30 juillet 2007

Made in Future

Le Ultimate X-Men #40 de ce mois voit l'introduction de deux personnages bien connus dans l'univers classique : Cable & Bishop.

Pas le temps de souffler pour les X-Men puisque après Magician, c'est maintenant Cable qu'ils doivent affronter. Le type est particulièrement doué pour le combat, bardé de gadgets fort utiles et surtout, il veut occire Charles Xavier. Pour l'instant, ces deux épisodes ne nous apprennent pas grand chose, même l'arrivée - tardive - de Bishop ne nous en dit guère plus sur les motivations des deux mutants venus du futur.

Voilà l'occasion en tout cas pour Robert Kirkman (et Ben Oliver au dessin) d'introduire la version Ultimate de nouveaux personnages. Reste tout de même que le début de cet arc laisse un peu le lecteur sur sa faim. Rien d'extraordinaire disons. Et depuis que l'on sait de quoi est capable Kirkman avec son "The Walking Dead", on est en droit d'attendre un peu mieux de sa part.

Pour ce qui est de l'édito de Christian Grasse, c'est bien simple, c'est de pire en pire. Il nous explique que l'épisode #75 (présent donc ici en VF), aux Etats-Unis, s'est signalé par une cover de Michael Turner (que vous pouvez admirer en cliquant ici), une longueur exceptionnelle et un bonus dont il ne nous dit rien car il fait, ensuite, un point sur la situation mais ne reviendra jamais sur le sujet. Pour la "longueur exceptionnelle", l'épisode #75, publié ici, est tout à fait "normal", soit un classique 22 planches. Pour le bonus, nous n'en savons donc rien, par contre, Panini nous en offre un, à la fin du mensuel : 2 planches issues du deuxième annual des UXM. Rien à voir donc avec le bonus précité qui correspondait, lui, au Ultimate X-Men #75. Rien à voir non plus avec une longueur "exceptionnelle" (deux planches en plus, mazette, on ne recule devant rien chez les paniniens !).

Bon, voilà donc un numéro sympa mais sans plus, dommage, Kirkman avait bien mieux commencé sur les Ultimate X-Men avec un arc plus intimiste qui permettait, au lieu des sempiternels (et souvent ennuyeux) combats de savourer quelques scènes approfondissant le caractère des personnages (après tout, même les héros ne passent pas tout leur temps libre à se battre). Plutôt que les complots, les voyageurs du futur ou les menaces extraterrestres, il est appréciable parfois de suivre les interactions qui peuvent avoir lieu entre les X-Men, ce qui permettrait, par la même occasion, de poser un peu plus des persos fort nombreux qui restent, bien souvent, inintéressants pour le profane par manque d'identification.

28 juillet 2007

Offensives diplomatiques

Le X-Men Extra #63 regroupe 4 épisodes de la série Black Panther et nous permet de constater que le Wakanda semble ne pas vouloir rester neutre dans le conflit qui déchire la communauté des surhumains aux Etats-Unis.

Après leur mariage, Black Panther et Tornade partent en tournée diplomatique et rencontrent les principales puissances opposées à Tony Stark. Le petit périple commence par la Latvérie de Fatalis, puis nos deux jeunes mariés s'envolent pour la lune afin d'y rencontrer Blackagar Boltagon, le roi des Inhumains. Ils continuent en se rendant en Atlantis où Namor propose carrément à T'challa de prendre la tête d'une coalition internationale opposée à la loi de recensement US.
Enfin, le couple royal fait un déplacement plutôt agité à Washington ou un incident diplomatique a lieu lorsque Ororo refuse de se faire recenser (sa nationalité américaine l'obligeant à respecter cette loi malgré son immunité).

Reginald Hudlin signe le scénario de ces épisodes. Les dessins sont partagés entre Scot Eaton et Manuel Garcia. Ce dernier ne semble pas être un maniaque de la finition, certains personnages, lorsqu'ils sont "vus de loin", étant particulièrement ratés, c'est à dire particulièrement laids et avec des proportions approximatives.
Pour ce qui est de l'adaptation française, signalons une nouvelle traduction hasardeuse concernant les brumes tératogènes (cf une explication plus complète ici) ainsi qu'une inversion de texte lors d'un dialogue. Dans le dernier épisode, ce que dit Black Panther est attribué au fonctionnaire qui souhaite faire signer un document à Ororo et inversement.

Voilà une histoire agréable, surfant bien sur les évènements récents, mais souffrant de petites faiblesses graphiques. Les personnages intervenants sont habilement introduits, évitant ainsi l'impression de catalogue un peu confus qu'avait laissé un FF : The End.
La suite est prévue, toujours en X-Men Extra, pour la rentrée.

25 juillet 2007

Ultimates : Independence Day

La deuxième saison des Ultimates se termine dans le Ultimates #29 sorti ce matin. Ce dernier épisode, relativement long (35 planches), voit donc la fin du long run de Mark Millar et Bryan Hitch.

Tout d'abord, sachez qu'en plus des 35 planches mentionnées plus haut, l'on retrouve une octuple - et magnifique - planche au milieu du comic. Christian Grasse appelle ça un "poster" et nous conseille même de l'accrocher dans nos chambres (pourquoi diable pense-t-il toujours s'adresser à des gamins ?). Alors, évidemment, je vous le déconseille. D'une part parce qu'il s'agit d'une scène, grand format, parfaitement intégrée à l'histoire, d'autre part parce qu'au dos des première et dernière pages de cette scène se trouvent des planches "normales" de l'épisode. Autrement dit, à moins de se foutre éperdument d'avoir un livre mutilé, je ne vois pas bien comment même les plus jeunes pourront décorer leurs murs avec ça.

L'histoire est bien menée, le graphisme de Hitch est somptueux et, bien sûr, l'épopée continuera avec cette fois Loeb et Madureira aux commandes même si, dans un premier temps, ce ne sera pas la troisième saison que nous pourrons lire dans Ultimates mais le crossover Ultimate Power qui verra les membres de l'Escadron Suprême débarquer dans l'univers de nos héros. Une rencontre que l'on nous promet explosive et qui est écrite par Bendis, Straczynski & Loeb et dessinée par Greg Land.

Notons qu'en bonus nous avons droit à toutes les covers (en mini format) des deux saisons écoulées ainsi que deux pleines pages reprenant les covers des Official Handbooks consacrés à l'univers Ultimate.

ps : Je signale également qu'un numéro hors série de Comic Box est sorti aujourd'hui et qu'il contient un what if de 36 planches consacré aux X-Men et contant ce qui se serait passé si l'équipe de Vulcan (le frère de Cyclope) avait survécu après le petit séjour sur l'île de Krakoa, le tout par David Hine et David Yardin. Bon gros dossier sur Heroes également.

23 juillet 2007

Sea, sex and Hulk

Bon, autant être franc, je n'ai rien préparé. ;o)
J'ai essentiellement, ces jours-ci, écrit, corrigé, lu et relu des textes mais...pas pour ce blog. Du coup, je me rabats sur les chiffres de ventes, histoire d'avoir quand même un truc à vous dire (en même temps, j'ai l'impression qu'il n'y a de toute façon pas grand monde ici pendant les vacances). Ah, j'ai oublié de le signaler, le binz dont je me servais auparavant pour les statistiques ne fonctionne plus. Non seulement je n'ai plus de chiffres de fréquentation depuis début juin mais en plus, le script que j'utilisais me fichait un foin pas possible dans l'affichage des pages, j'ai même dû supprimer le petit compteur qui affichait le nombre de connectés en temps réel. Bah, tant pis.

Ouais donc, les ventes de comics pour le mois de juin (aux US hein).
C'est bien simple, le top 5 est 100% Marvel.

1. World War Hulk #1 - 178 408 exemplaires
2. New Avengers #31 - 160 911
3. X-Men #200 - 136 672
4. Fallen Son : Spider-Man - 133 956
5. Dark Tower : Gunslinger Born #5 - 132 090

Joli carton non ? En même temps, toutes les recettes idéales sont là : un bon gros crossover, les Vengeurs, un numéro anniversaire, Spidey et Stephen King. En face, tu peux toujours t'aligner...
DC arrive quand même 6ème avec la JLA et 129 265 ventes. Amazing Spider-Man défend chèrement sa place en 8ème position avec 108 284 acharnés !
Iron Man et Ultimate Spider-Man marchent bien également (plus de 70 000 exemplaires écoulés chacun) mais sont déjà 20ème et 23ème. 40 000 pour Ms. Marvel, 37 000 pour X-Factor, tout cela se maintient plus ou moins.
29 000 pour le premier Avengers Classic dont je vous avais touché un mot, début mai, ici (depuis, l'on sait que le second mensuel généraliste VF - ou Icons bis - sera appelé Marvel Heroes...tiens, ça me dit quelque chose, ça carbure hein chez Panini ?).
Tout le palmarès est disponible en détails sur icv2.com, le site des gens qui sont gentils, intelligents et beaux. ;o)

Hmm, sinon, au cas où ça se verrait trop que je fais des compliments idiots quand je n'ai rien à dire, je rappelle que l'excellente série Heroes a débuté sur TF1 et que ça n'empêche pas de suivre Koih Kiya?, se déroulant cette année sur l'archipel de Jailadal. Je rappelle le principe : une personne peut gagner son poid en tickets de bus demi-tarif si elle parvient à ne manger que des vers pendants 8 semaines. En parallèle, vous pouvez également suivre Chelou Story, une émission de l'extrême dans laquelle des gens peuvent gagner 10 millions d'euros en citant la constellation (inconnue jusqu'àlors) du "Petit Ourson" ou en se déhanchant d'une manière vulgaire sur une barre de strip-tease dans des postures aussi excitantes et évoluées que les dernières manoeuvres de l'armée albanaise.
Truc de ouf* non ?

* Truc de ouf TM - © tous droits réservés - "Truc de ouf" est une expression déposée réservée aux call-girls, chippendales, hommes de compagnie, escort-girls, strip-teaseuses et ass-shakers. Son utilisation, en dehors des stricts abrutis ayant un QI inférieur à celui d'une soupe à la tomate, même tiède, est strictement réglementée sauf sur les plates-formes pétrolières où, là, franchement, c'est la zone et on a le droit de dire ce que l'on veut, même des trucs de pignoufs de plage ayant arrêté leur scolarité avant d'avoir eu leurs premières dents de lait.

19 juillet 2007

Penance

Attention : gros spoiler à l'intérieur !

Robert Baldwin a connu un destin étonnant.
Lorsqu'il débute sa carrière, au sein des New Warriors, il n'est guère qu'un héros secondaire, peu connu et doté d'un pouvoir relativement mineur. En effet, alors qu'il officie sous le nom de Speedball, il peut créer un champ d'énergie lui permettant d'absorber l'énergie cinétique (et non "kinétique", comme je le vois souvent sur certains sites et qui ne veut rien dire en français) dirigée contre lui. Son look de jeune encapé, entouré de bulles et oeuvrant dans un costume bleu et jaune très flashy n'en fait guère quelqu'un d'impressionnant.
En fait, il est voué à disparaître tellement il est plat et sans intérêt, d'autant que son équipe n'est pas non plus la plus passionnante.
Lorsque Civil War survient, cela change tout pour Robbie. Les évènements de Stamford le placent au coeur d'une des plus grandes tragédies civiles que les Etats-Unis aient connus. Alors qu'on le croyait mort, le voilà retrouvé vivant mais sans pouvoir, puis incarcéré.
C'est à ce moment que le héros, le vrai, de la trempe de ceux qui créent les légendes, se révèle alors.

Baldwin refuse tout d'abord de troquer sa remise en liberté contre ses principes et s'obstine à ne pas signer le Superhuman Registration Act. Abandonné par ses propres parents, considérés comme l'homme le plus haï d'Amérique, Robbie affronte avec courage des conditions de détentions épouvantables. Là où il va rejoindre - bien involontairement - l'histoire, c'est quand Reed Richards va lui proposer de s'exprimer publiquement devant le congrès et qu'il sera abattu durant son transfert. L'assassinat reprend, point par point, les circonstances du meurtre, bien réel, de Lee Harvey Oswald et prend, tout à coup, une résonance aussi malsaine que fabuleusement inventive.
On s'imagine alors que l'on en reste là. Un héros de seconde zone sacrifié avec beauté. Pourquoi pas, c'est sans doute ce que l'on pouvait rêver de mieux pour le personnage de Speedball. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises...

