20 mars 2009

Wolverine : Logan

Du mutant à la sauce nippone dans Wolverine : Logan, sorti ce mois en librairie.

Depuis que Wolverine a retrouvé la mémoire, des pans entiers de son passé le hantent. Et le canadien a bourlingué, c'est le moins que l'on puisse dire. Il y a une éternité, en pleine seconde guerre mondiale, il s'est même retrouvé prisonnier dans un camp japonais. Il va bien sûr s'en échapper, entraînant avec lui le lieutenant Warren. Alors que ce dernier s'apprête à tuer une civile, le mutant prend le parti de la belle nipponne.
Mais s'amouracher du griffu ne porte jamais chance. La mort rode. Sous forme de soldats et de baïonnettes. Sous la forme également d'un B-29 qui va larguer une bombe. Une seule. Et dans un grand éclair blanc, l'ère de l'atome débutera...

Si vous n'aimez pas ce sacré Wolvie, ce n'est pas votre mois car il est plus ou moins partout ! En plus de sa revue mensuelle attitrée, il est présent dans un Deluxe revenant sur ses origines, il est la tête d'affiche du dernier X-Men Extra et, enfin, il pointe également son nez dans la collection Marvel Graphic Novel avec l'ouvrage dont il est question ici. Je n'ai évidemment pas besoin de vous expliquer que ce battage autour du personnage est lié à la sortie prochaine du film portant son nom, Panini le claironne d'ailleurs à longueur d'éditos. Cette politique de vendeur de godasses correspond mal à ce que l'on est en droit d'attendre d'un éditeur mais, au moins, ils ne s'en cachent pas. Pour ma part, je trouve toujours aussi aberrant que le rythme des sorties ciné puisse dicter sa programmation à un éditeur. Il n'y a pourtant aucune raison de courir ainsi derrière un autre medium, comme si le Livre devait quémander les miettes du "grand écran". Non seulement un spectateur n'est pas forcément un futur lecteur mais, en plus, cela donne des comics en général une image exécrable alors qu'ils sont scénaristiquement bien supérieurs, la plupart du temps, aux saloperies affligeantes qui osent revendiquer le nom d'adaptations.
Voilà, ça, c'est fait. ;o)

Revenons à ce Logan. Le scénario est signé Brian K. Vaughan, un bonhomme qui peut se révéler génial (comme sur Runaways, The Hood ou Y, The Last Man) ou parfois peu inspiré (Dr Strange, Buffy). Là, pas de bol, ce n'est pas un de ces grands jours. L'histoire est convenue, l'enfoiré de service très quelconque et, globalement, l'on a vraiment énormément de mal à ressentir quoi que ce soit dans ce récit qui contenait pourtant suffisamment d'éléments émotionnellement lourds pour permettre un peu plus que ce minimum syndical. Et Wolvie est tellement surexploité que l'on est en droit d'attendre un peu plus d'originalité dans la forme ou de conviction dans le propos.
Les dessins sont l'oeuvre de Eduardo Risso. Alors, ça tombe mal, c'est un adepte de "l'école" clair-obscur (qui n'est pas tellement ma tasse de thé). Je veux bien qu'il y ait de jolis contrastes (d'ailleurs certaines planches sont vraiment belles) mais l'on ne m'ôtera pas de l'idée que c'est quand même un sacré truc d'escroc (de gentil escroc hein) permettant d'expédier les décors et même quelques personnages à coups d'ombres et de silhouettes. Du coup, il y a de beaux effets mais la plupart servent tout de même à gagner du temps ou masquer des lacunes.

Ce comic est pourvu d'une galerie présentant les covers et quelques croquis. Et il bénéficie d'un prix raisonnable (14,00 €). Reste qu'il va falloir faire preuve d'énormément d'optimisme ou de pas mal de mauvaise foi pour trouver de l'intérêt à ça. Le fait qu'il puisse y avoir de tels écarts qualitatifs dans les oeuvres de Vaughan est assez surprenant. On peut être plus ou moins inspiré mais passer de l'excellence à la platitude totale, c'est tout de même peu courant. Il sous-traite certaines de ses histoires ou quoi ? ;o)

Une classique histoire de vengeance sur fond de drame fadasse. Pas de quoi casser trois pattes à un glouton.

ps : ajout de Moon Knight dans les figurines Marvel.