02 mai 2008

Numéro anniversaire pour le Tisseur

C'est avec le début de la saga One More Day que le Spider-Man #100 fête ce numéro... historique ? On a en tout cas droit, en prime, à un portfolio offert avec la revue.

Christian Grasse, avec la modération qui le caractérise, nous annonce directement dans son édito que Panini va fêter dignement ce numéro #100 avec "tout un tas de surprises". La première (la seule en fait) consiste en un portfolio de 16 planches reprenant des dessins issus de One More Day. L'on peut donc voir les évolutions, du croquis de base, très succinct, en passant par le crayonné jusqu'à la version encrée. Plutôt sympa mais sans aucun contenu éditorial.
Les autres surprises, selon Panini, sont les couvertures alternatives et les deux premiers épisodes de One More Day. Pour ces derniers, il s'agit simplement de la continuité des séries habituelles du Tisseur, rien d'exceptionnel à cela donc. Pour les covers, il ne s'agit pas d'un cadeau puisque, pour les avoir, il faut donc acheter... trois fois la même histoire.
Citons tout de même les auteurs des différentes versions : Quesada (avec un style assez rétro, comme vous pouvez le voir sur l'illustration de l'article), Crain (avec le black costume et l'ambiance plus sombre que nous connaissons depuis quelques mois) et enfin Djurdjevic (pour la plus épurée des trois).

Le contenu maintenant, car c'est quand même l'essentiel. On commence avec le dernier épisode de Aguirre-Sacasa, peint par Clayton Crain justement. Une petite mise en bouche on va dire, puisque le scénariste reprend les débuts du Monte-en-l'Air et l'imagine ensuite en bon père de famille dans un lointain futur.
L'attrait principal de ce numéro reste bien sûr le début de One More Day, une saga dont la conclusion a été fortement controversée aux Etats-Unis, à tel point que Straczynski a pensé pendant un temps à ne pas faire figurer son nom aux crédits des derniers épisodes. Il faut dire que ça commence avec l'éternel couplet de la tantine qui va crev... qui n'est pas au mieux. Et voilà notre Peter, plus pleurnichard que jamais, qui remue ciel et terre pour lui éviter de passer l'arme à gauche.
Un truc marrant, à un moment, expliquant son refus de la voir mourir, il dit "Si elle meurt dans des années... de vieillesse, dans son lit... d'accord... ". De vieillesse ?? Mais, elle n'était déjà pas vieille dans les années 60 ? Elle a survécu à tout, 17 enlèvements, 832 malaises, 7 crises cardiaques, Jimmy Carter, le choc (que l'on nous avait promis fatal pendant des lustres) de savoir que son neveu est Spider-Man, le rap, un sniper, bref, elle EST vieille !! Mais, increvable. C'est une sorte de Jeanne Calment shootée à la DHEA. Enfin, bref...
Donc, oui, effectivement, je sens le coup venir. Si jamais Marvel ne l'enterre pas pour de bon cette fois-ci, alors là, y'a rien à faire. Nous sommes démunis. Et en plus, ces "je meurs/je meurs pas" à répétition finissent par être passablement ridicules. D'une part cela enlève toute la dramatisation dont la série pourrait bénéficier, d'autre part, cela rend Parker de plus en plus névrosé (car, enfin, il n'est pas normal, à son âge, d'être ainsi anéanti par la vision de sa tante à l'article de la mort, on peut être triste, évidemment, mais là, c'est tout juste s'il n'en perd pas la tête, j'ai l'impression qu'il s'en ferait moins si c'était sa femme qui était dans la même situation, un comble !).

Avec un thème pareil, forcément, on ne va pas bien loin. Parker cherche de l'aide chez un peu tout le monde, amis ou ennemis, et va même supplier Stark et Strange (tiens, d'ailleurs, à un moment, on voit, lors d'un "séjour" dans le passé, une rencontre entre ce dernier et Spidey, si vous vous souvenez bien, la même scène est visible dans le premier tome des Incontournables Marvel).
Joe Quesada assure la partie graphique à laquelle l'on ne peut pas reprocher grand chose.
La revue se termine avec les Thunderbolts, dans une ambiance toujours aussi réussie (et violente). Bullseye notamment voit son avenir très largement mis en cause après une attaque plutôt... décisive. Que ça fait du bien de voir ce salopard s'en prendre plein la tronche ! ;o)

Voilà donc un numéro que l'on peut qualifier d'historique. Non seulement parce que Panini nous offre un cadeau en rapport avec les comics plutôt qu'un chausse-pied, mais aussi parce que ce One More Day ne devrait pas nous laisser indifférent (et pas forcément en bien).
On aurait cependant aimé, pour l'occasion, un numéro plus étoffé (ce qui se fait couramment aux US) avec, par exemple, un one-shot en bonus ou une interview. Bah, on fait avec. ;o)