31 octobre 2008

Marvel Best Of - Wolverine : Arme X

Petit coup de projecteur, en avant-première, sur Weapon X, un classique révélant une partie du passé de Wolverine.

Inconscient, baignant dans une cuve rougeâtre, Logan s'apprête à connaître l'une des expériences les plus traumatisantes de sa vie. Tout autour de lui, les scientifiques s'affairent et préparent l'injection d'adamantium qui recouvrira son squelette et fera de lui une parfaite arme tactique. Mais alors qu'il n'est plus considéré que comme un animal, voire une machine, Wolverine va échapper à ses tortionnaires.
Une fois ses pires instincts réveillés, Logan ne pourra plus être stoppé et les cadavres vont s'amonceler.

Voici donc un nouveau volume de la collection Marvel Best Of consacré à notre mutant griffu. L'auteur est Barry Windsor-Smith. Il signe d'ailleurs scénario, dessin, encrage et colorisation. Le récit est tiré de la série Marvel Comics Presents et date du début des années 90. Comme nombre de publications de l'époque, la colorisation est très flashy et le procédé narratif parfois inutilement verbeux.
Malgré ces quelques défauts, l'ouvrage présente tout de même l'intérêt de revenir sur un moment très dur du passé de Wolvie. Celui-ci est mis en scène d'une manière très dépouillée, sans costume ou artifice, et son aspect bestial atteint ici son paroxysme. Reste à savoir si l'intérêt "historique" est suffisant pour pallier un côté vieillot et, surtout, certaines longueurs. Signalons qu'une brève scène de flash-back, du même auteur, a été ajoutée en bonus. Ces cinq planches datent de 2001 et sont tout de même plus agréables à l'oeil, on aurait aimé, du coup, que ce soit un peu plus long.

Les covers originales complètent le volume, l'on a droit également à une intro de Larry Hama qui fait preuve d'un enthousiasme certes sympathique mais un peu excessif en se répandant en compliments dithyrambiques sur l'oeuvre en question.
En conclusion, voilà une histoire datée mais qui devrait ravir collectionneurs et curieux. Sortie le 13 novembre.

ps : vous pouvez toujours poster des commentaires ce week-end mais ils ne seront pas validés du samedi matin au dimanche soir (pour cause de Comics Lille Festival). Ne vous étonnez donc pas si vos interventions mettent du temps à apparaître. ;o)

29 octobre 2008

Runaways : l'un d'entre eux va mourir !

Le deuxième Marvel Deluxe consacré aux Runaways est maintenant disponible et contient la fin du run exceptionnel de Brian K. Vaughan.

Les ennuis continuent pour l'équipe de jeunes fugueurs ! Tout d'abord, la douce Molly est enlevée et obligée de jouer les pickpockets pour le compte d'un prévôt allumé et peu scrupuleux. C'est ensuite une version "jeune" du père d'Alex Wilder que les Fugitifs devront combattre avant de s'attaquer à un monstre détruisant Los Angeles puis aux puissants Gibborims, les anciens dieux vénérés par le Cercle.
Mais si l'aventure apporte une certaine excitation, elle charrie également son lot de drames. L'héroïsme a un prix, celui du sacrifice. Les Runaways savaient déjà que la vie ne faisait pas de cadeau, ils vont maintenant se rendre compte que la mort, elle, en fait peut-être trop.

Petit rappel tout d'abord sur la publication de cette série. Les premiers épisodes (18 en tout) ont été édités en VF dans la collection Marvel Mini Monster, et sont indispensables pour qui veut assister aux premiers pas de l'équipe. Le premier Marvel Deluxe contenait, lui, le début de la deuxième saison. Vous pouvez lire le billet lui étant dédié ici, ou, si vous souhaitez simplement en savoir plus sur les personnages, consulter quelques informations compilées dans cet article. Enfin, pendant Civil War, un tie-in mettait également en scène les membres de l'équipe et les Young Avengers.
Ce deuxième Marvel Deluxe, intitulé Vivre Vite, contient les épisodes #13 à #24 de la deuxième saison, toujours écrite par Brian K. Vaughan et dessinée par Adrian Alphona et, dans une moindre mesure, Mike Norton.

A priori, si vous avez aimé le début, il n'y a aucune raison de ne pas rester sous le charme. Les mêmes ingrédients produisant les mêmes effets, nous retrouvons une ambiance douce-amère et un récit parfaitement construit à coups d'intrigues amoureuses, de relations parfois difficiles et de pointes d'humour venant contrebalancer les jugements très durs - mais peut-être pas si faux - que les jeunes ados réservent au monde adulte. La rondeur du graphisme permet d'adoucir une aigreur douloureuse que l'on sent présente mais qui a la politesse de ne jamais virer à la noirceur totale. Les personnages n'en paraissent que plus touchants.
Evidemment, ce que je vous dis là suppose que le lecteur fasse ce petit effort consistant à se laisser emporter par l'histoire, même les auteurs les plus talentueux ne pouvant envoûter que les personnes consentantes. ;o)
Il est donc déconseillé de commencer par cet ouvrage si vous ne connaissez pas les Runaways tant Vaughan s'est ingénié à les construire sur le long terme.

L'enfance bafouée et la tragédie du temps qui passe ne sont pas les seuls thèmes développés. De nombreuses références (à des séries, des jeux ou encore l'informatique) parsèment l'histoire. L'auteur aborde également, avec une grande délicatesse, des sujets plus épineux, comme l'homosexualité ou l'acceptation de soi, bref, nous sommes loin, malgré la jeunesse des protagonistes, d'un propos mièvre ou puéril. Le mélange entre innocence et réflexion lourde de sens ou encore pouvoir et fragilité se révèle être un pari gagnant et permet de baser l'ensemble sur un ingénieux contraste. Cet équilibre entre peine contenue et feinte légèreté n'est pas pour rien dans la particularité - et le succès - d'une série qui, avec le recul, se transforme en une sorte de conte subversif et tendre.

Bon, vous l'avez compris, c'est du tout bon, voyons donc maintenant les "bonus". Vous trouverez les covers et quatre planches de croquis. Un peu léger, d'autant que Panini s'évertue à promettre, sur le replis de la jaquette, des "couvertures originales, des croquis inédits et d'autres surprises". On cherche encore les plurielles surprises. Ceci dit, il y a tout de même 12 épisodes cette fois (le compte normal pour un Deluxe donc, puisqu'un volume est censé regrouper la production d'une année), qui plus est inédits, ce qui est exceptionnel pour cette collection (seul les Runaways sont directement publiés dans ce format).
L'achat est donc bigrement conseillé, d'autant que Vaughan tire sa révérence sur cette série dont il est le pôpa. Même si elle ne s'achève pas pour autant et que Joss Whedon prend la relève, c'est tout de même une époque, fort belle, qui se termine pour nos si attachants amis californiens.

Les séries les moins connues ne sont pas forcément les moins réussies. Celle-ci en est la preuve parfaite.

"Tu auras beau vivre dans le passé, ébranler le temps jusqu'à ce qu'hier devienne aujourd'hui... rien ne me ramènera. Les morts survivent à travers ceux qu'ils laissent. Je dois partir. Mais si autrefois te manque, sois l'homme doux et gentil que j'ai aimé..."
Un personnage de Brian K. Vaughan.

- J'imagine que l'on est vraiment heureux... à 100% je veux dire... que quand on est petit.
- Parce qu'on a moins de soucis ?
- Parce qu'on est trop con pour angoisser.
Gert Yorkes et Vic Mancha, sous la plume de Brian K. Vaughan.

27 octobre 2008

Buffy contre les Vampires : saison inédite publiée en comics

La célèbre blonde tueuse de vampires débarque chez nous pour une saison 8 inédite et exclusivement éditée en comics. Et si l'on ajoute que c'est Brian K. Vaughan en personne qui s'occupe du scénario du tome 2, il devient urgent de voir cela d'un peu plus près.

Dans le monde de Buffy, il n'y a pas que les démons qui sèment le trouble et accessoirement la mort. Certaines tueuses, parfois, suivent la mauvaise voie, comme cette jeune anglaise au sang bleu (et aux méthodes expéditives) qui souhaite régner sur les élues. Pour contrer ses plans, Giles va faire appel à Faith, chargée, malgré son style très rentre-dedans, d'infiltrer la haute société britannique.
Pour Faith, les tentations de rejoindre le camp adverse peuvent se révéler grandes, d'autant qu'elle semble avoir plus d'un point commun avec cette tueuse de tueuses qui a pour but de mettre un terme au destin de Buffy.

