainsi. Il était craint, respecté, mais il ne s’était jamais senti vraiment aimé. Il savait pourquoi. Cela remontait à cette soirée. Une soirée géniale qu’il avait passé avec son père à jouer sur de vieilles consoles. Surtout un vieux truc qui datait du temps de son père. Une sorte de course avec des karts dans laquelle on pouvait balancer des coquilles de tortue ou faire rétrécir les autres concurrents, c’était tellement drôle ! Ils avaient joué jusqu’à minuit ! Minuit, c’était une heure incroyable pour Michael. La première fois qu’il veillait si tard en semaine.
Lorsqu’il avait quitté sa chambre et qu’il était redescendu, un peu plus tard, pour aller se chercher un verre d’eau dans la cuisine, il avait entendu sa mère faire des reproches à son père.
- Tu te rends compte de l’heure qu’il est ? Il a école demain, tu ne peux pas le faire veiller si tard.
- Eh, il ne voulait pas aller se coucher ! Est-ce que tu as bien saisi la situation ? Il pourrait m’écraser la tronche s’il le voulait ! Et il n’a que onze ans !
- Voyons, il ne ferait jamais ça, tu le sais bien, il t’aime.
- Il m’aime ? Mais, c’est un…un monstre ! Il me fiche la trouille.
- Comment est-ce que tu peux parler comme ça ? Tu sais bien que…
Tout s’était brouillé à cet instant. Pire même, quelque chose s'était déchiré, physiquement. Pour faire aussi mal, mince, ça devait même être gros et important. Le genre de truc que les parents sont censés protéger...du moins...tant qu'ils vous aiment.
Un monstre. Voilà ce que papa pensait de lui. Il…jouait avec lui parce qu’il avait peur…peur de sa réaction.
Ce soir là, lorsque Iron Mike rejoignit sa chambre, en silence, du haut de ses onze ans, il sut, pour la première fois, que l’on pouvait lui faire mal et briser l’incassable.
Un monstre…
Il ne montra plus le même enthousiasme pour les jeux vidéo mais continua de jouer parfois.
La peur…
Il ne fut plus jamais le même en présence de son père mais continua à l’aimer, un peu par habitude et puis un peu aussi parce qu’à son jeune âge, il ne pouvait pas encore le comprendre vraiment, juste lui pardonner.
Peut-être que dans ce trou merdique là-bas, lorsqu’ils avaient tous eu si froid, peut-être qu’ils l’avaient aussi tous aimé par habitude mais qu’au fond d’eux, ils le craignaient et le prenaient pour un monstre.
Oui. Peut-être.
Et peut-être aussi qu’il allait passer sur tout ça comme il avait passé sur l’épisode avec son père.
Peut-être.

Un monde en Paix (partie 3)

