27 mars 2008

Follow the White Rabbit

L'univers de Larry & Andy Wachowski se décline au cinéma, en dessin animé, en jeu vidéo et, maintenant, en comics grâce à ce premier recueil publié par Panini : Matrix Comics volume 1. Choisissez la pilule bleue et vous oublierez tout et vivrez dans une parfaite ignorance, prenez la pilule rouge et plus rien ne sera jamais comme avant...

Au cas où certains ne connaîtraient pas la trilogie, petit rappel des faits : le monde n'est qu'une vaste supercherie, une chimère superposée à l'horreur du réel. Tandis que les machines nous cultivent, nous rêvons nos vies, prisonniers de la Matrice. Pourtant, certains sont libres, certains voient à travers les programmes et tentent d'agir pour reconquérir la liberté perdue. Une mission peu aisée étant donné que la plupart des prisonniers n'ont même pas conscience de vivre dans une prison et que certains préfèrent la beauté du virtuel au cauchemar de la réalité.

Les bases étant posées, il faut savoir que les frères Wachowski ont décidé de raconter leur histoire à travers divers supports. Ainsi, les Animatrix couvraient des pans de l'univers Matrix qui n'étaient pas abordés dans les films (les évènements ayant abouti à la révolte des machines par exemple). Pour cette première série de comics, il s'agit également d'histoires originales et non d'une adaptation de ce que l'on a pu voir au cinéma.

En ce qui concerne les auteurs ayant travaillé sur ce projet, ils sont nombreux et certains très connus. Les Wachowski ont eux-mêmes scénarisée la première histoire, secondés au dessin par Geof Darrow, génial concepteur de bon nombre d'éléments de la trilogie. Bill Sienkiewicz, Neil Gaiman (qui a carrément écrit une nouvelle illustrée plutôt qu'un comic), Dave Gibbons, ou Ted McKeever font également partie de l'aventure.
Les 12 histoires courtes rassemblées ici sont très différentes les unes des autres, ne serait-ce que par l'ambiance graphique. L'on passe du noir & blanc aux couleurs les plus vives, d'un style réaliste à des personnages cartoony et grotesques, bref, ce n'est pas l'homogénéité qui a été recherchée. Ce n'est d'ailleurs pas déplaisant, on assiste à un défilement d'instants particuliers, de tranches de vie presque, évoquant à chaque fois un aspect de Matrix, chaque personnage réagissant différemment aux atrocités auxquelles il est confronté. Le résultat est une suite de violence et de paranoïa, de poésie et de tristesse, d'espoir et de ténèbres.

Voilà un recueil que j'attendais avec impatience et j'avoue avoir pris un grand plaisir à me plonger de nouveau dans ce monde fascinant. Ce produit semble cependant réservé aux fans ou, au moins, aux lecteurs ayant vu le premier Matrix sur grand écran. Dernière précision : pas de Neo ou de Trinity ici, on parle uniquement de parfaits inconnus, seul B1-66ER rappellera quelque chose à ceux qui ont vu The Second Renaissance.

"N'as-tu jamais fait ces rêves Neo, qui sont plus vrais que la réalité ?"
Morpheus

Nouvelle série des "Incontournables"

Après Spider-Man : Les Incontournables, Panini remet ça dans le genre florilège et nous propose une nouvelle collection consacrée, cette fois, à tous les héros Marvel et portant le nom, peu original mais parlant, de Marvel : Les Incontournables.

Pour ne pas changer une recette qui fonctionne, on ouvre le bal avec...Spidey ! Ce volume est sorti hier en kiosque. Le principe reste donc le même : tout d'abord, un fascicule permet de situer un peu le héros. L'épisode choisi est en fait celui qui clôturait l'on-going Spectacular Spider-Man (que l'on a pu lire dans le Spider-Man #74). Jenkins et Buckingham nous livrent là une histoire émouvante et pleine de tendresse avec, notamment, un tout jeune Peter que l'on a peu l'habitude de voir.
Mais évidemment, le gros morceau c'est le livre et ses 6 épisodes. Ceux-ci font d'ailleurs suite au tome 8 de la précédente collection et se situent dans la période où tante May a appris que Peter était Spider-Man. C'est donc le tandem Straczynski/Romita Jr qui est aux commandes. Le Tisseur affronte, dans l'astral, un type qui enlève des gosses un peu paumés, puis, il embarque pour la Californie où il va tenter de se rabibocher avec MJ qui est en plein tournage.
Sympa mais moins intéressant que la période avec Ezekiel. De plus, ces épisodes avaient déjà été réédités en Marvel Premium.

Rassurez-vous, le Monte-en-l'air s'éclipse pour laisser la place, dans deux semaines, à Iron Man. Cette série comprenant dix tomes, on retrouvera ensuite Wolverine, les Fantastic Four, les X-Men, Hulk, les Vengeurs, Daredevil, le Punisher et Ghost Rider (personnellement, j'aurais bien remplacé ce dernier par Cap mais bon...).
Niveau prix, le système est identique, autrement dit 8,95 € pour toutes les parutions sauf la première, à 4,95 €, et la deuxième, à 6,95 €. Un prix modique étant donné qu'un soin particulier a été apporté aux comics, fort bien reliés et arborant une très esthétique couverture en dur, joliment illustrée. Même la tranche tiendra dignement sa place dans votre bibliothèque.

Voilà une collection destinée a priori aux nouveaux venus dans le Marvelverse, néanmoins, le prix et l'aspect des livres peuvent attirer également les collectionneurs.

24 mars 2008

Kick-Ass ou l'héroïsme à la portée de tous

Mark Millar signe, sous le label Marvel réservé aux creator-owned, le premier épisode d'une série qui apporte un éclairage plus original qu'il n'y paraît au monde des Masques.

