28 avril 2008

Devils

L'Ultimate Fantastic Four #23 de ce mois propose exceptionnellement trois épisodes au lieu des deux habituels, l'occasion de pouvoir lire l'arc Devils dans son intégralité.

L'alchimiste Menendez Flores, connu également sous le nom de Diablo, a été emprisonné à Milan au XVème siècle. Ses pouvoirs lui permettant de voir le futur, il va tenter de se libérer avec l'aide, bien involontaire, des Fantastiques, ces derniers étant contraints de voyager dans le temps pour porter secours à des membres de leurs familles, enlevés par ce mystérieux Diablo.

Mark Carey signe là une histoire plutôt sympathique et rondement menée. Scott Kolins et Mark Brooks se sont partagés les dessins, l'un s'occupant de l'époque moderne et l'autre de l'Italie médiévale. L'histoire oppose la science de Richards à la magie de Flores et reprend même un peu le concept de "porte" à la Stargate dans une version moyenâgeuse assez réussie. D'une certaine façon, ces FF Ultimate se rapprochent, ici, de leurs pendants classiques avec une aventure moins réaliste qu'à l'accoutumé.
Une petite curiosité qui pourrait avoir des répercussions par la suite : un changement d'aspect assez inattendu pour la Chose (visible, si vous voulez en savoir plus, dans la scène #54 du Bêtisier).

Une saga complète de 66 planches pour 4,00 €.

26 avril 2008

Ce n'est qu'une animatrice...

Aujourd'hui, dans l'émission Extérieur Jour de la chaîne Canal+, Daphné Roulier recevait, lors d'un sujet sur la sortie d'Iron Man, l'acteur Robert Downey Jr. La journaliste, arborant le look aguichant d'une institutrice revêche en phase de ménopause, cite alors quelques phrases de Jon Favreau, le réalisateur, qui parle de son film de manière passionnée et qui tente d'expliquer son travail. Elle tempère aussitôt, d'un ton dédaigneux, par un "tout de même, il n'en fait pas trop ? Ce n'est qu'une BD..."
En une phrase, tout est dit.

Car, enfin, se permettrait-on de dire d'un film adapté d'un roman, "ce n'est qu'un livre" ? Non, à l'évidence. Tout simplement parce que le livre, pour l'esprit étroit de la pseudo-élite parisianiste, est noble et respectable, à l'inverse de ces comics pour attardés dont les américains osent faire, en plus, des films !
C'est peu de dire que le concept de roman graphique n'a pas encore pu faire son trou en France, malgré pourtant des oeuvres majeures telles que Watchmen ou 300, pour ne citer que Moore et Miller. Cependant, c'est encore compréhensible, culturellement, la France est plus proche, même de nos jours, de la veine franco-belge, orientée plus majoritairement vers un public jeune. Mais ce qui est excusable pour le citoyen lambda l'est beaucoup moins pour une personne se réclamant de la corporation, pourtant bouffie d'orgueil, des journalistes. Leur travail ne devrait-il pas consister à ouvrir les esprits, corriger les erreurs, apporter du savoir au plus grand nombre plutôt que d'enfoncer, avec un plaisir malsain, le clou des pires idées reçues ?

Certains pourront me dire qu'il ne s'agit que d'une phrase prononcée à la va-vite par une sotte animatrice au sourire carnassier et au regard de poisson mort, il n'en reste pas moins qu'elle est assassine, presque autant pour ce qu'elle implique comme réflexe dans l'inconscient du spectateur que pour tout un pan de la culture moderne qu'elle nie.
Lorsque l'on prononce une telle phrase, "ce n'est qu'une BD", il n'y a même plus besoin de critiques ou d'avis négatifs tant elle se fonde sur une acceptation de fond selon laquelle la bande dessinée n'est qu'un livre au rabais, le medium artistique du benêt en quelque sorte. Il serait donc, sinon interdit, du moins risible de s'en réclamer et carrément suicidaire dans certains cercles d'en vanter des qualités qui ne peuvent être qu'imaginaires.
Aurait-on le culot de dire d'un Rembrandt qu'il ne s'agit que d'un dessin sans passer aussitôt pour un parfait béotien ? Viendrait-il à l'idée, même du plus inculte crétin, de penser que la musique n'est que du son destiné aux enfants et aux marginaux ? Pourtant, pour les employés "branchouilles" de Canal+, le statut minable de la bande dessinée est une telle évidence qu'ils font même appel à l'imagerie pavlovienne qu'elle suscite chez le plus grand nombre.

Quelle triste attitude, en vérité, de la part d'un milieu intellectuel pédant et obtus qui ne distribue les bonnes notes que suivant les modes et le souffle du vent dominant, tout le contraire de ce que l'on est en droit d'attendre de gens censés être éclairés. C'est sans doute trop demander, le titre ronflant suffit ! Si les journalistes devaient en plus faire un minimum de recherches sur les sujets qu'ils évoquent, ils n'auraient plus le temps de courir les soirées mondaines, vous savez, ces endroits chics peuplés de gens qui ne lisent pas de BD. Ou ne lisent pas tout court, le plus souvent, à en juger par les lieux communs qu'ils ahanent, le souffle court et de manière pathétique, pressés qu'ils sont de recracher dans la masse les idées courtes qu'ils sont allés y chercher, comme pour alimenter une digestion sans fin dans laquelle se dissout, inexorablement, le bon sens, la capacité de réflexion et le libre arbitre.

Voilà aussi, sans doute, le résultat d'adaptations cinématographiques qui, dans le cas de Marvel, n'auront toujours été, jusqu'ici, qu'un pâle ersatz de ce que les comics modernes offraient à leurs lecteurs et qui ont contribué à faire croire au grand public que le genre super-héroïque n'avait guère d'intérêt. Pourtant, lorsque l'on prend le temps de lire le Daredevil de Bendis ou celui de Brubaker et qu'on le compare au film du même nom, on aurait presque envie de dire "bah, ce n'est que du cinéma..."
Seulement voilà, il est des étrons recouverts de paillettes qui vaudront toujours plus, pour certains snobs, que les joyaux véritables que nous trouvons dans nos planches. Et tant pis si ça sent mauvais du moment que ça brille. Laissons donc Daphné s'étourdir avec la si passionnante production cinématographique française et retournons à nos phylactères que ses jugements à l'emporte-pièce ne parviendront pas à assombrir, peut-être parce qu'il est des talents qui peuvent aisément se passer de la promotion vulgaire des perruches télévisuelles.

