27 août 2008

Quand Sally rencontre Hulky

Le deuxième et dernier World War Hulk hors série, sorti aujourd'hui, permet d'offrir à la saga une conclusion plus accrocheuse que celle de la série principale. Quelques planches humoristiques complètent la revue.

Paul Jenkins (cf l'article récent sur sa série Révélations) avait déjà prouvé, dans son Civil War Frontline, qu'il était particulièrement doué pour offrir, des héros, une vision différente, plus "normale" en quelque sorte. Il récidive ici en compagnie de Ramon Bachs au dessin.
L'on retrouve bien sûr Sally Floyd et Ben Urich, les deux journalistes plongés dans la zone de guerre qu'est devenue Manhattan. Ils parcourent les rues jonchées de débris, se déplacent d'incendies en explosions et finissent par maudire ces encapés qui se battent sans se soucier des conséquences. Et les conséquences de la guerre en général, Jenkins nous les montre avec une grande humanité, sans jamais en faire trop et tomber dans la facilité. L'image de ce New York à la Jenkins est à la fois forte et triste. Sally et Ben y observent, pêle-mêle, les profiteurs, les réfugiés, les occupants, les blessés et les morts...et l'homme de la rue, le simple quidam anonyme qui retrouve sa maison détruite et sa vie envolée.
L'auteur, en nous montrant les petits drames à l'intérieur de l'évènement, souvent trop gigantesque pour laisser de la place aux "petites gens", parvient à insuffler un réalisme et une force qui manquaient grandement à World War Hulk. Quand à Sally, c'est un vrai plaisir de la retrouver tant l'écriture de ce personnage est parfaite, jusque dans ses failles.

"Il était là...Daredevil, l'homme sans peur...il ne pouvait pas descendre les aider parce qu'il avait refusé de se faire recenser. Et qu'est-ce qu'il aurait pu faire ? Aider à reconstruire cette maison qu'il avait promis de protéger et salir son joli costume rouge ? Il restait assis là. Comme s'il attendait que je lui fasse le V de la victoire parce qu'au moins les gosses étaient en vie.
J'ai utilisé un doigt de moins."
Sally Floyd, reporter, sous la plume de Paul Jenkins

Outre la fin des tribulations de notre duo de reporters, cet hors série comprend également le one-shot WWH : Aftersmash de Greg Pak et Rafa Sandoval. On y retrouve Misty Knight, Hercules, le neveu du défunt Goliath ou encore Spidey et Luke Cage. L'ensemble est anecdotique, d'autant que certains évènements auxquels il est fait référence sont inconnus du public français, la série Heroes for Hire n'étant pas publiée en VF.
Enfin, on termine avec quatre War is Heck, des épisodes humoristiques de deux planches chacun. Au menu, un Jenkins qui se moque de l'état de Rhode Island, n'arrivant pas à trouver une équipe de héros souhaitant le représenter au sein de l'Initiative, ou encore une liste de 10 "bonnes raisons" de haïr Sally Floyd. Sympa et bourré d'auto dérision. ;o)

Un Frontline excellent et digne de supplanter la conclusion, fort peu convaincante en comparaison, de Greg Pak.

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ps : l'ami Vance m'a fait l'honneur de me décerner une Plume de Cristal. Il s'agit d'une sympathique "récompense" attribuée par les internautes aux auteurs et blogueurs qu'ils estiment. Le but de la manoeuvre est aussi, lorsque l'on a été primé, d'attribuer soi-même sept Plumes, ce qui permet de faire découvrir des sites ou des gens dont on ne parle pas souvent (surtout dans un contexte marvellien dans mon cas). Je m'acquitte donc avec joie de cette tâche et en profite pour remercier Vance pour les mots fort gentils qu'il a utilisés sur son blog pour parler de ma modeste contribution à l'univers des comics. ;o)
Etre des passionnés ne nous rend pas meilleurs, mais j'ai la conviction que cette petite étincelle à l'intérieur de nos vieilles carcasses éclaire, à défaut du monde, un peu nos pas. C'est une folie vertueuse qu'il faut préserver. Un moment d'égarement sympathique. Une vision enfantine, naïve et belle qu'il faut parfois retrouver, en nous ou chez les autres, afin de ne pas subir la grisaille imposée. Afin de continuer à sourire sous la pluie et de voir les couleurs du paysage à la nuit tombée...plus que le pouvoir de l'esprit, c'est là le pouvoir des Mots.

Je décerne donc très officiellement une Plume de Cristal à (l'ordre n'a pas d'importance et ne fait pas office de classement) :

Susana et son blog Sur un nuage. Cette amie, connue à la lointaine époque où je traînais sur l'IRC, est à la fois hôtesse (charmante d'ailleurs) dans une grande compagnie aérienne mais aussi pilote privé et auteur. Elle a retranscris, d'une manière magnifique, ses anecdotes de vol et sa passion du ciel dans un livre que je vous recommande, "Mon bonheur est dans le ciel", paru aux éditions Ankidoo. De magnifiques photos illustrent en plus l'ouvrage. N'hésitez pas à lire ses billets sur son blog, ils sont passionnants et rédigés avec une grande qualité d'écriture qui reflète une non moins grande qualité d'âme.

Tepepa et son blog dédié aux westerns. A dire vrai, je suis moins fan des cowboys et du far west que de la façon qu'à Tep d'en parler, avec un humour et un style bien à lui (on se doutait qu'il ne les avait pas volés de toute façon, elle ne veut rien dire cette phrase !). Quelqu'un qui, a lui seul, ringardise la plupart des "critiques" que l'on peut lire dans les magazines dits sérieux. Un colt, du whisky et du crottin de cheval, il n'en faut pas plus pour être heureux ! ;o)

Ced et son blog. Un auteur de BD qui n'hésite pas, très régulièrement, à faire profiter les internautes de planches originales et drôles. Il dénonce aussi très régulièrement des injustices et autres idées reçues, comme le mauvais temps en Bretagne. ;o)

Abandonned Places est un peu un cas à part. L'auteur de ce site est pilote également mais cette fois, ce n'est pas sa passion pour le ciel qui est à l'honneur mais son inclinaison à prendre des photos dans des endroits hautement improbables, comme des usines désaffectées. L'auteur est belge, le site en anglais, mais de toute façon, les mots ici s'effacent pour faire place à la force et la poésie des images. L'on peut se perdre pendant des heures dans ces galeries étonnantes. Un oeil aussi talentueux vaut bien une plume. A découvrir...

La fascinante vie de Harry Covert vous décrit en fait les coulisses du merveilleux monde du journalisme. Instructif même si pas encore assez corrosif à mon goût (cette corporation mérite tellement de coups de pied au cul que personne ne le sera jamais assez de toute façon). ;o)

Le blog de Gromovar permet de délaisser les comics pour un temps afin de plonger dans les livres, sans images à l'intérieur. De la SF au polar en passant par des ouvrages plus surprenants et "sérieux", l'auteur du blog nous entraîne dans sa pile (de livres) et ses impressions. Une vraie bonne adresse du Net et une source appréciable d'idées de lecture.

Le Creepblog de Valérie. Bon, ok, ce n'est plus mis à jour depuis un moment mais elle m'a assuré, il y a peu de temps, qu'elle allait s'y atteler de nouveau. Une fille qui est jolie, sympa et qui en plus aime les morts-vivants, ça ne court pas les rues ! On l'a trouvée pour vous ! ;o)

pps : je précise que je n'ai volontairement pas adressé de Plumes aux blogs qui étaient trop proches du mien (ayant donc pour sujet les comics ou faisant partie du cercle des Illuminati) afin de mettre en lumière des sujets différents de ceux que l'on s'attend à trouver ici.

