30 juin 2008

Immortal Iron Fist

La série Immortal Iron Fist s'apprête à débarquer, d'ici une dizaine de jours, dans la collection 100% Marvel. Un relaunch à ne pas manquer.

La vie de Daniel Rand s'est considérablement compliquée ces derniers temps. Son refus de se faire recenser a fait de lui un hors-la-loi, il a dû endosser le rôle de Daredevil et, pour tout arranger, voilà qu'une société servant de couverture à l'Hydra tente de mettre la main sur l'entreprise familiale.
C'est dans ce contexte que débarque à New York Orson Randall, un vétéran de la première guerre mondiale qui se révèle être également le prédécesseur de Danny. En effet, depuis des siècles, ce ne sont pas moins de 66 Iron Fist qui se sont succédés...

Remettre au goût du jour un héros créé à la base pendant la grande mode des films de kung-fu des années 70 (et affublé en plus d'une tenue incroyablement kitsch, même en regard des critères super-héroïques) n'était pas une mission facile, même si depuis Civil War, l'on s'est habitué à revoir Danny Rand plus régulièrement, aussi bien dans Daredevil que chez les New Avengers.
Ed Brubaker et Matt Fraction, qui co-écrivent le scénario, se sont pourtant acquittés haut la main de leur tâche. Si la série s'inscrit parfaitement dans la continuité, elle permet également aux nouveaux lecteurs de se sentir tout de suite à l'aise avec le personnage. Mieux, les auteurs vont même y aller de leurs petites révélations sur les différents Iron Fist "historiques". Le lecteur se ballade ainsi à travers le temps (et le monde) grâce à des scènes qui viennent entrecouper régulièrement l'histoire contemporaine.

Pour ce qui est des dessins, ils sont l'oeuvre de David Aja. L'artiste compte d'ailleurs pour beaucoup dans l'atmosphère particulière qui se dégage de ces épisodes. Il a réussi, comme Gaydos sur Alias ou Maleev sur Daredevil, a imprimé suffisamment sa marque dans les esprits pour que son nom soit associé au personnage pour un moment. D'autres dessinateurs (Travel Foreman et Derek Fridolfs la plupart du temps) se chargent des flashbacks et autres scènes plus oniriques et laissent à Aja le côté urbain et les combats.
L'on retrouve, en guests, différents personnages ayant fait partie des Heroes for Hire comme Luke Cage ou encore Misty Knight et Colleen Wing.

Voilà un personnage secondaire qui risque de séduire nombre de lecteurs qui ne le connaissaient pas encore. Ce premier arc est exemplaire à tous les niveaux et l'on tombe sous le charme dès les premières planches. Beauté des dessins, action, humour, modernité et petites références au passé, tout est habilement dosé et s'assemble dans une harmonie parfaite digne des plus grands runs. Reste à souhaiter à la série un destin à la Daredevil et non une lente descente aux enfers à la Supreme Power.

Un comic qui vous fera aimer le wushu, les coupes afro et la bouffe chinoise.

"Who am I ? I am the Iron Fist. I stand before the unstoppable hordes...and I hold them back.
That's what I do.
What I've always done."
Bei Ming-Tian, 1227.

29 juin 2008

Behind Enemy Lines

Le premier World War Hulk hors série nous offre, tout comme lors de Civil War, la version journalistique du conflit. Grand retour donc de Ben Urich et Sally Floyd.

Première surprise, Christian Grasse a enfin compris que Ben Urich n'était pas Phil Urich (son neveu). Comme quoi, tout arrive, même à la sandwicherie. Nos deux reporters vont couvrir l'arrivée de Hulk et ses troupes, l'évacuation de Manhattan et les premiers affrontements. L'occasion de donner une version "civile" des évènements. On replonge également dans l'ambiance "complotiste" des précédents Frontline puisque l'action des journalistes va être financée par un mystérieux commanditaire...
C'est le même duo que lors de la guerre civile qui est aux commandes, à savoir Paul Jenkins et Ramon Bachs. Pas de surprise donc, les deux auteurs maîtrisent leur sujet.

Le bimestriel est complété par deux épisodes de Ghost Rider. Eh oui, Johnny Blaze s'attaque aussi au géant vert. Vu la facilité avec laquelle Hulk s'était débarrassé des Vengeurs et des Fantastic Four, on ne s'attend pourtant pas vraiment à ce que le petit motard fasse le poids, d'autant que l'esprit qui l'habite se fiche pas mal des actions de notre gros gladiateur.
Il s'agit de l'on-going que l'on retrouve en 100% Marvel, c'est donc Daniel Way qui signe le scénario et Javier Saltares qui s'occupe des dessins. Rien de crucial en tout cas et un peu léger en comparaison des Frontline.

Voilà des évènements connus éclairés d'un jour nouveau dans un style réaliste qui trouve son origine dans le Marvels de Busiek et Ross. Pas indispensable pour comprendre la saga mais intéressant et agréable à lire.

28 juin 2008

Requiescat in Pace

Michael Turner ne faisait pas partie de mes auteurs "cultes". Il n'en reste pas moins qu'il faisait partie du paysage, de notre petit monde. L'on pouvait aimer ou pas son travail. J'en avais d'ailleurs parlé ici, il y a plus de deux ans, à l'occasion d'un ouvrage plutôt sympa.
Je suis, comme vous tous je pense, attristé par la nouvelle de sa mort.
Plus qu'un hommage obligatoire rendu à une légende, je tenais à faire un signe à un compagnon de route qui s'en va.
J'ai choisi pour cela, en illustration, un magnifique dessin représentant Namor. Ce choix n'est pas innocent. Je connais peu de gens qui peuvent donner une certaine classe à Namor (j'en connais même qui n'arrive pas à en donner à Wolverine). Michael Turner, lui, parvenait à mettre en scène un vague type en short et à le rendre impressionnant. Par sa posture, son visage, ce qu'il dégage, bref...que l'on reste froid face à ses dessins ou que l'on soit enthousiasmé, il y avait quelque chose. Ce petit quelque chose qui titille, en bien ou en mal.

Demain, le soleil se lèvera et le temps commencera à faire son oeuvre.
Les bourreaux invisibles nous rendront la vie plus facile, plus légère.
Mais ce soir, pour un moment, nous avons un poids sur l'estomac. Une gène dans l'oeil. Un putain de truc qui ne passe pas. Savourons-le. C'est notre humanité, ou ce qu'il en reste, qui frémit et dit, tout simplement, "au revoir".
Il est bon que ce mois de juin se termine dans peu de temps. Nous sommes quelques-uns à vouloir lui faire la peau. Je crois que nous resterons l'arme au pied, comme souvent. Par contre, nous aurons grand plaisir à le voir plier sous le temps, puis crever totalement. Et quand juillet se lèvera, nous serons debout nous aussi, prêts à l'accueillir mais prompts à le condamner s'il va trop loin. Parce que...dans notre monde, même si l'on tombe, souvent, l'on se relève. Au moins un peu.

Meilleures pensées à sa famille.
Quant à lui, avec un peu de chance, il s'amuse déjà à nous croquer. Et il y a pas mal à faire.

26 juin 2008

La Mort de Logan

Le Wolverine #173 de ce mois en termine avec les one-shots et autres What if pour laisser la place aux deux séries régulières consacrées au Griffu.

