31 octobre 2007

USM spécial #100



Les deux compères, Bendis et Bagley, ont soufflé les bougies depuis un petit moment déjà aux US (tout en battant le record de longévité sur une série) mais c'est aujourd'hui que sort le mythique numéro 100 dans ce qui est pour nous le Ultimate Spider-Man #53.

Au menu donc, les épisodes #99 et #100 développant la suite de la Saga du Clone. Le centième épisode est d'ailleurs plus long que d'habitude puisque l'on peut déguster 31 planches au lieu des classiques 22. Il faudrait être difficile pour être déçu par le contenu parce que, niveau coups de théâtre et révélations, on est plutôt très bien servi. Rythme soutenu, dessins toujours d'aussi bonne qualité, bref, un arc qui restera dans les mémoires, et pas seulement à cause de la numérotation des épisodes.

Et comme on fête un anniversaire, il y a même quelques bonus et, tenez-vous bien, pour une fois, ils sont franchement pas mal. On commence par un petit speech de Ralph Macchio, puis on enchaîne avec 4 planches de croquis de Bagley (mais attention, de beaux dessins hein, pas une vague ébauche exécutée à la va-vite sur un coin de table). On continue avec une petite interview de Bendis et une curiosité, le résumé de deux romans, inédits en français, et consacrés à Ultimate Mary Jane. Heu bon, pas très utile car totalement indépendant des comics, m'enfin, c'est original pour le coup. Et on termine avec la chronologie de Ultimate Spider-Man, c'est à dire une présentation des arcs avec la numérotation VF et la correspondance VO.
Ooooh !! Sortez le champagne les gars !!
Alors, là, oui, je ne puis que m'extasier devant ce numéro anniversaire qui non seulement offre un épisode plus long mais qui, en plus, nous propose, pour 3,85 €, des bonus plus intéressants et plus nombreux que la plupart des Deluxe à 25 €.

Une série de qualité avec des petits plus sympa le tout dans un bimestriel au prix abordable, que demander de plus ? Un petit courrier des lecteurs ? Ben y'en a un aussi ! Et comme il ne prend pas la place de ce qui est vraiment intéressant, tout le monde est content. ;o)

26 octobre 2007

Retour des Runaways !

Les Runaways reviennent en VF dans un format Deluxe avec une saison 2 qui était encore inédite dans nos contrées. Joie et bonheur dans ta chaumière ô fan des fugitifs qui vient ici traîner fugacement tes guêtres !

Il s'en est passé du temps depuis les premiers épisodes en Mini Monster... il y avait eu bien sûr une petite apparition pendant Civil War, avec un tie-in partagé avec les Young Avengers, mais plus de publication spécialement dédiée à nos jeunes amis californiens depuis des lustres. Voilà une lacune fraîchement comblée avec ces épisodes, sortis hier, et couvrant tout un pan de l'histoire qui nous manquait pour comprendre les changements intervenus au sein de l'équipe.
Nous assistons donc ici à l'arrivée de Xavin et Victor, des persos que l'on avait découvert dans le tie-in cité plus haut sans que l'on sache bien, à l'époque, d'où ils débarquaient.

Pour ce qui est des péripéties, notre petite équipe n'en manque pas. Les Runaways vont d'abord se retrouver pourchassés par un groupe d'ados cherchant à "décrocher" de l'héroïsme (ils ont un club style alcooliques anonymes). Tiens bah, Phil Urich en fait partie, vous savez, le type dont parle Christian Grasse, tout au long de ses éditos dans Civil War Extra, en le confondant avec Ben Urich. Bon, y'a juste quelque chose comme 30 ans d'écart entre les deux, l'erreur est donc toute excusée. ;o)
Outre les apprentis héros en sevrage, Nico et sa bande vont devoir démêler une sombre affaire dans laquelle la Cape est impliquée, ce dernier étant accusé d'avoir violemment agressée sa collègue et compagne, la douce et noble Epée. On rajoute à ça les Démolisseurs, le rejeton d'Ultron, un super-skrull et les New Avengers au complet et on aura fait le tour des guests.

Autant le dire tout de suite, c'est toujours aussi bon. Toujours Brian K. Vaughan au scénario. Pour les dessins, l'on retrouve aussi Adrian Alphona qui passe ensuite le relais à Takeshi Miyazawa (le type qui officiait sur Spider-Man loves Mary Jane). Le graphisme est donc typique des deux artistes, doux, presque enfantin, mais particulièrement beau.
Les personnages restent toutefois la grande force de la saga. Là où des Young Avengers cherchent à singer leurs aînés, les Runaways, eux, se méfient des adultes. Livrés à eux-mêmes, ils conservent une certaine innocence, une fragilité touchante que les jeunes Vengeurs n'ont pas. Ils ne sont pas pressés de grandir, le vrai monde les a déjà trop déçus. Sans ce rattachement au monde adulte et ses contraintes, ils deviennent ainsi presque l'incarnation de cet espoir naïf, éprouvés par bien de jeunes enfants, qui consiste à croire que l'on peut échapper au pire en y croyant suffisamment fort ou en étant soudés ou en inventant je ne sais quelle supercherie pour tenter d'arrêter le temps. Mais nous, hélas, savons que ce combat est perdu d'avance. Les adultes gagnent toujours à la fin. Cette lutte est la plus inégale et pathétique qui soit car, quoi que vous fassiez, vous êtes condamnés à rejoindre l'autre camp. Et tôt ou tard, que l'on soit un fugitif ou que l'on attende bien tranquillement le moment funeste, un jour le reflet dans le miroir vous sourit et, avec une voix cassée et un regard dur, l'adulte que vous êtes devenu murmure à l'enfant que vous étiez "je t'ai eu... j'ai pris ta place. Pour toujours."

Heu, hum, j'en reste là de mes digressions sur l'enfance. Ah ben j'en vois certains pousser des soupirs de soulagement et se dire "ah, mais alors, c'est quand qu'il râle sur Panini ?". Ben oui, j'y viens. Un peu de patience tout de même ! ;o)
Alors, les bonus. Ahlala, les sacrés bonus ! On fait vite le tour en général mais alors là, ça va être du super rapide, accrochez-vous. Les covers et 7 planches de croquis. Pas lourd donc mais, pour une fois, je suis moins sévère car il s'agit d'épisodes inédits. Enfin, on peut noter tout de même que l'éditeur nous annonce sur le replis de la jaquette (ah, bien sûr, toujours une cover noire, sans dessin, seule la fragile jaquette bénéficie d'une illustration) que "les covers originales, des croquis et d'autres surprises complètent le programme". Les covers et les croquis, je les ai trouvés. Les autres surprises, je cherche encore. Y'a des bonus cachés ? Faut gratter le nez d'un perso pour faire apparaître un truc ? Si c'est ça, c'est bien fichu. Si c'est pas ça, ça serait-y pas qu'ils racontent n'importe quoi ? Hmm ?
La traduction est relativement correcte si ce n'est une petite nouveauté dans la série "je malmène la langue pour faire branchouille", l'apparition du "ç'a", comme dans "j'ai placé les royalties de mon bouquin et ç'a fini par rapporter". Ce n'est même pas une erreur d'inattention car cette étrange abréviation est utilisée deux fois dans ce recueil. Les contractions en anglais, je veux bien, mais trouver le moyen d'écrire "ç'a fini" à la place de "ça a fini", c'est chaud quand même niveau "j'fais c'que j'veux avec mes phrases" (tiens, là je contracte, ça devient familier, mais ça reste correct, contrairement au "ç'a").