Alors que Baldwin est sur le point de mourir, voilà qu'on nous le ramène sur le devant de la scène.
On pourrait facilement penser que cette résurrection de plus, nullement fondée par l'importance du personnage, est une preuve de faiblesse mais...heureusement, non !
Car Speedball n'est plus et laisse la place au bien nommé Penance, la nouvelle identité d'un Baldwin aux limites de la folie et incorporé dans les nouveaux Thunderbolts (avec, entres autres, Venom, Bullseye, le Bouffon Vert ou encore la jolie Songbird). Son nouveau look est déjà original mais ses capacités récentes encore plus. Figurez-vous qu'il tire son nouveau pouvoir de la douleur physique qu'il éprouve. Plus il souffre, plus il devient puissant. D'où son costume hérissé de pointes et très tendance "sado-maso".
D'un personnage insipide et insignifiant, voilà que Baldwin devient subitement un héros torturé et très politiquement incorrect, dans le plus pur style d'un Spawn, les démons en moins. Les démons infernaux en tout cas, car les démons intérieurs sont bien présents chez Baldwin, ce dernier souffrant autant de la mort de ses anciens compagnons que de sa responsabilité dans le massacre des innocents de Stamford.
Ou comment faire d'un Speedball que personne ne connaissait un Penance prometteur que l'on pourra suivre dans le mensuel Spider-Man, la nouvelle série des Thunderbolts prenant bientôt la place de Marvel Team-Up.

ps : ajout du Dr Strange dans les figurines Marvel

Un monde en Paix : Infos

Il ne s'agit pas ici de la suite de l'histoire mais de quelques renseignements sur les nombreux personnages et l'univers de "Un Monde en Paix".





PERSONNAGES

Amber Bendis : C’est la blonde de service. Une fille gentille et belle comme l’on rêve tous d’en rencontrer. Elle peut voler mais maîtrise mal son pouvoir. Elle a actuellement 20 ans. Etant orpheline, elle a très mal vécu le fait d’être baladée de famille en famille lorsqu’elle était jeune. La section de Supras est pour elle un cocon presque rassurant où, pour la première fois, elle pense pouvoir tisser des liens avec des gens qui comptent pour elle.
Statut : actuellement en vie.

Ebenezer Straczynski : Ce jeune homme a devancé l’appel obligatoire pour tenter d’être leader de section. Il a 19 ans et peut se rendre intangible, sans pour autant permettre à ceux qu’ils touchent de phaser à leur tour. Il n’aime guère le cadre rigide de l’armée mais espère pouvoir y oublier sa période scolaire désastreuse sur le plan relationnel.
Statut : actuellement en vie.

Michael Loeb : C’est le Superman ou l’Hyperion du groupe (bien qu’il ne vole pas). Sa force est immense. Malgré tout, il reste fragile sur le plan psychologique. C’est sans doute, malgré ses 21 ans, le plus « gamin » de la bande dans le sens où il recherche une reconnaissance si intense qu’elle peut se comparer à l’amour qu’il pense ne pas avoir reçu plus jeune. A part Blitz, c'est le plus "innocent" du groupe, il fait souvent preuve d'une bonté touchante et naïve.
Statut : actuellement en vie.

Angelina David : 20 ans, brune, mignonne et pas farouche. Angelina possède un 6ème sens capricieux (elle ressent des choses mais peine à situer vraiment les évènements dans le temps, à plus ou moins long terme) et des sens classiques surdéveloppés dont elle ne voit que très rarement l’utilité.
Exemple :
- Explique, ça te fait quoi tes sens boostés alors ? demanda Michael.
- Ben, quand tu me parles dès le matin, avant de t’être lavé les dents, j’ai envie de crever.
- Heu…tu rigoles ?
- Non.
- Ah, désolé alors.
- Laisse tomber, c’est à mes gênes que j’en veux.

Il est intéressant de noter que son pouvoir n’en a pas encore fini d’évoluer et qu’elle possède un 7ème et un 8ème sens encore en sommeil, ce qui aura une importance cruciale par la suite.
Statut : actuellement en vie.

Timothy Millar : Télépathe puissant, major de sa promotion et chef de section à seulement 19 ans. Grand sentiment de supériorité envers tout et tout le monde. Réactions imprévisibles lorsqu’il est mis en échec. Moralité…relative, au bas mot. Mieux vaut ne pas s'en faire un ennemi. Il pense être amoureux de Amber mais aimerait surtout la "remporter" comme un trophée.
Statut : actuellement en vie.

Ronald Kirkman : Métamorphe. Ne peut reproduire les pouvoirs. A toujours profité, au moins un peu, de ses capacités pour son compte personnel. Aimerait se sortir entier, et gradé si possible, de son passage à l’armée.
Statut : actuellement en vie.

Terrance Claremont : Il pratique la télékinésie depuis si longtemps que malgré son jeune âge (19 ans), il est sans doute l’un de ceux qui maîtrisent le mieux son pouvoir au sein de la 654ème section d’infanterie suprahumaine. Il déteste la violence et peut-être plus encore les pouvoirs, surtout le sien. La normalité est son plus grand rêve.
Statut : coma profond.

Sergent Bagley : Un brave type, sans autre pouvoir que celui de faciliter la vie, lorsqu’il le peut, des jeunes recrues dont il s'occupe.
Statut : actuellement en vie.

Lieutenant Moore : Typique du fonctionnaire absolument pas à sa place, Moore considère les Supras dont il a la charge comme une liste technique de pouvoirs sans âme. Plus que réellement mauvais, il s’avère surtout inconscient.
Statut : actuellement en vie.

Blitz : Télépathe surpuissant et autiste de haut niveau, Blitz n’est nullement retardé intellectuellement. Il a par contre les pires difficultés à tisser des relations sociales avec autrui. Il ne comprend pas la plupart des sentiments courants qui régissent la vie des « normaux ». Il a néanmoins appris à imiter certains sentiments en regardant des films. Il peut donc parfois faire semblant de les éprouver si la situation qu’il vit lui semble familière. Bon comme le bon pain, il est chargé de surveiller et de maîtriser Tim Millar dont il est la quasi antithèse.
Statut : actuellement en vie.

Starlighter, Hurricane et Balltrap : les Premiers, ou Supras de la première vague, utilisés dans les années 60 pour contrer la menace soviétique. Ils permirent de liquider Castro et de renverser le gouvernement russe mais échouèrent dans la protection de l’Europe de l’ouest qui fut dévastée par les frappes nucléaires soviétiques. L'Amérique, de leader du monde libre, s'en retrouva leader du monde tout court, ce qui fit dire à certains que l'échec était peut-être voulu.
Statut : décédés ou portés disparus

Stanley Lieber : Premier télépathe américain, membre de la "première vague" et éminent professeur en Techniques Intrusives & Protection Mentale. Auteur d'un livre de référence sur la classification des secteurs mentaux, seul explorateur connu, à ce jour, du mythique Secteur 6.
Statut : officiellement retraité, conseillé spécial auprès de la Maison Blanche pour les questions suprahumaines.

Le "Trench-Coat" : Supra de haut rang ayant la capacité de déclencher des émotions violentes chez les personnes qu'il côtoie.

Général Arthur "Mickey Mouse" Stiegelman : Patron des Capuchards. L’homme est plutôt discret, on lui connaît peu de hobbies si ce n’est une vieille habitude d’étudier le comportement des souris, rongeurs qu’il affectionne particulièrement.





LEXIQUE

Supras : Humains génétiquement surdoués dotés de pouvoirs. Abréviation de Suprahumains. L'apparition de ces êtres exceptionnels a profondément bouleversé les rapports sociaux, politiques et économiques dans le monde.

Powertown : Surnom d'une des bases d'entraînement des Supras.

OML (puis, plus tard OMLRG) : Groupe terroriste (ou mouvement de résistance, suivant les opinions) hétéroclite fondé à l'origine par une poignée d'officiers du KGB et puisant ses ressources dans les débris de l'armée russe. Les initiales signifient Organisation Mondiale pour la Liberté (puis Organistation Mondiale pour la Liberté et le Respect Génétique). A partir des années 70, la Chine peut également aligner des Supras et devient, en raison de son soutien financier à l'OML, la cible des Etats-Unis. Après la victoire militaire US, les Supras chinois rejoignent l'OML qui devient l'OMLRG. L'organisation possède des groupes autonomes en Afrique et en Amérique du sud, des continents sur lesquels elle est responsable de nombreux massacres de civils. Divisée en petites cellules indépendantes, très mobiles et utilisant un ou deux Supras, les groupes de l'OMLRG sont la principale cible des Supras occidentaux, entraînés par l'US Army.

GPM : Gouvernement Provisoire Mondial. Après les frappes soviétiques sur l'Europe, l'occident est traumatisé par l'horreur et l'étendue des massacres. Les Etats-Unis, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Brésil se retirent de l'ONU, considéré aussi impuissant que l'ex-SDN, et fondent alors un gouvernement mondial dont les buts sont de porter secours aux survivants des frappes en Europe et d'annihiler toute menace restante. Les moyens suprahumains sont mis en commun. Après trente années de "provisoire", le GPM prend le nom de Gouvernement Populaire Mondial.

Croisés de la Sainte Eglise : Groupuscule extrémiste religieux considérant que seul Dieu peut se voir doté de "pouvoirs". Ils cherchent essentiellement à exterminer les Supras. Toutes les grandes religions ont condamné ce mouvement d'illuminés violents et sectaires.

Capuchards : Terme officieux désignant les agents chargés de contrôler les plus puissants Supras. Le nom provient d'un système protégeant les agents des intrusions psioniques. Cet équipement, pour fonctionner, doit être porté près du visage et posséder une surface suffisamment grande, d'où son apparence de capuche. Ce système, officiellement appelé SBPG (Système de Blocage Psionique Global), s'avérant couteux sans pour autant être doté d'une grande efficacité, son utilisation a été progressivement abandonnée. Le surnom, lui, est resté.




Les petits trucs en plus...

1. Les noms
Comme l’a remarqué Ber dans un commentaire, tous les noms des personnages font référence à des auteurs ou dessinateurs connus dans le monde des comics. J’utilise souvent des noms qui ont un sens dans mes histoires, c’est la première fois que ce sens est aussi évident à comprendre mais c’est également la première fois que je souhaite également rendre une sorte d’hommage au travail de ces gens, à la fois si proches et si lointains.
2. La notion de temps
Les chapitres ne sont pas linéaires, autrement dit, ce qui est conté ne l’est pas forcément toujours du passé vers le futur. Si quelque chose n’est pas compréhensible, c’est peut-être que j’ai merdé à un endroit mais la plupart du temps ce sera parce que vous n’avez pas encore lu les chapitres suivants. Autrement dit, c’est fait exprès. Et quand c’est pas le cas, je m’arrangerai pour que ça le devienne. ;o)
3. La politique
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, elle n’a, dans cette histoire, un rôle que très secondaire. Il ne s’agit pas d’une aventure globale avec un monde entier qui évolue mais bien d’une histoire de quelques jeunes, immergés dans un contexte particulier. L’aspect uchronique n’est là que pour donner des points de repères et éventuellement ajouter du crédit à certains personnages.
4. Le sexe
Cela peut paraître omniprésent mais il n’est en fait que simplement « non caché ». Dans la vie réelle, il prendrait une place importante dans ce qui arrive à ces personnages. Il est donc intéressant d’intégrer cette dimension pour les rendre plus proches de nous (et pour justifier parfois certaines actions).
5. Les chapitres
Ils sont volontairement brefs (même si je sais que pour certains c’est déjà bien long à lire) et se terminent, autant que faire se peut, par un cliffhanger, autrement dit un truc qui vous donne envie de lire la suite. Pour l’instant, il s’agit aussi de présenter les personnages, de manière à ce qu’ils évoquent quelque chose pour le lecteur. Le cliffhanger traditionnel (de situation) est donc parfois remplacé par une révélation sur le fond d’un personnage.





Structure interne de l'Esprit à l'usage des télépathes

Secteur 1 (La Porte)
Lieu de connexion avec l'esprit d'un individu. Siège de la mémoire vive. Peu ou pas lisible.
Secteur 2 (L'Ecran)
Mémoire à long terme. Film, parfois incomplet, de la vie d'un sujet. Lecture facile et basique.
Secteur 3 (La Source)
Siège des centres vitaux. Structure labyrinthique et fragile confinant au "merveilleux".
Secteur 4 (Le Coeur)
Centre des émotions.
Secteur 5 (Le Bureau)
Centre de stockage des pensées logiques et ordonnées. S'y trouve des milliards de données, même "oubliées" par le Secteur 2. Lieu de prédilection des télépathes confirmés.
Secteur 6 (La Matrice, anciennement appelé Graal)
Siège d'une structure mentale superposée abritant ce qui peut s'apparenter au Ça, au Moi et au Surmoi.
Secteur 7 (actuel Graal)
Existence hypothétique. La plupart des religions ayant intégré le concept de l'exploration télépathique en font un lieu divin et paradisiaque.