Je vous le dis tout net ; je ne suis pas un grand fan de la série TV éponyme. D'abord parce que je n'ai jamais accroché au style mi-gnangnan mi-burlesque, ensuite parce que les binz dans lesquels trempent Whedon sont rarement à mon goût. Ce tome 2, intitulé Pas d'avenir pour toi, a néanmoins éveillé ma curiosité, essentiellement à cause du Brian K. Vaughan présent sur la couverture.
Le scénariste est le brillant auteur d'oeuvres telles que Runaways, Y the last man ou encore The Hood. Plutôt du bon donc même s'il se plante parfois, comme sur le désastreux Dr Strange, chroniqué au mois de mai après avoir frôlé le coma par ennui profond. On avance donc à pas prudents. Première étape, l'aspect extérieur. Joli livre ma foi, avec une couverture en dur et une cover aguichante de Jo Chen. Deuxième étape, on ouvre et on jette un coup d'oeil. Tiens, petite déception, malgré le fait que ce volume soit le deuxième de cette fameuse saison 8, il n'y a même pas un petit résumé pour nous expliquer les grandes lignes des épisodes précédents. Fusion Comics doit probablement penser que tout le monde possède le premier. Tant pis, on saute le pas et on passe à la troisième étape ; la lecture.

Faith tient le rôle principal de quatre des cinq épisodes regroupés ici. On ne va pas s'en plaindre étant donné qu'elle est tout de même plus intéressante, comme personnage, qu'une Buffy à la personnalité oscillant entre fade gentillesse et agaçante niaiserie. Malgré ce choix éclairé, le récit ne pousse pourtant pas très loin dans les zones d'ombre de Faith. Son infiltration est rapide, sa mission tout autant et l'on ne frissonne pour elle à aucun moment. Les dessins de Georges Jeanty sont eux-mêmes assez lisses et, s'ils permettent d'identifier plutôt aisément des personnages ressemblant aux acteurs de la série, ne parviennent guère à instaurer plus qu'une ambiance quelconque. On n'en dira pas autant des covers (de Chen, pas les variants de Jeanty), beaucoup plus belles et au charme indéniable.
Joss Whedon himself est de retour sur le dernier épisode dans lequel il est question d'intrigues plus anciennes, que je ne connais pas et dont il me serait difficile de juger de la qualité.

Au final, voilà un livre alléchant (scénariste plutôt doué, matériel inédit, covers magnifiques) dont le contenu se révèle assez insignifiant, sauf peut-être pour les inconditionnels de la blonda... de la jeune Buffy, d'autant que le prix - moins de 14 euros - reste raisonnable.
Pas le travail le plus inspiré de Vaughan en tout cas.

23 octobre 2008

Ultimate Spider-Man : Roque & Merdia

Le Ultimate Spider-Man #60 est fraîchement arrivé dans nos kiosques. La saga Mort d'un Bouffon commence à prendre forme.

Il faut plus que les cellules du Triskelion pour contenir Norman Osborn. Le type, en perpétuelle évolution, profite de l'absence de Fury pour se faire la malle. Mais n'est pas forcément bouffon qui l'on croit. Norman, lui, sait comment rebondir. Une fois libre, il va attaquer Fury, les Ultimates et tout l'appareil d'état, en manipulant les media.
Chez les Parker et les Watson, c'est la fuite en avant. Alors que tante May et Mary Jane sont envoyées se faire voir là où les bouffons ne ricanent pas, Peter enfile son costume et tombe sur ce brave "ampère-pépère", alias Electro. Le pauvre Spidey va apprendre à ses dépens que les dictons changent aussi dans l'univers Ultimate.
Araignée du matin, chagrin. Araignée du soir, poisse encore plus noire.

Suite donc de la saga entamée il y a deux mois (lors du passage de témoin évoqué ici). L'immuable Bendis reste aux commandes niveau scénario et Stuart Immonen fait de son mieux pour faire oublier Bagley. Il ne s'en sort d'ailleurs pas mal pour quelqu'un qui a sur le dos la trace d'un si marquant - et durable - prédécesseur.
Cette découpe paninienne (voulue par le rythme bimestriel de la VF) a du bon car elle permet de terminer le second épisode presque comme le premier a commencé, dans une sorte de roque jouissif et involontaire (en ce qui concerne les protagonistes). Bendis, à travers Osborn, se permet une attaque directe contre le fameux quatrième pouvoir - à savoir les sacro-saints media - et la recherche facile du spectaculaire, au prix même de la vérité. La diatribe prend peut-être encore plus de sens en France qu'aux Etats-Unis tant les journaux télévisés, chez nous, sont navrants. Un petit truc à tester chez vous : suivez un "journal de 20h00" avec un carnet et un crayon à la main, faites un trait dès que vous apprenez quelque chose...le bilan est évidemment désastreux à la fin de ce long et pitoyable tunnel, mais dites-vous bien que ce n'est rien en comparaison des erreurs, approximations et mensonges que vous aurez estimés être des infos. Mais bon, dans un pays où une profession entière vénère un PPDA capable de monter et présenter, sans rictus de honte, de fausses interviews, il n'est pas étonnant de constater que la "déontologie" de la base est aussi vérolée qu'une vieille pute bon marché. Bon, après, chacun met son zgueg là où il veut. Et où il le mérite, au moins un peu. ;o)

Comment ça je profite exagérément de cette chronique pour régler mes comptes avec une profession ? Carrément pas ! Déjà, être nul et faire de l'audience quand même, ça n'a jamais été une profession. Juste une triste constatation. Pour en revenir à Bendis et Immonen, le mélange a l'air de plutôt bien prendre. Les deux épisodes du mois ne sont pas les meilleurs de la série mais ils se suivent sans déplaisir, offrent leur lot de surprises et, signe ultime, donnent envie de tourner la page pour en savoir plus.
Un boulot honnête quoi. Tout le monde ne peut pas forcément se vanter de leur arriver aux cou...oups, à la cheville. Surtout la cheville gauloise, cette articulation à géométrie variable et à inflammations absurdes.

"La différence entre littérature et journalisme, c'est que le journalisme est illisible et que la littérature n'est pas lue."
Oscar Wilde.

ps : ajout du massif et corpulent Rhino, dixième hors série des Figurines Marvel.

21 octobre 2008

House of M : Avengers

Le Marvel Heroes hors série #3, paru aujourd'hui, revient sur l'épopée House of M et s'intéresse plus particulièrement à la résistance sapiens conduite par Luke Cage.

Le monde est dominé par la Maison Magnus. Les mutants, autrefois minoritaires, ont pris le pouvoir sur presque la totalité du globe. Aux Etats-Unis comme ailleurs, il ne fait pas bon être un sapiens. Les discriminations et brimades sont nombreuses, la vie de plus en plus dure.
Mais du ghetto où sont parqués les humains, un homme, et avec lui un vent de révolte, vont se lever. Luke Cage rassemble des combattants, corrige certaines injustices, parvient à unifier les gangs et, surtout, incarne maintenant l'espoir.
Sur les murs, des A commencent à fleurir. Car pour les opprimés, ces êtres d'exceptions qui prennent leur défense ont maintenant un nom. Avengers. Pour la police et le FBI, acquis à la cause mutante, il s'agit maintenant d'éliminer ces dangereux agitateurs. Et pour cela, tous les moyens seront bons. Même les pires.

