30 novembre 2007

Classe économique...

Parution aujourd'hui du X-Men Extra #65, intitulé Première Classe, et se plongeant dans des aventures tirées du passé de la toute première équipe mutante.

Il s'agit donc ici de nouveaux récits, inédits, mais censés se dérouler à l'époque de la formation de la première équipe du professeur Xavier. L'on peut tout de suite s'interroger sur la pertinence d'une telle idée. Non seulement, puisque l'on connaît le futur des personnages (notre présent en fait), on sait bien qu'il ne peut rien leur arriver de bien crucial, mais surtout, alors que les scénaristes ont parfois du mal à renouveler les péripéties des X-Men ou les menaces qui planent sur eux, était-il bien utile d'aller se mettre sur les bras une nouvelle série mutante ? Tout n'a-t-il pas déjà été dit (redit et surdit) à propos de Cyclope, Marvel Girl, le Fauve, Angel et Iceberg ?

C'est Jeff Parker qui se charge du scénario tandis que Roger Cruz réalise les dessins. Graphiquement, ce n'est pas moche. Style un peu enfantin et très coloré. Du point de vue de l'histoire, malheureusement, ça n'a pas grand intérêt.
Chaque épisode est un one-shot dans lequel l'équipe affronte une menace déjà connue (le Lézard tiens par exemple) ou nouvelle (une forme de vie franchement kitsch menacée par un forage). Le tout est évidemment vite mis en place et les conclusions prévisibles jusque dans la naïveté de leurs moralités. Le seul intérêt d'une telle série aurait été à la rigueur le relationnel entre les personnages, mais c'est une piste qui reste totalement inexploitée. En prime, alors que le tout se passe il y a très longtemps, on nous parle d'e-mail et d'imax ! Bien évidemment, cela pourrait être totalement acceptable dans le cadre d'une "mise à jour" (indispensable à la continuité) de l'origine des héros, mais ce n'est pas le cas ici. Les termes sont utilisés gratuitement, sans qu'ils soient nécessaires à la narration. Du coup, il aurait été facile d'épargner aux plus vieux lecteurs ce qui sonne bien tout de même comme un anachronisme maladroit.

First Class ferait un excellent story-board pour un DA destiné au jeune public, cependant, en tant que comics, ces épisodes vont probablement vite tomber dans l'oubli tant ils n'apportent rien de neuf sur un terrain déjà bien foulé qui, pour nous surprendre, aurait nécessité d'être parcouru par des pieds plus habiles que ceux de Parker (porter un nom célèbre n'est pas toujours suffisant ;o)).

27 novembre 2007

L'étrange silence des flocons

En 2005 sortait Echo dans la collection Marvel Graphic Novels. Ces cinq épisodes tirés de la série Daredevil sont signés David Mack et sont devenus mythiques. Ils ne peuvent pas, en tout cas, vous laisser indifférents.

Maya Lopez est la fille d'un indien travaillant pour Wilson Fisk, dit le Caïd. Elle ne parle jamais et se contente de dessiner. C'est bien suffisant pour son père qui l'aime plus que tout et parvient sans peine à communiquer avec elle. Mais pour les autres, c'est anormal. On la pense d'abord attardée avant de mettre un nom sur son mutisme : surdité. Elle va alors apprendre un nouveau langage car, dans ce monde du silence qu'est l'univers de Maya, il existe des milliers de façon de communiquer...

Si vous vous attendez à une histoire classique de super-héros, vous allez être déçus. Il s'agit ici en fait d'une introspection douce-amère se concentrant uniquement sur le parcours de la jeune fille connue aujourd'hui sous le nom de Echo. Ce qui surprend d'ailleurs, à l'ouverture de cet ouvrage, c'est surtout la stupéfiante beauté et l'originalité de la forme graphique. On pourrait même penser dans un premier temps qu'il s'agit d'un artbook tant le texte, pourtant présent, est habilement intégré au dessin.

Il y a deux façons d'aborder cette oeuvre. Soit l'on souhaite lire absolument des cases parfaitement agencées et remplies de classiques phylactères et là, le lecteur risque de se faire mal à se forcer ainsi la vue, soit l'on accepte dès le départ de se faire bousculer par Mack et l'on risque d'être agréablement surpris. Car, cette mise à mal des techniques narratives classiques a bien un but. L'auteur agence ses dessins d'une manière qui peut sembler chaotique de prime abord, il laisse des petits bouts de phrase un peu partout, change de lettrage, nous oblige à retourner le livre dans tous les sens, il griffonne, déchire, disperse des lettres de scrabble, ajoute des indices, superpose et finit par nous faire perdre nos repères classiques comme... si nous avions perdu un sens. Car c'est là que David Mack veut en venir, en nous désorientant ainsi, il nous fait pénétrer un peu (toute proportion gardée évidemment) dans le handicap de Maya. Et tout comme elle doit appréhender le monde sans le confort apporté par le son, nous sommes obligés de plonger dans ce comic sans le confort de nos repères habituels.

L'intelligence de la narration est loin d'être la seule qualité présente ici. David Mack nous parle, à travers ce personnage, du métier de conteur avec passion et poésie. De la même manière, il aborde la culture amérindienne avec une fascination et un respect sincère débarrassé du sentiment de culpabilité "obligatoire" que certains voudraient imposer dès qu'une civilisation est observée par des yeux occidentaux. Même l'enfance de Maya, pourtant difficile, n'est pas vulgairement pleurnicheuse mais devient un pur moment de poésie, comme lorsque son père lui explique que la pluie fait du bruit et que la petite demande alors si les nuages, les flocons de neige ou les arcs-en-ciel en font aussi.

De sympathiques trouvailles parsèment également le récit, comme les signes de la langue des sourds ou encore ceux des amérindiens. On sent le travail minutieux de Mack derrière chaque planche. Et à travers deux ou trois anecdotes, l'on finit même par apprendre des choses et se mettre à réfléchir (bah alors, les fans de comics ne sont pas des abrutis ?? ;o)). Ainsi, l'on découvre que dans le langage des signes, "penser" se signe avec les doigts de la main droite portés sur le front, alors que le même mot, dans le langage des signes amérindiens, se signait la main sur le coeur, car les indiens croyaient que les pensées venaient de là... ah ben oui, je vous avais dit que c'était beau hein ! ;o)
Quant à la morale, car il y en a une, elle est à l'image de cette histoire. Délicate, subtile. Et suffisamment bien pensée pour éviter les clichés ou le côté donneur de leçons.

Une oeuvre magnifique, d'une rare maîtrise et d'une grande beauté, qui dépasse complètement le cadre des comics.


Galerie
Même s'il faut avant tout se plonger dans la trame narrative de Mack et s'accorder un vrai moment de lecture pour goûter pleinement le nectar visuel de Echo, je ne résiste pas au plaisir de vous en montrer quelques planches.













"Mon nom est Maya Lopez. Voici mon histoire. Ça s'appelle Echo. Elle n'est pas faite de mots. Mais de mouvements et de souvenirs. De formes et de sentiments. Quand ça se passe en mots, je n'ai pas le son des mots mais la couleur. Le caractère et le sens de ces mots-mystères. Mon histoire est tout en musique. Parfois lente et maladroite. Comme des petits doigts tâtonnant sur des touches usées. Ma vie ne se joue pas sur des notes mais sur les silences qui les entourent. C'est là que la magie opère. C'est dans ce silence que vous me trouverez."
Maya Lopez, sous la plume de David Mack.

