23 août 2008

La Vallée des Larmes

A une époque lointaine, le Ghost Rider ne chevauchait pas de monstre mécanique mais un cheval. Et parce que les hommes commettent des crimes depuis toujours, il se trimballait déjà avec cette envie de vengeance qui fait son charme.

Le lieutenant Travis Parham a frôlé la mort pendant la guerre civile (de "sécession" donc pour nous européens). Blessé, il est recueilli par un ancien esclave, Caleb, qui a racheté sa liberté et cultive un lopin de terre pour nourrir sa famille. Mais Parham n'est pas du genre à mener toute sa vie une existence de paisible fermier. Il s'en va vers l'Ouest, vers la frontière et ses contrées encore sauvage. Et lorsqu'il revient, c'est pour découvrir que Caleb et sa famille ont été massacrés dans d'atroces circonstances.
Le soldat, ayant maintenant le goût salé de la vengeance sur les lèvres, va découvrir qu'il y a pire que la guerre ou les indiens.

Garth Ennis reprend du service dans ce cinquième volume des 100% Marvel consacrés à la série Ghost Rider. Si son histoire, quelque peu caricaturale dans un premier temps, avec ses méchants blancs klanistes et ses braves esclaves bons et désintéressés, semble largement en dessous de ce que l'auteur nous réserve d'habitude, elle prend, un peu tardivement, une tournure moins manichéenne. Les personnages censés être les "salauds" de l'histoire manquent tout de même un peu de charisme, ils finissent même par devenir pathétiques, impuissants qu'ils sont devant la traque mortelle dont ils sont victimes. Niveau dialogue, là encore, Ennis nous a habitué à mieux, que ce soit sur son Punisher ou dans Preacher. Marque de fabrique oblige, l'on retrouve quand même quelques scènes choc et sanglantes (du genre écartèlement pour les amateurs).

C'est surtout au niveau visuel que l'on se prend une bonne claque. Clayton Crain, qui signe et peint les dessins de l'ouvrage, nous offre de splendides planches. Visages, décors, tout est parfait et rehaussé par un choix de couleurs habile. Crain nous en met plein les yeux, que ce soit en recréant l'ambiance d'un vieux saloon, en peignant des paysages désertiques ou en jouant avec le feu et ses effets de lumières. Les scènes ont en plus l'avantage d'être variées, l'on pourra ainsi admirer le style de l'artiste lorsqu'il teinte ses planches de pluie, de neige ou encore quand il donne de la guerre civile cet étrange rendu faisant penser aux premières photographies d'époque. C'est tellement maîtrisé que le comic entier pourrait servir de book pour démontrer l'étendu des capacités du gaillard. Le scénario et les dialogues d'Ennis, en comparaison, n'en paraissent que plus faiblards.

Six épisodes de western fantastique qui valent surtout pour la qualité exceptionnelle du graphisme. Pour un far west plus dense scénaristiquement, on lui préfèrera sans hésiter l'incomparable Loveless.

ps : du nouveau et du lourd dans les Figurines Marvel avec la sortie du 9ème hors série : Galactus. Il s'agit d'ailleurs d'un "méga hors série" puisque le personnage cosmique est bien plus grand (et cher !) que les HS habituels. Il faudra vous délester de 29,99 euros pour pouvoir l'admirer chez vous. En plus du fascicule et de la photo classique présents dans la rubrique figurines citée plus haut, je vous rajoute une petite photo comparative (avec une figurine classique et une HS) afin que vous puissiez vous faire une idée de la taille réelle (qui avoisine les 15 cm)

pps : [Beijing 2008] ATTENTION : un incroyable scoop en provenance des JO de Pékin - un français aurait perdu sans l'aide des arbitres. Cet évènement phénoménal, probablement le buzz de l'année, fait déjà l'objet d'un article encyclopédique (<-- click). On n'avait jamais vu ça, on en reste sans voix.