06 août 2008

Spider-Girl : Quand Mayday Parker tisse sa toile

Si la fille de Peter Parker n'a pas eu d'avenir sur la terre 616, elle continue à officier sur une autre ligne temporelle, ligne intéressante d'ailleurs à plus d'un titre. Petit bilan sur Spider-Girl et sa parution chaotique en VF.

May "Mayday" Parker fait ses débuts en France dans le Marvel Mega hors série #9 en janvier 2000. Les lecteurs découvrent alors la fille de Peter et Mary Jane Parker, une ado attachante qui a hérité des pouvoirs du pôpa (qui, lui, a raccroché les lance-toiles suite à la perte d'une de ses jambes lors du combat final contre le Bouffon Vert). Pour le coup, voilà une ambiance rappelant les débuts de Spider-Man à quelques détails près : pas de soucis d'argent pour May, ni de vieille tante malade (elle a tout de même écopé du prénom), ni de réputation de vieux rat de bibliothèque, bien au contraire, elle est même sportive et plutôt douée pour le basket. Une jeune fille moderne et bien dans sa peau donc mais qui va vite découvrir ses fameux dons et la joie de se trimballer nuitamment dans du spandex moulant.
La série a droit en France a son propre titre (sobrement intitulé Spider-Girl) pendant seulement six numéros. Elle échoue ensuite dans le mensuel Spider-Man (y'a pire hein) jusqu'au numéro #59 de la revue du Tisseur, Panini décidant ensuite de stopper la publication de la série au profit de Venom. Plus de la moitié de cette première série est donc inédite en France.

Aux Etats-Unis, la série fait une brève pause en 2006 pour repartir sous le titre Amazing Spider-Girl avec d'ailleurs la même équipe créative aux commandes : Tom DeFalco pour le scénario et Ron Frenz aux crayons. Pas de souci pour ceux qui n'auraient pas suivi les débuts de notre petite araignée, un numéro #0 retrace ses aventures sous la forme de fragments d'un journal intime (cf photo1 & photo2). L'on peut donc rapidement se remettre à niveau et prendre connaissance des grandes lignes et des évènements marquants de la première série.
Et il y a pas mal de bonnes idées dans ces premiers épisodes. Les auteurs "recyclent" quelques personnages et équipes (Darkdevil, les Fantastic Five) mais ils inventent aussi de nouveaux vilains plutôt intéressants, comme Canis ou Funny Face (un mélange du Joker et de Two Face ?). On retrouve aussi de vieilles connaissances du papa, comme Kaine ou le fils de Black Tarantula. Bref, un habile mélange entre nouveaux personnages, héritiers d'anciens vilains et figures connues ayant passablement vieilli. Evidemment, l'aspect teenager oblige à accorder une grande place aux études, histoires de coeur et sorties entre copains. Cela apporte une fraîcheur que l'on a déjà pu voir dans Emma Frost (lorsqu'elle était plus jeune), Spider-Man loves Mary Jane ou même chez les Runaways, tous ces héros ayant la particularité de conserver, de par leur jeune âge, une certaine fragilité malgré leurs pouvoirs. Et puis le côté "je sauve des vies mais je dois rentrer avant 22h00 sinon je vais me faire fracasser", ça reste indémodable. ;o)

Graphiquement, sans atteindre des sommets, la série a son charme. Les scènes d'action sont plutôt bien torchées et les dialogues contiennent toujours une ou deux bonnes vannes par épisode. Bref, un travail tout à fait valable pour un personnage qui bénéficie de l'aura de son père mais qui reste sur la touche dans nos contrées. Il faut dire qu'à une époque, bon nombre de lecteurs s'étaient mis en devoir de prendre leur plus belle plume (ou même parfois un vieux bic mâchonné) pour demander la suppression de la série sous peine de boycott ou d'immolation par le feu. Panini, n'écoutant que son courage, avait alors joué les girouettes en s'empressant de suivre le vent du moment.
Mais, et vous tiens, seriez-vous partants pour l'adaptation de la nouvelle série ? Il n'y a pas de place dans le mensuel Spider-Man mais un 100% Marvel de temps en temps ne mangerait pas de pain et n'obligerait personne à se farcir obligatoirement Mayday. Sinon, reste la VO qui permet de ne pas perdre de vue la fille que Peter et MJ auraient dû avoir dans la continuité normale pour faire passer Spider-Man du stade de gros-benêt-à-sa-tantine à celui d'adulte responsable. Mais, nous savons qu'il est loin d'en être là... ;o)

Une série sympathique qui mériterait un nouvel essai en français, quitte à la publier dans la collection Marvel Kids qui semble souffreteuse voire à l'agonie, mais avec la sandwicherie, l'on n'en est plus à compter les collections de trois ou cinq numéros qui finissent au cimetière des lecteurs déçus et de la vision à court terme.
Et pour ceux qui veulent se mobiliser, hop, voici la pétition de Geoffrey. ;o)

Spider-girl


La famille Parker au complet : Mary Jane, Peter, "Mayday" et le petit dernier, Benjamin.

ps : ah, tiens, voilà longtemps que je n'avais plus publié d'entretiens, je suis en mesure aujourd'hui d'annoncer, après Bruno Bellamy, Aleksi Briclot et Jérémy Manesse, une nouvelle étape qui nous permettra, après les scénaristes, dessinateurs et traducteurs, d'en savoir plus sur le travail d'un responsable éditorial. Bon, si je vous dis qu'il s'agit d'une grande maison dont j'admire le travail, c'est déjà un sacré indice (ça en élimine une en tout cas). Je devrais pouvoir publier ça courant septembre.