25 avril 2008

Daredevil dans l'enfer de Ryker's

Le Daredevil #14, publié hier en VF, voit Brubaker prendre la relève de Bendis sur l'un des titres Marvel les plus réussis du moment.

Matt Murdock est enfermé dans la prison fédérale de Ryker's Island. Du fond de sa cellule, ses sens aiguisés lui apportent la puanteur et le bruit continuel. Au milieu d'une faune épouvantable, il va falloir survivre et ne pas se trahir en attendant un hypothétique procès que le FBI préfèrerait éviter. Car, finalement, que ce soit les flics ou les criminels, beaucoup ont intérêt à ce que l'histoire du célèbre avocat de Hell's Kitchen se termine dans un bain de sang.

Le run de Bendis et Maleev (qui s'était achevé dans le tome précédent) avait été passionnant à suivre et probablement l'une des meilleures périodes pour le Diable Rouge. Heureusement, la relève s'avère prometteuse avec un Ed Brubaker (scénario) bien plus inspiré que pour son (surestimé) Criminal. Les dessins de Michael Lark restent dans la veine de son prédécesseur, avec une ambiance sombre convenant au ton très polar de la série.

Côté casting, il y a du monde : le Punisher, Iron Fist, Ben Urich, le Hibou, le Caïd, Bullseye, Hammerhead... une jolie galerie de personnages pour ces six épisodes violents et tendus. Eh oui, au menu, il y a du sang qui coule et des os qui pètent, rien d'étonnant vu le cadre carcéral.
On termine même, en plus des covers habituelles, par une petite interview des deux compères (Lark et Brubaker) qui, visiblement, s'entendent comme deux larrons en foire. Voilà un investissement de 14,00 € que vous n'aurez pas à regretter, d'autant qu'il est rare qu'un 100% Marvel se voit ainsi doté d'un petit supplément.

De l'action et du suspens parfaitement mis en scène pour un passage de relais enthousiasmant.

24 avril 2008

Tête de Fer débarque dans les Incontournables

La collection Marvel - Les Incontournables s'enrichit d'un nouveau héros en la personne du très controversé Iron Man. Ou comment mettre la main sur une saga qui sent le réchauffé mais qui reste bon marché.

Après le Tisseur, c'est donc au tour de Tony Stark de se voir offrir les honneurs de la nouvelle collection lancée par Panini. Même si l'on peut penser que cette sortie (qui coïncide avec l'arrivée du Vengeur au cinéma) est un peu opportuniste, elle était inévitable tant le personnage est, aujourd'hui plus que jamais, l'un des piliers du Marvelverse.
Ne vous y laissez pas tromper, même si la cover est de Adi Granov, il ne s'agit pas du récent Extremis mais d'une saga bien plus ancienne : The Mask in the Iron Man de Joe Quesada (scénario) et Sean Chen & Alitha Martinez (dessins).

L'histoire est assez classique et met en scène un Stark hanté par ses vieux démons (l'alcool en tête) et sa vie dissolue. Il doit faire face ici à une armure si évoluée qu'elle en devient consciente. Malheureusement, comme souvent avec les robots/ordinateurs/IA dans la littérature ou au cinéma, le sosie informatique de Stark n'a pas tout à fait les mêmes préoccupations morales que lui et va même aller jusqu'à tuer...

Bien que cet arc date de 2000 (il n'est pas si ancien que ça), il a pris tout de même un petit coup de vieux en regard de la production actuelle. Graphisme et storytelling sentent encore les 90's et charrient, avec ce parfum particulier, les petits défauts qui vont avec. C'est parfois bien bavard (et c'est là que l'on se rend compte que tout le monde n'a pas le talent d'un Bendis pour ce qui est des dialogues) et relativement simpliste. On peine à rentrer dans l'histoire et à s'inquiéter pour ce pauvre Tony, malgré un final plus subtil que ne le laissait penser l'évolution de cet étrange conflit entre l'homme et la machine qu'il a créée.
Le fascicule qui accompagne le livre contient un épisode, assez vieux, de Bob Layton et (déjà) John Romita Jr. L'histoire n'a guère d'intérêt (ça n'introduit même pas spécialement bien le perso) si ce n'est une occasion de se fendre la poire avec un Stark au look improbable (à l'époque il n'a pas de bouc, juste la moustache, et surtout il a des cheveux assez longs et un brushing des plus ridicules, on le croirait tout droit sorti d'un soap).

Bon, j'ai un peu la dent dure mais avec un prix aussi bas (6,95 €) et un livre aussi joli (hardcover et belle reliure), ce serait dommage de passer à côté. Seulement, sachez qu'en fait d'Incontournable, cette tranche de vie d'Iron Man aurait pu aussi bien s'intituler Dispensable.
Il est d'ailleurs dommage que le contenu de cette collection (et de la précédente) évolue sans cesse entre véritables morceaux d'anthologie et arcs secondaires dont on n'a que faire. Vous voilà prévenus.

X-Campus : l'adolescence des mutants

La collection Marvel Transatlantique accueille un nouveau titre, X-Campus, qui revisite l'adolescence de certains mutants bien connus. Nouveau désastre pour un label qui n'a jamais vraiment brillé ou bonne surprise ?

