28 février 2008

The Art of Greg Horn

Coup de projecteur sur un artbook consacré au talentueux - et parfois contesté - Greg Horn. L'ouvrage, intitulé The Art of Greg Horn, a été publié en 2004 aux Etats-Unis puis est ressorti, l'année suivante, dans une version brochée moins onéreuse.

Pour ceux qui n'ont jamais entendu parler de ce brave Greg, sachez qu'il est essentiellement connu, chez Marvel, pour son travail sur les covers de séries telles que Elektra, Emma Frost ou encore Ms. Marvel. Son style, ultra-réaliste, est basé sur les jeux de lumière et la peinture digitale, technique réputée pour filer la chiasse aux "puristes" aussi sûrement qu'un verre de gnôle que votre arrière grand-père concoctait dans sa cambrousse natale.
Pour être honnête, il est vrai que certaines oeuvres récentes de Horn, notamment ses covers pour Secret Invasion, peuvent laisser perplexes, avec par exemple un Hulk qui ressemble plus à une sorte d'Errol Flynn qui aurait carburé aux épinards et à la créatine plutôt qu'au monstre que l'on connaît bien. Toutefois, un grand nombre de ses illustrations sont, elles, de véritables sources d'émerveillement, pour peu que l'on accepte de laisser de côté certaines idées reçues. Si l'on peut éventuellement débattre de la noblesse ou non des outils utilisés, et notamment de la supériorité du crayon classique sur le numérique, il faut être de bien mauvaise foi pour refuser de voir que le résultat obtenu est bien souvent fort agréable à l'oeil.

Cette petite mise au point établie, voyons ce que l'on trouve dans ce recueil.
Bien évidemment, les personnages Marvel sont présents. Wolverine, Iron Man, la Veuve Noire, Elektra, Ghost Rider, Spidey ou encore Emma Frost sont à l'honneur, parfois accompagnés d'un court commentaire de l'auteur. Ils ne représentent pourtant qu'une petite partie de l'ouvrage qui nous offre un tour d'horizon très complet des domaines abordés par Horn, que ce soit la publicité, les magazines ou les jeux vidéo. Du coup, les dessins sont très variés, on passe du Seigneur des Anneaux à Ghost Recon, G.I. Joe, Resident Evil, Halo, Tomb Raider ou Battlestar Galactica. Les univers sont donc multiples et couvrent des genres hétéroclites ; sport, militaire, SF, bagnoles ou jolies filles (et si vous vous dites qu'après autant de clichés, il ne manque que la bière, vous n'êtes pas tombé loin puisque vous aurez droit à une rasade de Bacardi dans la section pub).
Le tout est complété par un tutorial "pas à pas", une checklist, quelques croquis et des photos persos du monsieur (elle est bien jolie miss Horn ! ;o)).

Le prix maintenant. La seconde édition, brochée, avec couverture souple, est plutôt attrayante car l'on peut se la procurer pour moins de 18 €, port compris, ce qui est un prix très honnête pour un grand format de 144 pages disposant d'un papier glacé et épais.
Bon, évidemment, pour ce genre de bouquin, le mieux est encore d'y jeter un oeil pour se faire sa propre idée, ce que je vous propose de suite.

Voilà, vous conviendrez que, même si l'on n'est pas fanatique du style, tout n'est pas à jeter, loin de là !

22 février 2008

Spidey et ses clones

Fin de la saga du clone version Ultimate dans le Ultimate Spider-Man #55 paru en kiosque ce matin.

Les septième et huitième épisodes de Clone Saga, de Brian Michael Bendis et Mark Bagley sont donc au menu de la revue ultimo-arachnéenne de ce mois. Il ne s'agit pas encore tout à fait de la conclusion puisque nous aurons encore droit à un épilogue en avril.
Le bimestriel est plus épais que d'habitude, le second épisode comptant 31 planches au lieu des 22 habituelles.

Les révélations et coups de théâtre continuent même si cette partie me semble en dessous des précédentes, notamment à cause du combat contre Octopus, plutôt brouillon et guère passionnant. D'un point de vue général, cette saga s'avère bien plus digeste en tout cas que la version classique. Le Chacal est ici avantageusement remplacé par un Octopus bénéficiant de l'appui d'un gouvernement qui voit d'un mauvais oeil la mainmise de Nick Fury sur la communauté super-héroïque.
Autre différence de taille : le clone féminin qui devient la Spider-Woman (version Jessica Drew) Ultimate.
Sentimentalement, les choses évoluent aussi pas mal pour Peter bien que le dénouement amoureux soit plutôt réservé à l'épilogue à venir (pauvre Kitty Pryde, bouh ! Je l'aimais bien moi... ;o)).

La prochaine fournée contiendra les débuts de l'arc Ultimate Knights, dans lequel le Tisseur devrait s'associer à Daredevil pour mettre un terme (définitif ?) aux activités du Caïd.

La saga du clone Ultimate :
Partie 1

20 février 2008

La Tour Sombre : de Stephen King à Marvel

Il y a tout juste un an The Dark Tower sortait en VO. Les premiers épisodes venant d'être publiés ce mois en France, voilà l'occasion pour moi de vous parler d'une des oeuvres majeures de Stephen King. Quand l'un des plus grands romanciers américains rencontre un géant de l'édition, il peut en sortir du bon, du moins bon et parfois... du merveilleux.