Le premier épisode débute en Belgique, en pleine première guerre mondiale. On y retrouve un Wolvie se démenant au milieu des tranchées et des gaz, dans une ambiance de dévastation assez effrayante. Malheureusement, si Howard Chaykin, responsable des dessins, s'en sort haut la main question décors, il n'en est pas de même avec notre mutant préféré. Celui-ci se voit souvent affublé d'un torse énorme, totalement disproportionné par rapport à ses membres, ou d'un visage étrangement bouffi.
Niveau scénario, l'on retrouve avec joie Marc Guggenheim (auteur du tie-in mettant en scène Logan pendant l'évènement Civil War, cf la checklist). On savait que notre Guggenhou (c'est joli comme surnom non ?) aimait les scènes choc, il va ici faire carrément avaler une bombe à Wolverine. Le résultat est explosif mais le rendu assez loin du spectaculaire d'un Ramos. Snif.

Le deuxième épisode est bien sûr tiré de l'on-going Wolverine : Origins. Toujours Daniel Way au scénario qui fait débuter son histoire...lors de la seconde guerre mondiale. Voilà qui pourrait presque faire le lien avec la saga précédente. L'on reste ici sur un Logan bouleversé par la mort de Captain America et qui se remémore leurs rencontres passées. Petit problème, c'est toujours Steve Dillon qui se colle aux crayons. Du coup, tout le monde a la même tronche. On a le visage de Wolvie (qui est aussi le visage du Punisher dans la série de Ennis), et une infinité de déclinaisons : le visage de Wolvie avec le masque de Cap, le visage de Wolvie avec une perruque blonde, le visage de Wolvie avec un casque allemand, bref, on a l'impression d'un de ces films ou le même acteur s'amuse à interpréter tous les personnages.
C'est étonnant car, malgré la popularité du personnage, les deux séries labellisées "Wolverine" se retrouvent avec un graphisme plutôt décevant ou, en tout cas, pas à la hauteur de ce que l'on serait en droit d'attendre sur de tels titres. Au point où l'on en est, dans deux mois, c'est Andy Kuhn qui débarque (puisse Quesada nous en préserver !).

Un mensuel intéressant qui est tiré vers le bas par des dessinateurs peu doués ou peu ambitieux, le résultat étant de toute façon le même pour nous.

Du Sable et des Comics

Que vous partiez faire une croisière Ennio Morricone en Méditerranée, comme Tep, ou que vous ayez décidé, comme Wade, de consacrer vos futures vacances à réhabiliter Ang Lee, il ne faudrait pas pour autant vous séparer de vos précieux comics.
Petit point sur les sorties de l'été.

On commence fort dès le début de juillet avec la sortie de Wanted chez Delcourt. Millar, au scénario, nous raconte l'histoire de Wesley Gibson, fiston et héritier du Killer, le dirigeant d'une des familles de super-vilains qui règnent sur le monde. Cynique et parfois parodique. C'est, en plus, un récit complet (6 épisodes), ce qui devrait ravir les lecteurs qui se sentent découragés par les longues épopées.
Toujours début juillet, mais chez Panini cette fois, deux séries inédites et prometteuses. D'une part, Iron Fist en 100% Marvel par Ed Brubaker et Matt Fraction, d'autre part Hood dans la collection Max, avec Brian K. Vaughan au scénario et Kyle Hotz au dessin. Des personnages donc secondaires mais aux mains de valeurs sûres. On a pu voir d'ailleurs récemment, avec la mini-série Wisdom, qu'il n'y avait nul besoin de têtes d'affiche pour faire un très bon comic.

Si vous préférez les ambiances plus horrifiques, la collection Dark Side, après Vendredi 13 ou 28 jours plus tard, s'enrichira d'un nouveau volume qui verra s'affronter Batman et Dracula (dans une réalité alternative, pas dans l'univers DC classique).
Tout cela nous emmène bien gentiment au mois d'août qui s'avère être placé sous le signe des rééditions (et de la ruine). Un premier Deluxe est consacré à House of M, un second à Wolverine (avec les sagas Ennemis d'Etat et Wolverine : Agent du SHIELD). Les Deluxe étant passés récemment à 28 euros, voilà qui devrait entamer pas mal votre budget si vous n'avez pas déjà ces épisodes en version kiosque. Au cas où certains auraient encore du répondant, la sandwicherie en profite pour nous coller aussi un Best Of avec le X-Men : Vignettes de Claremont et Bolton. Et si y'en a qui bougent encore, hop, un petit Ghost Rider (le tome 5) pour les achever. Non mais ! Ceux qui ne sont pas contents et qui ont besoin d'économiser n'ont qu'à faire comme Matt et passer l'été à réviser, le nez dans les bouquins de droit et les DVD d'Ally McBeal en boucle (je plaisante, il part tout le mois de juillet en Amazonie pour prouver que l'on peut survivre en milieu hostile avec une tenue en latex, deux petits bâtons et un bandeau sur les yeux, nous lui souhaitons d'ailleurs bonne chance ainsi qu'à son sponsor).
Avec tout ça, on en oublierait presque le The Boys de Garth Ennis avec une énième version réalistico-cynico-parodique du mythe du super-héros. Bon, en même temps, avec Ennis, ça devrait déménager suffisamment pour être intéressant.

Millar, Brubaker, Ennis, Vaughan, Claremont, Bendis...les grosses pointures sont au rendez-vous cet été, Panini ayant compris qu'il fallait éditer plus pour gagner plus. Voilà en tout cas de quoi vous distraire en cas de mauvais temps ou de turista sévère.

25 juin 2008

Shaolin Cowboy ou le comic expérimental selon Darrow

Panini, après les retards habituels, vient enfin de publier le premier tome VF de Shaolin Cowboy, un comic inclassable signé Geof Darrow.

Un moine, expert en kung-fu et en maniement du colt, erre dans un désert sans fin accompagné de sa mule parlante (et sentencieuse), un animal portant le doux nom de Lord Evelyn Dunkirk Winnieford Esq. III. Bientôt, ils tombent dans une embuscade tendue par le Roi des Crabes et ses sbires. Voilà l'histoire dans les grandes lignes, voilà même l'intégralité du scénario d'ailleurs, car les "grandes lignes", c'est l'histoire.

Geof Darrow est un auteur, un artiste même, à part. On lui doit, en binôme avec Frank Miller, la série Hard Boiled. Il est également responsable d'une partie du design des machines et décors de la trilogie Matrix. Il nous livre ici une sorte d'odni (objet dessiné non identifié) qui n'a qu'un vague cousinage avec le kung-fu et une parenté pas vraiment encore établie avec le western.
Si le scénario est mince et plutôt flou (lieu et époque ne sont pas clairement identifiés), c'est surtout par un graphisme très travaillé (le grand format utilisé ici est tout à fait approprié) que les deux épisodes de ce volume vont combler le lecteur. L'on connaissait la minutie dans le détail de Darrow et on la retrouve ici, bien qu'il n'aille pas aussi loin que certains croquis - effectués à l'époque pour le compte des frères Wachowski - qui étourdissaient par leur côté labyrinthique.

L'absurde côtoie la démesure tout le long de ces planches aussi originales que déroutantes. L'ennemi principal de ce Shaolin Cowboy se révèle ainsi être un... crabe. Un vrai crabe dont le héros a boulotté la famille et qui a pris des cours d'arts martiaux pour se venger (?!). Pour ce qui est du grandiose, notons par exemple la présence d'une case (enfin, d'une fresque disons plutôt) qui s'étale sur dix planches et dévoile une véritable cour des miracles composée de dizaines de personnages plus folkloriques que réellement effrayants.
La violence est également omniprésente avec découpe de corps (à l'horizontale ou à la verticale) et grosses giclées sanglantes. Le texte, lui, est parfois presque totalement absent avant d'envahir certaines pages dans un flot logorrhéique surprenant.
Si l'absence totale de tension dramatique ne se révèle pas préjudiciable à l'ensemble, le côté humoristique est trop peu poussé, lui aussi, pour que le titre puisse réellement prétendre à une vocation de simple comédie déjantée. Du coup, en tournant la dernière page, on ne sait pas trop ce qu'on a lu, mais on peut être certain que ça sort des sentiers battus.

