18 février 2008

Bug Brothers

Parfois, il arrive que les plus belles demeures soient envahies par des espèces grouillantes et menaçantes. Des cafards qui se faufilent partout, des rats qui rampent dans le noir, bref, la lie animalière habituelle qui, si on la laissait faire, finirait par l'emporter sur la civilisation.
Heureusement, en ce qui concerne les insectes et les rongeurs, les exterminateurs sont légaux. Ils sont même souvent attendus comme le messie et repartent sous les bravos de la foule. Mais, qu'est-ce qui pousse à embrasser une telle carrière ? Et surtout, quel est le quotidien d'un exterminateur ?

Attention, pour ceux qui n'aiment guère les insectes, Bug Brothers, premier tome (publié par Panini) de la série Vertigo "The Exterminators", ne risque pas d'arranger les choses.
Le scénariste, Simon Oliver, est un nouveau venu dans les comics, son compère, le dessinateur Tony Moore est, lui, plus connu (il a officié sur The Walking Dead avant Charlie Adlard).
Bon, et qu'est-ce que c'est que cette idée de BD sur les cafards, hmm ?
Eh bien, une sacrée bonne initiative déjà, si l'on en juge par les 5 premiers épisodes. L'action se déroule à Los Angeles et a pour protagoniste principal un jeune type, récemment sorti de prison, qui va faire ses armes dans l'entreprise d'extermination de son beau-père. Le hic, c'est qu'il va très vite être entouré d'une faune particulière, et je ne parle pas ici que des bidules avec plein de pattes et des exosquelettes ! AJ notamment, qui doit apprendre les ficelles du métier à Henry, est une sorte de camé, obsédé sexuel, qui, entre deux grossièretés, s'envoie le poison destiné aux cafards directement en intraveineuse. Stretch, lui, est un bouddhiste qui doit concilier son activité avec le respect de toute forme de vie (un poil difficile quand on est payé pour faire de l'extermination de masse), etc., bref, une sacrée brochette de personnages pour le moins...originaux.

Evidemment, au milieu de la crasse et des quartiers les plus délabrés de la cité des anges, une trame commence à se dessiner : des produits toxiques, le Cambodge, une confrérie aryenne, une mystérieuse boîte, un scarabée vert...et des morts. Il est pour l'instant difficile de bien cerner l'intrigue principale et le point commun de tous ces éléments mais le moins que l'on puisse dire est que l'on ne s'ennuie pas. L'écriture est nerveuse, moderne, et parsemée d'injures qui valent bien l'avertissement "pour lecteurs avertis".
Le sexe n'est pas exclu des aventures de notre tueur de fourmis, pas plus que les scènes choc et les métaphores violentes. Une vieille dame sera ainsi retrouvée, dans un asile privé peu respectueux des règlements, attachée sur son lit, en train de se faire dévorer vivante, dans l'indifférence générale, par une masse grouillante et vorace !
Voilà ce qui arrive lorsque la société délivre un discours policé et idéaliste mais se délite dangereusement sur le terrain en oubliant que le Mal est là, prompt à venir se jeter sur ceux qu'elle abandonne, pieds et poing liés, à leur triste sort.

Un coup de poing dans le bide, salutaire et efficace. Pour adultes, évidemment.
Ah oui, j'allais oublier, attention pour les plus sensibles, des tas de cafards sont maltraités dans ces planches. Que voulez-vous, même les pires des créatures ont leurs défenseurs... ;o)