25 novembre 2007

The Call of Duty

"Quand mon devoir m'appelle, Seigneur, quand l'incendie fait rage, donne-moi la force de préserver la vie. Aide-moi à évacuer l'enfant avant qu'il soit trop tard, et à arracher le vieillard à l'horreur d'un tel destin. Rends-moi sensible au moindre appel. Aide-moi à combattre efficacement le sinistre.
Je veux remplir mes obligations, donner le meilleur de moi-même, veiller sur mes voisins et leurs biens. Et si le destin décide qu'il m'en coûtera la vie, étends ta main protectrice sur ma famille, mes amis, ma compagne."
Anonyme.

Petit retour dans le passé (proche) avec la série The Call of Duty, publiée en France en Marvel Monster Edition. Un hommage vibrant, décidé par Bill Jemas et Joe Quesada, aux héros du 11 septembre.

Le scénario est signé Chuck Austen, le dessin David Finch et le tout se penche, au travers de deux arcs entrecroisés, sur le destin d'un groupe de pompiers et de secouristes. Bien entendu, nous sommes dans un comic Marvel, aussi le fantastique prend place, d'une manière presque discrète, dans les drames qui se jouent.
Une menace plane sur New York. Quelque chose de terrible, une guerre atroce qui pourrait tuer plus de monde encore que les attentats du World Trade Center. Et au milieu d'un incendie ou près d'un accident de la route, toujours la même petite fille qui apparaît, tel un sinistre spectre annonciateur du désastre...

L'histoire en elle-même n'a ici pas grande importance étant donné qu'il s'agit avant tout de rendre hommage aux héros, les vrais, ceux qui se battent sans pouvoirs. Et le pari est assez réussi. L'ambiance de fraternité, de camaraderie potache et de sens du devoir régnant au sein des pompiers est notamment particulièrement bien retranscrite. Certaines scènes sont assez dures, mais comment serait-il possible d'adoucir, à l'image, l'agonie d'un homme en feu ? Cela serait-il seulement souhaitable ? Car pour comprendre les liens qui unissent ces hommes, il faut entrevoir, l'espace d'un instant, ce qu'ils affrontent. Et c'est dans les larmes que, souvent, se forgent les liens les plus indestructibles.
On ne ressort pas meilleur de cette lecture mais peut-être plus enclin à croire que l'humanité a encore en son sein de bonnes personnes. On ose de nouveau espérer que pour un salaud allumant un incendie, se lèvent alors deux, cinq, dix braves types prêts à vous aider, au péril de leurs propres vies. Et surtout, parce que l'on sait quel prix devront payer ces hommes, l'on reste pantois d'admiration devant leur courage, leur abnégation et... leur sens du devoir.

On peut encore trouver ce Monster en occasion (aux alentours de 18 euros en très bon état).

"La caserne est pour nous un second foyer et nos collègues sont comme des frères."
Lieutenant Richard Smith, brigade de Brooklyn

Hyperion vs Nighthawk

Le 8ème volume de la série Supreme Power, dans la collection Max, vient de paraître. Autant le dire tout de suite, c'est le moins intéressant de la série.

Voilà une série qui aura connu un parcours étonnant. De carrément géniale avec les premiers épisodes de Straczynski, elle s'essouffle un peu, trop souvent entrecoupées de mini-séries qui délaissent la trame principale, pour finir, aujourd'hui, par devenir même ennuyeuse.
Ce tome 8 est - encore - une mini-série intitulée Hyperion vs Nighthawk. Les deux gusses vont au Darfour pour se rendre compte que la guerre c'est bien du malheur et que les solutions, c'est difficile à trouver. Petite intrigue secondaire (mais assez mal torchée au final) : comment Nighthawk parvient-il à rivaliser physiquement avec Milton ?

L'on ne peut pas reprocher grand chose aux dessins de Paul Gulacy, malgré quelques cases parfois maladroites au niveau des proportions, le graphisme reste globalement assez beau, dans la droite ligne du réalisme actuel.
On ne peut pas en dire autant du scénario, laissé au manque d'imagination de Marc Guggenheim. Si ce dernier avait été plutôt bon sur Wolverine pendant Civil War, il nous livre ici une histoire affligeante de niaiserie et d'idées reçues. Petit exemple, il est implicitement sous-entendu (par la voix d'Hyperion) que le manque d'intérêt occidental pour le Darfour vient du fait que cette région n'ait pas de pétrole...avec une logique pareille, comment alors expliquer l'intervention US, sous l'égide de l'ONU, en Somalie en 1993 ? Il ne me semble pas avoir aperçu des tonnes de derricks à Mogadiscio pourtant. Evidemment, l'opération Restore Hope n'allant pas dans le sens de l'argumentaire des "bien-pensants", les auteurs préfèrent "oublier" de l'évoquer afin de servir leur propagande. Il est également possible qu'une telle vision proviennent d'un manque d'informations tout simplement, mais il est alors regrettable que ce soit toujours les scénaristes les plus profondément ignorants qui en viennent à se penser investis d'une mission morale.

Bref, une histoire ennuyeuse ponctuée de tirades creuses issues du prêt-à-penser sévissant actuellement dans certains milieux. Totalement dispensable. Hmm ? Vous voulez l'acheter tout de même juste pour savoir comment Nighthawk file une trempe à Hyperion ? Bah, je vais vous faire économiser un peu d'argent alors : il se contente de lui coller une puce sur la tronche qui simule la douleur. Il n'arrive donc pas vraiment à faire mal à Hyperion mais simplement à le lui faire croire. Bof, même ça, c'est naze. On espère retrouver rapidement un Guggenheim en plus grande forme...

ps : signalons, au passage, que l'on retrouve actuellement ces personnages dans un crossover les opposant aux héros de l'univers Ultimate. La suite sort d'ailleurs mercredi.

pps : ajout de Vision dans les figurines Marvel.

Amazon : la livraison gratuite en péril

En tant que lecteur (et occasionnellement auteur), je suis particulièrement attaché au principe de livraison gratuite mis en place par Amazon pour les livres (et ce sans minimum d’achat). Non seulement, cela permet d’économiser sur d’éventuels frais de port pour pouvoir acheter plus de biens culturels (ce qui profite autant au lecteur qu’à l’écrivain) mais surtout cela permet aux personnes n’habitant pas à proximité d’une grande librairie de pouvoir avoir accès au plus grand choix.

Aujourd’hui, le Syndicat de la Librairie Française intente une action en justice contre Amazon et d’autres librairies en ligne afin d’obliger ces dernières à faire payer à leurs clients des frais de port. Je trouve le procédé du SLF particulièrement odieux. Pour de basses raisons concurrentielles, ce syndicat tente de dégrader les conditions de vente proposées par Amazon au lieu de tenter d’améliorer les services de ses adhérents.

La disponibilité des produits, leur envoi rapide et leur excellent conditionnement jouent en faveur de la société Amazon. En effet, je ne retrouve pas dans les librairies de mon environnement immédiat le choix et la qualité de service proposé par cet immense espace culturel en ligne.

Nous, lecteurs et auteurs, sommes décidés à soutenir Amazon contre l’action en justice menée par le SLF. Non seulement parce que cette action est injuste mais aussi parce que, si elle était couronnée de succès, elle serait néfaste au secteur de la librairie dans son ensemble.

Si vous aussi vous tenez à la livraison gratuite, vous pouvez le faire savoir à Amazon ainsi qu’au SLF :
pour-la-livraison-gratuite@amazon.fr (Amazon)
slf@nerim.fr (Syndicat de la Librairie Française)

21 novembre 2007

Marvel Age : Emma Frost

Petit retour sur la jeunesse d'Emma Frost grâce à une collection à bas prix et en VO.

