30 juillet 2008

What If...I had owned a Skyblog ?

Vous connaissez tous le principe des What If dans les comics Marvel. Il s'agit de prendre une histoire connue et d'en changer un détail pour voir ce qu'il se serait passé "si". J'ai eu envie de faire de même avec ce blog. Et...si j'avais été un peu plus jeune, un peu moins pro-américain et un peu plus franchouilleux et bien-pensant ? Hmm ? Ben, voilà l'article que ça aurait donné (je précise que dans ce What If, comme tout le monde, j'ai arrêté ma scolarité en 6ème mais que ça ne m'empêche pas d'avoir un avis sur le monde, normal, je suis censé être français).

salu tt le monde !
tro delir de vou retrouvé surtou que la je vé parlé grave ma race d'un comik ki déchire : le punicheur
déjja, je vou di kil fodra pa ésité a laché vos koms hein, bande de bâtars !
looool lol lol lol
trop lol :--)))o_OuuPPPjrH,,éé
(kisssss a Vita o fait et surtou un trop big kissssss over the place à ma poukinette ke j'aimeeee)
donc, wé, la j'trouve cé abusé de publiai un livre comme ça (wou, big up à moi-même, jé trouvé le ç sur le clavié) c hiper violent et la violence ça appel la violence
on le c ça putain !!!!
trop vener
en plus , cé encor une fois c salaus d'amériquains qui pousse à la guerre
parce que, forssément, il vendent des armes alor il font la guerre, mé la guerre ça tue et moi, j'suis trop giga contre quoi
tant pi si jme mé des jens a dos
jdi c'que j'pensse
lé jens qui tues des jens, c des salos, c tt !!!!!!
carrément le boukin j'trouve ki devré etre interdi au moins de 13 ans mé j'suis sur que sarkosy il a fait en sorte kil sorte kan meme nananinana kom d'hab et tout tu vois cke j'veu dir
alor que nou on nou acuse alor quon a rien fé! pkoi on nous acuse alor kon a rien fé? moi jfé rien d'puis des années, ni étuude ni travail, ke d'chi et on m'acuse kan meme!
pkoi?,?
vasy j'suis tro dégouté c tt c meme pa la péne...la pène...woua, j'avé fé une fote, sory
donk, je r'vien a ma pensé, le boukin la, pffff, c nimp
les amérikains dfaçon c tro des enculé ,, la ça çvoit que çen est trop des
c kom la police dfaçon
la derniere foi, j'étai avec Denis Benoit et Fabrice (les nons ont étai changé la hein ,kom a la télé, raport au danger du net et tou sa, j'ai pas envi kon s'fassse pécho) et la polisse elle arive, put1, y zavait des tetes d'amerikains deja, jte jure
apre, y'en a un y dis kom ça "wé heu, comment ça s'fait que vous seriez dehors et pkoi que vous cramez des bagnoles ?"
vas-y, on s'est pas qu'est-ce qui veut nous!!
on lui a laché laden au kul direct
laden c est le chiwouawoua de benoit
la race du clebs cé kom le prénon de benoit
sa a été changé pour des rézons de sékurité , mé le flic ; comment il a trop bien couru! il pleuré sa mere
enfin, j'mégare, nananinanana, mé c pour dire que c'boukin du punisher, c trop d'la merde
j'kiffe pas
et les amérikain c tro des enkulé
c tt
sinon, lâchéé bien vos comms et tou si ça vou plé ou bien
pas d'probléme
5-7 style, yo

Oui, bon, il y a des What If plus difficiles à supporter que d'autres. Celui-ci ferait passer un épisode de The Twilight Zone pour une gentille histoire de Candy. Parfois aussi, il est difficile de trancher : Springsteen ou Joey Starr, Freud ou Diam's, Bendis ou Lilian Thuram, Seinfeld ou Ruquier...
Mais heureusement il arrive que le destin tranche pour nous. Et ce que l'on regrette un peu (mais pas tant que ça hein), l'on peut toujours l'expérimenter à travers la fiction. Ou...un post estival.
;o)

L'ile des damnés

L'avant-dernier des Incontournables Marvel est disponible et est dédié au Punisher. On flingue mais dans la bonne humeur.

On ouvre le bal avec le fascicule qui contient un épisode de Garth Ennis (scénario) et Tom Mandrake (dessin). Elektra y joue les guest star et s'offre quelques jolis dépeçages qui valent le coup d'oeil. Du coup, le Frankie tombe sous le charme de la donzelle. Comme quoi, l'envie de tuer son prochain, ça rapproche.

Le livre contient six épisodes qui, évidemment, avaient déjà été publiés (on commence à avoir l'habitude). Il s'agit cette fois du début de la sixième série du Punisher, début que vous pouviez déjà retrouver dans le volume #4 des 100% Marvel consacrés à Castle (qui a pour titre L'île des damnés).
Ennis reste au scénario mais c'est son compère Steve Dillon qui le rejoint pour s'occuper de la partie graphique. Si vous n'avez jamais lu cette histoire, vous pouvez foncer les yeux fermés (c'est une image hein, si vous devez aller dans un kiosque, regardez où vous allez, même si vous connaissez bien le chemin (je précise pour les gens qui écrivent des courriers à Panini pour les remercier de leur "boulot", ces lecteurs ne me semblant pas en mesure de distinguer plaisanterie et choses sérieuses)).

Alors, pour vous dire tout de même en quoi consiste l'intrigue, le Punisher va aller faire le ménage sur Grand Nixon Island, un petit coin du Pacifique Sud où se regroupent mercenaires, criminels et frappadingues en tout genre en attendant que l'on fasse appel à leurs services. Et l'ami Frank, autant le dire, se débrouille aussi bien dans la jungle qu'en milieu urbain. Face à lui, quelques surprises comme une brute répondant au doux nom de "russe" et qui se trouve affublé d'un corps de femme (cf scène #60 du bêtisier) après avoir été tué une première fois par le Punisher. Soap, le contact de Castle dans la police, vient aussi apporter sa petite touche d'humour (cf scène #31 du bêtisier, la scène en elle-même n'est pas présente dans cette histoire mais c'est ici qu'il rencontre la femme évoquée dans le résumé et qui est très probablement sa propre mère). On peut signaler aussi une brève apparition de Spidey au début de l'aventure.

Voilà une bonne fournée qui permettra aux nouveaux lecteurs de découvrir le Punisher mais qui obligera les collectionneurs à racheter, encore une fois, un matériel surexploité.

"Neuf millimètres. Je ne suis jamais plus loin que ça."
Frank Castle.

28 juillet 2008

Le Serial-Killer qui brisa Eliot Ness

Avec Torso, un polar se déroulant dans le Cleveland des années 30, Bendis nous plonge sur les traces d'un tueur en série traqué par le célèbre Eliot Ness. Un comic inspiré d'une histoire vraie et inspiré tout court.

Cleveland. Nous sommes en 1935. Le terme serial-killer n'a pas encore été inventé mais les cadavres sont déjà là. La ville sort de la crise de 1929 et attire une foule bigarrée qui s'entasse dans Shantytown, un bidonville qui rassemble les chômeurs, les sans-abri, des gens qui, s'ils disparaissaient, ne manqueraient à personne. C'est dans ce réservoir humain qu'un tueur en série va puiser ses proies. Il va trouver sur sa route le célèbre Eliot Ness qui, auréolé de sa victoire face à Capone, se voit chargé par le maire de nettoyer Cleveland. Il y a tout à faire. Il faut même penser à installer des feux de signalisation pour faire baisser les statistiques des morts causées par la circulation. Et puis, les pressions politiques sont là aussi. Il serait si pratique que ce monstre dont la presse parle tant soit arrêté avant la convention nationale du parti républicain...