25 août 2008

La Compagnie des Glaces

C'est avec l'adaptation BD de La Compagnie des Glaces, l'oeuvre culte de l'immense G.J. Arnaud, que ce blog s'offre sa première incursion dans le franco-belge. Couvrez-vous bien et ne ratez pas le train !

Hors du rail, pas de vie
2050. La lune, transformée en dépotoir nucléaire, explose (sans être un spécialiste, je ne suis pas certain de l'aspect très scientifique de la chose, m'enfin, mettons ça sur le compte de la licence poétique). Avec ses débris viennent la nuit perpétuelle et la fin de la chaleur. 2340. Les compagnies ferroviaires se partagent le monde, recouvert par les glaces. Le rail apporte chaleur et électricité. Le mouvement, c'est la vie. Les citoyens sont devenus des voyageurs, les compagnies des dictatures. Les dômes, sorte d'amalgame entre ville et gare, sont censés offrir aux voyageurs le 15/15 (15 degrés, 1500 calories par jour), dans les faits, on en est loin. Seuls les castes dirigeantes, protégées par la toute-puissante Sécurité, bénéficient de conditions de vie idéales.
Lien Rag, lui, est glaciologue. Il est surtout curieux et commence à s'intéresser aux Hommes-Roux, ces bêtes qui ne craignent pas le froid, ainsi qu'à un manuscrit interdit qui pourrait apporter bien des réponses. Des réponses qui pourraient mettre en péril le règne des compagnies et la puissance du rail...

Une oeuvre colossale
Commençons par dire un mot de Georges-Jean Arnaud. L'auteur est incroyablement prolifique puisqu'il est crédité d'environs 400 romans, dont 62 pour la première époque de la Compagnie des Glaces (auxquels il faut ajouter les 11 tomes des Chroniques Glaciaires et les 24 romans de la seconde époque de la Compagnie). Oui, ce type est une machine à écrire vivante ! ;o)
Les romans originels sont publiés chez Fleuve Noir. Les couvertures, plus ou moins inspirées, leur donnent un aspect à la fois désuet et intriguant, avec un côté "roman de gare" très prononcé (ceci n'est pas une critique tant la littérature "populaire" est pour moi un genre noble et respectable auquel je suis profondément attaché). Les titres des différents tomes sont parfois de petites merveilles de poésie tout en gardant un ton qui se rapproche parfois du roman d'espionnage ou de la SF "à l'ancienne". Quelques exemples ? "Terminus-Amertume", "Les Brûleurs de Banquise", "Mausolée pour une locomotive", "Dans le ventre d'une légende", "On m'appelait Lien Rag"... voilà ce que j'appelle des titres accrocheurs. La première rencontre entre l'éventuel lecteur et son, peut-être, futur livre passe, comme chez les humains, par le premier contact. Le physique est important mais les premiers mots le sont sans doute encore plus. Si ces titres raisonnent pour vous un peu comme l'avant-goût d'un chemin prometteur, nul doute que vous aurez envie d'aller plus loin.
C'est ce que nous allons faire.


Le monde de Lien
La grande force de cette adaptation repose évidemment sur la richesse du monde dépeint par Arnaud.
Le froid et la glace font presque partie des personnages tant ils représentent une menace constante. Les compagnies, et leurs méthodes, sont presque aussi dangereuses. La société oppose des voyageurs opprimés, vivant dans la crainte, aux castes privilégiées et décadentes. Plusieurs compagnies (la Transeuropéenne, la Sibérienne, la Panaméricaine...) co-existent dans le monde et sont perpétuellement en guerre, sans que le bas peuple sache bien contre qui ni pourquoi s'effectuent les batailles du moment. En cela, ce monde hostile et froid ressemble un peu au 1984 d'Orwell, notamment en ce qui concerne les sortes d'états-continents maintenant une lutte sans fin afin d'asseoir leur pouvoir.
En plus de l'ambiance flirtant avec le steampunk (encore que la plupart des trains ne sont pas à vapeur mais fonctionnent à l'énergie nucléaire), les Hommes-Roux constituent une part mystérieuse et fantastique de cet univers (et ils sont en plus pourvus d'une très grosse "virilité", à faire rougir les plus membrés des hardeurs paraît-il). Ici, l'on pourrait presque faire un parallèle avec les Freemen du Dune de Frank Herbert, essentiellement pour l'aspect "hors caste" ou extra social de ce peuple (ben oui, pas pour la bi..) ainsi que pour la fascination qu'il suscite chez Lien.
Les dômes sont intéressants à plus d'un titre. Dans un monde sans cesse en mouvement, ils constituent les rares points fixes auxquels les voyageurs peuvent se rattacher. La plupart des dômes sont spécialisés dans une activité précise, comme Cross Station, une gare-marché où se retrouvent éleveurs de rennes et producteurs de maïs, ou Soap Station, spécialisée dans la production de... savon, comme son nom l'indique (à base de graisse de rennes, les amateurs de produits bio vont se régaler !). Les trains sont aussi un élément primordial. Si les petites locomotives classiques ne surprendront personne, certains convois, immenses, véritables villes sur rails, ainsi que les véhicules militaires, impressionnent par leur gigantisme ou leur design. La façon dont ils sont mis en scène, entre le sol d'un blanc immaculé et le ciel noir, transperçant les ténèbres et la brume de leurs puissants projecteurs, permet de renforcer encore l'impression de machines quasiment vivantes ou, en tout cas, certainement déifiées, même inconsciemment.
Dans ce monde glacial, on prend aussi du bon temps. On va au cabaret, on danse, on se fout à poil, on se tape des filles faciles, bref, c'est pas parce que la lune a explosé, que l'on vit comme des esquimaux-cheminots et que l'on risque d'être arrêté par la police au moindre pet de travers que l'on va mettre les pulsions naturelles de côté ! ;o)

Des mots et des planches
Transposer La Compagnie des Glaces en BD était un pari risqué. Rien de plus difficile que de satisfaire les amateurs éclairés du roman tout en effectuant un véritable et nécessaire boulot d'adaptation. Vous allez voir que, pour une oeuvre franco-belge, la manière de travailler est très américaine. C'est le studio virtuel Jotim qui s'est attelé à la tâche, avec en plus le défi de sortir un album tous les quatre mois. Il y a un sacré paquet de personnes dans l'équipe créative, voyez un peu : Ann Boinet (synthèse et documentation), Philippe Bonifay & Pascale Sorin (scénario et dialogues), Christian Rossi (narration graphique), Thierry Maurel & Jim (décors techniques), Juliette Derenne (décors de glace), André Le Bras, Jérôme Lereculey, Lee Daks, Loïc Malnati & Tieko (personnages), Sophie Barroux, Siel, Jonathan Silvestre, Callixte, François Bardier, Nadia, Nausicaa (colorisation). L'encrage, lui, est effectué par les dessinateurs plus Cyrille Ternon.
Voilà qui nécessite une certaine organisation. ;o)
Le rendu graphique est assez inégal. Les visages sont très classiques, le personnage principal manque un peu de charisme, mais l'essentiel est ailleurs. Les décors, étendues glacées, dômes et trains, sont plutôt bien fichus et créent une atmosphère oppressante et sinistre, un minimum imposé pour que cet univers post-apocalyptique fonctionne. Bien sûr, les ambiances changent parfois d'un livre (ou plutôt d'un cycle) à l'autre. Ainsi, le Cycle Cabaret Miki se voit doté de colorisations chaudes et de traits plus "nets" là où les épisodes du premier cycle (Cycle Jdrien) misaient sur une grisaille omniprésente et un style plus sombre.
Tout n'est pas parfait (quelques petits problèmes de proportions parfois) mais le style général conserve une certaine cohérence (ce qui n'était pas gagné au départ), les dessins semblent s'améliorer avec le temps et, surtout, l'on est conquis dès les premières planches et c'est bien là tout ce que l'on demande.

