05 novembre 2008

Transmetropolitan : Sexe, drogue & journalisme

La sortie imminente du troisième tome de Transmetropolitan, publié par Panini, nous permet de faire connaissance avec un journaliste d'un nouveau genre : Spider Jerusalem. Pour public très averti !

Dans un futur plutôt chaotique, Spider Jerusalem s'emploie, dans une rage aussi libératrice qu'autodestructrice, à dénoncer la corruption, les bavures et la mollesse des media traditionnels, télévision en tête. Le journaliste va même s'attaquer au président, nouvellement élu, quitte à employer, pour cela, des moyens plutôt violents et originaux.
Halluciné, au bord du précipice, la quête de Spider Jerusalem ne prendra fin qu'avec la Vérité, une Vérité que l'on vomi ou que l'on éjacule selon l'humeur et les possibilités du moment.

Alors attention, ceux qui avaient trouvé The Boys un peu trop trash peuvent directement passer leur chemin car l'on a affaire ici à du très très lourd, presque jusqu'à l'écoeurement. Warren Ellis (Fell, Nextwave, New Universal) signe ici une histoire outrancière dans laquelle perversions sexuelles, langage ordurier, drogues en tout genre et violence gratuite forment un cocktail particulièrement corrosif, tellement acide même qu'il est difficile de véritablement en retirer un réel plaisir.
Il est pourtant de bon ton de crier au génie dès que l'on cite le nom de cette série, dessinée par Darick Robertson. Seulement, voilà, le récit en lui-même, une fois enlevé les provocations, les attaques sur l'église et le pouvoir ainsi que la très grosse couche de pipi-caca, ne se révèle guère passionnant. Le personnage principal, sorte d'anti-héros perdu dans un maelström de folie et de débauche, s'avère finalement plus irritant que charismatique et l'on finit par être plus indifférent que réellement choqué, même lorsqu'il utilise son chat pour s'essuyer après avoir gerbé ou lorsque le même animal lui pisse sur la tête pendant qu'il est écroulé par terre, inconscient et frôlant l'overdose.

Voilà un recueil basé essentiellement sur l'excès de sa forme et dont l'histoire tient sur un timbre-poste. Surnagent un graphisme agréable et une description - à coups d'innovations technologiques improbables, de nouvelles drogues et de maladies sexuellement transmissibles plutôt exotiques - d'un avenir grotesque et glauque à souhait.
A réserver à ceux qui apprécient les planches corsées et déjantées. Sortie le 13 novembre.

"Bonjour. Je suis Spider Jerusalem. Je fume, je me drogue, je bois. Je me lave une fois toutes les six semaines. Je me masturbe constamment et je jette mon foutre fumant et empoisonné par la fenêtre, sur vos cheveux et dans votre assiette. Je suis un éditorialiste respecté et plein aux as. Je vis avec deux superbes femmes dans un des immeubles de la ville les plus chers et les plus selects. Etre une enflure, ça marche."
Le Service des Carrières de la Ville
Appelez-nous, même si vous êtes vraiment une grosse merde.
Une publicité Amfeed, sous la plume de Warren Ellis.