NB : Les secteurs ne sont pas "empilés" les uns sur les autres mais rayonnent à partir de la Porte. Seul le Secteur 6 dispose d'une structure à "étages" dont la "hauteur" des niveaux semble définir leur complexité (et leur dangerosité).




Classification des Supras

Classe E
Pouvoirs mineurs et peu utiles, altérations du comportement ou du physique relevant de l’handicap.
Classe D
Pouvoir unique aux finalités peu importantes.
Classe C
Dons peu maîtrisables ou relevant de domaines peu exploitables.
Classe B
Pouvoir(s) important(s), capacités nécessitant un encadrement légal strict.
Classe A
Pouvoir(s) majeur(s), « super-héros » populaires, êtres nécessitant une procédure de neutralisation en cas de comportement déviant.
Classe A+
Pouvoirs immenses et multiples, individus traités par la section des capuchards.
Classe A++
Dieux et assimilés – données non accessibles – Secret Défense.

18 juillet 2007

Le retour du Bouffon Vert

Le 6ème volume de Spider-Man : Les Incontournables est sorti en kiosque aujourd'hui, on y retrouve notre Tisseur aux prises avec son vieil ennemi le Bouffon.

Le fascicule contient un épisode de 1971 écrit par Stan Lee et dessiné par Gil Kane. Bizarrement, il n'y est pas question du Bouffon mais d'une émeute dans une prison. On y voit également Peter filer le parfait amour avec la jolie Gwen Stacy.

Le livre contient, lui, 6 épisodes d'Amazing Spider-Man (du #96 au #98 puis du #121 au #123). Toujours Lee au scénario ainsi que Gerry Conway. John Romita Sr et Gil Kane se partagent les dessins.
Cette fois, le Bouffon Vert rentre en scène et fait des dégâts puisqu'il enlève la jolie Gwen avant de la balancer du haut du pont George Washington. Oui, vous l'aurez compris, nous avons ici la scène mythique qui a traumatisé toute une génération de fans. Outre ce moment important dans la vie de Spidey, on notera également l'apparition de Luke Cage (à l'époque où il portait encore des chemises d'un jaune fluo du plus bel effet).

Bon, pas de surprise, tout cela est très vieillot tant sur le plan du graphisme que de la narration (ça date quand même du début des années 70). Pour ceux qui l'auraient ratée en Intégrale (ou même à la grande époque), voilà tout de même l'occasion d'assister à la mort de la pauvre Gwen. Un moment important donc et un comic qui doit être pris comme une pièce de collection, désuète et nostalgique, plus que comme un récit indémodable.

Un monde en Paix (partie 4)

Chapitre 8

Ronald s’en était toujours sorti. Il s’en sortit lorsqu’il s’aplatit alors que ce camion fou fonçait vers lui et qu’il n’avait plus le temps de bouger, son skateboard continuant, seul, à dévaler la côte qui menait vers la maison familiale. Il s’en sortit lorsque, ce soir là, alors qu’il était tard, il prit une taille démesurée, mettant ainsi en fuite les deux types qui en voulaient à son argent de poche. Il s’en sortit aussi lorsqu’il coula lentement, comme du chewing-gum, de la fenêtre de sa chambre, pour échapper à l’incendie qui était en train de tuer ses parents. Et puis, outre le fait de s’en sortir dans des situations merdiques, parfois, il s’octroyait un petit plaisir. Comme cette soirée où il avait dragué sans succès une lesbienne dans un bar chic puis était revenu en fille pour se taper cette nana qu’il voulait tellement. C’était mal ? Il n’en savait rien.
D’un point de vue moral, peut-être. Quand il se transformait, il mentait d’une certaine façon. D’un point de vue technique, il faisait ce que toutes les espèces faisaient sur terre depuis des lustres : il s’adaptait.
Et puis, se transformer en flic pour voler les économies d’une petite vieille, là d’accord, ça serait mal. Mais, s’arranger un peu pour draguer…pourquoi pas ?
Le « un peu » était important.
Ron pouvait prendre toutes les formes mais il apprit rapidement que deux contraintes essentielles le limitaient. D’une part, les formes complexes demandaient une grande concentration, ce qui l’empêchait de pouvoir agir normalement s’il imitait quelqu’un dont il ne connaissait pas parfaitement la forme. D’autre part, plus ce qu’il imitait était différent de lui, moins il pouvait faire durer l’imitation.
Ron avait toujours eu un grand nez. Il pouvait le raccourcir artificiellement et cela pendant des heures. Par contre s’il modifiait son corps entier…le temps dont il disposait était beaucoup plus bref. C’est avec Jessica, la lesbienne du bar, qu’il s’en rendit compte.
Une demi heure pour la draguer et faire connaissance. Un bon quart d’heure pour arriver chez elle. Une dizaine de minute pour boire un verre. Et c’est quand ils en vinrent aux choses sérieuses que tout se compliqua.
Alors que Jess lui roulait une pelle qu’il ne serait pas près d’oublier, il avait senti comme un chatouillis sur ses épaules. Ron avait ouvert un œil et avait pu constater que ses longues et fausses mèches blondes rétrécissaient subitement. Ce n’était d’ailleurs pas le pire, ses mains s’élargissaient et ressemblaient de plus en plus à celles d’un bûcheron plutôt qu’aux fines et douces mimines de la Carol qu’il avait prétendu être. Il tenta de maintenir mentalement le subterfuge mais fut rapidement obligé de céder.
Cette fois là aussi il s’en sortit. En prenant ses jambes à son cou pendant que Jessica hurlait, horrifiée à l’idée de voir son coup d’un soir se transformer en camionneur minable.
A partir de ce jour là, Ronny sut que le temps était un facteur important. Cela eut deux conséquences dans sa vie de jeune adulte : il s’acheta une montre et n’accorda, par la suite, qu’une place très secondaire aux préliminaires.



Chapitre 9

Michael lâcha les haltères. Cinquante kilos sur chaque bras, plusieurs centaines de mouvements et il n’avait toujours pas de crampe. Ni même un début de fatigue. Le sergent lui donna quartier libre, satisfait apparemment de son entraînement.
- Ok Iron Mike, fit Bagley le sourire aux lèvres, je crois que ces poids n’auront pas raison de toi. C’est bon pour aujourd’hui. Tu peux aller te détendre.
- Merci sergent.
Michael reposa la fonte et regarda ses mains. D’énormes paluches incassables à la peau dure et pleine de callosités. Quand ils s’étaient tous retrouvés dans la merde en Sibérie, il avait joué un rôle important. C’est lui qui avait frappé le sol, encore et encore, pour creuser un abri. Mais il n’avait eu aucune reconnaissance. Personne ne lui avait même demandé si ça allait. Quant aux filles...Amber avait remercié Terry et Angelina semblait n’en avoir que pour le télépathe.
Michael se dirigea vers les douches, heureux d’être ici, enfin dans son élément, mais déçu d’être si peu aimé. Il se déshabilla rapidement, rentra dans une cabine et se laissa apaiser par l’eau. Lorsqu’il était petit, c’était déjà ainsi. Il était craint, respecté, mais il ne s’était jamais senti vraiment aimé. Il savait pourquoi. Cela remontait à cette soirée. Une soirée géniale qu’il avait passé avec son père à jouer sur de vieilles consoles. Surtout un vieux truc qui datait du temps de son père. Une sorte de course avec des karts dans laquelle on pouvait balancer des coquilles de tortue ou faire rétrécir les autres concurrents, c’était tellement drôle ! Ils avaient joué jusqu’à minuit ! Minuit, c’était une heure incroyable pour Michael. La première fois qu’il veillait si tard en semaine.
Lorsqu’il avait quitté sa chambre et qu’il était redescendu, un peu plus tard, pour aller se chercher un verre d’eau dans la cuisine, il avait entendu sa mère faire des reproches à son père.
- Tu te rends compte de l’heure qu’il est ? Il a école demain, tu ne peux pas le faire veiller si tard.
- Eh, il ne voulait pas aller se coucher ! Est-ce que tu as bien saisi la situation ? Il pourrait m’écraser la tronche s’il le voulait ! Et il n’a que onze ans !
- Voyons, il ne ferait jamais ça, tu le sais bien, il t’aime.
- Il m’aime ? Mais, c’est un…un monstre ! Il me fiche la trouille.
- Comment est-ce que tu peux parler comme ça ? Tu sais bien que…
Tout s’était brouillé à cet instant. Pire même, quelque chose s'était déchiré, physiquement. Pour faire aussi mal, mince, ça devait même être gros et important. Le genre de truc que les parents sont censés protéger...du moins...tant qu'ils vous aiment.
Un monstre. Voilà ce que papa pensait de lui. Il…jouait avec lui parce qu’il avait peur…peur de sa réaction.
Ce soir là, lorsque Iron Mike rejoignit sa chambre, en silence, du haut de ses onze ans, il sut, pour la première fois, que l’on pouvait lui faire mal et briser l’incassable.
Un monstre…
Il ne montra plus le même enthousiasme pour les jeux vidéo mais continua de jouer parfois.
La peur…
Il ne fut plus jamais le même en présence de son père mais continua à l’aimer, un peu par habitude et puis un peu aussi parce qu’à son jeune âge, il ne pouvait pas encore le comprendre vraiment, juste lui pardonner.
Peut-être que dans ce trou merdique là-bas, lorsqu’ils avaient tous eu si froid, peut-être qu’ils l’avaient aussi tous aimé par habitude mais qu’au fond d’eux, ils le craignaient et le prenaient pour un monstre.
Oui. Peut-être.
Et peut-être aussi qu’il allait passer sur tout ça comme il avait passé sur l’épisode avec son père.
Peut-être.

Un monde en Paix (partie 3)

Chapitre 6

Tim se fichait bien du lieu. Tout comme il se fichait d’Angelina. Ok, elle était jolie avec ses yeux verts et sa petite frimousse, mais elle ne le branchait pas plus que ça. Du coup, les toilettes de Powertown, le plus connu des centres de formations pour Supras, faisaient bien largement l’affaire. Et cette fois, Blitz n’y pouvait rien.
- Non.
- Quoi non ?
Après trois semaines d’abstinence dans cette caserne, Tim avait fini par jeter son dévolu sur Angelina. Il préférait avoir Amber « à la régulière », mais pour Angelina, il n’était pas contre une petite suggestion mentale.
- Tu n’entres pas plus loin.
C’était encore une fois ce con de Blitz. Toujours à fouiner et empêcher de tourner en rond. Tim se demandait d’ailleurs d’où il opérait. Il voyait parfois son image mentale mais jamais lui en personne. C’était étrange. Tim avait toujours eu besoin de voir la personne qu’il lisait mais cela ne semblait pas être le cas de Blitz.
- Casse-toi, c’est un truc pour grande personne, ronchonna Tim.
- C’est le siège de ses émotions, tu n’y vas pas.
Et effectivement, encore une fois, ce salopard d’autiste l’avait contré. Verrouiller les esprits semblait être une seconde nature chez lui. Tim tâtonnait encore la plupart du temps, il fallait rentrer, trouver un chemin logique, passer des barrières, surfer sur des pensées inconscientes aussi violentes que des tsunamis…cela n’avait rien d’évident. Blitz, lui, était dans son élément. Il ouvrait et fermait les portes, dressait des murs, contournait les obstacles. Et rapidement avec ça. Tim n’avait vu cela qu’une seule fois auparavant dans sa vie. Dans un tournoi d’échec. Un champion, dont il avait oublié le nom, jouait simultanément contre une quinzaine d’adversaires en maîtrisant parfaitement toutes les parties. Ce n’était pas un Supra, il n’en était donc que plus impressionnant. Blitz était aussi rapide, semblait tout aussi à l’aise, quelle que soit la complexité des chemins que Tim empruntait. Lorsqu’il avait voulu faire naître, dans l’esprit d’Angelina, l’idée de coucher avec lui, Blitz l’avait contré avec une aisance déconcertante.
En fait, quand Tim se déplaçait dans la psyché de quelqu’un, il ressemblait à un petit point suivant une ligne tremblotante. Blitz, lui, avait l’apparence d’une boule lumineuse traçant de parfaites lignes droites. Tim était plus qu’agacé par son infériorité. Et il n’en savourait que plus ce moment.
Contre toute attente, Angelina ne demandait pas mieux qu’un petit moment d’intimité avec lui. Tim n’avait pas pu la forcer psychiquement alors il avait tenté sa chance d’une manière plus normale.
- Heu…Angelina, je suis désolé de…m’être énervé la semaine dernière, quand…tu m’as questionné.
- Pas grave, répondit-elle dans un sourire désarmant.
- Heu…je me demandais…si…
Tim s’arrêta là. Quel imbécile il faisait, ils étaient dans une caserne, il ne pouvait donc nullement l’inviter à dîner ou au cinéma.
- Oui, répondit Angelina.
- Oui ? Oui…quoi ?
- Je suis d’accord.
- J’ai encore rien demandé.
- Je sais ce que tu veux. Je le veux aussi. On va où ?
Et c’est ainsi que Tim s’était retrouvé à tirer son coup dans les toilettes du camp. Sans que Blitz n’y puisse rien cette fois. Mais sans qu’il puisse totalement détacher son esprit de cet autiste qu’il rêvait de vaincre.
Lorsque tout fut terminé, Tim se rhabilla sans un mot.
- Je suppose que ça…nous engage à rien ? demanda Angelina.
- On est dans une caserne, même si je…enfin, je veux dire, évidemment que ça nous engage à rien.
- Tu allais dire « même si je le voulais » ?
Tim se renfrogna.
- T’as un sixième sens non ? Tu le savais dès le départ que c’était juste pour le fun.
Angelina regarda le jeune homme, les yeux brûlant autant de tristesse que de rage.
- Ouais, je le savais. Mais je n’appellerais pas ça du « fun » moi. Juste…une façon d’assouvir des instincts bestiaux. Mais c’est vrai, j’ai été sans doute bien naïve d’attendre plus.
Tim ouvrit la porte des toilettes, fit mine de sortir puis se retourna vers sa partenaire.
- Angelina, je t’ai levée en trente secondes et on vient de baiser dans les chiottes. Si tu t’attendais à autre chose, je n’appellerais pas ça de la naïveté moi.
Il partit ainsi, laissant la jeune fille bouleversée, autant par le fait d’être traitée ainsi que parce qu’elle pensait, en dépit du bon sens, qu’elle commençait à éprouver quelque chose pour ce rustre.