Pour conclure, n'hésitez pas à vous procurer cet excellent comic au prix un peu élevé mais tout à fait justifié par la qualité du contenu qu'une adaptation... disons... "souple" ne parvient pas à dégrader. Evidemment, mieux vaut vous procurer le début de l'histoire, dans le cas contraire, un petit rappel sur les différents persos ne sera peut-être pas inutile.

ps : ajout de Captain Marvel dans les Figurines.

23 octobre 2007

Freshmen

Le premier volume de la série Freshmen, publiée chez Delcourt, est intitulé Opération Bizutage et nous entraîne sur le terrain connu des "super-pouvoirs" tout en cherchant à clairement se démarquer du reste de la production actuelle.

De jeunes gens débarquent sur le campus pour leur première année de fac. Tout n'est pas forcément évident pour les nouveaux venus, entre le bizutage, les complexes de certains ou tout simplement le stress d'une nouvelle vie qui débute, pas besoin de super-vilains pour crouler sous les emmerdes !
Et un jour, tout change. Il suffit d'une étrange impulsion, issue de l'explosion d'une machine expérimentale, pour que certains étudiants soient dotés de pouvoirs...

Heu, ça sent un peu le déjà-vu jusqu'ici hein ? Oui, sauf qu'en fait, les pouvoirs en question vont découler des pensées des étudiants au moment de la dite "impulsion". Pour Annalee, qui étudie la psychologie et souhaite "rentrer dans la tête des gens", le pouvoir est tout trouvé et plutôt intéressant : la voilà télépathe. Seulement, tous n'ont pas cette chance. Charles entend les plantes lui parler, Jimmy (qui faisait un concours débile avec des post-it au moment des faits) se retrouve "collant", Ray, qui était pourvu d'un... pénis de petite taille, a été grandement amélioré à ce niveau, Elwood, ivre pendant le moment crucial, a le pouvoir de rendre les gens totalement saouls en leur rotant dessus, etc. Le pire, Norrin, seul fan de super-héros du groupe, se retrouve sans aucun pouvoir car il était allé se chercher une pizza lorsque les évènements ont eu lieu.

Plutôt loufoque donc comme début mais pas spécialement parodique pour autant. Le scénario de Hugh Sterbakov (sur un concept de Seth Green (vous savez, le gars là, dans Buffy, qui joue Oz)), s'il se veut souvent drôle (avec notamment d'excellents dialogues), flirte également sans complexe avec l'émotion et le sérieux. Le mélange donne du coup un aspect inventif à la série et rend les personnages attachants.
Le graphisme de Leonard Kirk est par contre plus quelconque, il faut dire qu'il n'est pas aidé par une colorisation (de Tyson Wengler) assez inégale, allant du moyennement inspiré au franchement pas beau. Un peu dommage (ce n'est pas le cas de la cover utilisée ici en illustration et qui, elle, est plutôt jolie).

Voilà une série fort divertissante qui se moque des poncifs super-héroïques tout en en reprenant tout de même, sans avoir l'air d'y toucher, l'essentiel - voire l'intégralité - des codes : les costumes et noms de code sont raillés avant d'être aussitôt adoptés, le concept de lutte interne pour le leadership de l'équipe est lui aussi allègrement utilisé, sans oublier les nombreuses références, du personnage typiquement sans pouvoir et bardé de gadgets (à la Batman) en passant par une tirade sur les responsabilités (empruntée à notre vieux Tisseur) qui se retrouve même sur la quatrième de couverture.
On finit par ne plus savoir si l'on est dans l'hommage, la moquerie ou la subtile réinvention. On ne s'en plaindra pas car, au final, le lecteur dévore le tout avec un plaisir immense, sans doute rehaussé (pour les fans) par le fait de se retrouver en terrain connu sans pour autant savoir de quelle manière l'auteur va nous surprendre. Parfois, il parvient vraiment à nous bluffer, d'autres fois, l'on se laisse gentiment berner, car, évidemment, entre gens de bonne compagnie, l'effort se doit d'être partagé. L'auteur fait ainsi son possible pour rendre le moment exceptionnel et le lecteur lui rend la pareille lorsqu'il sent le travail, la passion et l'honnêteté poindre leur nez, leurs oreilles et toute la tuyauterie. Ce qui est le cas ici.

Ou pour faire plus court : Freshmen, c'est bien ! ;o)

ps : le premier épisode a été publié, en kiosque (et en VF), dans le Top Comics #6 de mars 2006, avec quelques fiches de personnages en bonus.

19 octobre 2007

Beyond

Le Marvel Universe #5, sorti aujourd'hui, accueille Beyond, une saga complète en 6 épisodes écrite par Dwayne McDuffie et dessinée par Scott Kolins.

Un groupe de héros assez hétéroclite (Spidey, Venom, la Guêpe, Hank Pym, Kraven, Medusa, Firebird, Gravity et Hood) est enlevé par le Beyonder et se retrouve sur une planète hostile. S'ils acceptent de s'entretuer, leurs voeux seront exaucés.
Oui, il s'agit bien d'une sorte de séquelle des Guerres Secrètes (qui seront rééditées le mois prochain en Best Of) en comité restreint. Quelques personnages assez exotiques s'ajoutent au fur et à mesure du déroulement de l'histoire, notamment le Fantôme de l'Espace, kitsch mais assumé comme tel. On peut aussi signaler la présence du peu connu Deathlok au cas où il existerait en France un fan du cyborg. ;o)
(si en plus d'être fan de Deathlok, vous êtes abonné à Carpe Magazine (qui fête son 168ème numéro) ou à Réussir sa Véranda, c'est que vous avez des goûts hautement spécialisés tout de même)

Baston, dialogues sympas et parfois drôles, le tout accompagné par un graphisme aux couleurs vives pour une histoire cosmique assez plaisante qui apparaît comme une gentille récréation après les 4 volumes consacrés à Annihilation. Le tout pour 5,50 €, pas de quoi se priver.

ps : il y a également quelques études de personnages (parfois assez moches) et deux ou trois croquis en bonus. Le prochain Marvel Universe sera consacré à Silent War, un conflit entre les Inhumains et l'humanité (sous la forme, ici aussi, d'un récit complet).