Stephen Edwin King
Il serait étonnant que tu ne connaisses pas le nom du Maître ami lecteur. Le grand King fait partie de cette caste d'écrivain qu'il m'arrive volontiers de désigner, en opposition aux Nombrilistes, sous le nom de Conteurs. Un conteur, un vrai, aime raconter des histoires. Il aime ses personnages plus que lui-même et ne cherche pas à vous éblouir par des effets de style. Un conteur cherche à se faire oublier. C'est lorsque la plume de l'écrivain se fait légère que la magie opère.
Les détracteurs de Stephen King lui reprochent souvent de trop délayer ses romans (voire ses nouvelles), tiens, un peu comme Bendis, un autre de mes auteurs favoris. Il ne faut cependant pas en tirer comme conclusion que j'apprécie la longueur en soi mais plutôt qu'elle ne me dérange nullement lorsque le talent l'accompagne.
C'est le cas ici.

Qu'est-ce que la Tour Sombre ?
Les romans de Stephen King (et je parle là de tous ses romans, pas seulement ceux du cycle de la Tour) sont évidemment, en apparence, indépendants les uns des autres. Pourtant, par petites touches, l'auteur a su créer sa mythologie propre jusqu'à, finalement, nous donner sa propre version non pas de l'univers mais de ce que l'on pourrait appeler un multivers Kinguien. Le concept de multivers, au moins, ne déroutera donc pas les fans du gigantesque marvelverse.
La Tour Sombre, qui a une réalité physique et métaphysique, constitue le centre des nombreux univers qui sont répartis dans ses niveaux. Elle est également le point d'ancrage des réalités, une sorte de noeud ou de carrefour qui maintient la cohérence du temps et de l'espace à travers les dimensions. La Tour est elle-même maintenue par des Rayons - sortes de liens magiques et magnétiques - qui aboutissent à des Portails, eux-mêmes protégés par des Gardiens. Si l'ensemble venait à s'effondrer, ce serait alors le règne du chaos ou, plus exactement, de l'Aléatoire, continuellement en lutte avec l'Intentionnel. Dans chaque univers, des agents de ces deux forces s'affrontent, simples pions servant des desseins qui les dépassent.

Influences
On le voit, avec un tel principe de départ, les possibilités sont infinies. Notre propre monde est d'ailleurs contenu dans la Tour Sombre et les personnages principaux vont parfois y intervenir (pas toujours à la même époque d'ailleurs). Stephen King lui-même est présent dans cette oeuvre, dans une sorte de mise en abîme assez étourdissante. Au-delà de ce multivers pratique permettant de faire cohabiter bien des mondes, il faut reconnaître que nombre d'éléments peuvent nous sembler familiers, et pour cause.
La traditionnelle lutte entre le Bien et le Mal tout d'abord (ou entre leurs avatars). Avouons-le, le concept n'est guère novateur. Mais certaines influences sont bien plus précises encore. Ainsi, il est impossible de ne pas penser à Tolkien lorsque l'on aborde The Dark Tower. Stephen King admet d'ailleurs de bonne grâce qu'il s'agit de son Seigneur des Anneaux à lui. L'on peut faire plusieurs parallèles assez évidents entre, notamment, la mythologie inventée par Tolkien et celle de King, ou encore l'invention (bien que cela soit moins poussé chez King) de langues et de termes spécifiques.
H.P. Lovecraft également a laissé des traces sur l'imaginaire Kinguien, que ce soit pour les gigantesques et répugnantes entités dépassant l'entendement humain ou certains concepts se rapprochant des Grands Anciens.
Bref, le point fort de The Dark Tower n'est pas l'originalité mais bien la subtilité de l'amalgame.

Question de genre...
Mais peut-on classer alors cette oeuvre dans l'Heroic-Fantasy propre à Tolkien ou l'horreur baroque de Lovecraft ? Non. Ce serait bien trop simple. Pour faire court, il s'agirait plutôt ici d'un Western-Fantasy. Mais là encore, le terme parait trop réducteur car il faut garder à l'esprit que notre propre monde est représenté dans l'histoire et qu'il y a donc aussi au moins une part de l'oeuvre que l'on peut qualifier de réaliste (ou contemporaine).
Mieux encore, d'immenses pans de La Tour Sombre sont dévoilés dans des romans indépendants. Insomnie notamment (oeuvre bouleversante et grandiose mais qui nécessite une grande familiarité avec les écrits du Maître pour s'apprécier pleinement) donne de nombreuses clés et permet d'avoir une première approche de l'Aléatoire et de l'Intentionnel. L'Homme en Noir, qui joue un rôle central dans Dark Tower, est également présent dans de nombreux romans, comme Le Fléau dont on peut penser que l'histoire se déroule dans un monde parallèle très proche du nôtre.
Si le multivers n'est pas une invention de King, l'on peut alors lui concéder la primeur du "multigenre", sorte de genre ultime censé les dépasser tous et offrir un foisonnement et une richesse exceptionnels au lecteur.