Chapitre 7

Le lieutenant avait fait un long speech sur ce premier exercice extérieur censé développer leur esprit d’équipe mais personne n’avait mesuré réellement la violence de ce qui allait les attendre. Angelina l’aurait pu mais elle était encore trop troublée pour faire bien attention aux sentiments diffus que faisait naître en elle son sixième sens. Timothy l’aurait pu aussi mais il pensait la plupart du temps à de nouvelles techniques pour contrer Blitz. Et les rares moments où il n’était pas obsédé par l’autiste, il pensait à Amber.
Ce fut donc la surprise totale pour tous lorsque l’ABM, cet aéronef blindé multi-temps qu’utilisaient maintenant la Navy et l’Air Force, les déposa dans un enfer froid, balayé par les vents.
- Vous êtes ici sur un de nos terrains d’entraînements en Sibérie mais en fait, pour être plus juste, dit le lieutenant, vous êtes surtout dans la merde. Vous pouvez vous en sortir à condition de ne pas la jouer solo. On revient ici même dans 24 heures. Vous n’avez rien d’autre à faire que survivre en nous attendant. Allez, bon séjour.
Le claquement de la porte de l’ABM résonnait encore à leurs oreilles que les sept jeunes recrues étaient déjà transies de froid. L’on n’y voyait guère à plus de deux ou trois mètres, et encore, ce n’était que pour distinguer une forme vaguement humaine qui vous faisait face, noyée dans un blanc violent et sans limite. Le vent et son vacarme, et sans doute le stress également, les obligeait à crier.
- Putain, on va crever de froid si on fait rien ! Kirkman, appela Tim, t’es métamorphe non ? Transforme-toi en…un truc genre igloo.
- C’est ça, cria Ronald, et moi ? Je gèle en vous sauvant la mise ?
- Amber, ordonna Tim, tu nous dégage d’ici !
-
Comment ?
- En volant au dessus de la tempête !
- Je ne peux pas vous porter, t’es con ou quoi ?
- Mettez-vous derrière moi, hurla Michael. Avec ma résistance, ce n’est pas un peu de neige qui me fait peur.
- C’est pas le problème idiot, s’énerva Timothy, le vent sera plus fort que toi à la longue, et puis on ne sera pas plus au chaud derrière toi…
Tim vit pour la première fois que Ebenezer ne semblait pas trembler comme eux tous.
- Ça va, on te dérange pas trop ? demanda Tim d’un ton amer. Du moins, il essaya de mettre dans son cri emporté par le vent autant d’amertume qu’il le put.
- Je ne peux pas vous rendre intangibles, sinon je le ferais, répondit Ebe. De toute façon, je ne peux pas phaser indéfiniment, si on ne trouve pas de solution, je mourrai aussi.
Ils n’étaient là que depuis quelques minutes et déjà la situation devenait critique. Chaque seconde qui passait accentuait le danger et le mortel engourdissement des esprits et des corps.
- Amber, hurla Tim, tu dégages !
- Quoi ?
- Casse-toi, tu peux voler, vole. A quoi ça sert de rester là ?
- Je ne vous laisse pas.
- Sois pas débile, c’est moi le chef de cette unité, je t’ordonne de dégager.
- Attendez, hurla Terrance, je crois qu’on fait fausse route.
- On t’a rien demandé, répliqua Tim, ferme-la !
- Laisse-le parler, cria Angelina.
- On se focalise trop sur nos pouvoirs respectifs, poursuivit Terrance. La bonne façon de s’en sortir, c’est de creuser et de s’abriter du vent.
- Super Einstein ! T’es quoi ? Un putain de prix Nobel ? Avec quoi on creuse ?
- Il a raison, dit Michael, arrête de gueuler Tim, tu paniques tout le monde. Terrance, t’as un plan ?
Un plan, c’était sans doute trop dire pour Terrance, mais il avait au moins une idée. Il prit les choses en main.
- Tim, est-ce que tu peux supprimer l’idée de froid dans l’esprit de Ronald ?
Timothy fit mine de ne pas répondre.
- Tim, je peux me passer de toi mais ça sera plus facile pour Ron si tu peux faire ça.
- Bien sûr je peux le faire, grogna le télépathe.
- Ok, tu le réchauffes artificiellement, Ronald, toi, tu essaies de prendre la forme d’un mur, un truc un peu courbé pour nous protéger du vent et de la neige, histoire que l’on puisse voir ce que l’on fait. Tu penses pouvoir tenir combien de temps ?
- Plus une forme est différente de l’être humain, moins je peux la maintenir. Je sais pas trop, dix minutes, peut-être moins.
- C’est déjà bien. Michael, tu frappes le sol aussi fort que tu le peux et moi, je maintiens le trou par télékinésie. A force, on devrait arriver à quelque chose.
- Parti pour moi ! hurla Michael.

L’immonde hurlement du vent glacial avait cessé. Le blanc aveuglant aussi n’était plus qu’un mauvais souvenir. Ils étaient les uns contre les autres, serrés et effrayés, mais ils souffraient déjà moins du froid. La pénombre avait quelque chose d’apaisant également.
- Tu penses pouvoir maintenir ça longtemps Terry ? demanda Amber.
- C’est bon, ça tient, j’appuie à peine dessus, répondit Terrance.
Le résultat de leurs efforts ressemblait plus à un terrier qu’à un igloo mais l’esthétisme importait peu. Ils avaient maintenant un abri pour attendre la fin de la tempête.
- Tu nous as sauvés Terry. Merci, dit Amber d’une voix pleine de reconnaissance.
Tim n’entendit pas les dénégations ou le « de rien » de l’autre abruti, il était trop en colère pour cela. Non seulement il n’avait rien tiré de bon de son groupe, mais en plus, c’est ce dégénéré de Claremont qui tirait toute la gloire de cette stupide virée en Sibérie. De rage, Tim avait même tenté de griller Terrance. Après tout, dans le froid, après une telle épreuve, qui irait soupçonner une mort non naturelle ? Et Blitz s’était montré le plus fort, encore une fois. Alors que Tim cherchait discrètement le siège des centres vitaux dans l’esprit de Terrance, il était tombé sur un firewall, un de ces satanés écrans psi. Pire encore, il avait actionné un binz sans le vouloir et un message s’était allumé dans son propre esprit : « Le sergent Bagley pense que tu as juste mauvais caractère. Je sais maintenant que tu es un tueur. »
Tim, dans sa rage contenue, sut qu’il avait prit l’avantage sur un point. Blitz venait de dévoiler ses cartes et, tout surdoué qu’il était, il ne pourrait pas imaginer sa riposte. Tout simplement parce que dans son esprit simple et bon d’autiste, il pensait avoir gagné et ne pouvait se mettre à la place du perdant. Tim, en être irascible et teigneux qu’il était, rumina sa vengeance longuement. Suffisamment longtemps pour que la rage le quitte et laisse place à une colère froide qui lui laissait tout loisir de raisonner. Dans l’urgence, il n’était pas très bon, mais quand on le terrait dans un trou glacial avec comme seule occupation de ruminer ses échecs, il ne se démerdait pas si mal. Au bout de quelques heures, sans que quiconque puisse s’en apercevoir, un sourire mauvais avait succédé à la grimace de dépit qui lui barrait auparavant le visage.

15 juillet 2007

Top 5 des héros malchanceux

Voilà l'idée du site officiel Marvel pour célébrer le dernier vendredi 13, nous concocter un mini classement des héros ayant le plus la poisse. En voilà une idée étrange. ;o)

On commence par Bucky, de son vrai nom James Buchanan Barnes, vous savez, le jeune freluquet (il a bien changé depuis, avec notamment un look plus moderne, cf la photo qui illustre ce post) qui accompagnait Captain America à ses débuts, lorsqu'il bottait le cul des nazis pendant la deuxième guerre mondiale. Il est vrai qu'il n'a pas eu tellement de bol puisqu'il est mort, du moins le croyait-on, dans l'explosion d'un avion téléguidé bourré d'explosif. Au lieu de passer réellement l'arme à gauche, le petit a eu la (mal)chance d'être récupéré par les soviétiques qui en ont fait le Winter Soldier, un assassin à leur botte. Le pauvre était en plus congelé entre chaque mission. C'est vrai que ce n'est pas le type le plus chanceux du monde.

Vient ensuite Warren Worthington III, alias Angel ou Archangel. Bon, lui c'est un peu exagéré. D'une part, il est riche, d'autre part, comme "malédiction" mutante, il se voit doté d'une paire d'ailes et de la capacité de voler, ce qui doit bien être le rêve d'une bonne partie de la population. Comme manque de bol, on a déjà vu pire. Il est vrai qu'il a eu pourtant son lot de coups du sort, notamment en devenant l'un des Cavaliers d'Apocalypse, m'enfin, c'est risqué d'être un héros hein, on le savait à la base.

Ant-Man figure également dans le classement. Il s'agit de Scott Lang bien sûr et non Hank Pym qui avait également porté ce pseudo. Lui effectivement, ce n'est pas la peine qu'il joue au loto. D'une part, il s'est fait tuer par le Valet de Coeur (pas un adversaire donc au départ) lors des évènements qui ont précédé House of M. D'autre part, il n'est pas plus verni sentimentalement. En effet, il a eu une petite aventure avec Jessica Jones avant d'apprendre qu'elle était finalement...enceinte de Luke Cage ! Ah ben, quand ça veut pas...

Le Tisseur, tiens tiens. Bon, ok, déjà, Peter Parker traîne sa tante depuis des lustres. Dans les années 60, on pensait qu'elle allait rendre l'âme à chaque planche, 40 ans après, elle pète la forme et se tape Jarvis (après avoir flirté avec Octopus pour compliquer les choses). Oui, bon, y'a pas que la tantine. Effectivement, le pire coup du sort qu'ait subi notre Spidey est sans doute la perte de Gwendolyn Stacy, son grand amour de jeunesse. Le fait que le père d'un de ses potes de fac soit le Bouffon Vert, ce n'est pas de bol non plus. Et puis, se faire buter son oncle par un gangster qu'on a laissé filer quelques temps avant, bon, ok, ça commence à faire beaucoup. Il a donc sa place dans le clan des malchanceux.

Et on termine par Daredevil. Effectivement il n'a pas de veine, mais ce sont surtout ses petites amies qui devraient avoir du souci à se faire. Elektra a été tuée par Bullseye et est morte dans les bras de ce pauvre Matt. Son grand amour, Karen Page, a également été assassinée par le même vilain après être devenue accro à la drogue et actrice...de films pornos. Quant à sa récente épouse, Milla, elle a eu également son compte de menaces et d'émotions fortes. Outre ses gonzesses qui tombent les unes après les autres, on peut également convenir que la révélation de son identité secrète, la traque des media et les accusations dont il a fait l'objet ne sont pas une preuve de chance extraordinaire.