Dave Lizewski est un ado comme tant d'autres, le prototype même du type insignifiant, perdu dans la foule, que personne ne remarque. La banalité s'insinue même jusque dans ses centres d'intérêt : les comics, les jeux vidéo et les filles, qu'elles soient de son âge ou qu'elles prennent l'aspect d'une prof de biologie aux rondeurs alléchantes. Dave a bien perdu sa mère il y a peu, mais c'est d'une rupture d'anévrisme qu'elle a été victime. Aucun vilain à rechercher, aucune vengeance à mettre en oeuvre.
Mais Dave a un projet. L'idée d'un costume. D'une première patrouille. Car, pour lui, il est possible d'être un héros. Même sans pouvoir.

Difficile de juger un comic sur un seul épisode et, pourtant, ce Kick-Ass se révèle à la fois jouissif et excitant. Mark Millar, qui abandonne là ses jugements politiques à l'emporte-pièce, nous livre un scénario qui, a priori, ne paie pas de mine mais réussit tout de même à happer et conquérir le lecteur dès les premières planches.
Le dessin, de John Romita Jr, a ce côté un peu brut qu'on lui connaît et prend, ici, tout son sens. La colorisation, de Dean White, n'est pas en reste, ce dernier réussissant à rendre certains fonds particulièrement beaux, même en l'absence de décors.

Mais alors quoi ? Un héros sans pouvoir, ce n'est guère nouveau, pas de quoi fouetter un Joker me direz-vous. Oui, sauf qu'ici, le héros est dépouillé de tout. Ni pouvoir, ni équipe, ni cause, pas de mystère ou d'aventures exotiques, juste la longue litanie d'un quotidien que nous connaissons tous. Même les ennemis sont vulgaires, petits et pourtant violents. Sans aller jusqu'à voir du sens là où il n'y a sans doute qu'une bonne histoire et l'envie de la conter, l'on peut tout de même constater à quel point le super-héros (et même le héros, en tant que personnage) n'a guère besoin d'artifice pour séduire et faire vibrer.
Si Stan Lee en son temps avait, en génial précurseur, insufflé de la "vraie vie" dans l'univers de ses personnages, Spidey en tête, il n'en avait pas pour autant abandonné les recettes habituelles censées plaire au jeune lectorat. Ces mêmes artifices sont, dans Kick-Ass, absents ou grandement malmenés. Par souci de réalisme, certainement, mais également pour démontrer que l'essentiel n'est pas là.
La couverture arbore un ironique "le plus grand héros de tous les temps est enfin là", mais cette grandeur est basée sur ces petits riens que nous connaissons tous. La manoeuvre, pour être connue, n'en est pas moins habile. Il n'est pas chose si aisée de prendre un inconnu par la main, même simple lecteur prudemment séparé de nous par l'épaisseur pudique du papier, pour lui dire "viens, je vais te raconter quelque chose." Cet inconnu, pour qu'il accepte de consacrer un peu de son temps à vos sornettes, il faut le rassurer, l'étonner, le flatter, le bousculer un peu, de temps en temps et pas trop fort, et, parfois, lorsque le dosage est parfait, l'honnête écrivain accomplit l'exploit de faire briller les yeux du lecteur. Millar y parvient ici avec une apparente (et enrageante) facilité.

N'allez pourtant pas croire qu'il ne se passe rien et que l'action est exclue de cette série. Bien au contraire. Il y a des coups, du sang et une première confrontation particulièrement douloureuse. Mais, si le charme opère, vous serez conquis bien avant les premières blessures et le traditionnel cliffhanger final n'en sera que plus irritant (car, évidemment, il faut maintenant attendre la suite).

Plus qu'à un nouveau super-héros, Millar et Romita viennent de donner naissance à un héros au sens large, de ceux qui nous séduisent sans être forts, qui nous émeuvent sans être pleurnichards et dont on suit les péripéties avec, au coeur, ce sentiment faux mais rassurant qu'ils ne sont écrits que pour nous. ;o)
Même si l'on n'accroche pas au thème ou au style graphique, il faut reconnaître la performance narrative qui, en 23 planches, amène un total inconnu, particulièrement quelconque, au rang de personnage dont on se souvient sans effort et dont on attend la prochaine apparition avec une sincère impatience.

ps : un merci à l'ami Matt Murdock qui m'a fait découvrir cette série, vous pouvez d'ailleurs jeter un oeil sur son blog en cliquant ici.


Déjà Demain

Le quatrième opus des X-Men dans la collection Deluxe, sorti récemment, contient le dernier récit de Morrison intitulé "Here Comes Tomorrow". Jetons un oeil sur cet épais volume.

La Bête et son armée de Diabolos approchent de Megamerica. De l'ancien monde, il ne reste qu'une poignée de résistants. Skylark et Rover, une sentinelle de première génération, E.V.A., Wolvie... 150 ans plus tôt, tout a basculé lorsque Cyclope, à la mort de Jean, a refusé de reprendre l'institut Xavier. Et si cet univers orphelin pouvait être amputé de ce tragique destin qui le ronge ? Et si le Phénix pouvait revenir et tout changer ?

Ambiance apocalyptique donc pour ce premier arc de Grant Morrison et Marc Silvestri. On peut certes estimer que la recette a fait long feu mais quelques subtiles variations font pourtant de cette saga une histoire indéniablement réussie. Le graphisme de Silvestri n'est pas étranger à la bonne impression qui se dégage de l'ensemble.
Pour la suite, ce sont Chuck Austen et Salvador Larroca qui reprennent les rênes. Scott Summers et Emma Frost succèdent à Xavier à la tête de l'école pour mutants. Ils découvrent vite qu'il n'est d'ailleurs pas aisé de composer avec les différents caractères et de maintenir la cohésion des équipes. Leur première mission extérieure les emmène en Chine où ils ont la surprise de retrouver Xorn.
Pas de grande épopée donc ici mais plutôt la vie, au jour le jour, des X-Men, faite de combats bien sûr mais aussi de difficultés relationnelles et de tensions permanentes. Les dessins de Larroca méritent largement de figurer dans cette édition Deluxe, les décors notamment sont somptueux.

