20 juillet 2009

Marvel lance son Ultimatum

C'est un véritable cataclysme qui s'abat sur l'univers Ultimate. Ultimatum a commencé ce mois-ci dans Ultimate X-Men #52 et Ultimates #41.

Eh bien nous y voilà, le tant redouté - ou espéré - Ultimatum vient de débuter en France sous la houlette de Jeph Loeb (scénario) et David Finch (dessin). Mais pour ceux qui ne connaîtraient pas bien ce monde parallèle du Marvelverse, revenons tout d'abord sur le contexte.
Ces dernières années, Marvel a donné la priorité à son univers classique et notamment aux séries axées Heroes (par opposition aux titres purement mutants par exemple). Nouvelles équipes créatives, relaunch de certaines revues, nombreux évènements parfaitement orchestrés ont permis d'installer l'éditeur durablement en tête des ventes et de dépoussiérer son aire de jeu principale. Du coup, l'univers 1610 (Ultimate donc) a été quelque peu délaissé mais, surtout, il commençait à dangereusement s'essouffler, que ce soit à cause de certains retards ou d'une baisse de qualité après, par exemple, l'excellente première saison des Ultimates. Pire encore, mais prévisible, l'intérêt principal de l'univers Ultimate, censé attirer de nouveaux lecteurs grâce à son accessibilité, avait disparu. En effet, les différents titres, que ce soit Ultimate Spider-Man, Ultimate X-Men, Ultimate Fantastic Four ou Ultimates avaient, avec les années, générés leur propre continuité et la complexité, au moins apparente, qui va avec.

Après les House of M, Civil War ou Secret Invasion (cf cet article) ayant fortement marqué le 616, il était temps que le monde Ultimate connaisse également un évènement modifiant en profondeur son apparence et même sa structure éditoriale (certains titres disparaissant à l'issu de ce crossover). Et comme cela a déjà été affirmé ici, quel intérêt de conserver un univers parallèle si l'on s'interdit d'y faire ce qu'il serait impossible d'envisager dans le classique 616 ?
Là-dessus, il faut reconnaître que Loeb semble avoir eu le feu vert pour se lancer dans du spectaculaire et de l'inattendu. Le point de départ implique, un peu comme lors de HoM, Wanda Maximoff puisque c'est après sa mort et celle de son frère que leur gentil pôpa, Magneto, décide de passer sa rage sur l'humanité entière en modifiant le champ magnétique terrestre. Les conséquences sont évidement épouvantables : un énorme raz-de-marée submerge New York, l'Europe de l'Est et la Latvérie de Fatalis se retrouvent sous la glace, des éruptions volcaniques ravagent l'Amérique du Sud, bref la catastrophe est d'ordre mondial. Mais surtout, les héros morflent dès les premiers épisodes (j'ai une petite avance sur la VF mais je ne vais pas balancer de spoilers, rassurez-vous).

Non seulement des têtes d'affiche tombent, mais les scènes sont parfois choquantes voire gore, une jeune femme bien connue se faisant par exemple dévorer par le Blob. Tous les groupes sont touchés, les Fantastic Four, les X-Men et les Ultimates subissant tous des pertes, apparemment réelles (l'on ne peut tout de même jurer de rien, après tout on a l'habitude des résurrections).
Visuellement, c'est du grand Finch qui semble à l'aise dans tous les domaines, que ce soit pour une scène de combat épique se déroulant au Valhalla ou dans la description d'un Manhattan en ruines. Planches somptueuses, récit dynamique ayant des conséquences très importantes, le bilan semble plus que correct si l'on excepte quelques petits points de détail (je ne suis jamais content, je sais !). Tout d'abord, certains héros meurent sans que cela ne soit très spectaculaire. Un peu dommage de brûler des cartouches sans en tirer pleinement profit. Ensuite le très grand nombre de personnages super-héroïques fait que l'homme de la rue est complètement absent de l'histoire, ce qui amoindrit l'effet dramatique : les millions de morts n'étant physiquement incarnés par personne, ils ne sont que des chiffres pour le lecteur. Un petit effet Front Line aurait été le bienvenu.
Ceci dit, globalement, et sans avoir lu le cinquième et dernier épisode, c'est plus que bon et, surtout, prometteur, la seule raison de perdurer pour l'univers Ultimate étant, à mon sens, qu'il peut être trituré dans tous les sens et faire office d'une exceptionnelle aire d'expérimentation.

Le premier gros évènement de l'univers 1610 tient ses promesses et a un goût de fin du monde. A savourer en tremblant pour ses persos préférés. ;o)