J'avais déjà abordé le personnage il y a quelque temps (cf Le Feu sous la Glace) mais je reviens cette fois sur la série de Karl Bollers que je n'avais fait qu'évoquer. Il s'agit donc ici de l'adolescence, plutôt turbulente, d'Emma. Celle-ci a des relations houleuses avec son père (faut dire que ce n'est pas trop le genre papa poule le père Frost hein), découvre peu à peu ses pouvoirs (et la haine anti-mutant), se fait enlever, bref, elle affronte les problèmes qu'on a tous connu au bahut quoi... Hmm ? Oui, ben, on n'avait pas de pouvoirs, ok. Et on est très peu à s'être fait enlever, oui bon (moi une fois, quand même, je me suis trompé de bus en voulant rentrer chez moi, ça compte ?), ce que je veux dire c'est qu'il n'y a pas de super-vilains ou de menace cosmique, cette saga est intégrée à la vie "normale".

Mais ta série là, c'est pas un truc pour jeunes filles par hasard ?
Ben, heu, à la base oui, c'est publié sous le label Marvel Age (plutôt destiné aux plus jeunes) et s'est estampillé "teen drama/romance". M'enfin, on a bien eu droit à certains épisodes en X-Men Extra, cela prouve bien que ça peut être lu par tout le monde (oui, ça pourrait aussi prouver que Panini publie n'importe quoi n'importe comment mais on va prendre la première hypothèse pour une fois).
En plus, au contraire de Spider-Man loves Mary Jane, ces Emma Frost sont intégrés à la continuité de l'univers 616. Du coup, cela enrichit le background de la Reine Blanche en nous éclairant sur ce qui l'a amenée à New York par exemple (ou à se teindre en blonde... Quoi ? Mais si c'est important !!). Les dessins, essentiellement de Carlo Pagulayan, sont plutôt sympa (avec même une nette amélioration sur les derniers épisodes).

Concrètement, ces 18 épisodes se présentent en trois recueils qui reviennent à moins de 6 euros pièce (et ça peut se commander sur Amazon sans frais de port). La taille est à peu de chose près celle du format VF Marvel Kids, par contre le papier est d'un peu moins bonne qualité (un peu ce que l'on trouve dans les Monster Edition). Bien sûr ces éditions TPB ont gardé les covers, à tomber par terre, de Greg Horn.
Sans être essentielle, voilà une série que l'on peut conseiller à ceux qui voudraient en savoir plus sur le passé de la sulfureuse Emma ou, tout simplement, à ceux qui aiment, de temps en temps, délaisser les conflits de grande ampleur pour des histoires plus simples, plus axées sur la psychologie des personnages et apportant une légèreté bienvenue entre deux sagas plus sombres.

1/8 de Finale

J'avais normalement prévu un peu plus de temps pour le premier tour mais puisque les votes semblent stagner, hop, on ne traîne pas et on passe aux 1/8 de Finale du Mondial des Capes !
Les votes pour cette deuxième phase sont maintenant ouverts, il vous suffit juste de vous rendre ici.

Pas de trop grosses surprises à signaler lors de ces poules, pratiquement toutes les têtes de série s'étant qualifiées pour la suite (seul le Silver Surfer est terrassé dans la poule B, par la Chose et Cyclope). Il n'y a eu qu'une seule égalité concernant les 2ème places et elle a eu lieu dans la poule D (celle que je considérais justement comme la plus difficile). Sentry et Black Bolt ont ainsi obtenu tout deux 16 points, cependant, Sentry ayant été cité 5 fois en première position (contre 3 fois seulement pour Black Bolt), c'est lui qui remporte de justesse cette deuxième place et le ticket pour affronter Daredevil.

Le plus petit score des poules est obtenu par Bishop (2 points seulement dans la poule C). Le qualifié avec le plus grand nombre de points est Spider-Man (57 points). A noter que, à part le Surfer, éliminé dès le premier tour, toutes les têtes de série qualifiées sortent premières de leur groupe. On peut signaler également que c'est la Chose qui, avec 39 points, obtient le plus haut score réalisé par un personnage n'étant pas tête de série.
24 héros sont tombés avec honneur (ou pas) lors de ce premier tour ! ;o)

Les 1/8 de Finale se présentent donc ainsi :

Wolverine / Cyclope
La Chose / Madrox
Daredevil / Sentry
Spider-Man / Colossus
Captain America / La Torche
Thor / Dr Strange
Hulk / Luke Cage
Iron Man / Punisher

18 novembre 2007

News en Vrac


Quelques infos sur les sorties récentes, les comics repoussés et les articles à venir.

* Pas d'Omnibus Saga du Clone ce mois-ci, Panini ayant repoussé sa sortie au début du mois de décembre. Vous pouvez donc encore économiser pour ce cher (65 €) mais volumineux (plus de 900 pages) ouvrage.
* La célèbre saga des frères Luna s'achève ce mois avec le quatrième et dernier volume de Girls. C'est chez Delcourt et c'est toujours aussi bon !
* La sortie du troisième tome VF de The Walking Dead, de Kirkman, initialement prévue pour le début 2008 est avancée...au 21 novembre 2007. Plus que quelques jours à attendre donc pour se ruer sur la suite de cette excellente histoire (pour avoir déjà lu la VO, je peux vous dire que la qualité se maintient et que l'auteur nous réserve pas mal de rebondissements et de morts violentes).
* Je vous parlerai plus en détail, dès le mois prochain, de The Marvel Comics Guide to New York City, un livre nous permettant de visiter la ville qui ne dort jamais à travers les yeux de nos héros favoris. On retrouvera, bien entendu, tous les lieux marquants des comics, pont de Brooklyn (où meurt Gwen Stacy), la rue, dans Greenwich Village, censée abriter le sanctuaire du Dr Strange, le musée ayant inspiré le manoir des Vengeurs, les sites de certains affrontements célèbres, etc.
256 pages pour moins de 10 €. Anglophobes s'abstenir (m'étonnerait que ça sorte en français ça de toute façon).
* L'intégrale Spider-Man 1976, prévue pour ce mois, est repoussée à janvier.
* Toujours pour janvier, Panini nous annonce le quatrième Deluxe dédié aux New X-Men de Morrison (qui sera repoussé à mars ? ;o)).
* En décembre sortira le 4ème et dernier Civil War Extra regroupant l'intégralité de la mini-série Fallen Son, soit 5 épisodes explorant les conséquences de la mort de Captain America.

Du coup, voilà déjà des idées pour vos cadeaux de Noël ! ;o)

Le cauchemar lisse de Mignola

La série Hellboy, de Mike Mignola, a acquis notoriété et reconnaissance dans le milieu - parfois sévère - des fans de comics et a même eu droit à une adaptation cinéma assez réussie. Pourtant, si le film est plutôt classique, la BD l'est beaucoup moins.

Le pitch tout d'abord. Hellboy nous conte les aventures d'un démon, initialement invoqué par Raspoutine pour le compte des nazis, et recueilli par l'armée américaine. Quelques années plus tard, Hellboy travaille pour le BPRD (Bureau for Paranormal Research and Defense) et parcourt le monde, affrontant des menaces étranges et variées.
Voilà, nous sommes donc en gros dans le domaine du paranormal. Graphiquement, le dessin de Mignola est très stylisé, non réaliste, et joue sur les contrastes en utilisant la technique du clair-obscur.

