24 septembre 2008

Nerdz ou la vie quotidienne du geek dans son milieu naturel

Nerdz, c'est une série TV à part, récente, faite par des passionnés de "sous-culture" et pour les gens qui ne quittent leur écran que pour lire des comics ou aller enterrer les personnes qu'ils ont tuées, "sans le faire exprès", dans la forêt. ;o)

Darkangel64 est ce que l'on appelle un "nolife". Il passe son temps sur ses consoles et son PC, il tient un blog vidéo, il change de fringues une fois l'an et se nourrit de pizzas réchauffées au micro-ondes. Son super-pouvoir à lui ? Il est mou. Pas bête. Juste mou. Il sous-loue son appart à Jérôme, un maquettiste très "rive gauche" qui adore Godard, et Caroline, une étudiante un peu évaporée. Ah, oui ! Ils ont aussi un animal de compagnie : Régis-Robert, ancien champion de France de King of Fighter 95 et fan de Hugo Délire et du Club des Cinq...

Bon, il s'agit là d'une série qui passe sur la chaîne NoLife et dont on peut trouver la première saison en DVD chez Kaze (si un vendeur de la fnac vous dit qu'il n'a que l'import pour l'instant, vous avez le droit de lui rire au nez). Alors, au premier abord, on se dit "houla, ils sont bien atteints eux quand même !" Ensuite on se dit que, oui, vraiment, ils sont atteints, y'a pas de doute. Et puis... on finit par rentrer dans cette folie assumée, ce décalage ultime à base de vieux jeux SNES, de références à Star Wars, de figurines Saint Seiya et de posters de Spidey par Tim Sale. Parce que, tout y passe, aussi bien Dragon Ball que Meetic. Ces quatre ahuris vivent dans une sorte de savant mélange de Manga, séries télé et jeux cultes. Attention, le mélange peut surprendre, car si l'on connaît chaque ingrédient, ils finissent tous par prendre une certaine indépendance et par avoir une saveur étrange au milieu de tout le reste, un peu comme ces Bolinos, pas très bons, mais que l'on a tous portés aux nues lors de rentrées tardives, quand la fainéantise de préparer un vrai repas nous tenaillait autant que la faim. Et qui n'a pas connu la joie gustative du Bolino saveur forestière (ils le font plus celui-là les enculés !) une fois blindé au Jack Daniel's ne pourra pas pleinement comprendre Nerdz. Il faut s'être saoulé au Gran Turismo, s'être défoncé à l'Albator (tain, ça sonne comme un produit chimique non ?), s'être overdosé au lol ircéen pour vraiment savourer Nerdz. Comme un vrai putain de Bolino saveur forestière !
Que dire de l'écriture ? Est-ce que ça tape toujours là où ça fait rire ? Non. Mais Friends non plus si l'on prend par là. Nerdz a cela de particulier qu'elle (la série) doit se savourer sur le long terme. Non seulement tout trentenaire sera titillé par des références cultes qui ne sont pas présentes dans "Julie Lescaut" ou "Plus Belle la Vie" mais, en plus, les personnages s'éloignent, à coups de trop courtes minutes composant les épisodes, des stéréotypes qu'ils représentent pour devenir même, parfois, touchants.

Les auteurs/acteurs de la série tiennent un blog qui permet à la fois de connaître les dernières news sur la série, leur présence à des dédicaces, et cetera, mais aussi d'avoir accès au "vrai-faux" blog de Darkangel64 (qui ne prend toute sa réelle dimension que lorsque l'on a vu la série, chaque intervention du blog étant censée s'intercaler entre deux épisodes).
Allez, un petit bonus, le blog de Mr Poulpe en personne. ;o)

Nerdz, une manière couillue et pas si débile que ça de rendre hommage à un pan de la culture que les salons parisiens ont toujours du mal à accepter aujourd'hui encore. Mario et Batman ont enfanté Nerdz... le bébé ne se porte pas plus mal que les geeks !

"Trop d'tension ici !!"
Caro