L'adaptation
Adapter est une tâche très difficile. Il faut garder l'âme d'une oeuvre tout en la transposant sur un autre support. Or, ce n'est pas parce que les supports se ressemblent qu'ils peuvent logiquement communiquer entre eux. L'on a souvent l'impression que passer du livre au cinéma ou du cinéma à la BD est une chose aisée alors qu'il s'agit d'une opération risquée. Il faut couper, mais pas n'importe quoi, combler des vides, mais pas n'importe comment, bref, il s'agit souvent de compromis perdant-perdant qui finissent par décevoir fans de l'oeuvre et amateurs du support.
C'est donc avec une joie non dissimulée que j'en viens à dire qu'ici, l'adaptation semble plutôt réussie !
Il faut dire que les moyens sont là : Peter David, au scénario, est secondé par Robin Furth, l'assistante de King, auteur de Concordance, un excellent guide sur le monde complexe de Dark Tower dont elle est une spécialiste.
Pour ce qui est de l'aspect visuel, Marvel a fait appel à Jae Lee. Je n'étais pas vraiment emballé par son travail sur Sentry ou Fantastic Four mais, là, c'est tout simplement magnifique. Les visages sont graves, inquiétants, émouvants même, les décors sont certes épurés mais beaux, avec un soupçon d'onirisme convenant parfaitement à la saga. Jetez juste un oeil à la mère de Roland, lorsque ce dernier découvre qu'elle trompe son père, et venez me dire s'il n'y a pas là du sublime et du tragique dans son regard !


Tu vas voir qu'il va même pas nous dire de quoi ça parle...
Mais si, j'y viens ! ;o)
Ces trois premiers chapitres, réunis ici dans un ouvrage cartonné grand format, nous dévoilent les débuts de la quête de Roland, comment il devient Pistolero et comment il se met à haïr Marten Largecape, le mage de son père, dans un monde hostile et crépusculaire. L'on nous présente même son Ka-Tet, autrement dit, l'ensemble des gens unis par le même destin. Heu, oui, son entourage proche quoi.
Au sujet des termes inventés par King, l'éditeur nous met en garde sur un possible "temps d'adaptation" pour ceux qui ne sont pas familiers de l'oeuvre. Je tiens à relativiser cette honnête attention étant donné que les expressions les plus obscures sont expliquées et que le lecteur aura vite fait "d'intuiter" la plupart des autres. ;o)
Bon, évidemment, l'on ne fait qu'effleurer ici le début de cette immense épopée et si l'on devait émettre une critique, elle viserait alors la cruauté de l'attente que l'on exige maintenant de nous, conquis que nous sommes par cette alliance entre la Maison des Idées et le plus célèbre habitant du Maine.

Conclusion
Que vous soyez déjà inconditionnel des romans ou au contraire peu enthousiaste à l'idée de lire de tels pavés, cette adaptation en comics de La Tour Sombre est faite pour vous. Le graphisme est magnifique, l'écriture est particulièrement bien ciselée et l'on bénéficie, en bonus, de deux très belles cartes (les baronnies de Nouvelle Canaan et de Mejis) réalisées par Jim Calafiore, ainsi que de deux textes explicatifs signés Robin Furth (l'un sur la Géographie Sacrée de l'Entre-Deux-Monde, l'autre sur l'arc-en-ciel de Maerlyn).


"Je me rends Pistolero, le sourire aux lèvres. En ce jour, tu t'es rappelé le visage de ton père, et de ceux qui sont venus avant lui. Quelle merveille tu as accomplie !"

18 février 2008

Bug Brothers

Parfois, il arrive que les plus belles demeures soient envahies par des espèces grouillantes et menaçantes. Des cafards qui se faufilent partout, des rats qui rampent dans le noir, bref, la lie animalière habituelle qui, si on la laissait faire, finirait par l'emporter sur la civilisation.
Heureusement, en ce qui concerne les insectes et les rongeurs, les exterminateurs sont légaux. Ils sont même souvent attendus comme le messie et repartent sous les bravos de la foule. Mais, qu'est-ce qui pousse à embrasser une telle carrière ? Et surtout, quel est le quotidien d'un exterminateur ?

Attention, pour ceux qui n'aiment guère les insectes, Bug Brothers, premier tome (publié par Panini) de la série Vertigo "The Exterminators", ne risque pas d'arranger les choses.
Le scénariste, Simon Oliver, est un nouveau venu dans les comics, son compère, le dessinateur Tony Moore est, lui, plus connu (il a officié sur The Walking Dead avant Charlie Adlard).
Bon, et qu'est-ce que c'est que cette idée de BD sur les cafards, hmm ?
Eh bien, une sacrée bonne initiative déjà, si l'on en juge par les 5 premiers épisodes. L'action se déroule à Los Angeles et a pour protagoniste principal un jeune type, récemment sorti de prison, qui va faire ses armes dans l'entreprise d'extermination de son beau-père. Le hic, c'est qu'il va très vite être entouré d'une faune particulière, et je ne parle pas ici que des bidules avec plein de pattes et des exosquelettes ! AJ notamment, qui doit apprendre les ficelles du métier à Henry, est une sorte de camé, obsédé sexuel, qui, entre deux grossièretés, s'envoie le poison destiné aux cafards directement en intraveineuse. Stretch, lui, est un bouddhiste qui doit concilier son activité avec le respect de toute forme de vie (un poil difficile quand on est payé pour faire de l'extermination de masse), etc., bref, une sacrée brochette de personnages pour le moins...originaux.