Voilà une publication qui peut paraître étonnante puisqu'elle a lieu deux ans après House of M. Panini n'est pas en cause car cette mini-série date, en VO, du début de cette année. Il s'agit là de revenir sur la formation de l'équipe de Luke Cage (vite expédiée dans la série principale de l'époque) et de conter l'âpre lutte qui l'opposa aux forces de l'ordre. Le scénario, excellent et sans temps morts, est signé Christos N. Gage dont on connaît déjà les qualités (il a officié sur Avengers : The Initiative, WWH : X-Men ou encore le magnifique Captain America/Iron Man : Rubicon). L'histoire fait référence, par certains côtés, à la lutte menée aux Etats-Unis contre la discrimination ou encore à la Résistance pendant la deuxième guerre mondiale, pourtant, c'est presque un polar, musclé, tendu, que Gage nous livre ici. Avec, bien sûr, son lot de trahisons, de meurtres et de retournements de situation.
Les protagonistes principaux, en plus de Cage, sont Iron Fist, Moon Knight ou Hawkeye mais d'autres persos, comme le Punisher ou Black Cat, sont très bien utilisés dans le contexte et permettent de contenter les fans tout en ne rendant pas le récit plus obscur pour autant pour les nouveaux lecteurs. Surtout, l'auteur évite le simple affrontement entre figures connues et parvient à construire une trame intelligente et passionnante.

Le dessin est de Mike Perkins, irréprochable, d'autant qu'il a su retranscrire avec talent les différents looks des personnages à travers le temps, l'affrontement s'étalant sur de nombreuses années (mais avec en fait deux époques principales). Voilà l'occasion de revoir Cage avec son ancien "costume" (sa vieille chemise jaune ouverte jusqu'au nombril) avant qu'il ne daigne se fringuer de manière moins ridicule. ;o)
Niveau traduction, c'est assez médiocre. Encore et toujours la fameuse confusion entre futur simple et conditionnel présent (il est temps d'investir dans un Bescherelle peut-être, surtout lorsque l'on ne maîtrise pas des temps aussi basiques, c'est quand même pas compliqué de se foutre une bonne fois dans le crâne que "je mettrai", au futur, ça prend pas de "s" !). Plus gênant, il y a parfois des fautes de sens, comme lorsque le Punisher remercie les Vengeurs de l'avoir "aidé à fuir le Wakanda" alors qu'ils l'ont aidé à quitter en fait les Etats-Unis pour se réfugier, justement, au Wakanda. Si le traducteur s'intéressait à l'histoire qu'il a entre les mains, de telles confusions seraient impossibles. Evidemment, quand on fait du phrase par phrase dans l'idée de bâcler au plus vite pour ne pas rater Julien Courbet ou je ne sais quel match de foot, c'est sûr que c'est plus dur de se concentrer. Hmm ? Je suis sévère ? Ben oui mais un comic, ce n'est pas un roman, il y a très peu de texte à traduire et parvenir à se planter autant et aussi souvent, c'est tout de même ahurissant.

Une excellente histoire qui aurait eu plus d'impact en étant publiée plus tôt mais dont il serait dommage de se passer tant elle est bien menée. Sans doute d'ailleurs le meilleur tie-in HoM.

ps : un petit mot pour signaler que le deuxième tome de Gamekeeper est disponible. Je suis étonné de ne l'avoir vu dans aucune librairie (par chez moi) et, comme j'avais plutôt apprécié le premier volume, je tenais à signaler cette suite, toujours chez Fusion.

19 octobre 2008

Ultimate Iron Man II : Stark, père & fils

Cela aura été long mais la deuxième mini-série consacrée aux origines de Iron Man vient de paraître dans le Ultimates hors série #6. Armures, terroristes et petit complot sont au menu.

Son père arrêté et expédié en prison pour un crime qu'il n'a pas commis, le jeune Tony Stark se retrouve propulsé à la tête de l'entreprise familiale. Prouver l'innocence de son paternel ne va pas être son seul souci puisque le gouvernement, persuadé que Iron Man est un robot, exige qu'on le lui remette afin de nettoyer un nid de terroristes. Tony se doit donc de participer secrètement à l'opération et, ce faisant, découvre que plusieurs bombes atomiques ont été placées à New York et Washington...
Du pain sur la planche donc pour le jeune homme qui, heureusement, peut compter sur un étrange pouvoir qui permet à ses membres de repousser lorsqu'ils sont sectionnés. Pratique, d'autant que Tony va vite prendre l'habitude de se retrouver à proximité de tout un tas de machins qui explosent.

Peut-être ne vous souvenez-vous pas de la première mini-série consacrée à notre tête de fer, si c'est le cas vous serez aisément pardonnés car sa publication en VF remonte tout de même à plus de deux ans (juillet 2006). A l'époque, il avait été demandé au romancier Orson Scott Card (il a écrit de nombreux romans mais pour l'anecdote, sachez que c'est lui qui a assuré la novellisation du film Abyss, de Cameron) de revisiter les pourtant récentes origines ultimate d'Iron Man, remplaçant ainsi celles que Bendis avait mises en place dans ses Ultimate Marvel Team-Up. Il s'agit ici de la suite directe de ces premiers évènements qui dévoilaient, entre autres, comment Stark fils se voyait refiler un virus modifiant son ADN et permettant à son corps de se régénérer très rapidement (coup de bol, nous quand on choppe un virus, on se mouche toutes les cinq minutes pendant deux semaines et on crache des machins verts gluants, lui il a les jambes qui repoussent !). Stark père, lui, se faisait dérober sa société par Zebediah Stane, un rival sans grande morale affublé, en plus, d'un insupportable rejeton du nom d'Obadiah.

L'histoire est plutôt agréable à lire même si elle semble par moment plus embrouillée et moins fluide que les premiers épisodes. Certaines scènes, pourtant gourmandes en planches, laissent perplexe quant à leur pertinence (et ne sont pas toujours très claires). Faut-il y voir un manque d'expérience du scénariste ? Eventuellement, d'autant que la mini, prévue en quatre chapitres à la base, a été rallongée d'un épisode à sa demande. Le résultat final est tout de même très largement satisfaisant, avec des personnages savoureux et quelques traits d'humour pour pimenter le tout.
Pour le dessin, nous sommes en terrain connu avec Pasqual Ferry (Ultimate Fantastic Four) qui s'en sort fort bien mais a dû laisser la place, pour les dernières pages de l'épisode final, à Leonardo Manco. Ce brave Ferry n'a pas été viré, il n'est pas non plus parti précipitamment en vacances, il a simplement été obligé de se consacrer à un autre travail, en l'occurrence l'adaptation de Ender's Game (La stratégie Ender, publié chez J'ai Lu), un roman de...Orson Card dont la version comics sera éditée par...Marvel.

Un Ultimates hors série, ce n'est pas si courant, celui-ci possède suffisamment de qualités pour séduire au-delà des seuls fans du célèbre Iron Man. Et pour une fois que l'on voit Tony sans son bouc...

ps : ajout de Quicksilver dans les Figurines Marvel.

17 octobre 2008

Mystic Arcana : Tarot & Magie dans l'univers Marvel

Les forces magiques sont à l'oeuvre dans Mystic Arcana, une série rééditée aux Etats-Unis, dans un superbe TPB, en décembre 2007. On jette un sort, dès maintenant, pour en savoir plus.

L'Eau pour Namor, empereur des Mers. Le Feu pour cet être de flammes de l'âge d'or. La Terre, défendue avec courage, pour le soldat au bouclier. Et l'Air pour cet autre surhumain qui courait plus vite que le vent. Les premiers héros de l'âge d'argent étaient également issus de ces éléments : un homme qui s'étire et coule comme un liquide, un monstre de pierre, une femme transparente comme l'air et une nouvelle Torche.
Quatre éléments.
Quatre types de magie.
Et tout un monde qui pourrait disparaître si Ian McNee ne réussit pas sa quête. Le Tarot a parlé, Ian devra retrouver une épée, une rose, une couronne et un miroir. Quatre artefacts qui, une fois réunis, pourront sauver les Royaumes Mystiques. Ou précipiter leur perte.

Après cette petite et énigmatique introduction, rentrons tout de suite dans le vif du sujet. Cette mini-série est divisée en quatre parties. Chaque chapitre comprend une sorte de one-shot centré sur l'un des fameux objets magiques, lui-même lié à un héros, et un court épisode évoquant la quête de McNee.
L'histoire principale est donc diluée, à petites doses, entre les épisodes apparemment sans lien entre eux. Ces derniers nous promènent de l'ancienne Egypte à la mythique Avalon, en passant par l'Europe de l'Est (plus classique ça déjà). Les personnages mis en avant lors de ces petits voyages sont Magik (Illyana Raspoutine), Black Knight, notre chère Wanda Maximoff (alias la Sorcière Rouge, à l'origine des évènements de House of M) et la jeune Nico Minoru (des Runaways).
Tout cela est écrit par David Sexton, Louise Simonson, Roy Thomas, Jeff Parker et C.B. Cebulski. Les dessins sont de Eric Nguyen, Steve Scott, Tom Grummett, Juan Santacruz et Phil Noto. Vous l'aurez compris, chaque partie possède donc sa propre équipe créative.