J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer les polars de Brian Michael Bendis, il était temps que je consacre un article entier à Torso, sans doute l'un des plus réussis. Bendis a travaillé ici en collaboration avec Marc Andreyko. Les deux hommes ont avant tout effectué un important travail de recherche sur l'affaire en question. Oui, "Torso" (ou "Mad Butcher" ou encore "Head Hunter") a réellement existé. Malgré le contexte assez exceptionnel de l'affaire (histoire sordide de serial-killer, présence de la "star" Ness, magouilles politiques), elle reste relativement peu connue, en tout cas bien moins que la lutte de Ness contre la pègre de Chicago.
Graphiquement, nous avons affaire à du noir & blanc jouant avec les ombres, les contrastes mais aussi à une technique relativement originale consistant à intégrer de véritables photographies d'époque en guise de décors. On a un peu l'impression, au fil du récit, de consulter un vieil album photo qui, subitement, se mettrait à s'animer sous nos yeux pour nous raconter l'histoire de ces lieux et visages d'un autre temps. Plutôt magique comme sensation.
L'histoire en elle-même reste assez classique : scènes de crime, enquête, un flic intègre, des politiques emmerdeurs, une fausse piste, la tension de l'assaut final, et cetera. Pourtant, le lecteur reste collé aux basques de Ness et de ses Inconnus, la version "made in Cleveland" des Incorruptibles de Chicago. Même la vie privée du super-flic parvient à être évoquée de manière réaliste et sobre, rendant ainsi un personnage "larger than life", et réputé invincible, plus humain sans pour cela sombrer dans le voyeurisme.

Ce livre est disponible en VF chez Semic (dans la collection Semic Noir). L'ouvrage est complété par des articles de presse et des photos d'époque ainsi qu'un très intéressant topo sur l'affaire en question et ses conséquences.
La carrière de Ness fut à jamais entachée par sa décision d'incendier Shantytown pour priver le meurtrier - insaisissable pendant les quatre années où il fut "actif" - de son vivier. Le policier perdit les élections municipales de Cleveland et quitta la ville. Même après son départ, il continua à recevoir des cartes postales du tueur (ou d'un trou du cul morbide). Il emporta dans la mort son intime conviction. L'un de ses inspecteurs continua à se rendre sur tous les sites de crime avec démembrement même après que le dossier fût classé. A ce jour, le "Torso" de Cleveland reste officiellement inconnu.
Pour l'anecdote, Adolf Hitler prit cette série de meurtres en exemple pour démontrer la "décadence de l'Amérique" (sic).

Un excellent Bendis qui parvient à créer une atmosphère pesante et prenante à partir de quelques photos et de dialogues ciselés avec le talent qu'on lui connaît. En tant qu'inconditionnel du gaillard, je dirais que c'est immanquable mais même en essayant de rester objectif, cette histoire vaut largement le détour.

Pour compléter cet article vous pouvez consulter :
Le dossier du FBI concernant Eliot Ness
Le blog de Matt Murdock (qui a notamment chroniqué de nombreuses oeuvres de Bendis)
Un article du site skcentral.com

Extrait de Torso :
- Je voulais vous parler des évènements à venir.
- De quoi ?
- La convention nationale du parti républicain le mois prochain.
- Ah ? Ça ?
- J'espère juste que cette affaire du tueur aux torses sera réglée d'ici-là.
- Pardon ?
- Cette affaire des torses. Je veux que ce soit réglé avant la convention. Le monde entier nous regardera. C'est notre moment de gloire, alors je ne veux pas le voir sali par ce cirque aux horreurs.
- Vous savez ce que je vais faire ? Je vais lui envoyer un télégramme pour lui dire d'arrêter. Je suis sûr qu'il comprendra. A moins qu'il ne soit démocrate.

23 juillet 2008

Mafialand ou les méfaits de l'écriture sous psychotropes

Le X-Men Extra #69 est disponible depuis ce matin. Le bimestriel propose depuis quelques temps maintenant les X-Men First Class en alternance avec l'on-going Black Panther. Ce sont quatre épisodes de la série dédiée au souverain du Wakanda qui sont publiés aujourd'hui.

Black Panther et son épouse Tornade, accompagnés de la Chose et de la Torche, débarquent sur une planète remodelée par les Skrulls à partir des souvenirs d'un mafieux américain des années 30. Une sorte de parc d'attraction en fait. Le Skrull étant tout de même de nature taquine, les joyeux métamorphes ont rajouté quelques innovations technologiques. Les Cadillac, Lincoln et autres Packard se retrouvent ainsi pourvues de la possibilité de voler comme la première voiture du SHIELD venue. On gagne certainement du temps pour faire ses courses mais l'ambiance "prohibition" en prend un coup.
Autre élément un peu décalé, les habitants se défoulent en pariant sur des combats de...gladiateurs. Ah, on passe d'Al Capone à Ben Hur, voilà un cocktail plutôt indigeste. De plus, si l'idée de l'arène avait été très bien exploitée dans Planet Hulk, elle est ici rapidement survolée et fort mal mise en scène.

Là normalement, vous vous dites "mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ?"
Et vous avez raison, car, accrochez-vous, niveau personnages vous allez passer d'un loup-garou à un dragon en faisant un petit détour par Malcolm X et Martin Luther King ! Mais dans quel état était Reginald Hudlin lorsqu'il a écrit cette histoire ? D'autant que, malheureusement, le pire reste à venir. Les dialogues sont si mauvais et sonnent si faux qu'en comparaison n'importe laquelle des séries d'AB production aurait l'air d'un documentaire ultra-réaliste. Bon, j'imagine que la traduction n'arrange rien à l'affaire (je ne peux pas vraiment comparer n'ayant pas lu la VO). Certaines phrases sont d'ailleurs parfois incompréhensibles. Par exemple, Tornade repose Johnny Storm par terre et lui dit, avant d'utiliser ses pouvoirs, "Abrite-toi. Je vais donner."
Je vais donner quoi ? A qui ? C'est une expression censée être branchouille ou quoi ? "Comment je vais donner fils, la vie d'ma mère, tu en reviendras pas...tiens, passe-moi le CD de David et Jonathan, j'aime bien écouter du bon son en donnant", c'est drôle mais je ne sais pas si ça colle trop à Tornade. ;o)
Il y avait d'autres tirades énigmatiques mais je n'ai pas envie de reprendre le comic en main pour chercher, on ne sait jamais, la hudlinite est peut-être contagieuse !

Les dessins sont de Francis Portela, Cafu (ah bon, il a pas de prénom ?) et Andrea Di Vito. En quatre épisodes, le brave Reginald a donc usé trois dessinateurs. Normal, je vois déjà leurs têtes à la lecture du script.
- Ecoute Francis, j'ai une idée géniale, Black Panther débarque sur une planète où il rencontre Malcolm X. Tu piges ? Black Panther...Malcolm X...hahaha !
- Heu...oui.
- Attends, c'est un univers qui est calqué sur l'époque de la prohibition et...
- Ah ben du coup, il ne peut pas y avoir Malcolm X, c'est pas la même époque.
- Mais si, t'inquiète, c'est un coup des...heu...des skrulls tiens.
- Heu...c'est...c'est toi qui vois Reginald. Tu...tu en as parlé à Joe avant quand même ?
- Mais oui, on s'en fout, il est occupé avec son histoire d'annulation de mariage de toute façon.
- Donc, je fais un truc style années 30 ?
- Ouais, mais avec des bagnoles qui volent. Ah, et pis, je t'ai pas dit, y'a des combats de gladiateurs aussi.
- Wow, heu...t'es sûr que ça va coller ensemble tout ça ?
- Ben j'suis obligé sinon comment je justifierais mon loup-garou et mon dragon ?

Bon, vous voilà prévenus, c'est spécial. J'en rigole mais je ne peux décemment pas conseiller cet arc qui me semble être un beau ratage. En plus, avec cette histoire de Grenouilles Dorées du Roi Salomon (je les avais oubliées celles-là), nos quatre compères ressemblent de plus en plus aux Exilés. En moins bien. Et comme les Exilés, ce n'est tout de même pas la série la plus bouleversante du moment...