Une oeuvre publiée sous le label Transatlantique est toujours synonyme d'appréhension tant les essais précédents étaient navrants. Rappelons que le principe veut que des équipes européennes s'essaient à donner leur version des plus illustres personnages de la Maison des Idées (qui n'est pas très rancunière). Si encore le Wolverine : Saudade des frenchies ne s'en tirait pas trop mal, Le Secret du Verre et Deuxième Mort avaient été, eux, de parfaits ratages. Et si je vous dis que ce X-Campus a également, comme ces deux titres, été confié à une équipe italienne, j'en vois certains frémir à l'idée du retour de l'inimitable Tito Faraci (qui est au comic ce que Diam's est à la musique et à la féminité).
Heureusement, non, ce n'est pas lui qui s'y colle cette fois. Voilà, on peut souffler.

Le scénario a été confié à Francesco Artibani. Autant le dire tout de suite, il est largement plus doué que Tito (ce n'est pas bien difficile m'enfin, quand même). L'histoire met en scène certains personnages très connus (Malicia, Wolverine, Cyclope, Emma Frost, Xavier, Magneto, etc.) mais dans un contexte totalement différent. Ils sont en fait tous très jeunes (ou professeurs pour Magnus ou Jean Grey) et étudient à l'institut Worthington. Evidemment, tous ces gamins ont des pouvoirs, mais plus de noms de code ou de costumes, tout le folklore habituel étant remisé au placard pour faire place à un cadre scolaire (presque) normal.
Dans l'ombre, évidemment, des complots déjà se trament et certains professeurs malintentionnés vont tenter de rallier les élèves à leur sinistre cause.

Les dessins, eux, sont l'oeuvre de Denis Medri, fort bien secondé à la colorisation par Sergio Algozzino. On a ici un graphisme moderne et très doux qui fait un peu penser à celui de NYX, en plus enfantin. On est d'ailleurs, d'un point de vue narratif, à mi-chemin entre cette oeuvre et un titre Marvel Age (comme Emma Frost ou Spider-Man loves Mary Jane). Malgré tout, si le public visé semble jeune, ces premiers épisodes sont suffisamment bien réalisés pour intéresser un lecteur avide de changement, quel que soit son âge.
Si des éléments importants de la mythologie X-Men sont conservés, le ton est, lui, plus léger et s'adapte au jeune âge des héros.

Ce premier tome est donc plutôt positif dans l'ensemble et lave l'affront qu'avaient subi nos amis italiens après le fiasco de leurs précédentes équipes. ;o)
Pour une fois qu'un titre Transatlantique est bon et, en plus, quelque peu novateur, on ne va pas s'en priver, surtout pour 10,50 €.

22 avril 2008

Crossover Marvel/Top Cow

Panini lance aujourd'hui une nouvelle revue spécialisée dans les crossovers entre Marvel et d'autres éditeurs. On ouvre le bal avec Top Cow.

Petite bizarrerie, à l'origine, la revue devait s'appeler Marvel Crossover, 2ème du nom donc puisque l'on se souvient qu'une publication avait déjà porté ce titre il y a quelques années (on pouvait notamment y retrouver l'univers Amalgam issu de DC et Marvel). C'est d'ailleurs bien un énorme Marvel Crossover qui figure en guise de titre sur la cover. Pourtant, surprise, on peut lire en tout petit en dessous la mention "un hors série de Marvel Universe". Et effectivement, en jetant un oeil sur la tranche l'on peut constater qu'il s'agit bien d'un Marvel Universe HS premier du nom. Bon, pourquoi pas. Par contre, l'édito de Sylvain Doucet (ah ben toutes les gaffes ne peuvent pas être faites par Christian Grasse, ça s'appelle la répartition des tâches) nous présente cette nouvelle collection comme s'appelant Marvel Crossover. Du coup, on ne sait pas trop comment appeler ce truc, Marvel Universe HS #1 ou Marvel Crossover (vII) #1. M'est avis que l'édito était prêt depuis un moment (puisque le binz devait paraître le mois dernier au départ) puis, entre temps, ils ont changé de titre sans corriger ni la maquette ni les textes intérieurs (pas de raison de s'emmerder pour si peu vu qu'ils ne s'inquiètent déjà pas d'erreurs bien plus graves).

Voyons maintenant le contenu. Il s'agit de deux one-shots. Le premier est une rencontre The Darkness/Wolverine dessinée par Tyler Kirkham et scénarisée par Frank Tieri. L'histoire est construite sous forme de flashbacks se déroulant en France pendant la deuxième guerre mondiale. Eh oui, Logan faisait déjà de bien mauvaises rencontres à l'époque. Graphiquement, rien à dire, c'est plutôt beau et colorisé dans des teintes d'un brun pastel du plus bel effet.
Le second épisode laisse la place à une confrontation entre Witchblade et le Punisher. Le scénario est écrit par Ron Marz, le graphisme est de Adriana Melo (cette fois c'est bien une nana mais ils n'ont pas osé le préciser de peur d'en refaire une à la Andrea DiVito). Les dessins sont moins soignés et plus classiques mais restent tout à fait honnêtes. Le pitch : Witchblade escorte un mafieux russe qui a passé un accord avec le gouvernement. Le Punisher, lui, ne l'entend pas ainsi et va tendre une embuscade au fourgon cellulaire afin de liquider le russkof.

Alors que penser de tout cela ? Bof, disons que ça vaut surtout pour la rencontre inter-éditeurs, l'intérêt des récits étant plus que discutable. Ce n'est pas spécialement mauvais mais ça n'a rien d'extraordinaire non plus, ça reste même un peu fade même s'il faut bien admettre que l'exercice du one-shot n'est pas le plus simple, surtout lorsqu'il faut faire se rencontrer deux univers différents.
De plus, deux épisodes pour 4,00 €, on a déjà vu mieux. A la limite, vu que l'on a parfois du 6 x 22 planches pour 5,60 €, on aurait pu espérer avoir quatre épisodes pour le même prix, d'autant que la prochaine fournée reste du Top Cow, on ne voit pas ce qui empêchait de proposer une revue plus fournie, quitte à attendre deux mois de plus.

Un titre anecdotique qui devrait tout de même faire plaisir aux fans des personnages Top Cow et aux amateurs de cafouillages paniniens. ;o)

ps : ah oui, au fait, n'hésitez pas à agrandir l'illustration de l'article (en cliquant dessus), c'est assez joli et plutôt grand format (il y a tellement de logos sur la couverture du comic, "en vrai", que ça ne rend pas du tout pareil).