Moins fort émotionnellement que le troisième tome, cette suite des aventures mutantes en librairie conserve néanmoins un certain intérêt, d'autant que l'aspect visuel est des plus agréables. Les bonus, malheureusement, se limitent, eux, au strict minimum, soit quelques crayonnés hideux et inintéressants, ce qui devrait inciter les lecteurs qui possèdent déjà ces épisodes en version kiosque à passer leur chemin et garder au chaud leurs euros.

19 mars 2008

Coup d'Etat en Atlantis

Le premier Marvel Heroes Hors Série, paru hier, accueille une mini-série en six épisodes dont le protagoniste principal n'est autre que Namor, souverain d'Atlantis.

Un attentat perpétré sur le sol américain amène les autorités à soupçonner les atlantes d'être impliqués dans le méfait. La tension entre les Etats-Unis et Atlantis est alors à son comble. Des forces du SHIELD, dirigé par Tony Stark, sont dépêchées aux portes du royaume de Namor, tandis qu'une guerre entre les deux nations semble inévitable.
Mais une menace d'un autre genre pèse sur Namor, des dissidents oeuvrent dans l'ombre pour fomenter un coup d'état et s'emparer du pouvoir. Pour le peuple atlante, c'est une révolution qui se prépare.

Le Sub-Mariner n'est pas un personnage toujours aisé à manier. Un type qui vit sous l'eau, se balade toujours à moitié à poil et possède de petites ailes aux chevilles, même au sein du pourtant bigarré Marvelverse, peut vite basculer dans le kitsch - voire le ridicule - si l'on n'y prend garde. Heureusement, ce n'est pas le cas ici. Le scénario de Matt Cherniss & Peter Johnson tient la route et exploite, là encore, les conséquences de Civil War et des tensions actuelles.
La responsabilité du dessin a été confiée au frenchie Phil Briones dont on a déjà pu admirer le travail le mois dernier dans White Tiger.
L'ensemble donne une saga moderne, rythmée et mélangeant politique-fiction et action traditionnelle (à ce sujet, Venom fait partie du casting). On peut regretter que les particularités de la culture atlante ne soient pas plus développées, mais il est indéniable que cet arc constitue un tournant majeur dans l'Histoire de ce peuple.

Une curiosité un peu gênante relevée dans la traduction de Sylvain Doucet : ce dernier fait se vouvoyer Namor et Stark, or, à ma connaissance, les deux hommes se tutoient depuis longtemps (on peut le vérifier par exemple dans le Marvel Icons Hors Série #8 consacré aux Illuminati, groupe auquel les deux hommes ont appartenu). Pourtant, se renseigner un peu, dans le doute, ne représentait pas un défi exceptionnel... encore une fois, c'est la légèreté qui semble régir le travail paninien. Bon, on a l'habitude mais je suis toujours étonné de leur capacité à inventer de nouvelles manières de se planter. ;o)

Voilà 132 planches bien denses pour le prix modique de 5,60 €. A conseiller, d'autant que le final réserve une surprise de taille qui promet forcément des rebondissements dans les mois à venir.

ps : petit détail hors sujet, il s'agit là du 400ème article de ce blog. ;o)

18 mars 2008

World War Hulk

Après Civil War, voici venu le nouvel évènement majeur dans le monde Marvel : World War Hulk. La revue éponyme, créée pour l'occasion, est sortie ce matin en kiosque.

Hulk, banni par les Illuminati, s'est forgé une nouvelle vie sur Sakaar, planète hostile dont il est devenu roi. Mais alors qu'il trouve enfin la paix, l'explosion du vaisseau qui l'avait conduit sur Sakaar tue son épouse et leur enfant à naître. Hulk, fou de douleur, est alors déterminé à faire payer à ses anciens "amis" terriens leur trahison.
Parallèlement, sur terre, le jeune Amadeus Cho finit par convaincre Jennifer Walters (la cousine de Bruce Banner, alias She-Hulk) de prendre le parti du colosse de jade.

Le prologue contenu dans ce premier numéro de WWH nous décrit le voyage de Hulk et ses alliés vers notre planète. Peter David, auteur du scénario, en profite pour faire le point sur le passif opposant Hulk à certains héros. L'on revient ainsi brièvement sur la période où Hulk était Vengeur ou encore sur les Défenseurs, une autre de ses anciennes équipes.
L'action n'a donc pour l'instant pas réellement démarré, cet épisode servant de lien entre Planet Hulk et la série World War Hulk proprement dite.

Ce nouveau mensuel est complété par une longue interview de Greg Pak (auteur de Planet Hulk et WWH) dans laquelle il évoque la genèse du projet, ses sources d'inspirations mais aussi les nouveaux personnages maintenant alliés de Hulk (utile pour ceux qui n'ont pas suivi la saga précédente). Quelques infos peuvent être également glanées sur WWH : Frontline ou certains tie-ins et l'on a même droit à un petit encart consacré à Robot Stories, l'une des réalisations cinématographiques de Pak.

Bien que le coup d'envoi officiel soit donné, il faudra patienter encore un peu avant d'aborder le réel retour de notre géant vert sur terre. Le prologue - et les informations qui suivent - permettent aux nouveaux lecteurs de ne pas se sentir perdus et de bénéficier d'un petit topo sur la situation.
A ne pas manquer donc si vous souhaitez suivre de près cette nouvelle guerre qui s'annonce.

17 mars 2008

Kiss : les légendes sont-elles solubles dans les comics ?

Kiss, c'est d'abord un groupe de rock. C'est aussi un comic qui fut édité dans les années 1970 par Marvel. Les membres du groupe affrontèrent alors notamment le Dr Fatalis dans la fiction et, dans la réalité, ils eurent l'idée de mélanger un peu de leur sang à l'encre utilisée pour imprimer le premier numéro qui, du coup, fut le comic le plus vendu chez Marvel jusqu'en 1992. Aujourd'hui, Kiss revient avec une toute nouvelle série, publiée en VF chez Wetta.