22 juillet 2008

Un Héros sort de l'Ombre

C'est dans le Ultimate Spider-Man #58, sorti ce matin, que s'achève le long run de Bagley sur la série. On assiste également à la fin de l'arc Ultimate Knights.

Spidey, Daredevil, Moon Knight, Iron Fist, le Dr Strange et Shang-Chi se sont alliés pour faire tomber le Caïd. Malheureusement, ce dernier, averti de leur plan grâce à une taupe placée au sein de l'équipe, riposte durement. L'étude de Matt Murdock part en fumée, Moon Knight est abattu et Spider-Man enlevé...
Les choses n'ont pas tourné comme prévu. Pour faire tomber le puissant patron du syndicat du crime, un héros masqué va devoir sortir de l'ombre et révéler son identité au grand jour.

C'est avec les épisodes #109 et #110 que s'achève donc l'épopée de Mark Bagley sur le titre. Enfin, presque car il a dessiné encore la moitié du numéro #111 avant de céder la place à Stuart Immonen. Bien sûr le scénario sera toujours écrit par Brian Michael Bendis.
L'histoire de ce mois nous laisse peu de temps pour souffler tant les évènements s'enchaînent rapidement. L'on peut regretter un humour moins présent, même si les séances de "méditations" de Strange devraient faire sourire dans les chaumières. Pas vraiment non plus de scènes concernant la vie privée de Parker, tout ici est centré sur les héros et leur bedonnant ennemi. On nous promet par contre, pour le mois prochain (pas besoin d'attendre deux mois cette fois), un face-à-face attendu entre Peter et... sa tante ! Bon, heureusement, dans cet univers, elle se déplace sans déambulateur et son neveu n'a pas encore sacrifié sa femme pour elle. ;o)

Même quand c'est un peu moins bon que d'habitude, USM reste une série de qualité qu'on lit d'une traite. Pour ceux qui regrettent le départ de Bagley, je rappelle qu'il est présent dans le Marvel Heroes de ce mois puisqu'il dessine les Mighty Avengers au côté du même Bendis.
Le prochain arc sera intitulé "Mort d'un Bouffon", un titre suffisamment explicite pour que l'on soit pressé de voir ce qu'il en est vraiment.

21 juillet 2008

Le Règne silencieux de Blackagar Boltagon

Le monarque des Inhumains a beau être, par la force des choses, peu loquace, il n'en reste pas moins impressionnant. Mais qui se cache vraiment sous l'élégant costume de Black Bolt ?

Flèche Noire dispose d'une force peu commune, il peut également voler mais c'est surtout la puissance de sa voix qui lui donne sa particularité si étrange. En effet, un simple murmure de sa part peut avoir de terribles effets. A pleine puissance, ses cordes vocales peuvent être aussi dévastatrices qu'une bombe nucléaire. Voilà pourquoi le bon roi s'impose un silence drastique depuis son plus jeune âge, la méditation l'aidant même à ne pas parler pendant son sommeil (on ne sait pas par contre si les ronflements sont dangereux).
Ce mutisme forcé a plusieurs conséquences. S'il isole quelque peu Black Bolt du monde extérieur (isolement réduit par son épouse Medusalith qui, elle, le comprend sans qu'il ait besoin de s'exprimer), il lui confère également une prestance et une aura mystérieuse qui en imposent à tous. Bien que cet éternel silence puisse paraître pesant, Blackagar parvient à en plaisanter parfois (cf scène #48 du Bêtisier Marvel).

On ne peut pas parler de Black Bolt sans évoquer les Inhumains et leur culture. Ces êtres puissants, créés à l'origine suite à une expérience Kree, vivent en général à l'écart du monde, leur cité d'Attilan ayant d'ailleurs été souvent déplacée (de l'Himalaya à la lune par exemple) dans ce but. Leur régime politique peut se comparer à une sorte de dictature éclairée basée sur la génétique. Chaque Inhumain, lors du passage à l'âge adulte, doit ainsi se plier à une coutume qui lui permettra d'acquérir des dons spécifiques qui détermineront sa place et son rôle dans la société. Ce sont les Terrigen Mists - ou Brumes Terratogènes - qui engendrent la mutation lorsque l'on s'y expose. Tout n'est pas parfait pour autant dans la société inhumaine, ainsi, si les Primitifs Alpha déchargent les Inhumains des travaux pénibles, ils peuvent être considérés comme des sortes d'esclaves au potentiel intellectuel volontairement limité, ce qui est sans doute fort pratique, surtout pour faire la lessive, mais pas top niveau morale.
Ces aspects de la culture inhumaine ont été notamment développés (par Paul Jenkins) dans leur seconde série, parue en 1998, et publiée en version française dans le mensuel Marvel Knights.

Evidemment, Black Bolt ne peut prétendre à rivaliser avec les têtes d'affiche de la Maison des Idées, comme Spidey ou Wolverine, ni même avoir l'importance centrale d'un Tony Stark. Pourtant, le rôle de ce personnage a pris de l'importance ces dernières années, surtout depuis que l'on a appris qu'il faisait partie des Illuminati, ce groupe secret ayant joué un rôle dans presque tous les grands évènements de la terre 616.
Dernièrement, les Inhumains sont également rentrés en conflit avec les Etats-Unis, essentiellement pour récupérer leurs précieux cristaux (à l'origine des Brumes évoquées plus haut), dérobés par Quicksilver (cf Marvel Universe #6). Enfin, Black Bolt étant l'un des responsables de l'exil forcé de Hulk, il est donc lié étroitement à son retour et aux évènements actuels dans World War Hulk. Signalons d'ailleurs qu'il est vaincu peut-être un peu vite par le géant vert, mais bon, question de point de vue sans doute.

Même s'il reste inconnu du grand public, Black Bolt a le profil d'un héros charismatique et fascinant. Pouvoirs originaux, look à l'esthétique moderne, destinée shakespearienne (avec un frangin totalement frappadingue qui cherche à s'emparer du trône), le tout au sein d'une culture élaborée et d'une société dont certains aspects peuvent être largement controversés, forment une toile de fond idéale pour ce monarque plus ambigu qu'on ne pourrait le croire.

ps : Black Bolt a récemment rejoint la collection des Figurines Marvel, cf le personnage #65.

pps : je profite de l'ambiance estivale et ludique pour vous proposer un petit jeu. Oserez-vous venir défier mon champion dans ce Combat de Brutes ? (<-- click)

19 juillet 2008

Create your own Hero

On a fait le tour des sorties récentes, bon, c'est l'été, on peut aussi se relaxer un peu. Tiens, et si on essayait de faire aussi bien que Stan Lee et Jack Kirby ?

Il s'agit ici d'un petit binz vous permettant de créer votre propre héros. Allez, je vous donne l'url de suite, d'autant que c'est chez notre bien-aimée Maison des Idées : create your own hero
Ne vous attendez pas à un miracle, tout cela est très typé : on va très vite reconnaître le style Spidey, Wolvie, Cap ou Thor. Malgré tout, l'on peut aussi rapidement jouer avec les différences, quitte à utiliser ensuite un petit logiciel de retouche pour personnaliser.
Surtout, là où l'on peut regretter d'en rester à une couche créative très kitsch, il est également possible d'en jouer pour accoucher de persos très originaux mais finalement pas si ridicules que ça (j'ai un Captain Scotland, avec tenue bleue et blanche plus kilt qui, mine de rien, tient un peu la route ! lool !).

A l'évidence, le machin proposé est très limité, pourtant, l'on arrive à s'amuser un peu dès les premiers essais. Certains fans en sont déjà à essayer de récréer des persos existants.
Les points négatifs, évidemment, sont nombreux. Seulement trois silhouettes de départ sont disponibles. Les masques sont peu nombreux et trop évidents pour permettre des libertés, tout comme les armes (le bouclier de Cap, les griffes de Wolvie...), le peu de postures disponibles fait également qu'il est difficile de créer des personnages vraiment différents les uns des autres.