20 avril 2008

Lost in Translation

Les traducteurs paniniens se distinguent encore dans le World War Hulk #2 de ce mois. Hulk n'est pas content, les lecteurs non plus.

Hulk, avant de s'en prendre à Iron Man, fait un petit détour par la lune afin d'y affronter Blackagar Boltagon, chef des Inhumains et membre des Illuminati, le groupe responsable de son exil forcé.
Pendant ce temps là, Manhattan est évacuée avec l'aide des héros non recensés, ces derniers bénéficiant d'une trêve compte tenu de la gravité de la situation. Rapidement, Stark et Richards font appel à l'homme le plus puissant du monde... Sentry.

On entre réellement dans le vif du sujet cette fois avec Greg Pak au scénario et un excellent John Romita Jr aux crayons. Les dessins rendent bien cette impression d'affrontement titanesque et de puissance démesurée. Le premier épisode de Costume Division : Death of an Android, une saga issue de WWH : Frontline, complète la revue. L'on y retrouve Danny Granville, un inspecteur de la division des surhumains, que l'on a déjà pu voir récemment dans la nouvelle série des New Warriors, publiée dans le Marvel Icons HS #13.

Mais passons aux traditionnelles panineries. Tout d'abord, Christian Grasse nous refait le coup de Civil War dans son dossier WWH en confondant Ben Urich avec Phil, son neveu. Personne ne lui a donc fait passer l'info qu'il s'agissait de deux personnes différentes ? Il ne lit pas non plus ce qu'il commente alors, parce que tout le monde donne du "Ben" à cet Urich, sauf lui.
La traduction n'est guère meilleure. Juste un petit détail pour commencer, alors que Stark évoque des termes informatiques, "firewall" est traduit par un "mur de feu" quelque peu ridicule tandis que "feedback" reste... "feedback" en français. Allez trouver une logique là-dedans. Mais la grosse bourde vient d'une scène dans laquelle Sentry évoque son double maléfique, Void. Cette entité, issue des troubles psychologiques du héros doré, a toujours été nommée Void (normal, c'est son nom) dans les traductions françaises précédentes (en 100% Marvel ou en Marvel Mega HS). Or, ici, on nous traduit ça subitement par "le vide". Même pas "Vide" en tant que nom propre, juste "le vide". Exemple : "la dernière fois que je l'ai vu, il luttait contre le vide." ou encore "Robert, tu as vaincu le vide, rappelle-toi."
A moins de savoir déjà que c'est Void qui est évoqué, je vois mal comment pourraient faire les nouveaux lecteurs pour imaginer que l'on parle de quelqu'un et non du vide spatial par exemple. On nous avait déjà fait le coup avec les brumes tératogènes (cf cet article), que les sbires de la sandwicherie ne traduisent jamais de la même manière, voilà maintenant que Void est remplacé par le vide. Et pourquoi pas l'homme en fer pour Iron Man ? On se demande comment Marvel peut accepter que ses droits soient aux mains d'une maison dont le travail éditorial est proche du néant.

Ceci dit, WWH est maintenant lancé et se suit agréablement si l'on met de côté une VF irritante de légèreté, Panini réussissant à endosser le rôle d'un gamin insouciant à qui l'on aurait confié un jouet trop beau - et sans doute trop complexe - pour lui.

18 avril 2008

Ultimate Knights : des filles et des vilains

L'Ultimate Spider-Man #56 met un point final au grand chambardement de la Saga du Clone et contient également le premier épisode de Ultimate Knights.

Il y avait eu pas mal de coups de théâtre ces derniers temps, il fallait bien un petit épilogue pour remettre un peu d'ordre dans la vie du Tisseur. Rappelons que la tante May est maintenant au courant des activités super-héroïques de son petit sacripant de neveu, que le père de Peter était en fait un clone - tout comme Spider-Woman ou Gwen - et que Richards a trouvé le moyen de sauver MJ et même d'ôter ses pouvoirs au Tisseur si celui-ci le désire.

Toujours notre vieux et excellent tandem Brian Michael Bendis/Mark Bagley aux commandes. Pas de surprises donc mais dans le bon sens du terme. Ces deux épisodes sont plus calmes que les précédents (il faut bien nous laisser le temps de souffler un peu) mais ce n'est pas pour nous déplaire.


Nous retrouvons ici les problèmes liés à la vie quotidienne de Peter, sa vie sentimentale en tête. Enfin, "problème", c'est vite dit, il sort quand même avec MJ et Kitty Pryde maintenant. On a vu pire comme situation. ;o)
L'histoire intitulée Ultimate Knights n'en est qu'à ses balbutiements mais sachez qu'il s'agit, pour Daredevil, de réunir un groupe d'encapés afin de liquider le Caïd une bonne fois pour toutes. Une Jessica Jones (déjà l'oeuvre de Bendis dans le marvelverse classique) version Ultimate fait également sa première apparition dans ces pages.

Voilà encore deux bons épisodes nous plongeant parfaitement dans le monde Ultimate (Nick Fury y est présent, mais aussi les FF et d'autres personnages de moindre importance). Il se dégage de ces planches une impression de grande cohérence et surtout ce subtil parfum propre à l'adolescence que seul notre Monte-en-L'air Ultimate peut nous offrir sans risque de paraître ridicule. Quant aux dialogues, eh bien c'est du Bendis, autant dire qu'ils rendent le tout fluide et digeste.
Pas un grand moment mais un moment sympa et léger, comme on les aime de temps à autre.

16 avril 2008

La dernière provocation des New Warriors

Le Marvel Icons hors série #13, arrivé ce matin dans nos kiosques, s'intitule "Provocation" et met en scène le retour des New Warriors version post-Stamford.

