05 avril 2008

Vendredi 13

Panini continue à étoffer sa collection Dark Side. Après 28 jours plus tard, un grand classique arrive dans nos contrées : Vendredi 13.

Le titre est déjà parlant en soi. Un Vendredi 13 se doit, presque, de respecter certaines règles, et celui-ci les suit toutes scrupuleusement. Une bande de jeunes vient effectuer quelques travaux dans un camp de vacances. Il s'agit du camp du fameux Jason, évidemment, mais tout le monde semble considérer ce type comme, au pire, une gentille légende pour touristes en mal de sensations fortes.
Et là, je vous le donne en mille : hop ! Voilà un gars qui se ramène et qui se met en devoir de massacrer tout le monde.

Le scénario est l'oeuvre de Justin Gray et Jimmy Palmiotti. Le moins que l'on puisse dire est qu'ils ne se sont pas foulés. Ou alors, à l'inverse, ils avaient en tête de coller au plus près des poncifs du genre, auquel cas, ils ont parfaitement réussi.
Les dessins sont de Adam Archer. Lui parvient, malgré certaines scènes plutôt gore, à garder un style qui évolue entre le réalisme et le second degré aseptisé. C'est précis sans être vraiment dégueulasse, ce qui était encore le meilleur compromis à tenter ici.

Bon, un Vendredi 13, ce n'est jamais de l'inattendu, au contraire, certains passages sont presque obligatoires. Ici, tous les ingrédients sont présents : des cris, du sang, du sexe, des fausses pistes, du sexe, encore un peu de sang et le rebondissement final. On ne sait finalement si c'est bâclé ou simplement trop révérencieux.
Le mécanisme est tellement connu que le lecteur ne peut guère faire semblant de se laisser berner. Tout est trop convenu pour que l'on puisse réellement frissonner et, en même temps, trop sérieux pour que l'on puisse passer au deuxième degré et en rire. Le résultat est mi-figue mi-raisin, agréable certes mais sans réel choc, d'autant que les personnages sont trop survolés pour que l'on puisse vraiment les pleurer lorsqu'ils y passent.
Reste une ambiance sexuelle faussement sulfureuse qui devient même risible si on la compare aux excès d'un Preacher.

Si vous voulez lire un classique "teen slasher comic", foncez les yeux fermés. Si vous attendiez un peu d'originalité de cette transposition, vous serez probablement déçus. L'histoire tiendrait probablement la route si l'on n'en connaissait pas d'avance tous les ressorts.
Difficile pour cette oeuvre de se faire une place entre la poésie de Poe (cf L'Antre de l'Horreur) et la machine à rebondissements, moderne et parfaitement huilée, de Kirkman (cf The Walking Dead).