A vous de voir, si ça vous tente, je vous propose de vous amuser dans deux catégories : la reconstitution de persos connus & l'invention de persos. Y'a rien à gagner, c'est juste pour le fun. ;o)
Vous faites votre base à partir de la "machine" proposée par le site Marvel et, ensuite, vous arrangez le truc comme vous le sentez.

ps : j'en jette en Captain Justice non ?
;o)

16 juillet 2008

Bon matériel et mauvais éditeur

Si vous n'avez pas encore frôlé l'indigestion avec World War Hulk, le huitième tome des Incontournables Marvel vous propose de remettre ça et de rester en compagnie de notre brave brute à la peau verte.

L'épisode du fascicule est une sorte de long récit qui revient sur quelques moments clés de la vie de Banner, notamment la mort de Betty Ross. Le scénario est signé Peter David (qui terminait ici son long run sur la série) et les dessins sont de Adam Kubert.
Pour ce qui est du livre, l'ambiance est plus à l'introspection voire à la franche déprime qu'à la castagne. Banner pleure la mort de Betty, Blonsky, alias l'Abomination, se morfond en pensant à sa propre femme qu'il ne peut plus voir suite à sa transformation en super mocheté, ajoutez à cela un zeste de schizophrénie avec les différentes personnalités de Banner qui taillent le bout de gras et inventent des réalités chimériques et vous aurez compris que l'on n'a pas ici affaire au héros le plus stable du panthéon Marvel.
En même temps, l'espèce de spleen dans lequel il est plongé change un peu de ses combats actuels et donne au recueil un parfum particulier.

Ce sont essentiellement Paul Jenkins (scénario) et John Romita Jr (dessin) qui sont à l'oeuvre ici, sauf pour le dernier épisode, que l'on doit à Peter David, de nouveau, associé cette fois, pour les graphismes, à Jae Lee.
Parlons-en justement de cet épisode, il s'agit de Dear Tricia, un one-shot dans lequel Banner se retrouve à Londres et rencontre le fantôme d'une sorcière que son alter ego va tenter de venger. L'histoire est très sympa, l'ambiance londonienne, presque onirique, de Lee très réussie, donc tout va bien me direz-vous ? Non, car le hic vient de Panini (évidemment). Ceux-ci s'étaient déjà servi de cet épisode dans le premier Monster consacré à Planet Hulk (la première partie de cette saga n'étant pas assez longue pour remplir entièrement un volume). Ce n'est même pas vieux en plus. Et là, je dis halte au foutage de gueule ! Car si l'on peut comprendre certains doublons (que dis-je, certaines triplettes, voire pire) lorsqu'il s'agit de moments importants, on voit mal ici comment cela pourrait se justifier. Autant, par exemple, la reprise du premier arc des New Avengers, déjà réédité en Marvel Deluxe, pouvait se comprendre car elle permettait d'attirer de nouveaux lecteurs avec une excellente saga à un prix fort modique, autant là, il s'agit de faire du remplissage en ne tenant aucun compte des bouche-trous précédents déjà rentabilisés à maintes reprises.

On croit entendre d'ici les sbires de la sandwicherie : "Quoi on a déjà refourgué cet épisode dans un Monster ? Bah, qui s'en rendra compte, les lecteurs de comics sont tellement cons..."
Le problème avec Panini n'est pas tellement qu'ils fassent n'importe quoi, ni que l'on s'en rende compte, c'est surtout qu'ils se foutent complètement du fait que cela puisse se voir. Il leur suffira d'écrire deux ou trois lettres bourrées de compliments dans le prochain courrier des lecteurs et hop, l'image sera corrigée. Car franchement, si ce sont de véritables lettres, dans lesquelles d'improbables ahuris extatiques roucoulent leurs non moins improbables compliments dithyrambiques, alors là je comprends, vu le..."travail" de Panini, qu'ils nous prennent pour des pigeons.
Alors bon, ce n'est peut-être pas une envie réelle de nous cracher à la gueule, c'est peut-être simplement la fainéantise de rechercher du matériel sinon inédit (il y en a) du moins peu réédité, mais cela ne change rien car ce genre de recherche, je le rappelle, fait partie de ce qui est censé être leur travail, travail qu'ils bâclent depuis des années, faute de sérieux et de conscience professionnelle.

Un volume sympa en ce qui concerne les histoires mais dont la conception soulève le coeur tant le mépris de l'éditeur français envers le lectorat est évident.

14 juillet 2008

Bienvenue à Londres d'en Bas

Le roman de Neil Gaiman, Neverwhere, vient de sortir en VF dans une adaptation en comic orchestrée par Mike Carey et Glenn Fabry. Un étrange voyage dans Londres d'en Bas.

La belle Porte court depuis des jours pour échapper aux assassins de sa famille. Blessée, épuisée, la voici perdue dans Londres. Lorsque Richard Mayhew la voit, il lui vient en aide. Cette décision va bouleverser son existence. Il va passer de l'autre côté du miroir et découvrir le monde oublié de Londres d'en Bas. Un monde dans lequel il va falloir échapper aux tueurs Croup et Vandemar ou à la hideuse bête de Londres. Un monde ou un ange détient un bien dangereux secret.
Mayhew avait auparavant une vie. Il a maintenant un destin.

Le scénariste Mike Carey (X-Men, Ultimate Fantastic Four, Ultimate Vision) commence par nous éclairer sur son travail dans une petite introduction où il rend hommage à Neil Gaiman (1602, Sandman, Les Eternels) et expose notamment sa vision de l'adaptation. Une vision d'ailleurs rassurante pour les gens qui, comme moi, craignent plus que tout ce genre d'exercice souvent source de profondes déceptions.
Mais intéressons-nous plutôt à l'essentiel, le contenu de ce gros volume Vertigo Cult édité par Panini.
Les dessins sont de Glenn Fabry. Ceux qui avaient apprécié son style à l'occasion des covers de Preacher pourront donc admirer plus longuement le talent de l'artiste. Il faut dire qu'il nous livre ici un univers dense, beau, très détaillé et des personnages charismatiques. Certains plans, pleine page, sont d'ailleurs de pures merveilles. La scène où Mayhew, précédé de Carabas, descend une échelle vers Londres d'en Bas en donnerait presque le vertige.

Mais qu'est-ce donc exactement que ce Neverwhere ? Difficile de déterminer le genre autrement que sous l'appellation générique de "fantastique". Gaiman a composé ici un véritable conte moderne, peuplé d'une faune étonnante. Le Marquis de Carabas ou l'Ange Islington sont des exemples de ces êtres issus d'un monde onirique fascinant. Les noms de certains personnages (Porte ou encore Anesthésie) peuvent surprendre, tout comme leur accoutrement ou leurs moeurs, mais une fois le premier étonnement passé, l'atmosphère se teinte d'une poésie baroque qui enveloppe le lecteur presque à son insu.
Petit hic, au milieu de cette foule bigarrée et de la folie ambiante, Mayhew, qui fait à la fois office de héros et de narrateur, paraît bien terne. L'on a du mal à s'y attacher, encore plus à s'y identifier, et du coup l'histoire, bien que belle, perd en suspens ou en intensité dramatique, indifférent que l'on est au sort de ce londonien paumé entre deux mondes. L'impression qui se dégage une fois le livre refermé est du coup mitigée. Si le voyage était intéressant, l'on regrette de n'avoir pas pu s'immerger un peu plus dans la féerie ambiante. Mais dire de l'univers d'un auteur que l'on regrette de n'avoir pas eu plus l'impression d'en faire partie est presque plus un compliment qu'une critique.

Une histoire à savourer comme un rêve, peuplé d'impressions fugaces, et dont l'intrigue apparaît un peu faible en comparaison de la richesse des personnages et du monde décrit. Mais c'est sans doute volontaire et donc parfaitement réussi.