Evidemment, au milieu de la crasse et des quartiers les plus délabrés de la cité des anges, une trame commence à se dessiner : des produits toxiques, le Cambodge, une confrérie aryenne, une mystérieuse boîte, un scarabée vert...et des morts. Il est pour l'instant difficile de bien cerner l'intrigue principale et le point commun de tous ces éléments mais le moins que l'on puisse dire est que l'on ne s'ennuie pas. L'écriture est nerveuse, moderne, et parsemée d'injures qui valent bien l'avertissement "pour lecteurs avertis".
Le sexe n'est pas exclu des aventures de notre tueur de fourmis, pas plus que les scènes choc et les métaphores violentes. Une vieille dame sera ainsi retrouvée, dans un asile privé peu respectueux des règlements, attachée sur son lit, en train de se faire dévorer vivante, dans l'indifférence générale, par une masse grouillante et vorace !
Voilà ce qui arrive lorsque la société délivre un discours policé et idéaliste mais se délite dangereusement sur le terrain en oubliant que le Mal est là, prompt à venir se jeter sur ceux qu'elle abandonne, pieds et poing liés, à leur triste sort.

Un coup de poing dans le bide, salutaire et efficace. Pour adultes, évidemment.
Ah oui, j'allais oublier, attention pour les plus sensibles, des tas de cafards sont maltraités dans ces planches. Que voulez-vous, même les pires des créatures ont leurs défenseurs... ;o)

15 février 2008

Midnight Sun

La suite de la série Moon Knight est sortie hier en librairie (en lieu et place de White Tiger qui est, elle, repoussée au 28). Voyons ce que nous réserve ce soleil de minuit.

Quelqu'un essaie d'attirer l'attention de Marc Spector. Un sadique particulièrement inventif qui signe ses crimes en traçant sur le sol des horloges de sang. Et en guise d'aiguilles, il se sert de membres humains. Le bras pour l'heure, la jambe pour les minutes. N'essayez même pas d'imaginer ce qui peut servir de trotteuse ! ;o)
Au milieu de tout cela, il y a la guerre civile qui déchire les héros. Mais un Moon Knight ultra-violent et toujours aux portes de la folie est-il vraiment du genre à choisir un camp ?

On garde la même équipe ici que sur le précédent tome dont j'avais déjà loué le mérite des encreurs et coloristes. Le scénario, parfois confus à force d'effets de style, est de Charlie Huston, le dessin, très soigné, est l'oeuvre de David Finch.
Si Spidey ne fait qu'une apparition éclair dans l'histoire, l'on retrouve aussi (et un peu plus longuement) le Punisher, Captain America et Iron Man. Les deux camps de Civil War sont représentés mais l'on ne peut pas dire qu'ils se battent pour enrôler Moon Knight. Il est vrai qu'il est considéré, au mieux, comme un type ayant un urgent besoin de soins psychiatriques et, au pire, comme un cinglé prenant son pied en défigurant les crapules. L'ambiance reste dans la même veine que pour la première fournée : on saigne, on arrache des dents, on prélève des vertèbres sans anesthésie et on ne fait pas de cadeaux aux vilains. Malsain et jouissif.

Avec des graphismes superbes et une intrigue musclée, Moon Knight devraient ravir les lecteurs ayant un faible pour les héros borderline et la chirurgie dentaire amateur. ;o)

ps : ajout de Nova dans les Figurines Marvel, voilà qui tombe à pic avec la relance de sa série en France (dont je vous ai parlé avant-hier).

13 février 2008

Heralds & Heroes

Le Marvel Universe #7 vient de débarquer en kiosque et est partagé entre aventures cosmiques et Initiative bien terrienne.

Après Annihilation, Beyond puis Silent War, le mensuel Panini dédié aux sagas cosmiques revient sur le devant de la scène avec Heralds of Galactus, une histoire dont chacun des quatre épisodes va être centré sur un personnage précis : le Silver Surfer, Stardust, Terrax et Firelord.
On retrouve Scott Kolins, Mike McKone ou encore Andrea DiVito pour les dessins, Keith Giffen, Stuart Moore ou Christos N. Gage au scénario.
Le tout est violent et très coloré, un joli son & lumière spatial en quelque sorte, à réserver aux fans les plus SF de l'univers Marvel.

La seconde partie est plus ancrée dans le monde des héros de la terre 616. Ces trois épisodes de la nouvelle série Nova sont d'ailleurs estampillés Initiative. Il faut dire que l'on y retrouve Tony Stark, Penance et les Thunderbolts ou encore Justice (que l'on peut voir en ce moment comme instructeur au camp de Stamford dans Marvel Heroes). Le retour sur terre du pauvre Nova lui réserve bien des surprises, ce dernier découvrant seulement maintenant le drame de Stamford et la guerre civile qui a suivi.
Les scénaristes de ce relaunch sont Dan Abnett et Andy Lanning. Sean Chen se charge de la partie graphique. Un début fort prometteur avec du rythme, de bons dialogues, de jolis dessins et un foisonnement de personnages et de références aux évènements récents qui ravira les lecteurs les plus fidèles mais risque de décontenancer les nouveaux venus. Ce n'est, à l'évidence, pas une revue à conseiller pour prendre le train en marche tant elle repose sur la continuité et ses innombrables méandres.

Un numéro divisé entre hérauts cosmiques & héros terriens et qui annonce, pour avril, le début de Annihilation : Conquest. Dans l'espace, on va encore entendre crier... ;o)

11 février 2008

Amazing Spider-Man : 500 covers de 1962 à 2003

En 2004 sortait, aux Etats-Unis, The Amazing Spider-Man 500 covers (1962 - 2003), un ouvrage regroupant les couvertures de l'une des plus mythiques séries Marvel.