La volonté de l'auteur de naviguer au hasard, sans réelle histoire construite, rend l'oeuvre un peu abrupte mais les dessins, pour peu que l'on ne soit pas allergique au style, permettent de sombrer dans la folie darrowienne sans trop d'efforts.
A essayer, sans rien en attendre.

ps : ajout du duel #12 dans les combats d'anthologie.

23 juin 2008

Onslaught Reborn : mêmes ingrédients, même résultat

Panini a choisi la mini-série Onslaught Reborn pour remplir le Marvel Heroes hors série #2. Le choix est à l'image de l'éditeur.

Avec un peu de malchance vous connaissez déjà la saga Onslaught (rééditée récemment en Omnibus) et si vous continuez à lire des comics Marvel, c'est que vous êtes patients ou très indulgents. Dans les deux cas, rien ne vous préparait à un retour d'un Onslaught qui, dans la large galerie des vilains de second ordre, est sans doute celui qui suscite le moins d'intérêt (même un Shocker semble, en comparaison, tout de suite plus excitant, c'est dire).
Bon, ça tombe bien, je suis d'une humeur encore plus hargneuse que d'habitude, ça m'évitera de tourner autour du pot.

La mini-série est signée Jeph Loeb (ah ?) et Bob Liefeld (oh !). Autrement dit, on n'a pas à "subir" les retards du dessinateur. C'est un avantage et vous avez intérêt à vous le carrer profond (ou à vous le mettre gentiment dans un coin de votre esprit si vous êtes d'une nature sensible) parce que y'en aura plus. D'un point de vue graphique, cette histoire est tout à fait honorable, mieux, son côté 90's peut être rafraîchissant. En ce qui concerne l'intérêt global ou la narration, c'est tout simplement à chier. Il est rare que je sois aussi peu nuancé (sisi, regardez bien, même quand je n'aime pas, je ne "descends" pas vraiment les auteurs) mais là, c'est de la merde et, en plus, j'ai pas le moral.

On commence, évidemment, par une sorte de piège à cons en surfant sur les conséquences de House of M. Mieux, on termine avec Civil War et la mort de Cap. A part ces tentatives désespérées de rattacher ce semblant de récit à la continuité "normale", rien ne ressort de cet affrontement ennuyeux et poussif (on va de toute façon très vite évoluer dans une contre-terre dont on se fiche et à laquelle le lecteur s'attache autant qu'à son premier stylo bic, tant elle est jetable par définition).
Onslaught, c'était déjà pas bien bandant à l'époque, là, c'est encore pire. Le déploiement de Héros (Vengeurs, FF, mutants) n'y fait rien, tout tombe à plat dans un manque d'intérêt total. Même le nouveau personnage, censé être introduit à la fin dans la réalité 616, est aussi affriolant qu'une notice Ikea lue par un Patrick Poivre (d'ailleurs, même Christian Grasse avoue ne rien y comprendre dans son speech final, ce qui nous change de ses approximations mensuelles). Cela donne une petite idée de l'infini dans ce qu'il a de plus médiocre (autrement dit, on se fout tellement de ce perso que l'on espère ne plus jamais le revoir, ce qui est loin d'être l'effet souhaité).

Si vous avez aimé Onslaught et Heroes Reborn (donc, en gros, si vous êtes peu regardant sur la qualité ou auteurs de ces épisodes), vous devriez aimer ce...machin, étant donné que tous les défauts d'origine sont présents : histoire inexistante, combats ennuyeux, dialogues écrits par un stagiaire arraché à "The Young and the Restless" et qui aurait une chiasse fulgurante, bref, pour faire pire, il faut s'adresser à des auteurs français.
Vu le nombre de séries de qualité inédites en VF, l'on peut, du coup, pendant que l'on vomit sur ce truc indigeste, se demander si une sorte d'ébauche de ligne éditoriale réelle ne rendrait pas service à la sandwicherie. Même entre deux grumeaux qui remontent par le nez, la réponse reste évidente.

ps : à un moment, dans ce comic, l'on vous parle d'un "film avec Denzel", sans que la traductrice ne fasse l'effort de se fendre d'une note de bas de page. Pour ceux qui ne comprendraient pas à quoi il est fait allusion, sachez qu'il s'agit de Denzel Washington et du film Fallen (Le témoin du Mal).
De rien.

Bustes Civil War

Nouvelle série de bustes inspirée de l'évènement Civil War.
Voici maintenant quelques temps que sont parus ces bustes dédiés à la guerre civile qui a vu s'affronter les héros Marvel. Comme toujours avec Diamond Select la qualité est au rendez-vous.

Les personnages sont un peu plus petits (une douzaine de centimètres) que ce que l'on a l'habitude de voir chez l'éditeur, néanmoins ils gardent une envergure non négligeable grâce (ou à cause selon que vous ayez ou pas de la place) des socles "explosifs".
Voici les vues de face, de profil et de dos de Iron Man, avec une armure qui a un peu souffert pendant la bataille : 








Ainsi que le Wolverine version Humberto Ramos (pour ceux qui ne connaîtraient pas le dessinateur, il a un style proche de la caricature et exagère les proportions et les expressions, perso j'aime beaucoup) : 








Contrairement aux bustes Monogram dont j'ai parlé récemment, les prix sont plus élevés (45 €/pièce), par contre, le PVC laisse ici la place à la résine et chaque produit (limité à 2000 exemplaires) est livré avec un certificat d'authenticité numéroté.
Dans la même collection sont disponibles également Captain America, Spider-Man (costume classique et version red armor), la Chose et Nitro. Voilà de quoi rendre un hommage digne de ce nom à l'un des crossovers les plus importants (et les plus réussis) de la Maison des Idées.

18 juin 2008

Ultimate X-Men : World Tour

L'épopée des Ultimate X-Men continue dans le deuxième Marvel Deluxe qui leur est consacré. Un Millar inspiré et quelques dessinateurs de talents, il n'en fallait pas moins pour signer ces 13 épisodes particulièrement enthousiasmants.

Les jeunes recrues de l'institut Xavier accompagnent le professeur pour une tournée mondiale destinée à faire la promotion de son livre. Malheureusement, dans la vieille Europe aussi les tensions sont grandes entre humains et mutants. Pire, le fils caché de Xavier, un mutant extrêmement puissant et dangereux, vient de s'échapper de l'île de Muir en laissant derrière lui cadavres et moult autres petits indices.
Au sein du groupe, la suspicion s'installe. Xavier manipule Magneto pour qu'il ne se souvienne plus de qui il était. Et s'il manipulait aussi les élèves ? La belle Tornade peut-elle réellement aimer ce monstre de Fauve de son plein gré ?