Chapitre 6

Tim se fichait bien du lieu. Tout comme il se fichait d’Angelina. Ok, elle était jolie avec ses yeux verts et sa petite frimousse, mais elle ne le branchait pas plus que ça. Du coup, les toilettes de Powertown, le plus connu des centres de formations pour Supras, faisaient bien largement l’affaire. Et cette fois, Blitz n’y pouvait rien.
- Non.
- Quoi non ?
Après trois semaines d’abstinence dans cette caserne, Tim avait fini par jeter son dévolu sur Angelina. Il préférait avoir Amber « à la régulière », mais pour Angelina, il n’était pas contre une petite suggestion mentale.
- Tu n’entres pas plus loin.
C’était encore une fois ce con de Blitz. Toujours à fouiner et empêcher de tourner en rond. Tim se demandait d’ailleurs d’où il opérait. Il voyait parfois son image mentale mais jamais lui en personne. C’était étrange. Tim avait toujours eu besoin de voir la personne qu’il lisait mais cela ne semblait pas être le cas de Blitz.
- Casse-toi, c’est un truc pour grande personne, ronchonna Tim.
- C’est le siège de ses émotions, tu n’y vas pas.
Et effectivement, encore une fois, ce salopard d’autiste l’avait contré. Verrouiller les esprits semblait être une seconde nature chez lui. Tim tâtonnait encore la plupart du temps, il fallait rentrer, trouver un chemin logique, passer des barrières, surfer sur des pensées inconscientes aussi violentes que des tsunamis…cela n’avait rien d’évident. Blitz, lui, était dans son élément. Il ouvrait et fermait les portes, dressait des murs, contournait les obstacles. Et rapidement avec ça. Tim n’avait vu cela qu’une seule fois auparavant dans sa vie. Dans un tournoi d’échec. Un champion, dont il avait oublié le nom, jouait simultanément contre une quinzaine d’adversaires en maîtrisant parfaitement toutes les parties. Ce n’était pas un Supra, il n’en était donc que plus impressionnant. Blitz était aussi rapide, semblait tout aussi à l’aise, quelle que soit la complexité des chemins que Tim empruntait. Lorsqu’il avait voulu faire naître, dans l’esprit d’Angelina, l’idée de coucher avec lui, Blitz l’avait contré avec une aisance déconcertante.
En fait, quand Tim se déplaçait dans la psyché de quelqu’un, il ressemblait à un petit point suivant une ligne tremblotante. Blitz, lui, avait l’apparence d’une boule lumineuse traçant de parfaites lignes droites. Tim était plus qu’agacé par son infériorité. Et il n’en savourait que plus ce moment.
Contre toute attente, Angelina ne demandait pas mieux qu’un petit moment d’intimité avec lui. Tim n’avait pas pu la forcer psychiquement alors il avait tenté sa chance d’une manière plus normale.
- Heu…Angelina, je suis désolé de…m’être énervé la semaine dernière, quand…tu m’as questionné.
- Pas grave, répondit-elle dans un sourire désarmant.
- Heu…je me demandais…si…
Tim s’arrêta là. Quel imbécile il faisait, ils étaient dans une caserne, il ne pouvait donc nullement l’inviter à dîner ou au cinéma.
- Oui, répondit Angelina.
- Oui ? Oui…quoi ?
- Je suis d’accord.
- J’ai encore rien demandé.
- Je sais ce que tu veux. Je le veux aussi. On va où ?
Et c’est ainsi que Tim s’était retrouvé à tirer son coup dans les toilettes du camp. Sans que Blitz n’y puisse rien cette fois. Mais sans qu’il puisse totalement détacher son esprit de cet autiste qu’il rêvait de vaincre.
Lorsque tout fut terminé, Tim se rhabilla sans un mot.
- Je suppose que ça…nous engage à rien ? demanda Angelina.
- On est dans une caserne, même si je…enfin, je veux dire, évidemment que ça nous engage à rien.
- Tu allais dire « même si je le voulais » ?
Tim se renfrogna.
- T’as un sixième sens non ? Tu le savais dès le départ que c’était juste pour le fun.
Angelina regarda le jeune homme, les yeux brûlant autant de tristesse que de rage.
- Ouais, je le savais. Mais je n’appellerais pas ça du « fun » moi. Juste…une façon d’assouvir des instincts bestiaux. Mais c’est vrai, j’ai été sans doute bien naïve d’attendre plus.
Tim ouvrit la porte des toilettes, fit mine de sortir puis se retourna vers sa partenaire.
- Angelina, je t’ai levée en trente secondes et on vient de baiser dans les chiottes. Si tu t’attendais à autre chose, je n’appellerais pas ça de la naïveté moi.
Il partit ainsi, laissant la jeune fille bouleversée, autant par le fait d’être traitée ainsi que parce qu’elle pensait, en dépit du bon sens, qu’elle commençait à éprouver quelque chose pour ce rustre.