Histoire d'une agonie interrompue

Années 90. Marvel se meurt lentement. L’âge d’or n’est plus qu’un vague souvenir rappelant d’oniriques gloires. Malgré les héros bien connus du grand public et le potentiel qu’ils représentent, la Maison des Idées sombre lentement tel un Titanic littéraire. Les échecs s’accumulent et celui de la saga du clone de Spider-Man (bientôt rééditée en Omnibus) n’est pas le moindre. Au départ, une idée simple, faire table rase du passé en remplaçant l’actuel Peter Parker par un autre personnage, censé être son clone (ayant vécu dans la clandestinité sous le nom de Ben Reilly) mais étant en fait le vrai Parker. Le vrai clone serait donc le Peter Parker dont les lecteurs lisent les aventures depuis des lustres sans se douter de la supercherie. L’effet sur le lectorat est violent, les fans pensent (sans doute en partie avec raison) que la ficelle est trop grosse et que l’on se fiche un peu d’eux. Marvel commet alors le pire en faisant machine arrière, ajoutant aux déçus de la première heure les fans qui, eux, avaient acceptés le postulat de base. Tout le monde est déçu, pire, en colère. La manœuvre éditoriale est tellement mauvaise que Marvel vient de saborder son titre phare…
Les ventes chutent.

Même avec une balle dans le pied, un géant ne peut s’effondrer ainsi. Oui, sauf que Marvel dispose de nombreuses cartouches et n’en finit plus de mal viser.
Les dessinateurs trop longtemps au pouvoir, les covers et accroches prometteuses couvrant à peine des intrigues bâclées, la non prise en compte de l’évolution du lectorat, tout cela s’additionne dans un tourbillon malsain qui semble irrésistible.
Le crossover
Onslaught est, à ce titre, révélateur. Long (très long ?), mal écrit, poussif, il doit être le point de départ d’un renouveau pour certaines séries. Un comble : la plupart des personnages connus y meurent sans qu’aucun lyrisme n’en ressorte. Le label Heroes Reborn qui suit, censé réintroduire les Fantastic Four ou les Avengers, est un échec. L’âme originelle d’un Stan Lee, parfaitement en phase avec son époque dans les années 60, s’est corrompue au point de devenir un mièvre radotage d’histoires prévisibles et ennuyeuses.
Surnagent un peu quelques séries secondaires comme Alpha Flight ou Thunderbolts (dessinée (pour cette dernière) – déjà – par un Mark Bagley se cherchant un peu et publiées en France dans le défunt Marvel Select) mais l’on sent encore un frein réel, même concernant ces personnages peu connus avec qui les auteurs ont normalement plus de liberté.
Et quand les titres majeurs s’écroulent, les séries moins populaires ne peuvent survivre.

A l’agonie, se vidant de son essence même, Marvel a alors, avec les années 2000, un réflexe de survie extraordinaire qui va changer la donne. Perdu pour perdu, autant y aller franco, le label Marvel Knights est né !
Un ton plus sombre, plus adulte en ressort. Des séries secondaires telles que Daredevil ou les Inhumains prennent un virage drastique et essentiel qui les rendent bien plus attractives que le profond marasme dans lequel sont plongés les titres phares. Cela coïncide avec l’arrivée au pouvoir d’un homme providentiel : Joe Quesada. Auteur et dessinateur lui-même, le type a une relation privilégiée avec les artistes et, en plus, une vision moderne des personnages Marvel. Une foule d’auteurs talentueux apparaissent alors dans les rangs de l’éditeur. La priorité est redonnée aux histoires et aux conteurs, de nouveau, l’on ose, on s’adresse à des adultes, le ton est différent, audacieux, conquérant !
La ligne Ultimate, par son succès et sa qualité globale, est déjà à elle seule tout un symbole, mais le marvelverse classique prend également un coup de jeune et de talent (qui se poursuit de nos jours) avec des Straczynski, Bendis, David, Kirkman, Ennis, Ellis et bien d’autres, le tout appuyé par des dessinateurs qui ne sont plus dénaturés par la colorisation, cette dernière ayant fait de fantastiques progrès.

On ose ! C’est le nouveau mot d’ordre, plus approprié, il est vrai, à des trentenaires toujours accros mais exigeants. Des dialogues crus, plus proches de la réalité, des scènes dont le sexe n’est pas expurgé, une violence parfois explicite et surtout un recul et un humour omniprésents règnent sur les séries régulières. En parallèle, les mini-séries audacieuses sont nombreuses. De la déjà fort ancienne Trouble de Millar (parue en France dans la collection Max, non assujettie à la continuité, mais aux US sous le label Epic, qui rend la saga tout à fait acceptable d’un point de vue de puriste) qui donne une explication à la fois osée mais bien vue de la relation tante May-Peter Parker, au Spider-Man : Blue de Jeph Loeb (sorte de variation romantico-funèbre sur la perte d’un être cher) en passant par le ton très polar des Alias de Bendis ou l’arrivée d’équipes neuves mais attachantes comme les Runaways, on sent bien qu’un cap subtil mais nécessaire a été franchi. Même des séries ciblant un lectorat jeune, comme Spider-Man loves Mary Jane, sentent bon l’effort et les neurones en activité.

Les succès récents, de l’évènement Civil War à la mort de Captain America (ayant eu un retentissement incroyable, même à l’extérieur du « milieu » comic, alors que ce n’était pas – et de loin – la première disparition du héros), et les records de ventes (Marvel prend régulièrement les premières places au top 100) laissent augurer du meilleur pour la suite mais c’est surtout la présence d’auteurs talentueux et audacieux (et d’une rédaction ouverte) qui permet de ne pas s’en faire pour un monde revenu de loin et arpentant, maintenant, les étroits chemins de l’excellence.

Et en définitive, le secret n’en est pas un. J’avais pris un exemple maritime tout à l’heure mais le domaine aérien est tout aussi approprié. Pour continuer à voler, et à voler bien, sans rendre malade les passagers, il faut respecter certaines constances. L’altitude, la vitesse, l’assiette, un dosage subtil de principes primordiaux qui font toute la différence entre le plaisir issu de l’ivresse des cieux et le désamour coupable dû plus au brouhaha régnant dans le poste de pilotage qu’à d’inévitables trous d’air, ce qui, évidemment, n'empêche nullement les virées exotiques.
Si la destination peut être étonnante, le pilotage, lui, se doit d'être strict, tel l'invisible mais essentiel lien qui unit le lecteur confiant à l'auteur rigoureux. Le virage engagé par Marvel est du même ordre, non plus un excessif tonneau malmenant ses passagers mais bien un vol impeccable les emmenant vers de nouvelles promesses...

ps : Tepepa me fait remarquer, avec raison, que des thèmes déjà très adultes étaient apparus dans les années 80, aussi je précise qu'à mon sens, le virage des années 2000 est surtout lié à la qualité de l'écriture et au progrès incontestable des techniques narratives. Il y a par exemple plus de différences, selon moi, entre les comics des années 97-98 et ceux d'aujourd'hui qu'entre ceux des années 60 et ceux des années 90. Cette modernisation très nette étant alors plus liée à la manière de raconter une histoire, à la qualité des intrigues secondaires, à la richesse des personnages et la profondeur de leurs relations plutôt qu'aux thèmes abordés (même si évidemment l'on peut trouver des exceptions).