Voilà donc les cinq élus "grands compagnons de la patte de lapin et du trèfle à quatre feuilles". Bon, on aurait pu y ajouter Wolverine ou d'autres m'enfin, le choix est fait.
Quant à toi, noble lecteur, tu es plus que chanceux puisque voilà rien moins que trois nouveaux gags ajoutés dans le bêtisier, pour ton plus grand bonheur ! ;o)

14 juillet 2007

Fantastic Four : The End

Voilà un moment que l'on n'avait plus vu les Fantastic Four au format 100% Marvel, le tome 3 de la collection les accueille pour une mini-série au nom révélateur : La Fin.

Dans un lointain futur, les Fantastic Four ne sont plus une équipe ni même une famille. Reed est le maître d'oeuvre d'une utopie technologique flottante, petit bout de paradis dans l'espace où les hommes vivent en paix. Johnny Storm, lui, a rejoint les Vengeurs qui traquent des anarchistes au fin fond de l'univers. Quant à Susan, elle effectue des fouilles archéologiques dans l'Atlantique, berceau de la nation Atlante...

Alan Davis est ici seul aux commandes puisqu'il signe histoire et dessin. Le graphisme n'est pas désagréable mais rappelle un peu le style des années 90, la colorisation, assez "flashy", n'étant pas étrangère à cet état de fait.
Un grand nombre de noms ayant compté pour les FF sont présents ici. Galactus, Namor, les Inhumains, Fatalis bien sûr, mais aussi Uatu, Strange, le Silver Surfer, She-Hulk, les Vengeurs, sans parler des différentes races extraterrestres ou encore de Ronan, l'Homme-Taupe et bien d'autres, bref, si le but était de passer en revue la grande galerie de personnages qui peuplent habituellement la série, l'objectif est atteint.
Cette saga, alimentée par une foule de figurants plus exotiques les uns que les autres, a un fort goût de science-fiction. L'on peut reprocher la facilité de l'absence de continuité, un mode de récit où tout est possible mais dans lequel rien n'a de conséquence, tout en reconnaissant la grande liberté de ton de Davis, visiblement plutôt heureux de n'avoir aucune contrainte.

Bref, voilà une histoire bizarrement positionnée car se voulant accessible à tous en étant en dehors de l'univers principal mais se révélant sans doute un peu ardue, de part les multiples intervenants, pour les nouveaux lecteurs. Un bon gros what if, original mais dispensable.

Un Monde en Paix (partie 2)

Chapitre 4

- Faut te faire petit, fils. Discret.
Ouais. Il le savait bien. Il fallait toujours faire en sorte d’être discret. De se sentir invisible. Mais, des fois, c’était dur. Pas juste une sorte de fierté de pouvoir porter un nom imprononçable, non, c’était plus que ça. Il y avait une envie de…d’exister qui le prenait parfois à la gorge.
Quand Ebenezer Straczynski se prit son premier gnon à cause de son nom, il se fit un devoir de résister à la connerie sous toutes ses formes. Une centaine de gnons plus tard, il avait peu grandi en taille mais se sentait vachement héroïque.
- Ebe, mais…qu’est-ce qui t’est arrivé ?
- Rien, ça va.
- Rien ? Tu as l’air d’être passé sous une moissonneuse !
- Les gens se sont moqués de moi à l’école.
- Bon sang, Ebe, je t’avais dit de rester discret !
- P’pa, je suis resté discret. Je suis obligé de répondre quand le prof fait l’appel si c’est de ça que tu parles. Et je suis obligé de saigner quand on m’écrase le nez. Et si c’est pas encore assez discret pour toi, alors…alors…
C’était arrivé à ce moment là.
Pour d’autres, cela aurait été simplement l’occasion de balancer une flopé de gros mots à leur géniteur. Pour Ebe, quelque chose se brisa en lui. Pas juste dans son esprit, chaque molécule de son être sembla se dissoudre d’une rage contenue. Il traversa le plancher de sa chambre, traversa la cuisine, puis se retrouva à la cave, seul et dans le noir. Il ne cria pas. Il avait toujours su que cela arriverait. Déjà petit, il arrivait à passer la main à travers ses comics. Le doux frôlement des pages le faisait frissonner lorsqu’elles le léchaient jusqu’à l’os. A l’époque ça n’avait pas de sens. C’était un jeu. Aujourd’hui, il avait vu suffisamment de films sur les surdoués pour savoir ce que cela impliquait. Il ne serait jamais boulanger. Il ne serait jamais facteur. Il ne serait jamais totalement libre. Mais grâce au ciel, il ne serait plus jamais discret.

- Tu…tu crois vraiment que c’est une bonne idée de devancer l’appel ?
Ebe jeta un œil apaisé sur son père.
- Ouais, j’ai dix-neuf ans p’pa. Je serais obligé de rejoindre une unité de Supras l’année prochaine de toute façon. En devançant l’appel, je peux espérer être leader de section même avec un pouvoir mineur.
- Bien sûr mais…
Ebe n’aimait pas ce qu’il voyait dans le regard de son père. Il allait pleurer et il n’avait décidément pas besoin de ça. C’était déjà bien suffisamment difficile de partir affronter l’inconnu.
- P’pa, j’crois que…ça va aller, t’inquiète pas.
- Oh, je suis tellement…
- Non ! hurla Ebe. Non, t’as pas le droit d’être triste et de pleurnicher, c’est à moi de pleurer et à toi d’être fort, merde ! Tu comprends ça ?
Ebenezer plongea une dernière fois dans le regard triste de son père et phasa à travers la paroi du train. Il sentit la matière froide le chatouiller un peu avant de redevenir tangible à l’intérieur du wagon.
- C’est mon wagon, dégage.
Le type qui avait parlé semblait peser 80 ou 90 kilos et avait une de ses sales trognes improbables que l’on ne voyait guère que dans les vieux westerns.
- J’t’emmerde, répondit Ebe.
Le gars se leva et décocha, à travers Ebe, un coup exceptionnel qui fit voler la vitre en éclats.
- Merde. T’es un Supra ?
- Heu…ouais, fit Ebe qui reprenait légèrement une forme plus consistante.
- T’aurais pu le dire plus tôt gars. Michael Loeb.
- Ebenezer Straczynski.
- Tu vas à Powertown ?
- Ouais…
- Ton pouvoir, pas de problème, j’ai capté. Intangible hein ?
- Ouais. Et toi…tu peux bousiller les trains, c’est ça ?
Michael le regarda un instant puis éclata de rire.
- On va s’éclater là-bas mon pote !
- Heu…ouais, fit Ebe, c’est bien parti.


Chapitre 5

Angelina traversa la cour de la caserne et s’approcha de Tim, assis sur le capot d’une jeep. Il avait l’air songeur.
- Hey, ça va ? risqua-t-elle.
Tim ne prit pas la peine de répondre à la question.
- Est-ce que l’autiste est…dans ton esprit ?
Tim la regarda enfin.
- Non, pas en ce moment.
- Je suppose que ce n’est pas très agréable hein ?
- Je suis allé à l’infirmerie tout à l’heure.
- T’es malade ?
- Non. Je suis allé lire un peu l’esprit du toubib. L’un des tests pour détecter l’autisme est appelé « Sally & Ann ». Le sujet est censé observer deux filles ayant chacune une boite. Sally met une bille dans sa boite puis sort de la pièce. Ann lui vole la bille et la met dans sa propre boite. Sally revient. Selon toi, où va-t-elle chercher la bille ?
- Ben…dans sa boite non ?
- Félicitations. T’es pas autiste.
Angelina rit de bon cœur.
- Qu’est-ce que l’autiste répond ?
- La boite de Ann. Ils sont incapables d’imaginer un autre système de pensée que le leur. Leur vérité est universelle. Si ils ont vu que Ann mettait la bille dans sa boite, ils sont incapables d’imaginer que Sally en est restée à penser que la bille était encore dans la sienne. Tu imagines ce que ça signifie ?
- Pas vraiment.
- Il ne peut pas prédire notre comportement. Il peut nous surveiller mais pas élaborer des hypothèses à partir de nos possibles actions futures.
- Et…c’est bien ça ?
Tim se fendit d’un large sourire.
- Oh oui, c’est bien.
- Je peux te poser une question ?
- C’est pas ce que t’es en train de faire depuis tout à l’heure ?
- Une vraie question.
- Vas-y.
- Tu lis dans mon esprit là ?
- Non.
- Pourquoi ?
- Tu le saurais avec ton 6ème sens.
- Ça fait quoi ?
- Quoi ?
- Lire les gens.
- C’est…pas toujours aussi agréable que ce que l’on croit.
- T’as déjà lu…des…proches ?
- Oh, par pitié, tu vas me sortir quoi ? Cette vieille légende urbaine pour péquenot ?
- Ben…il parait que si tu lis ton père ou ta mère, tu n’es plus jamais le même.
- Eh, j’ai jamais lu mes parents ok ? Et si tel était le cas, j’ai suffisamment lu de saloperies pour avoir mille raisons de péter les plombs sans penser à eux. Merde, va chier !
Angelina ne fut pas surprise, elle avait senti l’énervement venir.
- Excuse-moi, fit-elle d’un air faussement pincé.

La première nuit au camp, et celle d’après, Angelina pleura. Pas la journée, pendant les cours ou les entraînements, non. Le soir venu, sous la couverture verte. Protégée par deux millimètres de tissu réglementaire. Elle sentait des respirations étrangères, pouvait entendre des souffles et des murmures, elle pouvait même prédire, avec quelques minutes d’avance, qui allait se réveiller dans la chambrée. Elle n’était pas malheureuse d’être là, non, c’était mieux que la ferme dans le Nebraska. Simplement…c’était trop différent pour pouvoir tout intégrer aussi rapidement. Et puis, surtout…elle savait que quelque chose n’allait pas avec cette unité.
Vraiment pas.
Et ce qu’il y avait de pire avec ce fichu sens supplémentaire, c’était de savoir que des gens allaient mourir. Non. En fait, le pire, c’était de savoir qu’elle allait les aimer avant qu’ils meurent.

12 juillet 2007

Le rapport Murdock

Le run de Bendis et Maleev sur Daredevil s'achève dans le 13ème tome des 100% Marvel consacrés au héros de Hell's Kitchen.

Bien que le Caïd soit en prison, ce dernier constitue encore une menace pour Matt Murdock. Le criminel a en effet proposé au FBI de lui fournir un dossier complet sur Daredevil en échange d'une immunité couvrant ses activités passées. Alors qu'il se pensait à l'abri, Murdock se retrouve de nouveau la cible des media et des autorités...

Voilà encore 6 bons épisodes qui viennent clôturer le long passage de Brian Michael Bendis sur ce titre. Les personnages secondaires présents sont nombreux : Luke Cage, Iron Fist, la Veuve Noire, Elektra et même, bien que sa présence soit anecdotique, le nouveau Tigre Blanc dont je vous parlais il y a peu de temps. Niveau ennemis, Bullseye est toujours de la fête, plus odieux et menaçant que jamais.
Pour ce qui est du graphisme, c'est du Alex Maleev, autrement dit ça a son charme mais cela risque de ne pas plaire à tout le monde bien que ce style convienne parfaitement à l'ambiance polar de l'histoire.

Pour le prochain tome des aventures de Daredevil, c'est cette fois Ed Brubaker qui sera en charge du scénario, prenant ainsi la relève après le passage d'un Bendis que l'on n'est pas près d'oublier.
Et pour fêter cette conclusion avec un petit clin d'oeil, hop, un ajout dans le bêtisier. ;o)

11 juillet 2007

Un Monde en Paix (partie 1)

Outre les entretiens avec les auteurs ou dessinateurs liés au monde des comics, j'avais depuis longtemps envie de tenter, au travers de ce blog, une sorte de publication d'histoire à épisodes. On verra si ça intéresse quelqu'un ou pas. Pour un début, c'est un peu long, histoire de mettre les choses en place. ;o)
(si quelqu'un d'un peu doué avec un crayon a une idée d'illustration, j'en serais ravi)

Introduction
(hier...)