Une nouvelle équipe de héros non recensés fait parler d'elle à New York. Des jeunes ayant pris le parti de l'illégalité et luttant contre l'Initiative de Tony Stark. Comble de la provocation, ils prennent même le nom de New Warriors, le groupe à l'origine de la promulgation de la loi qu'ils combattent (et de la guerre civile qui a suivi).
Mais qui est ce Night Trasher revenu, en apparence, d'entre les morts ? Et si quelqu'un, dans l'ombre, les manipulait tous ?

Les six épisodes regroupés ici sont scénarisés par Kevin Grevioux (un scénariste issu du monde du cinéma) et dessinés par Paco Medina. C'est visuellement très bien fait, avec une colorisation des plus réussies. Du point de vue de l'histoire, on sent l'influence cinématographique, notamment en ce qui concerne les flics et leurs répliques (les vannes entre collègues ou certaines expressions très typées) ou encore la traditionnelle fausse piste, presque un passage obligé de polar classique mais parfaitement maîtrisé. L'une des covers parodie même l'affiche de Usual Suspects (dommage, à ce sujet, que Nic Klein, le cover artist, ne nous fasse pas une Sofia Mantega aussi jolie que celle de Medina).

En fait de New Warriors, l'on retrouve surtout ici d'anciens mutants ayant perdu leurs pouvoirs depuis le Jour M. Bec (méconnaissable, forcément, ce qui n'est pas un mal), Jubilé ou Stacy X font, entre autres, partie du casting. Parallèlement à leurs agissements, c'est surtout à une enquête de police que nous assistons, avec une ambiance de conspiration gouvernementale qui donne au tout une saveur "Frontline". D'ailleurs, Sally Floyd et Ben Urich, les deux reporters, font même une petite apparition.
Cette mini-série constitue une histoire complète et nous offre même une petite révélation finale à la clé.

Voilà une saga qui s'inscrit tout à fait dans l'ambiance paranoïaque de l'après Civil War. Cette nouvelle équipe, plutôt "engagée", est moins séduisante que les jeunes de l'Initiative ou que les Runaways mais elle gagne en références ce qu'elle perd en fraîcheur.
Pour 5,60 €, voilà un très bon polar super-héroïque qui devrait tenter pas mal de lecteurs.

14 avril 2008

Le Tisseur dans l'Heroic-Bikini-Fantasy

Le Spider-Man Hors Série #26, sorti samedi, vous amène tranquillement à la plage. ;o)

New York subit la magie d'un type qui expédie Manhattan au moyen-âge. Spidey va devoir faire équipe avec Red Sonja (un Conan avec des nibards) pour ramener tout cela à la normale. Bon, pour corser l'affaire, on a un Venom sur les bras. Ancienne version bien sûr (Eddie Brock donc) puisque tout cela se passe bien avant Civil War et les évènements récents.

Tous les fans marvelliens ne connaissent pas forcément Red Sonja. D'autant que les droits de cette dernière sont maintenant passés chez Dynamite Entertainment. Ce n'est pourtant pas la première fois qu'elle fait équipe avec le Tisseur mais aucune allusion n'est faite sur la précédente rencontre.
Ces cinq épisodes sont l'oeuvre de Michael Avon Oeming et Mel Rubi.
Le premier est connu (pour son boulot sur Thor, Omega Flight ou même Powers), le second, pfiouuttt, jamais entendu parler pour ma part. Il se trouve qu'il se débrouille pas mal du tout, les dessins étant plutôt agréables (je précise que le même duo officie sur le Red Sonja paru chez Panini).

Bon, même si le travail n'est pas totalement bâclé (pour le graphisme en tout cas), il est difficile de trouver un réel intérêt à ces cinq épisodes. C'est plutôt fade, avec un vilain peu charismatique et un enjeu qui peine à vraiment faire vibrer le lecteur. On est même un peu déboussolé par la logique de la transposition époque moderne/temps anciens. En effet, si le pékin moyen agit comme un abruti médiéval, les personnages clés, eux, ont conscience du changement temporel, sans que l'on sache trop pourquoi ("ben si, on sait pourquoi, ça m'arrange" (note du scénariste)).
Que dire... c'est assez poussif. Il y a bien quelques vannes, sur Tolkien et l'univers fantastique en général, mais ça reste vraiment convenu. Même les Exilés avaient visités, il n'y a pas si longtemps, un New York médiéval plus crédible où un Spidey "d'époque" tissait sa toile.
Reste une tenue sexy, ou voulue comme telle, qui fera passer le dernier catalogue de La Redoute pour un magazine hard.

Enfantin et finalement lourdingue. A prendre vraiment comme un exercice de style (raté) plutôt que comme une saga originale. Du pipi de chat à côté d'un 1602, même si ce n'est pas tout à fait comparable. On a ici ce que l'on aimerait ne plus jamais voir : des planches artificiellement maintenues entre elles par un crossover faussement alléchant. Un scénario digne de ce nom aurait été le bienvenu.

ps : ajout, je sais plus quand (lol), de Pourpoint Jaune et la Guêpe dans les Figurines Marvel.

pps : signalons aussi la sortie du Marvel Universe #8 (contant les débuts de Annihilation : Conquest) avec une cover de l'ami Aleksi Briclot (qui avait eu la gentillesse de répondre à quelques questions lors de cet entretien).

10 avril 2008

Silver Surfer : Requiem

La dernière mini-série en date concernant le Silver Surfer débarque aujourd'hui en France et porte le nom évocateur de Requiem.

Le destin du Surfer l'a mené à travers l'espace, aux confins de l'univers. Il a assisté à la naissance de milliers de mondes. A la mort de nombre d'entre eux aussi. Il surfe depuis longtemps sur le cycle de la vie, entend avec toujours le même émerveillement le fracas des ouragans cosmiques, lorsque, dans la fournaise, la vie s'éveille ou s'éteint.
Norrin Radd arrive lui aussi à la fin d'un cycle. Mais avant de s'éteindre, il lui reste encore un petit périple à accomplir : savourer une dernière fois les merveilles de son monde d'adoption puis, en paix, s'en retourner mourir parmi les siens, sur Zenn-La.