12 juillet 2008

Wanted : le crime a fini par payer

Le Wanted de Millar est maintenant disponible en VF chez Delcourt. Sans doute l'effet de la sortie imminente du film. Plutôt que d'aller voir une adaptation, choisissez de lire le comic.

Wesley Gibson est votre pire cauchemar. Ce que vous ne voulez pas être mais êtes un peu fatalement. Il mène une vie banale, noyée dans la lâcheté et le renoncement. Il est harcelé au boulot par une supérieure qui le méprise, sa copine le trompe avec son meilleur ami et une bonne partie de Manhattan, une bande de chicanos se fout régulièrement de lui à la sortie du bus... et Wesley ne fait rien. Il encaisse. En silence. Parce qu'à côté de Wesley, un eunuque aurait plus de couilles.
Et puis vient le jour de l'héritage. Car ce que la masse grouillante ignore, c'est que le monde est dirigé depuis 1986 par des super-vilains. Cinq familles se sont partagées le monde en secret après la chute des super-héros. C'est maintenant la Fraternité qui règne en maître sur toute la planète. Et le père de Wesley en faisait partie. Il était le Killer, l'un des plus grands. Mais pour reprendre le flambeau, il va falloir apprendre. Apprendre à riposter, à faire mal, à enculer tout et tout le monde.
Parce que seul le crime paie.

Ah, nous y voilà. Cette adaptation française était attendue depuis un bon moment, autant dire que les volumes de Wanted se sont vendus comme des petits pains (Amazon était en rupture de stock dès le jour de sa sortie). Le scénario est de Mark Millar qui signe ici une oeuvre décomplexée et résolument outrancière. Dans Wanted, le héros est le moins salaud du lot et ce ne sont pas les gentils qui gagnent à la fin. Tout ici est censé franchir les barrières du politiquement correct, des dialogues aux crimes gratuits en passant par les noms et l'aspect de certains personnages ("Tas de merde", une créature constituée des excréments de tueurs en série et de célèbres dictateurs ou encore "Gros con", une copie trisomique du premier super-héros).
Est-ce que Millar va trop loin dans sa volonté de choquer ? Non, pas forcément, l'ensemble étant suffisamment habile et original pour nous plonger dans un second degré complice. De nombreuses références aux comics en général ou à certains personnages connus en particulier feront d'ailleurs sourire les habitués de Marvel et DC Comics. Attention, il ne s'agit pas d'une parodie pour autant, plutôt d'une sorte de Watchmen revisité présentant la version des "enculés" pour reprendre un terme cher à l'auteur. Le tout modernisé par l'élégant graphisme de J.G. Jones.

Reste le message final, encensé d'ailleurs par Vaughan dans un petit mot qui suit la postface de Millar. Et là, ça coince un peu. Autant l'auteur de Civil War et Kick-Ass est un excellent conteur, maîtrisant parfaitement son histoire et des personnages qu'il sait vite rendre attachants, autant ses idées simplistes - qu'il se croit toujours un devoir de vouloir imposer - sur la société ou la politique tombent à plat.
Pourquoi diable vouloir ajouter un semblant de morale à cette excellente histoire ? Un peu comme si le divertissement ne suffisait pas en soi ou comme si les lecteurs étaient trop stupides pour tirer leurs propres conclusions. Millar nous livre dans les deux dernières planches une sorte de prêt-à-penser ridicule qui se veut malin (et courageux selon Vaughan) mais qui reste trop vague et trop à la mode pour mériter un tel jugement.
Pour Millar, la société de consommation est une monstruosité (il ne vend pas ses livres ?) et le travail une forme d'esclavagisme. Evidemment, le type qui marne à l'usine, dans un boulot qu'il exècre, ne peut qu'être d'accord avec ce jugement à l'emporte-pièce. Mais qu'en est-il de la responsabilité individuelle ? Le monde n'est-il pas ce que nous en faisons ? Et si certains le subissent, d'autres, comme Millar, ont la chance d'allier leur passion et leurs sources de revenu. Ce n'est pas seulement lié qu'aux professions artistiques d'ailleurs, bien des gens qui pratiquent des métiers manuels ou qui travaillent au contact de la nature ou des animaux sont heureux de leur sort. Et même si Millar avait raison sur l'essentiel, n'est-il pas facile de se plaindre de l'arbre lorsque, chaque jour, l'on en mange les fruits ?

J'arrête là mes digressions sur le "millarisme" et préfère rester sur la bonne impression générale. Car, ne vous y trompez pas, il s'agit ici d'une sacrée bonne histoire, contée par un artiste talentueux mais qui devrait essayer, au moins une fois, d'avoir autant d'audace dans sa réflexion que dans ses dialogues. Ou mieux, qui devrait arrêter d'apporter des réponses sirupeuses là où il n'y a que de mauvaises questions.
Un jour où l'autre, les scénaristes comprendront (c'est déjà le cas pour beaucoup) que leur boulot consiste à raconter des histoires, pas à nous emmerder avec leur philosophie issue des conversations du repas dominical, du poulet plein la bouche et de la mayonnaise plein les neurones. Ou alors, il faudrait que les idées soient du niveau de la narration, et pour cela, il faudrait abandonner les déclinaisons habituelles du fameux "les méchants, c'est pas gentil et la guerre c'est bien du malheur."

Mince, je voulais dire du bien de ce comic et je me rends compte que je suis en train de dire du mal de Millar. Bon, ne prenez pas tout ce que je dis au pied de la lettre, après tout, je ne suis qu'un vieux ronchon misanthrope qui n'aime pas se voir asséner des petites idées étroites, surtout lorsque l'on veut leur donner l'apparence de la rébellion. Reste tout de même une fascinante plongée dans le côté obscur du pouvoir.
Achetez ce truc, lisez-le et prenez du plaisir sans vous laisser berner par les deux dernières pages. Elles ne sont là que pour essayer de rendre culte une saga qui le méritait déjà sans elles. ;o)

The Hood

Un nouveau vilain, The Hood, débarque en librairie dans la collection Max. Origines et ascension d'un petit truand qui deviendra grand.

Le jeune Parker Robbins est un petit voleur minable qui va de plans foireux en coups plus ou moins réussis. Lorsqu'il se met en tête de cambrioler un entrepôt, suite à l'un de ses "bons" tuyaux, il découvre en fait d'étranges inscriptions sur le sol et une épouvantable créature qui va bien involontairement lui céder ses frusques. Voici notre petite frappe en possession d'une paire de bottes lui permettant d'échapper à l'attraction terrestre et d'une cape qui le rend invisible lorsqu'il cesse... de respirer.
A nouveaux pouvoirs, nouvelles ambitions. Les ennuis ne sont pourtant pas terminés pour autant car celui que les journaux appellent maintenant The Hood va trouver sur sa route un certain Golem, un sympathique polonais du genre Keyser Söze.

C'est Brian K. Vaughan qui signe le scénario de cet arc en six parties. Il peut très largement remercier Bendis puisque ce dernier, en faisant de Hood l'un des plus grands super-vilains du moment dans la série New Avengers, a permis la réédition (et l'édition tout court en VF) de cette histoire passée un peu inaperçue en 2002. Outre son apparition dans le dernier Marvel Icons (où il tient tête à Wolverine), l'on avait pu faire connaissance avec Parker Robbins dans Beyond, une saga publiée en octobre 2007 dans le Marvel Universe #5.
Ce volume nous permet d'assister aux premiers pas du criminel et de rendre le personnage plus consistant. Le côté chaotique de ses débuts et certaines de ses failles le rendent d'ailleurs plutôt sympathique.

Les dessins sont de Kyle Hotz (que l'on a pu voir sur Captain Marvel ou Annihilation : Conquest). Rien à redire, c'est agréable et soigné. Côté traduction, toujours les mêmes faiblesses et les mêmes libertés avec la langue, que ce soit la forme négative absente ou les auxiliaires qui disparaissent. On finit par s'y faire mais ça agresse l'oeil. Niveau guests l'on peut citer le Shocker, Jack O'Lantern et Constrictor. Le trio vient rajouter une touche d'humour bien que Robbins et son acolyte n'en manquent pas.
Voilà en tout cas du vrai bon Vaughan, à mille lieues du décevant Serment du Dr Strange.

