L'univers de Larry & Andy Wachowski se décline au cinéma, en dessin animé, en jeu vidéo et, maintenant, en comics grâce à ce premier recueil publié par Panini : Matrix Comics volume 1. Choisissez la pilule bleue et vous oublierez tout et vivrez dans une parfaite ignorance, prenez la pilule rouge et plus rien ne sera jamais comme avant...Au cas où certains ne connaîtraient pas la trilogie, petit rappel des faits : le monde n'est qu'une vaste supercherie, une chimère superposée à l'horreur du réel. Tandis que les machines nous cultivent, nous rêvons nos vies, prisonniers de la Matrice. Pourtant, certains sont libres, certains voient à travers les programmes et tentent d'agir pour reconquérir la liberté perdue. Une mission peu aisée étant donné que la plupart des prisonniers n'ont même pas conscience de vivre dans une prison et que certains préfèrent la beauté du virtuel au cauchemar de la réalité.
Les bases étant posées, il faut savoir que les frères Wachowski ont décidé de raconter leur histoire à travers divers supports. Ainsi, les Animatrix couvraient des pans de l'univers Matrix qui n'étaient pas abordés dans les films (les évènements ayant abouti à la révolte des machines par exemple). Pour cette première série de comics, il s'agit également d'histoires originales et non d'une adaptation de ce que l'on a pu voir au cinéma.
En ce qui concerne les auteurs ayant travaillé sur ce projet, ils sont nombreux et certains très connus. Les Wachowski ont eux-mêmes scénarisée la première histoire, secondés au dessin par Geof Darrow, génial concepteur de bon nombre d'éléments de la trilogie. Bill Sienkiewicz, Neil Gaiman (qui a carrément écrit une nouvelle illustrée plutôt qu'un comic), Dave Gibbons, ou Ted McKeever font également partie de l'aventure.
Les 12 histoires courtes rassemblées ici sont très différentes les unes des autres, ne serait-ce que par l'ambiance graphique. L'on passe du noir & blanc aux couleurs les plus vives, d'un style réaliste à des personnages cartoony et grotesques, bref, ce n'est pas l'homogénéité qui a été recherchée. Ce n'est d'ailleurs pas déplaisant, on assiste à un défilement d'instants particuliers, de tranches de vie presque, évoquant à chaque fois un aspect de Matrix, chaque personnage réagissant différemment aux atrocités auxquelles il est confronté. Le résultat est une suite de violence et de paranoïa, de poésie et de tristesse, d'espoir et de ténèbres.
Voilà un recueil que j'attendais avec impatience et j'avoue avoir pris un grand plaisir à me plonger de nouveau dans ce monde fascinant. Ce produit semble cependant réservé aux fans ou, au moins, aux lecteurs ayant vu le premier Matrix sur grand écran. Dernière précision : pas de Neo ou de Trinity ici, on parle uniquement de parfaits inconnus, seul B1-66ER rappellera quelque chose à ceux qui ont vu The Second Renaissance.
"N'as-tu jamais fait ces rêves Neo, qui sont plus vrais que la réalité ?"
Morpheus
8 commentaires:
Ça m'a l'air intéressant. Surtout que les frères W ont l'air de vouloir faire une œuvre honnête et non juste un produit dérivé pour faire marcher la pompe à fric.
Ah oui d'autant que les histoires regroupées ici étaient disponibles dès le départ en webcomics.
Elles sont toujours visibles d'ailleurs :
http://whatisthematrix.warnerbros.com/rl_cmp/comics_new_front.html
Perso, je préfère tout de même le contact du papier sous les doigts.
Plus noble, plus chaleureux, plus bandant quoi.
;o)
Préférence aussi pour le format papier et, dans ce premier jet, pour "Ruth" et "Liberté artistique".
Je suis étonné que tu n'aies pas plus souligné la présence de Gibbons. J'aime bien ce qu'il a fait aussi.
Salut Neault ! Un petit commentaire hors-sujet mais j'ai besoin d'un. J'ai toujours eu du mal à définir ce que signifiait les (vol.2) ou (vol.3) dans un titre de comic. Prenons exemple du premier Marvel Heroes HS : Sub-Mariner (vol.2) 1. A quoi cela fait-il référence ? Merci d'avance et félicitations pour ton site.
Salut Mac.
Alors, pour les fameux vol.2, vol.3, etc., il s'agit du nombre de "relaunch" de la série.
Il arrive qu'une série soit arrêtée puis relancée en repartant du numéro #1, si elle garde le même nom, on ajoute le "vol.2" pour la différencier de la première numérotation.
Par exemple, la série "Wolverine", en VO, en est à son troisième volume ou à la troisième "remise à zéro" de sa numérotation.
Cela donne parfois lieu à des curiosités, par exemple, la série historique du Tisseur, "Amazing Spider-Man" a eu une deuxième numérotation en 1999 (donc un Vol.2) avant de revenir à l'ancienne numérotation pour pouvoir fêter l'historique #500. Il y a donc, par exemple, 2 "Amazing Spider-Man #9" différents mais il n'existe aucun "Amazing Spider-Man #445".
Actuellement la série en est au #543 en France et il s'agit du vol.1 alors qu'un vol.2 a bien existé avant d'être comptabilisé comme faisant partie de la première série.
Dans les faits, un relaunch a surtout un but commercial, un premier numéro d'une série attirant traditionnellement plus de lecteurs que d'ordinaire.
J'espère que je suis clair.
;o)
A bientôt.
"N'as-tu jamais fait ces rêves Neo, qui sont plus vrais que la réalité ?"
Quand on a un nom de forfait téléphonique, c'est pas étonnant qu'on prenne ses rêves pour la réalité ;-)
Matrix a créé un début de mythologie, et utilise divers supports pour la développer, un peu comme Star Wars - toute proportion gardée. Je voulais faire un article sur la question, sur mon blog aphoristique, mais le temps m'a manqué, et je manque de motivation, en ce moment, pour ce blog. Il m'a semblé que les épisodes de Terminator appartenaient au fond à la même mythologie, la préparaient, l'annonçaient. Dès le départ, il s'agit d'un mouvement collectif, auquel les frères W. ont donné une forme de couronnement. Comme un histoire du futur cohérente dominée par les machines. C'est fascinant, même dans des navets comme Terminator 3. Les brèves images renvoyant à la guerre entre hommes et machines, dans ce volet en soi raté, ou quelconque, sont à elles seules d'une grande suggestivité, qui renvoie à celle de la trilogie des frères W.
j'ai lu le premier volume des invisibles ce w-e...les wacho ont beaucoup emprunté à ce comics.
Enregistrer un commentaire