Take a Ticket !
Deux Intégrales (petit format, couverture souple) sont déjà parues chez Dargaud, l'une regroupe les sept épisodes du Cycle Jdrien, l'autre les cinq épisodes du Cycle Cabaret Miki, le tout à un prix vraiment intéressant (19,95 et 15,00 €, un peu moins même en grande surface). Le premier tome comprend quelques articles du "Journal de la Compagnie des Glaces" afin de familiariser le lecteur avec les concepts essentiels. Cela va des compagnies ferroviaires au Hommes-Roux, en passant par le fameux principe du 15/15 ou un petit bestiaire. Sympa et utile.
A conseiller même si vous êtes habituellement réfractaires à l'anticipation ou aux voyages en train. Indispensable si vous ambitionnez de travailler un jour comme agent SNCF ou boulanger ambulant chez les inuits. ;o)

Vous pouvez approfondir le sujet avec :
Le site du studio Jotim (nombreuses planches en petit format)
L'excellent site d'Olivier Jeannot, comprenant cartes, glossaires, chronologie et moult informations

23 août 2008

La Vallée des Larmes

A une époque lointaine, le Ghost Rider ne chevauchait pas de monstre mécanique mais un cheval. Et parce que les hommes commettent des crimes depuis toujours, il se trimballait déjà avec cette envie de vengeance qui fait son charme.

Le lieutenant Travis Parham a frôlé la mort pendant la guerre civile (de "sécession" donc pour nous européens). Blessé, il est recueilli par un ancien esclave, Caleb, qui a racheté sa liberté et cultive un lopin de terre pour nourrir sa famille. Mais Parham n'est pas du genre à mener toute sa vie une existence de paisible fermier. Il s'en va vers l'Ouest, vers la frontière et ses contrées encore sauvage. Et lorsqu'il revient, c'est pour découvrir que Caleb et sa famille ont été massacrés dans d'atroces circonstances.
Le soldat, ayant maintenant le goût salé de la vengeance sur les lèvres, va découvrir qu'il y a pire que la guerre ou les indiens.

Garth Ennis reprend du service dans ce cinquième volume des 100% Marvel consacrés à la série Ghost Rider. Si son histoire, quelque peu caricaturale dans un premier temps, avec ses méchants blancs klanistes et ses braves esclaves bons et désintéressés, semble largement en dessous de ce que l'auteur nous réserve d'habitude, elle prend, un peu tardivement, une tournure moins manichéenne. Les personnages censés être les "salauds" de l'histoire manquent tout de même un peu de charisme, ils finissent même par devenir pathétiques, impuissants qu'ils sont devant la traque mortelle dont ils sont victimes. Niveau dialogue, là encore, Ennis nous a habitué à mieux, que ce soit sur son Punisher ou dans Preacher. Marque de fabrique oblige, l'on retrouve quand même quelques scènes choc et sanglantes (du genre écartèlement pour les amateurs).

C'est surtout au niveau visuel que l'on se prend une bonne claque. Clayton Crain, qui signe et peint les dessins de l'ouvrage, nous offre de splendides planches. Visages, décors, tout est parfait et rehaussé par un choix de couleurs habile. Crain nous en met plein les yeux, que ce soit en recréant l'ambiance d'un vieux saloon, en peignant des paysages désertiques ou en jouant avec le feu et ses effets de lumières. Les scènes ont en plus l'avantage d'être variées, l'on pourra ainsi admirer le style de l'artiste lorsqu'il teinte ses planches de pluie, de neige ou encore quand il donne de la guerre civile cet étrange rendu faisant penser aux premières photographies d'époque. C'est tellement maîtrisé que le comic entier pourrait servir de book pour démontrer l'étendu des capacités du gaillard. Le scénario et les dialogues d'Ennis, en comparaison, n'en paraissent que plus faiblards.

Six épisodes de western fantastique qui valent surtout pour la qualité exceptionnelle du graphisme. Pour un far west plus dense scénaristiquement, on lui préfèrera sans hésiter l'incomparable Loveless.

ps : du nouveau et du lourd dans les Figurines Marvel avec la sortie du 9ème hors série : Galactus. Il s'agit d'ailleurs d'un "méga hors série" puisque le personnage cosmique est bien plus grand (et cher !) que les HS habituels. Il faudra vous délester de 29,99 euros pour pouvoir l'admirer chez vous. En plus du fascicule et de la photo classique présents dans la rubrique figurines citée plus haut, je vous rajoute une petite photo comparative (avec une figurine classique et une HS) afin que vous puissiez vous faire une idée de la taille réelle (qui avoisine les 15 cm)

pps : [Beijing 2008] ATTENTION : un incroyable scoop en provenance des JO de Pékin - un français aurait perdu sans l'aide des arbitres. Cet évènement phénoménal, probablement le buzz de l'année, fait déjà l'objet d'un article encyclopédique (<-- click). On n'avait jamais vu ça, on en reste sans voix.

22 août 2008

Mort d'un Bouffon

Mark Bagley tire sa révérence dans le Ultimate Spider-Man #59 et passe le relais à Immonen alors que débute une nouvelle saga à base de méchant bouffon.

Le premier épisode, intitulé The Talk, est une longue conversation entre Peter et May Parker. Il faut dire que depuis qu'elle avait découvert qu'il était Spider-Man, ils n'avaient pas encore eu l'occasion de mettre les choses au point. On découvre également un nouveau vilain à travers le récit de Peter qui tente d'expliquer à sa tante en quoi consiste sa vie de justicier masqué. Un moment calme et intimiste pour saluer le départ de Mark Bagley. Snif.
Le second épisode ramène Norman Osborn, actuellement entre les mains du SHIELD, sur le devant de la scène. Kitty Pryde fait également son retour dans la vie de Peter et MJ (rappelons qu'elle a quitté les X-Men et qu'elle est maintenant dans le même lycée qu'eux). Elle arbore d'ailleurs un nouveau costume dont le masque est un peu...bizarre. On se demande comment elle voit au travers. ;o)

Brian Michael Bendis nous offre donc le cocktail qu'il maîtrise le mieux : action, humour et scènes de la vie quotidienne. C'est au niveau de l'aspect graphique que nous avons un réel changement avec l'arrivée de Stuart Immonen (que l'on avait pu voir sur Nextwave par exemple). Bagley a tellement marqué la série (pendant 111 numéros !) que la transition, pour nous lecteurs, ne sera pas facile. C'est surtout au niveau des visages que la différence de style est la plus flagrante, Peter, MJ et Kitty n'étant pas toujours vraiment à leur avantage. Il faudra probablement quelques mois avant que l'on s'y fasse complètement (et que Stuart prenne ses marques).
Niveau histoire on peut signaler une petite apparition du Shocker (qui ferait bien de changer de carrière) et une Carol Danvers qui vole, pour le moment, la vedette à Nick Fury en assurant l'intérim. Le bouffon, quant à lui, semble plus énervé que jamais et peu disposé à rester tranquillement en prison...reste à savoir si le titre de cet arc se révélera prémonitoire.