Normalement, après la petite introduction vient un bref résumé de l'histoire. Il va être difficile à rédiger aujourd'hui car je dois avouer que je n'ai pas tout compris. On commence par nous parler d'une entité maléfique, puis les Kiss déboulent dans une fête d'Halloween où ils sont victimes d'hallucinations leur révélant en partie leurs vies antérieures. Peu de temps après, ils reforment le 4K après avoir été investi de pouvoirs faisant d'eux des êtres surnaturels ayant pour noms Démon, Celestial, Starchild et Beastman. Heu... mais en fait, ils ont des avatars dans d'autres dimensions. Ah, et aussi, y'a un type, dans un monde étrange, qui se fait tatouer de la tête au pied, en hurlant, et qui veut leur mort pendant que sa soeur discute avec une sorte de crocodile qui est, en fait, son autre frangin... (y'en a qui n'ont pas dû prendre que du thé après les concerts !)

Bon, cette nouvelle série est censée faire le lien entre la réalité, les anciens comics, le film, les chansons, bref, tout ce qui touche à Kiss. Vu la confusion du scénario, on se demande à quel psychotrope s'adonne Ricky Sprague. A moins qu'il faille réellement être un fan du groupe pour piger certaines subtilités échappant au profane. Si l'histoire peut se permettre d'être à l'image du groupe (complètement barrée), je ne suis pas certain que la narration gagne franchement à être si décousue. Bien que l'accroche nous affirme péremptoirement que les légendes sont éternelles, à la lecture de ces quelques planches l'on en vient à admettre qu'elles ne sont pas nécessairement bien écrites.
Le graphisme, de Kevin Crossley & Daniel Campos, oscille entre le vraiment joli (parfois) et le très quelconque (souvent).

Comme souvent chez Wetta, la série est disponible en plusieurs éditions, dont un très beau coffret contenant les 4 épisodes (dans quatre comics indépendants) et deux posters. Frédéric Wetta, qui a assuré la traduction, nous délivre quelques informations sur le parcours du groupe et les différents comics leur étant consacrés dans une introduction fort instructive - mais malheureusement pas exempte de coquilles - de trois pages.

Un bel objet de collection pour les fans, on regrettera cependant que le contenu ne soit pas à la hauteur de l'emballage.
A quand un comic sur Eddie, la mascotte de Iron Maiden ? ;o)

15 mars 2008

Hécatombe, Magie et démons mineurs

Le X-Men #133 de ce mois est particulièrement agité alors même que l'on nous annonce un tournant crucial le mois prochain avec le one-shot Endangered Species. Voyons de quoi il retourne. Et en bonus, un petit pack Deadpool à la fin de cet article, juste pour toi ô noble lecteur (et comme je ne peux pas tout contrôler, si tu es un gueux qui ne lit qu'un mot sur deux, tu auras droit au bonus aussi).

La revue ouvre le bal avec deux épisodes de X-Men, signés Mike Carey (scénario) et Chris Bachalo (dessin). Il s'agit en fait de la fin de l'arc Condition Critical. Cable, Malicia, Rocket, Iceberg, Mystique et toute la bande doivent faire face à une menace d'un nouveau genre. Une arme Sh'iar, possédant le pouvoir de dévorer les esprits sans laisser de dégâts matériels derrière elle, a en effet suivi un Mummudrai jusqu'à la terre et commence par boulotter un stade entier de spectateurs.
Là j'en vois qui se disent "mais qu'est-ce que c'est que ça un Mummudrai ?"
Eh bien, ce n'est pas le nouvel avant-centre du FC Metz, il s'agit simplement d'une sorte d'entité psionique parasite (comme Cassandra Nova pour ceux qui suivent).
Bon, le résultat est tout de même très classique, affrontement, explosions, machins qui volent, ça se suit mais on n'en tombera pas en extase d'étonnement.

La seconde partie du mensuel est consacrée à deux épisodes des New X-Men. Christopher Yost & Craig Kyle signent le scénario et c'est Niko Henrichon qui manie le crayon.
L'introduction nous conte l'histoire d'une jeune fille qui, combattant dans les Limbes, a réussi à botter l'auguste derrière du sieur Belasco. Ce dernier ayant la défaite qui passe mal, il s'arrange pour reconquérir son royaume. On aurait pu en rester là, après tout, ce qui se passe dans les limbes, on s'en tape un peu, mais malheureusement, l'armée démoniaque a maintenant flairé la trace de son ancien adversaire, réfugié sur terre.
L'ambiance graphique et la colorisation conviennent bien au propos même si, entre Bachalo et Henrichon, les adeptes de l'utra-réalisme ne seront pas à la fête. Bien que ce soit le début d'un nouvel arc, les nouveaux lecteurs peuvent éprouver quelques difficultés à rentrer dans le bain tant les jeunes mutants sont nombreux (il y a bien une scène qui permet de rappeler brièvement leur noms et pouvoirs mais elle n'est pas située au début). Ces personnages, moins connus que leurs aînés, demeurent néanmoins attachants.

Ce numéro ne va pas forcément marquer les esprits mais reste honnête dans l'ensemble. J'ai choisi en illustration la cover du deuxième épisode, Panini ayant opté bizarrement pour celle du premier, moins belle à mon sens.

ps : et voici le petit plus Deadpool. Tout d'abord, hop, ajout du mercenaire dans les figurines Marvel (déjà la 56ème, sans compter les hors séries). Elle est bien réalisée mais il faut dire qu'avec un masque, c'est plus facile. Pour rester dans l'ambiance Deadpool, un simple clic sur le Bêtisier et vous pourrez découvrir ses frasques dans les scènes #20, #25, #37 et #50, cette dernière étant toute fraîche de ce matin !

13 mars 2008

Nextwave : la parodie déjantée de Warren Ellis

Ce matin sortait le tome 2 de Nextwave dans la collection 100% Marvel. Petit coup d'oeil sur l'une des séries les plus drôles du moment.

