11 octobre 2008

Etre une femme libérée, c'est pas si facile

Après ce titre puisant dans le répertoire classique (bon, ok, Cookie Dingler, c'est plus festif que classique), vous vous doutez que l'on va parler de filles. Celle qui nous intéresse est, en plus, fort peu vêtue. Par contre, je ne vous cache pas qu'elle a son petit caractère.

Red Sonja est une guerrière issue de la majestueuse Hyrcanie. Alors qu'elle a juré de combattre les serviteurs du Borat-Na Fori, le dieu sombre, elle va bientôt trouver sur son chemin une jeune fille lui rappelant cruellement son propre passé. Engagées sur la voie de la vengeance, les deux femmes vont faire couler le sang jusqu'à ce que leurs noms entrent dans la légende et soient sur les lèvres de tous les bardes.
Mais de loin, une créature guette. Elle est plus qu'un homme mais moins qu'un démon. Elle est habile. Furtive. Et elle sert celui dont la puissance pourrait bien s'étendre, très bientôt, sur toutes les terres des royaumes hyboriens.

Nous plongeons donc ici en pleine heroic-fantasy. Vous connaissez sans doute Red Sonja si vous avez déjà lu du Conan (dont elle est le pendant féminin) mais vous avez tout aussi bien pu la croiser en compagnie de notre vieux Spider-Man des familles dans un crossover récent publié dans le Spider-Man hors série #26 (ce n'était d'ailleurs pas la première fois qu'elle débarquait dans le marvelverse).
Le volume dont il est question aujourd'hui, intitulé "Les Archers", est le tome 2 d'une collection publiée par Panini. Il regroupe les épisodes #8 à #12 de la toute dernière série consacrée à la jolie rousse.

Le scénario est de Michael Avon Oeming que l'on avait pu voir à l'oeuvre sur Thor : Blood Oath, Powers ou la dernière mini-série consacrée à Omega Flight (et publiée dans le mensuel Marvel Heroes). L'écriture est assez convenue. Barbares très méchants, petite vengeance de derrière les fagots, culte voué aux ténèbres, bref, rien de bien nouveau, les stéréotypes les plus courants sont tous déclinés avec une rare minutie. L'histoire n'est pas désagréable si ce n'est cet ennuyeux sentiment de l'avoir déjà lue cent fois.
Niveau dessin, c'est Mel Rubi qui s'y colle (plus d'autres dessinateurs prenant en charge certains flash-backs). C'est plutôt joli, le garçon sait dessiner, ça ne fait pas de doute, mais le style, trop propre, trop artificiel, ne rend pas vraiment service à l'histoire. On aurait préféré, pour illustrer ces temps sombres et violents, quelque chose de plus âpre, plus rustique. Décors et personnages, malgré l'avertissement flanquant la couverture, semblent avoir été conçus pour un public enfantin. Difficile, du coup, de rentrer vraiment dans l'univers de Robert E. Howard.

Je tenais aussi à aborder une question qui vous trotte dans la tête (mais si, ne dites pas non, je sais bien que ça trottine !) : est-ce bien utile de se fringuer comme ça quand on est une guerrière ? A première vue, on pourrait penser qu'une armure constituerait un choix plus prudent. A la limite, pour le voyage, une petite laine serait également plus logique (ou un truc en peau de bestioles locales, peu importe). Eh bien en fait, l'auteur justifie un peu le côté sexy de l'héroïne. Déjà, en combat, c'est censé distraire les hommes. Bon... oui, remarque, je n'ai jamais combattu à l'épée une fille à moitié à poil mais j'avoue que je pourrais être distrait, c'est dans la limite du vraisemblable. Deuxième raison : c'est un piège. La pauvre Sonja ayant été victime dans sa jeunesse de brutes qui n'hésitaient pas à malmener et violer les jeunes filles, elle sert maintenant, grâce à sa tenue, d'aimant à connards.
Fallait y penser...