Un numéro marquant la fin d'une époque mais aussi un changement relationnel important entre Peter et sa tante ainsi que le début d'une nouvelle saga. La suite en octobre.

21 août 2008

House of M en Marvel Deluxe

L'un des grands évènements de ces dernières années, House of M, est réédité en librairie. Au menu : une flopée de héros, un prix élevé et des bonus inexistants. Quand House of P(anini) se fout du monde, ça donne ça.

Wanda Maximoff ne va pas bien. Son désir d'avoir des enfants a pris peu à peu le pas sur sa raison. Après avoir causé la mort de plusieurs Vengeurs (cf ce Deluxe), voilà que la fille de Magneto modifie la réalité au point de faire de l'Homo Superior la race dominante. La Maison Magnus règne sur Genosha, les anciens héros, eux, ont vu leurs rêves se réaliser. Leur prison est idéale car ils l'aiment. Mais un grain de sable est présent dans cette gigantesque machinerie. Il s'appelle Wolverine, c'est le meilleur dans sa partie et le seul à se souvenir du monde tel qu'il était avant.
La résistance Sapiens pourra-t-elle briser les vies sans accroc dont bénéficient maintenant Spider-Man, Cyclope ou Ms. Marvel ?

La saga House of M, de Brian Michael Bendis (scénario) et Olivier Coipel (dessin) est maintenant connue. Si vous l'avez ratée à l'époque de sa parution en kiosque, il n'est peut-être pas inutile de vous mettre à jour car ces évènements ont encore des répercussions aujourd'hui, avec notamment Endangered Species (qui vient de se terminer en VF) et Messiah Complex (qui va bientôt débuter chez nous).
L'histoire met en scène un nombre important de personnages, que ce soit les X-Men, les Vengeurs ou ce brave Spidey. Le graphisme de Coipel est quasiment sans défaut : décors somptueux, visages travaillés et expressifs, scènes d'action plutôt bien rendues, le tout dans un style réaliste et moderne. Mine de rien, c'est tout de même un petit exploit que le frenchie réalise ici, ne serait-ce qu'en ayant réussi à capter ainsi l'essence même de très nombreux personnages.

L'histoire est bonne, les dessins sont beaux, devinez qui n'a pas fait son travail ? Evidemment, toujours les mêmes. Cette édition est, encore une fois (c'est loin d'être la seule) une insulte au lectorat et une incroyable preuve de fainéantise, de j'm'en-foutisme et de légèreté. Les Deluxe ont récemment augmenté, le prix étant passé de 25 à 28 euros, par contre, le contenu, lui, baisse de manière très significative. Là où en général l'on avait douze épisodes (voire plus), nous n'avons ici que les huit chapitres de HoM. Vous allez me dire "voilà qui laisse une place immense pour les bonus !", sauf que, on le sait, les bonus sont bien le dernier souci des sbires de la sandwicherie. Tenez-vous bien, nous avons droit aux covers et à une quinzaine de planches reprenant du matériel crayonné (avant encrage et colorisation donc) et c'est tout ! Circulez, y'a rien à voir !
Déjà, on est loin du nombre de pages habituel d'un Deluxe (il manque au moins quatre épisodes, soit 88 planches, et les "bonus" n'en couvrent qu'une quinzaine) mais, surtout, l'intérêt de ces bonus est plus que limité. D'ailleurs, certains dessins voient leur taille très fortement diminuer pour pouvoir caser trois ou quatre planches sur une seule page... même ça, ce n'est donc pas fait correctement.

Dernier petit élément tragi-comique, une citation de Cinescape.com, reprise sur le replis de la jaquette : "House of M est trop génial - A + !" (sic)
Wow ! Ben en effet, une critique pareille, avec un style aussi magnifique, ça aurait été dommage de s'en priver. Il est évident que si un lecteur hésite à acheter ce livre et qu'il lit ça, cela sera de nature à lever ses derniers doutes. Bah, quand même, si, puisque c'est "trop génial".
Misère...

Une excellente histoire éditée par des ploucs. N'hésitez pas, c'est collector, vous avez devant vous le plus petit Deluxe de l'Histoire. Au moins, vu l'épaisseur, vous ne serez pas emmerdé pour lui trouver une place sur votre bibliothèque.

Meurtres et Conspiration au Vatican

Quand un flic de Scotland Yard débarque au Vatican pour enquêter sur la mort très suspecte d'un cardinal, cela donne Révélations, un comic contre les crises de foi.

Charlie Northern est un détective malin, caustique et qui aime autant les jurons que le football. Lorsqu'un vieil ami lui demande d'enquêter, dans le cadre d'une coopération internationale, sur le décès violent du successeur présumé du Pape, l'anglais accepte et se met en route pour Rome. Les circonstances de la mort du cardinal Richleau sont non seulement étranges (il s'est tout de même empalé sur des grilles, c'est plutôt rock n' roll !) mais les autorités locales, visiblement peu enthousiastes à l'idée qu'un étranger vienne mettre son nez dans leurs affaires, font tout pour que l'enquête tourne court. Quelque chose se trame pendant que les cloîtres bruissent des rumeurs les plus folles. Et puis il y a ce culte secret et démoniaque qui détourne l'argent de l'église catholique... dans quel but ?
Et si Charlie Northern, plus que de preuves, avait besoin de trouver la foi ?

Cette histoire, parue chez Dark Horse, puis chez Soleil en France, a d'abord été publiée en deux tomes avant de bénéficier d'une version intégrale. Les deux versions étant épuisées, l'éditeur français a prévu une réimpression pour la rentrée.
L'histoire est signée Paul Jenkins ("papa" de Sentry, auteur également de Generation M ou des Frontline publiés en marge de Civil War). L'auteur britannique nous livre ici une intrigue surfant sur la mode Da Vinci Code et plongeant dans les méandres de la religion et les secrets de ceux qui en sont les gardiens. Le récit est un peu lent à démarrer. On a du mal dans un premier temps à croire vraiment à ce flic bourru aux répliques téléphonées et trop "écrites". L'enquête piétine sans que l'on ressente une quelconque excitation. C'est vraiment lors de la deuxième partie de l'ouvrage que la machine s'emballe. Les meurtres s'accumulent, Northern prend une soudaine épaisseur (et se retrouve avec de meilleures répliques en bouche), et surtout le lecteur commence à se prendre au jeu et à être intrigué par les secrets honteux de l'Eglise et les machinations d'une sorte de secte dont les adeptes semblent particulièrement barrés. Le bouquet final, plutôt bien amené, délaisse le côté polar pour plonger dans un fantastique assez surprenant. Si la conclusion semble facile, l'on peut reconnaître tout de même l'habileté de Jenkins, ce dernier s'étant fait un malin plaisir à nous balader sur de fausses pistes et à jouer avec les apparences jusqu'au coup de massue final.

