06 juillet 2009

Marvel Deluxe : Return of the King

Le troisième Marvel Deluxe consacré à la série Ultimate X-Men est l'une des grosses sorties de ce mois. Tout de suite, le détail du contenu.

Un immense attentat sur le pont de Brooklyn fait plus de 800 morts. La Confrérie des Mutants vient de nouveau de passer à l'attaque. Pire encore, Magneto, que tout le monde pensait mort, est en fait bel et bien vivant et plus pressé que jamais d'en finir avec les sapiens.
Le président est amené en lieu sûr, le SHIELD et l'armée sont en état d'alerte, la traque au mutant peut commencer. Même les X-Men sont obligés de fuir pour tenter d'échapper à Captain America et ses Ultimates. Le rêve de Xavier, sur une possible coexistence pacifique, s'éloigne à mesure que les explosions se rapprochent. Le citoyen lambda, terrorisé, est prêt à tout accepter pour en finir avec les terroristes. Quitte à mettre tous les porteurs du gêne X dans le même sac.
Et pendant ce temps là, Cyclope manque cruellement à l'équipe. Il agonise en Terre Sauvage, abandonné par un Wolverine rendu fou par la jalousie. L'amour de Jean valait-il vraiment la mort d'un homme ? Dans un monde où même les plus nobles sentiments sont pervertis, ou le mal surgit des coeurs les plus purs, peut-on encore croire que Magneto se méprend sur l'espèce humaine ? Et si il leur fallait vraiment un Roi ? Un pouvoir pour les faire plier... un homme pour les gouverner tous.

Voici donc une nouvelle fournée d'Ultimate X-Men avec en fait la mini-série Ultimate War et les épisodes #26 à #33 de la série régulière, autrement dit l'arc Return of the King. Le scénario est signé Mark Millar (Old Man Logan, 1985, Wanted, Kick-Ass) et s'inscrit dans un univers très réaliste (la base de Guantanamo ou diverses personnalités réelles, comme Condoleezza Rice, sont évoquées). Evidemment, impossible de ne pas faire le parallèle avec l'Amérique post 11 septembre. Le discours se veut humaniste, il est surtout empreint d'une grande naïveté mais est plus mesuré que d'habitude, un fait rare chez Millar qui a, comme Moore, la réputation d'avoir plus peur du flic que des criminels. C'est un genre quoi...
L'auteur place également ses habituelles blagues sur les français, voilà qui est plutôt de bonne guerre et même assez drôle. Par contre, si je devais choisir un met répugnant typiquement franchouillard, j'aurais plutôt pris les escargots et non les grenouilles (de la viande de grenouille, c'est très bon et ça a un aspect correct quand c'est cuit, alors qu'un escargot, même carbonisé, ça reste une grosse limace). ;o)
Toujours dans la rubrique humour, l'on peut noter un moment assez étonnant avec un simulateur de salle des dangers qui se dérègle et mélange programmes de combat et étude de la Torah, ce qui donne, en guise d'adversaires, des juifs orthodoxes armés de sabres ninja !

Ces deux sagas ne sont pourtant pas franchement axées sur la rigolade. Magneto y est effrayant et certains moments, comme le calvaire de Cyclope en Terre Sauvage, sont assez éprouvants. La radicalisation des différents camps et l'implication du gouvernement et des media renvoie un peu, par certains côté, au Civil War de l'univers 616. L'on va d'ailleurs aller, à un moment, du côté de Stamford. Autre clin d'oeil, peut-être volontaire, la présence de Detonator, un mutant aux pouvoirs identiques à ceux de Nitro.
Passons à l'aspect graphique. Les dessins sont l'oeuvre de Chris Bachalo, David Finch, Adam Kubert et Ben & Ray Lai. Du beau monde donc pour un résultat franchement séduisant. Scènes d'action, paysages, persos, tout est léché et dénote un grand soin apporté à la réalisation de ces superbes planches. J'ai d'ailleurs illustré cet article avec quelques photos des pages intérieures afin de donner un petit aperçu du rendu.

La traduction reste correcte dans l'ensemble à part quelques maladresses dans la concordance des temps et une faute dès la première planche (sur "Brooklyn", écrit ici avec un "i"). L'on peut noter aussi, à titre plus anecdotique, une erreur lors de la transcription de termes relevant de l'alphabet phonétique utilisé, entre autres, par les militaires ou les aviations civiles du monde entier. Le "Foxtrot November", faisant référence à Nick Fury, est alors traduit par "Foxtrot Novembre", ce qui, outre l'aspect un peu ridicule, est une faute, les codes internationaux ayant la particularité de ne pas se traduire d'une langue à l'autre... sinon, il ne sont plus "internationaux" justement. Enfin, bon, on a vu bien pire en VF, donc effectivement, je chipote.
Niveau bonus, ben y'a rien à part les covers, comme ça c'est clair. Ceci dit, l'on est habitué à la sécheresse dans ce domaine depuis quelques temps. Cela n'empêche pas Panini de clamer, sur le repli de la jaquette, que "chaque album rassemble la production d'une année agrémentée de bonus divers et variés". Culotté non ? ;o)

Un très bel album, qui plus est bien plus accessible que les sagas X-Men de l'univers classique.
A conseiller à tous, petits nouveaux compris.

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