24 juin 2009

Spawn entre les mains des frenchies

Suite de cette série rétro consacrée aux productions Semic avec Spawn : Simonie, un comic à la sauce gauloise.

Depuis près de 2000 ans, de nombreuses organisations tentent de mettre la main sur des lambeaux d'une tuniques sacrée possédant un pouvoir immense. Ces morceaux d'étoffe permettent notamment de convoquer un Hellspawn, autrement dit un puissant guerrier des Enfers.
A Paris, de nos jours, d'étranges expériences ont lieu dans un laboratoire secret. Il se murmure que des scientifiques, protégés par les plus hautes autorités, se livreraient à d'obscures manipulations. Pour le commissaire Losfeld de la DST commence alors une lente descente dans l'occulte qui le conduira à faire équipe avec un Cardinal et... à rencontrer Spawn lui-même.

Nous avions déjà eu l'occasion de parler de Spawn lors de la sortie des intégrales publiées par Delcourt (cf cet article). Dans le cas de ce Spawn : Simonie, il s'agit d'une courte saga indépendante confiée aux bons soins d'une équipe 100% française. Le pitch de départ est signé Jean-François Porcherot, le scénario est l'oeuvre d'Alex Nikolavitch et le tout est supervisé, à l'époque, par Thierry Mornet (avant que ce dernier ne soit responsable de la ligne comics chez Delcourt, cf cet entretien).
L'on peut regretter la brièveté du récit et un scénario qui n'est pas sans faiblesses (persos traités un peu superficiellement, affrontement final vite expédié), toutefois, l'auteur parvient tout de même parfois à nous faire sourire grâce à des dialogues bien ciselés. Le fameux commissaire, aux réparties souvent drôles, aurait d'ailleurs mérité d'être creusé. Mais la force de cette oeuvre tient surtout dans son aspect graphique.

En effet, aux dessins l'on retrouve Aleksi Briclot, un artiste talentueux, et pourtant accessible, qui avait notamment eu la gentillesse de s'exprimer longuement sur ce blog lors d'un entretien. Les habitués des productions Marvel ont déjà pu admirer son travail sur les covers de New Avengers ou de Annihilation : Conquest. Pour ce passage dans l'univers de McFarlane, il est peu de dire qu'un soin particulier a été apporté aux planches. C'est tout bonnement magnifique, avec un Spawn plus esthétique que jamais, une très belle représentation de Paris (n'hésitez pas à jeter un oeil sur la photo ci-dessous) et une fort habile colorisation.
Semic ne s'y est pas trompé et a bien fait les choses en accordant à ce livre hardcover, grand format et papier glacé. Du coup ça fait un peu européen mais c'est joli quand même.

Un titre qui réconcilie les mots "french" et "comics", une association un peu mise à mal ces derniers temps. ;o)
Le prochain article clôturera, pour le moment, cette série Semic avec un petit Jeph Loeb de derrière les fagots (avant de retourner ensuite, bien sûr, vers notre chère Maison des Idées).

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