Si vous vous souvenez bien, Panini nous avait fait le coup des 500 covers (des Vengeurs) lors de la parution du premier Deluxe New Avengers. Evidemment, on en rigole encore étant donné que les dites covers avaient la taille d'un timbre-poste et étaient étalées sur...trois pages, le chiffre d'affaire des ophtalmologistes triplant à cette occasion. ;o)
Ici, pas besoin de loupe pour admirer les couvertures dédiées à la série historique du Tisseur. Soit elles ont une taille tout à fait acceptable en prenant 1/4 de planche (cf photo 1), soit elles sont pleine page (ces dernières étant d'ailleurs assez nombreuses). En plus d'Amazing Spider-Man, de 1962 à 2003, nous avons également droit, en prime, aux annuals. On retrouve le titre de l'épisode en dessous de chaque illustration, les crédits, eux, peuvent être consultés à la fin du livre. Evidemment, la plupart des grands noms y figurent : Kirby, Ditko, Romita Sr & Jr, Kane, Miller, Byrne, McFarlane, Bagley, Cho, Dodson, Deodato...les signatures sont, pour le moins, prestigieuses.

La partie texte, bien que peu importante, n'a pas été négligée. Chaque année dispose de deux résumés distincts, l'un concernant les aventures de Spidey, l'autre, en parallèle, décrivant les grands évènements de l'année dans des domaines aussi différents que la politique, la musique, le cinéma, le sport, etc. (cf photo 2). Mine de rien, ce petit rappel du contexte historique est fort intéressant et permet de voyager au travers de ces 40 ans de comics arachnéens en constatant à quel point notre Monte-en-l'air aura su traverser nombre de modes ou de bouleversements sociaux.
D'un point de vue pratique, nous avons ici une couverture en dur avec jaquette (comme un Deluxe donc), un papier glacé et un prix raisonnable (environ 30 €).

Un très bel objet de collection qui, sur plus de 300 pages, retrace, à travers le talent de nombreux artistes, un parcours exceptionnel.

Quelques vues supplémentaires

09 février 2008

Sweet Home

Après plus d'un an sans HS, le Spider-Man Hors Série #25 replonge dans les histoires parallèles aux séries principales et s'intéresse tout particulièrement, cette fois, aux annuals de 2007.

Le premier annual est celui de Sensational Spider-Man. Il est écrit par Matt Fraction et dessiné par Salvador Larroca. Il s'agit d'une historie moderne, post-Civil War, mais entrecoupée de flashbacks revenant sur des moments importants de la relation Peter/MJ. Des souvenirs dans lesquels Mary Jane va puiser afin de résister aux pressions du SHIELD qui souhaite qu'elle livre son mari. Et pourquoi pas aussi leur donner sa petite culotte ? Non mais ! ;o)
L'ensemble est plutôt sympa. On a droit, en prime, à une magnifique vue aérienne sur New York.

Le deuxième annual est celui de la série Friendly Neighborhood Spider-Man. On y découvre des éclaircissements sur les origines de l'Homme Sable, notamment une explication sur ses deux noms (Flint Marko/William Baker). On retrouve ici un peu les mêmes ficelles que pour Octopus : Year One (publié dans le 100% Marvel Spider-Man #5) en moins long. L'attitude du méchant bandit est expliquée par une enfance difficile, avec pôpa qui n'est pas là, maman qui boit et les caïds de l'école qui le prennent comme souffre-douleur. Un peu caricatural, surtout pour du Peter David.

La troisième histoire est tirée de Spider-Man Family, un bimestriel VO publiant à la fois du matériel inédit et d'anciens épisodes. Panini a sélectionné "Homesick", un choix fort commercial flirtant avec le costume noir et le fameux Homme Sable. Toute ressemblance avec une tentative d'adaptation cinématographique récente ne serait que pure coïncidence. L'intrigue est inexistante, les dessins potables. Remplissage.
Il aurait été plus intéressant de compléter avec le Spider-Clan du Mangaverse. Enfin, bon...
On termine avec une très courte histoire (six planches), également de Peter David, décidément pas très en forme sur ce coup. Visiblement, il a envie de faire pleurer dans les chaumières mais les sabots sont trop gros et trop misérabilistes pour que l'on y croie vraiment.

Du bon mais aussi du franchement pas terrible donc pour ce retour du Tisseur en HS. Le prochain numéro, en avril, contiendra l'intégralité de la mini-série Spider-Man/Red Sonja (une sorte de Conan en plus sexy).

07 février 2008

Gamekeeper

Brock est garde-chasse dans un vaste domaine en Ecosse. Au milieu de cette nature dont il est si proche, il tente d'oublier son lourd passé et les horreurs vécues en Tchétchénie. Mais un beau jour, le domaine Morgan est investi par des hommes armés venus récupérer une partie du passé de Brock. Le carnage commence. Et pour y mettre fin, il va falloir quitter la tranquillité des forêts pour la jungle des villes.