Un grand soin a été apporté à cette édition. On peut se réjouir tout d'abord de la présence d'une carte, simple mais pratique, du vaste monde hyborien. Une galerie assez étoffée propose également des illustrations de Red Sonja (une quinzaine en tout) par des artistes tels que les Romita (Sr & Jr), Jim Lee, Billy Tan, Joe Benitez, Greg Horn et bien d'autres. Mieux encore, nous avons même droit à un texte présentant Kulan Gath et décrivant ses pérégrinations à travers les différentes séries Marvel. Des bonus qui pourraient finalement faire envie à pas mal de Deluxe. Pour 13 euros, l'effort se devait d'être souligné.

Une histoire très classique qui manque singulièrement de caractère, essentiellement à cause d'un style graphique trop gentillet, mais qui bénéficie de petits plus bienvenus grâce à un travail éditorial sérieux.
Tout arrive. ;o)

ps : petit coup de pub pour mon ami et "voisin" Biaze qui vient d'ouvrir son propre blog. Connaissant son érudition et sa gentillesse, je ne peux que vous conseiller de profiter de ses écrits. ;o)

12 commentaires:

Geoffrey a dit…

Elle est abonnée à Marie Claire
Dans L'nouvel Ob's elle ne lit que Brétécher
Le monde y a longtemps qu'elle fait plus semblant
Elle achète Match en cachette c'est bien plus marrant


Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c'est pas si facile

Au fond de son lit un macho s'endort
Qui ne l'aimera pas plus loin que l'aurore
Mais elle s'en fout, elle s'éclate quand même
Et lui ronronne des tonnes de "je t'aime"

Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c'est pas si facile


Sa première ride lui fait du souci
Le reflet du miroir pèse sur sa vie
Elle rentre son ventre à chaque fois qu'elle sort
Même dans "Elle" ils disent qu'il faut faire un effort

Ne la laisse pas tomber
Elle est si fragile
Etre une femme libérée tu sais c'est pas si facile


Elle fume beaucoup elle a des avis sur tout
Elle aime raconter qu'elle sait changer une roue
Elle avoue son âge celui de ses enfants
Et goûte même un p'tit joint de temps en temps




je n'ai pas résisté.... ;-)

Neault a dit…

Doum doum doum, doum doum, tadalalalaaaa.

Comment ça devient trop rock n'roll ici !

TdK a dit…

Il y a des routes pavées en Hyrcanie ? ^^

Neault a dit…

Nan. C'est un coup à humilier sa terre natale ça.
;o)

TdK a dit…

Pas si tu galopes à côté de la route.^^

Vance a dit…

C'est vrai, j'ai feuilleté le truc et n'ai pas trouvé grand chose d'alléchant, malgré la plastique de l'héroïne.
J'en profite pour, d'une part, saluer Biaze pour son entrée dans la cour des grands et, d'autre part, pour annoncer à Neault qu'il vient de se faire taguer. Tant pis pour toi - mais rassure-toi, ça part au lavage. Voir ici : http://journal-de-vance.over-blog.com/article-23527295.html

Neault a dit…

Une chemise toute neuve...
;o)

david santos a dit…

Really beautiful posting!
Congratulations!!!

Tepepa a dit…

J'ai un vieux Strange ou un truc du genre, ou Spider-man rencontre la miss dans un musée. Pas très intéressant. Le personnage est également copieusement parodié dans Cerebus.

BabouchSka a dit…

Je connais pas trop ce comics, juste de nom.

Cela dit, c'est avec impatience que j'attends l'adaption ciné, produit par Roberto Rodriguez, réalisé par un de ses yes-man, avec Rose McGowan. Miam!

alain a dit…

Des nouvelles de la toile sur scène : http://www.lalibre.be/culture/scenes/article/451962/l-humanite-de-spiderman.html

vladimir a dit…

trop cool ton jeu la brute voici mon perso http://usc31.labrute.fr
si quelqu'un veux m'affronter