Monica Rambeau, ancien leader des Vengeurs, Elsa Bloodstone, chasseuse de monstres, Tabitha Smith, ex X-Factor, Aaron Stack, connu aussi sous le nom de Machine Man, et Captain forment le Nextwave Squad, une équipe de seconds couteaux qui a décidé de mettre un terme aux activités terroristes de l'organisation S.I.L.E.N.C.E.. Pour se faire, ils devront affronter Dick Anger, leur ancien patron, de répugnants êtres sans cerveau et des équipes de vilains assez étranges et aux noms plutôt originaux : Le Bloc Opératoire, la Sacristie et les... Homos !

L'on savait déjà que Warren Ellis était un scénariste plutôt doué - il suffit pour s'en convaincre de jeter un oeil sur New Universal ou, entres autres, les Thunderbolts actuels - avec cette série complètement barrée, il montre qu'il possède également un humour ravageur et souvent corrosif.
Ne vous inquiétez pas trop des aventures du petit groupe, elles ne sont qu'un prétexte pour se moquer des codes super-héroïques habituels et balancer des vannes. Tout y passe ou presque : longue tirade sur le difficile choix d'un pseudo (cf à ce sujet la scène #49 du Bêtisier), allusions sexuelles, blague sur les français, petites piques sur les héros traditionnels ou encore satire sur certains emplois de bureau, tout le monde repart comblé ! Même visuellement, grâce à l'inimitable touche de Stuart Immonen (qui dans un tout autre genre travaille aujourd'hui sur Ultimate Spider-Man), le délire est présent. Le style cartoonèsque et anguleux est encore accentué par des lieux improbables ou des costumes pour le moins... exotiques.

Six épisodes bourrés d'une bonne humeur communicative. Seul petit bémol, puisque le ton est très parodique, il faut connaître sans doute au moins un peu l'univers Marvel pour apprécier pleinement le décalage. Mis à part ça, c'est excellent et comme dirait l'un des sous-titres de la série "Nextwave : une belle manière de claquer votre fric depuis 2006." ;o)

12 mars 2008

Marvel Zombies vs Army of Darkness

Après le succès des Marvel Zombies de Kirkman, une nouvelle mini-série débarque en VF à la fin du mois (le 27 si tout va bien) et oppose cette fois nos héros affamés au personnage principal de Evil Dead !

Quitte à changer de dimension, Ashley Williams aurait pu débarquer sur la bien connue et surprotégée terre 616, malheureusement, le destin en a voulu autrement et le voilà catapulté dans la dimension parallèle abritant les versions zombifiées des justiciers costumés.
Il arrive toutefois un peu avant que ce monde ne meurt mais ne parviendra pas à convaincre qui que ce soit de la menace qui se profile (ce qui est d'ailleurs tout de même étonnant, les héros passent leur temps à sauver le monde, à explorer de nouvelles dimensions, à repousser les assauts de races extraterrestres, mais qu'ils puissent se transformer en zombies leur paraît hautement improbable... pourtant, dans un tel monde, je me méfierais moi). Bref, Ash assiste, impuissant, aux premiers dégâts et va réussir à s'échapper avec l'aide d'un Spider-Man encore sain.
Le seul espoir réside maintenant dans la quête du Necronomicon, le fameux Livre des Morts, qui aurait pu se trouver dans un coin peinard, au Luxembourg par exemple, mais dont on retrouve la trace en Latvérie, patrie du si coopératif Fatalis...

Kirkman a donc laissé ici la place à John Layman pour l'écriture du scénario. Les dessins, plutôt de bonne facture, sont de Fabiano Neves. L'on retrouve l'essentiel de ce qui a fait le succès du tome précédent : du gore, de l'humour et des Masques dans des situations improbables. La grande nouveauté réside ici dans le personnage de Ash, un protagoniste issu des expériences cinématographiques peu concluantes de Sam Raimi qui, avant de massacrer Spider-Man sur grand écran, réalisait ses propres étrons bien tranquillement sans salir les créations des autres... comment un tel nullard a-t-il pu, dans un éclair de génie, mettre en scène le sublime "Un Plan Simple" ? Mystère...
Signalons que les films ont également donné naissance à des comics publiés chez Dark Horse, ouvrages dont je ne peux pas dire grand chose de plus pour la bonne raison que je ne les ai pas lus (mais bon, il serait étonnant que ce soit pire que les films).
Trêve de méchancetés, Ash sert donc ici de fil conducteur et nous permet d'en apprendre un peu plus sur le fléau qui a frappé cette terre. Le lecteur découvrira notamment le pourquoi de la rapidité de propagation du virus.

Ça mord, ça saigne, ça se bat à grands coups de tronçonneuse, ça saigne encore et, entre deux repas, ça balance des vannes. La recette est efficace et devrait combler les amateurs, d'autant que l'on peut également bénéficier de guests assez décalés comme Howard the Duck ou les Nextwave. Largement de quoi patienter jusqu'à la suite, de nouveau sous la plume de Kirkman qui a conçu une version zombie de Civil War, le "De quel côté êtes-vous ?" laissant la place à un savoureux "Dans quel estomac êtes-vous ?" ;o)

10 mars 2008

Y, The Last Man

Yorick Brown n'a rien d'un héros. Sans emploi, il gagne quelques billets en faisant des tours de cartes à Washington Square. Il est plutôt désordonné et a même du mal à s'occuper de son singe, Esperluette, qui n'hésite jamais à lui balancer quelques crottes à la tête. Pourtant, le destin de l'apprenti magicien va basculer lorsqu'il va se rendre compte que son compagnon et lui sont les seuls survivants d'un terrible fléau qui vient d'anéantir tous les mammifères mâles de la planète.
De parfait anonyme, Yorick devient donc le seul espoir de survie de l'humanité. Flanqué d'une spécialiste en clonage et d'une experte en combat, membre de l'organisation secrète Culper Ring, il va devoir, à travers le pays et bientôt le monde, se mettre en quête de réponses tout en échappant aux pires dangers. Car si les hommes ont été éradiqués, leur folie n'a pas succombé avec eux. Ainsi, les Filles des Amazones, une organisation extrémiste, et même un commando israélien vont tenter de mettre la main sur... le dernier homme.

