09 septembre 2009

Marvel Monster : Secret Invasion, seconde partie

L'invasion skrull confrontée à la magie, aux dieux et à une machine, c'est ce que propose cette deuxième sélection de tie-ins Secret Invasion publiés en Marvel Monster Edition. Disséquons un peu la bestiole arrivée ce matin dans nos librairies.

La première partie de ce Monster est consacrée à Captain Britain & MI13, une série qui est écrite par Paul Cornell (déjà auteur de la mini-série Wisdom publiée en 100% Marvel) et qui est dessinée par Leonard Kirk.
Les skrulls lancent un assaut en règle sur la noble Albion. Ils ont surtout en tête de s'approprier les ressources magiques de l'Outremonde. Pour cela ils doivent s'emparer d'Avalon, une terre mystique de la dimension magique correspondant à l'inconscient collectif de l'Angleterre. L'on va retrouver bien sûr Peter Wisdom et Cap qui ici s'entendent plutôt bien, malgré une allusion à leurs frictions passées concernant le commandement (cf scène #33 du Bêtisier), ce qui nous prive de leurs engueulades. En plus des deux têtes d'affiche, l'on peut noter la présence de quelques noms connus comme Spitfire (plutôt en forme elle !), le Chevalier Noir, l'illustre Merlin et même Tink, fée de son état et ancienne conquête de l'ami Peter.
Tout cela parlera essentiellement à ceux qui suivent les aventures des héros britanniques.

On passe au gros morceau de l'ouvrage puisque la série The Incredible Hercules a droit tout de même ici à cinq épisodes. Le scénario, de Greg Pak et Fred Van Lente, décrit la lutte d'un petit groupe, dirigé par Hercules. Ce dernier, sous l'impulsion d'Athéna, se voit attribuer comme mission de protéger les dieux des panthéons terrestres et, pour ce faire, doit aller mettre une petite raclée aux deux principales divinités skrulls. L'épopée est mise en images de manière plutôt jolie et efficace par Rafa Sandoval.
Là encore de nombreuses allusions à la continuité et à différentes séries : l'on retrouve bien évidemment ce petit génie d'Amadeus Cho (que l'on avait découvert dans le deuxième Monster dédié à Planet Hulk et qui avait ensuite joué un rôle important dans World War Hulk) mais aussi les Eternels (cf cet article sur leur retour ainsi que celui-ci pour le dernier tome VF en date). Si l'on ajoute les champions des différents panthéons, ça fait du monde. L'idée de départ n'est pas mauvaise, notamment cette histoire d'axe cosmique qui pourrait causer la perte des grandes figures mythiques terrestres ou les nombreuses références à la mythologie grecque, malheureusement tout cela manque un peu de possibilités d'identification pour le lecteur et, malgré quelques blagues de Cho, l'on peine à vraiment s'impliquer dans ce périple très (trop ?) surhumain.

Le Monster se termine sur la dernière saga de la quatrième série Iron Man. Pour l'occasion, c'est James Rhodes, alias War Machine, qui tient le rôle principal (les derniers épisodes réellement consacrés à Iron Man ont été publiés dans ce Marvel Saga). Christos N. Gage s'occupe du scénario et les dessins sont confiés à Sean Chen. Les auteurs nous offrent un petit aperçu du parcours, assez dur ma foi, de James. Le type a toujours su, même étant jeune, dire "non" lorsqu'il le fallait. Echappant à la défaillance générale du système StarkTech, il va donc tenter de prêter main forte à la Garde Hivernale, une équipe de super-héros russe qui ne voit pas d'un très bon oeil cette ingérence.
Après la magie et les dieux, on retombe ici dans quelque chose de plus technologique. On reste néanmoins en gros dans la même veine, autrement dit de la baston plutôt prévisible, d'autant que SI est maintenant terminée en kiosque, ce qui n'aide pas vraiment.

Le bilan s'avère mitigé. Voyons déjà les panineries habituelles. On retrouve notamment l'ahurissant "ç'à" dans la traduction. Comme dans "ç'à moi qu'tu parles ?". Encore, "ç't'à moi", pour retranscrire le langage parlé, ça irait, mais je n'ai jamais entendu personne dire "ç'à" au lieu de "c'est à". Il faudrait payer le traducteur, Jérôme Wicky, à la lettre, ça lui éviterait peut-être de contracter n'importe comment. J'attends avec impatience le "ç'à moi qu'parle ?" qui me semble en bonne voie. Et pourquoi pas un jour un "ç'm'qu'parle ?". Tiens, à force on dirait du skrull. Houla, c'est louche !
Un autre truc assez marrant concerne les astérisques qui renvoient normalement à un petit pavé de texte explicatif lorsqu'un dialogue fait référence à des évènements non publiés en version française. L'on retrouve plusieurs fois ce procédé tout à fait louable sauf que, en général, le dit texte est censé vous donner un petit résumé de ce que vous avez raté ou, à la limite, vous préciser à quelle série VO se référer. Or, ici, Panini se contente de mettre (tenez-vous bien, ça vaut le coup), "inédit en France". La vache ! Mais ils arrivent encore à me surprendre ! Rhoo, ils sont forts les salauds ! ;o)
A quoi ça sert de mettre ça du coup ? En gros ils disent, "vous comprenez pas de quoi il est question, c'est normal, on l'a pas publié, pour les références démerdez-vous !"
Ah ben, la nullité, quand elle est érigée en art de vivre, ça peut impressionner hein. Moi je dis chapeau bas.
Bon, ceci dit, sur le fond, rien de bien transcendant non plus, on reste dans de la grosse baston pas bien excitante. Le meilleur des tie-ins de ces Monsters restera sans doute celui de la série Black Panther, publié dans le premier opus. Le reste s'apparente tout de même beaucoup à de la castagne de base, un genre qui défoule mais qui peut très vite tourner à l'indigestion.

En conclusion, si vous êtes fan de Wisdom, ben sachez qu'il n'est pas à son top et que l'ambiance n'est pas à la vanne, si vous êtes fan de Hulk, ben c'est Hercules qui a repris la série, et si vous êtes fan d'Iron Man, c'est War Machine que vous trouverez pour le final de sa quatrième on-going. Le tout dans des tie-ins d'un évènement qui est déjà derrière nous...
A vous de voir mais va falloir être sacrément motivé pour lâcher les 27 euros réclamés pour l'acquisition de cette compilation peu inspirée. A la limite, pour dégager un côté positif, cela permet de montrer l'ampleur de l'invasion skrull. Un peu léger tout de même.