Voici donc la deuxième fournée, en librairie s'entend, des UXM. Aux commandes : Mark Millar (pour l'essentiel) et Chuck Austen se chargent du scénario. Les dessins, eux, sont l'oeuvre de Adam Kubert, Chris Bachalo, Esad Ribic et Kaare Andrews. Kubert l'emporte haut la main avec des décors époustouflants mais les autres styles, parfois moins réalistes, ne manquent pas de charme.
L'une des grandes réussites de Millar sur ce run tient dans le fait qu'il parvient à maintenir un équilibre quasi parfait entre action ou combats et scènes plus intimistes. Les dialogues, sans être à tomber par terre, sont finement ciselés et emprunts d'un humour subtil qui fait souvent mouche, d'autant qu'il tient parfaitement compte de la psychologie des personnages (les répliques de Wolvie à Scott sont à elles seules un petit moment de bonheur). Quelques bonnes trouvailles permettent également de rendre le récit plus léger sans pour autant faire retomber le rythme. Ainsi, notre cher Henry McCoy (alias le Fauve) va se retrouver en grande conversation sur Internet avec une "nanamutante" qui n'est autre que...bon, ok, je vous laisse la surprise. Sachez juste que ce "chat" passablement douloureux pour le pauvre Hank va faire office de leitmotiv plutôt amusant pendant quelques épisodes mais qu'il aura des conséquences dramatiques.
On peut ajouter également que la petite Kitty Pryde fait son apparition dans ce tome. C'est, à l'époque, une jeune ado très attachante qui a un mal fou à contrôler son pouvoir d'intangibilité. Pas facile de passer à travers une voiture pour se retrouver le cul par terre ou de finir dans les égouts alors que l'on voulait simplement s'écrouler sur son lit. ;o)

Voilà donc de quoi passer un bon moment avec des histoires rafraîchissantes et parfois touchantes qui font forcément penser, jeune âge des persos oblige, à un Runaways. Bien meilleur en tout cas qu'un First Class (sorte de petite mise à jour) qui revient sur les premières aventures (dans l'univers classique) des mutants mais sans jamais parvenir à faire vibrer le lecteur.
En matière de bonus, Panini cette fois n'a pas daigné faire semblant et n'a rien ajouté en plus (au moins, comme ça, c'est clair). Ah si, pardon, je suis injuste, il y a un petit bonus : les Deluxe sont passés de 25 € à 28. Merci la sandwicherie. ;o)

Les New Avengers à petit prix

Le tome 6 de Marvel - Les Incontournables met à l'affiche les Vengeurs et, plus précisément, les New Avengers de Bendis. Entre Spider-Man, Wolverine, Captain America et Iron Man, voilà une équipe avec une forte densité de vedettes au m².

Le petit fascicule introductif contient l'épisode de Stan Lee et Jack Kirby dans lequel les Vengeurs de l'époque retrouvent Steve Rogers en train de jouer les Mr Freeze dans l'Atlantique Nord. Historique à défaut d'être très beau à regarder (ah ben c'est d'époque hein).
Le livre contient du lourd puisque Panini a choisi de nous mettre au menu les six premiers épisodes des New Avengers de Brian Michael Bendis et David Finch. Non seulement l'arc, Breakout, est excellent, mais les dessins de Finch sont somptueux (on est à des années-lumière de Leinil Yu qui officie actuellement sur la série). En plus des héros cités plus haut, l'on retrouve notamment la très sexy Spider-Woman et le très barré Sentry (tiens, c'est d'ailleurs dans cette histoire qu'il "déchire" Carnage, voir le combat d'anthologie n°2). Le groupe, même pas encore formé (à l'époque les Vengeurs sont séparés), va devoir faire face à une évasion massive du Raft, les quartiers de haute sécurité de Ryker's Island.

Les épisodes présents ici étaient bien sûr déjà parus en kiosque dans le mensuel Marvel Icons mais Panini les avaient déjà réédités également en Marvel Deluxe (cf cet article). Du coup, les complétistes vont acheter cette histoire pour la troisième fois. Ne soyons pas trop durs cependant car la saga choisie est non seulement récente mais mérite pleinement, de par ses qualités, le terme d'incontournable. Ce n'est pas si fréquent après tout.

132 planches, plus les covers et l'épisode plus ancien, pour 8,95 euros. Aucune raison d'hésiter pour ceux qui n'auraient pas encore mis leur nez dans les Vengeurs selon Bendis.

14 juin 2008

Bustes Monogram

Quelques bustes à bas prix commercialisés par Monogram.

En général, les bustes les moins coûteux, chez Bowen ou Diamond Select (cf ce post pour avoir une petite sélection des produits de ces marques), nécessitent déjà un investissement de 35 ou 50 euros. Aussi, lorsque Monogram édite une gamme plutôt sympa à 15 € pièce, cela attire la curiosité de l'amateur de jolis machins qui prennent la poussière.

Les bustes, en PVC, font une quinzaine de centimètres. Ils sont un peu plus petits (et plus légers) qu'un Diamond Select par exemple, mais, visuellement, n'ont pas à rougir de la comparaison. Les finitions sont bonnes, les socles plutôt bien fichus (avec une imitation pierre très esthétique), bref, le produit est tout à fait correct.

Personnellement, j'avais commandé le Spider-Man noir (qui illustre cet article) version comic mais, suite à une erreur, j'ai reçu la version... film. Argh, moi qui "adore" les adaptations ciné. Enfin, je vous mets tout de même quelques photos de ce Spidey "raimièsque" : 









Autre coup de projecteur sur Venom (cette fois, c'est bien ce que j'avais commandé) : 







La gamme propose également des bustes de Wolverine, Captain America ainsi qu'un Spider-Man classique (avec le costume bleu et rouge). Les fans de DC Comics ne sont pas en reste puisque l'on retrouve, dans la même collection, Superman, Batman, Wonder Woman, Flash, Green Lantern, Martian Manhunter et Lex Luthor.
Voilà donc des bustes qui n'affichent pas de défaut majeur et qui ont le gros avantage d'être tout à fait abordables niveau prix. Le fait de recevoir ce que l'on commande doit également constituer un plus non négligeable. ;o)

ps : contre toute attente, Clara Morgane ne figure pas parmi les personnages disponibles.

12 juin 2008

Le Kree sans Nom

Le Marvel Universe #9 continue sur la lancée de Annihilation : Conquest avec la suite de la série Nova et l'apparition d'un nouveau personnage très réussi.

La première partie du bimestriel est consacrée à la suite de la série Nova (dont nous avions pu suivre les premiers épisodes dans le Marvel Universe #7). Le dernier centurion du Nova Corps se retrouve piégé dans l'espace Kree alors que ce dernier est sous la domination des Phalanx, une terrible force techno-organique.
Le pauvre Richard Rider n'est pas au bout de ses peines car c'est dans un état désastreux qu'il va aboutir sur Drez-Lar, une planète ravagée par les incendies atomiques ayant suivi la guerre d'Annihilation et sur laquelle sont réfugiés quelques soldats Kree ayant survécu au crash de leur croiseur.

La seconde partie contient la mini-série dédiée à Wraith (appelé Spectre dans la VF). Ce Kree, en plus d'être dépourvu de nom au début de l'histoire (ce qui ne doit pas être pratique pour recevoir son courrier), est également sans âme. Il a en fait été contaminé, il y a fort longtemps, par les Exolons, des parasites issus de la latitude exotérique, qui se nourrissent de l'âme de leur hôte. Cela a des côtés fâcheux, comme la perte de la notion du temps ou l'absence de conscience, mais en contrepartie, les infectés obtiennent immortalité, force, guérison et un petit pouvoir d'invocation des Exolons en prime. Si l'on ajoute au lot une arme métamorphe dérobée au chef des Sans Nom ainsi qu'un véhicule sympa à mi-chemin entre la moto et...un machin qui vole, on a là un personnage plutôt exotique et au look, en plus, particulièrement bien trouvé.

C'est Javier Grillo-Marxuach qui est l'auteur du scénario. Les dessins sont l'oeuvre de Kyle Hotz. Moi qui n'aime pas trop les histoires SF, ni les personnages cosmiques, ce Wraith m'a plutôt séduit. Personnage torturé (il est obligé de s'infliger lui-même les pires souffrances pour se rappeler l'être vivant qu'il était autrefois) au look esthétique, Wraith est un peu une sorte de Penance de l'espace (ou de Ghost Rider non kitsch).
Les couvertures de Clint Langley (qui représentent justement ce personnage) sont sublimes. Malheureusement, c'est une cover, bien plus classique, avec Nova qui a été choisie pour illustrer le volume de ce mois. Dommage, d'autant que le prochain Marvel Universe sera doté d'une cover pratiquement identique.