Des flingues, des Masques, quelques vannes et un peu de sexe, le cocktail est réussi et permet d'introduire de belle manière un personnage qui risque de durer et de prendre de l'importance dans les prochains mois.

ps : ajout de la scène #59 dans le Bêtisier Marvel.

08 juillet 2008

Rien ne sera jamais plus comme avant...

Si le titre de cet article vous fait sourire, c'est normal, il s'agit là d'une accroche que les lecteurs connaissent bien et qui ne tient pas toujours ses promesses. Puisque la mode est aux gros évènements, voyons un peu s'ils ont réellement bouleversé l'univers Marvel.

House of M
Le premier "choc" a lieu, pour la version française, il y a un peu plus de deux ans. Wanda Maximoff, la Sorcière Rouge, a tout d'abord modifié, par magie, la réalité afin que les mutants deviennent l'espèce dominante, mais après quelques péripéties, la voici qui déprime encore un peu plus et prononce les célèbres mots "no more mutants".
Les conséquences sont-elles si énormes qu'elles en ont l'air ?
Sur la terre 616, oui. De plusieurs millions, la population mutante passe à une poignée (on nous a dit d'abord 198 mais l'on nous a appris récemment qu'il ne s'agissait là que des mutants recensés, d'autres peuvent donc se rajouter). Les mutants restants sont plus que jamais la cible de la colère et de la crainte des humains "normaux".
Pour le lecteur, le changement est déjà moins spectaculaire car, bien évidemment, les mutants "vedettes" sont encore là. Et puis le coup de la réalité alternative, dont plus personne ne se souvient, dans laquelle s'est déroulé l'essentiel de la série principale sent un peu le réchauffé.
Type de changement : force 3

The Other
On nous a vendu ce crossover interne aux séries Spider-Man comme une étape majeure dans la vie du Tisseur. Effectivement, au départ, il est assez malmené. Combat terrifiant contre Morlun (pendant lequel il se fait gober un oeil, je rappelle que chez lui, ça ne repousse pas), mort clinique, renaissance avec pouvoirs accrus. Ma foi, pourquoi pas. Le voici doté d'un sixième sens boosté, de dards surgissant de ses avant-bras, il devient également nyctalope et peut tirer des informations des vibrations de sa toile. Bref, il accepte la partie arachnéenne de sa personnalité. L'histoire, faisant écho à la vision de Straczynski concernant l'origine totémique et mystique des pouvoirs du Monte-en-l'air, est plutôt pas mal.
Problème, très vite l'on peut constater qu'aucun auteur ne se sert vraiment des petits trucs en plus que l'on a refilés au héros. La nyctalopie fait plus gadget qu'autre chose, les dards semblent embarrasser tout le monde, bref, on a l'impression d'un coup d'épée dans l'eau.
Type de changement : force 1 à 2

Civil War
Le plus long évènement Marvel de l'histoire moderne, que ce soit par la durée ou le nombre de séries et d'épisodes concernés. Le concept est plus qu'alléchant puisqu'il oppose des héros certains de leur bonne foi et persuadés de représenter le Bien. L'affrontement est donc réaliste et oppose deux camps de "gentils". Comme toute guerre civile, la fin des combats ne signifie pas la fin du ressentiment et de nombreuses plaies restent ouvertes.
Les conséquences sont ici nombreuses. Révélation de l'identité de Spidey, mort de certains héros (Goliath, les New Warriors...), mort de Cap, déchirements internes dans certaines équipes, création de deux groupes de Vengeurs, accession de Stark à la tête du SHIELD, mise en place de l'Initiative, bref, pour le coup, on ne nous a pas menti cette fois.
Les relations entre les personnages sont encore à l'heure actuelle marquées par cette guerre et la loi de recensement est toujours d'actualité.
Type de changement : force 4 à 5

One More Day
Là pour le coup, plus rien n'est comme avant. Ou plutôt, si, tout est comme avant, très très longtemps avant même. Au lieu de faire avancer le personnage, cette saga le renvoie à ses débuts. Tous les changements importants intervenus dans sa vie sont annulés. Il n'est plus marié, ne génère plus de toile organique, son identité redevient secrète pour tous, bref, le procédé est choquant et les problèmes de continuité nombreux.
La manoeuvre est censée ramener de nouveaux lecteurs... espérons qu'ils seront assez pour compenser la fuite des anciens, déçus, qui n'ont plus envie de suivre un personnage que l'on ampute d'une grande partie de son histoire et de son vécu.
Type de changement : force 7

World War Hulk
Pour une fois, l'évènement n'est pas survendu. On ne nous promet pas un virage rédactionnel drastique mais plutôt une bonne et longue castagne. Cela n'empêche pas de faire "comme si" en multipliant les tie-ins et les histoires secondaires à l'intérêt parfois limité.
Type de changement : force 1

Les évènements à venir
De Secret Invasion à Messiah Complex, l'on nous promet encore des retournements de situation spectaculaires. Pour la première histoire, il s'agira surtout de révélations concernant les personnages qui sont en fait des Skrulls. Une bonne occasion de les absoudre de leurs péchés. Pour le crossover mutant, voilà qui devrait être l'occasion d'une renaissance et mettre fin à l'extinction que tout le monde redoute depuis le Jour M.
Quoi qu'il en soit, il s'agit plus ici d'histoires intégrées à la continuité que de bouleversements en profondeur.

Alors, on nous ment ?
Disons qu'il faut relativiser. On sait tous, et depuis longtemps, que Marvel est la maison des superlatifs au moins autant que celle des idées (pas toutes bonnes d'ailleurs). Si l'on se retourne un peu sur deux ou trois ans en arrière, l'on constate que la production globale est de qualité, même si ses conséquences sont souvent exagérées dans un procédé publicitaire qui se parodie presque lui-même.
Le plus gros point positif reste sans doute Civil War, la saga ayant eu à la fois ses moments dramatiques intenses et des impacts réels et durables sur nombre de personnages. Le plus gros ratage (par manque d'ambition sans doute) reste One More Day et son inqualifiable retour en arrière. Entre ces deux extrêmes, la terre 616 frémit plus qu'elle ne change vraiment. Le lecteur, lui, sait que dans cet étrange univers, tout est possible. Même les auteurs en rient parfois eux-mêmes. Vous pouvez le constater en jetant un oeil à la scène #57 du Bêtisier Marvel.



L'échelle des bouleversements Marvelliens selon Neault
force 1 : pas de conséquences visibles
force 2 : légères modifications pour la terre 616 ou changements de moyenne ampleur pour un seul personnage
force 3 : modifications faibles mais prenant de l'importance sur la durée
force 4 : évènement important touchant des personnages principaux
force 5 : évènements très importants, mini-révolution, répercussion importante sur le lectorat
force 6 : fin d'une ère, début d'une nouvelle époque où plus rien n'est réellement comme avant
force 7 : syndrome de la "baguette magique", changements si importants qu'ils annulent les précédents, suicides collectifs chez les lecteurs... ;o)

07 juillet 2008

The Venom Bomb

Le Marvel Heroes #9 de juillet accueille un combat mémorable, la suite de World War Hulk et des symbiotes en pagaille.

La série Incredible Hulk qui ouvre le bal est bien évidemment concernée par l'évènement du moment, à savoir la vengeance d'un Hulk passablement remonté contre les héros new-yorkais. Amadeus Cho parvient tout de même à prouver que notre grosse montagne verte n'est pas un tueur. Enfin, c'est en tout cas ce qu'il croit pour le moment.
Le scénario est de Greg Pak, les dessins de Carlo Pagulayan. Pas aussi intéressant à suivre que WWH. On a un peu l'impression de toute façon qu'il ne peut pas arriver grand-chose à Hulk...