En ce qui concerne le dessin, c'est Humberto Ramos (ayant déjà illustré, par exemple, des séries comme Wolverine, Spectacular Spider-Man ou New X-Men) qui est à l'oeuvre. L'artiste possède un style qui génère, en général, une réaction entière : on adhère totalement en souhaitant un jour pouvoir lui embrasser les orteils (c'est une image hein, mais bon, il paraît qu'il a de très jolis pieds) ou l'on se met à vomir des trucs verts, à avoir la tête qui tourne et à insulter les gens avec une voix rauque (j'ai déjà vu un type s'accrocher à un vendeur de la Fnac et lui hurler un truc du genre "ta mère suce des bites en enfer", je vous assure, ça fait son petit effet). Trêve de divagations, je fais plutôt partie de la première catégorie et je dois dire que les planches de Ramos sont de pures merveilles. Seul petit regret, les décors, pourtant originaux, sont trop peu exploités. C'est d'autant plus rageant que lorsqu'ils apparaissent, ils sont superbes. Le côté très caricatural des personnages ne gène en rien l'immersion (pour peu que l'on fasse partie de la première catégorie hein, sinon c'est la voix rauque !) et la colorisation, de Leonardo Olea, convient parfaitement à l'ambiance avec des tons pastel à la fois sobres et élégants.

Voilà un comic très européen proposant une enquête teintée de mysticisme. La conclusion aurait peut-être mérité d'être un peu plus longue et travaillée mais, dans l'ensemble, on passe un excellent moment. Espérons que l'on retrouve un jour ce vieux Northern, je me suis attaché à son franc-parler. ;o)

"Dès lors que tu fais à Satan la concession de discuter avec lui, tu peux être sûr qu'il te bat en dialectique et te convainc."
Lucian Blaga

"J'ai l'impression d'être un flic de la télé. Baiser au beau milieu d'une enquête sur un meurtre était un vieux fantasme..."
Charlie Northern

19 août 2008

Un souverain végétal, un raton laveur et quelques masques

La saga Annihilation : Conquest continue dans le Marvel Universe #10 de ce mois. La suite de l'on-going Nova et une mini-série complète sont au programme.

On commence par deux épisodes de Nova. Ce dernier a été infecté par le Phalanx et semble bien mal en point, tout heureux qu'il est de son état. Heureusement, Worldmind et une petite Kree vont faire en sorte de réveiller Richard Rider.
Dan Abnett & Andy Lanning sont au scénario, Sean Chen & Scott Hanna au dessin. Rien de particulier à signaler, on reste dans la continuité des épisodes précédents (cf Marvel Universe #9 ou le Marvel Universe #7 pour le début du relaunch).

C'est la mini-série Annihilation : Conquest - Star-Lord qui constitue, avec ses quatre chapitres, le gros du bimestriel. Des Krees en lutte contre les Phalanx mettent sur pied une équipe chargée de détruire un complexe de réplication qui permet au virus techno-organique d'infecter de nouveaux sujets. C'est Peter Quill, alias Star-Lord, qui prend la tête du groupe composé de prisonniers. Bug, condamné pour avoir flirté avec une Kree (on ne rigole pas avec les couples mixtes chez eux !), Deathcry, une Sh'iar coupable de six meurtres, Mantis, la madonne céleste, Captain Universe, mais aussi Rocket Raccoon, un raton laveur intelligent, et Groot, un arbre autoproclamé monarque de la planète X forment la petite troupe aux accents "douze-salopardiens".
Keith Giffen signe le scénario et Timothy Green II se charge de l'aspect graphique. Visuellement, il n'y a pas de quoi se plaindre, malgré des visages peut-être un poil figés. L'histoire, sans être la plus grande réussite de l'année, se laisse lire et est allégée par des traits d'humour bienvenus. Reste qu'évidemment, les lecteurs habitués aux têtes d'affiche risquent d'être un peu refroidis par ces personnages originaux mais peu connus. Quant aux fans de Star-Lord (il en reste ?), ils devront se contenter d'un personnage fort peu charismatique en comparaison du sympathique tandem Raccoon/Groot qui vole la vedette aux autres persos et mériterait d'être plus développé.
La revue est flanquée d'un "pour lecteurs avertis" (encore !) assez surprenant. Il n'y a pas de sexe, pas de grossièretés (autant que je m'en souvienne) et très peu de violence qui, de toute façon, vise surtout des robots ou des insectoïdes, pas de quoi traumatiser un gamin, même émotif. ;o)

La maxi-série principale débute dans le prochain Marvel Universe (avec toujours quelques épisodes de Nova).
En attendant, ce numéro conviendra aux amateurs de SF curieux de découvrir de nouvelles têtes. Il n'est pas inutile non plus de répéter que 6 x 22 planches pour 5,60 €, ce n'est pas si courant et plutôt bon marché.

ps : le prochain article (qui sera publié probablement jeudi) ne sera pas consacré à Marvel bien que les deux auteurs du comic en question soient des habitués de la Maison des Idées. L'on y parlera du Vatican, de Scotland Yard, de meurtres et d'un mystérieux complot...brrrr, ça fait peur ! ;o)

15 août 2008

World of Warcraft : Elfes, Orcs et Comics font-ils bon ménage ?

La sortie récente, chez Soleil, d'une version kiosque du comic World of Warcraft nous permet de nous plonger dans cet univers tiré du célèbre jeu. Alors, produit dérivé sans saveur ou vraie histoire ?

Un humain amnésique (voilà qui permet au scénariste de s'épargner la peine de lui mettre un background sur le dos) se retrouve embrigadé dans une troupe de gladiateurs. Il va même rapidement en devenir le leader car, s'il ne se rappelle pas son nom, il sait encore comment distribuer des baffes. Il va notamment attirer l'attention du recruteur en embrochant un crocilisque (une sorte de gros crocodile en plus mordant) à l'aide d'un petit bout de bois trouvé par terre, de quoi rendre dingues de jalousie tous les finalistes de Koh-Lanta. A ses côtés, Valeera, la jeune elfe, pourra se pâmer d'admiration et se mettre dans des situations périlleuses pour tester le héros tandis que le gros Broll fera office de bon copain bourru...

On avait déjà donné dans l'adaptation de jeu de combat tactique avec Warhammer 40,000, voici maintenant que l'on fait un détour par le MMORPG (jeu de rôle multijoueurs en ligne). Le scénario est signé Walter Simonson, un auteur ayant déjà officié sur une foule de titres chez Marvel ou DC (sans réellement marquer son passage d'ailleurs... ou bien je suis mauvaise langue ?). Le vieux Walt avoue de bonne grâce que l'histoire est une "combinaison de son travail et de l'apport de Blizzard" (la boîte à qui appartient le jeu), comprenez par là qu'il a fallu en passer par des figures imposées. Et quand les pontes d'une boîte de jeu vidéo californienne imposent des idées, elles sont forcément stéréotypées (n'est pas auteur qui veut). L'on se retrouve donc avec un héros fadasse, des méchants caricaturaux aussi effrayants que Casimir et une psychologie des personnages qui va se limiter à des réactions basiques de type "je frappe", "je coupe", "j'arrache", "quand est-ce qu'on mange ?".
Bon, il y a bien une tentative de "buddy comic" avec l'opposition Valeera/Brool, m'enfin, même Riggs et Murtaugh ont pris un coup de vieux depuis la 24ème diffusion de Lethal Weapon, alors une elfe et un tauren, même s'ils cabotinent moins, ne vont pas nous bluffer plus que ça.

