21 avril 2009

Old Man Logan

Le Wolverine #183 de ce mois accueille une nouvelle équipe créative pour un arc qui s'avère particulièrement alléchant.

Logan est aujourd'hui un vieil homme. Le héros qu'il était n'est plus. Il ne reste qu'un type ordinaire qui a appris à encaisser et à baisser les yeux. Seule sa famille compte désormais dans un monde où les criminels ont pris le dessus sur les Masques.
Et sa famille est en danger. Logan n'a pas assez d'argent pour payer le loyer de la petite ferme où il vit, avec sa femme et ses deux enfants. S'il ne paie pas, la sanction sera fatale. Car c'est le gang de Hulk qui relève les loyers. Et ce gang ne peut montrer aucune faiblesse et doit rendre des comptes aux grands propriétaires terriens comme Fatalis ou le Caïd.
Le seul moyen de s'en sortir est d'accepter de servir de copilote à Hawkeye qui doit livrer un colis sur la côte Est. Les ex héros ont quelques souvenirs à ressasser et tout un pays à traverser. Ce n'est plus un travail mais la virée de leur vie...

Il y avait toutes les raisons du monde pour se méfier de ce Old Man Logan. Tout d'abord une légère saturation de griffu liée à son actualité cinématographique et au matraquage éditorial de Panini. Ensuite un énième futur de l'univers Marvel, du déjà-vu donc qui a, en plus, encore moins d'impact sur la continuité que les histoires contemporaines. Enfin, un Millar capable du meilleur certes mais aussi du pire (la deuxième saison des Ultimates) ou du passable (son passage actuel sur Fantastic Four).
C'est donc avec une légitime appréhension qu'il convenait de s'attaquer à ce premier épisode.

Et là, je suis cueilli dès le départ par ce qui semble être une sacrée putain de bonne histoire !
Très rapidement, un premier plan large donne le ton. Une terre aride, une maison isolée, de vieux tracteurs bons pour la casse et, au milieu de tout cela, un homme à cheval. Il a des cheveux gris et de profondes rides creusent son visage buriné, il est vêtu d'un long trench-coat sans âge. C'est Logan. Aussi classe et terriblement charismatique qu'un Eastwood. Là, il faut souligner bien sûr le travail de Steve McNiven aux dessins. A part quelques cases un peu vides où les paysages sont rattrapés par la colorisation, tout le reste est fort beau, ou plutôt fort sale, poussiéreux et vraiment bien fichu.
Mark Millar semble avoir été particulièrement inspiré également, le début de cette saga tenant à la fois du western et du "road-comic", un cocktail finalement peu courant dans les visions futuristes, habituellement plutôt high-tech, du marvelverse. Certaines idées sont vraiment très bien amenées, comme le gang de Hulk. Il s'agit en fait des petits-enfants de Bruce Banner, une bande de ploucs dégénérés et violents plutôt costauds, un peu comme si les rednecks de Deliverance avaient été shootés aux rayons gamma ! On a même peur que l'un d'entre eux se mette à brailler "Fais le cochon !" ;o)
Autre truc plutôt sympa, Hawkeye (qui lui aussi a un look démentiel) utilise comme bagnole... l'ancienne spider-mobile que lui et l'une de ses ex-femmes ont customisée. Vous pouvez jeter un oeil à la scène #8 du Bêtisier si vous ne voyez pas à quoi ressemblait l'originale. La nouvelle version est tout de même plus sympa. Enfin, nous avons également droit à une carte des Etats-Unis présentant les nouveaux territoires dont le royaume du Caïd ou le Hulkland. Bref, un vrai univers, travaillé et convaincant.

Avec tout ça, je ne vous ai pas parlé de la seconde partie du mensuel, tirée de Wolverine : Origins. Daniel Way au scénario, Steve Dillon aux crayons. L'affrontement entre Wolvie et Deadpool prend fin et Daken (le fiston) revient tenter de faire la peau à son pôpa. Mais après Old Man Logan, difficile de rentrer dans cet épisode, bien léger en comparaison.

Si vous êtes de ceux qui ne suivez qu'occasionnellement les revues kiosque, allez-y, foncez, non seulement cet Old Man Logan s'annonce excellent mais, en plus, l'histoire est accessible même si vous n'êtes pas un forcené de la continuité. Et, cerise sur le gâteau, une version variant - tirée à 2000 exemplaires tout de même, ce qui est beaucoup - est disponible pour les collectionneurs.
Millar m'a enthousiasmeR (écrit en lettres de sang qui dégoulinent (je suis désolé, les lecteurs non français ne vont peut-être pas comprendre cette vanne de mauvais goût)), et ça fait looooongtemps que ça n'était pas arrivé. ;o)