15 mai 2008

Quand Barracuda remplace le Punisher

Frank Castle est absent de ce volume #10 du Punisher sorti aujourd'hui dans la collection Max. Il est remplacé par une vieille connaissance, habituée à l'utra-violence : Barracuda. Autrement dit, on éloigne les enfants.

Lors de sa dernière rencontre avec le Punisher, ce dernier avait laissé Barracuda dans un état plutôt inquiétant. Quelques doigts coupés, des dents en moins, un oeil arraché, du plomb dans le bide et, pour finir, le méchant monsieur avait été jeté aux requins. Visiblement, ils n'en ont pas voulu car le vieux baroudeur est encore là, toujours aussi impressionnant malgré ces quelques organes en moins. Cette fois, le criminel décide de doubler un capo de la mafia ainsi qu'un dictateur spécialisé dans le trafic de drogue. Et pour faire bonne figure, il va se faire aider par un vieux pote devenu... une copine !

Alors, c'est quoi cette supercherie hmm ? Pas de Punisher en vue ? Eh non, pas de Punisher. Par contre, si vous appréciez surtout le style de Garth Ennis (avec un ton qui se rapproche de Preacher, une autre de ses séries), alors vous allez être comblés, d'autant que c'est de nouveau Goran Parlov (qui officiait aux côtés d'Ennis lors de la première apparition de Barracuda) qui se charge des dessins.
Le Goran se fait plaisir d'ailleurs, en donnant notamment les traits de Christopher Walken au boss mafieux (il me semble même avoir reconnu un personnage des Sopranos, l'excellente série de HBO). Ennis aussi ne s'ennuie pas puisqu'il nous offre son habituel - et savoureux, avouons-le - cocktail de sexe, violence et blagues osées. Côté persos déjantés et pervers, le casting est réussi également : une ancienne star du X (détentrice du record du plus grand nombre de doubles anales en 24h, ce qui lui fera dire, d'une élégante manière, qu'elle n'a "plus jamais chié solide après"), un prêtre pédophile, le fils, hémophile et rachitique, d'un caïd du milieu, bref, une belle galerie, complétée par des seconds couteaux tous plus lâches et dégoûtants les uns que les autres.

Du coup, ne verse-t-on pas dans la surenchère gratuite ? Bah, pas vraiment. D'une part parce que le but de la collection Max est d'abriter, justement, ce genre d'oeuvres, typiquement outrancières. D'autre part, parce que le talent d'Ennis permet de faire passer pas mal de choses, d'ailleurs le personnage principal est si barré et abject qu'il en devient parfois drôle. Voilà en tout cas un vilain récurrent qui a le mérite de ne pas laisser indifférent et qui, pour un type "normal" (j'entends par là sans pouvoirs), se révèle être un sérieux client.

Voilà un polar qui ne prend pas de gants et ne s'embarrasse d'aucun tabou. Du coup, ce récit pourrait convenir même aux lecteurs allergiques au marvelverse habituel tant il est indépendant non seulement de la continuité mais également des grandes figures super-héroïques. Moins réaliste qu'un Criminal mais, heureusement, moins soporifique.

ps : on voit que ça encore dû carburer sec niveau neurones chez Panini vu le titre dont ils ont affublé cette VF... ;o)