Bon, pour être honnête, cette saga n'est pas spécialement bouleversante ou originale. Mais si je prends le temps de vous en parler, c'est qu'il y a une bonne raison (ah ben oui, quand même). L'ouvrage dont il est question ici contient également The Marvel Tarot et The Book of Marvel Magic, des éléments qui vont apporter, mine de rien, une énorme valeur ajoutée à l'ensemble.
The Marvel Tarot d'abord. Voilà quelque chose de magistralement réalisé (par Sexton) et de particulièrement beau à regarder. Sexton nous dévoile les principales cartes de son tarot (les arcanes majeures) en nous en expliquant le sens et en évoquant les personnages auxquels elles sont liées. Mieux encore, le tout est présenté avec des illustrations, d'une rare richesse, basées sur de vieux grimoires ou des fragments de notes, le tout accompagné par un tas de bricoles disparates, comme de vieilles pièces, des plantes séchées, des papillons et toute une mosaïque de petites choses, parfois difficilement identifiables, qui nous donnent l'impression de jeter un oeil sur le bureau désordonné d'un vieux mage.

Bien que ce soit très joli, il ne s'agit pas d'un artbook et des éléments très intéressants accompagnent les cartes, comme une Table de Correspondances qui permet de voir ce qui découle des fameux éléments. Le lecteur pourra donc découvrir à quoi s'associent l'eau, le feu, l'air et la terre, non seulement à travers les couleurs correspondantes, les points cardinaux, les saisons, les animaux, les signes astraux, mais aussi par rapport aux forces de la nature, aux races mystiques et extraterrestres ou même... aux différentes formes de Adam Warlock ou aux héros faisant partie des Defenders ! On a droit également à une planche représentant les différents plans d'existence, à un topo sur les différentes magies, à une petite recherche sur la signification de "Agamotto", bref, un tas d'infos magiques et marvelliennes.

La plus grosse partie des "bonus" de cette édition librairie concerne Mystic Arcana : The Book of Marvel Magic, une sorte de mini encyclopédie comme l'on a déjà pu en voir dans d'autres ouvrages (le Civil War Companion par exemple) mais qui est ici focalisée sur les personnages et objets magiques. C'est moins joli à regarder que le Tarot mais le contenu informatif est très dense. On retrouve pour chaque perso ses caractéristiques principales (force, intelligence, rapidité, résistance aux chansons de Diam's, capacité à écouter Joey Starr sans rire ni pleurer, etc.), son vrai nom, sa première apparition, son affiliation, un tas d'autres précisions et, forcément, un historique de ce que le gusse a fait.
En plus des gens, un appendice répertorie les épées, talismans et livres magiques ayant déjà été utilisés dans l'univers Marvel. Un pur bonheur pour un Maître de Jeu en panne d'inspiration. La série et la date d'apparition de l'objet sont à chaque fois précisées. Autrement dit, voilà largement de quoi faire le tour de la question !

Le livre (en anglais donc, je le rappelle) est pratiquement identique à nos Deluxe (jaquette sur hardcover, papier glacé) mais il ne vous en coûtera que 18,05 €, port compris, si vous souhaitez l'acquérir. Un cadeau au regard de la richesse de l'ouvrage qui, s'il ne contient pas une histoire époustouflante en soi, s'érige au rang d'indispensable de par un contenu additionnel travaillé, inspiré et très complet.

ps : quelques vues des pages intérieures ci-dessous (cliquez sur les images pour les agrandir) :

15 octobre 2008

Clash Cosmique et Cruelles Conséquences

Suite de l'on-going Nova et début de la série principale Annihilation : Conquest dans le Marvel Universe #11, disponible en kiosque depuis hier.

Nova a réussi à échapper au Phalanx qui contrôle l'empire Kree. Il atterrit non loin de la Faille, la limite structurelle de l'univers où s'achèvent temps, espace et matière. C'est là, dans la tête tranchée d'un Céleste faisant office de vaisseau, que le centurion va devoir faire face à une nouvelle menace malencontreusement amenée par les Luminites de Xarth (sorte de Vengeurs mais... de Xarth) qui voulaient s'en débarrasser.
Adam Warlock, Quasar et Dragon-Lune, de leur côté, vont rencontrer le Maître de l'Evolution. Ce dernier pourrait bien détenir la clé pour vaincre la Technarchie Phalanx. Parallèlement, Star-Lord et son équipe tentent, sur Hala, planète-mère Kree, d'infiltrer et détruire la tour permettant d'isoler l'espace Kree du reste de l'univers.
Enfin, Ronan, le Super Skrull, Spectre et quelques autres débarquent sur Kree-Lar, capitale des territoires cédés à Vorace depuis la vague d'Annihilation, afin d'y sceller une alliance... ou peut-être d'y trouver une arme au terrible potentiel.

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y a du monde à l'affiche ! Si certains protagonistes devraient normalement être à peu près connus de tous, d'autres ont été présentés plus en détails dans les épisodes précédents : Marvel Universe #10 pour Star-Lord, Groot, Mantis, Rocket Raccoon et j'en passe, Marvel Universe #9 pour le fameux Wraith (alias Spectre en VF).
On commence par le plantage de Christian Grasse du jour. Celui-ci, dans son édito, nous présente Dragon-Lune comme étant la fille de Phyla-Vell (l'actuelle Quasar). Une relation incestueuse donc puisque les deux personnages... sortent ensemble ! C'est intéressant tout de même cette relecture grassienne du marvelverse, il y aura bientôt de quoi bâtir tout un monde parallèle basé sur les erreurs contenues dans les éditos censés aider le lecteur. ;o)

Niveau scénario, ce sont Dan Abnett & Andy Lanning qui sont aux commandes. Wellinton Alves s'occupe des dessins de Nova. Les scénaristes restent les mêmes sur Annihilation : Conquest, alors que les dessins, eux, sont l'oeuvre de Tom Raney (et de Scott Hanna pour la colorisation). On peut signaler, enfin, les magnifiques covers du talentueux - et sympathique - Aleksi Briclot.
Le tout est plutôt réussi. L'action se suit fort bien malgré l'abondance pléthorique de personnages impliqués, le graphisme est vraiment beau et allie le côté "esbroufe" des effets de lumière lors des combats à une réelle profondeur au niveau des décors et visages que l'on ne se lasse pas d'admirer. Si l'affrontement généralisé contre un ennemi redoutable reste classique, certaines idées plutôt bien pensées ont l'avantage de nous amener aux abords de la métaphysique alors que d'autres scènes ont un certain impact émotionnel (car certains s'en sortent plutôt mal, forcément) qui, sans aller jusqu'à faire pleurnicher dans les chaumières, permettent d'humaniser un peu ces mondes étranges. Marvel a ici trouvé son "Star Wars", avec un univers plutôt cohérent et des personnages attachants. Même Adam Warlock troque son short d'antan pour un costume classe et moderne, c'est dire ! Hmm ? Oui, ça reste très moulant...mais bon, c'est mieux que le petit short ridicule, je vous assure !

132 planches qui nous font voyager, pour 5,60 €, aux confins de l'espace. Voilà une excursion organisée dont le rapport qualité/prix semble quasiment imbattable.
Suite et fin de cette saga en décembre.

- C'est trop calme. Bien trop calme.
- Je suis Groot.
- J'adore vraiment nos conversations !
Rocket et Groot, sous les plumes conjuguées de Lanning & Abnett.

13 octobre 2008

Vignettes d'un autre temps

Petit bond dans le passé mutant avec X-Men : Vignettes, publié ce mois-ci dans la collection Marvel Best Of.

Au milieu des années 80, Marvel décide de rééditer les aventures de la série Uncanny X-Men, écrites par Chris Claremont et parues une dizaine d'années auparavant. Cette réédition, qui prendra le nom de Classic X-Men, a la particularité d'abandonner les pages de publicité originellement présentes pour les remplacer par des scènes supplémentaires mais aussi de courtes histoires additionnelles, souvent centrées sur un seul personnage et explorant son état d'esprit du moment ou sa psychologie.
Ce sont ces "vignettes", du moins les treize premières, qui sont reprises dans cet album.

