28 décembre 2008

Captain America : Les Elus

Voici un 100% Marvel qui fera partie de la première fournée librairie de 2009 et que j'ai eu le plaisir de recevoir en avant-première. Coup de projecteur donc sur Captain America : The Chosen.

Captain America est mourrant. Après une vie passée à combattre l'infamie, le temps et les effets secondaires du sérum du super-soldat vont avoir raison du grand homme. Mais les idéaux ne doivent pas s'envoler avec lui. Il faut trouver de nouveaux héros, des gens ordinaires qui ont, au fond d'eux, la force et le courage de rester debout lorsque tout s'effondre. Des gens qui connaissent la peur mais refusent de se laisser terrasser par elle. Des hommes et des femmes qui changent le monde, à leur manière, et en qui Cap continuera de vivre. A jamais.
Le caporal Jimmy Newman est l'un d'entre eux. C'est un Marine qui se bat en Afghanistan. Un type banal qui va découvrir que l'héroïsme ne dépend pas d'un don mais d'une foi, d'une volonté inébranlable qui permet de survivre à tout. Ou presque.

Précisons tout de suite que ce troisième 100% Marvel consacré à Cap est hors continuité. Il s'inscrit dans les récits estampillés "The End" qui content en quelque sorte ce qui pourrait être la dernière aventure et les derniers instants d'un personnage particulier (voir par exemple cet article sur les FF). Le procédé perd ici un peu en impact, notamment parce que, comme chacun sait, Steve Rogers est réellement mort dans l'univers 616 classique. David Morrell (romancier, auteur notamment de First Blood) ne s'en sort pourtant pas si mal au scénario, surtout si l'on sait qu'il s'agit là de son premier travail sur un comic et que sa connaissance du parcours des personnages Marvel était plutôt rudimentaire à la base.
L'essence du héros et de ce qu'il symbolise est parfaitement retranscrite, avec même un bref rappel de ses origines. Certaines astuces narratives démontrent un effort louable de la part de l'auteur, comme cette lente progression du personnage principal à travers une grotte dont il est prisonnier alors que, parallèlement, il suit un cheminement intérieur censé le délivrer de ses angoisses et lui permettre de trouver suffisamment de ressources en lui pour devenir digne de son modèle. Les deux voies débouchant sur une lumière à la fois réelle et métaphorique.

Le graphisme, d'un style très réaliste, ne souffre d'aucun défaut et est l'oeuvre de Mitch Breitweiser. Le matériel de guerre, récent ou plus ancien, est plutôt bien représenté. Visages et postures sont savamment étudiés, avec parfois de jolis effets, comme cette scène ou un Cap translucide apparaît en surimpression sur un Newman habité par son message. Il faut signaler d'ailleurs à cette occasion le bon travail du coloriste, Brian Reber. Plus anecdotique, en parlant de visage, vous remarquerez que Newman a l'air d'un parfait anonyme dans la première partie du récit mais qu'il a ensuite parfois, dans la seconde moitié, des airs de ressemblance avec Nicolas Cage.
D'un point de vue technique, notons que la tranche de ce 100% Marvel (habituellement bleue pour Cap) a viré au "marron Daredevil" sans que l'on puisse s'expliquer pourquoi. ;o)

Un récit à la fois maîtrisé et touchant qui ne tombe jamais dans l'exaltation ou le manichéisme et qui a l'avantage d'être accessible à tous, même - et surtout - si l'on n'a jamais entendu parler de Captain America.
Sortie le 14 janvier 2009.

ps : ajout de Carol Danvers, alias Ms. Marvel, dans les figurines Marvel.