Un numéro plutôt agréable, recentré sur quelques personnages charismatiques et une intrigue compréhensible (ce qui n'est pas toujours le cas avec les sagas cosmiques).
A signaler un "pour lecteur avertis" qui semble un peu exagéré tant il n'y a, ici, ni sexe, ni propos orduriers et une violence toute relative et très aseptisée. On se demande qui pourrait s'en choquer, même pour les plus jeunes.
(allez, pour la peine, une autre cover sur le site Marvel)

ps : les excellents Bullet Points et Loveless, déjà chroniqués ici, sont bien sortis aujourd'hui.

10 juin 2008

So British

Peter Wisdom est le protagoniste principal d'une mini-série décalée et originale dans laquelle l'on va retrouver quelques fées, un dragon et une myriade de Jack l'éventreur. La sortie VF est prévue pour la fin du mois dans la collection Max.

Pete Wisdom est à la tête d'une équipe du MI-13 chargée des affaires paranormales. Le groupe est composé de Tink, une fée dissidente, John le Skrull (qui a l'apparence de John Lennon), la jolie Maureen, dotée de pouvoirs télépathiques, ou encore Captain Midlands.
Leur première affaire consiste à stopper diverses exactions provenant du pays des fées (ces dernières n'étant pas toujours animées de bonnes intentions finalement). Pour cela, ce brave Pete devra coucher avec la fille d'un roi. Bah, que ne ferait-il pas pour la couronne ? ;o)

Le ton est donné, Paul Cornell, qui s'occupe du scénario, nous livre ici une excellente histoire où se mêlent merveilleux, blagues lourdingues et sexe (ça reste soft hein, bien qu'il y ait tout de même une scène de... cunnilingus, ce qui est plutôt rare, c'est d'ailleurs plus suggéré qu'explicite, ce qui laisse à penser que, puisque nous la comprenons, soit l'auteur est très doué, soit nous sommes d'incurables obsédés).
Les références aux légendes ou à la culture anglaise ou galloise sont légion. On passe de Merlin l'enchanteur à H.G. Wells en faisant un petit détour par les banshees du folklore irlandais, bref, l'ambiance est résolument britannique (ou britannico-celtique pour être exact). Les Beatles ne sont pas la seule référence musicale puisque d'autres groupes, comme les Velvet Underground, les Stereophonics ou même Tom Jones (oui, je sais, Tom Jones n'est pas un groupe, même s'il a un peu grossi ces dernières années) sont cités dans des encarts qui indiquent la bande son qui accompagne certaines scènes. Voilà une idée plutôt sympa.

Le ton est plutôt ironique sans être trop irrévérencieux. J'ai pu voir, ici et là, certains comparer la série à The Authority ou à du Garth Ennis (Preacher, Punisher), c'est tout de même beaucoup moins trash et... plus bon enfant disons. C'est en tout cas très agréable à lire et l'on reste même un peu sur sa faim tant l'on aurait aimé d'autres épisodes (cette série en on-going, à la place des Exilés par exemple, ne me semblerait pas une mauvaise idée).
En ce qui concerne les dessins, c'est Trevor Hairsine qui se charge des deux premiers épisodes avant de céder sa place à Manuel Garcia pour les suivants. C'est plutôt beau, avec des décors détaillés, un découpage dynamique et une colorisation fort jolie elle aussi (avec des teintes parfois très vives ou contrastés, des jeux de lumières, etc., on en prend plein les yeux en tout cas mais dans le bon sens du terme).

Voilà une mini-série que l'on quitte avec ce petit pincement au coeur qui caractérise les oeuvres dont on s'est délecté et que l'on aimerait plus longues. Personnages attachants, vilains (ou menaces) originaux, dialogues percutants font de cette saga un vrai bon moment de lecture. Ce Paul Cornell (romancier et scénariste TV) fait dorénavant partie des gens qu'il faudra suivre de près. Voici son blog : http://paulcornell.blogspot.com/ (il a le bon goût de choisir blogspot en plus).



ps : ajout de la scène #55 dans le Bêtisier.

pps : la fin de One More Day ayant maintenant été publiée dans Spider-Man, je vous invite à réagir sur le sujet sans risquer de spoiler maintenant (je reviens sur cet article car des gens l'ont commenté récemment et le petit gadget qui affichait les derniers commentaires fait des siennes depuis un moment).

08 juin 2008

Invincible

Quand Kirkman ne s'occupe pas des héros Marvel, et qu'il laisse de côté les morts-vivants de son The Walking Dead, il donne parfois dans le super-héroïque chez Image. Petit détour - à l'occasion de la sortie imminente du numéro #50 de la série - par l'univers de Invincible.

Mark Grayson est, sur bien des points, un adolescent comme tant d'autres. Il lit des comics, dragouille un peu les filles du bahut, doit faire face à son lot d'abrutis mais, ce qui le différencie des autres gamins de son âge, c'est qu'il est le fils d'Omni-Man, l'homme le plus puissant de la planète.
Doté lui aussi de pouvoirs, Mark va apprendre à les utiliser aux côtés d'un père qu'il vénère. Il faut alors trouver un costume, un pseudo et commencer à patrouiller, bref, la routine pour un héros. Malheureusement, nous savons, nous, qu'un héros sans drames personnels n'en est pas vraiment un. Bientôt, Invincible va apprendre que son père est un criminel à la tête d'une terrible machination. Et il va devoir l'affronter...

On pourrait penser que Robert Kirkman nous livre ici une histoire classique de super-héros mais, les nombreux clins d'oeil dont elle est parsemée, et le ton oscillant entre parodie et drame, en font une saga particulièrement savoureuse. Les Gardiens du Globe font indéniablement penser à la Justice League de DC (avec des protagonistes très proches de Batman, Flash ou encore Wonder Woman). Lors de l'enquête sur l'assassinat de certains héros, l'on pourra également reconnaître un personnage ayant un fort cousinage avec le Rorschach de Watchmen.
Sur un plan plus émotionnel, la confrontation père/fils est des plus réussies (et des plus sanglantes !). Non seulement parce que frapper son père doit être un acte difficilement supportable (tout comme frapper son fils d'ailleurs) mais aussi parce que Omni-Man va également envoyer, en plus de quelques directs bien dosés, une ou deux phrases dures à digérer (du style "ta mère n'est qu'un animal de compagnie"). Il y en a qui ont viré psychopathes (ou tantinophiles) pour moins que ça. ;o)

Tout est-il parfait dans cette série ? Probablement pas.
Tout d'abord, les dessins de Cory Walker, puis Ryan Ottley, sont relativement simplistes et leur côté caricatural est encore renforcé par une colorisation très vive. Les décors sont souvent réduits au minimum ou carrément remplacés par un fond de couleur. Pour autant, le graphisme n'en est pas rebutant. Il accompagne plutôt bien les moments déjantés et, bizarrement, parvient, par contraste, à rendre plus violentes encore les scènes plus sombres (assez rares tout de même). Maintenant, il faut aimer le genre dépouillé.
Autre petit bémol, Kirkman se fait énormément plaisir ici (en rendant hommage ou en parodiant diverses sagas connues) mais le fait parfois au détriment d'une histoire qui perd en réalisme. Il s'adresse, du coup, plus aux lecteurs de comics ayant quelques connaissances dans le domaine qu'au plus grand nombre, ce qui, pour ceux qui "rateraient" les allusions de l'auteur, peut rendre la série beaucoup moins fun.

