Car votre règne s'achève...
Des créatures de la nuit, au goût fort prononcé pour le sang humain, qui ont pris le contrôle de New York, voilà le point de départ de la série Rapaces.Depuis quelques temps la police new-yorkaise doit faire face à des meurtres étranges. Des types sont vidés de leur sang et présentent la particularité d'avoir tous une aiguille plantée dans un kyste apparaissant derrière leurs oreilles. Le lieutenant Vicky Lenore, chargé de l'enquête, va alors plonger dans un monde sombre et sensuel. Celui de la Nuit.
Car depuis des siècles, ils sont là. Présents dans toutes les couches de la société. Ils sont puissants. Intouchables. Immortels. Ils peuvent même marcher au soleil. Mais en réfrénant leurs instincts primaires, en choisissant le jour plutôt que la nuit, ils se sont maudits. Leur race qui était naguère pure est en pleine dégénérescence. Leur règne s'achève. Et pour précipiter cette fin, les Rapaces sont là. Eux sont purs, forts, intacts. Le frère et la soeur sont les derniers des Molina. Les seuls Grands d'Espagne à avoir choisi, il y a très longtemps, la clarté de la Nuit à l'obscurité du Jour...
Les héros costumés ont donc laissé les buildings de New York à des vampires dans les quatre volumes de la série Rapaces. Le scénario est signé Jean Dufaux. L'auteur met en place une histoire ambitieuse qui commence comme un polar un peu ésotérique et se termine en fresque épique
. Sang et sexe se mêlent dans cette saga qui nous entraîne dans les bas-fonds new-yorkais, des égouts en passant par quelques night-clubs spécialisés dans le sado-masochisme. Et si l'on fait un petit tour par l'Espagne à l'occasion d'un flashback historique, c'est pour y retrouver la même atmosphère moite et pesante.
. Sang et sexe se mêlent dans cette saga qui nous entraîne dans les bas-fonds new-yorkais, des égouts en passant par quelques night-clubs spécialisés dans le sado-masochisme. Et si l'on fait un petit tour par l'Espagne à l'occasion d'un flashback historique, c'est pour y retrouver la même atmosphère moite et pesante.L'on cède bien à quelques clichés du genre bien sûr mais Dufaux, en introduisant divers éléments, comme la perte des pouvoirs des Grands d'Espagne ou le principe de l'évolution appliqué aux vampires (qui ne craignent plus la lumière), réussit à imposer une touche personnelle agréable. Et si parfois quelques scènes flirtent avec le déjà-vu (ou l'hommage appuyé) jusque dans l'éclairage (une nana en cuir qui latte des mecs du SWAT armés jusqu'aux dents dans un intérieur éclairé à la lampe torche, ça sent la Matrice ou c'est moi qui suis obsédé par Trinity ?), l'on n'a guère l'occasion de s'en plaindre tant l'ensemble est habilement construit.
L'ambiance de la série tient bien entendu beaucoup aux magnifiques dessins de Enrico Marini. Les décors sont splendides, les angles de vue variés et son New York est fascinant, qu'il représente la ville dans ce qu'elle a de plus beau ou de plus laid. Même une épave ou un tas d'immondices deviennent subitement habités d'un charme certain sous son crayon. Cette représentation esthétique de ce qui ne devrait pas l'être est une démarche que certains réfutent mais qui se justifie par l'envie, légitime, de séduire le lecteur par une forme douce et non agressive. Même les quelques scènes où l'un des personnages masculins apparaît totalement nu se drapent d'une simple et pudique beauté.
Et si Marini parvient à me convaincre aussi facilement, ce n'est peut-être pas un hasard puisque le dessinateur avoue avoir été influencé par les manga mais aussi par... les comics. Ce qui n'est pas un mal. ;o)
Alors, cette histoire se déroule donc sur quatre tomes, publiés chez Dargaud (des tomes plus
longs que les habituelles 46 planches européennes puisqu'ils font à chaque fois 54 ou 58 planches (je parle en planche réelle, je ne me base pas sur la numérotation qui commence à 3)). Mais, il existe également un hors série assez particulier qui s'intitule "Je reviendrai". L'ouvrage s'apparente à un artbook puisqu'il contient de nombreux dessins inédits, des croquis, une page avec les différentes étapes du travail (crayonné, encrage, colorisation), mais, et c'est là que la démarche est originale, le livre est accompagné de textes (souvent des réflexions des personnages principaux) qui éclaircissent certains points laissés dans l'ombre dans l'histoire principale ou qui posent les bases des futurs évènements. L'objet n'est donc pas juste joli mais permet au lecteur de savoir vers quoi la série, à l'avenir, va s'orienter, ce qui est plutôt une bonne manière d'ajouter de l'intérêt à ce HS.