Nous voici donc avec un pitch plutôt alléchant en ce qui concerne le premier volume français de GameKeeper, publié par Virgin Comics à l'origine et dont les droits ont été repris, en France, par Fusion Comics (un label associant Soleil et...Panini).
On nous colle un gros Guy Ritchie sur la couverture (c'est le réalisateur de Arnaques, crimes et botanique ou encore Snatch) mais il n'est que le concepteur du projet de départ (à quel point s'est-il investi réellement ? mystère...), le scénariste étant en fait Andy Diggle. Ce dernier avoue d'ailleurs qu'il "imagine que Guy Ritchie avait un droit de regard sur le scénario final", il n'en est donc même pas sûr, c'est dire si ça a dû communiquer à mort entre eux. ;o)

Les dessins sont, eux, de Mukesh Singh, un dessinateur indien que je ne connaissais pas du tout mais qui est plutôt doué. Son style est réaliste, pas du tout oriental, et la colorisation, qu'il assure lui-même, est une pure merveille, passant de pastels bleutés aux pourpres les plus chauds, le tout permettant de rendre des ambiances à la fois contrastées et subtiles. Joli je vous dis ! ;o)
Tiens, on ne sera pas dépaysés pour les covers puisque c'est m'sieur Cassaday qui s'y colle.

En ce qui concerne l'histoire, celle-ci semble pour l'instant bien fichue même si, apparemment, le fameux garde-chasse risque de ne pas passer tout son temps en forêt. Un peu dommage car avec l'Ecosse, il y avait de quoi s'en mettre plein les yeux. Petit bémol également, la "patte" Ritchie. En fait, étant donné que ses deux films les plus connus sont cités en référence sur la quatrième de couverture, l'on pourrait penser que Gamekeeper s'inscrit dans le même registre, or, pas du tout. Arnaques, crimes et botanique ou Snatch sont d'excellents polars déjantés, plutôt drôles, où l'on retrouve une faune très spécifique de tordus, margoulins, dealers et tueurs en tout genre. Ici, l'on a bien le côté polar mais pas le côté comique (malgré une scène qui peut faire sourire dans le MacDo à Amsterdam). Bon, on ne va pas crier à la publicité mensongère pour autant hein, mais étant donné que Guy Ritchie est très mis en avant alors qu'il ne scénarise pas lui-même et que, en plus, l'histoire est assez éloignée des films pris en exemple, certains fans du réalisateur risquent d'être déçus.

Voilà donc un premier tome, grand format, plutôt réussi, accompagné des covers et de deux courtes interviews (de Ritchie et Diggle). A juger sur la distance néanmoins, cette introduction n'étant pas suffisante pour présager des épisodes à venir.

ps : puisque l'on est dans les sujets hors Marvel, je vous signale que le quatrième tome VF de The Walking Dead est sorti hier chez Delcourt. Wow, ça c'est du rapide ! Ça change... ;o)

05 février 2008

Quod Sum Eris

Le Wolverine #169 contient la sixième et dernière partie de l'arc Evolution ainsi qu'un What If basé sur une variante de la saga Ennemi d'Etat.

L'épisode final du duo Loeb/Bianchi ne résout pas tous les mystères sur Romulus et ce qu'il réserve à Logan mais on assiste tout de même à la résolution, très sanglante, du cas Dents de Sabre. Ambiance toujours aussi bestiale et crépusculaire à base de machins qui coupent et de membres tranchés !
En ce qui concerne le What If, il s'agit d'un one-shot qui explore ce qui se serait passé si notre vieux nabot poilu n'avait pas été "déprogrammé" et était resté sous le contrôle de l'Hydra. Si dans l'univers Marvel classique, c'est Véga qui avait fait les frais d'un Wolverine passé, bien involontairement, à l'ennemi, ce sont cette fois des tas de héros qui tombent sous les griffes de ce dernier. Dans une dernière manoeuvre désespérée, Cap va tenter de venir à bout du mutant avec l'aide de Kitty Pryde, Magnéto et Susan Richards.
Le tout est signé Jimmie Robinson pour le scénario et Carmine Di Giandomenico pour les dessins.

Jérémy Manesse nous informe dans sa rubrique qu'une réédition de Ennemi d'Etat est prévue en Deluxe pour le mois d'août. Quant au prochain mensuel, il accueillera une histoire complète qui verra Wolverine s'opposer, au moment de Noël, à des terroristes qui ont investi une galerie marchande. Panini nous présente ça comme une sorte de Piège de Cristal et il est vrai que le pitch sent assez fort le McClane. ;o)
A voir.

04 février 2008

VO contre VF : avantages et inconvénients

Pour le nouveau lecteur fraîchement débarqué dans le Marvelverse, le dilemme du choix entre VO et VF reste posé. Mais outre la barrière de la langue, quelles sont les différences notables entre ces deux versions d'un même travail ?

La Terre Sainte des Puristes
La VO possède un pouvoir attractif indéniable. Aucun intermédiaire (ou presque) entre auteurs et lecteurs, c'est un luxe dont beaucoup répugnent à se priver, souvent avec raison. Bien évidemment, l'import a un coût. Il peut cependant être limité par bien des manières (achats groupés, vendeurs acceptant certaines remises pour les clients réguliers, taux de l'euro, etc.).
De toute évidence, lorsque l'on décide d'opter pour la VO, le coût d'expédition doit être l'un des obstacles à contourner au plus vite. C'est très possible, même sur des sites bien connus, à partir du moment où vous parvenez à vous mettre d'accord avec un commerçant sérieux (si vous commandez un comic dans l'année, il est évident qu'il n'y a rien à négocier, si vous êtes un acheteur régulier, les frais de port peuvent être fortement diminués voire...annulés).
La VO, c'est aussi une musique particulière, c'est évident. Les mots raisonnent différemment, l'ambiance change de manière subtile, les répliques ont une autre saveur, bref, le charme existe et est indéniable à moins d'éprouver vraiment une peur bleue à la simple évocation de la langue de Bendis. Enfin, Shakespeare plutôt (c'est le Stan Lee d'une autre époque pour ceux qui ont du mal à suivre ;o)).