Je n'étais guère emballé, a priori, par ce Silver Surfer : Requiem. Un peu inquiet quant au scénario d'un J.M. Straczynski quelque peu en perte de vitesse ces derniers temps, je n'étais guère convaincu, en plus, de la pertinence du choix d'un Esad Ribic (dont j'avais pourtant admiré le travail sur Loki) pour illustrer une aventure cosmique. Pour couronner le tout, l'ouvrage est un peu petit pour un Graphic Novel (à peine plus grand qu'un Best Of, on est loin d'un NYX ou d'un Daredevil : Father).
Bref, je le flairais mal. Le Surfer n'étant déjà pas d'un naturel très gai, je m'attendais au pire pour ses derniers instants, avec tirades sentencieuses à la clé.
Eh bien non ! Non seulement l'on échappe aux pièges que l'on sentait venir de loin mais, en plus, ce Requiem s'avère être des plus plaisants. Et sans fausses notes.

Tout d'abord, rendons grâce à Ribic, son travail est magnifique. Que ce soit les paysages terrestres ou les immensités spatiales, tous les décors sont d'une grande beauté. Et même si le costume d'un Spidey, avec son aspect "tissu", peut avoir un côté rétro pas toujours au goût de tous (à la Alex Ross un peu), l'on est très vite conquis par un univers visuel subtil et léché, aux teintes pastel envoûtantes.
Du coup, l'on rage d'autant plus sur le format étriqué (3 cm de moins en hauteur et 4 cm de moins en largeur que NYX, pour un prix finalement plus élevé).

Quant à ce bougre de Straczynski, nul doute qu'il est là dans un de ses bons jours, du niveau de certains moments sur Spider-Man ou des débuts de Supreme Power. L'histoire se décompose en quatre parties : l'annonce de la terrible nouvelle et les tentatives de Richards pour y remédier, un petit interlude avec le Tisseur, l'intervention du Surfer dans une guerre interplanétaire et, enfin, les derniers instants sur Zenn-La. Le tout est parsemé d'une poésie discrète mais réelle (sur la beauté de l'univers notamment) ainsi que de quelques sermons moralisateurs (ah ben c'est le Surfer hein) qui restent suffisamment légers pour ne pas être indigestes.
L'on tombe dans les griffes de Straczynski dès le début, grâce à un texte d'un lyrisme certain et des dialogues plus légers, l'ensemble restant d'une grande fluidité.

On aurait pu croire que l'on avait là une mini-série à réserver aux inconditionnels du Surfer, or, l'histoire est suffisamment touchante pour convenir au plus grand nombre. Et même si vous ne vous laissez convaincre, dans un premier temps, que par l'esthétisme séducteur de ces quelques planches, vous devriez, en honnête lecteur, vous laissez emporter par cette chronique d'une mort annoncée. Car c'est un fait, parfois la gorge se serre et l'on se surprend à avoir les yeux un peu rougis par le talent de ces deux immenses artistes. Et dans ces moments là, on se dit "putain, que voilà 17 euros bien dépensés !" ;o)
Triste, beau et léger, un vrai grand et bon moment de comic.

"Quand il sera mort, coupe-le en petites étoiles...
Et il rendra la face du ciel si splendide... que tout l'univers sera amoureux de la nuit...
...et refusera d'adorer l'aveuglant soleil."
Un "poète terrien" (Shakespeare), repris par J.M. Straczynski.

ps : ajout de la scène #53, issue de cette oeuvre, dans le Bêtisier.

pps : pour en savoir plus sur le Surfer, se reporter à ces articles :
Le Compagnon du Vide (petite réflexion sur le personnage)
Enlèvements (aperçu du relaunch de sa série en 100% Marvel)

08 avril 2008

Une question de choix

C'est au tour de l'Astonishing X-Men #35 de prendre une teinte verdâtre avec le tie-in consacré aux mutants.

La mini-série World War Hulk : X-Men commence ce mois-ci et recèle d'ailleurs le même spoiler que le Marvel Heroes (concernant l'issue de la rencontre entre Hulk et Black Bolt). Là encore il vaudrait donc mieux lire le deuxième épisode de la série principale avant celui-ci.
On aurait pu penser qu'un tie-in X-Men était un passage obligé, sans grand intérêt, or il se trouve que Chris Gage et Andrea DiVito livrent ici un travail soigné, tant sur le plan des dessins que sur un scénario qui s'attache à faire la lumière sur la position de Xavier vis à vis des derniers évènements. Rappelons que seuls Black Bolt, Iron Man, Strange et Richards ont pris la décision de bannir Hulk, Namor, lui, s'y était opposé, quant au professeur Xavier, il était absent au moment des faits.
Cela ne suffit pas pour l'innocenter totalement aux yeux de Hulk qui va lui demander des comptes pour son rôle au sein des Illuminati. La première ligne de défense, en l'absence des anciens, sera assurée par les plus jeunes élèves de l'institut (que l'on a l'habitude de retrouver dans New X-Men).
Un affrontement classique, certes, mais loin d'être ennuyeux car mené avec habileté.

On poursuit avec X-Factor de notre bon Peter David qui s'offre même le luxe d'une petite scène faisant référence à 300, les doubles de Madrox remplaçant les spartiates. Joli clin d'oeil. Ce n'est pas, malgré tout, le meilleur épisode de la série, la si sympathique touche polar commençant à s'atténuer grandement. On reste ici sur les conséquences de House of M (et Son of M), avec un Quicksilver qui s'enfonce dans une fuite en avant peu reluisante. Un peu moins d'humour que d'habitude également malgré une savoureuse et cinglante réplique de l'adorable Monet (elle va finir par faire partie de mes petites protégées au même titre qu'Emma Frost, Jessica Drew et Carol Danvers elle).

Les deux séries qui complètent le mensuel sont bien en deçà. Excalibur piétine sans que l'on parvienne à tomber sous le charme, Claremont peinant visiblement à insuffler un peu de vie à des persos que l'on finit par contempler froidement, sans rien éprouver pour eux.
Les Exilés, eux, continuent leur World Tour. Après la réalité de House of M, ils sont maintenant dans le Neo-Universe et s'attaqueront, le mois prochain, au monde de 2099. Ce n'est pas le meilleur arc d'une série qui commence à devenir très répétitive et qui a du mal à s'intéresser un peu aux héros qui la composent (ce qui, pourtant, aiderait peut-être à lui donner ce petit charme supplémentaire qui lui fait cruellement défaut).