Chapitre 7

Le lieutenant avait fait un long speech sur ce premier exercice extérieur censé développer leur esprit d’équipe mais personne n’avait mesuré réellement la violence de ce qui allait les attendre. Angelina l’aurait pu mais elle était encore trop troublée pour faire bien attention aux sentiments diffus que faisait naître en elle son sixième sens. Timothy l’aurait pu aussi mais il pensait la plupart du temps à de nouvelles techniques pour contrer Blitz. Et les rares moments où il n’était pas obsédé par l’autiste, il pensait à Amber.
Ce fut donc la surprise totale pour tous lorsque l’ABM, cet aéronef blindé multi-temps qu’utilisaient maintenant la Navy et l’Air Force, les déposa dans un enfer froid, balayé par les vents.
- Vous êtes ici sur un de nos terrains d’entraînements en Sibérie mais en fait, pour être plus juste, dit le lieutenant, vous êtes surtout dans la merde. Vous pouvez vous en sortir à condition de ne pas la jouer solo. On revient ici même dans 24 heures. Vous n’avez rien d’autre à faire que survivre en nous attendant. Allez, bon séjour.
Le claquement de la porte de l’ABM résonnait encore à leurs oreilles que les sept jeunes recrues étaient déjà transies de froid. L’on n’y voyait guère à plus de deux ou trois mètres, et encore, ce n’était que pour distinguer une forme vaguement humaine qui vous faisait face, noyée dans un blanc violent et sans limite. Le vent et son vacarme, et sans doute le stress également, les obligeait à crier.
- Putain, on va crever de froid si on fait rien ! Kirkman, appela Tim, t’es métamorphe non ? Transforme-toi en…un truc genre igloo.
- C’est ça, cria Ronald, et moi ? Je gèle en vous sauvant la mise ?
- Amber, ordonna Tim, tu nous dégage d’ici !
-
Comment ?
- En volant au dessus de la tempête !
- Je ne peux pas vous porter, t’es con ou quoi ?
- Mettez-vous derrière moi, hurla Michael. Avec ma résistance, ce n’est pas un peu de neige qui me fait peur.
- C’est pas le problème idiot, s’énerva Timothy, le vent sera plus fort que toi à la longue, et puis on ne sera pas plus au chaud derrière toi…
Tim vit pour la première fois que Ebenezer ne semblait pas trembler comme eux tous.
- Ça va, on te dérange pas trop ? demanda Tim d’un ton amer. Du moins, il essaya de mettre dans son cri emporté par le vent autant d’amertume qu’il le put.
- Je ne peux pas vous rendre intangibles, sinon je le ferais, répondit Ebe. De toute façon, je ne peux pas phaser indéfiniment, si on ne trouve pas de solution, je mourrai aussi.
Ils n’étaient là que depuis quelques minutes et déjà la situation devenait critique. Chaque seconde qui passait accentuait le danger et le mortel engourdissement des esprits et des corps.
- Amber, hurla Tim, tu dégages !
- Quoi ?
- Casse-toi, tu peux voler, vole. A quoi ça sert de rester là ?
- Je ne vous laisse pas.
- Sois pas débile, c’est moi le chef de cette unité, je t’ordonne de dégager.
- Attendez, hurla Terrance, je crois qu’on fait fausse route.
- On t’a rien demandé, répliqua Tim, ferme-la !
- Laisse-le parler, cria Angelina.
- On se focalise trop sur nos pouvoirs respectifs, poursuivit Terrance. La bonne façon de s’en sortir, c’est de creuser et de s’abriter du vent.
- Super Einstein ! T’es quoi ? Un putain de prix Nobel ? Avec quoi on creuse ?
- Il a raison, dit Michael, arrête de gueuler Tim, tu paniques tout le monde. Terrance, t’as un plan ?
Un plan, c’était sans doute trop dire pour Terrance, mais il avait au moins une idée. Il prit les choses en main.
- Tim, est-ce que tu peux supprimer l’idée de froid dans l’esprit de Ronald ?
Timothy fit mine de ne pas répondre.
- Tim, je peux me passer de toi mais ça sera plus facile pour Ron si tu peux faire ça.
- Bien sûr je peux le faire, grogna le télépathe.
- Ok, tu le réchauffes artificiellement, Ronald, toi, tu essaies de prendre la forme d’un mur, un truc un peu courbé pour nous protéger du vent et de la neige, histoire que l’on puisse voir ce que l’on fait. Tu penses pouvoir tenir combien de temps ?
- Plus une forme est différente de l’être humain, moins je peux la maintenir. Je sais pas trop, dix minutes, peut-être moins.
- C’est déjà bien. Michael, tu frappes le sol aussi fort que tu le peux et moi, je maintiens le trou par télékinésie. A force, on devrait arriver à quelque chose.
- Parti pour moi ! hurla Michael.