18 octobre 2007

Cercle Vicieux

Sortie ce mois du troisième volume consacré à Ghost Rider dans la collection 100% Marvel. Daniel Way, auteur de Wolverine : Origins, s'occupe du scénario tandis que les dessins sont l'oeuvre de Javier Saltares et Mark Texeira.

Le tome 2, reprenant la mini-série de Ennis et Crain, m'avait laissé une bonne impression, mais pour le relaunch de la série régulière, le sentiment est plus mitigé. Johnny Blaze s'échappe de l'enfer mais entraîne involontairement avec lui Mephisto (ou Satan, peu importe, vous savez, le gars avec des cornes là, patron d'un club très select où le chauffage est poussé à fond). Cependant, ce dernier n'ayant pas le pouvoir, au contraire de Blaze donc, de passer d'un plan à un autre, son esprit est réparti entre 666 individus que notre Ghost Rider devra retrouver et liquider.

Le pitch n'est pas trop mal, seulement dans les faits, ces 5 épisodes ne sont guère folichons. Déjà, il ne s'agit pas d'un arc complet, l'histoire s'arrêtant en plein milieu de nulle part, mais bon, à la limite, ce n'est pas le plus gênant. Ce qui pose problème c'est que l'on a autant envie de lire la suite que d'assister à une conférence sur les bienfaits du yaourt à travers les siècles. La faute en revenant principalement à une narration plate et sans grande inspiration. Ni suspens, ni moments drôles ou émouvants, bref, là où Ennis nous aurait fait quelque chose d'assez rock n' roll, Way nous pond une saga directement adaptable en Derrick. Ce sont nos amis allemands qui vont être contents devant ce bel hommage ! Même l'intervention, assez longue, du Dr Strange donne lieu à un combat insipide et arythmique.

Le petit speech intérieur nous apprend que Ghost Rider n'a pas encore retrouvé sa popularité d'antan. Ce n'est pas avec cette saga que cela risque de s'améliorer. De même, on nous affirme que le motard enflammé est en passe de devenir l'un des "piliers de l'univers Marvel", ce qui semble pour le moins fort exagéré (voire même n'importe quoi étant donné qu'il ne tient aucun rôle central dans le dit univers ni dans aucun des grands évènements récents).
Bref, un comic bien fade que l'on prendra soin d'oublier rapidement.

16 octobre 2007

Tensions Internes

Rapide tour d'horizon du Astonishing X-Men #29 de ce mois.

Les équipes mutantes connaissent quelques dissensions ces temps-ci, à commencer par New Excalibur avec un Captain Britain et un Wisdom qui peuvent de moins en moins se sentir. Pour ajouter à l'ambiance déjà tendue, Dazzler et Nocturne s'engueulent aussi et en viennent même aux mains (ah ben si les filles s'y mettent aussi !). Voilà un groupe qui n'a presque plus besoin de vilains pour se défouler. ;o)
La série se suit d'ailleurs bien plus agréablement depuis que la discorde règne parmi les personnages.

On marche sur des oeufs également du côté de X-Factor depuis que Madrox a eu la bonne idée de s'envoyer à la fois Monet et Cyrène (pas en même temps quand même hein). Les deux miss sont donc en pleine guerre froide et en veulent à mort au pauvre Madrox qui, du coup, tente d'oublier ses déboires autour de quelques bières en compagnie de Rictor. La scène est assez drôle et même instructive d'ailleurs puisque c'est à cette occasion que l'on apprendra qui de Theresa ou M remporte le prix de "fille la plus chaude". ;o)
Bref, un Peter David toujours aussi bon sur ce titre.

Suite de Phoenix : Warsong avec l'Arme Plus qui rentre dans la danse et un début de révélation sur les Stepford Cuckoos. Le tout a un peu de mal à décoller quand même. On termine par les Exilés, toujours coincés sur la terre 616 période House of M. Ils connaissent maintenant la véritable nature du serial killer qui a trucidé la femme de Bec (et qui en plus vient d'enlever notre irritante volaille). Bon, ça se laisse lire quoi.

Un numéro donc dans lequel se détachent très largement (comme souvent) X-Factor et, depuis peu, New Excalibur. Le graphisme de l'ensemble des séries est plutôt bon, mention spéciale pour le style particulier de Pablo Raimondi (dont les dessins sont colorisés par Brian Reber).
La cover du mensuel (qui illustre également cet article) est de Mike Mayhew.

14 octobre 2007

L'instant blanc

La série New Universal est enfin adaptée en VF dans un 100% Marvel regroupant les 6 premiers épisodes. Un univers de plus au déjà bien bordélique multivers Marvel me direz-vous, certes, mais quand on obtient un comic de cette qualité, on aurait bien tort de s'en plaindre.

Dans le monde entier, le ciel s'illumine. C'est l'instant blanc. Un phénomène céleste inexpliqué en apparence sans conséquence. Mais en apparence seulement, car une révolution conceptuelle est en marche et quatre humains sont maintenant dotés de pouvoirs pour y prendre part. L'univers a envoyé une Justice pour maintenir l'ordre, un Décrypteur pour le bond technologique, une Etoile pour la défense et un Masque Noir pour la révolution spirituelle. Deux hommes et deux femmes portent maintenant la marque et sont devenus... des super-humains.

Le scénario est signé Warren Ellis (l'auteur notamment, dans un tout autre genre, de Nextwave) et le dessin est de Salvador Larroca. Le graphisme est d'ailleurs ce qui frappe le plus dès les premières pages. C'est tout simplement somptueux (la colorisation est de Jason Keith) et on s'en prend plein les yeux. Les personnages ont le visage d'acteurs hollywoodiens, les décors sont magnifiques (ceux dans le "superflux" sont d'une poésie et d'une beauté incroyables), les cadrages variés, bref, impressionnant, rien de moins.