Cependant, ce qui marque le plus dans l'oeuvre de Mignola, c'est essentiellement son choix narratif. La majorité des volumes (édités en France chez Delcourt) fonctionne en fait comme un recueil d'histoires fort courtes et constituées d'une douzaine de planches (parfois seulement huit !). Le gros défaut de ce parti-pris est qu'il est difficile - voire impossible - de camper des personnages secondaires un tant soit peu développés. De plus, à peine rentré dans une ambiance rapidement créée, le lecteur se voit bousculer vers la suite, à la rencontre d'un autre lieu.
Nous ne sommes donc pas en présence des techniques narratives habituelles mais, passé un moment de surprise - voire de gêne - l'on finit par s'y faire et se laisser entraîner dans cette expérience surprenante. Les vampires succèdent aux fantômes ou aux sociétés secrètes, les pays et les époques défilent, tout comme les visages grimaçants, et on en arrive à se laisser bercer par cet onirique voyage.

Malgré les thèmes horrifiques et démoniaques de ses histoires, Mignola reste néanmoins dans une forme très esthétisante de l'épouvante, sorte de cauchemar lisse dans lequel le sang coule mais prend l'apparence d'un joli aplat. Il est évident que l'on peut sentir dans Hellboy l'influence de certains écrivains, comme Edgar Allan Poe (cf L'antre de l'horreur). L'une de ses nouvelles, Le Ver Conquérant, a d'ailleurs donné son titre à l'un des TPB de la série. Il faut reconnaître qu'un véritable parallèle existe entre ses deux auteurs, non seulement dans l'ambiance générale qui se dégage de leurs oeuvres mais également dans leur manière de privilégier l'atmosphère plus que le récit.

En conclusion, voilà un comic à part, très travaillé et sortant des sentiers battus. Si vous souhaitez délaisser pour un temps le monde des Masques et vous offrir une excursion dans l'étrange, Mignola pourrait bien vous offrir une balade dont vous vous souviendrez, après avoir tourné la dernière page, comme d'un rêve aux contours diffus. A tester donc.

16 novembre 2007

Concours "à vos crayons !"

Hey brave lecteur insouciant et néanmoins talentueux, ce post s'adresse à toi !
- Pourquoi il me tutoie l'autre couillon ?
- Chhht, tais-toi, il dit qu'il y a des trucs à gagner !
Les fêtes de Noël approchant, je me suis dit qu'il serait sympa de lancer un petit concours. J'ai pensé un temps à un quizz mais bon, avec le Net, de nos jours, difficile de faire la différence entre les gens qui respectent les règles et ceux qui vont fouiner n'importe où. Du coup, boum, je vous propose un concours de dessin !

Les règles ? Elles sont peu nombreuses mais précises :
--> Vous devez être l'auteur d'un dessin, d'un strip ou d'une planche (avec ou sans texte) et me l'envoyer à cette adresse : comicsmarvel@laposte.net
--> le N&B est accepté, tout comme la colorisation
--> le format DOIT être du jpeg (et ce pour des raisons pratiques, si vous n'arrivez pas à convertir vos dessins dans ce format, renseignez-vous sur le Net ou, au pire, contactez-moi si vous êtes certain d'être l'auteur, particulièrement défavorisé par le destin et votre manque de connaissances techniques, d'un chef-d'oeuvre)
--> le sujet est libre mais il est conseillé de flirter un peu du côté des héros Marvel, si possible avec du sens (donc, en gros, il est possible voire conseillé de s'adresser à des fans)
--> la qualité du dessin maintenant, bon, je suis d'accord que c'est souvent subjectif. Moi par exemple, je ne suis pas très habile avec un crayon mais j'arrive à pondre, de temps en temps, des trucs que j'estime moches mais corrects (cf l'illustration de l'article, et oui, comme je ne suis pas très bon, j'ai pris un modèle moi). Si vous êtes en dessous de ça, y'a intérêt à avoir un texte béton. Si le texte est nul aussi, épargnez-vous du temps perdu (c'est bon, je sais que y'a un bras plus musclé que l'autre ! lol).
--> Le jury : juste moi. Si jamais il y a une qualité telle que j'en arrive à ne pas savoir comment départager les auteurs, on verra comment s'en sortir à ce moment là, pour l'instant, ce n'est pas trop mon premier sujet d'inquiétude. ;o)
--> la date limite d'envoi : le 20 décembre 2007 !

- Ouais mais, c'est bien beau, mais qu'est-ce qu'on gagne dans tout ça ? Hmm ?
- Attends, je crois qu'il va aborder le sujet...
Même si vous n'en dites rien, je suis certain que vous vous demandez ce que l'on gagne ! Ok, je ne vous fais pas attendre plus longtemps.
Le premier prix remportera l'intégrale des Civil War VF, soit 7 mensuels comprenant la série éponyme, de Millar & McNiven, plus l'arc The Accused, de Jenkins, sans compter The Sleeper Cell, du même auteur.
Attention : il ne s'agit pas d'un matériel personnel, déjà lu, mais de comics neufs, dans un état excellent et conservés sous blisters. L'expédition se fera avec un maximum de précaution et en Colissimo (à ma charge).

N'importe qui conviendra qu'il s'agit d'un très beau lot, aussi, j'ajoute que je me réserve le droit de ne distribuer aucun prix si les dessins reçus ne sont pas à la hauteur (je sais que c'est très subjectif, mais je fais confiance à votre capacité, sachez juste que vous ne vous adressez pas à Télé 7 Jours, donc...soyez créatifs et rigoureux !).

Détail de l'envoi :
- En plus de votre dessin, strip ou planche (au format jpeg), n'oubliez pas de joindre dans votre mail :
* une demande d'accusé de réception !! Tant que je ne vous réponds pas, considérez que je n'ai RIEN reçu (et ceci est très possible en raison des problèmes de compatibilité entre différents fournisseurs de boite aux lettres (entre les bal laposte et hotmail par exemple (par contre, laissez moi un ou deux jours pour répondre quand même, passé ce délai, considérez que je n'ai rien reçu))).
* votre nom et adresse complète (rien n'apparaîtra sans votre autorisation sur le blog mais j'en ai besoin pour vous envoyer le prix si vous le remportez)
* le but du binz (une parodie, un beau dessin, un texte marrant, c'est quoi votre intention ?)
* de l'argent si vous êtes un mec ou une photo de vous si vous êtes une fille, le tout afin de me corrompre (je plaisante hein...mais bon...ça peut aider quand même ! Non, je rigole ! Hum...)

Voilà, bon, le but, on l'aura compris, c'est un peu d'être créatif, drôle, original, bref, de s'exprimer à travers le medium, pas si évident à maîtriser, qu'est le dessin.

Toute oeuvre envoyée dans le cadre de ce concours est susceptible d'être publiée sur ce blog.
Aucune oeuvre ne se verra exploitée commercialement sans l'accord préalable de l'auteur.
Ce blog et son auteur ne peuvent assurer aux auteurs que leurs créations, mises en ligne, ne seront pas l'objet d'une utilisation illégale de la part d'internautes pillant ces mêmes oeuvres.
Ce concours est gratuit et ne nécessite, de la part des participants, qu'un peu de talent.
Toute question concernant ce concours peut être formulée ici, dans les commentaires associés à cet article.

Visuels des comics mis en jeu :

11 novembre 2007

Target X

Après des origines contées dans le mensuel Wolverine et deux beaux Graphic Novels (les NYX de Quesada), la jeune Laura Kinney est de retour, en 100% Marvel cette fois.

Les lecteurs qui suivent les New X-Men (dans la revue kiosque X-Men) connaissent déjà X-23, clone féminin de Wolverine et véritable machine à tuer. Par contre, on ne savait pas trop comment elle avait fini par débarquer, contre l'avis de certains d'ailleurs, à l'institut Xavier. Cet arc en 6 épisodes, intitulé Target X, comble donc ce vide.

