04 mai 2008

L'homme à abattre

Le Marvel Icons #37 recèle quelques excellents épisodes, malgré un petit faux pas de Bendis, et nous plonge dans World War Hulk autant que dans les débuts de Secret Invasion.

Dans les New Avengers de Bendis et Yu, l'on retrouve l'équipe en plein doute depuis la découverte de la véritable identité d'Elektra, cette dernière s'étant révélée être en fait un skrull. Les Vengeurs sont divisés sur la conduite à tenir, certains souhaitant faire appel à Tony Stark, d'autres refusant absolument de collaborer avec lui.
Un petit point qui me chiffonne cependant : dans l'avion qui les ramène du Japon, où ils sont allés récupérer Echo, un problème survient. Les moteurs de l'appareil s'éteignent soudainement et Bendis fait aussitôt tomber le jet comme une pierre. Mince alors, il aurait pourtant été facile (et utile !) de se documenter un peu. Tout avion plane moteurs coupés, heureusement d'ailleurs. La panne moteur fait d'ailleurs partie de l'instruction de base d'un simple pilote d'aéroclub. Le seul cas où une telle panne s'avère dangereuse, c'est évidemment au décollage, l'appareil n'ayant pas alors une altitude suffisante pour maintenir sa portance. A l'altitude de croisière (quand le problème survient dans l'histoire), il suffit de piquer très légèrement pour conserver un avion parfaitement contrôlable. Ce rapport altitude/distance parcourue sans moteur s'appelle la finesse. Même les gros porteurs modernes en ont une meilleure que les premiers planeurs historiques.
Il n'est évidemment pas question de demander aux auteurs de se farcir un manuel de pilotage ou de faire dans la précision documentaire mais de rester simplement dans le domaine du vraisemblable, un minimum me semble-t-il pour que le lecteur puisse rester "dans" l'histoire.
Bon, on va dire que ça arrive... ;o)

On passe ensuite à Iron Man avec un Dugan obligé d'assurer l'intérim au SHIELD alors que Stark est retenu prisonnier par l'armée de Hulk. Le sous-directeur va prouver qu'il est loin d'être un idiot en gérant parfaitement une situation pourtant très tendue lorsque le géant vert débarque sur l'héliporteur. Il faut dire que l'on ne bosse pas des années durant aux côtés de Nick Fury sans en prendre de la graine. ;o)
Christos N. Gage nous livre ici une histoire très axée sur les seconds couteaux (tel Dugan) et sur une ambiance barbouzarde. C'est fort bien fait d'ailleurs, le tout étant bien dessiné par Butch Guice (que je ne connaissais pas du tout mais qui s'avère doué).

On continue avec le Captain America (sans Rogers, évidemment) de Brubaker et Epting. Décidément, ce n'est pas le moment pour Stark de s'inscrire à un concours de popularité. Il est détesté par bon nombre de héros, il est sur la liste noire de Hulk et, maintenant, le voilà également pris pour cible par le Soldat de l'Hiver (alias Bucky Barnes) qui le tient responsable de la mort de Cap. Pas de bol, les ennemis d'Iron Man sont tous des bazars verts de plusieurs tonnes ou des tueurs professionnels... si avec ça, il ne finit pas un tout petit peu stressé le Tony !

On termine par Fantastic Four, non pas l'on-going habituelle mais le Wedding Special qui fêtait, voici un peu plus de deux ans, les 40 ans (éditoriaux, pas dans l'univers 616) du mariage de Reed et Susan Richards. On a droit à des moments jolis tout plein, demande en mariage et lune de miel (au sens propre presque) à la clé. C'est écrit par Karl Kesel et dessiné par Drew Johnson. Cet épisode n'a pas réellement d'intérêt (si ce n'est d'offrir un petit moment nostalgique aux fans des FF) et sert de remplissage pour rattraper le retard de la série US.

Voilà encore un numéro où un Stark omniprésent (au moins dans les pensées) s'affirme comme l'homme à abattre pour pas mal de Masques. On pardonnera bien vite à Bendis son manque de connaissances aéronautiques tant le bougre nous a rarement habitué à des invraisemblances de cette taille.