longs que les habituelles 46 planches européennes puisqu'ils font à chaque fois 54 ou 58 planches (je parle en planche réelle, je ne me base pas sur la numérotation qui commence à 3)). Mais, il existe également un hors série assez particulier qui s'intitule "Je reviendrai". L'ouvrage s'apparente à un artbook puisqu'il contient de nombreux dessins inédits, des croquis, une page avec les différentes étapes du travail (crayonné, encrage, colorisation), mais, et c'est là que la démarche est originale, le livre est accompagné de textes (souvent des réflexions des personnages principaux) qui éclaircissent certains points laissés dans l'ombre dans l'histoire principale ou qui posent les bases des futurs évènements. L'objet n'est donc pas juste joli mais permet au lecteur de savoir vers quoi la série, à l'avenir, va s'orienter, ce qui est plutôt une bonne manière d'ajouter de l'intérêt à ce HS.Une série qui devrait convenir à ceux qui aiment New York, les longues canines et les jolies planches.
"En vérité, je vous le dis mes frères... il nous faudra prendre garde, un jour, à ne pas céder aux démons de l'orgueil... Toute race, toute civilisation connaît sa fin de par sa propre faute... sachons, lorsqu'il sera temps, éviter cette faute..."
Rapaces - Livre II




17 commentaires:
Ah, moi mon appréciation était plus mitigée. J'ai le souvenir d'une série avec des dessins beaux (mais pas magnifiques) et une intéressante reconstruction du mythe du vampire -croisé à l'occasion de garous?- mais aussi un ton un peu trop pompeux et un scénario qui manquait de fluidité et un peu trop de clichés.
Pas grand chose à ajouter à l'article.
La série est réellement excellente tant au niveau du scénar que des dessins, pas la meilleure que j'ai pu lire mais passer à côté serait du gâchis.
PS : Néault, si tu ne l'as pas déjà lu, je me dois de te conseiller Universal War One ;)
Aigo : Il y a quelques clichés, c'est vrai, je l'ai d'ailleurs précisé, mais globalement je me suis bien laissé embarquer. ;o)
Par contre, non, il n'y a pas vraiment de "garous", plus des références au côté bestial mais sans plus.
Nosgoth : Eh bien non je n'ai pas lu Universal War One mais j'ai déjà eu l'occasion de feuilleter un peu, je me laisserai peut-être tenter à l'occasion. ;o)
Je ne connais pas mais vampires et NY ça me tente assez. Le concept du hors série a l'air sympa.
Ca donne assez envie. La dernière image est vraiment belle. Une question :elle est issue de l'artbook ou de la série principale ?
Assez d'accord avec Aigo même si j'ai globalement bien aimé. Si tu aimes les vampires, je te conseille vivement la série "Le prince de la nuit".
C'est tiré d'une des planches de la série. Les deux autres du hors série mais mes photos ne rendent pas justice au rendu réel (j'ai eu un problème de lumière, d'habitude j'en ai pas assez, là j'en avais trop). ;o)
euh, perso je ne suis pas critiques et quand j'arrête mes scribouillis de mon blog pour parler BD, c'est juste pour mes coups de cœur.
Je n'ai jamais parlé de Rapaces, et pourtant j'ai tout acheté (la faute à un excellent bouquiniste sur Aubagne que je vous conseille si vous habitez pas loin) et si je n'ai jamais parlé de Rapace comme coup de cœur c'est a cause de la solution de facilité. C'est LE truc qui me gène. Est-ce que je cache entre mes beau muscles galbés une sexualité frustrée, sans doute, mais je trouve que la BD Européenne "pour adultes" au sens large est, depuis toujours, TROP facilement "pour adultes" au sens érotique de la restriction.
