03 mars 2008

Si les Ricains n'étaient pas là...

Le Spider-Man #98 donne un aperçu de ce que sera le futur du mensuel et propose trois épisodes se suivant de Friendly Neighborhood. Ce genre d'arc complet sera donc bientôt monnaie courante puisque, comme on le sait, les séries "secondaires" du Tisseur s'arrêtent pour laisser la place à un Amazing Spider-Man qui sortira trois fois par mois.

Peter David et Todd Nauck reviennent un peu sur The Other puisque les évènements contés ici en sont l'une des conséquences directes. Pas de Morlun cependant cette fois mais des araignées cannibales. L'occasion de voir la discrète Betty Brant manier le fusil à pompe et se faire un trip "army girl". Parallèlement, ça chauffe au Daily Bugle où Jameson en a plus que jamais après le Tisseur et ceux qui ont le malheur de prendre sa défense.
Bon, rien de bien transcendant, peu d'humour, une intrigue pas forcément passionnante, on a vu mieux.

Pas de Thunderbolts ce mois mais, par contre, la suite de Back in Black.
Qu'est-ce qu'on peut bien dire sur ça ? Toujours pareil, la tantine est dans le coma, Parker la trimballe d'un hôpital à l'autre pour éviter que les flics ne les démasquent, on la débranche, on la rebranche, on lui fait une piquouze de sang radioactif, bref, les amateurs de gériatrie hospitalière vont en avoir pour leur argent.
Ah si, y'a quand même une vanne qui sort du lot, hop, profitons-en puisqu'elles se font rares et ajoutons-la au bêtisier (scène 46).

J'en arrive au courrier des lecteurs.
Un ahuri y parle de Cap (on se demande déjà ce que ça vient faire dans la revue du Monte-en-l'air enfin bon...) d'une manière très typique. En gros, il l'adore mais regrette son nom et ce qu'il symbolise (et ça s'appelle quand même "bien aimer" ça ? c'est quoi "détester" alors ?).
- Tu sais Ingrid, je t'adore.
- Oh, merci, c'est trop gentil !
- Enfin...à part que je te trouve hyper mal habillée. Et puis, avec ton QI de soupe à la tomate, t'es pas une lumière non plus hein. Pis t'as un vache de long nez. Mais, à part ça, j'suis trop fan de toi.
- Ah heu...
Oui, "heu" justement. Mais, nom d'un poil de cul, qu'est-ce qu'ont donc les franchouilleux contre les Etats-Unis ? Si le type s'appelait Captain Naziland ou Iron Laden, je comprendrais, mais qu'y a-t-il de si honteux à porter le nom de la plus grande démocratie au monde ? Un pays qui nous a sauvé les miches des nazis puis nous a protégé des soviétiques ! Qu'est-ce qu'on leur reproche ? De pas nous avoir taillé une pipe en partant ? Et puis, bien évidemment, non content de fermer les yeux sur cet anti-américanisme ignoble (et tellement à la mode), Panini semble l'encenser en ne ratant jamais une occasion de donner la parole aux plus ignares. Plus le cliché est gros, plus les propos sont caricaturaux et nauséabonds, plus l'éditeur s'en délecte.
Mais pensez donc, notre pays est une si belle réussite économique et sociale qu'évidemment, le gaulois de base peut se permettre de faire la leçon au monde entier tout en dégustant sa cervoise. Et puis l'actualité nous donne bien raison, pas vrai madame Michu ? Regardez ces bouffeurs de steaks hachés s'enliser en Irak, c'est pas à nous que ça arriverait ! Enfin, il y a bien l'exemple algérien et même l'Indochine, mais pour le savoir, encore faut-il avoir passé plus de temps à l'école que dans les bistrots.
Autre connerie magnifique, voilà que le personnage (de Cap donc) imposerait le "fameux american way of life". Mais quel american way ? Celui du yuppie new-yorkais ? Du paysan perdu dans le Dakota du Nord ? Celui des Amish de Pennsylvanie ? Des latinos de Floride ? Parce que, à part des dizaines de particularités régionales très spécifiques, l'american way se limite bien souvent à quelques valeurs que l'on retrouve, et pour cause, en Europe, mis à part, peut-être, le patriotisme, cette dernière étant considérée comme un blasphème au pays du camembert. Aimer son pays n'est pourtant pas un crime mais que voulez-vous, à force d'haïr nos alliés et nos frères, l'on finit par se détester soi-même.
En tout cas, si l'on invente un jour un Captain Moron, on sait déjà quel drapeau il vénérera...