De l'autre côté de l'Atlantique
Eh bien oui, Spidey, Wolvie, Cap et Tony parlent français. Ou, enfin, essaient, suivant le talent des traducteurs. Le charme opère-t-il toujours ? Bah, pas forcément, mais il y a de réels avantages à cette transposition.
Le prix tout d'abord. Eh oui, tout naturellement, une BD déjà exploitée et rentabilisée est moins coûteuse lorsqu'elle arrive chez nous. Ainsi, alors que nos amis américains déboursent 3 $ pour un épisode de 22 planches, nous allons avoir notre ration de 88 pages pour moins de 5 €.
Le budget nécessaire n'est pas la seule bonne raison en faveur de la VF. La pub, notamment, joue un rôle non négligeable. Alors que la VO (kiosque) est véritablement gangrenée et qu'une page sur deux ou trois est une incitation commerciale, la VF échappe à cette dérive. Sur le fond, évidemment, ce n'est pas grave car l'on n'est privé de rien, mais sur la forme, la VO ressemble parfois à un vague prospectus publicitaire. Ce n'est pas très joli quoi.
Bon, la VF est meilleure marché, sans pubs, mince alors, il n'y a que des avantages ?
Heu...non.
L'un des plus grands inconvénients qui existent, pour les passionnés que nous sommes, c'est le temps. La VF, pour des raisons fort compréhensibles, a un temps de retard sur la VO. Il est, de nos jours, très raisonnable (quelques mois, moins d'un an en général) mais peut inciter les plus passionnés à franchir le pas.

Et si l'on jonglait entre les deux ?
A mon avis, c'est une bonne idée. ;o)
Pour des raisons pratiques et financières, il est intéressant de puiser très largement dans une VF qui, si elle n'est pas parfaite, peut s'enorgueillir de comics kiosque de grande qualité, notamment en ce qui concerne le papier. Si les parutions librairie n'ont pas à rougir de leur support (sauf exceptions, les Monster par exemple), l'intérêt, en comparaison de la VO, est déjà moindre.
Si il existe très certainement un juste milieu, il se doit avant tout de répondre aux attentes de chaque lecteur.
Lorsque certaines séries, ou certains ouvrages, sont exclusivement disponibles en VO, le problème ne se pose pas, par contre, lorsque des parutions sont "saucissonnées" dans une revue VF qui ne vous intéresse pas plus que ça, il est alors peut-être mieux, tant au niveau esthétique que pécunier, de prendre directement le TPB original qui rassemble l'arc que vous voulez lire absolument.

Et je fais quoi dans tout ça, hein ?
Ce que tu veux ami lecteur ! Ton choix sera forcément bon puisqu'il répondra à tes souhaits. Si l'on résume, la VF offre donc des comics kiosque à bas prix (et sans le foisonnement de pubs US), et les TPB en VO, eux, permettent d'éviter une traduction parfois approximative et une attente désagréable.
Dans tous les cas, l'éditeur joue un rôle essentiel. Ainsi, Delcourt, par exemple, me semble être une maison habituée à une certaine rigueur. En comparaison, Panini n'a pas que des défauts, forcément, mais semble être vouée à un public plus large et moins exigeant. Dans tous les cas, être en position de quasi monopole (avec tous les droits mainstream et une partie de la production marginale) n'est pas une bonne chose, ni pour le lecteur lambda, ni pour le type passionné qui bosse dans une maison un peu trop sûre d'elle et qui a opté depuis longtemps pour la quantité.
En même temps, à l'évidence, VO et VF restent les deux facettes d'une même passion. Ce sont néanmoins des moteurs, et il est légitime de s'intéresser à la mécanique, surtout lorsque l'on aime les pilotes, car, si l'on est habitué aux sorties de route, voire aux tonneaux, il est beaucoup moins agréable de se retrouver en panne sèche et hors course par la faute d'une équipe trop peu aguerrie ou...motivée.

Et vous ? Qu'en pensez-vous ?
Plutôt qu'un sondage avec les traditionnels "oui", "non", "je ne sais pas", je suis curieux de savoir ce que vous pensez de la traduction en général et de la situation actuelle en particulier.

Et si Wanda n'avait pas agi seule ?

Le Marvel Icons #34, paru samedi, accueille la première partie d'un what if basé sur les agissements de la Sorcière Rouge, juste avant la dissolution des Vengeurs (cf ce Deluxe). On y retrouve une sorte de récapitulatif de la situation, des déboires de Stark devant l'ONU, jusqu'au retour "explosif" du Valet de Coeur, en passant par l'invasion Kree. Bon moyen pour les nouveaux lecteurs d'avoir un aperçu des évènements ayant abouti à House of M.
Le scénario est de Jeff Parker (qui a signé récemment les épisodes First Class des X-Men) et les dessins de Aaron Lopresti. Le tout est plutôt sympa, avec un paquet de héros pour le casting et une enquête orientée sur la magie de Wanda pour ce qui est de l'intrigue.