C'est Brian K. Vaughan (auteur chez Marvel de Runaways) qui signe le scénario de Y, Le Dernier Homme, s'offrant ici une aire de jeu exceptionnelle puisque ses personnages vont bourlinguer un peu partout, accumulant des aventures d'où l'humour n'est pas absent. Les dessins, eux, sont l'oeuvre de Pia Guerra. Ils ne sont pas laids mais quelque peu simplistes, les décors manquant de détails et les visages de variété. Enfin, bon, pour une fois qu'une nana dessine un comic, on ne va pas lui jeter la pierre (qui a dit "non, juste une gomme !" ? non, commencez pas, on a dit qu'on restait sympa !).
Les covers, elles, sont par contre plutôt séduisantes, notamment celles de Carnevale ou Jones.

Les deux premiers tomes de la VF ont été édités par Semic, trois autres sont disponibles chez Panini qui a, depuis, repris les droits Vertigo.
Je viens tout juste de commencer les versions paniniennes et, déjà, je vais ronchonner. Premier hic (mais là, ce n'est peut-être pas la faute du traducteur, il faudrait vérifier sur la VO), l'abréviation "P.V.E." est présentée dans l'histoire comme un acronyme, ce qui est faux, un acronyme étant en fait un ensemble de premières lettres que l'on prononce comme un mot (ovni par exemple). C'est un détail sans doute mais étant donné qu'il est rare de rencontrer ce terme, autant l'employer à bon escient.
Une autre faute énorme (et on est loin de l'étourderie ou de la faute de frappe) concerne cette fois le traducteur. Voilà qu'on nous agresse les yeux avec un horripilant "la gente masculine". Le mot "gente", orthographié ainsi, existe bien sûr, mais c'est alors le féminin de l'adjectif "gent", qui signifie "gentil". Dans l'expression dont il est question ici, il faut donc utiliser le nom féminin "gent" qui ne prend pas de "e" à la fin et qui signifie "espèce". Sans parler d'études littéraires approfondies ou d'un bagage culturel minimum, serait-ce trop demander aux traducteurs de songer à s'offrir au moins un dictionnaire ? Il ne faut pas s'étonner que la BD ne soit pas prise au sérieux dans certains milieux littéraires lorsque l'on constate à quel point la syntaxe est bafouée en son sein.
Un comic n'est ni un long roman bardé d'expressions complexes ni un traité de physique nucléaire, la moindre des choses serait tout de même d'accorder un certain respect aux mots que l'on manie. Le Net est déjà un nid à conneries, si maintenant même les livres se gorgent d'erreurs, où faudra-t-il aller chercher la forme juste et la connaissance ? Ce glissement vers la novlangue orwellienne et l'abêtissement qui en résulte est pour le moins préoccupant, tout comme la grande légèreté dans le travail dont font preuve certains.

Cette mise au point étant faite, il me reste donc à conseiller cette série à tous les lecteurs, qu'ils soient ou non porteurs du chromosome Y. Même si le graphisme ne risque pas de vous éblouir, l'histoire en elle-même est suffisamment haletante et originale pour pallier ce petit manque d'ambition.

08 mars 2008

Jingle Bell Rock

Le Wolverine #170 nous propose ce mois-ci de faire une pause dans les séries régulières avec deux one-shots et un Logan qui fait des emplettes de Noël !

Le mutant griffu en pleine séance de shopping, c'est tout de même rare. Pourtant, notre bon Wolvie, à la demande de Kitty Pryde, est chargé de faire les courses. Le magasin est bondé, d'autant que nous sommes à l'approche des fêtes, mais les files d'attente aux caisses ne vont pas être le pire problème de la journée, heureusement pour nous.
Un groupe de malfaiteurs a décidé d'enlever la fille d'un milliardaire qui se trouve justement dans la place et sous bonne escorte. Les kidnappeurs prennent position, bloquent toutes les issues, placent des bombes un peu partout et se font passer pour des terroristes...

Oui, on l'avait déjà noté le mois dernier, ça ressemble bigrement à du Die Hard. C'est assez vite expédié pourtant et la pression n'a guère le temps de monter. L'histoire, de Rob Williams, se lit tout de même agréablement. Elle est soutenue par les dessins de Laurence Campbell (signalons à Panini que Laurence, tout comme Andrea DiVito, est un homme ;o)). L'hommage à Piège de Cristal semble appuyé et volontaire puisque vous verrez que le chef des méchants ressemble assez à Alan Rickman.
L'idée était si bonne qu'elle aurait mérité un traitement plus long.

Le deuxième one-shot, très court celui-ci (12 planches), met en scène un Wolverine affrontant Hulk dans le froid glacial du grand Nord canadien. Un petit flash-back à l'ancienne avec un final spectaculaire. On retrouve Jeph Loeb et Ed McGuinness aux commandes.

Un numéro récréatif qui aurait eu tout son sens en décembre, cette publication tardive lui ôtant une partie de son charme.

05 mars 2008

Le calme avant la tempête

Le Marvel Heroes #5, sorti ce jour, arbore fièrement le sigle World War Hulk, signe que le retour du colosse vert n'est plus très loin mais aussi que sa série débarque dans le mensuel.

Après une longue période de Monster Edition, l'on-going Incredible Hulk réintègre une revue régulière. Si la série World War Hulk proprement dite bénéficiera d'une publication à part, l'on peut déjà se mettre dans le bain avec cet épisode. Bien que Hulk lui-même en soit absent (physiquement du moins), l'on y retrouve sa charmante cousine, Jennifer Walters (She-Hulk) mais aussi Amadeus Cho, un gamin que l'on avait découvert en France dans le quatrième Monster consacré à Hulk, et qui a la particularité d'être la septième personne la plus intelligente au monde (petit jeu : trouvez les 6 autres, perso, j'ai déjà Moi et Reed Richards).
Donc la vanne à deux balles, c'est fait, qu'est-ce que je voulais dire sinon ? Ah, oui ! Le scénario est de Greg Pak et les dessins de Gary Frank (auteur, entre autres, de la série Kin).