Mais attention, l'histoire n'est pas en reste, nous ne sommes pas ici sur une déclinaison supplémentaire de l'apparition de surhumains sur une terre parallèle avec les conséquences politiques qui en découlent (du genre de Supreme Power ou The Authority). Ici, bien que forcément les responsables politiques ou l'armée soient présents, l'accent est mis sur l'aspect métaphysique de l'évolution. Les sources d'inspiration d'Ellis sont nombreuses : informatique, archéologie, chamanisme, manga et sans doute un bon paquet de films... des visions d'un "Wicasa Wakan" (docteur du mystère) indien, provoquées par la drogue, aux matrices informatiques (à la Matrix), en passant par les ruines d'une cité oubliée qui existait à une époque de monstres et de magie, des éléments bien disparates et étranges se mélangent pour au final créer une intrigue passionnante dans laquelle on plonge avec un plaisir intense.
Néanmoins, pour ceux par exemple qui ont été traumatisés à vie par le monologue de l'Architecte dans Matrix, ne vous inquiétez pas, ce n'est pas aussi abscons et les explications sont fournies à petites doses. ;o)

La mauvaise nouvelle c'est que la série en est restée là pour l'instant. La bonne c'est qu'une suite est prévue pour 2008 (d'ici la VF, cela va donc faire un fort long moment d'attente). Un mot aussi sur le "pour lecteurs avertis" présent sur la couverture. Cela semble un peu exagéré, le texte étant très correct et la violence se limitant à une seule scène un peu gore. Pas de quoi donc se priver d'un tel plaisir de lecture, même pour les plus jeunes.

A mi-chemin entre science-fiction et réflexion philosophique, une oeuvre riche et visuellement sublime que l'on peut considérer comme totalement incontournable (d'autant que hors continuité et donc accessible même aux novices).

Le trailer du site Marvel

ps : le trailer ne rendant pas vraiment justice à Larroca, je vous conseille plutôt de feuilleter le comic en librairie afin de vous faire une idée de l'aspect graphique.

13 octobre 2007

Kirkman malmène les UXM

Petit retour sur le Ultimate X-Men #41 paru fin septembre.

Les deux épisodes présents dans le bimestriel mettent un terme à l'arc "Cable". Robert Kirkman n'épargne rien aux mutants puisque Malicia est grièvement blessée (un bras arraché, on peut considérer que c'est grave non ?) et que le professeur Xavier se fait descendre (ah ben c'est encore plus grave ça du coup). Rappelons que Cable et son équipe sont venus du futur pour l'assassiner afin d'épargner à l'humanité un destin peu enviable dont le mentor des X-Men serait à l'origine.

Essentiellement de la baston - peu spectaculaire et assez ennuyeuse au final malgré les conséquences lourdes - pour cette conclusion qui laisse planer le doute sur l'avenir de l'institut Xavier. Privés de leur père spirituel, quelle sera l'attitude de Cyclope et son équipe ? Espérons que Kirkman nous réserve quelques surprises et des scènes peut-être plus intimistes, les derniers épisodes n'ayant pas été plus convaincants que ça... un peu dommage quand on connaît la qualité du scénariste (si vous ne vous êtes toujours pas jetés sur sa série culte, The Walking Dead, il est encore temps de le faire !).
Les dessins sont de Yanick Paquette et Ben Oliver. Petite préférence pour le premier même si l'ensemble reste de bonne qualité.

ps : en ce qui concerne les sorties librairies récentes, le 3ème tome de Ghost Rider ainsi que l'excellent New Universal (sur lequel je reviendrai plus en détail par la suite) sont disponibles en 100% Marvel. Pas de traces par contre du Deluxe consacré aux Runaways...

12 octobre 2007

Reign ou les limites d'un genre

La mini série Spider-Man : Reign arrive en VF sous le titre "L'Empire". Coup de projecteur sur ce 7ème volume consacré au Tisseur dans la collection 100% Marvel.

Dans un futur pas si lointain, Manhattan est sous le joug d'une dictature froide et violente. Les Masques ont disparu en même temps que les libertés. Parker est un vieillard solitaire, parlant dans le vide, rêvant la présence d'une Mary Jane morte depuis des années. Mais lorsque l'on a été un héros pendant si longtemps, peut-on vraiment baisser les bras ?

Le scénario et les dessins sont de Kaare Andrews, il a d'ailleurs également participé à la colorisation aux cotés de José Villarrubia. Le graphisme est à la fois beau et original, les visages et les corps ont du caractère, certains décors en pleine planche touchent au sublime et les teintes pastel qui accompagnent le tout sont du plus bel effet.

Mais penchons-nous plutôt sur l'histoire...
L'influence de Frank Miller et de son Dark Knight est visiblement passée par là. Le côté vieillissant du héros, l'outrance caricaturale des forces de l'ordre, la litanie des media, tout y est. Et c'est plutôt pas mal. Ou plutôt, ça serait vraiment parfait si Miller justement, puis des Moore, Millar et autres adeptes du "le gouvernement vous veut du mal" n'avaient déjà surtraité le sujet. Nous ne sommes plus dans la redondance, nous frisons le radotage. ;o)

En ce qui concerne le propos politique, j'ai déjà suffisamment abordé la question dans des articles antérieurs, je ne reviens donc pas sur la dangerosité et la nature pavlovienne et malsaine du message. Cependant, je voudrais faire remarquer que ce genre d'histoire repose toujours sur deux éléments tenus pour acquis par les auteurs et que les lecteurs ne perçoivent pas toujours :
- "Vous êtes des gros cons." Enfin, les auteurs ne le formulent pas comme ça mais c'est en gros ce qu'ils disent. Vous êtes trop stupides pour faire en sorte que la police ou l'armée ne virent à la dictature, si ça arrivait, vous ne sauriez même pas la reconnaître et encore moins vous en défendre. L'histoire commence donc toujours avec une dictature énorme et sans complexe, bien installée et prête à dépouiller les résistants de leurs dernières guenilles.
- "Ils vous surveillent", "le gouvernement travaille pour eux." Là, c'est plus vague mais tout aussi idiot. "Ils" et "Eux" n'existent pas. "Ils", c'est vous. "Eux", c'est vous (je ne dis pas "nous" car je ne m'inclus pas dedans, je suis un peu hors-le-monde moi, comme chacun sait lol). Vous qui votez, élisez des représentants, vous qui avez bâti une société de lois pour protéger les plus faibles, vous qui avez toujours su abattre les dictatures quand, par faiblesse, vous les aviez amenées un temps au pouvoir. Il n'y a pas de complot, pas de cabinet fantôme, pas d'agents chargés de vous malmener. Vous êtes le gouvernement, vous êtes la police, vous êtes l'armée.