Pour situer un peu le contexte, le premier chapitre se déroule alors que la deuxième équipe de X-Men, constituée de recrues venant des quatre coins du monde (Wolvie, Colossus, Tornade...), vient de sauver les élèves historiques du professeur Xavier (Iceberg, Jean Grey, Angel...), prisonniers à l'époque de Krakoa. C'est d'ailleurs l'une des rares historiettes à s'intéresser à plus d'un personnage. Les autres, de la transformation de Jean en Phénix, au retour de Magnéto en passant par la mort de Thunderbird, vont s'attacher à dépeindre, d'une manière souvent mélancolique, la vie des mutants lorsqu'ils ne combattent pas des menaces cosmiques ou des savants passablement frappadingues.
Claremont lui-même nous explique un peu sa démarche dans une petite bafouille introductive.

Ces épisodes sont dessinés par John Bolton dans un style heu...je vous ai dit que ça datait des années 80 ? Bon, ben prenez des photos de vous à cette époque, vous verrez comment on s'habillait. Ben pour le dessin, c'est pareil. La mode a changé, Dieu merci ! ;o) Bon, j'exagère un poil quand même, ce n'est pas hideux non plus, et puis, il y a un côté nostalgique qui n'est pas désagréable. C'est sans doute la colorisation, vive et agressive, qui a le moins bien vieilli.
La narration était, elle, déjà rapide - pour ne pas dire souvent bâclée - pour l'époque (je vois d'ici les puristes en train de faire tranquillement leur crise d'apoplexie), donc c'est encore plus..."percutant" (ah, certains retrouvent leurs esprits) dans ces vignettes d'une douzaine de planches. On passe de l'émouvant ("La prison du coeur") au tragique ("Un incendie dans la nuit") avec parfois des essais plus nuancés, comme dans un chapitre sans dialogue ("Une histoire d'amour") au charme doux-amer.
Parfois par contre, c'est involontairement drôle, notamment avec un Peter Raspoutine tirant vaguement, sur une case, vers le Dany Brillant. Ou encore avec ce pauvre Scott Summers affublé d'un manteau que même Huggy les bons tuyaux aurait hésité à porter (un machin beige avec une fourrure bleue, ça fait mi-mafieux mi-trou du cul, c'est du plus bel effet).

Un Best Of au parfum nostalgique très prononcé, que ce soit dans le ton de l'écriture ou l'ambiance graphique. Voilà qui devrait ravir les amateurs de vieilleries, oups (re-crises d'apoplexie !), de "moments historiques" voulais-je dire. ;o)
Avec l'Intégrale X-Men 1966, disponible depuis quelques jours (et reprenant les épisodes #16 à #27 de la première série X-Men), voilà qui devrait vous faire un joli pack "vieux pots & meilleures (?) soupes".

11 octobre 2008

Etre une femme libérée, c'est pas si facile

Après ce titre puisant dans le répertoire classique (bon, ok, Cookie Dingler, c'est plus festif que classique), vous vous doutez que l'on va parler de filles. Celle qui nous intéresse est, en plus, fort peu vêtue. Par contre, je ne vous cache pas qu'elle a son petit caractère.

Red Sonja est une guerrière issue de la majestueuse Hyrcanie. Alors qu'elle a juré de combattre les serviteurs du Borat-Na Fori, le dieu sombre, elle va bientôt trouver sur son chemin une jeune fille lui rappelant cruellement son propre passé. Engagées sur la voie de la vengeance, les deux femmes vont faire couler le sang jusqu'à ce que leurs noms entrent dans la légende et soient sur les lèvres de tous les bardes.
Mais de loin, une créature guette. Elle est plus qu'un homme mais moins qu'un démon. Elle est habile. Furtive. Et elle sert celui dont la puissance pourrait bien s'étendre, très bientôt, sur toutes les terres des royaumes hyboriens.

Nous plongeons donc ici en pleine heroic-fantasy. Vous connaissez sans doute Red Sonja si vous avez déjà lu du Conan (dont elle est le pendant féminin) mais vous avez tout aussi bien pu la croiser en compagnie de notre vieux Spider-Man des familles dans un crossover récent publié dans le Spider-Man hors série #26 (ce n'était d'ailleurs pas la première fois qu'elle débarquait dans le marvelverse).
Le volume dont il est question aujourd'hui, intitulé "Les Archers", est le tome 2 d'une collection publiée par Panini. Il regroupe les épisodes #8 à #12 de la toute dernière série consacrée à la jolie rousse.

Le scénario est de Michael Avon Oeming que l'on avait pu voir à l'oeuvre sur Thor : Blood Oath, Powers ou la dernière mini-série consacrée à Omega Flight (et publiée dans le mensuel Marvel Heroes). L'écriture est assez convenue. Barbares très méchants, petite vengeance de derrière les fagots, culte voué aux ténèbres, bref, rien de bien nouveau, les stéréotypes les plus courants sont tous déclinés avec une rare minutie. L'histoire n'est pas désagréable si ce n'est cet ennuyeux sentiment de l'avoir déjà lue cent fois.
Niveau dessin, c'est Mel Rubi qui s'y colle (plus d'autres dessinateurs prenant en charge certains flash-backs). C'est plutôt joli, le garçon sait dessiner, ça ne fait pas de doute, mais le style, trop propre, trop artificiel, ne rend pas vraiment service à l'histoire. On aurait préféré, pour illustrer ces temps sombres et violents, quelque chose de plus âpre, plus rustique. Décors et personnages, malgré l'avertissement flanquant la couverture, semblent avoir été conçus pour un public enfantin. Difficile, du coup, de rentrer vraiment dans l'univers de Robert E. Howard.

Je tenais aussi à aborder une question qui vous trotte dans la tête (mais si, ne dites pas non, je sais bien que ça trottine !) : est-ce bien utile de se fringuer comme ça quand on est une guerrière ? A première vue, on pourrait penser qu'une armure constituerait un choix plus prudent. A la limite, pour le voyage, une petite laine serait également plus logique (ou un truc en peau de bestioles locales, peu importe). Eh bien en fait, l'auteur justifie un peu le côté sexy de l'héroïne. Déjà, en combat, c'est censé distraire les hommes. Bon... oui, remarque, je n'ai jamais combattu à l'épée une fille à moitié à poil mais j'avoue que je pourrais être distrait, c'est dans la limite du vraisemblable. Deuxième raison : c'est un piège. La pauvre Sonja ayant été victime dans sa jeunesse de brutes qui n'hésitaient pas à malmener et violer les jeunes filles, elle sert maintenant, grâce à sa tenue, d'aimant à connards.
Fallait y penser...

Un grand soin a été apporté à cette édition. On peut se réjouir tout d'abord de la présence d'une carte, simple mais pratique, du vaste monde hyborien. Une galerie assez étoffée propose également des illustrations de Red Sonja (une quinzaine en tout) par des artistes tels que les Romita (Sr & Jr), Jim Lee, Billy Tan, Joe Benitez, Greg Horn et bien d'autres. Mieux encore, nous avons même droit à un texte présentant Kulan Gath et décrivant ses pérégrinations à travers les différentes séries Marvel. Des bonus qui pourraient finalement faire envie à pas mal de Deluxe. Pour 13 euros, l'effort se devait d'être souligné.

Une histoire très classique qui manque singulièrement de caractère, essentiellement à cause d'un style graphique trop gentillet, mais qui bénéficie de petits plus bienvenus grâce à un travail éditorial sérieux.
Tout arrive. ;o)

ps : petit coup de pub pour mon ami et "voisin" Biaze qui vient d'ouvrir son propre blog. Connaissant son érudition et sa gentillesse, je ne peux que vous conseiller de profiter de ses écrits. ;o)

Marvel Zombies : Le Goût de la Mort

Les morts-vivants costumés reviennent, toujours aussi affamés, dans le tome #3 de Marvel Zombies, sorti cette semaine. On passe à table tout de suite.