Le scénario est signé Craig Kyle & Chris Yost (déjà auteurs de la première mini-série) et le dessin est de Mike Choi.
L'histoire reste toujours aussi agréable. Le contraste entre le jeune âge et l'innocence supposée de Laura et les horreurs qu'elle a vécues est assez saisissant. Son conditionnement notamment, la faisant réagir à une odeur particulière, a été particulièrement atroce et la rend encore dangereuse même pour les gens qu'elle aime.
Le graphisme est vraiment beau, la colorisation très réussie. Seul bémol, les visages de Captain America (il était encore vivant à l'époque) et Daredevil (qui tiennent un petit rôle dans la saga). On a l'impression que les deux héros ont 15 ans ! Ce détail mis à part, le reste est vraiment de grande qualité.

Voilà un comic réussi, dédié à un personnage au potentiel énorme, avec les habituelles covers en prime (variants comprises) plus un petit carnet de croquis (5 planches), le tout est vendu 13,50 €.

10 novembre 2007

Entretien avec... Jérémy Manesse !

Après Bruno Bellamy et Aleksi Briclot, voici venue l'heure d'un troisième entretien et, cette fois, au coeur de la VF grâce à Jérémy Manesse. Oui, lorsque l'on est, comme moi, un poil critique envers Panini, il est également normal de donner la parole à ceux qui oeuvrent dans l'ombre et que l'on critique au grand jour. Pour faire le point sur des sujets de discorde que je n'élude pas mais, aussi, pour aller à la rencontre d'un auteur, patient et non dénué d'humour, il fallait bien une petite excursion de l'autre côté du miroir. Jérémy nous l'offre avec gentillesse. Ce fut un plaisir pour moi, j'espère qu'il en sera de même pour vous.

Neault : Jérémy, tout d’abord merci d’avoir accepté de répondre à ces quelques questions malgré ton emploi du temps chargé. Peux-tu nous dire quel est ton rôle exact au sein de Panini et depuis combien de temps ?
Jérémy Manesse : Je suis entré chez Panini par un concours de circonstances un peu miraculeux, un an après la reprise de la licence Marvel (il y a donc à peu près dix ans). J’ai commencé par écrire des éditos avant de me charger du courrier des lecteurs. Avec le temps, je suis devenu un des doyens de l’équipe, ce qui a fait de moi un genre de « consultant officieux permanent »… Je donne mon avis, quoi, et la rédaction en fait ce qu’elle veut. J’essaie depuis assez longtemps de me faire une place de traducteur, mais ça n’a été possible qu’avec l’apparition de WIZARD (dans un premier temps), et surtout avec l’arrivée de la licence DC / VERTIGO / WILDSTORM dans le giron de Panini.

- L’une des œuvres récentes que tu as traduite est l’excellente série NeoUniversal de Ellis et Larroca, est-ce que tu as ton mot à dire dans le choix des comics sur lesquels tu travailles ou sont-ils « imposés » ? Quel est ton sentiment sur cette série ?
- En général, non, je ne sais pas ce qu’on va me confier. Je lance parfois des mails innocents lorsque j’aime particulièrement une série, mais sinon, la décision ne me revient pas. La seule semi-exception est l’univers Vertigo, pour lequel j’ai « demandé »
Preacher et Y (je milite pour qu’on publie Preacher à peu près depuis mon arrivée chez Panini), qui m’ont effectivement été confiés. J’avais pas mal travaillé sur le projet éditorial que Panini a présenté à DC pour décrocher la licence Vertigo, ceci expliquant cela.
Quant à Newuniversal / Néo-Universel, j’ai trouvé ça plutôt très sympa et bien écrit. Certainement pas du Ellis du niveau de Transmet, mais bien agréable quand même. J’espère juste qu’il y aura une suite avant 2012.

- A titre d’exemple, combien de temps consacres-tu à la traduction d’une telle œuvre (tout de même ici 6 épisodes, soit 132 planches) ?
- Ouh là, ça dépend de beaucoup de choses, quand même. Ça m’est arrivé de faire 100 planches dans une même journée, en me mettant la tête dans le guidon et en étant sur un truc sans difficulté, type pim pam poum rends-toi vilain. Pas du Promethea, quoi, ou je peux passer une journée entière sur une planche. Mais disons que je peux facilement faire trente pages par jour si je ne suis pas trop occupé par ailleurs.
Néo-Universel, il y a beaucoup de planches à un ou deux ballons… je l’ai traduit assez vite, en deux-trois jours, si mes souvenirs sont bons.
Bon, avant qu’on dise que je bâcle tout ça, une journée de travail, ça peut commencer à 9 heures du mat et finir à 3 heures du mat le lendemain, hein. Et après je dors deux jours. J’ai des horaires un peu dissolus.

- Pour aborder les sujets un peu… « délicats », passons tout de suite à certaines bourdes présentes dans les traductions. J’ai deux exemples précis en tête. Dans un épisode lié à Civil War, Johnny Storm (la Torche) est malencontreusement devenu, en VF, « Tornade » (à cause de son nom, évidemment, qui est également le pseudo d’Ororo). Autre point, dans la saga des 198, alors que plusieurs évènements historiques sont cités (comme l’assassinat de JFK), le 11 septembre est traduit par « 09 novembre » (à cause de l’inversion jour/mois en anglais). Ces erreurs semblent un peu grosses, bien loin d’une simple étourderie. Dans un cas, on a l’impression que le traducteur ne s’intéresse pas à ce qui se passe (Tornade n’étant pas présente du tout dans les scènes en question), dans l’autre, le fait que le 09 novembre n’évoque aucun évènement précis aurait dû l’inciter à se renseigner un peu.
Comment expliquer de telles erreurs ?
- Je ne suis pas vraiment à l’aise pour parler d’erreurs qui ne sont pas les miennes. Je n’ai pas envie de donner des bons et des mauvais points à mes « collègues de bureau », de commenter leurs éventuelles bourdes, parce que ça peut me mettre en porte-à-faux d’une vingtaine de façons différentes. J’ai une fois pris la défense d’un autre traducteur, par exemple, et ça a réussi à me retomber quand même sur la gueule.
Je suis donc tout à fait prêt à défendre mes propres choix de traductions ou à assumer mes bourdes s’il y en a, mais même si j’ai sans doute des opinions sur tel ou tel incident, je ne trouverai pas très « sport » de tirer sur l’ambulance. Et puis parfois, il y a la vie privée des gens, dont le lecteur n’a sans doute rien à faire mais qui peut avoir son incidence dans le travail. C’est la vie.

- Il y a parfois des erreurs assez drôles, comme lorsque l’arrivée de « la dessinatrice » Andrea Di Vito est annoncée alors qu’il s’agit…d’un homme (on ne peut guère s’y tromper, il arbore fièrement un assez joli bouc). D’ailleurs, heu, c’est toi qui fait cette gaffe dans le Marvel Icons hors série #7. L’influence d’un vieux fantasme sur les femmes à barbe ? ;o)
- Oh, ça va, hein. Oui, bon, m’ai trompé. Je dois admettre que je passe moins de temps sur mes éditos que sur mes traductions et que j’ai pu merdouiller par ci par là. Sur les trads, je serais allé vérifier, hein, mais là, je n’avais juste jamais vu de photo du gars, je ne me suis donc pas posé la question. Il y a pas idée de s’appeler Andrea ou Simone, aussi. Et pis ça manque de meuf, les comics.(1)

- Les traducteurs sont-ils recrutés également en fonction de leurs connaissances de l’univers Marvel ou bien leur demande-t-on seulement de maîtriser l’anglais ?
- J’aurais du mal à répondre à ça, vu que ça n’est pas moi qui m’occupe des recrutements. Je crois surtout qu’on leur fait faire un essai, et que si le résultat est satisfaisant, ça roule. Mais je sais, sans dire de nom, que pour certains collègues il a fallu une période d’adaptation pas évidente pour se mettre dans le bain.