Ceci posé, que dire alors de cette histoire...je ne veux pas la descendre car elle est excellente. C'est bien écrit, écrit avec talent même, mais cela repose encore une fois (au moins au départ, la suite étant plus originale) sur le vieil épouvantail dictatorial, la sempiternelle obsession gauchiste des artistes, comme si le danger était imminent et l'horizon brun sale. Il me semble qu'en 2007, la rengaine date un peu. Mais il me semble aussi, malheureusement, que pour atteindre le rang d'auteur culte, il faille en passer par là, par cet exercice imposé qui voudrait que l'on déféquât là où d'autres sont déjà passés maintes fois. Une sorte de bizutage nauséabond quoi.
- Tu fais quoi dans la vie ?
- Je suis auteur.
- Tu as déjà chié sur la société et les dangers de la police ?
- Heu...non.
- Ah...t'es pas auteur alors ?
Mais comme les antibiotiques, le conformisme, je vous rassure, n'est pas obligatoire. Il est d'ailleurs plus noble d'être seul, occupé à lutter contre les bourrasques, que dans la masse, emporté par une brise légère mais pernicieuse. Ce ne sont pas les ouragans qui sont dangereux, ils sont trop voyants et personne ne s'y laisserait berner. Le danger vient plutôt de ce lent glissement vers le prêt-à-penser auquel même les écrivains n'échappent plus.
Ce mouvement, déjà bien engagé, me fait penser à la lente progression de l'Himalaya. Aucun élément violent n'a jamais rien construit de durable dans la nature. C'est au contraire la tectonique des plaques qui, centimètre après centimètre, a dressé les plus hautes montagnes de notre monde. En douceur. Sans que personne n'y puisse rien. Dans le plus rassurant des silences. La tectonique de l'opinion est également une réalité. Un lent mouvement de masse qui érige en absolu des idées au départ bien petites.
A cela, qu'y pouvons-nous allez-vous me demander (mais si, vous alliez me le demander) ? Rien sans doute, mais lorsque l'on a la chance de tenir une plume qui a un certain retentissement, on a aussi le devoir de ne pas la laisser s'incliner dans une direction trop attendue.

Voilà, pour ceux à qui ça file la chiasse, désolé, je suis retombé dans la politique, mais, lorsqu'elle n'est pas politicienne, cela n'a rien de honteux vous savez. ;o)

Allez, cette oeuvre d'Andrews mérite largement le détour. Il lui manque simplement ce petit soupçon de génie, ce truc en peluche...heu...en plus qui fait la différence entre les bonnes histoires et les contes inoubliables.

ps : ajout de Kitty Pryde, alias Shadowcat, dans les Figurines Marvel.

10 octobre 2007

Un barracuda, quelques requins et une chienne

Frank Castle revient dans la collection Max avec le huitième numéro consacré aux aventures du Punisher. Pour lecteurs avertis.

Les dirigeants de Dynaco Incorporated n'en sont pas à leurs premières magouilles mais cette fois, il s'agit tout simplement de plonger la Floride dans le noir afin de faire grimper la valeur boursière de leur société, spécialisée dans l'énergie. Tout irait pour le mieux pour les requins de la finance si le Punisher, lors d'une descente dans un repaire de dealers, ne trouvait pas l'un d'entre eux ligoté, victime d'un viol collectif et ne demandant qu'à parler... il n'en faut pas plus à Castle pour s'embarquer pour Miami où déjà l'attend Barracuda, un tueur au service de Dynaco.

Toujours Garth Ennis (auteur notamment de Preacher) au scénario et arrivée de Goran Parlov au dessin.
Ennis a laissé tomber depuis un moment déjà le côté déjanté et humoristique qu'il insufflait parfois aux ennemis du Punisher. Ici, avec ce Barracuda, on fait dans le lourd. Petit exemple ? Première phrase que sort le monsieur alors qu'il se réveille à côté d'une camée : "T'es morte ? Si t'es pas morte, t'as intérêt à sucer mon biniou fissa. Après, t'iras me cuire des oeufs."
Bah, je trouve qu'il devrait être plus direct, à force de prendre des gants comme ça, c'est la gonzesse qui va porter le pantalon dans pas longtemps. ;o)

Le ton est donné en tout cas. On a ici un cocktail sexe & violence digne des polars les plus musclés. Les personnages sont un peu caricaturaux mais il faut avouer que le tout fonctionne bien. Outre Barracuda et son romantisme effréné, on a aussi l'épouse du grand patron, plutôt chaudasse et aimant autant le pognon que le cul. Voilà qui est prometteur puisque, aux dires de son propre époux, "elle a sucé la moitié de Manhattan". Ah oui, quand même...
Bref, ce qui suit est du même acabit, ça coupe, ça tronçonne, ça gicle (le sang hein surtout) et entre deux carnages, ça fait des galipettes. Ce n'est pas encore du niveau de Preacher (où Ennis va bien plus loin encore dans la perversité) mais là, on s'en approche tout de même pas mal.

Des flingues et du cul pour une histoire réussie mais qui laisse une étrange impression de déjà-vu, sans doute due à certaines productions du cinéma US qui, amalgamées, pourraient assez ressembler à ça.

ps : ajout dans le bêtisier de la scène #36, tirée de ce comic. Si vous souhaitez le lire, il vaut peut-être mieux ne pas regarder cette scène, elle fonctionne bien mieux (à merveille même) quand on est plongé dans l'histoire. ;o)

07 octobre 2007

Le goût amer de la victoire

Le Civil War Extra #3, en plus de la fin de l'arc Embedded, contient une série d'épilogues qui servent également d'introduction aux nouvelles séries à venir. Détail du menu et critique des plats.

Ben Urich et Sally Floyd ont terminé leur enquête concernant les dessous de la guerre civile et rencontrent Cap (avant sa mort bien sûr) et Stark pour les sermonner plus que les interroger. Le tandem formé par les deux journalistes est fort sympathique et leur "scoop" permet de mieux comprendre les motivations d'un Iron Man plus noble que le laissait entendre Millar. Une belle conclusion en tout cas pour cet arc décrivant le point de vue des civils.

On s'offre une petite récréation ensuite avec le fort peu sérieux Howard the Duck ! Voilà un personnage que l'on ne voit pas beaucoup apparaître dans nos séries régulières, pourtant, les plus vieux se souviendront sans doute de son incartade au cinéma, vers le milieu des années 80, dans un film réalisé par Willard Huyck. Le film était bourré de répliques cinglantes et de parodies mais, il faut l'avouer, l'aspect du canard (genre costume d'animateur chez EuroDisney) n'avait pas franchement joué en sa faveur.
Bref, Howard est un canard assez à part, loin de l'image gentillette que l'on pourrait filer à ce genre d'animal dans les dessins animés habituellement. Notre Howard picole, insulte des vendeurs de hot-dogs, poursuit des strip-teaseuses ou tague des arrêts d'autobus. Le canard que l'on ne file pas à ses mômes quoi. Ici, il va tenter de se faire recenser dans sa bonne ville de Cleveland, Ohio et va se frotter à un fonctionnaire borné. Enfin, à un fonctionnaire quoi. ;o)

On repasse sur du plus sérieux avec Civil War : The Initiative #1 et Civil War : The Confession #1 & #2. Le premier aborde le fameux projet de Stark et Richards de créer une équipe officielle de super-héros par état. On voit donc ici les prémices de la formation de groupes importants : Omega Flight, qui remplace la défunte Alpha Flight (et dont la mini-série se suivra dans Marvel Heroes), les nouveaux Thunderbolts (dont la série a été intégrée au mensuel Spider-Man) mais aussi les Vengeurs. On termine par une rencontre entre Jessica Drew (l'une des Spider-Women) et Carol Danvers (Ms. Marvel) avec une révélation sentimentale à la clé. Elles s'aiment ! Mais non, je déconne, j'en vois déjà qui se réjouissaient d'un possible show lesbien ! ;o)
En fait, la dite révélation concerne un type bien connu (d'ailleurs, pour ceux qui suivent, on avait déjà eu un énorme indice visuel avec les news sur la future saga Secret Invasion) .
Notons ici les sublimes dessins de Marc Silvestri.

