20 septembre 2009

Forgotten Realms : Le Légende de Drizzt version comics

Petite promenade aujourd'hui en Outreterre à la rencontre des Elfes Noirs grâce à La légende de Drizzt, Livre I : Terre Natale.

Nous sommes en Outreterre. Là où la lumière du jour ne pénètre jamais, sous la surface, s'étend la magnifique cité de Menzoberranzan, le domaine des Drows, les Elfes Noirs. Cette société matriarcale est violente, sans pitié. De nombreuses Maisons s'y affrontent pour gagner un peu de pouvoir et les faveurs de Lolth, la déesse araignée.
C'est dans ce monde sombre que naît Drizzt. C'est le troisième fils de la Maison Do'Urden. Celui qui était destiné à être sacrifié avant que l'un de ses frères aînés ne se fasse finalement assassiner, apaisant à sa place le sanglant appétit de Lolth. Drizzt va être élevé par l'une de ses soeurs avant de commencer son entraînement de guerrier auprès du maître d'armes. Il va apprendre à manier l'épée mais surtout, il va découvrir les réalités de la vie d'un drow. Les meurtres, les trahisons, l'absence totale de compassion.
Mais Drizzt est différent. Il souhaite autre chose comme quotidien que les cris et la mort. Il rêve de justice, d'amour, de paix. Autant de choses qui n'existent pas dans Menzoberranzan.
Alors que déjà sa Maison est en danger, parviendra-t-il à conserver un code de conduite qui pourrait bien causer sa perte ?

Nous voici donc en pleine heroic-fantasy puisque l'action de cet ouvrage se déroule dans les fameux Royaumes Oubliés, un monde créé à l'origine pour le jeu de rôle Donjons & Dragons. Cet univers ayant eu un certain succès, il a donné lieu a une série de romans, dont la saga de Drizzt écrite par R. A. Salvatore. C'est cette épopée qui est aujourd'hui adaptée en BD avec l'accord et le soutien de l'auteur.
Voyons déjà un peu le scénario. Celui-ci est écrit par Andrew Dabb qui fait, ma foi, un boulot plutôt correct. Contrairement à la série World of Warcraft qui sombrait dans les stéréotypes les plus éculés, le monde décrit ici est à la fois riche et original. La société drow et ses luttes internes se révèlent vite fascinantes. On va apprendre par exemple que la loi des elfes noirs est ainsi faite qu'elle considère un crime comme non existant s'il n'y a aucun témoin pour s'en plaindre. Il est donc interdit de massacrer une autre Maison, sauf si on le fait suffisamment bien pour qu'aucun survivant ne vienne ronchonner devant le Conseil Régnant. La vie des drows est ainsi imprégnée de trahisons, menaces et autres complots. Le fait que les mâles soient considérés comme du menu fretin permet également de s'éloigner un peu de l'imagerie classique du gros baroudeur musclé admiré par tous, et même si au final le personnage principal reste un homme, les Matrones tiennent un rôle politique et social essentiel.

Pour ce qui est de la partie dessin, c'est franchement réussi. C'est là l'oeuvre de Tim Seeley qui, malgré quelques facilités au niveau des décors, parvient à mettre en scène de fort élégants elfes à la peau noire et aux cheveux blancs. La colorisation, dans laquelle dominent le bleu et le violet, est également plutôt belle et installe une ambiance sombre mais très esthétique. Pour l'instant, l'histoire reste centrée autour de Menzoberranzan (à part une vague rixe à l'extérieur), aussi ne vous attendez pas à trop de variation au niveau visuel.
Ces six épisodes sont publiés par les éditions Bragelonne sous leur label Milady. Couverture souple et papier glacé. Ce premier tome contient également une préface de Salvatore, une petite galerie d'illustrations et un extrait du roman "Mercenaires", du même Salvatore. Le tout pour moins de 10 euros, ce qui, pour du 132 planches, reste un prix tout à fait correct.
La suite, Terre d'Exil, est prévue pour décembre.

Une adaptation soignée possédant une véritable identité visuelle et permettant facilement aux novices de rentrer dans l'univers de Forgotten Realms.