- Starlighter ?
- Ouais ?
- Hurricane est en train de parler aux media.
- Je m’en tape, dégommez-le si il ne chante pas suffisamment faux pour vous !
- Tom, tu me fais quoi là ?
- Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? On a terminé ici, tout le monde est mort. Norm est en train de beugler ? Fais avec ou bute-le !
Catherine fit rapidement le tour des écrans de contrôle. Pour une première, ils ne s’en sortaient pas mal. Norman aimait bavarder, ok. Elle pourrait justifier cela. D’autant que les journalistes avaient suffisamment de croquettes à se mettre sous leurs dents cariées pour le moment.
Un type de vingt ans son aîné tira le colonel Manfield de ses pensées.
- Madame. Le président en ligne.
Elle prit le combiné.
- Catherine ?
- Jack ?
- On en est où ?
- La flotte soviétique est out. Castro est mort. On est en place, on contrôle déjà Havana et la moitié de l’île.
- En Europe ?
- Riposte minimale. Nucléaire et très peu de forces conventionnelles. Aucun Supra en vue.
Un souffle se fit entendre sur la ligne.
- Estimation des pertes ?
- Aucune monsieur le président. A part Balltrap apparemment.
- Non mais…je veux dire…humaines.
- Quelques centaines à Cuba.
- Et en Europe ?
- Nous n’avons pas encore les retours des frappes monsieur le président.
- Donnez-moi quand même une estimation.
Catherine se tourna vers l’un de ces écrans grisâtres qui constituait un lien entre elle et ce monde à l’agonie.
- Paris. Réponse négative. Londres. Réponse négative. Bonn. Réponse négative. Rome. Réponse négative.
- Cathy ?
- Monsieur ?
- Vous êtes colonel dans ma putain d’armée, pas standardiste.
- Ils sont tous morts monsieur le président.
- Où était Balltrap ?
- L’agent John Wall a contenu une partie de la première frappe, son pouvoir a apparemment été surestimé monsieur, il n’a plus répondu après les attaques sur Bonn. Mais d’après les premiers rapports, tout se passe au mieux, nous avons cinq Supras sur Moscou actuellement. C’est plié. On a gagné.
- Vous…êtes en train de me dire que je suis responsable du plus grand génocide dans l’histoire de l’humanité ?
- Non monsieur le président, je suis en train de vous dire que vous êtes à la tête d’un monde en paix.


Chapitre 1
(de nos jours)


-Eh, t’as pas le droit de faire ça !
Terrance pouvait parfois contrôler la balle, pas seulement en la touchant, juste par la pensée. Le truc était sympa mais se voyait trop. Au mieux, on le traitait de tricheur, au pire…
- Enculé de monstre, eh, essaye donc de bouger ça !
Le type avait montré son sexe. Rien n’avait changé finalement. Tout était toujours aussi dur. La seule différence c’était les heures obligatoires au centre d’étude des capacités suprahumaines. Et ça, bordel, valait mieux pas y couper.
Terrance y était toujours allé mais des rumeurs couraient. On disait que le petit Henry qui pouvait se déplacer aussi vite qu’un cheval au galop avait été arrêté et sa famille avec. Juste parce qu’il ne voulait plus venir au centre. Mais bon, dans le même temps, on disait aussi que Mary Carlisle couchait dès le premier soir, et ce n’était pas trop crédible non plus.
Tout le monde se remit en place.
La balle fuse. On bouge. Vite. Les jambes frappent le sol, les bras s’animent dans une chorégraphie pauvre et essentielle. Terrance reçoit la balle. Enfin, elle lui tombe entre les bras plus qu’il ne la réceptionne. Un troupeau de connards fonce vers lui. Il commence à courir. Et à penser. Soit il se démerde pour se protéger soit il fait en sorte de se sentir…normal.
Une larme coule le long de sa joue.
Normal.
Ils arrivent en soulevant une tonne de poussières.
Normal.
Les cris se rapprochent.
Normal.
Le premier choc est épouvantable. Son épaule semble se détacher de son corps et lui crier dans une saleté de langue nouvelle. Au loin, des gradins, il entend la voix de son père qui l’encourage et hurle de contentement.
Normal.
Quand le deuxième choc survient, Terrance est presque soulagé. Sa dernière pensée consciente consiste à se dire que, si un jour il a un enfant, il n’applaudira pas lorsqu’il se déboîtera une épaule. Parce que peut-être que c’est ça aimer. Au moins un peu. Ne pas applaudir quand on a si mal.

- Je ne comprends pas son attitude.
- Etonnant…
Philipp jeta un regard méchant à son épouse.
- C’est de ma faute peut-être ?
- Tu ne penses pas qu’il a autre chose en tête à son âge que de…d’avoir de bonnes notes au centre et de jouer au football ?
- Le football c’est très formateur, ça permet d’acquérir des valeurs de bases qui…
- Oh, je t’en prie ! Je suis allé à l’école comme toi.
- Lucy, tu sais combien d’élèves génétiquement surdoués sont détectés chaque année ? Plus de 250 rien qu’aux Etats-Unis. Il faut se battre pour réussir, c’est pas du tout cuit.
- Et combien meurent ?
- Les aspirants sont surprotégés.
- Je ne te parle pas des aspirants mais de ce qu’ils deviennent après ! On se bat en Chine, en Afrique, en Amérique du sud, partout nous envoyons nos fils se battre pour quoi ? Pour quel résultat ?
- Nous vivons dans un monde en…
- Oh, arrête avec la propagande du gouvernement ! Un monde en paix ? Vraiment ?
- Le communisme n’existe plus.
- Génial, ça n’empêche pas les chinois de vouloir nous foutre à la porte de chez eux. Et ils ont aussi des Supras je te signale.
Philipp continuait à déguster son dîner, les disputes étaient si courantes qu’elles ne lui coupaient plus l’appétit depuis longtemps.
- Ils ont des Supras mais ils ne savent pas s’en servir. On en tue dix des leurs pour un seul des nôtres qui tombe.
Philipp sursauta lorsque Lucy balança son assiette à travers la pièce, jusque dans l’évier où elle se fracassa.
- Et quand ton fils fera partie de tes putains de statistiques, tu seras heureux hein ?
Elle partit se réfugier, comme si souvent, dans leur chambre dont elle verrouilla la porte.
Philipp connaissait les risques. Evidemment. Il aurait donné sa vie pour que Terrance ne soit pas génétiquement surdoué. Mais, une fois détecté, l’on n’y pouvait plus rien. C’était cela ou être un fugitif. Il voulait mieux que cela pour son fils. Il voulait une vie, une vraie vie pour lui. Pas cette fuite sans fin que prônaient ceux qui s’enfuyaient en Asie ou ailleurs. Et…en s’entraînant. En s’entraînant fort…peut-être que son fils survivrait à tout cela.
Philipp termina son repas, fit la vaisselle et ramassa les morceaux d’assiette dans l’évier. Il aurait aimé faire comme sa femme, se laisser aller à pleurer et à crier. Mais il n’en avait pas le droit. S’il faisait cela, alors, tout allait s’écrouler pour de bon. Comme souvent, Philipp alla chercher une couverture dans le placard du couloir puis s’installa pour une nuit solitaire sur le canapé du salon. Demain, il irait voir Terrance à l’hôpital. Qui sait, ce choc l’avait peut-être privé de son pouvoir ?

Chapitre 2

La première fois. Amber s’en souviendrait toujours. Pour beaucoup de ses amies, la « première fois », cela évoquait un garçon. Pour elle aussi d’une certaine façon. Il y avait Bruce. A l’époque, c’était le fils des voisins de sa famille d’accueil. Elle n’avait pas le droit de le fréquenter. Parce que quinze ans, c’était suffisant pour morfler, être sans parents, se balader de famille en famille et s’en prendre plein la tronche chaque jour mais apparemment, c’était trop peu pour aimer. Alors, elle se contentait de penser. De s’enfuir. Ce jour là, c’était en été, elle s’en rappelait encore, Amber était derrière la maison, allongée derrière le grand chêne, regardant les nuages. Elle allait bientôt partir d’ici. Elle ne s’entendait pas avec sa nouvelle famille. Famille ! Putain de mots ! Des gens que vous ne connaissez pas et qui vous hébergent, on peut les appeler de bien des façons, mais « famille », non, c’était trop.
Elle ne savait pas où elle allait aboutir cette fois. Ni si ce serait mieux. Elle ne voulait pas y penser. C’était déjà suffisamment dur de déprimer la nuit, il fallait profiter de cette journée. Au moins un peu.
Amber pensa à Bruce. Brucy. Il était si mignon. Alors que le soleil de ce début d’été lui chauffait agréablement la peau, Amber laissa négligemment sa main glisser jusqu’à son entrejambe. Un peu de plaisir dans ce monde si merdique, ce n’était pas un crime.
Elle connaissait des tas de gens accros à des tas de saloperies, alcool, cannabis, ecstasy…mais Amber se fichait bien de ce genre de trucs, elle était accro au plaisir, au rêve. S’échapper, s’arracher à cette vie, c’était tellement bon. Tellement bon.
Amber entrouvrit les yeux dans un soupir. Même ciel. Mêmes nuages. Elle laissa retomber sa main dans l’herbe sauf qu’elle ne sentit jamais l’herbe sous sa paume. Juste du vide.
Amber, totalement revenue sur terre maintenant, au moins dans sa tête, ouvrit les yeux et constata qu’elle flottait à une dizaine de mètres du sol. Cette constatation faite, elle se mit en devoir d’hurler, ce qui eut pour effet de la ramener à terre d’une manière fort brutale.

- Alors ?
- Jambes cassées, plusieurs côtes enfoncées, poignet en marmelade, traumatisme crânien, et j’en passe.
- Pronostic vital ?
- Non engagé. Elle va déguster mais s’en sortir.
- Je…vous…entends…
Le toubib et l’infirmière se regardèrent, surpris, échangèrent un petit rire nerveux puis se penchèrent sur la jeune fille.
- J’ai une excellente nouvelle pour vous, dit le médecin.
- Vous…allez…me redresser…le nez…gratuitement ? demanda Amber.
- Vous ne manquez ni de courage ni d’humour jeune fille, tant mieux ! Laissez-moi vous dire que vous êtes génétiquement surdouée.
Amber n’eut que le temps de contempler le drôle de sourire du toubib avant de sombrer dans l’inconscience, vaincue par ce nouveau coup du sort.