L’immonde hurlement du vent glacial avait cessé. Le blanc aveuglant aussi n’était plus qu’un mauvais souvenir. Ils étaient les uns contre les autres, serrés et effrayés, mais ils souffraient déjà moins du froid. La pénombre avait quelque chose d’apaisant également.
- Tu penses pouvoir maintenir ça longtemps Terry ? demanda Amber.
- C’est bon, ça tient, j’appuie à peine dessus, répondit Terrance.
Le résultat de leurs efforts ressemblait plus à un terrier qu’à un igloo mais l’esthétisme importait peu. Ils avaient maintenant un abri pour attendre la fin de la tempête.
- Tu nous as sauvés Terry. Merci, dit Amber d’une voix pleine de reconnaissance.
Tim n’entendit pas les dénégations ou le « de rien » de l’autre abruti, il était trop en colère pour cela. Non seulement il n’avait rien tiré de bon de son groupe, mais en plus, c’est ce dégénéré de Claremont qui tirait toute la gloire de cette stupide virée en Sibérie. De rage, Tim avait même tenté de griller Terrance. Après tout, dans le froid, après une telle épreuve, qui irait soupçonner une mort non naturelle ? Et Blitz s’était montré le plus fort, encore une fois. Alors que Tim cherchait discrètement le siège des centres vitaux dans l’esprit de Terrance, il était tombé sur un firewall, un de ces satanés écrans psi. Pire encore, il avait actionné un binz sans le vouloir et un message s’était allumé dans son propre esprit : « Le sergent Bagley pense que tu as juste mauvais caractère. Je sais maintenant que tu es un tueur. »
Tim, dans sa rage contenue, sut qu’il avait prit l’avantage sur un point. Blitz venait de dévoiler ses cartes et, tout surdoué qu’il était, il ne pourrait pas imaginer sa riposte. Tout simplement parce que dans son esprit simple et bon d’autiste, il pensait avoir gagné et ne pouvait se mettre à la place du perdant. Tim, en être irascible et teigneux qu’il était, rumina sa vengeance longuement. Suffisamment longtemps pour que la rage le quitte et laisse place à une colère froide qui lui laissait tout loisir de raisonner. Dans l’urgence, il n’était pas très bon, mais quand on le terrait dans un trou glacial avec comme seule occupation de ruminer ses échecs, il ne se démerdait pas si mal. Au bout de quelques heures, sans que quiconque puisse s’en apercevoir, un sourire mauvais avait succédé à la grimace de dépit qui lui barrait auparavant le visage.

15 juillet 2007

Top 5 des héros malchanceux

Voilà l'idée du site officiel Marvel pour célébrer le dernier vendredi 13, nous concocter un mini classement des héros ayant le plus la poisse. En voilà une idée étrange. ;o)

On commence par Bucky, de son vrai nom James Buchanan Barnes, vous savez, le jeune freluquet (il a bien changé depuis, avec notamment un look plus moderne, cf la photo qui illustre ce post) qui accompagnait Captain America à ses débuts, lorsqu'il bottait le cul des nazis pendant la deuxième guerre mondiale. Il est vrai qu'il n'a pas eu tellement de bol puisqu'il est mort, du moins le croyait-on, dans l'explosion d'un avion téléguidé bourré d'explosif. Au lieu de passer réellement l'arme à gauche, le petit a eu la (mal)chance d'être récupéré par les soviétiques qui en ont fait le Winter Soldier, un assassin à leur botte. Le pauvre était en plus congelé entre chaque mission. C'est vrai que ce n'est pas le type le plus chanceux du monde.

Vient ensuite Warren Worthington III, alias Angel ou Archangel. Bon, lui c'est un peu exagéré. D'une part, il est riche, d'autre part, comme "malédiction" mutante, il se voit doté d'une paire d'ailes et de la capacité de voler, ce qui doit bien être le rêve d'une bonne partie de la population. Comme manque de bol, on a déjà vu pire. Il est vrai qu'il a eu pourtant son lot de coups du sort, notamment en devenant l'un des Cavaliers d'Apocalypse, m'enfin, c'est risqué d'être un héros hein, on le savait à la base.

Ant-Man figure également dans le classement. Il s'agit de Scott Lang bien sûr et non Hank Pym qui avait également porté ce pseudo. Lui effectivement, ce n'est pas la peine qu'il joue au loto. D'une part, il s'est fait tuer par le Valet de Coeur (pas un adversaire donc au départ) lors des évènements qui ont précédé House of M. D'autre part, il n'est pas plus verni sentimentalement. En effet, il a eu une petite aventure avec Jessica Jones avant d'apprendre qu'elle était finalement...enceinte de Luke Cage ! Ah ben, quand ça veut pas...

Le Tisseur, tiens tiens. Bon, ok, déjà, Peter Parker traîne sa tante depuis des lustres. Dans les années 60, on pensait qu'elle allait rendre l'âme à chaque planche, 40 ans après, elle pète la forme et se tape Jarvis (après avoir flirté avec Octopus pour compliquer les choses). Oui, bon, y'a pas que la tantine. Effectivement, le pire coup du sort qu'ait subi notre Spidey est sans doute la perte de Gwendolyn Stacy, son grand amour de jeunesse. Le fait que le père d'un de ses potes de fac soit le Bouffon Vert, ce n'est pas de bol non plus. Et puis, se faire buter son oncle par un gangster qu'on a laissé filer quelques temps avant, bon, ok, ça commence à faire beaucoup. Il a donc sa place dans le clan des malchanceux.

Et on termine par Daredevil. Effectivement il n'a pas de veine, mais ce sont surtout ses petit