Trois volumes sont déjà parus en VF chez Delcourt. Si vous lisez le mensuel Spider-Man, vous avez peut-être déjà aperçu le personnage dans Marvel Team-Up (petit rappel ici). Une scène du Bêtisier est d'ailleurs tirée de cet épisode (la #14).
Voilà donc une série sympathique mais qui plaira sans doute plus aux fans des MTU de Kirkman plutôt qu'à ceux qui ont été emballés par The Walking Dead (où il use d'un ton radicalement différent).

Secret Weapons

Le Marvel Heroes #8 est consacré en grande partie à la suite de l'évènement World War Hulk. Seule série non concernée : le deuxième épisode du relaunch de Thor.

C'est avec Mighty Thor que s'ouvre le mensuel. Straczynski et Coipel continuent de mettre en place le retour du dieu nordique. C'est Asgard, pour l'instant, qu'il s'agit de reconstruire. Ou de...d'invoquer. Je ne sais pas quel terme convient. Le choix d'un trou paumé de l'Oklahoma pour cela est plutôt original. Et puis, si la capitale asgardienne s'écroule comme c'est déjà arrivé par le passé, ça ne tombera pas sur New York (cf Le Règne de Thor).
Constructions impressionnantes, jolis paysages, quelques éclairs et même une pointe d'humour pour une série qui semble bien partie.

La lutte contre le géant vert se poursuit dans Incredible Hulk. On a droit à des armes sympa comme une bombe à fragmentation utilisant des pointes d'adamantium. M'est avis que ça doit picoter un chouya, le résultat sur Hulk est en tout cas impressionnant. Les autres héros vaincus par les Liés en Guerre (FF, Vengeurs et cie) sont, eux, gardés prisonniers et munis de disques d'obéissance (vous vous en rappelez sûrement, ce sont des joyeusetés que l'on avait découvertes sur Sakaar). Pak et Pagulayan vont-ils nous offrir un petit spectacle de gladiateurs sur terre cette fois ? Avec de tels participants, ça pourrait être distrayant.

L'épisode de ce mois de Avengers : The Initiative donne son titre à cet article. Les responsables du programme de Stark doivent rapidement exfiltrer les jeunes recrues parties affronter Hulk. S'il venait à se savoir que des jeunes, mal entraînés et incontrôlables, se retrouvent sur le terrain, voilà qui pourrait méchamment rappeler Stamford. Du coup, un petit groupe d'intervention, dans lequel on retrouve les Scarlet Spiders (tiens, on ne les appelle pas Red Spiders en référence au costume ?) ou encore Constrictor, est constitué. L'organisation gouvernementale semble avoir pas mal d'armes secrètes en réserve dont la Mutante Zéro ou notre brave Trauma. Tiens, on apprend d'ailleurs dans cet épisode que les mutants rescapés du Jour M ne sont pas 198 mais environ 300 (les 198 étant en fait uniquement les mutants recensés par l'O*N*E, mutants dont on a listé les 2/3 dans les X-Men Extra #58 et #60).
Toujours aussi bon (surtout si l'on aime les histoires avec des personnages peu connus) et toujours le duo Dan Slott (scénario) et Stefano Caselli (dessin) aux commandes.

On termine enfin par WWH : Gamma Corps. Ce n'est pas forcément l'épisode le plus réussi du mois mais il a son importance car il se termine sur un cliffhanger plutôt inattendu. Comment Frank Tieri et Carlos Ferreira vont se sortir de la situation ? Mystère, mais je suis curieux de voir ça.

Voilà encore une revue indispensable si l'on suit WWH. La présence de Thor nous permet quand même d'éviter l'overdose. Le mois prochain, ce sont les Mighty Avengers de Bendis (et Bagley !) qui seront de retour.

06 juin 2008

La Théorie de la Balle Magique

Un seul coup de feu et des millions de destins changent à jamais. C'est le point de départ de Bullet Points, une tragédie marvellienne en 5 actes signée Straczynski.

Les gens ou encore les découvertes scientifiques changent l'Histoire. Les balles aussi. Certaines sont devenues célèbres. Comme celle qui ôta la vie à l'archiduc François-Ferdinand le 28 juin 1914 à Sarajevo. Le percuteur fit partir un projectile et alluma deux guerres mondiales. Le 22 novembre 1963, à Dallas, trois coups de feu sont tirés. Une balle va devenir magique et mettre fin à la présidence Kennedy, précipitant la guerre du Vietnam. Le 30 janvier 1948, le leader pacifiste Mohandas Karamchand Gandhi, dit Mahatma (Grande âme), est abattu par un fanatique hindou. Avec lui se meurent alors les espoirs d'une cohabitation éclairée entre les grandes religions de l'Inde. Le 4 avril 1968, le rêve du pasteur Martin Luther King se termine en cauchemar dans un motel de Memphis, Tennessee. Partout dans le pays, des émeutes éclatent. Des vies basculent, des décisions changent, des sourires s'effacent.
Sur la terre 616, le 9 décembre 1940, le docteur Abraham Erskine est abattu par un nazi. Le sérum censé donner naissance à Captain America ne sera jamais inventé. La balle, traversant le corps du savant, tue également un MP du nom de Benjamin Parker.
Une seule balle. Et des milliers de vie basculent.

Le concept de départ de cette histoire est assez simple et fait penser à un bon vieux what if ou aux nombreuses mini-séries se déroulant dans des univers parallèles. Ce genre de récit, s'il a l'avantage d'offrir une grande liberté à son auteur, présente toujours le risque de ne pas passionner les foules, les lecteurs sachant d'avance que rien de ce qui est conté n'aura de conséquence par la suite.
Pourtant, il serait vraiment dommage de passer à côté de ce Bullet Points, dont la sortie française est imminente (c'est prévu pour le 12 juin si tout va bien), et ce pour deux raisons. D'une part, l'histoire écrite par J.M. Straczynski est d'une rare subtilité. Le scénariste utilise habilement les grandes figures et les grands évènements de la maison Marvel en en modifiant certains aspects qui finissent par tous s'imbriquer les uns dans les autres. D'autre part, les dessins de Tommy Lee Edwards sont sublimes et permettent de rendre compte de l'ambiance particulière de la seconde guerre mondiale ou des années 60 sans pour autant faire vieillots. Les personnages sont expressifs, leurs attitudes criantes de réalisme (sans que le style graphique le soit, lui, tout à fait, ce qui renforce encore l'immersion dans l'histoire). Une scène d'opération, dans le premier épisode, illustre parfaitement, en quelques cases, la maîtrise du dessinateur, tant dans le découpage que l'impact des situations, et ce, sans aucunement donner dans le gore. Bref, le gars est un bon.

Niveau "changements de situation", je ne veux pas vous en dire trop, sachez juste que Rogers (qui ne peut devenir Captain America) devient en fait Iron Man et que, évidemment, Peter Parker, sans l'éducation de son oncle Ben, change radicalement de personnalité (et de pouvoirs !). On va également retrouver Tony Stark ou Reed Richards, mais Straczynski a la bonne idée de ne pas abuser des personnages et de se tenir à une trame principale déjà suffisamment riche pour nous plonger dans les remous de cette fameuse balle.