Mais passons maintenant à la partie graphique de l'oeuvre. Elle est assurée par Ludo Lullabi, un artiste français que l'on retrouve aussi sur Lanfeust Quest (une adaptation manga de la BD européenne qui a viré à la crétinerie profonde lorsque cette production 100% française a été publiée dans le sens de lecture... japonais).
Ludo nous dit qu'il a tenté de coller au plus près de l'univers du jeu, il précise d'ailleurs que les p'tits gars de chez Blizzard sont très contents de son travail. Les lecteurs, eux, risquent de l'être un peu moins, sauf s'ils sont amateurs de personnages grossiers et de couleurs criardes. Le style général tire sur le manga, ce qui pour un européen qui fait du comic est un peu paradoxal, mais bon, passons. La colorisation manque singulièrement de nuances et vous incitera à vous précipiter sur vos vieilles Ray-ban version Poncherello ou version Sarkozy si vous en avez de plus récentes (quoi ? c'est pas parce qu'on est président qu'on va bêtement se laisser abîmer la rétine !).
Il reste bien quelques jolis effets de lumière, genre contre-jour sur coucher de soleil, pour sauver le tout, mais bon, ça ne rattrape pas l'aspect simpliste des personnages ni le côté brouillon des combats, l'action étant parfois fort difficile à suivre (un hommage caché à Saint Seiya Episode G ?).

L'ensemble est si mauvais que pris au 2ème degré, ça peut encore convenir aux amateurs de WoW voire, tout simplement, aux lecteurs qui ont envie de mettre leur cerveau sur la table de nuit le temps des deux épisodes regroupés ici. C'est vendu 4,20 €, un prix qui reste raisonnable, il aurait été difficile de demander plus de toute façon.
La revue contient également deux petits entretiens avec Simonson et Lullaby. On s'en serait voulu de rater ça.

ps : au fait, si vous ne connaissez pas encore L'Organe Magazine (la honte du web depuis 96 selon les auteurs), je vous invite à aller vous dégourdir les neurones sur ce site, ne serait-ce que pour les portraits de Diam's et Manu Chao. Aaah, ça fait du bien. ;o)
Accès direct à Diam's : Quelle Conne's !
(attention quand même, certains articles sont un peu "borderline", même pour moi)

13 août 2008

World War Hulk : Chapitre Final

Le dernier volume VF de World War Hulk vient clôturer l'évènement 2008 avec une confrontation attendue entre Hulk et Sentry.

Voilà, c'est fini. Nous sommes déjà arrivé à la fin de WWH. Un crossover très largement resserré donc comparé à l'énorme Civil War. L'une des grandes différences avec le précédent évènement réside également dans le côté plus bourrin et la volonté de miser essentiellement sur les combats. Et en parlant d'affrontement, le dernier n'est pas vraiment à la hauteur de nos espérances. Tout d'abord, il manque un petit côté épique, on aurait aussi pu penser que la confrontation entre Hulk et Sentry pouvait être un peu plus tragique, après tout, ces deux là sont potes depuis toujours... non, au lieu de ça, on a un gros Son & Lumière (avec des kabooomm, des frrraaakk et de gros flashes lumineux).
Là vous me direz "mais justement, j'adore ça moi les kabooomm", ce qui est tout à fait possible, seulement on se demande finalement si John Romita Jr, malgré son style rustique, était l'artiste le mieux placé pour donner aux combats toute leur beauté. Car si la cover de Finch (qui illustre l'article et le mensuel) est plutôt bien fichue, l'intérieur est tout de même beaucoup moins joli (et même parfois très simpliste).
Si l'on ajoute à cela certains affrontements qui ont tourné court ou même dont on n'a rien vu à cause de certaines ellipses fort mal placées, on peut se demander si cette saga, qui nous promettait de la bonne grosse baston, n'est pas passée un peu à côté de son sujet.

Alors, on ne va pas tout mettre non plus sur le dos de Romita, on va aussi charger la mule de l'ami Greg Pak. Malgré le fait que la série principale soit relativement courte, on n'échappe pas à un côté répétitif ("je vais tous les tuer", "mais tu ne peux pas faire ça", "j'm'en fous, je l'fais quand même", blablabla).
Sentry est assez mal employé. Alors qu'il laisse tout le monde se faire massacrer sans bouger dans un premier temps, il intervient quand Hulk s'était calmé et avait annoncé qu'il ne tuerait personne (ce qui conduit à la quasi destruction de Manhattan non ? je suis curieux de voir comment le "paysage" va être dépeint dans les autres séries).
Bon, tout n'est pas non plus à jeter. On apprend notamment pourquoi le fameux vaisseau de Hulk a explosé, ravageant ainsi la planète qui l'avait accueilli, on a une scène assez émouvante dans laquelle le géant vert se souvient de Caiera et souhaite la rejoindre, et enfin, une trace assez inattendue du passage de Hulk sur Sakaar.
Et Christian Grasse nous fait même la fleur de nous dévoiler que c'est un Hulk rouge que l'on retrouvera dans le Marvel Heroes #12 en octobre. ;o)

Une saga un peu fade en comparaison de House of M ou Civil War. Le côté un peu pauvre des dessins n'arrange rien.

ps : le dernier tome des Incontournables Marvel est sorti aujourd'hui. Ce volume est dédié à Ghost Rider (ceux qui ne connaissent le perso que par le film ne risquent pas de se jeter dessus !). Les épisodes concernés sont ceux qui ont été publiés dans le tome 2 des 100% Marvel consacrés au motard. J'en avais déjà un peu parlé ici. Attention tout de même, les nombreux effets de lumière, contrastant avec des décors très sombres, font que ces planches étaient plus lisibles (et plus belles) sur le papier glacé du 100%.

11 août 2008

La dernière réunion des Illuminati

L'on assiste, dans le Marvel Heroes #10, à la fin de la mini-série consacrée aux Illuminati. Thor, Hulk et les Vengeurs de l'Initiative font aussi partie de cette fournée estivale.

On commence avec Incredible Hulk. Un peu décousu et guère passionnant si l'on excepte le final qui, d'ailleurs, vous dévoile l'issue du combat entre le géant vert et Sentry. Mieux vaut donc passer cet épisode si vous préférez voir cela, de manière plus détaillée, dans le prochain World War Hulk.

La série Mighty Thor poursuit son bonhomme de chemin avec cette fois un détour par l'Afrique où le docteur Donald Blake va porter secours à des réfugiés fuyant une épuration ethnique. Notre brave asgardien en profite pour retrouver Fandral, Volstagg et Hogun, ses fidèles guerriers. Straczynski et Coipel rendent ici un petit hommage aux médecins sans frontières et évitent les écueils moralistes qui pouvaient survenir avec ce type de sujet. Les apparitions du dieu nordique sont, elles, toujours aussi réussies et impressionnantes.

On en arrive à la dernière réunion des Illuminati par Brian Michael Bendis & Brian Reed au scénario et Jim Cheung au dessin. Tony Stark, malgré les récentes luttes internes qui ont divisé la communauté super-héroïque, a demandé à Namor, Xavier, Strange, Black Bolt et Richards de le rejoindre pour leur faire part de la menace Skrull. Rappelons que c'est Jessica Drew, alias Spider-Woman, qui a ramené au directeur du SHIELD le cadavre d'Elektra, cette dernière se révélant être en fait l'un de ces fameux extraterrestres métamorphes.
La menace se précise ici clairement dans ce qui constitue une sorte de prologue au futur évènement Secret Invasion. Si les héros acceptent de se rencontrer et de se parler, la scène finale, les montrant en train de s'éloigner chacun dans des directions différentes (avec un Stark désabusé et écrasé par le poids des responsabilités) ne semble pas être de très bon augure pour l'avenir. On est pressé de rentrer dans le vif du sujet (c'est déjà un peu le cas avec la série New Avengers) mais il faudra attendre février 2009 pour être vraiment au coeur de cette invasion.