- L’une de mes petites obsessions (lol) est le fameux courrier des lecteurs. A l’époque du Net, a-t-il réellement une utilité (d’autant que lorsque des questions éditoriales précises sont posées, les réponses apportées restent toujours pour le moins évasives) ?
- Ça reste un lien entre l’éditeur et le lecteur, tout le monde n’a pas Internet, même aujourd’hui, je trouve donc que le courrier des lecteurs garde un intérêt, mais plus pour sa convivialité que pour la fraîcheur de ses news, certainement.

- A la place de cette rubrique courrier, ne serait-il pas envisageable, et plus intéressant pour le lectorat, d’insérer une petite interview d’auteurs de temps à autres ou bien une fiche de personnage ?
- Peut-être. Je sais pas. J’ai pas vraiment d’avis sur la question. J’aime plutôt bien l’idée d’un courrier des lecteurs.

- Pourquoi Christian Grasse s’évertue-t-il, dans ses éditos sur Civil War Extra, à appeler Ben Urich « Phil » ? ;o) (Il existe bien un Phil mais il n’a rien à voir dans les CW : Frontline)
- Christian Grasse boit beaucoup.

- Nous allons bientôt avoir un nouveau mensuel axé sur les Vengeurs (Marvel Heroes)(2)
, un bimestriel consacré aux sagas cosmiques (Marvel Universe) a également vu le jour récemment, signe que les ventes se portent bien. Combien de numéros vendus faut-il pour qu’une revue survive ? Quelles sont les meilleures ventes actuelles ?
- Là encore, je ne suis pas le mieux placé pour répondre à ces questions. Si j’ai des éléments de réponse, ils sont parcellaires, approximatifs, et je suis même pas sûr d’avoir le droit de les dire. Yé né soui qu’un pauvre employé. Mais de ce que je sais, l’univers Marvel se porte on ne peut mieux, c’est certain.

- Aux Etats-Unis, Marvel a battu des records de vente avec l’épisode de la mort de Captain America, un tel évènement peut-il avoir le même impact en France ?
- Je pense que ça ne fera pas de mal à MARVEL ICONS, oui.

- Le mois prochain
(3) sort un Omnibus sur la Saga du Clone de Spider-Man, personne n’a peur de raviver de mauvais souvenirs ? ;o)
- Non. Je pense que c’est le genre de saga qui vaut de s’y repencher avec du recul. Historiquement, c’est quand même une des rares fois où on a proposé de changer profondément et durablement le statu quo. Après, le truc a un peu traîné en longueur, mais c’est surtout la faute des lecteurs qui ont refusé en bloc ce qu’ils appellent d’habitude de leurs vœux, à savoir une évolution de la série qui n’emprunte aucun des sentiers battus.
Tiens, anecdote amusante, c’est un post placé par moi sur un newsgroup américain au sujet de la Saga du Clone qui, à l’époque, a attiré l’attention de Marco Lupoi(4), et qui a fini par me fait atterrir au sein de l’équipe Panini… C’est peut-être pour ça que j’ai une tolérance particulière pour cette saga.
Hé, en 2008, on fera aussi la Mort et le Retour de Superman en Omnibus. T’as vu ? Un scoop ! Si ça fait pas péter tes stats, ça…(5)

- Un petit mot sur tes prochaines traductions prévues ?
- Disons que rien qu’avec la continuation des séries que je traduis déjà, j’ai déjà largement de quoi faire. Les hasards de la programmation ont fait qu’en mars sortent de nouveaux volumes de Preacher, Transmetropolitan, Authority et Promethea… que des séries que je traduis. Du coup, j’ai refusé de traduire les comics Matrix, par peur de saturer. Dans les nouveautés, cependant, citons MARVEL HEROES, la nouvelle revue dans laquelle je traduis Mighty Avengers, Initiative et Illuminati (à l’exception du premier épisode) et sur laquelle je m’amuse beaucoup beaucoup. JSA arrive en décembre dans DC UNIVERSE, et c’est aussi moi qui m’y colle. Je traduirai aussi le DC Heroes Wonder Woman qui sort en mars (encore !) et l’adaptation de la Tour Sombre de Stephen King. Je sais que c’est prévu pour sortir chez Soleil, mais c’est une histoire un peu compliquée sur laquelle je n’ai pas le droit d’en dire plus pour l’instant (mais tu trouveras facilement les rumeurs qui correspondent)(6). Et puis en vrac, je traduis toujours JLA, Y, Planetary, 100 Bullets, Hellblazer, DC UNIVERSE HORS SERIE… et j’en passe et des biens sympas.
Sinon, on peut me voir au théâtre, à Paris, au Café de la Gare, il s’y joue Cendrillon et le Chien, pièce dans laquelle je joue, et Harem Underground, pièce dans laquelle je ne joue pas mais que j’ai écrite. Et pis sur mon blog :
www.jeremymanesse.com
Et sinon, il m’arrive de dormir. Si si.

- Ma question traditionnelle : si tu avais un super-pouvoir, lequel serait-ce ?
- Là tout de suite, ce serait de me démultiplier comme Jamie Madrox, pour que chaque double traduise un album différent et me permette de reprendre un peu d’avance sur mon planning de travail.

- Merci de m’avoir consacré un peu de temps et bonne continuation. Tiens, pour la peine, je promets d’être moins sévère avec les traducteurs à l’avenir. ;o)
- Boâf, ça fait partie du jeu, hein. Merci de m’avoir accueilli et à très bientôt !

Le blog de Jérémy Manesse : http://www.jeremymanesse.com/

(1) Je suis bien d'accord !! Et du coup, quand y'en a, on devrait s'en souvenir. ;o)
(2) Ah ben il sortait aujourd'hui d'ailleurs.
(3) A l'origine ça désignait ce mois-ci, là, plutôt décembre.
(4) Qui préface notamment le Spider-Man Strips critiqué hier.
(5) En même temps, un scoop Superman pour un blog Marvel... ;o)
(6) Je m'interrogeais encore récemment sur la question. Du moment que l'on a un joli recueil ça me convient ! ;o)

09 novembre 2007

Marvel Heroes #1

On l'attendait avec impatience, le petit frère de Marvel Icons arrive aujourd'hui en kiosque. Et attention, les séries embarquées dans ce nouveau mensuel, portant le doux nom de Marvel Heroes, sont à ne manquer sous aucun prétexte, surtout si vous êtes fan des Vengeurs.

Première des séries inaugurant cette nouvelle revue, Mighty Avengers. Si l'on peut suivre les New Avengers (anti-recensement) dans Icons, les Vengeurs officiels (de Tony Stark) s'installent donc ici. L'écriture a été confiée à Brian Michael Bendis (dois-je encore louer ses qualités ?) et le dessin est signé Frank Cho (vous le connaissez si vous avez par exemple jeté un oeil sur sa maxi-série Shanna).
Dans ce premier épisode, on nous présente évidemment la création de l'équipe. Nous allons notamment retrouver Ms. Marvel, Sentry, Wonder Man, la Guêpe ou encore Ares. Dialogues affûtés et situations tendues au menu.