40 ans se sont écoulés depuis qu'un terrible virus a transformé les surhumains de la terre en dangereux zombies. Après avoir dégusté les habitants et même Galactus, les zombies écument l'univers, toujours à la recherche de viande fraîche. A court de nourriture - et toujours victimes d'une petite fringale - la petite équipe décide de revenir sur terre pour utiliser une invention de Reed Richards qui pourrait leur offrir un chemin vers d'autres dimensions.
Sur la terre, une poignée de survivants s'organise sous la direction de Black Panther. Plus surprenant, certains zombies, à la diète forcée depuis des lustres, ont perdu l'appétit et semblent pacifiques. Mais peut-on vraiment compter sur de tels alliés ? Et suffiront-ils à contenir la meute qui approche ?

Cette nouvelle fournée de Marvel Zombies est la suite directe du tome #1 (le tome #2 étant en fait une mini-série centrée sur le personnage de Evil Dead). L'on retrouve donc Robert Kirkman (The Walking Dead, Invincible) au scénario et Sean Philipps au dessin. L'ambiance reste plus ou moins identique, autrement dit un mélange de scènes parfois dérangeantes et de second degré plutôt drôle à force de surenchère dans le gore et de prises de conscience surréalistes. Car, si vous n'avez pas suivi le début, sachez que contrairement aux morts-vivants "habituels", les surhumains contaminés ne se voient pas affublé d'un QI de dindon mais conservent leur potentiel intellectuel, avec parfois la gamberge et les remords qui vont avec.

Evidemment, l'effet de surprise n'est plus de mise et l'on aurait pu craindre une suite purement commerciale. Kirkman a toutefois essayé de faire avancer un peu les choses, notamment en exploitant le thème des zombies "repentis" qui ont réussi à vaincre la faim (à condition de ne pas retoucher par mégarde à la viande humaine !), ce qui donne une nouvelle direction à la série. Il s'offre même quelques petites scènes choc et transgressives, comme un roulage de pelle entre un humain normal et une Guêpe zombifiée... on a vu plus érotique ! ;o)
Signalons également, en plus de cette deuxième série de cinq épisodes, un one-shot faisant office de prologue et narrant les premiers temps de la propagation du virus. L'occasion d'assister notamment à la transformation de Spidey et à son premier repas à base de Mary Jane et de vieille tantine.

Quand les Masques basculent dans l'horreur, c'est sanglant, trash et assumé comme tel.
Une galerie des covers de Suydam complète le tout.

Un tag littéraire, par Vance, détourné par mes soins

Bon, vous connaissez le principe du "tag" version Net : quelqu'un vous pose une question, ou une série de questions, et en plus d'y répondre, vous êtes censé refiler la patate chaude aux gens que vous connaissez. En général, je n'aime pas trop ça car cela revient souvent à parler de soi, or, comme vous le savez, ce blog ne raconte pas ma vie mais mes lectures. J'ai donc décidé, d'une manière odieuse, de détourner le procédé pour parler de quelque chose qui n'aurait pas eu sa place ici autrement.

1) Indiquer le règlement
Normalement, il est contenu dans les paragraphes suivants.

2) Citer la personne qui vous a taguée
Vance, un érudit que je soupçonne très fortement d'être, en plus, un type bien.

3) Choisir un livre, indiquer l'auteur, l'éditeur et l'année
Là, je commence à ne plus suivre la règle car je ne choisis pas vraiment un livre et, en plus, on ne peut pas vraiment indiquer l'année de création. Les traductions sont légion, les éditeurs multiples. Par contre, il s'agit, plus que d'un écrivain ou d'un roman, d'une Porte vers un autre univers. Je vais donc choisir Tao Te Ching, de Lao Tseu. Et, plus spécifiquement, la version en cartes éditée par "Le Courrier du Livre".

4) Ouvrir à la page 123, recopier à partir de la cinquième ligne les cinq lignes suivantes
Là encore, je ne suis pas la règle (qui n'est pas bien intéressante de toute façon) puisqu'elle ne peut tout simplement pas s'appliquer.
Du coup, je peux choisir un extrait à ma guise et vous parler un peu du binz.
L'extrait tout d'abord. Ou plutôt les "extraits", sélectionnés par moi selon le principe de la "page 123" et des "cinq lignes suivantes" (oui, ça veut dire que je pioche ce que je veux en fait). ;o)

- "Quand on la nomme, la Voie n'est plus la Voie."
- "En état de totale vacuité et profonde tranquillité
Je contemple les dix mille êtres
Et le mouvement de leur retour."
- "Celui qui connaît sa force
Mais exerce sa douceur
Est comme le premier ravin du monde."
- "Le Tao ne s'exprime jamais avec une intention d'agir
Et pourtant il n'est rien qui ne soit fait."
- "Qui est uni à la Voie a l'aspect d'un homme ordinaire."
- "Celui qui n'est pas bon
Je le traite aussi avec bonté."
- "Vaincre sans lutter."
- "La Voie du Ciel n'a pas de préférence
Mais coopère avec l'homme de Bien."
- "La Voie du Ciel donne à tous sans nuire à quiconque.
Le sage également agit sans s'opposer."

Je pourrais continuer longtemps mais c'est suffisant pour vous donner envie de poursuivre ou de fuir. ;o)

5) Normalement, là, je dois citer des gens que je tague à mon tour. Pas envie. Je vais plutôt vous fournir un début d'explication pour le binz que j'ai choisi d'évoquer (je suis super rebelle en fait alors ?).
Au niveau de la forme, je trouve cette édition, en cartes, très intelligente et appropriée. Elle permet d'appréhender le texte en nous séparant de nos habitudes occidentales. Il y a ici un tout dans lequel l'on va piocher au hasard, que l'on peut mélanger, dont on va découvrir des parcelles, sans enchaînement logique apparent.
Le fond peut sembler prétentieux, voire opaque, pour qui n'est pas familier de la manière asiatique de concevoir les choses. Le plus important à comprendre est qu'il n'y a rien à comprendre. Il faut ressentir. Ce n'est complexe que parce que vous allez le rendre complexe. Bien évidemment, certains concepts, comme le "non agir", peuvent vous sembler relever de la pure fiction. Et pourtant, à votre niveau, vous agissez tous les jours, au moins un peu, en appliquant ce "lâcher prise". Lorsque vous conduisez votre voiture, vous passez les vitesses, le plus souvent, en situation de "non agir". Sans y penser mais en les passant comme il se doit. De la meilleure façon. Ce n'est pas du domaine du réflexe, ni du raisonnement, c'est autre chose, un autre niveau de réalité, peu (re)connu par chez nous.

6) "Il n'y a aucune question de difficulté ni de compréhension : les concepts sont exactement comme des sons, des couleurs ou des images, ce sont des intensités qui vous conviennent ou non, qui passent ou ne passent pas. Pop'philosophie. Il n'y a rien à comprendre. Rien à interpréter."
Gilles Deleuze.
Deleuze. Voilà quelqu'un qui a toujours été un libertaire au sens le plus noble qui soit. Peut-être parce qu'il estimait que "penser" était essentiel. De nos jours, l'on dirait facilement "penser autrement", ce qui, déjà, nous pousse sur les rives du pléonasme tant le fait de penser contient, en soi, l'urgence, la nécessité, la libération, la jouissance du "autrement".
Ce Tao, cette Voie que j'ai découverte grâce aux livres de Roland Habersetzer et en pratiquant, d'une manière toute personnelle, le Karate Do (Do signifiant également Voie en japonais), est ouverte à tous. Pleine de promesses. Il y aura des chutes bien sûr. Mais aussi la joie de se relever là où d'autres en viendrait à pleurer sur les écorchures. Et ce petit recueil, contenant des cartes au sens souvent abscons, permet parfois de revenir vers l'essentiel. De trouver un havre de paix dans un monde en folie. D'écarter le pire en nous. Ce n'est pas tout à fait de la littérature, pas tout à fait de la psychologie, pas tout à fait du paranormal, pas tout à fait de la métaphysique. C'est un peu tout ça.
Et un peu plus. Mélangé à ce que vous êtes.
Cela ne vous changera pas. Vous ne deviendrez pas Superman. Mais, peut-être, parfois, quand tout semble aller au plus mal, une carte, une seule, pourra vous faire relativiser. Ou vous ouvrir une salutaire et inattendue fenêtre mentale. Histoire de reprendre un peu d'air dans un monde vicié. Tant que vous le regarderez, le chemin ne sera rien pour vous. Mais si un jour vous y posez vos pas, alors il commencera à vous offrir ses parfums, ses couleurs, ses refuges et ses merveilles.