Pour les deux dernières parties, je conseille de les lire dans l'ordre inverse. The Confession #2 en premier donc, étant donné que Cap y est toujours vivant (il s'agit d'une rencontre entre Tony et lui, juste après qu'il se soit rendu). La première confession est la plus émouvante puisque l'on y voit un Stark halluciné et lyrique, désespéré par sa victoire et allant même jusqu'à citer Pyrrhus d'Epire (si après ça on me dit que l'on ne peut pas s'instruire avec les comics ;o)). L'attitude de Stark apparaît ici comme le comble de l'héroïsme, les affres qu'il ressent découlant tout droit de son esprit de sacrifice et de son dévouement pour le bien commun.
Seulement, avoir raison n'a jamais empêché la souffrance.
Là encore bien loin de la vision manichéenne de Millar, l'on prend la juste mesure de ce que Stark a pu endurer et endure encore à cause de son sens du devoir.
C'est du Brian Michael Bendis, c'est intelligent et c'est brillamment dialogué (monologué pourrait-on presque dire). Ah, que c'est bon quand les comics s'écartent ainsi des sentes foulées mille fois et nous emportent, à travers nos personnages familiers si exceptionnels et bardés de pouvoirs, vers des interrogations bien humaines et finalement simples mais essentielles. Ça vole haut et on en ressort l'esprit excité par l'ivresse de l'altitude, une ivresse somme toute bien saine et qui ne nuit pas à la santé mais se contente d'activer nos neurones.

Révélations, mises en place de nouvelles équipes, scènes poignantes ou clairement plus canardesques et drôles, ce CW Extra est franchement bien rempli et s'avère important pour la suite. A ne pas rater.

"Si nous devons remporter une autre victoire, je suis perdu."
Le Roi Pyrrhus d'Epire, mesurant l'étendue des pertes causées par ses batailles contre Rome.

NB : il existe, selon les sources, plusieurs variations de cette citation dont "Encore une victoire comme celle-ci et je rentrerai seul en Epire" ou encore "Si nous devons remporter encore une autre victoire contre les romains, nous sommes perdus". C'est ce souverain, parent éloigné d'Alexandre le Grand, qui a donné naissance à l'expression bien connue "victoire à la Pyrrhus", désignant un combat emporté au prix de lourdes pertes et ne suscitant nulle réjouissance dans le coeur des vainqueurs.

ps : les crédits des épisodes cités ci-dessus figurent dans la checklist Civil War.

03 octobre 2007

Blessures et Vieille Rengaine

Du bon dans ce Spider-Man #93. Du moins bon aussi. Et des news concernant le devenir des séries du Tisseur.

On commence notre lecture avec le quinzième épisode de Friendly Neighborhood Spider-Man. Le Vautour y est chargé d'appréhender Spider-Man, toujours en fuite suite à sa dénonciation du SRA. Pendant ce temps, le livre de Debra Whitman, un brûlot anti-parker, fait grand bruit et ne laisse pas les vieilles connaissances de Spidey indifférentes.
Que dire ? C'est tout simplement très bon. Mélange subtil de vie privée (avec des gens comme Betty Brant ou Flash Thompson) et d'action, comme au bon vieux temps, avec ce satané Vautour que Peter David réussit à rendre à la fois pathétique et effrayant.
Le graphisme de Scot Eaton est parfait, moderne mais sans cette touche ultra-réaliste qui peut parfois déplaire à certains, bref, on en redemande.

Pour le Sensational Spider-Man, là, ce n'est plus la même chanson ! Tout l'épisode est un énième radotage sur la tantine qui s'en fait pour son Peter. Pfff, qu'est-ce qu'on aura pu nous la servir cette soupe sur son protectionnisme maladif ! Et bien entendu, il y a aussi le petit couplet qui va bien sur l'oncle Ben. C'est à se demander si Roberto Aguirre-Sacasa avait quelque chose à raconter. Les dessins de Sean Chen tentent bien de sauver le coup mais bon, quand on vous demande de représenter une petite vieille en train de faire sa lessive à l'ancienne, ça ne doit pas être ce qu'il y a de mieux comme source d'inspiration.
Y'en a marre de cette tante May !! Tiens, pour le coup, j'en fais même un sondage : doit-on la buter ? (ouiiiiiiiiii, et si possible qu'elle souffre !!)
Sinon, accessoirement, notre Spidey s'est pris une sacrée trempe par le Rhino et fait peine à voir. Et qui va le soigner ? Hmm ? Le canon avec qui il est marié ? Non, pensez-vous ! La tantine ! Moi, je préfèrerais retourner à la baston tiens...

Bon, évidemment, pas d'Amazing Spider-Man puisque l'on a bien compris qu'à cause de Civil War, la publication a pris du retard. On n'a pas encore les Thunderbolts, donc on pioche dans les petits machins que l'on a sous la main pour remplir le tout. Le Spider-Man Special #1 de novembre 2006 s'ouvre sur une discussion entre Peter et...la tantine !! Putain, c'est pas vrai !! Mais crevez-la cette vioque !! Je ne peux plus la voir en peinture...bon, heu, excusez-moi, je vais me reprendre (ça s'est vu que j'étais énervé ? non ? bon, ok...sûr hein ? ok, ok). Donc, bon, c'est une nouvelle variante sur les responsabilités, avec un final assez bien vu m'enfin, pas de quoi se pâmer d'admiration non plus.
On a ensuite deux Spider-Man Unlimited, un de septembre 2004 et l'autre de mai 2006. Le premier est hideux niveau dessin et totalement dispensable. Le second est beaucoup plus agréable puisque c'est m'sieur Finch qui tient le crayon. C'est donc joli mais un peu court. On y retrouve notamment Black Cat pour un petit cambriolage de l'ambassade de Latverie.