Deuxième on-going présente dans ces pages, Avengers : The Initiative. Wouhouuu ! Heu...ceci était un cri de joie. C'est pour l'instant la série qui m'a le plus emballé. Elle se focalise sur l'entraînement des nouvelles recrues légalement enregistrées. On découvre donc de nouveaux personnages, tous réunis sur le camp militaire de...Stamford, Connecticut. Symbolique non ?
On démarre sur un rythme très soutenu avec de jeunes héros (comme "7ème Ciel", qui fait un peu penser à la Molly des Runaways en un peu moins jeune) encadrés par Justice, Hank Pym ou War Machine. Et on ne peut pas dire que tout se déroule parfaitement puisque nous assistons déjà à un premier accident mortel qui sera rapidement étouffé.
Scénario sulfureux de Dan Slott et dessins de Stefano Caselli.

On continue avec Omega Flight. Si vous êtes un lecteur de Marvel Icons, vous savez que l'équipe canadienne Alpha Flight a été décimée par le Collectif, une saloperie directement issue des conséquences de House of M. Or, il est urgent, pour le gouvernement canadien, de remettre sur pied un groupe de super-héros. En effet, depuis la seconde guerre civile américaine, les truands en tout genre, pour peu qu'ils aient un quelconque don surnaturel, se sont réfugiés en masse au Canada, occasionnant une augmentation de 400% des activités criminelles liées aux super-pouvoirs. Les Etats-Unis ne peuvent évidemment pas assister à la déstabilisation de leur allié et voisin sans rien faire, le SHIELD va donc aider à former un nouveau groupe destiné à contrer les menaces actuelles.
Là encore, c'est du très bon avec Michael Avon Oeming au scénario et Scott Kolins au dessin.

Enfin, nous terminons avec New Avengers : Illuminati. Il s'agit ici, tout comme pour Omega Flight, d'une mini-série. Ces deux dernières seront remplacées à terme par les on-going Thor et Hulk. L'épisode de ce mois n'est pas vraiment une nouveauté car on avait pu déjà en profiter, il y a quelques temps, dans l'excellent magazine Comic Box. Les histoires sont centrées sur le fameux groupe secret que formaient, depuis fort longtemps, Iron Man, Reed Richards, Black Bolt, Charles Xavier, Namor et le Dr Strange. Ces épisodes vont donc lever le voile sur des évènements anciens mais encore inconnus des lecteurs.
De nouveau Bendis aux commandes, en tandem cette fois avec Jim Cheung pour le graphisme.

Le bilan général ? --> WOW !
Oui, ça manque de lyrisme mais ça a le mérite d'être bref. Bon, rassurez-vous, j'ai une version longue : voilà un mensuel totalement indispensable et donnant enfin plus d'exposition aux titres Avengers. Dans la droite lignée des évènements de Civil War, les séries présentes ici sont bien écrites, agréables visuellement et ont l'avantage d'exploiter à fond le contexte actuel. Jamais la continuité n'aura donc été aussi présente et ce pour la plus grande joie des lecteurs. Tout ceci sent bon la réflexion sur le long terme et la coordination parfaite des différents titres. Notons également l'habile mélange entre persos très connus, nouvelles têtes et héros secondaires.
Bref, tout bonnement immanquable.

ps : ajout d'Emma Frost dans les Figurines Marvel.

Spider-Man Strips

Pas de coffret Secret Wars et encore moins d'Omnibus Saga du Clone dans nos librairies, le tout étant repoussé pour décembre ou janvier, on ne sait pas trop. Par contre, heureuse surprise, le tome 1 des Spider-Man Strips, prévu initialement pour octobre, vient enfin de débarquer. Analyse de la bestiole.

Alors, qu'avons-nous ici ? Tout simplement un recueil regroupant les strips de Stan Lee et John Romita Sr, de janvier 1977 à janvier 1979. Autrement dit, il s'agit de la production spécifiquement destinée aux journaux, les histoires étant alors découpées en une bande (strip) de 3 ou 4 images quotidiennes.
Quel intérêt me direz-vous ? Eh bien déjà, cela vous évite d'acheter quelques centaines de journaux américains datant des années 70. Plus sérieusement, cela permet de jeter un oeil à du matériel certes ancien mais inédit. Car ces fameux strips n'ont rien à voir avec les histoires des comics publiées parallèlement (enfin, "rien à voir", c'est peut-être trop dire quand même). Non seulement ils sont indépendants de la continuité "normale", mais l'on pourra également noter quelques différences avec la saga des débuts du Tisseur, rééditée en Intégrales. Par exemple Parker acquiert ses pouvoirs non lors d'une sortie d'étude organisée par son école mais suite à l'une de ses propres expériences. Des personnages nouveaux, n'étant jamais apparus en comics, comme Carole, sont également ajoutés. Certains états imaginaires sont conservés, comme la Latvérie de Fatalis, mais d'autres apparaissent dans ces pages, comme la Boravie. Autre petit détail, Mysterio s'appelle Hadley Harper et non Quentin Beck, etc.

Si certains de ces changements n'ont pas de réelle fonction, d'autres répondent évidemment aux besoins narratifs de ce genre particulier qu'est le strip, une histoire à épisode d'une poignée d'images journalières ne fonctionnant pas comme un comic au format traditionnel. Il faut évidemment être concis, éviter les backgrounds trop complexes et caser un maximum de texte dans un minimum de place, art dans lequel excelle ce bougre de Stan.
Outre les strips rassemblés ici, nous avons également droit à un petit topo sur les auteurs, à quelques planches d'essai, en VO, qui n'avaient jamais été publiées et à un glossaire, fort pratique pour les plus jeunes, décrivant les personnages - réels ou imaginaires - évoqués dans ces histoires (on nous explique même qui est Raquel Welch ou Jimmy Carter, hihi).

Voilà donc un livre au parfum très rétro et au contenu original, mélange de déjà-vu et de subtiles réinventions. Un bel objet de collection également, l'élégant mini format à l'italienne convenant parfaitement au genre. Ajoutons que malgré la présence d'une jaquette, la couverture en dur bénéficie d'un semblant d'illustration, comme quoi tout arrive. ;o)

05 novembre 2007

Coupe du Monde des Encapés

- Hey les fans !
- Pfff, c'est n'importe quoi cette intro, on a l'impression que tu es DJ...
- Ah ? Heu, non, mais, je vais me reprendre. Heu...Salut à toi Noble Lecteur qui t'enhardit en ces terres alors que, dehors, le jour se meurt pour faire place à la pénombre qui, peu à peu, envahit nos coeurs et nos accortes chaumières puis...
- Ouais mais, faut pas que ça fasse peur hein quand même, on a l'impression que c'est une oraison funèbre maintenant ! T'as pas un truc à mi-chemin entre le couillon et le grandiloquent ?
- Si, j'ai une sorte de petit dialogue à deux ronds où je tente des approches différentes et...non, je sais ! Je vais carrément dire de quoi il retourne. C'est plus simple.
- Oui, pis ça nous évitera les chaumières, le crépuscule et tout l'attirail pour aguicher le péquenot moyen.
- Oh, ça va hein...