On n'avance pas des masses en ce qui concerne les New Avengers. Ceux-ci continuent à tabasser des ninjas au japon et, parallèlement, à échapper à Stark et au SHIELD aux Etats-Unis. Bon, on assiste tout de même au retour de Clint Barton (qui s'était lancé sur la piste de Wanda Maximoff dans le Marvel Icons #28) et à sa transformation en Ronin (une identité qui, décidément, change vite de détenteur).
Leinil Yu n'étant pas l'un des mes artistes préférés, je passe donc rapidement sur le graphisme qui, sans être vilain, n'est pas le plus séduisant du moment.

Les Knauf et De La Torre continuent à mettre des bâtons dans les roues du tout nouveau directeur du SHIELD, Tony Stark, dans la série Iron Man alors que dans Fantastic Four, Dwayne McDuffie et Paul Pelletier en terminent avec le sauvetage d'Epoch du cruel appétit de Galactus. En prime, l'on apprend ce que va devenir le petit Gravity, pour l'instant protecteur de l'univers malgré son jeune âge (comme job d'étudiant, c'est plus sympa que de travailler au MacDo ça !). Ambiance plutôt cosmique donc.

Pour être franc, signalons que, pour une fois, l'une des lettres du courrier des lecteurs est un peu critique envers Panini. On leur reproche notamment le fait que certaines nouveautés soient très rapidement en rupture de stock et qu'elles ne soient pas rééditées. Il est vrai que des ouvrages comme le Deluxe New Avengers ou celui regroupant la première saison des Ultimates sont indisponibles et qu'il n'est pas aisé de les trouver, même d'occasion. Enfin, ne soyons pas trop naïfs non plus, ce courrier est aussi une manière déguisée de dire "regardez comme nos livres se vendent bien". Comment ça je vois le mal partout ? ;o)
Plus sérieusement, il serait intéressant d'avoir quelques chiffres en ce qui concerne les tirages (et donc les ventes) mais, contrairement à ce qui se fait aux US, Panini ne semble pas avoir trop envie de communiquer là-dessus...

Un numéro qui n'a rien d'exceptionnel mais qui nous fait déjà saliver avec les premières annonces de World War Hulk. A noter qu'il contient l'une des cinq parties du poster géant de Dell'Otto (dont l'artbook est, lui aussi, en rupture de stock ;o)).

02 février 2008

Quand Bendis "dilue" ses lecteurs...

Le Spider-Man #97, sorti hier, contient un poster de Dell'Otto en cadeau. Signalons également que ce numéro est aussi disponible à 5 € avec le dernier Ultimate X-Men. Louable initiative dont ne pourront pas profiter les habitués qui l'ont déjà acheté...

L'Amazing Spider-Man de ce mois voit enfin le Tisseur affronter le Caïd. Dans le genre raclée, celle-ci risque d'être aussi mémorable que celle que lui avait administrée Daredevil (cf combat d'anthologie #11).
L'association entre Straczynski et Garney fonctionne bien même si l'éternelle tantine à deux doigts de mourir finit presque par s'auto-parodier.

Les deux autres arcs en cours dans Sensational Spider-Man et Friendly Neighborhood Spider-Man se terminent ce mois. On y retrouve l'Homme-Sable, le Spider-Man de 2211 et une variation du Mister Hyde de Stevenson. Warren Ellis et Mike Deodato Jr continuent, en ce qui les concerne, à nous en mettre plein la vue avec leurs Thunderbolts. Une belle galerie de personnages, une intrigue efficace, un graphisme agréable, que demander de plus ?

Dans le genre âneries du courrier des lecteurs, ce numéro est bien fourni avec un premier fan de 38 ans qui trouve les revues Panini "magnifiques" et d'une "grande qualité". Il ajoute qu'il pèse ses mots. Il doit avoir une drôle de conception de la pesée alors, ou bien il n'est vraiment pas difficile, car pour passer à côté d'une traduction continuellement bourrée de fautes, il faut être sacrément peu attentif. Avec des réactions pareilles (si tant est que ce soit une véritable lettre), on ne s'étonne plus du laisser-aller paninien. Du moment que les gens sont contents...
L'auteur de la seconde lettre a bien appris par coeur les idées reçues véhiculées par les fins analystes des fora du Net et nous ressort le mythe du Bendis qui "dilue". Il faudrait un peu se rendre compte que le temps où un perso était présenté en 5 cases est heureusement loin derrière nous et que la narration a changé depuis Stan Lee. L'intérêt d'une histoire, c'est aussi d'alterner action ou suspens et moments plus calmes, voire intimistes, destinés à approfondir les relations entre les intervenants ou leur psychologie. C'est justement cela qui fait qu'ensuite l'on peut vibrer pour eux.
Bendis a du talent, c'est un excellent dialoguiste (sans doute l'un des meilleurs actuellement) et, à partir du moment où son écriture nous tient en haleine, je ne vois pas pourquoi il faudrait souhaiter que les sagas soient aussi courtes que possible. Je mets d'ailleurs les lecteurs de Daredevil (puisque c'est de cette série qu'il s'agit en fait) au défi d'affirmer qu'ils ont pu s'ennuyer lors du run de Bendis. Maintenant, si cela ennuie certains d'avoir trop à lire, ils peuvent toujours s'acheter une BD des Schtroumpfs, c'est beaucoup moins "dilué".
Et Panini de préciser que ces courriers sont intéressants, on n'ose imaginer le niveau du reste.

Bon, ceci dit, et mes petites digressions sur Bendis mises à part, voilà encore un fort bon Spider-Man qui, mine de rien, se rapproche tout doucement du mythique numéro #100.

ps : ajout de Polaris dans les figurines Marvel.