Une carte. Quelques mots. Un pas.

ps : je place volontairement ce post après les deux articles du jour

07 octobre 2008

We3 : adorables bestioles et ultra-violence

En 2006 était publiée la version française de We3, une oeuvre aussi originale que poignante qui mérite bien de figurer parmi les comics les plus réussis de ces dernières années.

Bandit, Tinker et Pirate auraient pu continuer à couler des jours paisibles au sein des familles qui les aimaient, malheureusement, ils ont été enlevés. Aujourd'hui, ils ne sont plus que des numéros. 1, 2 et 3 sont des prototypes destinés à atteindre l'objectif du "zéro mort" sur les champs de bataille humains. Implants, exosquelettes et améliorations en tout genre ont fait d'eux un véritable arsenal sur pattes. Ils ont même acquis un langage basique, une intelligence presque... humaine.
Quand les tests se terminent et que la deuxième phase s'engage, 1, 2 et 3 deviennent obsolètes. Sacrifiables. L'une des scientifiques responsables du projet, prise de remords, les laisse s'enfuir. C'est alors toute l'armée US qui se jette à leur poursuite. Aidée, bien sûr, par quelques molosses de guerre. 1, 2 et 3 vont devoir se battre. Encore. Pour leur survie mais aussi pour retrouver le chemin de ce qu'ils appellent, parfois, "maison".

Voici une histoire qui risque fort de vous marquer durablement. L'excellent scénario a été écrit par un Grant Morrison dont on connaissait déjà le talent mais qui parvient, ici, à nous toucher peut-être plus encore que d'habitude grâce à quelques petites bestioles, aussi dangereuses qu'émouvantes. Les dessins sont signés Frank Quitely, pas un inconnu non plus donc, qui nous offre un découpage travaillé, des angles de vue originaux, des traits frisant la perfection et, grenade à fragmentation sur le gâteau, quelques scènes qui peuvent aisément figurer parmi les plus spectaculaire jamais vues. Une planche montre, par exemple, un type en train de se faire... "évaporer" par un tir nourri. Les projectiles semblent surgir de la page pour boucher notre champ de vision et ce n'est qu'après un moment que l'on commence à distinguer du sang, des membres, derrière ce pudique brouillard de balles. Sensations garanties.

Un toutou, un catounet et un petit pinpin comme personnages principaux, c'est tout de même un choix bizarre. C'est du moins ce que l'on peut se dire au départ, surtout en voyant la cover arborer des armures très "manga" aux douces et enfantines couleurs pastel. C'est pourtant une habile trouvaille qui fonctionne très bien. Non seulement l'opposition entre l'innocence des animaux et le rôle qu'on leur destine n'en est que plus évidente mais, surtout, le lecteur - à moins d'avoir un putain de coeur de pierre - est cueilli tout de suite.
Les animaux ne sont pas choisis au hasard d'ailleurs. Ils représentent, à leur façon, ce qu'il y a de plus proche de l'homme (le chien), de plus magnifiquement indépendant et attachant (le chat) et de plus fragile (le lapin). Le danger évident serait de verser dans l'anthropomorphisme et, en cherchant la corde sensible, de nous prendre pour de gentilles nouilles trop émotives. Pourtant, le risque est évité et c'est presque l'inverse qui est mis en scène, car à travers la perte de leur "animalité", c'est bien de la perte de l'humanité - ou de ce qu'elle devrait être - qu'il est question.

Bien des dérives sont possibles sur l'interprétation du sens de cette série. Il n'est pas question d'en faire un pamphlet anti-militariste (l'homme est ainsi fait qu'il a besoin d'avoir des flingues tout le tour du ventre pour calmer les ardeurs de ses voisins) ni d'en profiter pour sacraliser l'animal au-delà du bon sens (certaines expérimentations, si cruelles soient-elles, doivent être tentées si elles peuvent sauver des vies). Par contre, si l'on quitte les fanatismes idéologiques de tout bord, l'on peut se laisser aller à méditer sur la place de l'animal dans la société (même celui qu'on bouffe, un poulet, c'est moins mignon qu'un chaton, mais c'est pas une raison pour l'élever en batterie) ou sur celle de l'homme, qui corrompt tout et se donne bonne conscience pendant cinq minutes en signant une pétition contre la corrida (sans même connaître les tenants et aboutissants de cette pratique) puis sans va joyeusement reprendre son rôle de connard absolu au volant de sa Renault en roulant, sans le faire exprès évidemment - les imbéciles ne font jamais rien exprès - sur la première bestiole qui traverse une rue un peu trop droite et trop longue. Les petites habitudes à la con tuent bien plus que les "grandes causes". Mais qui se préoccupe des petites habitudes à la con ?
Quant à la "transformation" d'animaux en bêtes de guerre, elle existe déjà. Elle n'a pas eu besoin de s'encombrer de la science ou de l'armée. Il suffit d'un maître violent et abruti pour qu'un chien devienne un tueur. Quand cela arrive, on pique le chien. C'est sûr qu'il faut bien faire quelque chose, m'enfin, quand un mec bute quelqu'un avec un flingue, on ne s'en prend pas à la balle tout de même. Peut-être parce qu'elle n'a pas de poils ?

Cette oeuvre Vertigo, d'une centaine de pages, est éditée par Panini dans un très beau format Graphic Novel. Elle coûte 16 euros et c'est vraiment très peu en comparaison de la qualité du travail fourni ici et du talent des auteurs.

"L'homme est le seul animal qui rougisse ; c'est d'ailleurs le seul animal qui ait à rougir de quelque chose."
George Bernard Shaw

06 octobre 2008

Le messie file des complexes aux autres séries X

Deuxième partie de Messiah Complex dans l'Astonishing X-Men #41. Madrox et les New X-Men sont au coeur de l'évènement.

Les troisième et quatrième parties du crossover mutant touchent cette fois X-Factor et New X-Men. Le début était prometteur, la suite est tout aussi bonne. Si les jeunes élèves de l'institut Xavier décident de s'en prendre aux Purificateurs (avec qui ils ont tout de même un "léger" contentieux), Madrox, lui, envoie deux de ses doubles explorer des lignes temporelles susceptibles de lui en apprendre plus sur l'avenir du fameux bébé mutant qui fait courir tout le monde.
L'histoire progresse à un rythme rapide et les dessins sont de bonne qualité. Peter David, Christopher Yost et Craig Kyle se chargent du scénario, Scot Eaton et Humberto Ramos réalisent les dessins. La suite est déjà disponible dans le X-Men de ce mois.

Le New Excalibur n'est hélas pas aussi passionnant. Chris Claremont poursuit le récit du conflit opposant Albion et sa petite armée à l'équipe britannique dans un Londres privé d'électricité et de machines modernes. Une chose est sûre, à moins d'être particulièrement fan de Captain Britain et de ses acolytes, ça ne restera pas dans vos mémoires parmi les meilleurs arcs de l'année.
On termine avec le World Tour des Exilés qui débarquent cette fois sur la Contre-Terre de l'époque Heroes Reborn. Le procédé commence à être répétitif : ils se pointent dans une nouvelle réalité, trouvent Proteus qui parvient à leur échapper et se barrent en emportant parfois une recrue puisée dans les héros locaux. Cette tournée des mondes prend des allures de marathon mais elle a le mérite de passer en revue les plus célèbres univers parallèles du vaste multivers Marvel. Faut aimer visiter quoi. Dans le rôle des guides, le tandem Tony Bedard/Jim Calafiore.

Une revue dont l'intérêt réside principalement dans le crossover en cours (qui comptera en tout 13 chapitres).

ps : ajout de Carnage dans les Figurines Marvel. Le prochain article sera consacré à une série mettant en scène d'adorables petites bestioles maltraitées par un Morrison en grande forme. ;o)

04 octobre 2008

Nouvelle série et conneries habituelles

Le Marvel Heroes #12 voit débarquer dans ses pages une nouvelle série consacrée au colosse de jade qui vire au rubis pour l'occasion. Et toujours Thor, les Mighty Avengers et l'Initiative pour compléter la revue. Et...la Panini touch.

