28 juin 2008

Requiescat in Pace

Michael Turner ne faisait pas partie de mes auteurs "cultes". Il n'en reste pas moins qu'il faisait partie du paysage, de notre petit monde. L'on pouvait aimer ou pas son travail. J'en avais d'ailleurs parlé ici, il y a plus de deux ans, à l'occasion d'un ouvrage plutôt sympa.
Je suis, comme vous tous je pense, attristé par la nouvelle de sa mort.
Plus qu'un hommage obligatoire rendu à une légende, je tenais à faire un signe à un compagnon de route qui s'en va.
J'ai choisi pour cela, en illustration, un magnifique dessin représentant Namor. Ce choix n'est pas innocent. Je connais peu de gens qui peuvent donner une certaine classe à Namor (j'en connais même qui n'arrive pas à en donner à Wolverine). Michael Turner, lui, parvenait à mettre en scène un vague type en short et à le rendre impressionnant. Par sa posture, son visage, ce qu'il dégage, bref...que l'on reste froid face à ses dessins ou que l'on soit enthousiasmé, il y avait quelque chose. Ce petit quelque chose qui titille, en bien ou en mal.

Demain, le soleil se lèvera et le temps commencera à faire son oeuvre.
Les bourreaux invisibles nous rendront la vie plus facile, plus légère.
Mais ce soir, pour un moment, nous avons un poids sur l'estomac. Une gène dans l'oeil. Un putain de truc qui ne passe pas. Savourons-le. C'est notre humanité, ou ce qu'il en reste, qui frémit et dit, tout simplement, "au revoir".
Il est bon que ce mois de juin se termine dans peu de temps. Nous sommes quelques-uns à vouloir lui faire la peau. Je crois que nous resterons l'arme au pied, comme souvent. Par contre, nous aurons grand plaisir à le voir plier sous le temps, puis crever totalement. Et quand juillet se lèvera, nous serons debout nous aussi, prêts à l'accueillir mais prompts à le condamner s'il va trop loin. Parce que...dans notre monde, même si l'on tombe, souvent, l'on se relève. Au moins un peu.

Meilleures pensées à sa famille.
Quant à lui, avec un peu de chance, il s'amuse déjà à nous croquer. Et il y a pas mal à faire.