Si les Ricains n'étaient pas là
Vous seriez tous en Germanie
A parler de je ne sais quoi,
A saluer je ne sais qui.

Bien sûr les années ont passé.
Les fusils ont changé de mains.
Est-ce une raison pour oublier
Qu'un jour on en a eu besoin ?

Un gars venu de Géorgie
Qui se foutait pas mal de toi
Est v'nu mourir en Normandie,
Un matin où tu n'y étais pas.

Bien sûr les années ont passé.
On est devenus des copains.
A l'amicale du fusillé,
On dit qu'ils sont tombés pour rien.

Michel Sardou, 1967 (comme quoi, déjà à l'époque, il fallait rappeler des évidences à certains héros de comptoir, prompts à baisser le regard devant un fusil mais n'hésitant jamais à cracher sur une main amicale...)

10 commentaires:

Matt Murdock a dit…

Et puis, si on aime pas les Américains, ça sert à rien de lire les comics.

Juste au passage, la plupart des américains, eux, ont abandonné leur antifrenchisme primaire, il suffit de regarder les oscars pour s'en rendre compte.

M-Day a dit…

carrement d'accord avec vous

en plus j'ai pas compris où le gars voulait en venir ensuite en critiquant la mort de cap comme coup éditiorail et apres en disant qu'il a bien aimé
?

Morphée a dit…

d'après ce que je comprend après la fin du run "gallerie de monstres" de Thunderbolts, la série disparaitra du magazine S-M ? (j'ai lu viteuf les éditos et tourné les pages du magazine acheté cet après-midi).
alors là je suis un peu dégouté :( un peu beaucoup même :(

Neault a dit…

M-Day, l'ami Loki appelle ça des courriers "canada dry", je lui pique l'expression pour le coup ! ;o)
(en gros, ben ouais, c'est n'importe quoi, ça n'a que l'apparence du sens et ça se contredit tout seul)

Morphée, je n'ai pas compris perso que Thunderbolts était voué à disparaître, il me semble qu'à terme, on aurait les trois amazing + le Thunderbolts justement.
Mais je peux me planter.

A voir...

Morphée a dit…

j'ai relu la "toile de l'araignée" de l'ami Grasse et en fait après la fin de l'arc en cours des TB, on aura des histoires de spidey en attendant et ensuite reprendront les Thunderbolts ! (c'est dû au retard de l'équipe créative c'est marqué). voila si j'ai bien compris hihi ^^'

ber_duc a dit…

Simple question qui me vient à l'esprit, comme ça: j'ai le droit de trouver le costume de Cap hideux sans passer pour un anti-américain primaire? (ou de trouver qu'un héros qui se bat en jouant au frisbee avec un bouclier, c'est nul?)

Neault a dit…

Si c'est une simple question esthétique, je suppose que oui, mais ce n'est pas du tout le propos de l'auteur du courrier dont il est question ici.

Ce qui l'indispose, c'est ce que représentent, pour son petit cerveau étriqué, les Etats-Unis.
Il a une image pervertie de ce pays à cause de la propagande franchouilleuse, il y a gros à parier qu'à part quelques poncifs facilement démontables, il ne sait même pas lui-même pourquoi il éprouve un tel ressenti.

Morphée a dit…

je pense qu'il voulait pas aller si loin quand même, dans ce courrier ... enfin je dis ça je dis tout, c'est clair que Cap' a représenté toute sa carrière les Etats-Unis et leur rêve de liberté, peu à peu il s'est détaché de la première des choses que je viens de citer. c'est cette même chose que le lecteur semble reprocher, la patriotisme voire le nationalisme (pendant la "propagande" de la seconde guerre). enfin si j'ai bien pigé, même en me relisant je me pige pas ^^' j'essaye de le comprendre, après la référence à Michel Sardouille, je ne cautionne pas, bien que dire que "les States c'est le Maaaâl", cela non plus je ne cautionne pas, c'est un pays allié dont je ne cautionne pas la politique actuelle et qui n'est pas tout blanc (mais quel pays l'est vraiment ?) et d'un autre côté je ne cautionne pas l'anti américanisme primaire sans argumentation comme on l'entend aux comptoirs. donc je cautionne rien comme vous le voyez mais je réfléchis, s'il vous plait ne me tapez pas... ^^' je vous aime tous ^^'

Youpi! a dit…

Neault est un amateur de comics de droite mais il est sympa! La preuve est faite, il écoute Michel Sardou! Un mec qui écoute Michel Sardou ne peut pas etre wauvais!

Neault a dit…

On peut connaître Sardou sans avoir besoin de l'écouter.
;o)