Chapitre 3

- Ils sont tous là ?
- Tous là mon lieutenant.
- Faites l’appel sergent. Avec rappel du pedigree, merci d’avance.
Le sergent Bagley n’aimait guère lorsque le lieutenant parlait ainsi. Après tout, ces gens n’étaient pas des monstres mais le futur fer de lance de l’armée ou du FBI. Ou d’un service quelconque. Pourquoi ainsi leur manquer de respect ? D’autant que le lieutenant Moore n’était guère plus vieux que les nouvelles recrues. Bagley jeta un œil sur sa fiche avant de la lire à voix haute.
Amber Bendis. Capacités : vol. Grade : aspirant 1er niveau.
Ebenezer Straczynski. Capacités : intangibilité. Grade : aspirant 2ème niveau.
Michael Loeb. Capacités : force, résistance. Grade : aspirant 1er niveau.
Angelina David. Capacités : 6ème sens, sens traditionnels boostés. Grade : aspirant 2ème niveau.
Timothy Millar. Capacités : télépathie. Grade : aspirant 1er niveau/major de promotion.
Ronald Kirkman. Capacités : métamorphie primaire sans reproduction de pouvoir. Grade : aspirant 2ème niveau.
Terrance Claremont. Capacités : télékinésie. Grade : aspirant 1er niveau.
Pendant l’appel, Timothy avait sondé les esprits du sergent et de ce pitre de lieutenant. Ils avaient évidemment des écrans psi, comme tous les instructeurs. Celui du sergent était une boutade fabriquée à la va-vite par un demeuré, celui du lieutenant pouvait tenir…deux ou trois minutes. Tim ne les avait pas forcés. Il n’était pas utile d’ouvrir les portes maintenant, d’autant que certaines étaient peut-être volontairement fragiles.
Tim mit un pied, prudemment, dans l’esprit de chaque élève.
Amber, en plus d’être la caricature de la jolie blonde sexy, semblait chaude et…effrayée.
Ebenezer détestait le fait d’être ici. Tim sentit beaucoup de ténèbres et surtout un froid glacial en lui, ce qui ne l’incita pas à aller plus loin. Il n’aimait pas le goût de la dépression.
Michael aimait le fait d’être incorporé chez les aspirants. Il se prenait pour le plus fort Supra du groupe. Le leader en quelque sorte. Quel plouc !
Bizarrement, il ne put sonder l’esprit d’Angelina. Rentrer en elle était comme…marcher dans des marais. Ou dans le brouillard. En pire. C’était…désagréable.
Ronald s’en voulait de n’être que 2ème niveau. Il en voulait plus. Bien plus.
Terrance était un abruti, effrayé par le seul fait de jouer au foot. Il n’aimait pas son pouvoir.
Timothy cessa ses investigations mentales lorsque le lieutenant commença son speech.
- Bon…heu…vous formez la 654ème section d’Infanterie Suprahumaine. Avec un peu de bol, si vous filez droit, vous aurez l’honneur d’aller botter le cul de nos ennemis d’ici deux ou trois ans. En attendant ce moment béni des dieux, je suis tout pour vous. Je suis l’Alpha et le putain d’Omega pour ceux qui ont fait du latin, du grec ou du putain d’étrusque. Cherchez pas dans vos livres, ça veut juste dire que je viens subitement de prendre une sacrée importance dans vos vies de merde. Je vais vous apprendre à tuer, à rester en vie, à sortir votre queue, pour ceux qui en ont, et à la rentrer sans qu’on vous la coupe. Et pour les miss, je vais vous apprendre à faire remballer fissa la queue du gars d’en face. Et surtout, bordel, je vais vous apprendre à vous aimer les uns les autres, parce que merde, Supras ou pas, y’a pas une putain de section qui s’en sort au feu si vous ne pouvez pas comptez les uns sur les autres.
Tim n’eut pas besoin de sonder plus avant l’esprit du lieutenant pour savoir qu’il allait l’aimer. Une voix. Une voie. Un son. Une direction. C’était tellement bon après toutes ces années de brouhaha.
Son père n’avait pas compris. Quand Tim était jeune et qu’il préférait aller se promener dans les bois plutôt que d’aller à l’école, il se prenait raclée sur raclée. Bien sûr, il n’aimait pas spécialement les cours, pour ça au moins, il était normal, mais il n’arrivait pas à supporter ces flots continuels de pensées dans la classe. En forêt, c’était le calme, la douce présence du vide que Tim allait chercher. Alors que l’école…c’était l’horreur. A treize ans, ce n’était déjà pas évident de faire face à ses propres problèmes, alors, quand vous aviez accès à ceux des autres, c’était épouvantable. Il y avait Ellen qui pleurait la nuit lorsque son beau-père venait la…toucher. Il le lisait dans son esprit. Même quand elle riait dans la cour de l’école, son esprit était sali par ça. Il y avait Dustin et ce qu’il faisait aux animaux. Il y avait Joshua qui souhaitait simplement être aimé mais qui se masturbait en pensant à des gars. Putain, des gars ! Et tous les autres, tous ces enfoirés avec leurs problèmes, leurs saletés, leurs conneries, leurs vies gnangnan et merdiques ! C’était déjà un sacré super-pouvoir de pas devenir cinglé en lisant tout ça. Ouais. Un putain de pouvoir.
Et quand ça devenait insupportable, parfois, il fallait les faire taire. Pour de bon.
Tim jeta un œil vers la cour. Sur la place centrale, les statues de Starlighter, Hurricane et Balltrap, trois des « Premiers », trônaient comme de vieilles cibles à pigeons. Il se demanda combien de crottes recevraient les reproductions de ces trois héros de la nation avant qu’il ne puisse se taper Amber.
- 86 517.
- Quoi ? fit Timothy, surpris par cette voix derrière lui.
- La réponse à ta question. 86 517 crottes.
Tim dévisagea le type qui venait de s’adresser à lui. Il était grand, mince, portait des lunettes, le grade de caporal et avait l’air complètement stupide.
- Qu’est-ce que tu me chantes, merde, tu lis l’avenir ou quoi ?
- Major Millar, hurla le sergent, on ne vous dérange pas trop ?
- Sergent, je répondais à heu…une sollicitation extérieure.
- Wow, une sollicitation. De qui je vous prie ?
- De ce…caporal.
Tim chercha désespérément le type qui venait de lui adresser la parole.
- Si vous parlez de Blitz, sachez qu’il est votre garde-fou.
- Mon…quoi ?
- Blitz est un Supra. Nous en avons besoin pour contenir les télépathes. Il n’est pas bon que tous les esprits vous soient ouverts. Blitz veillera à ce que vous n’alliez jamais trop loin.
Tim ricana intérieurement.
- Vous employez de gentils télépathes pour contrôler les autres télépathes, mais qui contrôle les « gentils » ? De « Super-Gentils » télépathes ?
Le sergent Bagley jeta un œil au lieutenant qui lui fit un signe de la main, du genre qui voulait dire « ouais, amuse-toi, moi, je vais me pieuter. »
Bagley regarda Millar d’un air vainqueur.
- Nous n’avons pas besoin de contrôler Blitz. Il n’est pas seulement Suprahumain, c’est un autiste de haut niveau. Un Asperger. La trahison lui est aussi étrangère que la mécanique quantique pour vous.
- Quoi ?
- Il ne nous trahira pas parce qu’il est incapable d’éprouver de l’amitié pour vous. Il vous considère comme certains autistes considèrent les puzzles, le dessin ou les mathématiques.
- Je…je pige pas là.
- L’une des caractéristiques du syndrome d’Asperger est le caractère répétitif, restreint et stéréotypé du comportement. En plus d’être bon par nature, car il ne connaît pas l’ironie, le second degré ou l’envie, Blitz est le parfait frein à vos incartades car il passe son temps à vous contrer. Certains élaborent des stratégies aux échecs, d’autres des villes parfaites d’un point de vue architectural, lui élabore des mesures anti-invasives. Et vous ne pourrez pas vous en faire un ami. Il n’éprouve rien de ce genre. Dans un incendie, entre un annuaire et vous en train de crever, il choisirait l’annuaire. Pas par méchanceté, juste parce qu’il ne vous comprend pas.
- Putain de mer…
- Ouais, ça fait cet effet à tous les télépathes. Mais je peux vous prédire un truc : vous vous y ferez Major.
Tim ne sut ce qui était le plus désagréable, le rire de Millar ou l’étrange présence humide, comme une langue un peu lourde, de Blitz, quelque part dans son esprit.

Sous l'armure

Le Marvel Icons #27 est enfin sorti hier, mieux vaut tard qu'à la date prévue selon le célèbre dicton en vogue chez Panini. ;o)

L'épisode des New Avengers tourne autour de Stark et Maria Hill, la directrice du SHIELD. On commence à en apprendre un peu plus sur les raisons probables de sa nomination. Iron Man, lui, doit faire face à l'intrusion, dans la Stark Tower, d'un de ses anciens employés, partisan de Captain America. Les autres Vengeurs étant absents, on a presque l'impression de suivre un épisode de l'ongoing Iron Man. Et puisque l'on en parle, sachez que la série régulière de notre tête de fer favorite revient sur l'agression dont Happy Hogan a été victime. Une bonne occasion de voir ce qui se cache sous l'armure du chef des pro-gouvernementaux. Le Stark de Millar est ici bien loin et nous retrouvons avec bonheur un Iron Man plus humain, écrasé par les responsabilités qui pèsent sur lui, hanté par les morts récentes et rêvant plus que jamais de retomber dans ses anciens travers en noyant sa souffrance dans l'alcool.

Au niveau de l'épisode des Fantastic Four, on change complètement de registre. La Chose ayant décidé de quitter les Etats-Unis, on suit Ben Grimm dans ses premières aventures parisiennes et...houlala, que c'est mauvais ! Straczynski devait probablement être en petite forme. L'histoire se veut sans doute légère, voire drôle, mais se révèle vite plutôt ennuyeuse qu'autre chose. Une équipe de héros parisiens (parodiant - encore - la Ligue de Justice de chez DC) doit faire face à une menace (ridicule) et demande l'aide de Ben. On se demande bien à quoi sert cet épisode si ce n'est l'occasion de balancer quelques poncifs éculés sur la passion pour la bouffe des frenchies (on n'échappe pas bien sûr au fameux béret également). Même les dialogues sont à la ramasse. Voilà longtemps que l'on n'avait pas vu un tel ratage, bah, c'est plutôt rare donc passons sur cet écart. ;o)

Nick Fury oeuvre toujours dans l'ombre dans l'épisode de ce mois de Captain America. Il dispose d'ailleurs de l'aide du petit Bucky, récemment revenu d'entre les morts. Brubaker et Perkins mettent également en scène une sinistre rencontre entre Fatalis et Crâne Rouge. Il faut dire que la guerre civile qui ravage les rangs de la communauté super-héroïque est plutôt propice au développement des activités des criminels en tout genre.

On termine enfin sur une courte histoire issue de Civil War : Frontline et faisant un nouveau parallèle historique entre la guerre civile marvellienne et, cette fois, César et ses hommes franchissant le Rubicon pour contrer un Sénat corrompu. Ces petits voyages dans le temps (guerre de sécession, deuxième guerre mondiale, etc.) particulièrement bien pensés et permettant de mettre en lumière certains ressorts présents dans quasiment tous les conflits apportent un éclairage nouveau sur les évènements récents. Brillant.

ps : pour demain, si la date de sortie est respectée, tir groupé en librairie avec la fin du run de Bendis sur Daredevil, le 3ème volume des Fantastic Four en 100% Marvel et le Marvel Monster Edition consacré à Civil War dont je vous avais déjà parlé début mai. Pour les nostalgiques du dieu asgardien, la première Intégrale de Thor (1983-1984) est également prévue.

09 juillet 2007

Enlèvements

Denise Waters vit à New Orleans en Louisiane. Pour gagner sa vie et pouvoir subvenir aux besoins de sa fille Ellie, elle arnaque les touristes en jouant à la prêtresse vaudou. Pas très glorieux comme boulot mais comment faire autrement quand l'on est seule ? Une solitude encore plus amplifiée par le fait qu'Ellie ne parle jamais. Elle est autiste et se contente de dessiner, toujours les mêmes visages, les mêmes yeux insondables, la même créature.
Lorsque Ellie dit enfin "maman" pour la première fois, c'est dans les bras d'un autre, cet étranger qu'elle a tant dessiné et qui vient l'enlever. Pour Denise commence alors une longue quête pour comprendre et retrouver les autres parents de victimes. Car les enlèvements sont nombreux.

J'avais ce premier opus du Silver Surfer en 100% Marvel dans ma bibliothèque depuis un bon moment et je n'y aurais pas forcément touché avant encore un certain temps sans les habituels retards paniniens. Le personnage m'inspire peu, les sagas cosmiques encore moins, bref, c'est en étant plus que circonspect que j'ai abordé cette histoire. Et le moins que l'on puisse dire c'est que mes doutes n'étaient pas fondés !
Il s'agit ici des 6 premiers épisodes de la quatrième série du Surfer. Pour ce relaunch, il y a du monde aux manettes : Dan Chariton et Stacy Weiss au scénario, Lan Medina, Milx et David Yardin aux crayons, le studio Avalon pour l'encrage (numérique) et la colorisation. On ne sait qui était préposé aux sandwiches, il n'est malheureusement pas crédité ici. ;o)

Que dire ? Déjà, c'est tout sauf du "cosmique" classique. Rien à voir avec Annihilation par exemple. Au contraire, on a ici une histoire très "terrienne", employant de façon assez habile des stéréotypes qui nous parlent à tous (les enlèvements extraterrestres, la nature qui se rebelle quand on la maltraite, etc.) et qui donnent une saveur bien particulière à cette histoire.
L'introduction, émouvante et originale grâce à cette petite évocation des mythes vaudous, nous rend tout de suite la protagoniste principale très attachante. La suite est tout autant réussie. Le Surfer notamment est perçu, pour la première fois peut-être (à charge aux spécialistes du beach boy de l'espace de me démentir), comme ce qu'il est vraiment : un extraterrestre. C'est d'ailleurs logique, lorsqu'on le voit pour la première fois, il inspire plus la peur éprouvée face à un alien que l'attrait pour un héros "classique".

Outre cette vision enthousiasmante du Surfer, le début de cette saga (la suite est déjà disponible dans le tome 2) nous offre quelques petites réflexions métaphysiques bien senties ainsi que des images spatiales parfois magnifiques. Le tout bien ancré dans une réalité et un point de vue suffisamment humains pour que l'on soit sous le charme. Il n'y a pas ici ce côté "too much" de la SF lorsqu'elle bouleverse tous nos repères, l'histoire est plutôt construite comme une intrigue réaliste saupoudrée de paranormal. La détresse de la mère face à la perte de son enfant constitue un fil conducteur, mais elle affrontera plus que cela, comme ces visions terrifiantes, la peur de devenir folle ou encore le scepticisme des autres, ceux qui ne souffrent pas ou qui veulent rationaliser jusqu'à nier les évidences.
La métaphore est habile et auréolée d'un mystère élégant, le ton est juste, l'écriture sincère.

Belle, originale et émouvante, cette saga du Surfer (relégué presque au second plan) constitue non seulement un excellent conte moderne mais permet également d'aborder ce personnage sous un angle peu usité. A découvrir sans a priori.