On termine par mes petits chouchous de Avengers : The Initiative. La série n'étant pas toujours au sommaire du Marvel Heroes, nous n'en sommes qu'au sixième épisode. On retrouve Dan Slott au scénario et Steve Uy remplace Stefano Caselli aux crayons. Le graphisme est un peu moins bon du coup (quelques erreurs assez grossières de proportions et des visages un peu moins aboutis).
Ce mois-ci, Gauntlet (la traduction française, "Gantelet", fait un peu efféminé non ? Pourquoi pas "Bottine" ou "Capuchette" tant qu'on y est !) est victime d'une violente agression. Etant donné qu'il mène la vie dure aux jeunes recrues et qu'il ne porte pas les New Warriors dans son coeur, le SHIELD ratisse large niveau suspects et fourre tout ce petit monde en cellule. La révélation finale vous surprendra certainement. Les personnages continuent de s'étoffer en tout cas et même, pour certains, de révéler leur part d'ombre.

Un excellent numéro avec un Incredible Hulk nettement en dessous des trois autres séries. Le choix de la cover de la revue est surprenant car il s'agit de WWH : Gamma Files, des dossiers qui ne sont pas présents ici et qui, en plus, ne seront pas publiés (tout comme les Civil War Files) en VF par Panini. Parfois, il ne faut même pas chercher à comprendre...

ps : j'avais oublié de signaler, il y a quelques jours, l'ajout de Psylocke dans les Figurines Marvel. Voilà un oubli réparé. Le visage est tout à fait correct (surtout pour un héros "non masqué") mais les mêmes problèmes de finitions (et de bavures) sont à déplorer.

06 août 2008

Spider-Girl : Quand Mayday Parker tisse sa toile

Si la fille de Peter Parker n'a pas eu d'avenir sur la terre 616, elle continue à officier sur une autre ligne temporelle, ligne intéressante d'ailleurs à plus d'un titre. Petit bilan sur Spider-Girl et sa parution chaotique en VF.

May "Mayday" Parker fait ses débuts en France dans le Marvel Mega hors série #9 en janvier 2000. Les lecteurs découvrent alors la fille de Peter et Mary Jane Parker, une ado attachante qui a hérité des pouvoirs du pôpa (qui, lui, a raccroché les lance-toiles suite à la perte d'une de ses jambes lors du combat final contre le Bouffon Vert). Pour le coup, voilà une ambiance rappelant les débuts de Spider-Man à quelques détails près : pas de soucis d'argent pour May, ni de vieille tante malade (elle a tout de même écopé du prénom), ni de réputation de vieux rat de bibliothèque, bien au contraire, elle est même sportive et plutôt douée pour le basket. Une jeune fille moderne et bien dans sa peau donc mais qui va vite découvrir ses fameux dons et la joie de se trimballer nuitamment dans du spandex moulant.
La série a droit en France a son propre titre (sobrement intitulé Spider-Girl) pendant seulement six numéros. Elle échoue ensuite dans le mensuel Spider-Man (y'a pire hein) jusqu'au numéro #59 de la revue du Tisseur, Panini décidant ensuite de stopper la publication de la série au profit de Venom. Plus de la moitié de cette première série est donc inédite en France.

Aux Etats-Unis, la série fait une brève pause en 2006 pour repartir sous le titre Amazing Spider-Girl avec d'ailleurs la même équipe créative aux commandes : Tom DeFalco pour le scénario et Ron Frenz aux crayons. Pas de souci pour ceux qui n'auraient pas suivi les débuts de notre petite araignée, un numéro #0 retrace ses aventures sous la forme de fragments d'un journal intime (cf photo1 & photo2). L'on peut donc rapidement se remettre à niveau et prendre connaissance des grandes lignes et des évènements marquants de la première série.
Et il y a pas mal de bonnes idées dans ces premiers épisodes. Les auteurs "recyclent" quelques personnages et équipes (Darkdevil, les Fantastic Five) mais ils inventent aussi de nouveaux vilains plutôt intéressants, comme Canis ou Funny Face (un mélange du Joker et de Two Face ?). On retrouve aussi de vieilles connaissances du papa, comme Kaine ou le fils de Black Tarantula. Bref, un habile mélange entre nouveaux personnages, héritiers d'anciens vilains et figures connues ayant passablement vieilli. Evidemment, l'aspect teenager oblige à accorder une grande place aux études, histoires de coeur et sorties entre copains. Cela apporte une fraîcheur que l'on a déjà pu voir dans Emma Frost (lorsqu'elle était plus jeune), Spider-Man loves Mary Jane ou même chez les Runaways, tous ces héros ayant la particularité de conserver, de par leur jeune âge, une certaine fragilité malgré leurs pouvoirs. Et puis le côté "je sauve des vies mais je dois rentrer avant 22h00 sinon je vais me faire fracasser", ça reste indémodable. ;o)

Graphiquement, sans atteindre des sommets, la série a son charme. Les scènes d'action sont plutôt bien torchées et les dialogues contiennent toujours une ou deux bonnes vannes par épisode. Bref, un travail tout à fait valable pour un personnage qui bénéficie de l'aura de son père mais qui reste sur la touche dans nos contrées. Il faut dire qu'à une époque, bon nombre de lecteurs s'étaient mis en devoir de prendre leur plus belle plume (ou même parfois un vieux bic mâchonné) pour demander la suppression de la série sous peine de boycott ou d'immolation par le feu. Panini, n'écoutant que son courage, avait alors joué les girouettes en s'empressant de suivre le vent du moment.
Mais, et vous tiens, seriez-vous partants pour l'adaptation de la nouvelle série ? Il n'y a pas de place dans le mensuel Spider-Man mais un 100% Marvel de temps en temps ne mangerait pas de pain et n'obligerait personne à se farcir obligatoirement Mayday. Sinon, reste la VO qui permet de ne pas perdre de vue la fille que Peter et MJ auraient dû avoir dans la continuité normale pour faire passer Spider-Man du stade de gros-benêt-à-sa-tantine à celui d'adulte responsable. Mais, nous savons qu'il est loin d'en être là... ;o)

Une série sympathique qui mériterait un nouvel essai en français, quitte à la publier dans la collection Marvel Kids qui semble souffreteuse voire à l'agonie, mais avec la sandwicherie, l'on n'en est plus à compter les collections de trois ou cinq numéros qui finissent au cimetière des lecteurs déçus et de la vision à court terme.
Et pour ceux qui veulent se mobiliser, hop, voici la pétition de Geoffrey. ;o)

Spider-girl


La famille Parker au complet : Mary Jane, Peter, "Mayday" et le petit dernier, Benjamin.

ps : ah, tiens, voilà longtemps que je n'avais plus publié d'entretiens, je suis en mesure aujourd'hui d'annoncer, après Bruno Bellamy, Aleksi Briclot et Jérémy Manesse, une nouvelle étape qui nous permettra, après les scénaristes, dessinateurs et traducteurs, d'en savoir plus sur le travail d'un responsable éditorial. Bon, si je vous dis qu'il s'agit d'une grande maison dont j'admire le travail, c'est déjà un sacré indice (ça en élimine une en tout cas). Je devrais pouvoir publier ça courant septembre.