Voyons voir un peu maintenant ce qu'il va advenir des séries consacrées à Spider-Man. Tout d'abord, comme vous le savez peut-être déjà, Friendly et Sensational vont disparaître et être remplacées par... Amazing Spider-Man. Qui paraîtra donc 3 fois par mois. Si le concept consiste à créer une seule trame se suivant à travers les publications (comme pour The Other), l'idée est bonne mais semble audacieuse. Même avec plusieurs équipes, passer à un rythme presque hebdomadaire, ça va demander une sacrée coordination. Si, plus probablement, les 3 séries du même nom suivent chacune leur propre arc, voilà qui nous promet un joyeux bordel dans la numérotation. Il faudra juger sur pièce mais je suis plus que circonspect quant à cette décision étrange (pas étrange économiquement, le but étant d'augmenter les ventes des deux séries secondaires). A voir donc.
Le paninien en chef nous parle également dans son speech du devenir des séries tirées de Spider-Man Family. Apparemment nous aurions droit à la suite de Spider-Man loves Mary Jane, dont je vous avais parlé déjà longuement et qui réserve plutôt de bonnes surprises. Mais pas en Marvel Kids d'après ce que j'ai compris. Enfin, ce n'est pas très clair (comme d'habitude), mais si c'est bien cela, c'est un peu dommage, le format convenait assez bien à la série. Pour le Spidey du Mangaverse Marvel (que nous connaissons un peu grâce au Spider-Man HS #13, déjà décortiqué ici même), il passerait à la trappe sauf si "on" a envie de le lire. Encore une réponse à la Panini du style "non mais oui, peut-être, on verra...et vous, vous en pensez quoi ?". Je suis mauvaise langue car là, a priori, c'est non, d'habitude c'est moins précis quand même.
Les autres binz du Family sont censés être publiés mais on ne sait trop où, le mensuel étant d'office écarté puisque déjà remplis par les 3 Amazing et les Thunderbolts.

Voilà un numéro de transition, fait de bric, de broc et de petites vieilles énervantes, et retenant surtout l'attention pour le talent du tandem David/Eaton.

02 octobre 2007

Mort d'une Légende

Le Marvel Icons #30, sorti aujourd'hui, est estampillé, avec raison, "CW - Epilogue" et contient son lot d'évènements importants dont la mort de Captain America (je ne risque pas le spoiler, Panini s'étant chargé de mettre tout le monde au courant le mois dernier).

Steve Rogers n'est plus. Je vous laisse le soin de découvrir par vous-mêmes les circonstances particulières de sa mort dans l'épisode de Captain America qui ouvre cet Icons. L'évènement est bien évidemment terrible et signe la fin d'une époque. Pour la peine, nous avons droit à une petite page de rédactionnel retraçant la carrière de Cap. La fin du héros a eu un tel retentissement outre-atlantique que même des journaux "sérieux" en ont parlé, comme le New York Times.
Ed Brubaker et Steve Epting, respectivement scénariste et dessinateur du drame, viennent de rentrer dans l'Histoire (enfin, au moins dans celle des comics disons).

Suit un épisode sympathique des Fantastic Four dont l'exceptionnelle longueur (30 planches) vient célébrer les 45 ans d'existence. L'équipe était plutôt mal en point ces derniers temps et, malgré un léger mieux dans les relations entre Reed et Susan, ce sont deux nouveaux membres qui vont les remplacer provisoirement (comme nous l'avions déjà vu dans le X-Men Extra #64).
Malgré une aisance certaine et un petit bouleversement qui en d'autres circonstances aurait eu plus d'écho, Dwayne McDuffie (scénario) et Mike McKone (dessin) vont avoir du mal à éclipser la tragique disparition du leader historique des Vengeurs.

A côté de tout cela, le New Avengers du mois fait un peu pâle figure malgré des dialogues assez réussis de Brian Michael Bendis (vous en trouverez un petit exemple dans le Bêtisier avec la scène #35, ajoutée ce jour). Les dessins de Leinil Francis Yu changent radicalement du style de ses prédécesseurs sur la série. Ce n'est pas toujours parfait mais l'on peut noter une belle double planche avec toute l'équipe lorsqu'ils arrivent pour délivrer Maya Lopez (anciennement Echo et anciennement Ronin).

On termine avec quelques planches de Frontline évoquant la bataille d'Angleterre et celle de la Somme, on a maintenant l'habitude de ces petits parallèles historiques.
Notons qu'une édition, un peu plus chère (5,60 €), avec variant cover est également disponible et devrait contenir 16 pages bonus consacrées à Cap (merci à Biaze pour l'info ;o)).

ps : mise à jour de la Checklist Civil War.

01 octobre 2007

Ingérences

Fin septembre paraissait le X-Men Extra #64 contenant la suite de la série Black Panther. Voyons ce que nous réserve l'un des épilogues de Civil War.

Tout a commencé par le mariage de Tornade et Black Panther qui, par la suite et en tant que souverains du Wakanda, ont entamé une tournée diplomatique à travers le monde et se terminant aux Etats-Unis où la situation est extrêmement tendue à cause du soutien de T'challa aux rebelles anti-recensement.
C'est donc la suite directe de ces évènements qui est contée ici dans ces 4 épisodes de la série régulière Black Panther. L'on retrouve Reginald Hudlin au scénario et une petite valse des dessinateurs puisqu'ils sont trois à oeuvrer ici : Koi Turnbull (ce nom à lui seul est une incitation aux pires jeux de mots "Beresques" ;o)), Francis Portela et Manuel Garcia.

Cette histoire se situe avant et un peu après la reddition de Cap. Elle est particulièrement axée contre le recensement, parfois même jusqu'à l'indécence lorsqu'un personnage compare un simple hélicoptère de surveillance à la...Gestapo ! Inculture crasse du scénariste ou simple volonté de miser sur la surenchère ? En tout cas, Hudlin, tout comme Millar, se fiche pas mal du "whose side are you on ?" initial et impose ses propres choix au lecteur grâce à un manichéisme simpliste qui diminue bien fortement l'intérêt de ces péripéties.
Un évènement notable cependant : l'épisode final dévoile ce qu'il advient des FF et recompose même une équipe provisoire.

Le speech d'Olivier Jalabert est bien dans la ligne paninienne habituelle. Alors qu'il affirme que Panini lutte contre les spoilers (première nouvelle, il ne doit pas souvent lire les éditos de C. Grasse), Jalabert s'arrange finalement pour dévoiler des infos importantes sur les publications à venir. Mieux encore, alors qu'il veut expliquer la signification du terme "cliffhanger", il se contente de piocher la définition, mot pour mot, sur Wikipedia (en l'annonçant d'ailleurs hein, il trouve ça normal). Ou comment remplir un bon quart de sa page rédactionnelle sans...rien rédiger soi-même (une façon de faire qui serait jugée inacceptable sur le Net et qui est encore plus difficilement compréhensible dans le cadre d'un travail rémunéré).

Le prochain X-Men Extra accueillera First Class, une saga basée sur des aventures se déroulant dans le passé, lors de la formation de la première équipe mutante de Xavier.

;o)