Une mini-série intelligente et visuellement irréprochable. L'ensemble étant basé sur des changements concernant les personnages classiques, il est donc préférable, pour profiter pleinement de cette histoire, de les connaître un minimum.

ps : Puisque je fais allusion dans le titre à la fameuse "balle magique", je tiens à soulever un point qui n'est jamais évoqué dans la plupart des oeuvres traitant de l'assassinat de JFK. On nous affirme qu'une balle ne peut causer autant de dégâts et ressortir quasiment intacte. C'est certes vrai (et démontré par des tests) pour des balles classiques mais qu'en est-il des munitions rechargées (faites "maison") ? Non seulement la charge de poudre peut être modifiée mais l'alliage de la balle en elle-même également, ce qui permet parfois de retrouver un projectile peu déformé, même après un ricochet sur... un mur. Or, un mur me semble plus solide qu'un président des Etats-Unis, mais, bon, je peux me tromper, je n'ai pas la clairvoyance d'Oliver Stone. ;o)
Maintenant, il est possible que la balle retrouvée soit d'un alliage classique, mais je n'ai jamais lu cette précision nulle part, ce qui est étonnant car, lorsque l'on s'intéresse un peu au tir, sans être un expert en balistique, l'emploi d'une cartouche rechargée est la première idée qui vient à l'esprit.

pps : ajout de Electro dans les figurines Marvel.

05 juin 2008

Eternel Affrontement

Le cinquième volume de Marvel - Les incontournables est dédié aux X-Men et à leur vieil ennemi, Magneto.

On commence par le traditionnel petit fascicule qui introduit les personnages et permet aux rares lecteurs qui ne connaîtraient pas encore les fameux mutants de se faire une idée des idéologies contraires qui opposent Xavier et Magneto. Le scénario de cette introduction est signé Joe Kelly & Alan Davis, les dessins sont de Mark Farmer.
On attaque ensuite le recueil proprement dit. Panini a choisi de rééditer ici les trois premiers épisodes de la série X-Men (vol. 2). Chris Claremont s'occupe du scénario et Jim Lee des dessins, le tout datant de 1991. Les X-Men (comprenant Cyclope, Wolverine, Tornade, Psylocke, Gambit, Malicia, Iceberg, Archangel et Colossus (pfiouu, ça en fait du monde !)) affrontent un Magnéto puissant mais plus complexe qu'un vilain ordinaire qui ne serait animé que de mauvaises intentions. Là encore, l'antagonisme entre humains et l'homo superior est au centre de l'histoire.

Deux autres épisodes viennent compléter cette saga. Le premier conte la rencontre entre Wolverine et Captain America lorsqu'ils affrontaient la Main à Madripoor. Le second épisode, plus court, est de Ann Nocenti et s'intitule Brigg's Revenge (1989). Tornade doit notamment choisir entre deux de ses compagnons et en condamner un à mort...enfin, bon, on n'y croit pas vraiment et le truc est si vite torché que l'on a du mal à éprouver autre chose qu'une vague curiosité.

Choix mitigé donc pour ce nouvel opus des Incontournables. Si certains épisodes présentent un réel intérêt, d'autres semblent n'avoir qu'une fonction de remplissage. Le prochain volume, dans deux semaines, sera consacré aux Vengeurs.

04 juin 2008

Which the fuck superhero art thou ?

Petit questionnaire inspiré d'un post dédié au western spaghetti sur le blog du sieur Tepepa. Quel Super-Héros êtes-vous ?

1. Niveau tenue :
- a) Un truc flashy et moule-burnes, d'autant que le fluo revient à la mode.
- b) Du cuir et des putains de Ray-Ban.
- c) Vous pensez que le look n'est pas prioritaire, d'autant qu'un super-héros se doit de se pencher sur ce qui est vraiment important.
- d) Vous vous baladez à poil.

2. Pour le pseudo :
- a) C'est réglé en 5 minutes, vous prenez le premier nom qui vous passe par la tête et vous rajoutez "man" derrière.
- b) Un pseudo ? Et pourquoi pas une perruque ou des faux ongles ?
- c) Le nom de votre alter ego doit à la fois exprimer, dans une certaine mesure, une intransigeance quant aux exactions commises sous votre nez mais, aussi, une certaine compréhension, voire tolérance, pour leurs auteurs, car tout le monde n'a pas été gâté par la vie.
- d) Vous choisissez une truc qui signifie "grosse bite" en maya.

3. Les pouvoirs :
- a) Vous n'êtes pas très fort mais vous êtes très malin. Rien ne sert de jeter la cruche à l'eau...heu...devant les boeufs...heu...enfin, on arrivera bien à vendre des photos pour payer le loyer à la fin du mois.
- b) Vous arrachez la gueule à tous ceux qui mouftent.
- c) Plus que de pouvoirs, vous pensez être détenteur d'un legs dont il vous faut assumer à la fois la charge mais aussi le sens et l'évolution par rapport à la société.
- d) Vous pouvez sodomiser une jeune fille de 16 ans sans vous faire arrêter par la police.

4. Les origines :
- a) Vous vous êtes fait piquer par une merde quelconque en rempotant une jonquille.
- b) Vous avez été torturé pendant 27 ans par les enculés du camp opposé. Du coup, vous l'avez mauvaise les nuits de pleine lune.
- c) Vos capacités de synthèse, couplées à une sorte d'élan naturel envers autrui, vous permettent de tirer le meilleur de presque toutes les situations ou, sinon, d'aboutir à un compromis acceptable.
- d) Vous avez été élevé dans un bar à putes puis êtes tombé, par inadvertance, sur la filmographie complète de Eduardo Corones, premier transsexuel mexicain à avoir battu le record de fellations en apnée.

5. Votre ennemi :
- a) Un machin inspiré d'un Poulpe ou d'un lavabo. N'importe quoi en fait, mais avec des couleurs criardes.
- b) Ces enculés de terroristes.
- c) Les gens réfractaires à la discussion et l'échange, ce qui donne souvent lieu à une sorte de non-dit néfaste qui peut entraîner une certaine animosité.
- d) La police des moeurs. Les parents d'enfants en bas âge. Les propriétaires d'animaux.

6. Votre style :
- a) Cosmique, tendance 70's. Ou polard (si vous savez ce que ce mot veut dire, vous avez le droit de compter deux "a").
- b) Je nettoie la place, j'allume un clope après. Et je crève tous ceux qui demandent "c'est pas UNE clope ?".
- c) Modéré, sympathique, compréhensif, gentil, à l'écoute, tolérant, bon copain, évaporé, indolore, incolore, impubliable.
- d) Si ça bouge, ça se nique.

7. Votre famille :
- a) Vous avez un oncle centenaire, passionné de Rubik's Cube, pour qui vous seriez prêt à tuer vos propres enfants. Vous avez également une arrière grand-tante dans l'Oklahoma avec qui vous envisagez de partir en croisière sur le Mississipi pendant que votre connasse de femme nettoiera un peu la maison, ça lui fera pas de mal à cette feignasse.
- b) Un jour, un oiseau vous a souri.
- c) Vous considérez que tout être vivant fait un peu partie de votre famille car, après tout, nous sommes tous égaux, et il faut respecter les différences, même si nous sommes tous pareils, et c'est mieux de s'aimer.
- d) Quelques croisement pas jolis jolis...

8. Votre premier décès :
- a) Vous êtes mort en voulant sauver votre arrière grand-père d'un contrôle fiscal qui aurait pu aggraver son diabète.
- b) Atomisé à Nagasaki pendant que vous bouffiez du Jap.
- c) Vous avez donné tous vos organes, de votre vivant, aux victimes du surimi en Asie du sud-est. Ou du tsunami. Peu importe, en tout cas, vous étiez mobilisé.
- d) Décès par échauffement et "départ de feu spontané" suite à un gang-bang de plus de 72 heures.

9. Votre premier "retour" :
- a) En fait, vous étiez même pas mort, vous aviez juste une sinusite et des pellicules.
- b) Vous vous êtes reconstitué par la seule force de la volonté à partir d'un bout d'intestin grêle. Comme quoi, la volonté, ça paye.
- c) Vous avez été retransposé dans un corps physique de ce plan suite à une réunion massive de vos fans qui ont planché trois jours durant sur la résurrection participative.
- d) Votre âme s'est réincarnée dans une capote usagée.