Après l'évènement World War Hulk la série traditionnelle du monstre vert est devenue Incredible Hercules. C'est donc une toute nouvelle on-going qui débarque ici avec Jeph Loeb au scénario et Ed McGuinness au dessin. Bon, la couverture (utilisée ici en illustration) de l'épisode est un peu mensongère car vous ne verrez pas encore le fameux géant rouge. A la place, quelques têtes bien connues de la famille Banner : Miss Hulk, Leonard Samson et le général Ross. Tous sont inquiets d'un meurtre dont les indices semblent accuser Hulk, ce dernier utilisant même, pour la première fois, un flingue. A sa taille en plus !
Bonne entrée en matière pour le duo créatif qui parvient à mettre en place un récit rythmé et prenant.

En ce qui concerne Thor, le dieu nordique continue de remettre sur pied son ancien domaine. Les rencontres entre les asgardiens et leurs nouveaux voisins (les habitants d'un petit trou paumé) donnent lieu à des moments assez drôles, notamment pendant une réunion municipale où Volstagg explique pourquoi les siens n'ont pas besoin de tout-à-l'égout. ;o)
Tiens, signalons que Christian Grasse, dans son édito, se plante en situant Asgard au Texas alors qu'elle plane fièrement au-dessus de l'Oklahoma. Enfin bon, ce n'est pas comme si Straczynski avait répété à moult reprises le nom de cet état durant les épisodes précédents. ;o)

Les Mighty Avengers arrivent maintenant en Latvérie où ils mènent une expédition punitive suite à la dernière attaque sur New York. Episode bien plus sympa que celui des New Avengers de ce mois (vraiment pas terrible et bien poussif). Bendis et Bagley sont toujours à l'oeuvre mais les premières planches sont signées Marko Djurdjevic (que Grasse appelle "Mirko" lol, mais bon, on n'est plus à ça près), un dessinateur particulièrement doué qui avait notamment conçu les covers de Mystic Arcana (dont je vous parlerai en détails prochainement, le TPB américain valant particulièrement le coup).

Fin de l'annual de Avengers : The Initiative (première partie ici), avec deux courtes histoires centrées sur MVP et les Liberteens, une jeune équipe dont chacun sera libre de reconnaître les évocations liées à la Distinguée Concurrence. Sympa, surtout pour la première partie réhabilitant presque les clones (traînant une réputation ô combien sulfureuse au sein de la Maison des Idées).
On termine avec un clin d'oeil signé Stan Lee en personne. Le filou se parodie dans une relecture très personnelle de la création des Vengeurs. A savourer. ;o)

Un bon mensuel encadré par les habituelles approximations paniniennes. De la confiture vendue par des cochons ? Non, quand même pas. Les courriers de lecteurs nous le confirment bien : ces gens font un boulot génial. Nul besoin d'améliorer l'écurie lorsque les vaches beuglent de contentement dès qu'on leur file un peu de foin et une tape sur le cul.

02 octobre 2008

Le Disque-Monde de Pratchett en BD

Suite d'une petite série d'articles en dehors du monde des comics avec l'adaptation BD des fameuses Annales du Disque-Monde.

L'Auteur
On a beau dire, les britanniques ont tout de même un sacré paquet de bons auteurs au m². Et, quand je dis "bon", j'entends bien sûr "populaire", au sens où ces écrivains là n'ont pas oublié qu'aussi intelligent que soit le fond, il nécessite une forme agréable pour embarquer le lecteur. C'est presque une politesse de Plume. Un coussin rajouté sous nos culs, pour être cru. Et Terry Pratchett est un écrivain doué ET poli qui n'a pas peur d'être aimé du plus grand nombre (et de rajouter beaucoup de coussins dans son salon).
Les Annales du Disque-Monde constituent l'oeuvre majeure de Pratchett. Il y parodie la fantasy de Tolkien avec un humour particulier que les amateurs de Jerome K. Jerome reconnaîtront aisément (qui n'a pas lu "Trois hommes dans un Bateau" passe à côté d'un monument de la littérature comique). Bref, le type est talentueux, imaginatif, drôle, restait à savoir si son univers pouvait passer le cap, aussi cruel que parfois magique, de la mise en images.

Des Nains et une Tortue...
Mais de quoi ça parle exactement tout ça ? Eh bien d'un monde, plat, supporté par quatre éléphants, eux-mêmes perchés sur une gigantesque tortue. Cela vous paraît débile ? C'est pourtant déjà une forme de parodie, celle qui consiste à railler les pourtant si riches mythologies anciennes. A un moindre niveau, ce roman, devenu BD, nous conte les aventures de Carotte, agent du Guet, qui a découvert il y a peu qu'il avait été adopté. Par des Nains. Et, bien que visiblement fort grand, même pour un homme, il va rester pour beaucoup un nain. Pendant que la nouvelle recrue du Guet apprend que s'il existe une Guilde des Voleurs, c'est bien pour que la police n'ait pas à leur courir après, une société secrète complote pour renverser le Patricien. Les encagoulés vont utiliser la magie et même un dragon pour mener à bien leur sombre projet. Heureusement pour la populace d'Ankh-Morpork, elle peut encore compter sur des gardes non corrompus et même un capitaine fort vaillant.

De la Plume aux Crayons
Quid de l'adaptation ? Celle-ci est publiée chez L'Atalante, maison qui édite déjà les romans. Le scénario est l'oeuvre de Stephen Briggs et l'on doit les illustrations à Graham Higgins. C'est tout d'abord ce dernier qu'il faut louer tant son style, à base de tronches improbables et de décors douillets (lorsqu'ils ne sont pas remplacés par un dégradé de couleurs), permet de coller au propos et de placer tout de suite les choses dans leur contexte : le second degré.
Papier glacé, couverture en dur, l'éditeur n'a pas lésiné sur les moyens, pensant - sans doute avec raison - s'adresser à des fans exigeants souhaitant avoir entre les mains un produit à la hauteur des livres et de la fascination qu'ils ont suscitée.

Pourquoi c'est drôle
Normalement, si l'on est obligé d'expliquer une vanne, c'est qu'elle ne l'est pas. Drôle. Mais ici, l'on va tout de même faire une exception et aborder l'humour de ce "Au Guet !" adapté du roman original "Guards ! Guards !"
Tolkien a déjà été évoqué et il est vrai que l'heroic-fantasy est clairement parodiée à grands renforts d'élevages de dragons et de mages peu doués, mais les situations les plus comiques proviennent souvent d'une critique, sous-jacente et acide, de notre société. L'absurdité de certaines lois, la bêtise de la foule, les lâchetés quotidiennes, les ambitions démesurées, la volonté de flatter les puissants, tout y passe avec une habileté plus ou moins grande. Car pour être parfaitement honnête, si certaines scènes sont clairement extrêmement bien menées, tant dans le découpage que les répliques, d'autres font parfois retomber le rythme sans avoir une utilité essentielle.
Heureusement, ces rares moments de "creux" sont largement compensés par des trouvailles et réflexions bien amenées.
- [...] Toutes ces histoires de rois, c'est contre la dignité humaine fondamentale. On est tous nés égaux.
- Je t'ai encore jamais entendu causer comme ça Frédéric.
- Pour toi, c'est le sergent Côlon.
- Pardon sergent.
(Chicard et Côlon, sous la plume de Pratchett, adapté par Briggs et traduit par Patrick Couton...ouf !)

Il va s'arrêter de parler un jour ?
C'est bon, j'en viens à la conclusion ! Ce que je peux être désagréable en titre, pffff !
Si vous aimez l'humour anglais (pas forcément dans sa forme la plus absurde) et la BD, cette adaptation devrait vous plaire. L'aspect visuel est à la hauteur de l'originalité de Pratchett et l'histoire tient la route pour peu que l'on soit d'humeur à céder non à la facilité mais à une vision à part des mythes connus et de notre monde.
A consommer par beau temps, peut-être en sirotant un thé ou en dégustant une petite friandise (ici par exemple pour les parisiens, y'en a décidément que pour eux hein !).
En tout cas, ça donne le sourire. Mais, vous savez, ce genre de sourire complice avec un petit quelque chose qui éclaire le regard. Pour 14,50 €, voilà une modification du faciès largement plus abordable que la chirurgie esthétique.