Suite du Mighty Thor de Straczynski et Coipel. L'épisode se déroule à New Orleans, après le passage du cyclone, et est presque entièrement consacré à un face à face opposant le souverain d'Asgard à Tony Stark. Iron Man se fait malmener comme rarement auparavant. Il faut dire que lorsque l'on a un pote de nature divine, ce n'est pas bien malin de lui faire des clones dans le dos. C'est susceptible comme tout un dieu. Pis attention, le panthéon nordique, ça ne punit pas l'égaré à coup de "vous me réciterez cinq Notre Père" hein, avec eux c'est direct tartes dans la gueule et coups de pied au cul ! C'est l'ambiance du Nord ça, ils ont le contact facile. ;o)
Excellent épisode dans lequel la reconstruction d'Asgard se poursuit. Les dessins de Coipel sont magnifiques, que ce soit pour les personnages et décors modernes ou pour les héros plus typés. Son Heimdall notamment a beaucoup de classe.

Les Mighty Avengers de Bendis sont de retour et cette fois c'est son vieux compère Mark Bagley qui débarque sur la série pour signer les dessins (rappelons qu'ils détiennent le record du plus long tandem créatif avec leur série Ultimate Spider-Man). L'épisode de ce mois est plutôt riche. L'on y voit le retour de Spider-Woman dans le giron de Stark, le début d'une gigantesque épidémie symbiotique (à base de Venoms et de Carnages) et une miss Reynolds (madame Sentry) au comportement...étonnant. Ajoutez à celà une pointe d'humour (la Guêpe tentant de persuader Wonder Man de changer de look) et la paranoïa qui commence à envahir Stark (il a appris qu'une invasion Skrull était en cours) et vous admettrez qu'il sera difficile de s'ennuyer.
De toute façon, avec un couple tel que Bendis et Bagley, perso je signe tout de suite.

On termine la revue avec World War Hulk : Gamma Corps. Là encore, on ne peut pas dire que la série soit indispensable malgré un dénouement prometteur (l'équipe se retournant finalement contre...les Illuminati). C'est un peu longuet et les personnages secondaires qui peuplent ce récit manquent finalement un peu de charisme.

Un mensuel de qualité qui est notamment tiré vers le haut par les on-goings Mighty Thor et Mighty Avengers.
On aurait aimé une couverture un peu moins verte (on commence à ne plus savoir comment faire poser ce pauvre Hulk, il n'a jamais fait autant de séances photo de sa vie !) mais c'est le crossover qui veut ça. Tiens, du coup, hop, je me sers de la cover de Frank Cho pour illustrer l'article, ça nous changera. ;o)

ps : ajout des duels #16 et #17 dans les Combats d'Anthologie.

06 juillet 2008

Combats & Figurines

Un petit post pour signaler la sortie de la huitième figurine hors série de la collection Marvel. Il s'agit d'Abomination, un ennemi traditionnel de Hulk. Plutôt pas mal et assez grande. On peut noter que c'est la première fois - à part pour le Black Spider-Man sur la corniche - que le socle noir et carré est remplacé par un élément de décor.
En ce qui concerne la série régulière, la 64ème figurine représente Dormammu, une créature mystique qui se retrouve souvent sur la route du Dr Strange. Le personnage est puissant mais l'on ne peut pas dire qu'il ait le look le plus réussi de la galaxie Marvel.
Le numéro #65, dans deux semaines, sera plus intéressant puisqu'il s'agira de Black Bolt (Flèche Noire) qui a l'air fort bien réalisé et a fière allure avec son costume sombre et sa pose agressive. Il fallait bien ça pour le roi des Inhumains.

Pour terminer ce week-end dans les cris et la poussière, hop, trois petits duels viennent s'ajouter dans les Combats d'Anthologie. L'on pourra y voir le Silver Surfer contre Hulk lors de la saga Planet Hulk, ensuite un combat très récent, puisque issu du dernier Marvel Heroes, avec Iron Man qui se voit opposé à un Thor en très grande forme. Les partisans de Cap pendant Civil War vont se régaler... ;o)
(pour les fans du brave Tony, bah, on peut toujours se consoler en se disant que l'on ne peut pas gagner à tous les coups, surtout contre un dieu)
Enfin, puisque tout cela manquait un peu de charme féminin, le combat #15 met en scène Julia Carpenter, alias Spider-Woman/Arachne et Carol Danvers, plus connue sous le nom de Ms. Marvel. En voilà deux qui, malgré leurs fines silhouettes, n'ont rien à envier aux gros bras habituels. Le concept de sexe faible en prend un sacré coup !

03 juillet 2008

L'Homme sans Peur

La collection des Incontournables Marvel s'attaque cette fois à Daredevil avec une saga signée Frank Miller. Un mythe non exempt de défauts.

Le petit fascicule qui fait maintenant traditionnellement office de mise en bouche reprend l'épisode de 1981 dans lequel Elektra apparaît pour la première fois. Plus une curiosité qu'autre chose tant le procédé narratif a vieilli.
Evidemment, l'intérêt principal de cette publication est bien l'épais volume qui accueille l'arc The Man Without Fear. Si Frank Miller reste au scénario, c'est maintenant John Romita Jr qui se charge des dessins. Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce récit, sachez qu'il s'agissait, à l'époque, d'une réactualisation des origines de Daredevil. On est en 1993 et la mode est au héros torturé en quête de rédemption (on peut citer en exemple Spawn mais même notre bon Tisseur a eu sa période sombre avec McFarlane). Il s'agit donc, pour Miller, de dramatiser au maximum le destin de Murdock, ce qui n'est guère difficile lorsque l'on a sous la main un personnage aveugle dont le père a été assassiné. Ce n'est pas suffisant, le héros ne peut plus se contenter d'être le bon samaritain propret de service, il lui faut des failles et, si possible, des grosses. Une vengeance qui tourne mal sera donc l'occasion de lui coller un peu de sang sur les mains (enfin, quand je dis un peu, il bute une nana quand même).

Il faut avouer que le tandem Miller/Romita s'en sort pas mal sur de nombreux points. La partie contant la petite enfance de Murdock est très réussie et aurait même mérité d'être plus longue tant l'on se prend de sympathie pour ce petit gamin new-yorkais, débrouillard et espiègle. L'idée de ne pas en faire un paumé dès le départ est incontestablement habile. La vengeance de Matt, suite à l'assassinat de son père, est plutôt savoureuse mais apporte une interrogation : pourquoi, puisque le jeune Matt Murdock est si puissant, n'a-t-il pas réglé leur compte aux salauds qui faisaient chanter son père avant qu'ils ne le tuent ? Puisque j'en viens à ce qui cloche, certains détails vont vite choquer lorsque l'on avance dans l'histoire. Les voyous de service notamment, qui servent de défouloir à Elektra ou Daredevil, sont aussi crédibles que Lilian Thuram en ministre de la culture. Ou que Malouda en footballeur (non, je ne fais pas de blagues sur Domenech, quelqu'un qui méprise autant les journalistes ne peut pas être totalement mauvais). ;o)
La love story avec Elektra tombe aussi un peu à plat, sans que l'on sente réellement une quelconque passion transpirer, Miller se révélant visiblement plus à l'aise avec les coups du sort qu'avec les persos amoureux.
Le style Romita peut également souffrir quelques critiques. Son Elektra est hideuse et sa technique des hachures pour ombrer fait que, parfois, l'on a l'impression que Murdock a une moustache. Les fans de Burt Reynolds vont se régaler mais les autres peuvent être quelque peu surpris. Bon, attention, il y a des scènes qui rattrapent ces petits égarements, comme ce moment où un Murdock étudiant s'offre une petite balade nocturne qui l'emmènera de la Columbia University à Central Park. La scène finale, avec un Daredevil qui se jette du haut d'un immeuble avec son ancien costume (le pas beau là, jaune et brun) et apparaît au premier plan avec l'actuel (le joli, tout rouge), comme pour une plongée dans le temps, est particulièrement inspirée. Certaines postures valent aussi le coup d'oeil, ce qui rattrape un peu l'aspect statique des combats.