10. Votre acolyte :
- a) Le fils de l'inventeur du déambulateur.
- b) Johnny Hitler, un type qui a ses têtes et qui traîne une sale réputation de "fils à papa", mais bon, il a de bons côtés et il connaît plein de blagues sur les gitans.
- c) Celui, celle ou ce que les lecteurs voudront bien élire comme étant représentatif d'un certain but commun.
- d) Grounchy, un bouc croate de 70 kilos particulièrement bien pourvu par la nature.

11. Chez vous c'est :
- a) Ah, ben, c'est chez la tantine, donc y'a des napperons partout et faut mettre les patins.
- b) Une grange, un égout, la chambre d'une gourgandine, ça dépend.
- c) Un HLM. Mais dans le XVIème...parce que bon, faut pas déconner.
- d) Une cave avec des anneaux partout et une petite cage dans un coin avec un nounours et une dînette. Et un poster de Guy Georges à l'entrée.

12. Vos repas :
- a) Des machins qui sentent bon, mijotent pendant des heures et aboutissent mystérieusement dans votre assiette.
- b) Un Big Mac les bons jours. Un rat crevé dans les périodes creuses.
- c) Dans ce domaine, vous aimez la surprise et l'originalité. Vous êtes même prêt à vous risquer dans des gargotes à 300 ou 400 euros le repas, histoire de baigner un peu parmi les petites gens.
- d) L'oreille d'une jeune vierge.

13. Votre moyen de locomotion principal :
- a) Vous avez un(e) "monpseudo"-mobile.
- b) Ramper.
- c) Une Classe E, évidemment, mais il vous arrive parfois de prendre un taxi. C'est tellement "roots".
- d) Un pousse-pousse spécialement aménagé...

14. Votre localisation géographique :
- a) La Floride.
- b) Là où ça pète.
- c) Paris mais le plus au nord possible. Les corons quoi presque.
- d) Thaïlande.

15. Votre devise :
- a) La vie commence à 60 ans.
- b) Dans le doute, tue-les tous.
- c) Il faut mutualiser les pouvoirs afin de faire pression sur le vilainariat.
- d) Heu, c'est quel âge la majorité dans ce pays ?


Quel héros êtes-vous ?!

Majorité de "a" : Vous êtes Spider-Man. Ou Stan Lee. Ou Gay. Ou gérontophile. Ou "jeune" et encore chez vos parents, ce qui, après "Stan Lee", n'est pas la pire des combines.
Majorité de "b" : Vous êtes Wolverine sur la terre 616. Un type presque normal ici, bien qu'un peu agressif. Faut vous détendre, merde. Si vous habitez une zone pourrie, n'hésitez pas à prendre 5 ou 6 semaines de vacances, histoire de décompresser, en faisant une croisière par exemple. La solution existe, n'y mettez pas de la mauvaise volonté !
Majorité de "c" : Vous êtes de gauche. Attention, deux solutions. Soit vous le saviez déjà, auquel cas, bon, on va pas en faire une maladie, soit c'est une révélation et, là, il ne faut pas perdre espoir, des tas de gens arrivent à vivre en n'utilisant que 2% de leur cerveau (sourire et s'acheter des jupes par exemple, regardez les nanas).
Majorité de "d" : Vous êtes Alan Moore et adoré de tous, surtout des journalistes, ou bien vous êtes un grave maniaque actuellement incarcéré et...bientôt libéré si vous êtes en France, comme quoi, tout ne va pas si mal !
Majorité de "heu..." : N'accordez pas trop d'importance à tout cela...si on pouvait aussi facilement faire des bilans, ça se saurait. Mais bon, quand même, si vous avez une majorité de "a", faites gaffe, surtout si on vous propose des marchés bizarres. On sait jamais. Remarquez, c'est aussi une façon d'économiser les frais d'avocat pour le divorce (si vous ne comprenez rien à ce que je dis, vous n'auriez pas dû avoir autant de "a" !). ;o)

* titre traduit par Panini : Lequel le enfoiré de super-héros artistique tu ? Heu...es ?
** explication technique du titre original : faut pas s'en faire, "the fuck" c'est pour faire moderne et "art thou" c'est parce que j'écris très mal l'anglais (et que j'aime bien les frères Coen).

Paranoïa

Le Marvel Icons #38, sorti aujourd'hui, contient les quatre séries habituelles et, alors que d'autres publications sont en plein WWH, nous titille avec du Secret Invasion avant l'heure.

Ce sont les New Avengers de Bendis et Yu qui ouvrent le bal. Après la mort d'Elektra, et la découverte que cette dernière était en fait un skrull, la paranoïa s'installe peu à peu au sein du groupe. Le fait que Spider-Woman se soit barrée avec le corps (d'Elektra) pour aller le montrer à Tony Stark n'arrange rien.
Christian Grasse nous dit que l'on découvrira les prémices de Secret Invasion en février prochain, il serait pourtant bon de suivre certaines séries dès maintenant tant il est clair que l'on est déjà rentré dans l'histoire et, surtout, dans l'ambiance de suspicion qui en découle. Luke Cage semble être le plus atteint pour l'instant mais il est vrai que ses "doutes" sont bien amenés. Que peut bien cacher l'attitude de Spidey, d'abord aux côtés de Stark pendant la guerre civile puis rejoignant subitement l'autre camp ? Et Jessica Jones ? Elle a tellement changé depuis quelques temps, restant en retrait, maîtrisant son penchant pour l'alcool et les rencontres d'un soir...
Oui, Cage en vient même à avoir des doutes sur sa propre compagne ! N'importe qui peut mentir mais surtout beaucoup ont eu un comportement pour le moins étrange ces derniers temps. Le doute commence en tout cas à s'installer et Bendis nous offre diverses pistes (valables ou non) permettant déjà de faire les pires suppositions.

Le Captain America de Brubaker et Epting est plutôt bon mais il n'y a pas grand-chose à en dire pour l'instant. On reste sur une vengeance du Soldat de l'Hiver qui piétine un peu et sur les ricanements de Crâne Rouge. Le découpage en petits chapitres très courts a tout de même le mérite de mettre, presque artificiellement, du rythme dans une histoire qui peine à progresser.
Typique d'une saga qui gagnerait largement à être lue plutôt en TPB qu'en épisodes mensuels.

Nouveaux ennuis, orchestrés par les frères Knauff, pour Iron Man. Alors que l'Initiative semble montrer ses limites, Tony est encore hanté par l'image d'un Captain America dont il ne peut accepter la mort. Les très beaux dessins de Roberto de la Torre viennent compléter un début d'arc qui semble prometteur et qui permet (comme toujours avec les Knauff depuis CW) de rendre à Stark son côté humain (on peut en apprendre plus sur leur travail dans le Civil War Companion, chroniqué ici).

Et on termine par Fantastic Four, la série la plus colorée (et la moins "réaliste" si l'on peut dire) du lot. McDuffie et Pelletier ont tout de même le mérite de nous montrer une Jane/Susan Richards qui a bien changé avec les années. Fini le temps où elle n'était que la cinquième roue - invisible - du carrosse. McNiven nous l'avait montré sexy en diable, nous savions, depuis Civil War, qu'elle était indépendante et forte de caractère, la voici presque féroce et implacable ! Reste une intrigue "larger than life" qui ravira les fans du groupe mais s'autoparodie presque par son ampleur (et son résultat évident).

Une bonne fournée, sans what if ou one-shot ou séance de diapositives sur les vacances de Jarvis. ;o)

ps : et après cette entrée, il vous est possible de déguster le cinquième tome VF de The Walking Dead, publié chez Delcourt et maintenant disponible.