Voilà en définitive un Astonishing classique (si ce n'est l'absence de la série titre) qui vaut surtout pour X-Factor, véritable pilier de la revue, et l'arrivée des mutants dans la déferlante WWH.

ps : ajout de la scène #52 dans le Bêtisier.

07 avril 2008

Gamma Corps

Le Marvel Heroes #6, sorti samedi dernier, est presque entièrement consacré aux retombées de World War Hulk. Seul les Vengeurs permettent à la revue de n'être pas totalement verte.

Christian Grasse commence, dans son édito, par nous prévenir qu'il vaudrait mieux lire les deux premiers épisodes de WWH avant ce Marvel Heroes (enfin, il ne le dit pas aussi clairement, il parle des deux premières "mini-séries", ce qui ne veut pas dire grand-chose, mais ça fait longtemps que la précision est un doux souvenir à la sandwicherie italienne), malheureusement, le WWH deuxième du nom ne sort pas en France avant le 16...
Du coup, au lieu de donner des conseils, il aurait été plus simple de s'arranger pour publier les séries concernées dans l'ordre (ou au pire en même temps). Bon, il n'y a pas non plus de trop gros spoilers, m'enfin, autant prévenir les plus pointilleux.

On commence avec la seule série non "hulkisée" : les Mighty Avengers. On retrouve avec plaisir Ms. Marvel, Sentry (qui pète un peu les plombs, faut dire qu'il est coutumier du fait), Wonder Man et toute la bande. L'affrontement contre Ultron se termine donc dans un épisode agréable où le spectaculaire n'occulte pas entièrement les scènes plus intimes et les dialogues.
Toujours Bendis au scénario et Frank Cho au dessin qui signe là son dernier épisode et sera remplacé, par la suite, par notre bon vieux Mark Bagley. Perso, je suis partagé entre la tristesse de le voir quitter Ultimate Spider-Man et la joie de le retrouver sur un titre Avengers (d'autant qu'avec lui, il ne devrait pas y avoir de retards).

On rentre ensuite en plein dans la tourmente WWH avec, pour commencer, Incredible Hulk. Les premiers alliés du monstre vert se mettent en place, emmenés (voire manipulés) par le fameux Amadeus Cho, septième intelligence de la planète. Un courant pro-Hulk semble même prendre forme au sein des civils et des "sans-pouvoirs", ce qui peut faire penser au culte de Thor qui s'était répandu sur terre lors du règne de l'asgardien (cf cet article).
Greg Pak et Gary Frank rendent tout cela plutôt attractif malgré une petite faiblesse au niveau des décors.

Juste après se profile la mini-série Gamma Corps écrite par Frank Tieri et dessinée par Carlos Ferreira. Le lecteur assiste ici à la formation d'un corps d'élite spécialement conçu pour éliminer Hulk. Le groupe a beau compter dans ses rangs quelques spécimens plutôt costauds, on a du mal à croire qu'ils puissent tenir la route, surtout lorsque l'on voit l'état de Blackagar Boltagon, pourtant loin d'être un freluquet souffreteux.
L'introduction est en tout cas habilement menée avec, notamment, une fort jolie scène (que n'aurait pas reniée Bendis) dans un cimetière balayé par les vents et baigné de teintes automnales.

Enfin, on a droit à un What If, rondement expédié, prenant comme point de départ la survie de Caiera (découverte dans Planet Hulk) et sa vengeance contre les terriens, responsables à ses yeux de la mort de son époux. Rien de bien extraordinaire mais, au moins, ça a le mérite de coller avec l'actualité, pas comme les one-shots "spécial Noël" que l'on a vu fleurir en mars ou avril.

Un numéro indispensable pour ceux qui veulent suivre World War Hulk dans son intégralité. Ah, et puis, pour ceux qui misent plutôt sur Secret Invasion, sachez que la scène finale de Mighty Avengers y est directement liée.

ps : petit ajout au Bêtisier avec la scène #51.

05 avril 2008

Vendredi 13

Panini continue à étoffer sa collection Dark Side. Après 28 jours plus tard, un grand classique arrive dans nos contrées : Vendredi 13.

Le titre est déjà parlant en soi. Un Vendredi 13 se doit, presque, de respecter certaines règles, et celui-ci les suit toutes scrupuleusement. Une bande de jeunes vient effectuer quelques travaux dans un camp de vacances. Il s'agit du camp du fameux Jason, évidemment, mais tout le monde semble considérer ce type comme, au pire, une gentille légende pour touristes en mal de sensations fortes.
Et là, je vous le donne en mille : hop ! Voilà un gars qui se ramène et qui se met en devoir de massacrer tout le monde.

Le scénario est l'oeuvre de Justin Gray et Jimmy Palmiotti. Le moins que l'on puisse dire est qu'ils ne se sont pas foulés. Ou alors, à l'inverse, ils avaient en tête de coller au plus près des poncifs du genre, auquel cas, ils ont parfaitement réussi.
Les dessins sont de Adam Archer. Lui parvient, malgré certaines scènes plutôt gore, à garder un style qui évolue entre le réalisme et le second degré aseptisé. C'est précis sans être vraiment dégueulasse, ce qui était encore le meilleur compromis à tenter ici.

Bon, un Vendredi 13, ce n'est jamais de l'inattendu, au contraire, certains passages sont presque obligatoires. Ici, tous les ingrédients sont présents : des cris, du sang, du sexe, des fausses pistes, du sexe, encore un peu de sang et le rebondissement final. On ne sait finalement si c'est bâclé ou simplement trop révérencieux.
Le mécanisme est tellement connu que le lecteur ne peut guère faire semblant de se laisser berner. Tout est trop convenu pour que l'on puisse réellement frissonner et, en même temps, trop sérieux pour que l'on puisse passer au deuxième degré et en rire. Le résultat est mi-figue mi-raisin, agréable certes mais sans réel choc, d'autant que les personnages sont trop survolés pour que l'on puisse vraiment les pleurer lorsqu'ils y passent.
Reste une ambiance sexuelle faussement sulfureuse qui devient même risible si on la compare aux excès d'un Preacher.