Tout le mensuel n'est cependant pas consacré à la mise en place de WWH. On retrouve Omega Flight, pour un épisode final d'une mini-série qui n'aura pas été très convaincante dans l'ensemble. Les Mighty Avengers sont au rendez-vous également, dans un épisode plutôt bon mais qui souffre de ce découpage mensuel. L'arc, lu dans son intégralité, devrait avoir une tout autre saveur.
Enfin, les Illuminati s'occupent du cas Marvel Boy et en profitent pour deviser longuement sur les femmes et leurs insupportables défauts. ;o)
(je ne risque rien, il y a peu de femmes qui lisent ce blog)

Voilà, ne ratez donc pas Marvel Heroes si vous voulez rentrer de pied ferme dans World War Hulk. De même, tant que j'y suis, si vous comptez suivre l'évènement qui suivra WWH, Secret invasion, sachez que l'épisode des New Avengers présent ce mois dans le Marvel Icons y fait déjà référence, avec la découverte du premier Skrull infiltré (et donc du premier personnage étant en fait un imposteur). Je n'en dis pas plus pour préserver le suspens de ceux qui ne sont pas encore au courant (en gros les gens qui ne surfent pas sur le Net et qui ne lisent pas les éditos de Christian Grasse).

ps : deux petits ajouts dans le bêtisier avec les scènes #47 et #48.

Atlas Marvel

Petite présentation d'un Atlas Marvel publié aux Etats-Unis fin 2007.

Il s'agit ici du premier volume d'une encyclopédie géographique qui est destinée à couvrir les pays imaginaires, mais aussi réels, dans lesquels les personnages Marvel ont pu se trouver par le passé. Le tome 1 couvre l'Europe, l'Asie et l'Océanie. En tout, quarante pays sont représentés, cela va de l'Afghanistan au Vorozheika, en passant par l'Australie, l'Allemagne ou la Latvérie.

Que trouve-t-on exactement comme infos ? Eh bien, les données de base tout d'abord : population, capitale, gouvernement, unité monétaire, langue ou encore ressources principales permettent de dresser un rapide portrait du pays sélectionné.

D'autres domaines, plus conséquents, sont ensuite abordés. Un bilan, souvent bien détaillé (une à quatre pages selon les pays), est donc dressé sur les citoyens importants, la population surhumaine, la criminalité mais aussi l'Histoire, dans les grandes lignes, de chaque état.
Cet ouvrage original n'est pas sans défaut. Les cartes notamment sont peu précises et relativement laides. Malgré tout, les pavés de texte sont habilement aérés par quelques illustrations et même des plans (plus jolis que les cartes déjà) de lieux importants, comme Doomstadt.

Notons que l'illustration de Mike McKone, pour la France, évite les clichés. Bâtiments modernes et, surtout, pas un béret ou un accordéon parmi les passants. Ouf ! ;o)
Pour 3,99 $, voilà un guide sympathique qui pourrait faire le bonheur des amateurs de jeux de rôles. Le simple lecteur, quant à lui, pourra retrouver les traces du passage de divers héros dans tel ou tel pays.
Un bon complément aux encyclopédies classiques.

Galerie









03 mars 2008

Si les Ricains n'étaient pas là...

Le Spider-Man #98 donne un aperçu de ce que sera le futur du mensuel et propose trois épisodes se suivant de Friendly Neighborhood. Ce genre d'arc complet sera donc bientôt monnaie courante puisque, comme on le sait, les séries "secondaires" du Tisseur s'arrêtent pour laisser la place à un Amazing Spider-Man qui sortira trois fois par mois.

Peter David et Todd Nauck reviennent un peu sur The Other puisque les évènements contés ici en sont l'une des conséquences directes. Pas de Morlun cependant cette fois mais des araignées cannibales. L'occasion de voir la discrète Betty Brant manier le fusil à pompe et se faire un trip "army girl". Parallèlement, ça chauffe au Daily Bugle où Jameson en a plus que jamais après le Tisseur et ceux qui ont le malheur de prendre sa défense.
Bon, rien de bien transcendant, peu d'humour, une intrigue pas forcément passionnante, on a vu mieux.

Pas de Thunderbolts ce mois mais, par contre, la suite de Back in Black.
Qu'est-ce qu'on peut bien dire sur ça ? Toujours pareil, la tantine est dans le coma, Parker la trimballe d'un hôpital à l'autre pour éviter que les flics ne les démasquent, on la débranche, on la rebranche, on lui fait une piquouze de sang radioactif, bref, les amateurs de gériatrie hospitalière vont en avoir pour leur argent.
Ah si, y'a quand même une vanne qui sort du lot, hop, profitons-en puisqu'elles se font rares et ajoutons-la au bêtisier (scène 46).