04 août 2008

Le Plan #101

Léger coup de mou pour Tony Stark dans le Marvel Icons #40 sorti samedi. L'on retrouve également dans ce mensuel un vilain dont on a parlé récemment ainsi qu'un Reed Richards plus polémique que jamais.

Pas de Vengeurs dans les New Avengers de ce mois ! L'épisode est entièrement consacré à la prise de contrôle du milieu par Hood, un nouveau venu dont on a pu lire les origines le mois dernier dans la collection Max. On découvre d'ailleurs un Parker Robbins qui a bien changé, plus sûr de lui il semble également, de par ses méthodes, bien moins sympathique que dans la saga écrite par Vaughan. Bon, en même temps, c'est censé être un salopard, normal qu'il n'ait pas un comportement d'enfant de choeur.
C'est la pauvre Tigra qui va tomber la première entre ses mains. La jolie féline se prenant, pour l'occasion, une dérouillée filmée qui servira à convaincre les accointances interlopes de Hood qu'il n'est pas le premier rigolo venu.

On continue avec le Iron Man des frères Knauf. Le pauvre Tony accuse le coup ces derniers temps. Légère déprime et hallucinations, rien que ça, forcent Leonard Samson (le psy spécialisé dans les surhumains) a lui imposer quinze jours de repos forcé. Il faut dire que tout n'est pas évident pour Stark en ce moment. La mort de Cap le mine, la direction du SHIELD dont il a la charge n'est pas de tout repos et, en plus, de méchants lecteurs le trouvent "réac". ;o)
Les Knauf poursuivent en tout cas l'opération de "réhumanisation" de Stark. On le voit ici bien fragile, à la merci d'un médecin et rendant des comptes au comité des affaires surhumaines (où siégeait d'ailleurs Osborn, patron des Thunderbolts, en tant qu'invité). Bref, l'image millarienne du Stark omniprésent, froid et insensible est en passe d'être corrigée. Tant mieux.

Après les Vengeurs sans Vengeurs voici Captain America sans Cap. Lui a une bonne excuse puisqu'il est mort (petit rappel ici). On le voit tout de même un peu à travers les souvenirs de Rick "Bucky" Jones, alias le Soldat de l'Hiver, qui se fait triturer les méninges par le Dr Faustus, un sbire de Lukin dont le système pileux tente de faire concurrence à celui d'Alan Moore.
On peut saluer en tout cas la prestation de Brubaker et Epting qui réussissent à conserver l'intérêt de la série alors qu'elle est tout de même privée de son personnage principal.

Enfin, on termine avec les Fantastic Four. C'est habituellement le groupe qui m'intéresse le moins mais cette fois l'histoire, basée sur la fameuse liste de Stark et Richards (qui avaient couché sur le papier 100 idées pour améliorer le monde), est particulièrement captivante. Fatalis, Namor et Black Panther débarquent ensemble du futur pour prévenir les FF d'un terrible désastre qui s'annonce. En effet, Richards planche en secret sur la 101ème idée, censée éradiquer guerres, maladies et pauvreté. Si l'intention est bonne, il semblerait que les conséquences de ce Plan #101 le soient un peu moins.
On avait déjà eu droit à un Richards isolé dans (et par) son génie pendant Civil War, on en retrouve un peu ici certains aspects. Il s'agit là du dernier arc, en trois chapitres, de Dwayne McDuffie qui laissera ensuite la place sur la série à Mark Millar. Voilà qui devrait l'inciter à conclure son run de manière fracassante comme semble l'indiquer le cliffhanger de ce mois.

Après avoir fait du Cap sans Cap, l'on assiste maintenant à du New Avengers light, sans Avengers qui font grossir à l'intérieur. Une absence un peu frustrante même si l'ensemble reste de bonne qualité.
ps : ajout de la scène #61 dans le Bêtisier Marvel.

01 août 2008

Les liens du sang

Le Spider-Man #103, débarqué ce matin en kiosque, contient la fin du premier arc estampillé "Brand New Day", la suite des Thunderbolts et un one-shot tiré de Spider-Man Family.

Deux épisodes d'Amazing Spider-Man dans la même revue, c'est déjà un changement notable. Il faudra attendre 2009 pour que nous en ayons trois par mois, comme les lecteurs américains. La première saga, signée Dan Slott pour le scénario et Steve McNiven en ce qui concerne les dessins, se termine donc.
Comme prévu, le "chapitre 2" de Spidey s'avère être un vrai-faux nouveau départ puisque l'on revient ici aux fondamentaux du Tisseur : identité secrète, problèmes d'argent, célibat et mauvaise réputation chez les flics. S'il n'avait pas fallu sacrifier une partie de la continuité pour en arriver là, on pourrait même s'en réjouir car l'histoire n'a rien de désagréable. Le nouveau vilain, Mr Negative, tient la route et le Monte-en-l'air n'est pas avare de ses habituelles vannes. Pour ce qui est de l'intrigue, il va devoir déjouer un attentat visant à éliminer deux familles mafieuses, ce qui va le rendre du coup très populaire au sein de la Maggia mais beaucoup moins dans les bureaux du NYPD.

L'épisode tiré de Spider-Man Family s'intitule Undone et met en scène le bon vieux Venom du temps de Eddie Brock. Le scénario est de Sean McKeever (auteur de Sentinel ou encore de Spider-Man loves Mary Jane) et les dessins de Kano & David Lafuente. Plutôt sympa pour un épisode de "remplissage". Et puis, on y retrouve Mary Jane qui n'a pas encore été sacrifiée par cet ahuri de Peter. ;o)

La suite des Thunderbolts est toujours aussi enthousiasmante. Warren Ellis (Nextwave, New Universal) fait vraiment du très bon boulot à l'écriture et il bénéficie en plus du graphisme de l'excellent Mike Deodato Jr. C'est nerveux, finement dialogué et les personnages, assez nombreux, sont d'une rare profondeur. On a droit ce mois-ci à un petit pétage de plomb de la part de Penance qui fait quelques dégâts. La situation est ensuite exploitée à son avantage par ce cher Osborn qui, décidemment, se révèle aussi odieux qu'excellent dans ce rôle de patron des repentis.

Tiens, pour une fois, il y a l'amorce de l'ombre d'une demi critique dans le courrier des lecteurs. Un fan estime qu'en matière de "cadeau", les fameux badges n'avait pas grand intérêt (je vous rassure, il se confond ensuite en compliments sur les posters et remercie Panini à la fin, ah ouf, tout va bien alors). Le préposé au courrier répond que "de nombreux lecteurs ont trouvé l'idée des badges intéressante". Oui, c'est ce que je me suis dit tout de suite quand j'ai eu dans la main ces petits bouts de métal de mauvaise qualité. "C'est intéressant." ;o)
Enfin, trêve de taquineries, le prochain cadeau est vraiment pas mal cette fois puisque l'on aura droit à un nouveau jeu de cartes (différent de celui de 2005) dans les numéros du mois prochain (le Spider-Man contiendra la boîte et les coeurs).

Un numéro fort bon si l'on met de côté le traumatisme de la violente "remise à zéro" que la série principale a subie récemment.