Si vous voulez lire un classique "teen slasher comic", foncez les yeux fermés. Si vous attendiez un peu d'originalité de cette transposition, vous serez probablement déçus. L'histoire tiendrait probablement la route si l'on n'en connaissait pas d'avance tous les ressorts.
Difficile pour cette oeuvre de se faire une place entre la poésie de Poe (cf L'Antre de l'Horreur) et la machine à rebondissements, moderne et parfaitement huilée, de Kirkman (cf The Walking Dead).

02 avril 2008

Premier Contact

Le Marvel Icons #36 est disponible depuis ce matin et se retrouve, comme prévu, estampillé World War Hulk.

La revue commence par l'on-going Iron Man écrite par Christos Gage et dessinée par Roberto de la Torre. Tony Stark y subit le premier assaut de Hulk, enfin parvenu sur terre. Pour contrer la menace, le directeur du SHIELD décide de s'impliquer personnellement et va même jusqu'à offrir une trêve aux héros non recensés.
Essentiellement de la baston (et quelques "shielderies"), comme l'on s'y attendait, ainsi qu'un attirail tout nouveau prévu par Stark spécialement pour l'occasion.

Les Fantastic Four affrontent, eux, les Terrifics dans une histoire qui sent pas mal le déjà-vu, si ce n'est la présence de Black Panther et Tornade. Ambiance colorée et enfantine pour ce qui reste, sans doute, l'une des séries qui m'emballent le moins en ce moment.

Ce n'est pas la série régulière de Captain America que nous retrouvons ensuite mais un What If assez original faisant remonter les origines de Steve Rogers à la guerre de sécession. Un Crâne Blanc et le Ku Klux Klan viennent du coup remplacer Crâne Rouge et ses nazis. Tony Bedard s'occupe du scénario, Carmine Di Giandomenico des dessins.
Voilà une histoire pleine de bons sentiments mais correctement réalisée. La richesse de l'époque traitée mériterait même une mini-série.

On termine sur un one-shot, tiré du Marvel Holiday Special #1, consacré aux Vengeurs et se déroulant au moment des fêtes de Noël. Je sais bien que ce genre d'épisode est pratique pour laisser le temps aux séries VO de rattraper leur retard, m'enfin, tout comme pour le Wolverine #170, on aurait préféré lire ça en décembre et non en avril...
Jeff Parker (scénario) et Reilly Brown (dessin) nous signent ici un petit conte bien gentillet avec une foule de persos et quelques vannes (les Vengeurs cherchant tous à embrasser Jessica Drew à l'aide d'un gui télécommandé par exemple (ça a l'air très con à dire comme ça, et ça l'est sûrement, mais bon, c'est quand même rigolo. Enfin, un peu.)). On peut signaler aussi la présence de Gravity qui, n'étant pas encore réellement accepté parmi le club des encapés, aura un mal fou à s'incruster pour tenter de glaner quelques petits fours.
Bon, c'est léger (un peu dans le genre des First Class du même Parker (l'auteur, pas le perso)) mais sympathique.

Voilà un numéro plutôt calme, WWH n'avançant pas beaucoup par le biais de Iron Man et la plupart des autres séries étant en "repos".
Ah, oui, j'allais oublier le fameux cadeau de Panini : un badge Punisher. A se mettre, heu...où bon vous semble. C'est sûr que certains pourraient avoir fière allure en arborant ce joli insigne sur leur veste demain matin en arrivant au bureau.
- Ben dis donc Robert, t'as encore été gâté par Panini à ce que je vois !
- Oh ta gueule...
;o)

ps : je profite de la mode ambiante pour vous présenter une autre version du site --> Neault, à s'baraque et en ch'ti

01 avril 2008

Panini satisfait tous les fans

J'ai parfois la dent dure envers nos amis de la sandwicherie italienne mais, cette fois, l'on ne peut que saluer la manière dont Panini va fêter, en Mai, le numéro #100 de sa mythique revue phare : Spider-Man.

Première surprise, le mensuel sera en fait vendu dans un coffret en bois, sobre et épuré, contenant de nombreux bonus. Tout d'abord, le Spider-Man #100 que l'on trouvera à l'intérieur sera une édition collector (avec le petit logo remplaçant l'habituel code-barre). Un sketchbook (Panini appelle ça un portfolio, bon...) sera également présent. Apparemment ce sera basé sur la nouvelle saga One More Day mais pas moyen d'en savoir plus malgré mes efforts acharnés.

Venons-en maintenant aux cadeaux. Panini nous a déjà copieusement gratifié, par le passé, de porte-monnaie, cordons pour portable et autres badges, eh bien cette fois encore leur amour du gadget et des présents décalés et originaux va parler. Nous trouverons donc, en vrac, un taille-crayon Marvel (pour ceux qui ont des crayons chez eux), un gant de toilette Spider-Man (pour ceux qui se lavent), un mini CD de Christian Grasse reprenant "You are the sunshine of my life" (pour les plus mélomanes) et, enfin, une petite lampe de poche projetant le sigle Spider-Man (pour ceux qui ont encore 5 ans).

Plus que les cadeaux frisant le ridicule, c'est surtout le magnifique coffret qui fera la valeur de cette édition spéciale dont le prix devrait osciller aux alentours des 20 €. Voilà en tout cas une excellente idée qui permettra aux collectionneurs, ravis, de fêter dignement cet anniversaire tant attendu.

ps : le mini CD contiendra aussi deux chansons de Noël que Joe Quesada et son groupe ont l'habitude de composer pour les fêtes. Il s'agit de Alternate Cover et Marvel Comics for Christmas, toute deux déjà disponibles en mp3 ici.