Mais alors, c'est bien ou pas ?
Il faut reconnaître que ce n'est pas désagréable. Et lorsque c'est sorti, il faut bien se mettre dans la tête que ça nageait largement au dessus du reste de la production Marvel (les années 90 n'ont pas été la meilleure décennie pour l'éditeur, comme chacun sait). Maintenant, il faut également raison garder (j'adore cette expression), Frank Miller est un auteur, certes talentueux, mais pas un label garantissant le chef-d'oeuvre absolu à chaque script. On a ici un travail honnête, une histoire valable, et c'est déjà beaucoup. Si l'on ajoute le petit côté nostalgique, l'on a même un excellent choix d'épisodes, peut-être même le meilleur après ceux des Avengers. Il ne faut donc pas hésiter, surtout à ce prix là, à s'offrir ce Daredevil.
Reste que, même si les époques ne sont pas comparables, l'on est loin, sur la même série, de la qualité du run de Bendis qui a signé, pour moi, LA saga absolue de Daredevil (et qui ne risque pas de prendre de rides avant très, très longtemps, mais c'est un autre sujet...).

L'auteur de Sin City et The Dark Knight Returns à un prix dérisoire avec une saga qui permet aux nouveaux lecteurs d'avoir une vue très complète sur les origines de Daredevil. Idéal pour ce type de collection.

01 juillet 2008

Spider-Man (re)commence ici...

Le Spider-Man #102, débarqué aujourd'hui en kiosque, fait table rase du passé et s'adresse spécifiquement aux nouveaux lecteurs. Les plus anciens peuvent souffrir en silence. Ou pas.

Panini l'annonce directement sur la couverture, il s'agit ici d'un "point de départ idéal pour les nouveaux lecteurs." Si vous avez suivi ce débat, vous savez déjà que Spidey est de nouveau célibataire, qu'il habite chez sa tante, qu'il est sans un sou, qu'il ne génère plus de toile organique et que plus personne ne connaît son identité. Plus qu'un nouveau chapitre, c'est à un terrifiant retour en arrière que nous avons assisté dans One More Day.
Mais, contents ou non, il faut passer à la suite. Elle commence ici avec l'épisode Swing Shift qui avait été distribué gratuitement aux Etats-Unis lors du Free Comic Book Day. Nos chers vendeurs d'autocollants, eux, s'en servent comme d'un épisode payant (ce n'est pas la première fois d'ailleurs, cf cet article) puisqu'il ne constitue pas un bonus mais bien l'un des quatre épisodes habituels. Pas de petit profit.
Revenons à Swing Shift. Le début vaut le coup, Parker se rend à l'anniversaire de sa tante May (pour qui il a donc sacrifié sa femme). Il manque de se faire renverser par une voiture, il en réchappe de peu et sa première réaction est de vérifier si le gâteau qu'il destine à la tantine n'a rien... heureusement, la précieuse pâtisserie est intacte. Dans le cas inverse, il aurait fait la tournée des héros (Strange, Richards...) pour voir s'ils ne pouvaient pas lui redonner sa forme initiale. Ou il aurait sacrifié sa future petite amie. Après tout, rien n'est plus important que de nourrir la vioque.
Hein ? Oui, je suis un tout petit peu remonté. ;o)
Bon, l'épisode en question avait déjà été publié dans le Comic Box de février mais, volonté d'éviter les spoilers oblige, le texte avait été légèrement modifié. Nous avons ici la version "director's cut".

On poursuit avec le Amazing Spider-Man #546 et les débuts proprement dits de Brand New Day (le fameux "nouveau chapitre" qui nous renvoie en 1962). Dan Slott (scénario) et Steve McNiven (dessin) se chargent de cette première fournée. On y découvre notamment un nouveau vilain, Mister Negative, qui est plutôt réussi, tant esthétiquement qu'au niveau de son profil psychologique (le gars est un adepte de la méthode "attends, je vais te découper en fines lamelles, tu comprendras mieux").
Pour l'instant, nous n'aurons pas droit aux trois épisodes de Amazing (vous savez que la série du Tisseur paraît maintenant trois fois par mois aux US si vous avez été attentifs). En fait, nous n'aurons cette triple ration qu'en 2009. Pour la fin de l'année, nous n'aurons que deux Amazing qui seront complétés par les Thunderbolts et une série tirée de Spider-Man Family. M'aurait étonné que Panini n'arrive pas à se débrouiller pour faire encore un petit bordel dont ils ont le secret.
Ah oui, j'allais oublier le meilleur, nous avons trois petits "teasers" (si l'on peut dire) de trois planches chacun avec le ASM #546. L'un est consacré à Jackpot (vous aussi vous vous demandez comment elle est devenue une héroïne ?), l'autre à Harry Osborn et le dernier à... la tante May ! En plus, sous le titre Astonishing Aunt May. Ben ça devait arriver, ils ont pété un câble à la Maison de Retrai... heu, des Idées. Quand je pense que je me marrais sur leur gérontophilie à l'occasion d'un poisson d'avril, à ce train là, la réalité va dépasser la plaisanterie.
Enfin, moi j'aurais pris Immortal Aunt May à la place d'Astonishing mais bon... c'est sans doute pour préserver le suspens.

La troisième série du Monte-en-l'air est un Spider-Man Unlimited. Un épisode bouche-trou, sans trop d'intérêt, avec l'Homme aux Echasses et le Shocker. On termine avec un excellent épisode des Thunderbolts, avec Christos N. Gage au scénario (qui se débrouille ici aussi bien qu'Ellis) et Brian Denham au dessin.
On ne va tout de même pas terminer sur une note positive ! Pour continuer dans les compliments à la sandwicherie, signalons une bourde de la traductrice Sophie Viévard qui parvient à faire une faute avec un mot laissé en anglais dans le texte français (il suffisait donc de... le recopier). Elle écrit "loosers" au lieu de "losers". Rappelons qu'elle est censée parler couramment anglais. Rappelons également que l'opération "une méthode Assimil pour Panini" est toujours en cours, envoyez vos dons directement à Christian Grasse.
Tiens, en parlant de celui-là, il défend le dernier coup de théâtre (l'annulation du mariage de Parker) avec la dernière énergie. En gros, il nous dit que ce n'est pas comme s'il n'avait pas eu lieu, c'est juste que Mephisto a créé une nouvelle réalité. Oui, dans laquelle le mariage n'a pas eu lieu donc (ça lui fait quel âge à Grasse maintenant ?).
Pareil pour l'identité de Spidey, on peut bien nous dire qu'il s'est vraiment démasqué, si personne ne s'en souvient, même pas ceux qui le connaissaient avant Civil War, je ne vois pas bien l'intérêt.

Un numéro étrange car bon en soi mais énervant de par les méthodes ridicules, et insultantes pour le lectorat, qui ont été utilisées pour déboucher sur une remise à zéro des compteurs. Enfin, à zéro peut-être pas, car si effectivement Parker semble au même point que lorsqu'il a été piqué par une certaine petite araignée, il est aujourd'hui proche de la trentaine dans la réalité 616. Et pour quelqu'un qui est présenté comme un génie et qui en plus a des pouvoirs, se retrouver sans le sou, sans femme et sans logement, ce n'est pas bien brillant.
Faudra un moment pour avaler la pilule.

ps : tant qu'à verser dans le ridicule, Slott y va fort puisqu'il n'hésite pas, à un moment, à faire réveiller Parker par sa tantine adorée. "Allez, allez, il est l'heure d'allez chercher du travail, tu n'es plus un adolescent" qu'elle lui dit. Expliquez ça à Quesada...

pps : ajout de la scène #56 dans le bêtisier.