Roooh, je sais! J'ai pas le talent du taulier d'ici pour critiquer, alors d'habitude je ne l'ouvre que pour dire une connerie, mais je trouve que Rapace cède à la facilité de montrer du cul bien chaud, bien "moite" mais souvent. Et des fois sans raison aucune dasn l'histoire... J'ai le même problème avec beaucoup beaucoup de saga-bd européennes (mortelune, cyann, beltegueuse...) quej'apprécie, mais je tilt tout le temps.
ah, au fait, je n'aime pas la télé et j'ai pas les moyens d'aller au cinema pour voir autrechose qu'un myazaki par an... pour ceux qui allaient me dire "ouais, mais c'est comme ça dans toutes les séries"et les blockbuster... M'en fout... Sauf le respect que je vous dois :)
j'avais bien aimé Rapace, je n'avais pas accroché aux dessins dans un premier temps, c'était ma période Vampire la mascarade (jeu de rôles!), donc là c'était trop pour moi! mais finalement l'histoire était bonne, avec des références pas trop lourdes. Bonne série oui!
pour universal war one, c'est en effet trés bon, avec une bonne histoire sf et de bons graphismes, par contre le rythme d'un tome à l'autre me semble un peu mou parfois, mais bon, à chacun de juger!
Gromovar : Je connais la série que tu évoques mais les dessins m'emballaient beaucoup moins.
Ceci dit, je ne suis pas spécialement fan à tout prix des vampires. ;o)
Je n'ai plus la série assez en tête pour être sûr, mais peut-être ne faut-il pas coller Matrix à toutes les sauces. Pour mémoire, les Rapaces datent de 1998, 2000, 2001 et 2003, tandis que les Matrix datent de 1998 pour le premier volet et 2003 pour les deux suivants...
Le latage de SWATs en cuir, on l'a déjà en germe dans des trucs plus anciens (scène du restau de Nikita + Leon = Besson l'avait déjà rêvé - et en creusant on en trouverait d'autres).
Cela dit c'était juste comme ça, parce qu'effectivement la vérité c'est qu'on s'en fout, ça marche, "point".
Par ailleurs je suis Nosgoth, lis UW1, ça devrait t'intéresser (ce n'est d'ailleurs pas pour rien que Marvel a commencé à la publier au States).
La scène dont je parle est issue du premier film (1998) et est présente dans le tome III qui est donc réalisé bien après cette date.
Je n'ai pas tout détaillé mais les points communs sont très nombreux, le style du combat, la lumière, la manière dont les types arrivent, il y a même... un téléphone au milieu de la pièce sur une chaise.
Si ce sont des coïncidences, elles sont incroyables.
Pour moi c'est volontaire, maintenant je peux me tromper.
j'avais critiqué cette excellente série avec moins d'éloquence. c'est ce qui m'avait donné l'idée de faire un dossier sur les vampires d'ailleurs.
Devant la quasi unanimité me suis procuré l'intégrale de Universal War One. Bon ben j'ai mon programme de la soirée. ;o)
Déjà, c'est soigné. Et niveau bonus, c'est plutôt copieux !
J'en profite pour signaler que le Monster Secret Invasion est sorti ainsi que la suite des Eternels.
J'ai rien contre les clichés car avec eux on est pas perdu : on sent bien qu'avec la belle et ténébreuse Camilla on aura à un moment donné une scène de fesses avec la rouquine inspecteur (je me souviens plus son nom) et pourtant ça ne me dérange pas du tout ; qui plus est le dessin de Marini est tellement sublime et l'ambiance qu'il met dans ses planches est tellement sensuelle que ça se savoure comme un vin rare.
Sinon, une question Neault : fais-tu (ou as-tu fait) du jeu de rôle ? Si oui, lesquels ?
Un peu il y a très longtemps. Je crois que j'avais commencé avec l'Oeil Noir et j'avais dû en essayer un ou deux autres mais je ne me souviens plus des titres (ben pas AD&D ni L'Appel de Cthulhu, ceux là je m'en souviendrais).
En fait, je préfère le wargame historique même si je n'ai plus vraiment le temps d'essayer ce qui se fait.
Tome 1 commandé. J'en connais une qui mordra facilement...
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