White Tiger

Parmi les très nombreux personnages secondaires qui peuplent l’univers Marvel, il en est parfois certains qui marquent plus que d’autres et dont on garde un souvenir ému en attendant leur prochaine apparition, Angela Del Toro est l’un d’entre eux.

A priori, Angela, agent du FBI, n’a rien d’une héroïne encapée destinée à se balader au dessus des immeubles pour filer une trempe au premier criminel qui passe. Pourtant, lorsque l'on sait que son oncle n’est autre que Hector Ayala, aujourd’hui décédé et anciennement White Tiger, on commence à se dire que la jeune femme pourrait faire un digne successeur. C’est d’ailleurs ce qui arrive lorsque les fameuses amulettes du pouvoir(1), à l’origine des capacités du Tigre Blanc, lui tombent entre les mains.

A l’époque, elle enquête sur Matt Murdock et c’est vers lui qu’elle va se tourner pour lui faire part de ses interrogations. Car évidemment, endosser le rôle de son défunt oncle n’a rien d’évident pour elle. Et surtout, cela engendre une série de questions liées finalement à bien des carrières super-héroïques : pourquoi fait-on ça ? Pourquoi certains en arrivent à se déguiser et à risquer leur vie ?
Et lorsque l’on hérite d’amulettes augmentant force, agilité et endurance, que doit-on en faire ?

La première réponse viendra en haut du toit de l’église Sainte Catherine. C’est là que Daredevil donne rendez-vous à la jeune femme afin de la tester. Celle-ci, bien qu’effrayée, va avoir un premier aperçu du lot quotidien des Masques, et après l’escalade, c’est une petite baston à laquelle la chanceuse a droit. Chanceuse car, finalement, tout le monde ne peut pas se vanter d’avoir eu Daredevil comme coach.
La réponse finale viendra lorsque l’ancienne flic déjouera, seule, une tentative de cambriolage et se verra remercier par un commerçant terrorisé mais reconnaissant. Le Diable Rouge conclura de la plus belle manière qui soit : « Et voilà. Tu sais tout. L’habit est un symbole. Bon vent. »
L’indicible était contenu dans le « merci » de la victime. Un merci bien pâle, discret, fragile, mais contenant bien plus dans sa sobre émotion qu’un long et froid discours sur le pouvoir et les responsabilités.

Ces évènements sont relatés en VF dans le 100% Marvel Daredevil #11. White Tiger dispose également de sa propre mini-série (encore inédite en France), assez récente, écrite par Tamora Pierce et dessinée par Philippe Briones. Ces derniers temps, entre la récente Jessica Jones de Bendis, le retour en force de Ms. Marvel avec sa série régulière ou encore l'arrivée de Spider-Woman (et de ses origines réactualisées) chez les Vengeurs, les personnages féminins connaissent un certain succès. Espérons qu'il en soit également ainsi pour cette prometteuse féline. ;o)

(1) Ces amulettes, selon la légende, faisaient partie d’un tigre en jade sculpté dans l’ancienne cité de K’un Lun et furent données, par un puissant Senseï, à ses trois meilleurs élèves. Chaque possesseur d’amulette se trouvait ainsi investi des pouvoirs combinés des deux autres. Par la suite, Hector Ayala les trouva et apprit à contrôler leur pouvoir.

08 juillet 2007

Vulcan's Progress

Toujours pas de Marvel Icons dans les kiosques hier, mais nous sommes habitués aux sempiternels retards paniniens. Heureusement, on a de quoi faire avec le X-Men #126.
Tout d'abord, pour changer un peu, j'ai laissé de côté la cover civil war (qui était passablement moche) pour illustrer cet article avec celle du X-Men #190, présente dans ce mensuel. Elle est signée Chris Bachalo. Plutôt jolie non ? Et puis on se demande bien pourquoi Mystique roule une pelle à ce brave Iceberg surtout. Il en fond le pauvre. ;o)
Vous aurez la réponse dans la suite de l'arc Supernovas, scénarisé par Mike Carey, dans lequel nos héros affrontent les Enfants de la Voûte.

L'épisode d'Uncanny X-Men de ce mois est uniquement concentré sur la progression de Vulcan, toujours à la recherche de l'empereur Sh'iar. Le voyage est assez bien rendu, avec de forts beaux décors cosmiques et même quelques références SF comme ces stargates permettant de franchir de considérables distances.
Ed Brubaker s'en sort donc pas mal, rendant attrayante une partie de l'histoire qui aurait pu être poussive. Bon graphisme également de Clayton Henry.

Les choses bougent pas mal dans la troisième partie du tie-in Civil War consacré aux X-Men. Entre le combat opposant les forces de Bishop et celles de Scott et la lutte d'influence se jouant entre Valérie Cooper et le général Lazer, les évènements se précipitent. D'autant qu'en plus, la base dans laquelle ont trouvé refuge les 198 se révèle être plutôt un lieu de confinement pour des armes de destruction massive. Pas forcément l'endroit rêvé pour être en sécurité donc.
David Hine au scénario et Yanick Paquette au dessin réalisent ici une saga rythmée, agréable à suivre et saupoudrée de personnages secondaires parfois amusants (cf à ce sujet le petit ajout de ce matin dans le bêtisier).

On termine avec les New X-Men et leurs déboires. Ils se sentent passablement abandonnés puisque le corps professoral s'est barré au mariage de Tornade, les laissant seuls se débrouiller avec Nemrod, une saloperie robotisée exterminant les mutants. Forge est très présent dans cet épisode. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas bien, il s'agit d'un mutant ayant le pouvoir de créer intuitivement toutes sortes de machines et d'équipements fort complexes grâce à une compréhension quasi instantanée des systèmes électroniques ou encore de l'énergie mécanique. Une sorte de Mac Gyver en quelque sorte, mais sans le bricolage avec une punaise, un bout de chewing-gum et un vieux lacet. ;o)

Tout cela nous donne un mensuel de bonne qualité avec des histoires variées et bien mises en images, de quoi donner à tous le goût des mutants.

06 juillet 2007

Damage Control

Logan poursuit sa croisade personnelle dans le Wolverine #162 fraîchement débarqué en kiosque. L'épisode de ce mois, intitulé Payback, tourne essentiellement autour du rôle sombre que joue la société de Walter Declun. Damage Control est une entreprise spécialisée dans la gestion des risques et le nettoyage des dégâts engendrés suite aux combats entre héros et vilains. Seulement, apparemment, Declun fait tout pour que ces affrontements se multiplient (notamment en ayant fourni du MGH à Nitro), une bonne façon d'engranger les contrats et les bénéfices qui vont avec.
Personne ne sera surpris si je dis que ces magouilles ne sont pas du tout du goût de notre mutant querelleur et qu'il va tout faire pour y mettre fin, et ce malgré les réticences - voire même les engueulades - de Scott et Emma.

Le second épisode nous offre une petite apparition du fils de Wolverine. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'a pas l'air commode. On voit également une Jubilé en bien mauvaise posture puisque grièvement blessée. Après la perte de ses pouvoirs suite au jour M, elle n'avait pas besoin de ça. Toujours une faiblesse niveau dessin, Dillon n'étant pas forcément au top ici (il s'en sortait mieux sur le Punisher à mon goût). Bien qu'il soit critiqué pour ses proportions proches de la caricature, je préfère largement le Wolvie de Ramos.

Le mois prochain, le mensuel du griffu sera entièrement dédié à son tie-in Civil War puisque les deux épisodes finaux seront publiés en même temps (on fait donc une pause sur Origins).

ps : mise à jour de la Checklist Civil War et ajout de Mystique dans les figurines Marvel.

04 juillet 2007

Retour à la clandestinité

Sale temps pour le Tisseur dans le Spider-Man #90 sorti hier. On ne peut pas dire qu'il sera resté longtemps du côté des héros "officiels". Le voici qui troque la luxueuse tour Stark - où sa famille était également hébergée - pour un sordide motel fréquenté essentiellement par des demoiselles qui vivent de leurs charmes. Le changement de standing est plutôt fulgurant !
Toujours le tandem Straczynski/Garney aux commandes de cet Amazing Spider-Man #536. Cet épisode contient une petite ellipse sur la fuite de Spidey, elle sera comblée si vous lisez le Civil War #5 dont je vous parlais hier. On revient en tout cas à un Parker plus proche du poissard torturé que nous connaissions, je suis curieux de voir ce que son nouveau statut de fugitif va avoir comme influence sur sa petite vie qui n'était pourtant déjà pas si tranquille.

Le Friendly Neighborhood Spider-Man et le Sensational Spider-Man continuent de s'intéresser aux vieux ennemis du Tisseur. Mystério, Electro, l'Homme de Métal, le Caméléon, tous tentent de profiter de la révélation de l'identité secrète de notre pauvre Spidey des familles. Leurs cibles ? Mary Jane bien sûr et puis la célèbre May "Jeanne-Calment-à-côté-de-moi-c'était-un-flan-aux-pruneaux" Parker.
Notons une apparition de Black Cat à qui Peter demande d'assurer ses arrières. Voilà au moins une ex pas rancunière.

Enfin, on termine avec le Marvel Team-Up de Kirkman. Conclusion de l'arc L'anneau de la liberté et petite intro concernant le retour de Titannus. Cette série touchant bientôt à sa fin (ce qui nous permettra de mettre fin aux agressions visuelles perpétrées par ce bougre de Kuhn), elle sera remplacée au sein du mensuel par la nouvelle on-going des Thunderbolts ! Si je vous dis que l'équipe remaniée comptera dans ses rangs le Bouffon Vert et même Venom, vous comprendrez pourquoi c'est la revue du Monte-en-l'air qui l'accueille.
En attendant, vous pourrez vous faire une idée sur ces joyeux drilles grâce au Marvel Monster Civil War qui sort dans quelques jours et qui sera consacré en partie à ces fameux Thunderbolts.

Voilà, on a fait le tour de cette fournée de juillet, toujours aussi agréable à suivre, et mettant en scène un Spidey abandonnant confort et légalité pour un retour aux galères et aux problèmes d'argent, comme au bon vieux temps !

03 juillet 2007

Civil War #5

C'est déjà le cinquième volet du mensuel Civil War qui sort ce matin dans les kiosques. Le Punisher y fait d'ailleurs une entrée remarquée tandis que notre Tisseur tente d'échapper aux sbires du SHIELD, la traque se terminant dans des égouts étonnamment fréquentés.
On continue de voir apparaître toute une galerie de personnages secondaires parfois presque oubliés. Une bonne occasion de faire une sorte de petit inventaire des héros ou vilains qui étaient restés au placard depuis un moment.

Un épisode plutôt émouvant ensuite avec la septième partie de The Accused. On sait que ce pauvre Baldwin s'est fait descendre le mois dernier, comme le premier Oswald venu, et l'on assiste à ce qui pourrait bien être ses derniers instants lors d'une évacuation en ambulance plutôt mouvementée pour ne pas dire catastrophique.

La troisième partie de la revue est consacrée à Sleeper Cell, un arc un peu moins intéressant que les précédents. On y voit néanmoins les relations entre humains et atlantes prendre une bien mauvaise tournure.

Bref, la guerre civile suit son cours avec toujours autant de rebondissements et une ambiance qui vire à la paranoïa générale tant les arrestations ou les revirements sont nombreux. Graphiquement, on reste dans du très bon, surtout en ce qui concerne McNiven, admirablement secondé par Morry Hollowell pour la colorisation.

02 juillet 2007

Diablo & Dazzler

Le Ultimate X-Men #39 est particulièrement fourni puisqu'en plus de la fin de l'arc "Magical", il contient le deuxième annual consacré aux mutants.

On en termine donc avec Magician, l'ado pouvant remodeler la réalité à volonté. Ce final est un peu facile, laissant d'ailleurs la porte ouverte à un éventuel retour. On avait déjà vu mieux. L'annual quant à lui est bien meilleur. Il est centré sur Diablo, ancienne recrue de l'Arme X, qui va enlever la pauvre Dazzler(1) dont il est amoureux. Voilà une façon plutôt abrupte de déclarer sa flamme mais il faut dire que lorsque l'on est bleu et pourvu d'une queue de diablotin, il ne doit pas être évident de draguer. ;o)

Les deux histoires sont signées Robert Kirkman, les dessins sont de Tom Raney pour l'épisode de l'on-going et de Salvador Larroca pour l'annual. Tout cela est donc graphiquement correct. Dans le numéro #40, qui sortira ce mois-ci, ce sera au tour de la version Ultimate de Cable de rentrer en scène.

(1) Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce personnage, il s'agit de Alison Blaire, une chanteuse punk/rock ayant le pouvoir de convertir le son en lumière ou en énergie. Elle est la petite amie d'Angel, au grand désespoir de Kurt.