Alors, la Coupe du Monde des Encapés, c'est quoi ?
Eh bien, (sur une idée de FlyKillerMan (et un titre de Punisher)), il s'agit de mettre en compétition 40 héros Marvel (uniquement des héros, donc pas d'héroïnes ni de vilains pour l'instant) pour qui les lecteurs voteront afin de déterminer le plus populaire.
Pour corser l'affaire, ces 40 personnages sont répartis en 8 poules de 5. Les deux premiers de chaque poule seront qualifiés pour les 1/4 de finale.
Chaque participant vote donc pour 2 personnages dans chaque poule. Les votes doivent être attribués, au sein des poules, par ordre de préférence. Le premier héros cité se verra attribuer 2 points, le second un seul.
Ainsi, dans la poule H par exemple, si je poste le vote suivant :
- 1) Spider-Man
- 2) Mr Fantastic
Je donne donc 2 points à Spidey et 1 à Mr Fantastic.
Les votes pour toutes les poules sont ouverts dès ce soir et s'achèveront le 6 décembre 2007.

Comment voter ?
Rien de plus facile, il suffit de vous rendre ici : Coupe du Monde des Encapés et de choisir vos favoris dans chaque poule. Vous pouvez poster sans avoir besoin de vous enregistrer, ceci afin de ne pas rendre la chose trop fastidieuse, néanmoins, n'en profitez pas pour voter plusieurs fois sous des identités différentes, je peux lorgner sur les IP et je supprimerai les votes "doublons". ;o)
Si vous souhaitez poser des questions, féliciter FlyKillerMan pour son idée ou râler un peu, vous pouvez le faire dans le topic "Mise en place & Questions".

Bien entendu, si vous souhaitez vous enregistrer en tant que membre (ce qui, je le répète, n'est pas nécessaire pour pouvoir voter), vous pouvez évidemment le faire (cela vous permet d'avoir accès à l'essentiel des rubriques du forum) MAIS (et le mais est important), comme je suis obligé de valider les inscriptions (et qu'il y a, en ce moment, un grand nombre de robots qui s'inscrivent (j'ai d'ailleurs laissé tout cela en friche depuis près de deux ans)), il faut vous débrouiller pour que je reconnaisse qu'il s'agit d'un humain. Autrement dit, le mieux est encore de vous enregistrer sous votre pseudo suivi de _cme ("tiret cme", exemple : Perlimpinpin_cme). Je saurai à ce moment là que vous transitez par le blog, je validerai votre inscription et, comme je suis super gentil, je supprimerai le "_cme" pas joli mais très utile (donc, vous vous appellerez, au final, Perlimpinpin, tout simplement).

Suivant la participation, nous poursuivrons les phases finales et peut-être même une coupe de vilains ou de persos féminins. A vous de jouer ! ;o)

Attention : (parce que ça cafouille un peu déjà lol) Lorsque vous votez, rentrez quand même un pseudo dans "Nom d'Utilisateur", ça sera plus pratique. Et surtout, pour voter, cliquez sur "Post Reply".
Vous pouvez voir ici les explications génériques et quelques points de règlement ajoutés aujourd'hui suite à diverses demandes : les règles et les éclaircissements sur les points d'ombre.

02 novembre 2007

Le Temps des Ténèbres

Nouveau changement de costume pour le Tisseur dans le Spider-Man #94 débarqué ce matin en kiosque. Ce n'est pas la seule nouveauté puisque la série Thunderbolts fait son grand retour en mensuel.

Après le costume rouge et or de Stark, Spidey revient à l'esthétisme sombre du costume noir. La revue est estampillée, du coup, "retour au noir", ce qui sonne tout de même moins bien que le "back in black" original (je ne vois d'ailleurs pas l'utilité de traduire ça, je suppose que l'on comprend ce que ça veut dire même quand l'on ne parle pas anglais).
Bref, la tantine s'étant faite dégommer (héhé... cf le sondage #8), Spidey est en rage. Il fait preuve d'ailleurs d'une violence assez étonnante de sa part. Torture, envie de meurtre, on avait plus l'habitude de voir ce genre de choses du côté d'un Punisher... bah, Parker se déniaise peut-être. ;o)
De ce fait, le black costume, fort beau mais qui convenait peu à la personnalité de Spider-Man, est tout à fait approprié ici.

Les on-going Sensationnal Spider-Man et Friendly Neighborhood Spider-Man bouclent les deux arcs en cours avec notamment un épisode centré sur Black Cat (et duquel Spidey est totalement absent). Le second en termine avec l'affrontement contre le Vautour, rappelez-vous, ce dernier traquait le Monte-en-l'air pour le compte du gouvernement.

C'est surtout l'arrivée de la série Thunderbolts qui marque ce mois. Voilà un moment que l'équipe n'avait pas eu droit en France à une parution mensuelle (leur dernière apparition date du tie-in Civil War publié en Monster et d'un autre Monster, assez ancien, dédié intégralement au groupe).
L'équipe est cependant passablement remaniée et si je vous dis que le Bouffon Vert ou Venom en font partie, on comprendra alors mieux pourquoi la série débarque dans ces pages. Le scénario est signé Warren Ellis (auteur, entre autres, du récent New Universal) et les dessins sont l'oeuvre de Mike Deodato, autrement dit, pas les premiers venus. Le début de cet arc, Faith in Monsters, est plutôt inventif et prometteur, notamment parce que les personnages sont assez riches (outre les deux précédemment cités, on peut rajouter Penance, Bullseye, Songbird ou la belle et dangereuse Moonstone) mais aussi parce que l'on se dirige visiblement vers une ambiance assez réaliste voire noire (ce qui n'empêche pas les clins d'oeil savoureux comme un pastiche assez bien vu des produits dérivés).

Tiens, ils nous ont remis un courrier des lecteurs. Totalement inintéressant, comme dans 99% des cas. Il y a même un truc du genre "comment fait-on pour devenir scénariste chez Marvel ?", ce à quoi Olivier Jalabert - comme vous vous en doutez bien - apporte une réponse dont la pertinence donne le vertige : "il faut travailler, encore et encore, quand tu seras prêt, tu le sauras". Bon en même temps, à question con...
Puisque j'en suis aux performances rédactionnelles du bougre chargé d'ausculter vos missives, notons qu'il ne fait pas la différence entre une forme affirmative et interrogative ("je serais curieux de connaître ton sentiment sur les évènements récents.", ce n'est pas une question, ça ne doit pas se terminer par un point d'interrogation donc). Ok, c'est un détail, mais vu que l'on apprend ce détail au primaire, je trouve tout de même inquiétant d'en venir à faire l'impasse sur les règles les plus simples. Cela procède d'un nivellement (par les profondeurs abyssales, évidemment) culturel insidieux qui m'insupporte et est révélateur d'un manque de considération tout à fait inacceptable pour la chose écrite.

Voilà, j'ai ronchonné, je suis content (et encore, je vous passe les erreurs de traduction du genre "croix gamma" (sic) à la place de "croix gammée"). Sinon, un numéro globalement sympathique (moi, dès que la tantine s'en prend un maximum dans la tronche, je suis sur un nuage de toute façon ;o)) et une jolie entrée en scène des nouveaux Thunderbolts.

ps : j'avais d'abord mis la cover du Friendly Neighborhood (que je trouve vraiment fort jolie) pour illustrer cet article, mais bon, ça rendait le titre un peu ridicule ("Le temps des ténèbres" avec à côté un dessin super lumineux et un grand soleil...), du coup, boum, je change avec celle de l'Amazing, mais je vous laisse la précédente ici.

[EDIT 04/11] Tiens, je n'avais pas fait attention mais il y a une jolie erreur de continuité dans l'Amazing. On sait depuis la Saga du Clone que le nom de jeune fille de tante May est Reilly (d'où le Ben Reilly de l'époque et le pseudo post-Civil War de Parker), or, Straczynski fait dire à Peter "Enregistre-la sous son nom de jeune fille, May Fitzgerald". Ou comment se retrouver avec deux noms de jeune fille par la magie de la mémoire défaillante des scénaristes ! ;o)