17 août 2009

Venom : Dark Origin

Aujourd'hui sort en kiosque le Spider-Man hors série #28 qui accueille la mini-série Venom : Dark Origin. Une saga qui revisite la naissance de l'un des plus célèbres ennemis du Tisseur.

La vie n'est pas facile pour le petit Eddie qui sent bien, malgré son jeune âge, qu'on lui reproche la mort de sa mère, décédée après l'avoir mis au monde. Pour attirer l'attention et devenir un héros, il est prêt à tout. Même à tricher. Pour un enfant, ce n'est pas bien grave. Il enlève un chat pour ensuite le rendre à sa propriétaire et passer pour le sauveur. Mais devenu adulte, Eddie continue à s'arranger avec la vérité.
Pour cela, il a trouvé la profession idéale : journaliste. Etant celui qui est censé rapporter les faits, il peut les modifier à sa convenance. Puisque c'est un larbin, il va devenir un grand reporter. Puisqu'il est lâche, il va s'inventer du courage. Et quand les ennuis arriveront et qu'il ne pourra s'en prendre qu'à lui-même, toujours par habitude il inventera un responsable à blâmer. Mieux, un ennemi. Spider-Man...

Après le grand retour d'Eddie Brock dans Amazing Spider-Man (cf Spider-Man #114), voilà une mini-série qui revient sur ses origines. Une aubaine pour les nouveaux lecteurs (surtout ceux qui ne connaissent Venom que par le biais du volume des Incontournables lui étant consacré) mais aussi pour les plus anciens puisque Zeb Wells, au scénario, va développer une histoire qui comble certains blancs et nous dévoile même un pan de l'enfance et de l'adolescence de Brock.
C'est d'ailleurs lorsqu'il est enfant que ce dernier est le plus émouvant. Les années passant, Eddie va se transformer en un monstre d'égoïsme et de lâcheté auquel, bien plus tard, le fameux symbiote fera écho. Certaines scènes sont bien pensées et impressionnantes, comme la première union entre le symbiote et son hôte, particulièrement bien décrite (avec même un petit flash nous faisant entrevoir une bataille des Guerres Secrètes).

C'est Angel Medina qui se charge des dessins. L'artiste nous offre un Venom qui en impose et qui, peu à peu, va s'unir de plus en plus profondément à son hôte si particulier. Autre bonne idée des auteurs ; alors que l'on remonte dans le passé d'Eddie, l'on va également découvrir la planète d'origine - franchement hostile - du symbiote et une partie de la faune exotique qui va avec.
Spidey ou MJ font bien sûr leur apparition bien que la saga se concentre sur la psychologie de Brock et sa fuite en avant. Bref, du tout bon qui ferait presque regretter que le tout soit expédié en seulement cinq épisodes. La jeunesse d'Eddie aurait peut-être mérité d'être un peu plus exploitée tant elle permet de donner une réelle densité au personnage. Mais bon, ne boudons pas notre plaisir, voilà longtemps que l'on n'avait pas eu un Spider-Man HS aussi bon (la rencontre avec Red Sonja, le spécial annuals ou la saga de Kevin Smith n'ayant pas été vraiment passionnants).

Un récit qui ne se contente pas de moderniser du déjà-vu mais apporte un réel plus à un personnage ambigu et inquiétant.