30 septembre 2009

Crush : les monstres sont partout !

Petite variation sur le thème de la monstruosité et du passage à l'âge adulte avec Crush, une série Dark Horse datant de quelques années.

Liz Mason déteste sa vie. Il faut dire qu'elle le lui rend bien. Ses parents sont des paumés qui la délaissent, ses voisins regardent son look gothique d'un mauvais oeil et elle doit également faire face à la multitude de crétins congénitaux qui peuple son lycée.
Liz a parfois l'impression de ne pas être à sa place. Comme si le cadre extérieur ne correspondait pas à la réalité. Comme si quelque chose en elle avait besoin de sortir, de se révéler.
Après la lecture d'une incantation magique trouvée dans un vieux grimoire offert par sa meilleure amie, la vie de Liz va enfin changer. Crush est libérée ! Une créature violente à la force exceptionnelle s'empare de Liz lorsque cette dernière saigne. Et cette entité bestiale, qu'elle ne contrôle pas, a commencé à se venger de ceux qui lui ont fait tant de mal...
Lorsque Liz et ses amis vont tenter de comprendre quelque chose à cette folle histoire, ils vont découvrir que sa vie n'était qu'un mensonge et que ses parents ne sont peut-être pas ceux qu'ils prétendent.

Il y a quelques temps, nous avions pu bénéficier d'anciennes publications Semic à bas prix. Les éditions Bamboo ayant arrêté la commercialisation des livres publiés sous le label Angle Comics, nous avons de nouveau droit, dans certaines boutiques ou grandes surfaces, à des comics bradés à 2,85 euros pièce. Il y a certainement moins de titres connus que chez Semic mais l'on peut retrouver des oeuvres d'auteurs ayant fait leurs preuves comme Garth Ennis (303, bientôt chroniqué ici), Peter David (SpyBoy, pas terrible ça mais c'est ce que l'on trouve en plus grosse quantité) ou encore Paul Jenkins (The Agency).
Aujourd'hui, c'est à Crush que nous allons nous intéresser. Le scénariste est Jason Hall. Ce dernier se fend d'ailleurs d'une préface où il explique un peu la thématique de la série et dans laquelle on apprend également qu'il adore la France et les français. Ces écrivains ont vraiment des goûts bizarres... ;o)
Alors, la métaphore sur l'adolescence, ça ne date pas d'hier, mais c'est ici très bien fait. Le personnage principal doit faire face à un monstre intérieur, des parents monstrueux et, accessoirement, de vrais monstres qui paraissent presque gentillets en comparaison des élèves méprisants et sadiques qui constituent la faune de Brigston Lassiter. La plume de Hall se balade entre des sujets universels et sulfureux, comme l'affirmation de soi, la négation de la réalité ou encore le cruel et désespérant rapport à l'autre.

Le dessinateur, Sean Murphy, parvient à créer une ambiance très particulière dont le style cartoony et anguleux vient contrebalancer le propos parfois triste ou cynique. La colorisation de Lucas Marangon est également plutôt réussie, avec de grands aplats et des teintes orangées ou violines permettant des éclairages "aube" ou "crépuscule" du plus bel effet.
Tout n'est pas simplement introspectif ou purement fantastique dans ce récit. La trame principale se met lentement en place et permet de basculer peu à peu vers le thriller musclé. Les cadavres vont se multiplier et un étrange complot commence à se dessiner... malheureusement, rien n'est réglé dans cet arc de quatre épisodes et il n'y a pas de suite à l'heure actuelle, pas même en VO. Voilà qui est bien dommage parce que, mine de rien, tout cela est bien fichu et donne envie de connaître la suite. Peut-être un jour...

En attendant, vous voilà avec une histoire pas terminée mais bien écrite et pas chère du tout.
On pourrait peut-être se mobiliser pour demander à Hall d'écrire la suite, je ne sais pas moi, lancer une pétition par exemple, c'est la mode en ce moment.

ps : pour signer la pétition CONTRE le soutien des intellectuels et artistes à Roman Polanski, cliquez ici. Les noms sont moins célèbres mais les intentions plus nobles.