J'en arrive au courrier des lecteurs.
Un ahuri y parle de Cap (on se demande déjà ce que ça vient faire dans la revue du Monte-en-l'air enfin bon...) d'une manière très typique. En gros, il l'adore mais regrette son nom et ce qu'il symbolise (et ça s'appelle quand même "bien aimer" ça ? c'est quoi "détester" alors ?).
- Tu sais Ingrid, je t'adore.
- Oh, merci, c'est trop gentil !
- Enfin...à part que je te trouve hyper mal habillée. Et puis, avec ton QI de soupe à la tomate, t'es pas une lumière non plus hein. Pis t'as un vache de long nez. Mais, à part ça, j'suis trop fan de toi.
- Ah heu...
Oui, "heu" justement. Mais, nom d'un poil de cul, qu'est-ce qu'ont donc les franchouilleux contre les Etats-Unis ? Si le type s'appelait Captain Naziland ou Iron Laden, je comprendrais, mais qu'y a-t-il de si honteux à porter le nom de la plus grande démocratie au monde ? Un pays qui nous a sauvé les miches des nazis puis nous a protégé des soviétiques ! Qu'est-ce qu'on leur reproche ? De pas nous avoir taillé une pipe en partant ? Et puis, bien évidemment, non content de fermer les yeux sur cet anti-américanisme ignoble (et tellement à la mode), Panini semble l'encenser en ne ratant jamais une occasion de donner la parole aux plus ignares. Plus le cliché est gros, plus les propos sont caricaturaux et nauséabonds, plus l'éditeur s'en délecte.
Mais pensez donc, notre pays est une si belle réussite économique et sociale qu'évidemment, le gaulois de base peut se permettre de faire la leçon au monde entier tout en dégustant sa cervoise. Et puis l'actualité nous donne bien raison, pas vrai madame Michu ? Regardez ces bouffeurs de steaks hachés s'enliser en Irak, c'est pas à nous que ça arriverait ! Enfin, il y a bien l'exemple algérien et même l'Indochine, mais pour le savoir, encore faut-il avoir passé plus de temps à l'école que dans les bistrots.
Autre connerie magnifique, voilà que le personnage (de Cap donc) imposerait le "fameux american way of life". Mais quel american way ? Celui du yuppie new-yorkais ? Du paysan perdu dans le Dakota du Nord ? Celui des Amish de Pennsylvanie ? Des latinos de Floride ? Parce que, à part des dizaines de particularités régionales très spécifiques, l'american way se limite bien souvent à quelques valeurs que l'on retrouve, et pour cause, en Europe, mis à part, peut-être, le patriotisme, cette dernière étant considérée comme un blasphème au pays du camembert. Aimer son pays n'est pourtant pas un crime mais que voulez-vous, à force d'haïr nos alliés et nos frères, l'on finit par se détester soi-même.
En tout cas, si l'on invente un jour un Captain Moron, on sait déjà quel drapeau il vénérera...

Si les Ricains n'étaient pas là
Vous seriez tous en Germanie
A parler de je ne sais quoi,
A saluer je ne sais qui.

Bien sûr les années ont passé.
Les fusils ont changé de mains.
Est-ce une raison pour oublier
Qu'un jour on en a eu besoin ?

Un gars venu de Géorgie
Qui se foutait pas mal de toi
Est v'nu mourir en Normandie,
Un matin où tu n'y étais pas.

Bien sûr les années ont passé.
On est devenus des copains.
A l'amicale du fusillé,
On dit qu'ils sont tombés pour rien.

Michel Sardou, 1967 (comme quoi, déjà à l'époque, il fallait rappeler des évidences à certains héros de comptoir, prompts à baisser le regard devant un fusil mais n'hésitant jamais à cracher sur une main amicale...)

01 mars 2008

Et l'esclave devint Roi

Suite et fin de la saga Planet Hulk dans le quatrième Marvel Monster Edition consacré au monstre vert. Prélude à une guerre mondiale...

Le temps de la Balafre Verte est venu. Le Roi Rouge vaincu, le monde dans lequel Hulk a trouvé refuge demande maintenant à être dirigé, et par qui d'autre que son libérateur ? Le nouveau souverain souhaite maintenant gagner la paix. Il dépêche des émissaires et négocie avec les races en lutte contre le pouvoir impérial. Après le courage dans l'affrontement, il faut maintenant apprendre l'espoir, retrouver foi en l'avenir et reconstruire.
Mais il est des paix plus dures à remporter que les batailles les plus acharnées.

La première partie de Planet Hulk (cf Liés en Guerre) nous avait offert une épique et poignante aventure, le final est tout aussi passionnant. On y retrouve un Hulk plus humain que jamais, trouvant la paix de l'âme, l'amour même, mais ramené inexorablement vers la tragédie et ne maîtrisant pas plus son destin qu'une plume sa direction dans le vent.
Il s'agit ici d'un prélude à l'évènement World War Hulk (qui commence ce mois-ci en France) et, à la différence de Civil War qui entretenait une certaine ambiguïté entre les différents camps, le lecteur ne peut s'empêcher d'être ici - au moins de coeur - entièrement du côté de l'alter ego de Bruce Banner. Le Bien (ou la théorie du "moins pire") défendu par les Illuminati en vient à s'étioler et, trop terre à terre et sans contrepoids moral, finit par perdre son sens premier. De la menace éventuelle représentée par Hulk, il ne reste plus grand chose, écrasée qu'elle est par l'injustice perpétuelle qui le frappe.
Certaines scènes sont assez émouvantes et démontrent que si le corps du colosse est quasiment indestructible, son âme, elle, reste encore fragile, surtout dans un monde où même ses anciens "amis" ne jugent bien souvent que sur la froideur des actes, sans chercher à percer l'écorce, si épaisse soit-elle, de leur auteur.
Bref, voilà des épisodes qui ne s'oublieront pas de sitôt, d'autant que la fureur et la peine qui s'y entremêlent nous laissent entrevoir une riposte qui devrait laisser des traces.

Une mini-série datant de 2005 et centrée sur l'Abomination complète l'ouvrage. Greg Pak laisse alors la place à Peter David au scénario. Ce dernier réactualise les origines de Emil Blonsky d'une manière assez habile, justifiant même l'existence du comic où, à l'époque, il fait son apparition. Le pitch est assez simple, le gouvernement souhaitant savoir si l'Abomination peut être utilisée par l'armée, le docteur Leonard Samson est chargé d'évaluer son potentiel et d'en dresser le profil psychologique.
Cela reste assez honnête, pourtant, à la limite, mieux vaut lire cet arc en premier tant, bien que n'étant pas mauvais, il peut paraître fade après Planet Hulk.

Ne loupez pas le retour sur terre de Hulk et de ses frères d'armes, à jamais liés en guerre, dans les World War Hulk #1 et Marvel Heroes #5 de ce mois.

"Ceci est l'histoire de la Balafre Verte.
L'oeil de colère...
Destructeur des Mondes.
Harkanon...
Haarg...
Holku...
Hulk.
Et comment il rentra chez lui."